Métier Dossier - cma
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B;C7=7P?D;:;LEJH;9>7C8H; :;CxJ?;HI;J:;B7HJ?I7D7J N°261 ͳ DÉCEMBRE 2012 ͳ 0,46 % & Hommes & Métiers Dossier ENQUÊTE : L’ARTISANAT PREMIÈRE ENTREPRISE DU DÉPARTEMENT Métier BIJOUTIER JOAILLIER : UNE PROFESSION QUI DOIT REDORER SON BLASON Meurthe-et-Moselle BANQUE POPULAIRE, BANQUE LEADER DES PME(1) ET N° 1 DE LA CRÉATION D’ENTREPRISE(2), EST AUJOURD’HUI FIÈRE DE COMPTER 1 MILLION DE CLIENTS À TITRE PROFESSIONNEL(3). (1) Source : TNS SOFRES, juin 2011. (2) Source : OSEO, septembre 2011, production de prêts à la création d’entreprise. (3) Source : BPCE informationnel Groupe, périmètre Banque Populaire, juillet 2011, codes NACE professionnels (agriculteurs, professionnels libéraux, artisans, commerçants). 0 890 90 90 90* - www.bplc.fr * 0,12 € TTC/mn (attente gratuite depuis un poste fixe, hors surcoût selon opérateur). Banque Populaire Lorraine Champagne – Société anonyme coopérative à capital variable – 3 rue François de Curel 57000 METZ – 356 801 571 RCS Metz – ORIAS N° 07 005 127 – Illustration : Mécanique Générale. Sommaire La question à… René MANGIN 4 Fête des Métiers : encore une belle promotion ! 5 Menuilor, à Ferrières : il a tenté l’aventure des Marchés publics ! 7 ADEA (ex BCCEA) : une formation modulaire à la carte 8 La CMA 54 signe une convention de partenariat avec le CAPEMM Dossier _ © DR Actualité _ Métier _ 14 Bijouterie joaillerie artisanale : une profession qui doit redorer son blason. Les artisans créateurs en bijouterie joaillerie vivent une période contrastée : le prix de l’or a quintuplé, le pouvoir d’achat baisse et, en même temps, une certaine clientèle rêve de bijou authentique, durable… 16 Hervé Durand : un joaillier qui magnifie Repères _ 17 Participez au Prix LQE 2013 de l’éco-construction 17 Prix Liliane Bettencourt pour l’intelligence de la main 2013 Résultats de l’enquête de la CMA 54 : l’Artisanat confirme sa place de 1re entreprise du département. Seul secteur connaissant une croissance globale du nombre de ses actifs, les résultats de cette nouvelle enquête (menée de janvier à avril 2012 auprès de 9 667 entreprises artisanales meurthe-etmosellanes) le confirment : dans une situation de crise économique, l’Artisanat maintient encore le cap pour l’instant ! 9 à 13 18 Salon international du Patrimoine culturel : Sylvia Pinel passe par la Lorraine 18 Nougat de poularde Retrouvez l’ensemble des numéros d’H&M sur www.cma-nancy.fr. Magazine édité par l’Association pour la Promotion et le Développement de l’Artisanat Lorrain. Chambres de Métiers et de l’Artisanat de Meurthe-et-Moselle, de la Meuse, de la Moselle et des Vosges-Épinal. Rédacteurs en chef : I. MOLIN - L. FEDERSPIEL - T. LATARCHE - PE. PICHON. Rédaction graphique : Pixel Image - Metz. Conception et réalisation : TEMA|presse - Metz. Dépôt légal : N° 1.042 Décembre 2012. ISSN 2104-4325. Impression : Groupe Socosprint imprimeurs / 88000 Épinal. Photo de couverture : © CMA 54. Vice-Président du Conseil Général s Délégué aux Ressource Avec le Plan Collèges Nouvelles Générations qui s’annonce en 2013, quelles opportunités voyez-vous pour nos artisans du Bâtiment ? E n effet, le PCNG, comme nous nous plaisons à l’appeler, est une véritable opportunité pour les entreprises artisanales du bâtiment de Meurthe-et-Moselle ! Entre 2013 et 2018, ce seront quelque 270 millions d’euros investis pour démolir, reconstruire ou plus simplement améliorer la vie des collégiens… impliquant ainsi tous les corps de métier du Bâtiment. L’objectif est clairement défini : pouvoir doter l’ensemble du département de collèges de haute qualité environnementale au service de l’éducation. Pour pouvoir « rentrer » dans de gros chantiers, il faut penser à mutualiser vos compétences avec d’autres artisans. Nos marchés publics ne sont pas réservés aux grosses entreprises et nous ne travaillons pas toujours avec les mêmes ! Bien au contraire ! Nous avons besoin de vos connaissances et de votre technicité. Plusieurs électriciens peuvent parfaitement s’associer pour répondre à des installations photovoltaïques par exemple, ce qui permettrait en s’associant de découvrir de nouvelles techniques. Cette complémentarité peut s’avérer d’une grande richesse pour vous artisans. Certains de nos marchés publics se situent parfois en dessous de 10 000 euros et vous êtes sans aucun doute en mesure de pouvoir y répondre également seul. Il ne faut pas hésiter ! Je parle du secteur du Bâtiment dans le cadre de ce Plan, mais d’autres métiers sont, bien entendu, également concernés par nos marchés publics. Je pense notamment aux taxis ou traiteurs par exemple. Le Conseil Général a besoin de travailler avec vous, main dans la main ! René Mangin Retrouvez en page 5 le témoignage de Menuilor, à Ferrières. Vous pouvez vous créer une alerte dans votre domaine directement sur le site du Conseil Général www.cg54.fr Hommes & Métiers - N°261 DÉCEMBRE 2012 3 Actualité selle Meurthe-et-Mo Fête des Métiers, le 4 novembre 2012 Encore une BELLE PROMOTION ! P our cette nouvelle édition, la cérémonie est placée sous la présidence de Laurence Demonet, vice-présidente de la Région Lorraine (cf photo), en charge de la formation professionnelle. Nous profitons de cette rencontre pour prendre des nouvelles de l’avancée du projet de construction de notre future Université des Métiers en rempla- Zoom cement du CEPAL. Ce dossier, prioritaire à la Région Lorraine, avance doucement, mais sûrement ! Car, oui, c’est un projet des plus innovants en France qui se prépare en coulisse sur le site Saint Jacques II ! Innovant à plusieurs niveaux : d’abord dans la mutualisation des équipements (gymnase, restauration et hébergement avec le © Photos : CMA 54 En ce dimanche 4 novembre, l’espace Poirel fait une fois de plus salle comble pour l’annuelle « Fête des Métiers » qui réunit élus, apprentis du CEPAL (Centre de Formation des Apprentis de la CMA 54) et du CFA de l’Automobile, maîtres d’apprentissage, enseignants et parents. Au total : 431 diplômes remis devant un millier de personnes. CFAI installé juste à côté), mais également dans l’esprit de coopération des différents partenaires : l’État, la Région Lorraine, DIRECCTE, CFAI, CESI, CMA 54. Les efforts sont partagés, ce qui apporte une grande richesse. Prochaine étape 1er semestre 2013, où les budgets vont être retravaillés avec plus de précision avec l’ensemble des partenaires. Ténacité, passion et courage : trois parcours mis à l’honneur durant la cérémonie Après avoir travaillé à l’Université, puis au Pôle Emploi, voici un virage à 180° réussi avec brio pour Sylvie Finance. Sous les applaudissements de sa famille dans la salle, elle vient recevoir