Guide pratique de la communication pharmacien-patient
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Guide pratique de la communication pharmacien-patient
COMPRENDRE et faire COMPRENDRE le défi de l’an 2000 GUIDE PRATIQUE de la communication PHARMACIEN-PATIENT DIRECTION FORMATION CONTINUE ET DÉVELOPPEMENT ORDRE DES PHARMACIENS DU QUÉBEC Ordre des pharmaciens du Québec PROFESSIONNEL, COMPRENDRE et faire COMPRENDRE le défi de l’an 2 000 GUIDE PRATIQUE de la communication PHARMACIEN-PATIENT Ordre des pharmaciens du Québec en collaboration avec Pfizer Canada Inc. Montréal, 1998 Plutôt que de préconiser une approche futuriste à la manière Star Trek et entraîner les pharmaciens dans une nouvelle ère de pratique où ils ne se sont jamais aventurés auparavant, l’Ordre des pharmaciens du Québec, au moyen de l’Objectif 100 % conseils, leur offre une suite pharmaceutique au film Retour vers le futur... «En effet, les pharmaciens possèdent déjà le savoir et les habiletés de base pour bien conseiller leurs patients. Il s’agit plutôt de découvrir de nouvelles façons de mettre à profit et de développer ces habiletés déjà existantes.» Auteur Danielle Fagnan, pharmacienne P RÉFACE Réviseurs en première lecture : Pierre Dion, pharmacien Pierre Ducharme, pharmacien Florence Melas, pharmacienne Elaine Michaud, pharmacienne Francine Terriault-Ladouceur, pharmacienne Danielle Viens, pharmacienne Le pharmacien de l’an 2 000 est responsable de patients. Ses connaissances des risques et des conditions de succès d’un traitement, de même que l’accès privilégié qu’il possède relativement aux divers médicaments utilisés par les patients constituent des atouts majeurs de sa profession. Réviseurs en deuxième lecture : Marie-Claude Binette, pharmacienne Richard Blais, pharmacien Pierre Boucher, pharmacien Chantal Des Groseilliers, pharmacienne Odette Grégoire, pharmacienne Sylvie Grégoire, pharmacienne Yvan Lagacé, pharmacien Diane Lamarre, pharmacienne Christine Larivière, pharmacienne Claire Perron, pharmacienne Marie Pineau, pharmacienne Jeannine Tellier Cormier, administrateur nommé, Ordre des pharmaciens du Québec Reynald Tremblay, pharmacien Régis Vaillancourt, pharmacien Assistance technique : Nos remerciements à Isabelle Lauzier Conception et Infographie : Le Groupe Pro Santé Photographie : Gilles Savard Au même titre, sa disponibilité envers le public et les possibilités particulières créées par cette situation lui donnent l’opportunité d’effectuer un excellent suivi de la réponse thérapeutique. Un patient souffrant de maladie chronique rencontre son pharmacien six fois plus souvent que son médecin traitant... Les contacts réguliers du pharmacien avec les personnes nécessitant des soins pharmaceutiques permettent ainsi une meilleure sensibilisation des patients, tout en répondant aux besoins de ceux-ci d’être informés et réorientés parfois vers d’autres professionnels de la santé. Ces avantages distinctifs placent le pharmacien en situation privilégiée pour effectuer des interventions d’éducation auprès du public, de prévention des risques reliés aux traitements, de monitorage des traitements pharmaceutiques, de dépistage des complications et de réorientation vers les ressources appropriées. Les pharmaciens comptent au nombre des principaux acteurs dont dépend le passage à l’an 2 000 de notre système de santé. Nous sommes à l’heure des choix. Les enjeux sont considérables et les obstacles nombreux. Plus que jamais, les pharmaciens doivent prendre conscience de l’impact majeur de leur rôle. L’Objectif 100 % conseils: comprendre et faire comprendre permet d’initier un projet mobilisateur pour toute la profession. En se sens, j’espère que ce Guide pratique de la communication pharmacienpatient facilitera l’accès aux soins pharmaceutiques. © Copyright 1998, Ordre des pharmaciens du Québec, tous droits réservés. Janine Matte Présidente Ordre des pharmaciens du Québec T ABLE DES MATIÈRES PRÉFACE ......................................................................................... 5 VISION 2 000 ............................................. 8 INTRODUCTION ................................................................................ 9 DU PHARMACIEN DE L’AN OBJECTIF 100 % POURQUOI CONSEILS : COMPRENDRE ET FAIRE COMPRENDRE .......... 11 UN GUIDE PRATIQUE DE LA COMMUNICATION PHARMACIEN-PATIENT? ..................................................................... 13 OBJECTIFS ............................... 15 LÉGAL RELIÉ À LA COMMUNICATION EN PHARMACIE ..................... 17 CADRE DE LA COMMUNICATION EN PHARMACIE QU’EST-CE QUE LA CONSULTATION PHARMACEUTIQUE? .......................... AVANTAGES 19 ........................... 21 OBSTACLES À LA CONSULTATION PHARMACEUTIQUE............................... • ENVIRONNEMENT ET ORGANISATION DU TRAVAIL ............................. • PATIENT ................................................................................... • PHARMACIEN.............................................................................. • MANQUE DE COORDINATION......................................................... • RECHERCHE INADÉQUATE .............................................................. 23 23 27 28 29 30 ÉTAPES .................................. 33 LIMITANT LA CONSULTATION PHARMACEUTIQUE ...................... 37 NIVEAUX DE LA CONSULTATION PHARMACEUTIQUE ................................ • NOUVELLE ORDONNANCE ............................................................. • RENOUVELLEMENT ....................................................................... • MÉDICAMENTS EN VENTE LIBRE ..................................................... • TECHNIQUES DE COMMUNICATION ................................................ • APPROCHE PATIENT ..................................................................... • PROGRAMME DE CONSULTATION PHARMACIEN-PATIENT ..................... 41 41 47 51 55 56 60 CONCLUSION ................................................................................... 63 ANNEXES ....................................................................................... 65 BIBLIOGRAPHIE ................................................................................ 81 POSTFACE ....................................................................................... 84 DE LA CONSULTATION PHARMACEUTIQUE DE LA CONSULTATION PHARMACEUTIQUE FACTEURS V ISION DU PHARMACIEN DE L’AN 2 000 I Le pharmacien de l’an 2 000 est responsable de patients. De concert avec le patient et les autres professionnels de la santé, il doit travailler à améliorer la santé et la qualité de vie par la prévention des maladies, l’évaluation, la modification et le suivi d’un traitement pharmaceutique, afin que ce dernier soit le plus optimal et le plus sécuritaire possible. Comprendre les besoins du patient et lui faire comprendre son traitement afin d’améliorer sa santé par l’atteinte de résultats thérapeutiques optimaux, voilà l’essence même du rôle du pharmacien. Cette responsabilité du pharmacien a toujours existé, mais elle a évolué au fil des années pour se concentrer davantage sur les besoins individuels de la clientèle. Dans cette optique, le patient prend une part active à son traitement et l’obligation du professionnel est alors de lui faciliter au maximum cette prise en charge en recueillant et en lui fournissant toute l’information nécessaire à lui assurer des résultats optimaux et, par conséquent, une meilleure