son CAP Pâtissier sur scène. À 49 ans, elle souhaitait continuer son parcours professionnel autrement et suivre sa passion… ce qu’elle a fait en venant apprendre tête haute aux côtés des jeunes. « Ce n’est pas facile, mais il faut le faire et j’en suis aujourd’hui très fière ! » Et piquée par cette passion, il se pourrait bien qu’elle continue à se former dans cette filière… Ferenc Virag (à droite) a tout juste 26 ans et déjà un parcours hors du commun ! D’origine hongroise, il a suivi plusieurs formations à Budapest en cuisine. Arrivé en France en 2004, pas d’équivalence possible, il reprend tout depuis le début et continue bien au-delà : CAP Cuisine (sorti major de promotion), Pâtissier, Chocolatier, puis BEP, BP et BTM Pâtissier. Après ses 4 premières années passées simultanément au Grand Hôtel de la Reine à Nancy et au CFA Louis Prioux à Bar-le-Duc, il est en formation depuis 2008 chez Frédéric Derelle à Seichamps où il continue d’ailleurs en ce moment un BM Pâtissier. Côté projets, il souhaite continuer en France où il caresse le rêve de devenir professeur un jour. Sylvain Trognon est un exemple de courage. En juin dernier, alors qu’il passait ses épreuves de CAP Pâtissier au Lycée Stanislas à Villers-lès-Nancy, il est victime d’un terrible accident de la route lors de sa pause déjeuner. Il subit de nombreux traumatismes avec notamment de multiples fractures aux jambes et aux mains. Il réussit à s’en sortir grâce à un soutien sans faille de sa famille, ses amis, de l’équipe pédagogique et de ses professeurs. En septembre dernier, il accède à la session de remplacement et finalement obtient son CAP. L’entreprise de Jean-Luc Michelot, à Audun le Roman, l’attend impatiemment pour une poursuite de formation après sa rééducation à la rentrée 2013. 4 Hommes & Métiers - N°261 DÉCEMBRE 2012 Menuilor, à Ferrières Il a tenté l’aventure des MARCHÉS PUBLICS ! L’entreprise artisanale Menuilor a déjà répondu à plusieurs marchés publics du Conseil Général de Meurthe-et-Moselle. Alain Laurent, son gérant, nous explique sa démarche. Entretien… FICHE D’IDENTITÉ Création en 1793 par Jean-Baptiste LAURENT, charron*. 7 générations de père en fils, repris en 1999 par Alain LAURENT Activité : Menuisier de bâtiment et d’agencement 9 salariés www.menuilor.com * : Le charron est un spécialiste du bois, de tout ce qui tourne et roule, de la brouette à la charrette. © CMA54 HOMMES MÉTIERS : SUR QUELS GENRES DE CHANTIERS ÊTES-VOUS INTERVENUS POUR LE CONSEIL GÉNÉRAL 54 ? Alain Laurent : Tout der nièrement, nous avons été retenus pour des travaux de menuiserie intérieure, des portes et des plans de travail pour le collège Duvivier à Einville-au-Jard, ainsi que des travaux de cloisonnement, douches stratifiées, portes, placards et autres mobiliers pour le DITAM lunévillois. C’était, certes, de petits budgets, entre 10 000 et 15 000 euros, pour lesquels nous avons répondu seuls. Mais, par le passé, nous avons remporté un marché public d’un montant de plus de 600 000 euros en nous associant avec un confrère de la même activité que nous. Un chantier de 18 mois pour nos deux entreprises ! Dans ce genre de cas, il suffit de s’organiser et pour cela nous avons recours à l’intérim. Même si cela peut paraître plus cher au départ, c’est un investissement gagnant à plus long terme, car nous repérons les meilleurs éléments et nous retravaillons avec eux plus tard. Et, surtout, de tels chantiers font travailler beaucoup de monde ! H M : COMMENT FAITES-VOUS POUR RESTER EN VEILLE ? A.L. : J’ai créé tout simplement une alerte mail sur le site du Conseil Général www.cg54.fr qui m’avertit dès qu’un marché public correspond à ma demande. Ainsi, je ne perds pas de temps à chercher. H M : ET CÔTÉ MONTAGE DE DOSSIER ? ON ENTEND SOUVENT QUE C’EST TROP COMPLIQUÉ… A.L. : En fait, c’est le premier dossier qui prend du temps. On s’y applique le mieux possible. Les dossiers suivants sont beaucoup plus rapides ! C’est une question d’organisation administrative. Lorsque l’on est « carré » dans le montage, c’est bien plus facile à préparer. H M : QUE DIRIEZVOUS AUX ARTISANS QUI HÉSITENT ENCORE À RÉPONDRE À CES MARCHÉS PUBLICS ? A.L. : C’est le premier pas qui coûte ! Il ne faut vraiment pas hésiter à aller vers de petits marchés publics. Cela permet de rencontrer des professionnels sur les chantiers tels que les architectes, les maîtres d’œuvre, qui peuvent générer de nouveaux prospects. J’ajouterai que pour ceux qui ont la chance d’avoir leur conjoint collaborateur avec eux au quotidien, il faut également les inviter à les former. Il existe de nombreuses aides qui peuvent accompagner dans cette démarche. Cela ne peut être que positif ! DES RÉUNIONS D’INFORMATION À CE SUJET SERONT ORGANISÉES PAR LA CMA 54 SUR LAXOU, LUNÉVILLE ET DANS LE PAYS- HAUT EN 2013. Hommes & Métiers - N°261 DÉCEMBRE 2012 5 CH E F S D’ E NT REPRIS ES ARTIS AN ALES, CONJ OINT S COLL ABORAT EURS OU A S S OCI ÉS E T AU XILI AIRES FAMILI AUX Formations à la gestion et au développement d’entreprise financées par le Conseil de la Formation de la Chambre Régionale de Métiers et de l’Artisanat 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Région Lorraine LÔMANTES FORMATIONS DIP BUREAUTIQUE INFORMATIQUE ET RE ABLE ET FINANCIÈ PT M O C N O TI ES G TION COMMERCIALISA MAINES RESSOURCES HU ES ET RÉGLEMENTAIR ES U IQ D RI JU TS ASPEC UES ENTION DES RISQ SÉCURITÉ ET PRÉV NNEMENTALE GESTION ENVIRO D’ENTREPRISE DÉVELOPPEMENT PERSONNEL DÉVELOPPEMENT Ces formations sont financées par le Conseil de la Formation de la Chambre Régionale de Métiers et de l’Artisanat : X Prise en charge possible à 100%* * Ce taux de prise en charge pourra être révisé en cours d’année en fonction du volume des demandes et du budget disponible (information auprès de votre Chambre de Métiers et de l’Artisanat). Si votre formation est de nature Technique (professionnelle) ou pour une formation transverse, en cas de refus de prise en charge par le Conseil de la Formation, le FAF CEA est l’organisme habilité à prendre en charge votre demande. NB : NOUVELLES COORDONNEES : 14 rue Chapon CS81234 - 75139 Paris Cedex 03 Tél. : 01 53 01 05 22 - Email : [email protected] Modalités d’accès et de prise en charge, dossier de demande... Renseignements auprès de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de votre département : X CMA de Meurthe-et-Moselle au 03 83 95 60 60 X CMA de la Meuse au 03 29 79 20 11 X CMA de la Moselle au 0820 857 057 (0,12 euro TTC/min) X CMA des Vosges au 03 29 69 55 55 Désormais les dirigeants d’entreprises créés sous le statut d’auto-entrepreneur peuvent bénéficier du financement de leur formation par le Conseil de la formation*. * Dans la limite du barême