qualité de vie. (Inspiré de American Pharmaceutical Association : Principles of Practice for Pharmaceutical Care. 1995) Cette vision du pharmacien de l’an 2 000 démontre clairement que l’évolution du rôle du pharmacien le pousse bien au delà de celui consistant à rendre les médicaments disponibles, à sécuriser les patients quant à leur accessibilité et à transmettre de l’information. Les pharmaciens ont maintenant la responsabilité d’appliquer, pour chaque patient, tous les actes professionnels nécessaires à l’atteinte de résultats thérapeutiques optimaux. C’est l’essence même de la notion de soins pharmaceutiques. Dans ce contexte, le pharmacien devient un membre actif du réseau des soins de santé, puisque ses interventions se situent en continuité et en complémentarité avec celles des autres professionnels ou institutions de ce même réseau. ••• NTRODUCTION Les pharmaciens ne sont pas les seuls professionnels à désirer axer davantage leurs activités sur les besoins individualisés de leur clientèle. C’est maintenant la règle d’or de toute entreprise de services. Cependant, les pharmaciens doivent prendre conscience de l’impact majeur de ce rôle non seulement sur le bien-être de leurs patients, mais également sur le plan des économies qu’une telle approche peut faire réaliser au système de santé. Cette prise de conscience doit s’accompagner d’une volonté profonde de changer la pratique professionnelle de la pharmacie, de telle sorte qu’en l’an 2 000, on ne parlera plus que du nombre de patients reçus dans une journée et de la complexité de chaque cas, plutôt que du nombre d’ordonnances exécutées dans une journée. C’est là que réside toute la différence, mais il s’agit d’une différence qui peut devenir extrêmement valorisante. Relever un tel défi nécessite une mobilisation de la profession. Ce Guide pratique de la communication pharmacienpatient constitue le premier outil d’un programme complet d’éducation et de formation appelé l’Objectif 100 % conseils. L’atteinte de cet objectif dépend de tous les pharmaciens. Et c’est aussi la condition pour que le désir de Comprendre et faire comprendre devienne vraiment une réalité. ••• O BJECTIF 100 % CONSEILS : COMPRENDRE ET FAIRE COMPRENDRE L’Objectif 100 % conseils se base principalement sur la notion de Comprendre et faire comprendre, un thème qui touche tous les pharmaciens du Québec, peu importe le cadre de leur pratique. Leur but commun consistant à favoriser l’atteinte de résultats thérapeutiques optimaux, le succès de leurs interventions repose en grande partie sur l’approche de communication qu’ils parviendront à développer auprès des patients et des autres professionnels de la santé avec lesquels ils travaillent. L’Objectif 100 % conseils : comprendre et faire comprendre offre ainsi, pour favoriser l’atteinte de cet objectif, un programme complet de développement professionnel dont la réalisation s’échelonne sur plusieurs étapes : 1- Atteinte du niveau fondamental de la consultation pharmaceutique pour toute nouvelle ordonnance. 2- Atteinte du niveau fondamental pour les renouvellements et les médicaments en vente libre. 3- Développement et acquisition d’habiletés de communication, de façon graduelle et par étapes. 4- Priorisation des clientèles dans le cadre du volet continuité des soins (établissement de santé/officine). GUIDE PRATIQUE DE LA COMMUNICATION PHARMACIEN-PATIENT 13 5- Amélioration des communications et méthodes de travail avec les autres professionnels de la santé. P OURQUOI UN GUIDE PRATIQUE DE LA COMMUNICATION PHARMACIEN-PATIENT? 6- Mesure de l’impact de l’Objectif 100 % conseils auprès des pharmaciens et des patients. À l’origine du projet, il n’était question que d’un guide de conseils aux patients, mais après avoir pris connaissance de la documentation existante ainsi que des diverses expériences vécues dans le monde pharmaceutique, il est devenu évident que la relation du pharmacien avec son patient va bien au-delà de la simple remise d’information sur le médicament. Il faut plutôt parler de tout un processus de communication qui vise à rendre encore plus efficace le traitement pharmaceutique des patients. C’est ce processus considéré dans son ensemble qu’il convient d’appeler la consultation pharmaceutique. ••• Par conséquent, les objectifs de ce guide visent à : • Développer une vision globale de la communication en pharmacie. • Établir des lignes directrices sur l’information à communiquer aux patients. • Diffuser des techniques pour faciliter l’interaction avec les patients. • Proposer une démarche structurée d’intervention auprès des patients. ••• 14 COMPRENDRE ET FAIRE COMPRENDRE, LE DÉFI DE L’AN 2000 GUIDE PRATIQUE DE LA COMMUNICATION PHARMACIEN-PATIENT 15 O BJECTIFS DE LA COMMUNICATION EN PHARMACIE L’un des objectifs de la communication en pharmacie consiste à s’assurer de l’usage approprié du médicament. On peut aussi vouloir s’assurer que le patient comprend bien le but de son traitement et comment ce dernier agit afin de maintenir ou promouvoir son bien-être. On peut également décider d’aller encore plus loin et d’établir un partenariat ou contrat avec le patient, lequel vise l’atteinte d’objectifs thérapeutiques bien précis. Dans ce cas, le pharmacien approfondit la relation avec son patient en s’impliquant davantage dans le suivi et en vérifiant que les objectifs thérapeutiques établis ont été atteints. Ce suivi permet au pharmacien de détecter et prévenir l’apparition des problèmes reliés à la pharmacothérapie, d’améliorer les résultats thérapeutiques et la fidélité au traitement, tout en permettant éventuellement de réduire les coûts associés à un usage irrationnel des médicaments ou à un manque de fidélité au traitement prescrit. Ces objectifs de la communication en pharmacie reflètent bien l’évolution actuelle de la profession, au même titre que le slogan et le concept publicitaire choisis pour la diffusion de l’Objectif 100 % conseils : comprendre et faire comprendre. Il s’agit en fait d’une autre façon de traiter les patients qui va chercher, d’une part, les principes de la communication interactive et où le mot traiGUIDE PRATIQUE DE LA COMMUNICATION PHARMACIEN-PATIENT 17 ter, d’autre part, pris au sens large de négocier, se rallie fort bien à la notion de partenariat et de responsabilisation décrite ci-dessus. Le tableau 1 résume les objectifs de la communication en pharmacie. C ADRE LÉGAL RELIÉ À LA COMMUNICATION EN PHARMACIE ••• Tableau 1 OBJECTIFS • • • • DE LA COMMUNICATION EN PHARMACIE : Il a été mentionné auparavant que la communication en pharmacie constitue une part importante du travail du pharmacien et l’évolution même de la profession l’entraîne vers une implication plus entière et plus globale, lorsqu’il doit considérer aujourd’hui le traitement pharmacologique d’un patient. Assurer l’usage approprié du médicament Comprendre les besoins et les objectifs du patient Faire comprendre au patient son traitement Établir un partenariat (objectifs thérapeutiques et suivi) Communiquer est vraiment un art. On ne naît pas communicateur et ce n’est pas parce qu’on possède un diplôme en pharmacie, qu’on maîtrise toutes les connaissances et les habiletés nécessaires à une bonne consultation pharmaceutique. Communiquer avec un patient et, particulièrement, un patient malade avec ses inquiétudes, ses peurs et ses croyances face à la maladie, fait appel à des habiletés précises qui s’apprennent et se développent. Il faut être prêt et avoir la volonté de travailler à relever ce défi. C’est un chemin difficile, mais combien valorisant pour tous les pharmaciens. ••• 18 COMPRENDRE ET FAIRE COMPRENDRE, LE DÉFI DE L’AN 2000 La Loi sur la pharmacie appuie-t-elle cette évolution de la profession? L’article 17 de la Loi sur la pharmacie reconnaît et souligne l’importance de la communication. Il s’agit même d’un devoir : le législateur n’ayant pas ici émis un désir, mais bien une obligation. Même si cet article ne parle pas directement de la qualité du conseil donné ou de l’interaction avec le patient, il stipule cependant que : «L’exercice de la pharmacie comprend la communication de renseignements sur l’usage prescrit ou à défaut d’ordonnance sur l’usage reconnu des médicaments... ». Pourtant, malgré cette obligation et ce droit des patients à l’information, on note quand même une augmentation des poursuites pour défaut de conseils. En effet, un pharmacien peut être tenu légalement responsable du tort causé à la santé d’un patient qui n’aurait pas été suffisamment renseigné à propos de son médicament. GUIDE PRATIQUE DE LA COMMUNICATION PHARMACIEN-PATIENT 19 Le règlement p-10, r.1 reconnaît également l’importance de la communication, étant donné qu’il en fait un acte non délégable. D’autres articles du code de déontologie des pharmaciens vont chercher certaines notions de partenariat énoncées précédemment. Ainsi, le règlement p-10 r.5, article 3.01.05, mentionne que le pharmacien doit chercher à établir une relation de confiance entre lui-même et son patient. À cette fin, le pharmacien doit notamment : • S’abstenir d’exercer sa profession d’une façon impersonnelle; • Donner ses conseils de manière à respecter l’échelle de valeurs et les convictions personnelles de son patient lorsque ce dernier l’en informe. En outre, l’article 3.03.02 stipule qu’en plus des avis et conseils, le pharmacien doit fournir à son patient les explications nécessaires à la compréhension et à l’appréciation des services qu’il lui rend. Le Règlement sur les conditions et modalités de vente des médicaments au Québec, communément appelé dossier des annexes, reconnaît le pharmacien comme l’intervenant de première ligne au niveau de la consultation pharmaceutique pour les médicaments en vente libre. Le Règlement sur la tenue des pharmacies exige une aire de confidentialité obligatoire où le pharmacien peut s’entretenir avec son patient à l’abri des oreilles indiscrètes. Ce règlement est en vigueur au Québec, depuis février 1996, partout où un pharmacien exerce sa profession. ••• 20 COMPRENDRE ET FAIRE COMPRENDRE, LE DÉFI DE L’AN 2000 Q U’EST-CE QUE LA CONSULTATION PHARMACEUTIQUE? La relation du pharmacien avec son patient implique tout un processus de communication qui permet d’assurer le succès de son traitement. C’est ce qui définit la consultation pharmaceutique. Elle s’applique à une nouvelle ordonnance, à un renouvellement ou encore aux médicaments en vente libre. Elle s’initie dès le premier contact avec le patient et se déroule jusqu’à ce que le pharmacien ait l’assurance que le patient a bien compris son traitement. Cela signifie qu’il est en mesure de prendre ses médicaments de façon appropriée, qu’il est capable et désireux d’atteindre les objectifs thérapeutiques établis entre lui et son pharmacien et que, finalement, il peut reconnaître et éviter certains effets indésirables liés à ses médicaments. La consultation pharmaceutique représente donc tout le volet communication des soins pharmaceutiques et consiste à rendre le pharmacien apte à savoir : • Quoi dire, comment le dire, où le dire. • Comment débuter et comment conclure un entretien interactif avec le patient. • Comment développer ses habiletés de communication pour recueillir le maximum d’information possible, identifier les problèmes réels ou potentiels GUIDE PRATIQUE DE LA COMMUNICATION PHARMACIEN-PATIENT 21 reliés au traitement de son patient, s’assurer que ce dernier comprend bien le traitement et atteindra les résultats thérapeutiques escomptés. • Comment améliorer ses actes professionnels en favorisant une approche globale et tout en demeurant efficace et productif. Relever le défi de la consultation pharmaceutique, c’est possible, mais il faut évoluer graduellement et à son propre rythme. C’est d’ailleurs le but visé par l’Objectif 100 % conseils. ••• A VANTAGES DE LA CONSULTATION PHARMACEUTIQUE ••• Tableau 2 AVANTAGES DE LA CONSULTATION PHARMACEUTIQUE Pour le patient • Éviter les erreurs reliées aux médicaments. • Diminuer les risques de problèmes reliés à la pharmacothérapie. • Rassurer sur les effets indésirables d’un médicament et sur son innocuité. • Améliorer les résultats thérapeutiques. • Permettre une meilleure fidélité au traitement. • Éviter des visites inutiles chez le médecin ou à l’urgence en cas d’automédication. • Responsabiliser le patient face à son état et à son traitement. Pour le pharmacien • Avantages professionnels Contribuer à diminuer ou à éviter les problèmes potentiels ou réels reliés à la pharmacothérapie. Améliorer le bien-être et la santé des patients. • Avantages personnels Avoir le sentiment de contribuer à l’amélioration de la santé et du bien-être d’un individu, c’est gratifiant. • Avantages économiques et commerciaux Considérer comme une valeur ajoutée non négligeable le développement de la consultation pharmaceutique, car elle permet de : – fidéliser les patients; – réduire les pertes de revenus provoquées par les ordonnances non exécutées ou non renouvelées, en s’assurant que le patient suivra son traitement de façon appropriée. ••• 22 COMPRENDRE ET FAIRE COMPRENDRE, LE DÉFI DE L’AN 2000 GUIDE PRATIQUE DE LA COMMUNICATION PHARMACIEN-PATIENT 23 O BSTACLES À LA CONSULTATION PHARMACEUTIQUE Les barrières identifiées au développement d’une approche centrée sur les besoins des patients peuvent être divisées en 5 catégories : • Environnement et organisation du travail • Patient • Pharmacien • Manque de coordination • Recherche inadéquate ENVIRONNEMENT ET ORGANISATION DU TRAVAIL Les barrières reliées à l’environnement sont bien identifiées par les pharmaciens et sont causées en majeure partie par le fait que le système favorise davantage le volume d’ordonnances que la relation pharmacienpatient. Dans un tel contexte, les pharmaciens se heurtent constamment à des problèmes d’organisation du travail, à un manque d’espace et de personnel, sans compter une charge de travail souvent très élevée et les remboursements insuffisants pour des services plus personnalisés. En effet, quand la productivité est basée sur le volume d’ordonnances, «servir les clients le plus rapidement possible» a malheureusement préséance sur des activités pourtant essentielles telles que la consultation pharmaceutique. GUIDE PRATIQUE DE LA COMMUNICATION PHARMACIEN-PATIENT 25 Les pharmaciens sont continuellement confrontés à ce type de barrières et ils doivent tenter par tous les moyens de les éliminer. C’est la condition essentielle à l’avancement et à la reconnaissance de la profession. Comme ce projet est ambitieux, les enjeux importants et les difficultés nombreuses, il faut s’attendre à des réalisations à long terme. Cependant, certaines actions peuvent être prises dès maintenant. Par exemple, dans la documentation consultée, le manque d’espace confidentiel est souvent mentionné comme un obstacle majeur à une consultation pharmaceutique efficace et réussie. Heureusement, au Québec, il est