d’intervention du Fonds. Actualité Meurthe-et-Mo selle ADEA (ex BCCEA) : une formation modulaire à la carte Faites reconnaître VOS COMPÉTENCES ! Pour faire prospérer votre activité et développer votre entreprise, la technique et la gestion doivent faire bon ménage ! Faîtes aujourd’hui reconnaître vos compétences acquises au sein de votre entreprise, ou ailleurs. À QUI S’ADRESSE L’ADEA ? Les chefs d’entreprise, leur conjoint ou collaborateurs justifiant d’au moins deux années d’expérience professionnelle dans les domaines de la gestion administrative, comptable et commerciale de l’entreprise, ou ayant un niveau de formation générale équivalent à celui d’un baccalauréat. QUEL EST SON CONTENU ? Cette formation est organisée sous la forme de quatre © Fotolia.com L a filière de formation de l’Artisanat, développée en commun par les branches professionnelles et le réseau des CMA, propose des actions de formation dans ces deux domaines. Parmi celles-ci, figure l’Assistant(e) de Dirigeant(e) d’Entreprise Artisanale (ADEA, anciennement BCCEA) destiné(e) en particulier aux copilotes administratifs assurant la gestion administrative, comptable et commerciale de l’entreprise. L’ADEA est un titre correspondant au niveau Bac enregistré par le Répertoire National des Certifications, ce qui lui confère une reconnaissance sur l’ensemble du territoire national. C’est aussi une garantie que le contenu de la formation répond aux besoins en compétences requises. modules indépendants. Il est possible de participer à un ou plusieurs modules (ci-dessous), chacun faisant l ’objet d ’une épreuve finale. O Communication et relations humaines (70 h) Objectif : Mieux se connaître pour se positionner dans l’entreprise et vis-àvis des partenaires extér ieurs. Communiquer efficacement dans sa vie professionnelle. Trouver sa place en tant que collaborateur. O Secrétariat bureautique (112 h) Objectif : Assumer toutes les tâches de secrétariat d’une entreprise artisanale. Se doter d’outils (informatique notamment) et de l’organisation les plus adaptés pour être efficace et productif. O Gestion de l’entreprise artisanale (203 h) Objectif : Comprendre et assurer au quotidien la gestion de l’entreprise artisanale. O Stratégies commerciales (98 h) Ce module n’est accessible que dans la mesure où les trois autres ont été réalisés. Objectif : Structurer l’organisation commerciale de l’entreprise. Participer à son développement commercial. Réaliser le diagnostic commercial de l’entreprise et proposer une stratégie commerciale adaptée. Attention, seuls les participants ayant validé ces quatre modules peuvent se voir octroyer le titre de l’ADEA. CÔTÉ PRISE EN CHARGE Selon votre statut, possibilité de prise en charge des frais de formation (nous consulter). PROGRAMMATION 2013 La CMA 54 propose le module Gestion de l’Entrepr ise A r tisanale à partir du jeudi 31 janvier 2013 jusqu’au vendredi 21 juin 2013 à raison d’une journée et demie par semaine (jeudi + vendredi matin). ² Plus d’infos : • Pour obtenir le détail d’une ou plusieurs formations : Isabelle Vomscheid au 03 83 95 60 45 ou isabelle-vomscheid@ cm-nancy.fr • Pour les modalités d’inscription : Christine Wetzel au 03 83 95 60 43 ou [email protected] Hommes & Métiers - N°261 DÉCEMBRE 2012 7 Actualité selle Meurthe-et-Mo 26 octobre 2012 La CMA 54 signe une CONVENTION DE PARTENARIAT avec le CAPEMM* © CAPEMM D ans un contexte économ ique de plus en plus difficile, avec notamment la baisse en 2013 des aides européennes, Jean-Paul Bolmont, Président du C A PE M M, Je a n- M arie Benoit, Président de la CMA 54, et Gérard Renouard, Président de la Chambre d’Agriculture départementale, ont officialisé leur collaboration lors de la signature d’une convention de partenariat le 26 octobre dernier. Objectif : favoriser le développement de l’Artisanat et de l’Agriculture dans notre département, alors De g. à d. : Laurent Rouyer, 1er vice-président de la Chambre d’Agriculture de Meurthe-et-Moselle, Jean-Marie Benoit, président de la CMA 54, et JeanPaul Bolmont, président du CAPEMM, signent la convention de partenariat. qu’il est difficile de faire face à une mondialisation constante, entraînant l’interrogation de la compétitivité des filières. En ce qui concerne l’Artisanat, des actions collaboratives en faveur de nos entreprises vont être mises en place, avec notamment trois axes d’intervention : O Artisanat et Développement solidaire durable, O Artisanat et innovation, O Artisanat et aménagement du territoire, avec des actions notamment autour de l’éco-construction, la constitution d’une offre de services globale. Cette convention symbolise le travail en réseau, la mutualisation de compétences au service des entreprises artisanales et développe une offre d’ingénieries structurée en faveur des dynamiques de territoires qui s’inscrivent, bien entendu, dans les orientations du Conseil Général de Meurthe-etMoselle. *CAPEMM : Agence de Développement Économique du Conseil Général de Meurthe-et-Moselle nfo VOUS ÊTES ÉBÉNISTE, CUISINISTE, FABRICANT DE MEUBLES OU DE LITERIE ? Une filière de responsabilité élargie du producteur de déchets vient d’être mise en place pour les déchets issus des meubles : table, chaise, literie, cuisine, mais également comptoir, bureau, etc. En tant que fabricant, assembleur ou metteur sur le marché de mobilier, vous devez donc soit contribuer à l’éco-organisme chaque année, soit instaurer un système de valorisation des déchets issus des meubles que vous fabriquez ou mettez sur le marché. Deux éco-organismes sont en cours d’agrément : Éco-mobilier pour le mobilier des ménages, et Valdélia pour le mobilier des professionnels. Vous pouvez dès à présent adhérer à Éco-mobilier en tant que fabricant de mobilier ménager sur le site www.eco-mobilier.fr, et/ou adhérer à Valdélia en tant que fabricant de mobilier professionnel sur le site www.valdelia.org. La mise en place de cette écotaxe permettra ensuite aux particuliers et professionnels en possession de mobilier en fin de vie de les déposer gratuitement dans les points de collecte dédiés. ² VOUS SOUHAITEZ SAVOIR QUAND ET COMMENT PROCÉDER ? OU SIMPLEMENT PLUS D’INFORMATIONS ? CONTACTEZ LE CNIDEP AU 03 83 95 60 88 OU [email protected] ET DEMANDEZ LA FICHE TECHNIQUE DÉCHETS D’AMEUBLEMENT dossier & MOT DU PRÉSIDENT Résultats de l’enquête de la CMA 54 L’Artisanat confirme sa place de 1re ENTREPRISE DU DÉPARTEMENT Contre toute attente, la nouvelle édition de notre enquête effectuée tous les trois ans auprès de vous, artisans meurthe-et-mosellans, révèle que malgré un contexte économique de plus en plus difficile, l’Artisanat reste plus que jamais la première entreprise de notre département. Une fois de plus, notre