obligatoire d’aménager une aire de confidentialité dans les différents lieux de pratique. Malheureusement, elle est souvent inadéquate et sous-utilisée par les pharmaciens. Le tableau 3 présente les utilisations possibles de l’aire de confidentialité. ••• Tableau 3 L’AIRE DE CONFIDENTIALITÉ PEUT ÊTRE UTILISÉE POUR COMMUNIQUER DE L’INFORMATION À l’initiative du pharmacien : • Lorsqu’il est nécessaire de recueillir des renseignements confidentiels sur l’état de santé d’un individu, dans certains cas particuliers ou au moment d’ouvrir un nouveau dossier-patient. • Lors de la remise d’une nouvelle ordonnance au patient. • Lors du renouvellement d’une ordonnance impliquant le monitorage de ses effets en cours de traitement pharmaceutique. • Lorsqu’il doit enseigner un mode particulier d’administration d’un médicament ou en vérifier le mode d’utilisation. • Lorsqu’il soupçonne un échec ou une atteinte mitigée des buts thérapeutiques d’un traitement pharmacologique. : À la demande du patient : • Lors d’une vérification pour déterminer si les symptômes ou effets secondaires qu’il ressent sont attribuables à sa médication. • Lors d’une consultation pharmaceutique pour des médicaments en vente libre (MVL). • Lors du monitorage visant à évaluer l’effet thérapeutique, la détection d’effets secondaires ou l’atteinte des objectifs thérapeutiques fixés avec lui. • Lors d’une consultation pharmaceutique, suivant la recommandation d’un médecin. Tableau inspiré de Matte J., Fagnan D. : Document préparé pour le Congrès annuel du Groupe Jean Coutu, 3 juin 1996. Il est faux d’affirmer que les patients ne veulent pas d’information. Il serait plus juste de dire que la structure et l’organisation de la pratique ne créent pas vraiment un climat propice à la discussion entre le pharmacien et son patient. À défaut de pouvoir repenser rapidement toute la structure organisationnelle de la pharmacie, il est possible d’apporter des mesures qui peuvent contribuer à corriger la situation. Le tableau 4 donne un aperçu de ces mesures. 26 COMPRENDRE ET FAIRE COMPRENDRE, LE DÉFI DE L’AN 2000 GUIDE PRATIQUE DE LA COMMUNICATION PHARMACIEN-PATIENT 27 ••• Tableau 4 PATIENT MESURES POUR CORRIGER LES OBSTACLES LIÉS À L’ENVIRONNEMENT ET L’ORGANISATION DU TRAVAIL Obstacles • Distractions : Manque d’intimité, sonnerie du téléphone, commis, présence d’autres clients, interruptions, etc. • Objets fixes : Comptoir, cloison de verre, présentoirs, distance séparant le pharmacien du patient, etc. Mesures correctives • Demander aux employés de respecter l’entretien entre le patient et le pharmacien, en évitant de l’interrompre, si possible. • Tenir la consultation dans un lieu privé ou semi-privé. • Rendre le pharmacien visible. • Regarder le patient dans les yeux. • Maintenir une distance adéquate entre le patient et le pharmacien (0.5 à 1.25 m du patient). Tableau tiré de : Programme de consultation pharmacien-patient PPCP- Module 1 : Une approche interactive pour s’assurer que le patient a bien compris. Pfizer, pp.1-28, 1997. Il faut rappeler que le patient a le droit de refuser toute consultation pharmaceutique. Dans ce cas, il faut respecter ce droit. Cependant, il faut se rappeler aussi de ne jamais laisser un patient partir sans lui avoir dit que l’information qui devait être transmise était très importante pour l’amélioration de sa santé. Il convient alors que le pharmacien remette au patient sa carte d’affaires, au cas où le patient changerait d’idée et aimerait prendre rendez-vous à un autre moment. 28 COMPRENDRE ET FAIRE COMPRENDRE, LE DÉFI DE L’AN 2000 Les barrières dressées par le patient sont bien décrites dans la documentation consultée et peuvent être d’origine fonctionnelle ou émotionnelle. Parmi les barrières fonctionnelles, on retrouve des handicaps tels que la vision et l’audition; des différences de culture; de différences homme/femme; des problèmes de langage; de disponibilité; des troubles mentaux tels que la sénilité; des problèmes de mémoire; de retard mental, etc. Les barrières émotionnelles sont plus fréquentes et peuvent revêtir plusieurs formes. Il peut s’agir d’un simple regard gêné, de poings serrés ou d’éclats de voix. Les signaux non verbaux émis alors par le patient peuvent indiquer au pharmacien la présence d’un éventuel problème de communication. Avant d’amorcer la consultation proprement dite, si le pharmacien réussit à éliminer ces barrières émotionnelles, le patient sera plus apte à se concentrer sur les renseignements concernant la prise de son médicament. En cas d’échec cependant, il y a fort à parier que l’efficacité de la consultation s’en ressentira grandement. Des techniques de communication éprouvées et efficaces ont été développées pour aider les professionnels à surmonter ces barrières fonctionnelles et émotionnelles dressées par le patient. Bien que l’apprentissage de ces techniques dépasse le cadre de ce guide, elles seront toutefois communiquées et mises en pratique dans un des volets de l’Objectif 100 % conseils. GUIDE PRATIQUE DE LA COMMUNICATION PHARMACIEN-PATIENT 29 PHARMACIEN Parmi les barrières imputables aux pharmaciens, il faut rappeler que la distance, l’attitude non verbale – habitudes nerveuses, comportement distant, absence de contact visuel, bras et jambes croisés – ainsi qu’un ton inadéquat – désintéressé, air pressé, ton cassant, voix trop forte, etc. – peuvent constituer autant d’obstacles à une consultation pharmaceutique efficace et réussie. Le tableau 5 offre l’adaptation française d’un mot-clé, employé en 1983 par Muldary, pour mettre en évidence les techniques non verbales favorisant la communication. ••• Tableau 5 ATTITUDES osition bienveillante, penchez-vous vers le patient. egard franc. uverture corporelle, ne croisez ni les bras, ni les jambes. ontact visuel (50 à 75 % du temps). abitudes nerveuses maîtrisées (toux inopportune, craquement de doigts, coups de crayon sur la table, etc.). E tat de relaxation, détendez-vous. Tableau tiré de : Programme de consultation pharmacien-patient PPCP- Module 1 : Une approche interactive pour s’assurer que le patient a bien compris. Pfizer, pp.1-28, 1997. La personnalité du pharmacien et ses habiletés de communication peuvent aussi être considérées comme des obstacles à la consultation pharmaceutique. Quelques pharmaciens peuvent en effet préférer les aspects techniques de leur profession, alors que d’autres obtiennent davantage de satisfaction professionnelle par l’interaction avec les patients. Un entraînement adéquat et graduel, tel celui prévu à l’intérieur de l’Objectif 100 % conseils, peut COMPRENDRE ET FAIRE COMPRENDRE, LE DÉFI DE L’AN MANQUE DE COORDINATION Le manque de coordination entre les institutions de santé et les professionnels qui donnent de l’information aux patients constitue une autre barrière importante. Le virage ambulatoire et les problèmes relatifs à la continuité des soins qu’il a suscités en présentent les plus beaux exemples. DU PHARMACIEN CONSEILLER P R O C H 30 cependant contribuer à équilibrer ces deux tendances. La consultation pharmaceutique nécessite non seulement des connaissances pharmacologiques, mais également le développement d’habiletés de communication et de techniques d’apprentissage andragogique (spécifique aux adultes) qui doivent être acquises. Même les pharmaciens qui adorent communiquer avec leurs patients peuvent se sentir intimidés et en manque de confiance s’ils n’ont pas reçu une formation adéquate. 2000 Des efforts doivent être faits pour améliorer la continuité des soins et le travail en équipe multidisciplinaire. À cet effet, un outil très intéressant a été produit par l’Ordre des pharmaciens du Québec dans le but justement de favoriser cet échange mutuel d’information entre établissements de santé et officines. Bien qu’il reste encore beaucoup de travail à accomplir, cet outil représente déjà un bon point de départ. Un exemple de ce formulaire intitulé « Sommaire pharmaceutique confidentiel » est offert à l’annexe 1. Un autre outil efficace ne demande qu’à être développé et implanté : un formulaire qui pourrait être transmis GUIDE PRATIQUE DE LA COMMUNICATION PHARMACIEN-PATIENT 31 32 COMPRENDRE ET FAIRE COMPRENDRE, LE DÉFI DE L’AN 2000 GUIDE 3 niveaux d’action : • Clarification des données existantes relatives à l’efficacité. • Évaluation de l’efficacité des nouvelles approches. • Évaluation des modèles intégrés de consultation pharmaceutique. 2 niveaux d’action : • Continuité des soins. • Équipe multidisciplinaire. 3 niveaux d’action : • Comportement humain. • Développement et acquisition d’habiletés de communication. • Attitude non verbale = PROCHE. Actions à court terme : Action : • Maximiser l’utilisa• abolir les barrières tion de l’aire de fonctionnelles et confidentialité. émotionnelles. • Éviter les distractions et les objets pouvant nuire à la consultation pharmaceutique. Action à long terme : • Organisation de la pratique (Annexe 2). Coordination Pharmaciens Patients Environnement CLÉS ÉLÉMENTS À LA CONSULTATION PHARMACEUTIQUE ET SOLUTIONS POSSIBLES Le manque de données empiriques mesurant l’efficacité, le coût et l’impact de l’intervention des pharmaciens constitue un autre obstacle considérable. Tant que ce type de recherche ne sera pas menée, il sera extrêmement difficile d’établir des comparaisons entre le besoin de productivité, l’utilisation maximale de ressources professionnelles et techniques limitées et la rémunération inadéquate. Même s’il n’est pas possible, pour l’instant, d’agir sur ces questions, il faut toutefois continuer de clamer bien haut que de futures recherches sur la consultation pharmaceutique devront porter sur 3 domaines principaux : 1) la clarification des données existantes relatives à l’efficacité des interventions des pharmaciens, lesquelles sont conflictuelles et comprennent d’importantes lacunes; 2) l’évaluation de l’efficacité de nouvelles techniques d’approche du patient; 3) l’évaluation des modèles intégrés de consultation pharmaceutique auprès des patients. OBSTACLES INADÉQUATE ••• Tableau 6 RECHERCHE Recherche aux médecins ou à d’autres professionnels. Les pharmaciens étant les professionnels de la santé les plus accessibles, ils sont souvent appelés à diriger leurs patients vers les ressources appropriées. Malheureusement, souvent, toute cette démarche de consultation et d’orientation n’apparaît nulle part. Pour arriver à sensibiliser les autres professionnels de l’équipe multidisciplinaire aux interventions réalisées par les pharmaciens auprès des patients, il est indispensable de créer un tel outil. PRATIQUE DE LA COMMUNICATION PHARMACIEN-PATIENT 33 É TAPES DE LA CONSULTATION PHARMACEUTIQUE Parmi l’ensemble des soins pharmaceutiques, la consultation englobe tout l’aspect relation pharmacien-patient et elle peut être divisée en 4 étapes bien distinctes : un préambule qui amorce la consultation en établissant une relation de confiance, une cueillette de données qui permet d’établir l’histoire pharmacothérapeutique du patient en le situant dans un contexte global d’intervention, l’étape des conseils qui regroupe tous les éléments que le patient devrait connaître pour qu’il se sente réellement responsable de son traitement et la conclusion qui permet au pharmacien de vérifier si le patient l’a bien compris. Les éléments identifiés à l’intérieur de chacune de ces étapes représentent un condensé de tout ce qui a été trouvé parmi la documentation consultée et, par conséquent, de ce qui devrait être fait dans un monde idéal pour effectuer une bonne consultation pharmaceutique. Il va sans dire également que chacune de ces étapes doit être appuyée par un ensemble de techniques de communication, de même qu’une approche patient qui permette de recueillir adéquatement et efficacement toute l’information. GUIDE PRATIQUE DE LA COMMUNICATION PHARMACIEN-PATIENT 35 Préambule Conseils : quoi dire? Quoi entendre? 1- Se présenter et bien s’identifier comme pharmacien. 17-Nom du médicament. 2- Demander à qui le médicament est destiné. 18-Pourquoi a-t-il été prescrit ou suggéré? 3- Expliquer le but de la consultation pharmaceutique, obtenir le consentement du patient. 19-Comment agit-il? Quels sont ses effets? 4- Revoir le dossier pharmacologique du patient, si possible, avant la consultation pharmaceutique et utiliser l’information contenue dans ce dossier de façon appropriée. 21- Méthode optimale de prise du médicament et horaire d’administration adapté aux activités quotidiennes du patient. 5- Effectuer la consultation pharmaceutique dans l’aire de confidentialité. 23-Combien de temps dure le traitement? 20- Temps nécessaire pour l’obtention de l’effet thérapeutique. 22-Mode d’utilisation. Histoire pharmacothérapeutique 24-Après combien de temps faut-il s’inquiéter s’il n’y a pas d’amélioration? 6- Allergies. 25-Que faire si l’état du patient s’aggrave? 7- Âge/poids/taille. 26-Discuter des effets indésirables significatifs et sur lesquels le patient peut agir. 8- Surface corporelle. 27-Directives en cas d’oubli d’une dose. 9- Grossesse/ allaitement, s’il y a lieu. 28-Renseignements au sujet des renouvellements. 10-Autres médicaments prescrits et en vente libre. 11-Maladies chroniques. 29-Technique pour le monitorage du traitement (indicateur de glycémie, pression artérielle, etc.). 12-Habitudes de vie. 30-Précautions particulières à prendre. 13-Évaluer les connaissances que le patient possède sur sa maladie et ses traitements antérieurs. 31-Conditions et durée de conservation du produit. 14-Évaluer les peurs ou problèmes relatifs à la maladie et au traitement. 15-Vaccins. COMPRENDRE ET FAIRE COMPRENDRE, LE DÉFI DE L’AN 33- Mesures non pharmacologiques et préventives pouvant aider à obtenir de meilleurs résultats thérapeutiques. 34-Critique des mythes et des préjugés répandus au sujet d’un produit. 16-Maladies iatrogéniques. 36 32- Manipulation du produit et élimination, le cas échéant. 2000 GUIDE PRATIQUE DE LA COMMUNICATION PHARMACIEN-PATIENT 37 35-Directives spéciales pour l’administration et la préparation, s’il y a lieu. F ACTEURS LIMITANT LA CONSULTATION PHARMACEUTIQUE Conclusion 36-Vérifier si le patient a compris le traitement. 37-Résumer les éléments clés de l’information présentée, si nécessaire. 38-Fournir au patient l’opportunité de préciser certaines questions ou inquiétudes. 39-Aider le patient à planifier un suivi, de même que les prochaines étapes du traitement. 40-Offrir sa disponibilité. Cette approche systématique de la consultation pharmaceutique en 40 points, exposée précédemment, se base sur la revue de la documentation disponible, de même que sur l’expérience pratique des pharmaciens. Cependant, considérant les contraintes actuelles et les nombreux obstacles identifiés, il est nécessaire de questionner la faisabilité d’une telle approche. Plusieurs facteurs doivent être considérés : 1- Type de consultation ••• • Nouvelles ordonnances. • Renouvellements d’ordonnances. • Médicaments en vente libre. 