enquête se caractérise par une exceptionnelle participation de plus de 60 %. Vous avez pris le temps de répondre aux 42 questions qui témoignent de votre situation, vos perspectives, vos besoins et votre point de vue… et je vous en remercie vivement ! A © Fotolia.com Seul secteur connaissant une croissance globale du nombre de ses actifs, les résultats de cette nouvelle enquête (menée de janvier à avril 2012 auprès de 9 667 entreprises artisanales meurthe-etmosellanes) le confirment : dans une situation de crise économique, l’Artisanat maintient encore le cap pour l’instant ! vec u ne nouvel le progression inédite du nombre d’entreprises inscrites au Répertoire des Métiers sur les trois dernières années, la structure des entreprises artisanales est en forte expansion depuis 12 ans. Nb d’entreprises inscrites au RM 7 318 7 690 8 297 9 170 10 383 Années 2000 2003 2006 2009 2012 } } } } +5% + 7,7 % + 10,6 % + 13,2 % Entrée en vigueur du régime de l’auto-entrepreneur au 1er avril 2010 (inscription obligatoire à la CMA pour les métiers relevant de l’Artisanat et exercés à titre principal). 2010 Vous pouvez compter sur nous ! Vous êtes en effet 5 802 à avoir retourné un questionnaire exploitable. Devenus indispensables à vos collègues administrateurs de la CMA 54 pour éclairer et orienter les services que nous mettons à votre disposition, les résultats de cette démarche sont aussi désormais très attendus par de nombreux partenaires de nos entreprises : élus et décideurs locaux, organismes ou administrations publiques. Exploitables en fonction de multiples critères (zone géographique, durée d’existence des entreprises, profils de leurs dirigeants, secteurs d’activités métiers, etc.), ils sont aussi autant d’investigations possibles susceptibles de répondre à leurs projets ou interrogations. Ce dossier vous présente les grandes lignes des résultats obtenus, mais aussi et surtout les pistes de travail dont nous disposons aujourd’hui pour pouvoir mieux vous accompagner dans les 2 à 3 années à venir. Vous pouvez compter sur nous ! Jean-Marie Benoit Président de la CMA 54 Vous souhaitez découvrir l’ensemble des résultats de notre enquête 2012 ? ² Téléchargez le fichier de sa synthèse sur notre site internet www.cma-nancy.fr OU ² Contactez le 03 83 95 60 49 pour recevoir une version imprimée de cette synthèse. Hommes & Métiers - N°261 DÉCEMBRE 2012 9 dossier VOTRE SITUATION DÉBUT 2012 LES ARTISANS FACE À L’EMPLOI Avec un rôle qui reste majeur en matière d’emploi, l’Artisanat de Meurthe-et-Moselle fait ressortir plusieurs éléments : O il y a moins d’artisans employeurs (5 sur 10 contre 6 sur 10 en 2009), O il y a davantage de salariés par entreprise qui emploie, Oune entreprise sur 4 envisage d’embaucher à court terme (soit un potentiel de 2 500 emplois) 2009 2012 1 361 artisans employant 1 à 2 salariés 27,18 % 23,46 % soit 1 924 salariés 790 artisans employant 3 à 5 salariés 15,58 % 13,62 % soit 2 992 salariés 469 artisans employant 6 à 10 salariés 8,88 % 8,08 % soit 3 577 salariés 155 artisans employant 11 à 15 salariés 2,84 % 2,67 % soit 2 000 salariés 181 artisans employant 16 et plus 3,74 % 3,12 % soit 4 946 salariés Total : 15 439 salariés pour 5 802 entreprises ayant répondu Estimation : 25 800 salariés pour l’ensemble du département 1 artisan sur 2 emploie au moins un salarié Moyenne : 5,35 salariés par entreprise qui emploie LES ARTISANS FACE À LA CRISE ODIFFICULTÉS PARTICULIÈRES RENCONTRÉES Trouver du personnel qualifié En 2009, 60 % des artisans considéraient leur entreprise affectée par cette crise, en 2012, ils sont 48 % à reconnaître des difficultés particulières. 12 % 29 % Recherche de financement 14 % Maintien ou développement de la clientèle OUNE PERCEPTION VARIABLE SELON LES BASSINS D’EMPLOI 10 Hommes & Métiers - N°261 DÉCEMBRE 2012 © Fotolia.com Comme en 2009, la situation est perçue sensiblement différemment entre le Bassin de Lunéville-Nancy (47 et 47,5 %) Toul et Longwy (48 et 49,5 %) et celui de Briey qui reconnaît des difficultés dans 56 % des entreprises. 10,84 % DES ENTREPRISES AYANT RÉPONDU À L’ENQUÊTE ENVISAGENT DE TRAVAILLER EN PAYS FRONTALIER OU D’EXPORTER. EST-CE UN EFFET DE LA CRISE QUI POUSSE À RECHERCHER DES MARCHÉS À L’ÉTRANGER ? VOS PERSPECTIVES POUR LE FONCTIONNEMENT DE VOTRE ENTREPRISE Des perspectives qui préservent un dynamisme, mais dont on perçoit les effets de la crise pour les critères emblématiques comme l’innovation, la volonté de développement, la recherche de locaux ou encore l’environnement. Les artisans semblent ainsi revoir à la baisse leur ambition. 2009 2012 Nbr entreprises % Nbr entreprises % Améliorer la prise en compte de la protection de l’environnement dans le fonctionnement de l’entreprise 3 220 56,50 % 2 988 51,50 % Proposer des produits ou services plus respectueux de l’environnement 2 667 46,97 % 2 665 45,93 % Utiliser plus intensément internet 2 373 41,64 % 2 386 41,12 % Accueillir un stagiaire 1 965 34,48 % 2 165 37,31 % Développer leur entreprise 1 476 25,90 % 1 473 25,39 % Transmettre l’entreprise 945 16,58 % 990 16,89 % Engager une démarche d’innovation 1 254 22 % 912 15,72 % Embaucher 860 15,09 % 892 15,37 % Engager une démarche de certification 733 12,86 % 676 11,65 % Exporter ou travailler à l’étranger 597 10,48 % 629 10,84 % Sont à la recherche de locaux 579 10,16 % 547 9,43 % VOS BESOINS EN MATIÈRE DE FORMATION Vous êtes clairement plus nombreux à miser sur la formation (de 38 % en 2009, à 42 % en 2010), mais avec de fortes disparités dans les thématiques choisies avec une naturelle prépondérance pour les formations techniques propres à votre métier. 2009 2012 Nbr entreprises Technique professionnelle % Nbr entreprises 1 469 25,78 % 1 942 33,47 % À vos salariés dans le cadre du DIF 618 10,84 % 733 12,63 % Du management ou de la gestion 561 9,84 % 733 12,63 % Informatique ou Internet 595 10,44 % 679 11,70 % 644 11,10 % Norme, hygiène, sécurité, Commerce, vente Développement personnel Général (mathématiques, français) © Fotolia.com % 373 6,55 % 570 9,82 % 404 6,96 % 168 2,90 % Hommes & Métiers - N°261 DÉCEMBRE 2012 11 dossier • Les femmes sont davantage demandeuses de conseils que les hommes (18,41 % contre 16,41 %). • 562 entreprises artisanales souhaitent participer à des opérations tendant à regrouper les artisans sur un même site. • 509 entreprises souhaitent être associées à des actions commerciales en faveur des touristes. • 1 362 à des actions de promotion de leur entreprise ou métier. • 1 002 souhaitent participer à des foires ou Salons. • 481 souhaitent développer des relations avec l’Université ou des écoles d’ingénieurs. Révélation d’un potentiel inexploré pour l’essentiel jusqu’à présent. • 635 entreprises