2- Type de situations • Situations aiguës : Les patients ayant besoin d’un ou plusieurs médicaments pour une situation précise et généralement de courte durée (ex : antibiotiques). • Situations chroniques : Les patients ayant besoin de recevoir de l’information beaucoup plus spécifique afin d’être en 38 COMPRENDRE ET FAIRE COMPRENDRE, LE DÉFI DE L’AN 2000 GUIDE PRATIQUE DE LA COMMUNICATION PHARMACIEN-PATIENT 39 mesure de prendre des décisions éclairées concernant le choix, le suivi et la fidélité à leur traitement. Parmi ces patients, on retrouve généralement ceux souffrant de maladies chroniques telles l’hypertension, l’asthme, le diabète, etc. 3- Jugement professionnel du pharmacien Compte tenu des barrières importantes mentionnées précédemment et des différents facteurs limitant la consultation pharmaceutique, il devient essentiel de déterminer qu’elles en sont les priorités. • Situations complexes : Les patients souffrant de maladies nécessitant souvent des traitements complexes et des suivis plus étroits tels le SIDA, l’insuffisance cardiaque et l’insuffisance rénale, les patients cancéreux, ceux souffrant de fibrose kystique, ceux nécessitant des soins palliatifs, une antibiothérapie à domicile, etc. • Situations particulières : Les patients susceptibles de présenter des barrières fonctionnelles à la communication et à qui il faut accorder une attention particulière lors de la consultation pharmaceutique. Ce sont les personnes âgées, la clientèle psychiatrique, les analphabètes, les individus avec des barrières de langage, etc. Certaines situations particulières vont également exiger des pharmaciens un suivi plus étroit comme, par exemple, la grossesse et l’allaitement. • Situations difficiles : Le patient se retrouve ici dans l’une ou l’autre des situations mentionnées ci-dessus, mais présente en plus des barrières émotionnelles pouvant nuire à la consultation pharmaceutique comme la colère, la tristesse, la peur, etc. 40 COMPRENDRE ET FAIRE COMPRENDRE, LE DÉFI DE L’AN 2000 GUIDE PRATIQUE DE LA COMMUNICATION PHARMACIEN-PATIENT 41 N IVEAUX DE LA CONSULTATION PHARMACEUTIQUE Il importe de distinguer différents niveaux dans la consultation pharmaceutique. Étant donné que la situation actuelle ne permet pas d’offrir le même type de consultation à tous les patients, il faut d’abord déterminer un niveau fondamental d’échange avec eux. Ce niveau fondamental doit réunir un nombre minimal d’éléments, faute de quoi il est impossible d’effectuer une consultation pharmaceutique efficace et réussie. Une fois ce minimum respecté, le pharmacien peut toujours choisir, auprès de certains patients, s’il le juge utile, d’approfondir la consultation pharmaceutique. Les niveaux intermédiaire et enrichi permettent alors successivement d’atteindre un maximum de performance. En faisant appel au jugement du pharmacien, ces trois niveaux – fondamental, intermédiaire et enrichi – lui offrent ainsi la chance de réagir efficacement à la plupart des situations qu’il peut rencontrer, considérant les différents facteurs et barrières limitant la consultation pharmaceutique. Définissons maintenant chacun de ces niveaux, en considérant les différentes étapes de la consultation ainsi que le type d’ordonnance. NOUVELLE ORDONNANCE En ce qui concerne une nouvelle ordonnance, pour effectuer une consultation pharmaceutique réussie, il faut réunir au moins 16 éléments de base, ce qui définit le seuil minimal qui est associé au niveau fondamental de la consultation pharmaceutique. Le tableau qui suit en fait la démonstration. GUIDE PRATIQUE DE LA COMMUNICATION PHARMACIEN-PATIENT 43 44 COMPRENDRE ET FAIRE COMPRENDRE, LE DÉFI DE L’AN 2000 GUIDE PRATIQUE DE LA COMMUNICATION PHARMACIEN-PATIENT 45 Nombre d’éléments (Histoire pharmacothérapeutique) Histoire pharmacothérapeutique ou collecte de l’information pertinente. 4 Allergies. Grossesse/allaitement. Poids (s’il s’agit d’un enfant). • Autres médicaments. Outils : • Dossier pharmacologique. • • • 4 Nombre d’éléments (Préambule) • Se présenter et s’identifier. Demander à qui le médicament est destiné. • Revoir le dossier pharmacologique. • Utiliser l’aire de confidentialité. • • Niveau fondamental Préambule Étapes de la consultation pharmaceutique ORDONNANCE REQUIS SELON LE TYPE D’ORDONNANCE NOUVELLE ÉLÉMENTS ••• Tableau 7 5 Niveau fondamental + : Maladies chroniques. Poids adulte, si nécessaire. Outils : • Dossier pharmacologique. • Formulaire de l’OPQ, annexe 3. • ◊ 4 Niveau fondamental + : Niveau intermédiaire 11 Niveau intermédiaire + : Habitudes de vie. Poids, taille. Surface corporelle, si nécessaire. • Vaccins. • Maladies iatrogéniques. • Évaluer les connaissances que le patient possède sur sa maladie et son traitement. • Évaluer les peurs ou problèmes relatifs à la maladie et au traitement. Outils : • Dossier pharmacologique. • Formulaire de l’OPQ, annexe 3. • Questionnaire validé plus élaboré. • Questionnaire validé pour vérifier l’observance au traitement. • • ◊ 5 Niveau intermédiaire + : Expliquer le but et la durée de la consultation. • Niveau enrichi 46 COMPRENDRE ET FAIRE COMPRENDRE, LE DÉFI DE L’AN 2000 GUIDE PRATIQUE DE LA COMMUNICATION PHARMACIEN-PATIENT 47 ORDONNANCE 1 Nombre d’éléments (Conclusion) ÉLÉMENTS • 7 • • • • • • • FONDAMENTAL 16 Vérifier si le patient a compris le traitement. Nom du médicament. Indications. Méthode optimale de prise et horaire d’administration. Mode d’utilisation. Effets indésirables principaux, identifiables et évitables. Précautions particulières, s’il y a lieu. Résultats attendus. Niveau fondamental Conclusion Nombre d’éléments (Conseils) Étapes de la consultation pharmaceutique Conseils : quoi dire? Quoi entendre? NOUVELLE ••• Tableau 7 (suite) ENRICHI 40 5 1 INTERMÉDIAIRE 24 Niveau intermédiaire + : • Résumer les éléments clés de l’information. • Fournir au patient l’opportunité de préciser certaines questions ou inquiétudes. • Aider le patient à planifier le suivi et les prochaines étapes. • Offrir sa disponibilité. 19 Niveau intermédiaire + : conseils adaptés à la condition particulière du patient : • Quels sont les effets du médicament? • Technique de monitorage du traitement. • Renseignements au sujet des renouvellements. • Mesures non pharmacologiques et préventives (facteurs de risques tels tabagisme, obésité, etc.). • Critique des mythes et des préjugés, s’il y a lieu. Outils : • Information écrite personnalisée. • Horaire d’administration adapté au régime de vie du patient. • Piluliers hebdomadaires. Niveau enrichi Niveau fondamental + : 14 • Niveau fondamental + : Directives en cas d’oubli d’une dose. • Durée du traitement. • Que faire si l’état s’aggrave? • Après combien de temps faut-il s’inquiéter s’il n’y a pas d’amélioration? • Conditions et durée de conservation. • Directives spéciales pour l’administration et la préparation. • Manipulation du produit et élimination. Outils : • Feuillet d’information. Niveau intermédiaire RENOUVELLEMENT Le renouvellement des ordonnances requiert moins d’éléments au niveau de la consultation pharmaceutique, mais exige beaucoup plus de travail pour identifier et résoudre les problèmes, de même que pour le monitorage et le suivi des patients. Il est vrai qu’il faut aussi considérer le type de patient ainsi que les situations diverses auxquelles le pharmacien est régulièrement confronté. GUIDE PRATIQUE DE LA COMMUNICATION PHARMACIEN-PATIENT 49 50 COMPRENDRE ET FAIRE