expriment leur volonté de profiter de bilans de compétences ou de validation des acquis de l’expérience (VAE). EN MATIÈRE DE CONSEIL Seulement 978 entreprises déclarent être demandeuses de conseils (contre 1 079 en 2009). La mise en place d’une stratégie de développement 2009 2012 480 8,42 % 452 7,79 % Bénéficier d’un diagnostic complet de votre entreprise 435 7,63 % 333 5,74 % Développer de nouveaux marchés ou prestations 452 7,93 % 316 5,45 % Accéder à des marchés en Belgique, Luxembourg, Allemagne 298 5,23 % 242 4,17 % Développer des innovations 330 5,79 % 199 3,43 % L’évaluation des risques professionnels 230 4,04 % 194 3,34 % Intégrer l’évolution des technologies dans votre entreprise 214 3,76 % 161 2,77 % Vous engager dans des actions relatives au développement durable 194 3,4 % 142 2,45 % VOTRE POINT DE VUE LES OBSTACLES À L’EMBAUCHE DES APPRENTIS ET DES SALARIÉS Concernant l’insertion des jeunes, les artisans sont, en proportion, de moins en moins nombreux à estimer pouvoir jouer un rôle dans l’insertion et contre leur chômage : 37 % en 2000, 31 % en 2009 pour 29 % et 1 662 entreprises en 2012. Les artisans placent en 2012 le manque de motivation en tête des obstacles à l’embauche d’apprentis. Concernant les salariés, les chefs d’entreprise mettent en avant comme principal obstacle au recrutement, les salaires et les coûts. Apprentis Les difficultés d’hébergement 198 3,41 % Les horaires et les conditions de travail 684 La localisation de votre entreprise ou difficultés de transport 395 Les salaires et les coûts pour votre entreprise 1 023 Le niveau de formation Le manque de motivation Autres Salariés 67 1,15 % 11,79 % 762 13,13 % 6,81 % 296 5,10 % 17,63 % 2 529 43,59 % 449 7,74 % 704 12,13 % 1 489 25,66 % 1 507 25,97 % 265 4,55 % 375 6,46 % QUELLES RAISONS VOUS INCITERAIENT À RECRUTER ? Que cela soit le recrutement d’apprentis ou de salariés, c’est l’augmentation de l’activité de l’entreprise qui se dégage prioritairement, suivi par les aides et exonérations. Apprentis Salariés L’augmentation de l’activité de l’entreprise 1 382 23,82 % 2 878 49,6 % Le besoin de compétences nouvelles 160 2,76 % 527 9,08 % Le renouvellement du personnel en place 165 2,84 % 508 8,76 % Les aides à l’embauche (primes, exonérations de charges…) 1 023 17,63 % 1 998 34,44 % Autres 149 2,57 % 212 3,65 % 12 Hommes & Métiers - N°261 DÉCEMBRE 2012 SUR LA PERCEPTION DE LA PERFORMANCE DE LEUR ENTREPRISE, PLUS D’UN ARTISAN SUR DEUX PENSE SE DISTINGUER SUR UN OU PLUSIEURS POINTS. VOS POINTS FORTS 2009 Un savoir-faire très spécifique ou rare 1 870 L’excellence des relations sociales Un marché très spécialisé Une notoriété régionale ou nationale 2012 32,81 % 1 677 28,90 % 1 228 21,55 % 1 079 18,60 % 1 125 19,74 % 897 15,46 % 1 083 19,00 % 894 15,41 % L’innovation dans la technologie mise en œuvre 585 10,26 % 476 8,20 % Une attention exceptionnelle au respect de l’environnement 527 9,25 % 417 7,19 % Une notoriété internationale 101 1,77 % 77 1,33 % ET L’AVENIR ? Comme déjà révélé, l’optimisme avait regagné du terrain dans l’Artisanat au moment de cette enquête, les artisans demeuraient en effet optimistes pour près de 64 % d’entre eux sur le devenir de leur activité. La prudence s’impose compte tenu de l’évolution économique du 2e semestre 2012. Par catégories d’activités Par bassin d’emploi Bâtiment 63,82 % 66,81 % 2009 2012 Alimentation 59,14 % 65,51 % Longwy 59,08 % 65,96 % Production 57,41 % 63,27 % Nancy 61,72 % 64,46 % Services 57,74 % 59,49 % Toul 62,08 % 64,13 % Lunéville 57,42 % 64,12 % Briey 55,74 % 60,50 % CONCERNANT LES SERVICES DE VOTRE CMA PREMIÈRES ACTIONS Depuis la fin de l’enquête et le traitement des résultats, la CMA 54 a déjà agi dans certains domaines : ORelance ciblée pour répondre à vos besoins en formation. O Collaboration avec les Collectivités recherchant des artisans pour leurs zones d’activités. O Réunion d’information au Parc des Expositions de Nancy pour les artisans intéressés par une participation à des foires ou Salons. O Réponses individuelles aux artisans ayant évoqué des sujets particuliers en fin de questionnaire. ODémarches auprès des entreprises souhaitant recruter un apprenti. O Exploitation des résultats auprès des partenaires (Opcalia, Agefos, Pôle Emploi…) en charge de l’orientation, de la formation et de l’emploi. CE SONT 1 675 ARTISANS QUI DÉCLARENT AVOIR FAIT APPEL AUX SERVICES DE LA CHAMBRE DE MÉTIERS AVEC 86 % DE SATISFAITS. PROJETS À VENIR… O Développer l’accompagnement à l’innovation de nos entreprises artisanales. O Informer les entreprises souhaitant s’engager dans une démarche de certification. O Continuer à accompagner les entreprises à l’export et aux actions transfrontalières. OMise en place d’un service d’aide au recrutement. O Poursuite de l’exploitation de vos réponses concernant la formation pour vous apporter un service sur mesure (ex : départ à la retraite, VAE, bilan de compétences…). OCréation d’une bourse de stage. Hommes & Métiers - N°261 DÉCEMBRE 2012 13 © CMA 55 Photo et bijoux : créations Bianchi Maizières-les-Metz Métier Bijouterie joaillerie artisanale Une profession qui doit REDORER SON BLASON Les artisans créateurs en bijouterie joaillerie vivent une période contrastée : le prix de l’or a quintuplé, le pouvoir d’achat baisse et, en même temps, une certaine clientèle rêve de bijou authentique, durable. Pour traverser la crise, la profession s’attache à réaffirmer ses valeurs artisanales : pièces uniques, sur-mesure, conseil, proximité. U ne période difficile et en même temps favorable », c’est en ces mots qu’Alexandre Bianchi, bijoutier joaillier en Moselle et lauréat du Prix SEMA 57 (en 2009), dépeint une situation en ombre et lumière. D’un côté, le prix de l’or a été multiplié par 5 en 10 ans et son cours atteint des hauteurs jamais enregistrées ! D’un autre côté, l’artisan constate un engouement pour la personnalisation, la pièce unique, le bijou de valeur. Alors sa passion prend le dessus et il met tout son art à réaliser le sur-mesure, sans compter ses heures pour rendre sa prestation accessible, heureux de créer. « Je programme en moyenne trois rendezvous pour définir le bijou, avant de passer à la fabrication », explique Alexandre Bianchi. L’entretien avec la personne pour cerner ses attentes et ses goûts ; la proposition dessinée du bijou ; la présentation d’une maquette en plastiline avec positionnement des pierres. On travaille traditionnellement, à partir du lingot, débité par nos soins, étiré en fils d’or courbés et forgés à la main. Ce positionnement « 14 Hommes & Métiers - N°261 DÉCEMBRE 2012 haut de gamme et la personnalisation nous permettent de distinguer nos fabrications du bijou "délocalisé" et impersonnel », considère le joaillier mosellan. Mais cela implique un travail d’excellence, l’approche artisanale dans toute la dimension qualitative du terme. « Nous devons redorer le blason de la bijouterie joaillerie pour faire connaître notre éthique », conclut-il. « Notre métier rencontre une demande. Nous touchons la clientèle opposée au "jetable", à la recherche d’un bijou pour la vie, qui sera ensuite transmis, confirme Hervé Durand, bijoutier joaillier en Meurthe-et-Moselle. On est dans une dimension intemporelle parce que le bijou est un symbole qui se transmet de génération en génération. Le terme "artisanal" parle à cette clientèle qui s’identifie à un bijou traduisant sa personnalité et portant la touche de celui qui l’a réalisé. Tout se passe en proximité. Les personnes qui font appel à mes services viennent chercher un rapport de confiance », explique Hervé Durand. Son engagement dans « l’artisanal », sans jamais déroger à des principes d’excellence depuis trente-deux années, a forgé sa réputation, transmise de bouche-àoreille et de génération en génération. « J’ai créé les bijoux de la grand-mère, de la fille, et maintenant, c’est la petite-fille qui vient me voir. » La reconnaissance, l’identité acquises au fil du temps lui permettent de vivre du bijou de création, même s’il ne faut pas se leurrer, la créativité, elle, ne se rentabilise pas. Mais c’est tout le plaisir de l’artisan bijoutier joaillier, de travailler des pièces uniques personnalisées. La hausse du prix de l’or ne perturbe pas trop Hervé Durand. « Les artisans récupèrent énormément de métal pour le retravailler pour leurs clients : finalement, je bénis l’époque où le bijou or s’est démocratisé ! », confie l’artisan bijoutier joaillier. Il est vrai que la hausse du métal fin et la crise poussent plus les familles à se séparer de leurs bijoux qu’à en acquérir de nouveaux… Alexandre Bianchi s’inquiète du risque de voir fondre le patrimoine de la bijouterie française avec la multiplication des points de vente et achat d’or. Zoom © Rouyr DES BIJOUX DANS TOUTES LES MATIÈRES DE GAUCHE À DROITE : Alexandre Bianchi (Maizières-lès-Metz), Claude Delachaux (Ligny-en-Barrois) et Joël Rouyr (Vosges), dans leurs ateliers respectifs. Mais les bijoutiers sont très sollicités pour transformer l’or des familles en bijoux au goût du jour ou en monnaie sonnante et trébuchante. La bijouterie Rouyr dans les Vosges a carrément proposé l’achat-expertisevente d’or comme un nouveau service à sa clientèle. Une partie du magasin a été dédiée à cette prestation. « Les deux sociétés sont bien séparées », précise l’artisan. Une proposition appréciée par les clients, heureux de pouvoir s’adresser à une maison comptant 35 années d’expérience en bijouterie pour leurs transactions. Impacté par la baisse du pouvoir d’achat des clients et la montée du prix de l’or, le bijoutier détaillant créateur a pu ainsi diversifier ses activités. Bijoutiers depuis cinq générations, la famille Rouyr est bouleversée par les mutations survenues depuis 15 ans dans la profession. « Pour le prix d’un beau collier en or il y a quelques années, on a aujourd’hui une belle fantaisie », constate Jean-Bernard Rouyr. En même temps, la qualité baisse au fur et à mesure que la délocalisation s’organise regrette le détaillant. La bijouterie Rouyr a dû changer radicalement de stratégie et faire des choix pour tenir le pari de la qualité, conserver la boutique en centre-ville, l’équipe de vente. Joël, cinquième génération, titulaire du CAP de bijoutier joaillier passé après son bac E, regarde la situation avec réalisme : il a travaillé pendant une dizaine d’années en créa- tion, sur des pièces prestigieuses. Mais « aujourd’hui, le prix de l’or nécessite de réduire les masses de matière sur un bijou et c’est faisable dans la bijouterie industrielle beaucoup plus que dans le travail artisanal », dit-il. « Des bijoux aussi merveilleux, réalisés avec moins d’or pour coller au budget des clients, c’est ce que nous attendons », confie le Meusien Claude Delachaux, troisième génération d’une famille de bijoutiers détaillants héritiers d’une maison fondée en 1810. « Quand l’or était cinq fois moins cher, on ne regardait pas sur la matière. Aujourd’hui, le matériau précieux doit être optimisé. Nous sélectionnons les fabricants respectueux des règles de l’art, attentifs à employer l’or à sa juste place, pour créer des bijoux qui font rêver mais restent accessibles et durables. Il faut un œil exercé pour apprécier cela et le détaillant joue un rôle plus important que jamais. » À la tête de l’entreprise familiale depuis 1990 mais immergé dans la profession dès ses premiers pas, Claude Delachaux se désole de voir le métier se délocaliser toujours plus. « Quand le métal fin était moins onéreux, le coût de la main-d’œuvre pesait peu sur les prix. Maintenant, les fabricants de bijoux - y compris les plus prestigieux et les marques qui s’affichent « françaises » choisissent de produire dans les pays à bas salaires. » De fait, selon le comité Francéclat, la production de bijoux or en France représente aujourd’hui 16 % de la production mondiale, contre 24 % en 2010. « Cela mène à un appauvrissement « La bijouterie joaillerie et la bijouterie fantaisie se boudent alors qu’elles auraient intérêt à collaborer », considère Monique Manoha, animatrice au Pôle Bijou à Baccarat. Service d’une collectivité territoriale créé en 2006, le Pôle Bijou a pour objectif de mettre en place un réseau de savoir-faire et de professionnels du bijou. « Aujourd’hui, toutes les matières entrent dans la bijouterie : cristal, céramique, bois, cuir, résine… Les artisans d’art qui travaillent ces matériaux s’orientent vers le bijou. Nous nous attachons à leur donner les bases nécessaires. La bijouterie est un vrai savoir-faire aux multiples facettes. Travail des assemblages, fermoirs, ergonomie, confort, sécurité… Il faut aller vers le qualitatif pour ne pas galvauder le bijou de création. Nous proposons également un accompagnement sur le marketing car tout doit être "raccord" entre le positionnement du bijou, la communication, les lieux de vente etc. » Les créations en bijouterie de la célèbre cristallerie sont l’illustration d’un mariage heureux entre les deux approches bijouterie/fantaisie et les deux métiers bijoutier/cristallier. Les détaillants en bijouterie peuvent aujourd’hui miser sur ces créations de haute qualité pour élargir leur offre. Jusqu’au 30 décembre, le marché de Noël au Pôle Bijou de Baccarat présente 30 créateurs de bijoux dans sa galerie ouverte au public. Plus d’informations sur www.polebijou.com. nfo de notre tissu artisanal, regrette Claude Delachaux. La France, championne de la mode