COMPRENDRE, LE DÉFI DE L’AN 2000 GUIDE PRATIQUE DE LA COMMUNICATION PHARMACIEN-PATIENT 51 Conclusion Conseils : quoi dire? Quoi entendre? Histoire pharmacothérapeutique • • • • • • • Vérifier si le patient a compris le traitement. Suivi périodique pour certains types de médicaments et de clientèles visant à vérifier les 7 éléments du niveau fondamental. Évaluation de l’efficacité. Évaluation de la toxicité. Identification et résolution de problèmes reliés au traitement. Détection de l’inobservance. Mise à jour. Revoir le dossier pharmacologique. • Utiliser l’aire de confidentialité. Préambule • Niveau fondamental Étapes de la consultation pharmaceutique RENOUVELLEMENT ••• Tableau 8 Niveau intermédiaire + : • Expliquer le but et la durée de la consultation. Niveau fondamental + : Niveau fondamental + : Niveau fondamental + : • Mesures de monitorage du traitement (prise de TA, glycémie, cholestérol). Niveau intermédiaire + : Niveau intermédiaire + : • Mesures de monitorage plus complètes comme par exemple identification des problèmes potentiels reliés au traitement et interventions appropriées. • Approche structurée pour résoudre des problèmes d’inobservance. • Mise en place d’un programme de suivi automatique des renouvellements. • Vérification de l’atteinte des objectifs thérapeutiques. • Renforcement des mesures non pharmacologiques et préventives. Niveau fondamental + : Niveau intermédiaire + : Revoir les données annuellement. • Niveau enrichi Niveau intermédiaire MÉDICAMENTS EN VENTE LIBRE La consultation pharmaceutique pour les médicaments en vente libre exige beaucoup plus de travail, puisque le pharmacien est alors l’intervenant de première ligne, comparativement aux médicaments prescrits où il doit partager cette responsabilité avec le médecin. L’évaluation des symptômes, de même que des données pertinentes reliées à l’histoire pharmacothérapeutique du patient, deviennent par conséquent des éléments-clés à obtenir et analyser de façon adéquate. Il s’agit d’une responsabilité unique et tout pharmacien doit en réaliser l’importance. GUIDE PRATIQUE DE LA COMMUNICATION PHARMACIEN-PATIENT 53 54 COMPRENDRE ET FAIRE COMPRENDRE, LE DÉFI DE L’AN 2000 GUIDE PRATIQUE DE LA COMMUNICATION PHARMACIEN-PATIENT 55 Niveau enrichi • Résumer les éléments clés de l’information. • Fournir au patient l’opportunité de préciser certaines questions ou inquiétudes. • Planifier un suivi. • Résumer les éléments clés de l’information. Conclusion • Résumer les éléments clés de l’information. Niveau intermédiaire + : • Mesures de traitement non pharmacologiques. • Suivi de l’efficacité du traitement. • Documentation de l’intervention. • Remise d’information écrite. • Note écrite au médecin. Niveau intermédiaire + : • Habitudes de vie , s’il y a lieu. • Vaccins, s’il y a lieu. • Maladies iatrogéniques, s’il y a lieu. • Nom du médicament. Niveau fondamental + : • Indications. • Inscription MVL au dossier. • Méthode optimale de prise et horaire d’administration. • Mode d’utilisation. • Effets indésirables principaux, identifiables et évitables. • Précautions particulières, s’il y a lieu. • Résultats attendus. • Transfert à un médecin, s’il y a lieu. • Explication du Code Médicament. • Directives spécifiques si la situation ne s’améliore pas. Niveau fondamental + : • Méthode plus structurée pour la description des symptômes. – Chronologie (depuis quand). – Localisation (où). – Qualité : description des symptômes. – Quantité (fréquence, gravité). – Circonstances d’apparition (quand, comment). – Aggravation ou atténuation. – Symptômes associés. Niveau fondamental + : Niveau intermédiaire + : • Essayer de savoir si le patient • Expliquer le but et la durée a déjà consulté un médecin de la consultation. ou un pharmacien à ce sujet. Niveau intermédiaire Conseils : quoi dire? Quoi entendre? • Description des symptômes (méthode informelle). • Allergies. • Poids (s’il s’agit d’un enfant). • Grossesse/allaitement. • Maladies chroniques. • Autres médicaments. • Se présenter et s’identifier. • Demander à qui le médicament est destiné. • Revoir le dossier, s’il y a lieu. • Utiliser l’aire de confidentialité. Préambule Histoire pharmacothérapeutique ou collecte de l’information pertinente Niveau fondamental EN VENTE LIBRE Étapes de la consultation pharmaceutique MÉDICAMENTS ••• Tableau 9 TECHNIQUES DE COMMUNICATION Une consultation pharmaceutique réussie sous-tend l’utilisation de techniques de communication éprouvées et efficaces, de même qu’une approche patient permettant d’établir une relation de confiance, d’obtenir l’information pertinente, de maintenir le contrôle de l’entrevue et, enfin, de communiquer les renseignements destinés à responsabiliser le patient face à son traitement pharmaceutique. Cependant, il n’est pas suffisant de respecter toutes les étapes et les éléments mentionnés précédemment ou encore de les faire connaître au patient, il faut aussi savoir comment communiquer cette information. Les techniques de communication qui doivent faire partie intégrante de la consultation pharmaceutique comprennent les éléments suivants : • Savoir comment établir non seulement une relation de confiance avec le patient, mais également une relation thérapeutique. • Manifester de l’intérêt envers le patient : empathie et compréhension. • Avoir en tête un plan d’entrevue logique et précis. • Utiliser un langage que le patient peut comprendre. • Donner une information adaptée aux besoins du patient. • Utiliser, au besoin, des outils pour compléter la consultation pharmaceutique (piluliers hebdomadaires, étiquettes en gros caractères, etc.). GUIDE PRATIQUE DE LA COMMUNICATION PHARMACIEN-PATIENT 57 • Mener et contrôler la consultation pharmaceutique. • Adopter des comportements non verbaux appropriés : contact visuel, ton de la voix, langage corporel, distance. • Utiliser des questions ouvertes et des techniques de communication appropriées. APPROCHE PATIENT L’analyse de la communication en pharmacie amène à distinguer 3 types d’échange avec les patients : • L’échange passif • L’échange interactif • L’échange interactif avec responsabilisation. son traitement, mais il en comprend les effets bénéfiques et sait comment agir s’il éprouve des effets indésirables. La pratique de l’échange interactif avec responsabilisation facilite le développement d’un niveau d’écoute supérieur qui permet de déceler et de résoudre certains problèmes reliés au traitement et qui, autrement, passeraient inaperçus. Le but ultime de cet échange est de développer un partenariat avec le patient afin de le responsabiliser davantage en ce qui concerne son traitement. Il peut ainsi communiquer plus facilement ses problèmes et ses inquiétudes au pharmacien et il se sent aussi plus à l’aise pour aborder et discuter librement de certains sujets délicats. Le tableau 10 résume, à l’aide d’un exemple précis, ces différents types d’échange. L’échange passif représente ce qu’on peut appeler un transfert d’information. Il constitue malheureusement celui qui est le plus souvent employé par le pharmacien et ce, sans même qu’il en soit conscient. C’est le principe de l’enregistreuse. L’information donnée est alors simple, brève et non individualisée. Elle passe du pharmacien au patient en monologue. Ce dernier n’a d’ailleurs aucun autre rôle à jouer que celui de recevoir tous ces renseignements. L’échange passif permet de s’assurer de l’usage approprié du médicament sans aucune garantie, cependant, que