et des métiers du luxe, avait un savoir-faire exceptionnel dans la haute bijouterie. » Il s’efforce de travailler avec les ateliers encore implantés en France, en région parisienne ou lyonnaise. « Mais ces sociétés ont souvent délocalisé une partie de la production pour garder assez de rentabilité pour maintenir une fabrication sur le sol français. Le regard du professionnel, sa rigueur et son éthique comptent de plus en plus pour distinguer la qualité », conclut Claude Delachaux. Pour lui, cette crise a aussi du bon : elle pousse à la créativité, à l’innovation. Le tout or classique se vend moins et se porte moins. Les créateurs rivalisent d’idées pour marier l’or et l’argent à des céramiques, résines, cristal et nous proposer une bijouterie fantaisie qualité joaillerie. © r uy Ro Hommes & Métiers - N°261 DÉCEMBRE 2012 15 Métier © DR selle Meurthe-et-Mo Hervé Durand Un joaillier qui MAGNIFIE Prendre rendez-vous avec lui pour parler de son métier ou d’un bijou, c’est une évasion assurée. Hervé Durand a ce côté emballant des âmes palpitantes. A vec lui, rien ne relève du hasard. Premier contact téléphonique. On lui promet de ne pas lui prendre trop de son temps. Lui annonce son intention d’en donner. Rendez-vous dans son antre avenue de Strasbourg à Nancy… Coup de sonnette, il approche d’un pas de velours, serre la main et déjà ce regard. Franc, profond, suivi presque d’un silence, mais sans malaise. Hervé se révèle avec ses clientes comme dans la vie, entier, à la fois plein « d’émotion » et de mots déliés, posés, cajolés pour en savourer leur profondeur. Cette syntaxe fébrile lui servit peut-être de thérapie dans « Voyages », puis « Existence », deux livres écrits en forme de quête et d’apaisement face au tropplein de sentiments. Hervé Durand semble avoir cette obsession : faire sens. Ne pas commercer de façon vénale, mais vivre une rencontre d’abord, faire ensemble un 16 Hommes &Métiers - N°261 DÉCEMBRE 2012 bout de chemin. Il a besoin d’un bon feeling. Aux murs de sa tanière, des œuvres d’art depuis longtemps déjà, bien avant la mode des boutiques ou restaurants galeries. Ce mois-ci, ce sont des peintures très seventies. « Je ne me situe pas au premier degré entrepreneurial et marchand. » Un utopiste, un rêveur ? Pas du tout. Sur son ordinateur, il a collé le logo de « maître artisan », comme une bannière. « L’artisan incarne des valeurs qu’il met en mouvement, et il transmet, c’est mon véritable bonheur », glisse-t-il d’une voie douce en apercevant dans l’entrebâillement de l’atelier, Clarisse, jeune joaillière en herbe. « Écouter les gens, c’est se construire. Mon père faisait du théâtre. Il m’a vite manqué. J’ai été élevé dans un milieu de femmes. Après mon bac, j’hésitais, elles m’ont dit : pourquoi pas bijoutier ? » Ses clientes sont un peu ses muses. « Je suis dans le quartier de la maternité. C’est fort en symbole, non ? Elles sentent combien je suis imprégné d’une culture féministe. » Une savante alchimie entre émancipation et délicatesse. « Marek Halter a parlé dans un livre de mon grand-père qui avait sauvé des familles juives, parmi lesquelles mon premier patron. Quand il a découvert ma filiation, il m’a embauché sur le champ. » Alors, ce goût pour la joaillerie ? « J’ai surtout travaillé chez Lery-Bouvier, un des premiers fabricants français d’alliance diamantée. J’ai découvert le métier de maquettiste, la réalisation de la matrice des bijoux en laiton, puis l’original en préparant le fil et le plané. » Avec 32 ans d’expérience, Hervé Durand reste attaché à la quête de beauté des femmes. Dans les années 70, la révolution sexuelle les affranchit des convenances sociales. Certaines se parent de bijoux indigènes, un peu peace and love. Hervé reste à l’écart de ces transports évanescents et reste concen- tré sur le symbolisme de ses bijoux. Chaque modèle raconte une histoire personnelle, intime forcément, sublime souvent, esthétique toujours. « En 1981, j’ai eu l’honneur de succéder à André Klein, un maître qui a décroché l’oscar de la joaillerie à New York. Peu à peu, les femmes sont revenues à la boutique. J’étais comblé quand elles ont commencé à me dire que je leur rappelais mon prédécesseur. » Depuis, Hervé Durand a écrit sa propre réputation avec une éthique exigeante. « Le plus important, c’est de savoir passer du "je" au "nous", d’imaginer ensemble un bijou en trouvant la vérité de l’être. Vous savez, beaucoup entrent ici avec des bijoux de famille, pour les fondre et leur donner une nouvelle vie. » Une vie profonde avec un esprit exigeant. « Quand on crée, il faut éviter de prendre l’autre en otage. Ce serait un tragique hors sujet. Il faut cheminer ensemble, partager une passion…» À lire Éclairage ZOOM SUR ÉMILE GALLÉ POUR RÊVER… LE PRIX LQE 2013 de l’éco-construction Valorisez votre entreprise en faisant concourir au Prix LQE 2013 les bâtiments exemplaires en termes d’éco-construction sur lesquels vous avez travaillé. CONDITIONS POUR ÊTRE CANDIDAT AU PRIX LQE 2013 : O Opération de construction ou de réhabilitation de bâtiment(s). O Livraison de l’opération entre le 01/01/2010 et le 31/12/2012. O Localisation géographique de l’opération en Lorraine. Frais de participation : gratuit. Le dossier de candidature est téléchargeable sur www.lqe.fr et doit être retourné au plus Talent © Ville de Nancy - B2H Architectes et Benoît Sindt F ort de sa 6e édition, ce prix, organisé par l’association Lorraine Qualité Environnement pour la construction, récompense les meilleures opérations lorraines de construction et de réhabilitation en termes de qualité environnementale. Les projets seront évalués selon une grille de notation qui prend en compte les quatorze cibles de la démarche HQE®. Plusieurs prix seront remis en fonction du type d’opération (logement/bâtiment tertiaire/bâtiment industriel, etc.). tard le 11 janvier 2013. Les participants se verront remettre le profil environnemental de leur bâtiment et apparaîtront dans la brochure sur le Prix LQE 2013. Les maîtres d’ouvrage lauréats recevront un trophée et bénéficieront d’une communication sur leur opération (ex : fiche d’opération sur le site de LQE et dans la base de données nationale d’opérations de qualité environnementale, communication à la presse, visite de l’opération…). ²Contact : Sylvie Feuga au 03 83 31 09 88 ou [email protected] Prix Liliane Bettencourt pour l’intelligence de la main 2013 Le prix comporte deux récompenses : « Talents d’exception » et « Dialogues ». « Talents d’exception » récompense la réalisation d’une œuvre d’une qualité esthétique incontestable résultant d’une parfaite maîtrise des techniques et savoir-faire du métier. Le prix est doté de 50 000 euros. « Dialogues » est destiné à la création d’une œuvre exceptionnelle résultant de la collaboration de deux professionnels artisan et créateur. Le prix est également doté de 50 000 euros attribués à parts égales entre les deux lauréats. Vous trouverez plus d’informations (présentation et définition, processus de sélection modalités de participation) sur le site internet du prix. L’inscription se fait intégralement en ligne sur le même site, dans la rubrique « Candidature - Dossier - Inscription en ligne ». ²www.intelligencedelamain.com/prix Le dernier né des ouvrages de la collection « Zoom », éditée par « Association d’idées », est consacré à l’œuvre d’Émile Gallé. Au fil des 112 pages, une soixantaine de créations inédites de l’artiste/artisan verrier lorrain sont présentées à travers des photos des pièces et des détails. Entrelacs floraux, insectes gracieux, courbes soyeuses et tourbillons de couleurs émerveillent le regard tandis que l’imagination du lecteur se nourrit des références poétiques illustrant les photos. À défaut de posséder ces chefs-d’œuvre de Gallé, les contempler réjouit déjà l’esprit et incite à la rêverie… Ce livre a été réalisé en collaboration avec le Musée du Verre et du Cristal de Meisenthal, le Château-Musée de Boulogne-sur-Mer, le Musée des Beaux-arts de Reims, le Domaine Vranken-Pommery, Paul Montagne, Conservateur au Conservatoire des sites lorrains et Philippe Thiébaut, Conservateur en chef au musée d’Orsay. Éditions Association d’idées, Collection Zoom. 2012. Prix public 35 €. Contact : www.editionszoom.com Aide mémoire Smic horaire brut : ² 9,40 E (au 01/07/12) Sécurité sociale : (depuis le 01/01/12) ² Trimestriel : 9093 E ² Mensuel : 3031 E Indice du coût de la construction INSEE : 1593 ²2e trim. 2011 1624 ²3e trim. 2011 1638 ²4e trim. 2011 Indice National Bâtiment BT01 : ²Février 2012 : 873,9 Taux de l’intérêt légal 2012 : 0,71 % Hommes & Métiers - N°261 DÉCEMBRE 2012 17 Éclairage Pratique Salon international du Patrimoine culturel SYLVIA PINEL passe par la Lorraine À © CMA l’occasion de la soirée d’inauguration du Salon international du Patrimoine culturel au Carrousel du Louvre, Pascal Kneuss, Président de la Chambre Régionale de Métiers et de l’Artisanat, a eu le plaisir d’accueillir Sylvie Pinel, ministre du Commerce et de l’Artisanat, sur le stand dédié à l’artisanat Lorrain. Pascal Kneuss et Alain Bertaud, dirigeant de Pierre & Habitat, qui emploie 15 salariés, ont longuement échangé avec Madame la Ministre sur l’emploi, la valorisation des métiers et des formations manuels, les cotisations sociales et les taux de TVA. L’espace lorrain présentait du 7 au 11 novembre, une sélection de sept artisans restaurateurs et deux centres de formation. Nous remercions nos partenaires : la Chambre Régionale de Métiers et de l’Artisanat de Lorraine, l’APCMA, la Région Lorraine et sa Mission Métiers d’Art, la Banque Populaire Lorraine Champagne et la MAAF Pro. Leur soutien a permis aux entreprises lorraines et à notre région d’être présentes à ce rendez-vous majeur. LES PARTICIPANTS OJean Bergeron, sculpteur ornemaniste, Pierrefitte-sur-Aire (55) OPierre Habitat, tailleur de pierre, Lavallée (55) OBianchi Pierre & Alexandre, horloger bijoutier joaillier Maizières-les-Metz (57) OPeintures Nicole Kling, restauratrice d’église, Lixing-les-Saint-Avold (57) OAtelier de lutherie Jean-Pierre Voinson, luthier, Mirecourt (88) OAteliers Siebering, vitrail et verre plat, Reyersviller (57) OAtelier Marie Chabrol, Nancy (54) OLycée CFA Camille Claudel - Lycée des métiers de la pierre, Remiremont (88) OPôle National de compétences ameublement, bois, décoration OLycée Pierre et Marie Curie, Neufchâteau (88) OCFA AFPIA Liffol-le-Grand (88) Nougat de poularde C’est à l’occasion de la 77e Foire Internationale de Metz et de la présence du Président de la Confédération Nationale des Charcutiers Traiteurs, Joël Mauvigney, que les Relais Charcutiers en Lorraine ont présenté en avant-première leur nouveau produit des fêtes de fin d’année. Il se compose d’un suprême de poularde, de noisettes, pistaches, pignons de pin, châtaignes, morilles, abricots secs et foie gras de canard, le tout lié d’une farce fine au Porto et présenté dans un feuilletage léger et cerclé de bois. Ce « Nougat de poularde » se consomme chaud accompagné d’un mesclun à l’huile de noisette et vinaigre de framboise. Pour connaître la liste des « Relais Charcutiers en Lorraine » qui propose ce produit de fête, connectez-vous sur le site www.bctlorraine.org (onglet « Membres »). 18 Hommes &Métiers - N°261 DÉCEMBRE 2012 © DR En guise de recette ce mois-ci, nous vous invitons à découvrir la composition du « Nougat de poularde ». LE RACHAT DE TRIMESTRE RENDU POSSIBLE Un nouveau dispositif permet aux artisans de racheter des trimestres de retraite au régime de base. Jusqu’au 30 décembre 2013, les artisans peuvent demander à leur caisse de retraite de racheter jusqu’à sept trimestres L’objet de ce nouveau rachat mis en place par un décret paru au mois d’avril dernier* est de compléter les années de cotisations ayant donné lieu à l’attribution de moins de quatre trimestres, par exemple lorsque ces années ont été incomplètes. Il s’agit donc, avec ces rachats, de pouvoir augmenter sa pension de retraite. En pratique, le dispositif concerne les artisans nés avant le 1er janvier 1960 et qui ont cotisé au moins quinze ans au régime d’assurance vieillesse de base (AVA, puis RSI). Les artisans en société ayant perçu un revenu supérieur au plafond de la Sécurité sociale (36 372 € en 2012), en sont toutefois exclus. Il est ainsi possible de racheter des trimestres de retraite au régime de base pour les années – calculées par périodes d’affiliation de cinq ans – pendant lesquelles quatre trimestres n’ont pas été validés. Mais le nombre de trimestres rachetables, proportionnel à la durée d’affiliation aux régimes de retraite des indépendants, est limité à sept. Le coût est avantageux, puisqu’il est égal à deux fois le montant de la cotisation minimale de la retraite de base. Pour le rachat d’un trimestre, ce coût est donc actuellement de 636 €. Les personnes intéressées doivent déposer leur demande de rachat avant le 31 décembre 2013. Aucun formalisme n’est exigé : il suffit de contacter la caisse de retraite pour effectuer la demande. Pour en savoir plus sur ce dispositif, on peut également consulter le portail www.rsi.fr/rachat-retraite * Décret 2012-503 du 16.4.2012, JO du 18, prévu par la loi de Sécurité sociale pour 2009. .-.#&&#, &#+3$%'#"#3!.+%-3)!% &# "#, +-%, (,#-!)''#+2 (-, 51 %4$#,)!% & *& !# 0#&&# #-0#"#/ 3& AGIR-mutuelles.fr "" %))'-- -', )&%)% $!()%!-'$ (#%$+$) %$$, )''* +'*%",*' ),% "*)*""(%*# (* +'*%"*)*" ), % '#%$'#!%$& "( "