le patient a bien reçu et compris l’information. Lors de l’échange interactif, on assiste réellement à un dialogue entre le pharmacien et son patient. Non seulement ce dernier reçoit-il toute l’information nécessaire à 58 COMPRENDRE ET FAIRE COMPRENDRE, LE DÉFI DE L’AN 2000 GUIDE PRATIQUE DE LA COMMUNICATION PHARMACIEN-PATIENT 59 60 COMPRENDRE ET FAIRE COMPRENDRE, LE DÉFI DE L’AN 2000 GUIDE PRATIQUE DE LA COMMUNICATION PHARMACIEN-PATIENT 61 Tableau inspiré de : USP Medication Counseling Behaviors. March 1997, pp. 1 à 27. • On ne peut garantir qu’il a bien compris l’information. Patient • Solidifie la relation thérapeutique avec le pharmacien. • Intéressant, différent • Plus intéressant car et valorisant. l’information est indi• Le pharmacien fait vidualisée. équipe avec son patient. • Fidélise le patient. • 10ième fois de la journée qu’il répète cette information. • Monotone et pas très valorisant. Pharmacien • On est certain qu’il a bien compris l’information. • Idem interactif + : • Idem + : • Identifier et gérer des • Augmenter les problèmes potentiels connaissances que le en plus d’augmenter patient possède sur le les connaissances relamédicament. tives au médicament. • Établir des objectifs thérapeutiques et effectuer des suivis. • Usage approprié du médicament. • Interactif. • Avec responsabilisation. • Correcte, individualisée et responsabilisée. Objectif • Correcte, individualisée. • Interactif. • Correcte, simple, brève et non individualisée. 6 ml q 8H (7-15-23). • Le pharmacien pose des Bien agiter. questions pour savoir ce Garder au frigo. que le patient connaît Donner toute la quande ce médicament. tité x 10 jours. • Le pharmacien complète • Avec ou sans nourril’information. ture. • Le pharmacien ajoute • Effets secondaires : des renseignements au diarrhée, vomissebesoin : comment agir si ments. effets secondaires, • Renseignements comquand prévoir une amémuniqués en monololioration de l’état du gue sans intervention patient, quand transfédu patient. rer à un médecin. • Le pharmacien s’assure que le parent de l’enfant a bien compris l’information. • Le pharmacien établit un horaire en fonction des besoins du patient. • • • • Interactif avec responsabilisation Idem échange interactif + : • Le parent comprend bien l’information mais semble inquiet. • Le pharmacien va alors plus loin dans la relation en tentant de découvrir la raison de cette inquiétude. • Le parent était inquiet car l’enfant avait déjà reçu un antibiotique de la même couleur et était devenu très agité. • Ce type d’échange plus poussé a donc permis au pharmacien de déceler ce problème et de rassurer le parent en lui proposant d’effectuer une recherche d’information et de lui apporter un suivi. • Passif (enregistreuse). • 300 mg q 8 H x 10 jours. Échange Interactif Type d’échange Information Poids : 20kg • Enfant de 5 ans, otite, pas d’allergie à la pénicilline AVEC LE PATIENT Ordonnance Amoxicilline Échange Passif TYPES D’ÉCHANGES ••• Tableau 10 62 COMPRENDRE ET FAIRE COMPRENDRE, LE DÉFI DE L’AN 2000 GUIDE Vérifier si le patient a compris. • Vérifier si le patient a compris. Conclusion • • • • • Nom du médicament. Directives. Méthode optimale de prise et horaire d’administration. Mode d’utilisation. Effets secondaires. Précautions particulières. Résultats attendus. PRATIQUE DE LA COMMUNICATION PHARMACIEN-PATIENT • • • • • • • • • • • Nom du médicament. Directives. Méthode optimale de prise et horaire d’administration. Mode d’utilisation. Effets secondaires. Précautions particulières. Résultats attendus. • • • (Sans objet) Histoire pharmacothérapeutique Conseils : quoi dire? Qui entendre? Se présenter et s’identifier. Demander à qui le médicament est destiné. • Revoir le dossier. • Expliquer le but et la durée de la consultation. • Utiliser l’aire de confidentialité. Allergie. Grossesse/allaitement. Poids (s’il s’agit d’un enfant). Autres médicaments. Se présenter et s’identifier. Revoir le dossier pharmacologique. Demander à qui le médicament est destiné. • Utiliser l’aire de confidentialité. • • Préambule • • • Niveau fondamental PCPP L’avantage de la technique interactive proposée par le PCPP réside dans le fait qu’elle est simple, rapide et qu’elle peut s’intégrer facilement au cadre de pratique actuelle de la pharmacie. Il s’agit d’une technique éprouvée maintenant diffusée partout aux États-Unis. S’appliquant aux nouvelles ordonnances, cette technique comporte une étape de préambule, trois questions fondamentales et une vérification finale. De plus, on constate qu’en employant cette technique, le pharmacien réunit parfaitement les 16 éléments de base qui permettent d’atteindre le niveau fondamental requis pour les nouvelles ordonnances, à l’exception seulement des 4 éléments reliés à l’histoire pharmacothérapeutique. Le tableau 11 illustre ce parallèle. Les 3 questions fondamentales du PCPP sont décrites à l’annexe 4. ••• Tableau 11 Le contexte d’évolution de la pharmacie favorise de plus en plus l’approche interactive avec le patient et, éventuellement, l’échange interactif avec responsabilisation de celui-ci. Il faut donc travailler à éliminer autant que possible de la pratique le niveau d’échange passif ou traditionnel car, avec un recul historique, on constate que cette approche favorise un taux très élévé de traitements suivis de façon inadéquate. Étapes Le programme de consultation pharmacien-patient (PCPP) visant à atteindre l’Objectif 100 % conseils a été développé et commandité par la compagnie Pfizer. Dans son module 1, ce programme offre une approche simple qui permet un type d’échange interactif tout en favorisant l’atteinte du niveau fondamental qui s’applique aux nouvelles ordonnances. COMPARAISON PCPP, APPROCHE INTERACTIVE ET NIVEAU FONDAMENTAL APPLICABLE AUX NOUVELLES ORDONNANCES PROGRAMME DE CONSULTATION PHARMACIEN-PATIENT (PCPP) 63 Ce programme de consultation pharmacien-patient comprend, en plus du module 1 décrit auparavant et qui développe une approche interactive pour la consultation pharmaceutique, deux autres modules tout aussi intéressants et pratiques. Le deuxième module traite des techniques de communication à utiliser dans des situations difficiles, tandis que le troisième propose des approches de consultation visant à rehausser la fidélité au traitement. Ces modules ont été rédigés par des pharmaciens du Indian Health Service de la région de Phoenix et du Collège de pharmacie de l’université de l’Arizona. ••• C ONCLUSION La technologie qui évolue de plus en plus rapidement place les pharmaciens dans un nouvel environnement de pratique. D’une part, les progrès technologiques réduisent de beaucoup les responsabilités techniques du pharmacien et, d’autre part, leurs patients ont accès à toutes sortes d’informations qui rendent souvent difficiles les décisions thérapeutiques et les choix qu’ils doivent faire pour améliorer leur santé et leur qualité de vie. Ce contexte particulier et les nouvelles exigences qu’il apporte, donne aux pharmaciens l’opportunité d’orienter davantage leur pratique vers les besoins des patients. Le pharmacien est responsable des résultats thérapeutiques de ses patients. C’est une responsabilité extrêmement valorisante, mais qui peut également être inquiétante considérant le contexte de pratique actuelle qui n’est pas du tout favorable à ces changements. Alors, quoi faire? L’heure est aux choix. Les enjeux sont de taille et les obstacles, majeurs. Malgré tout, il est possible d’y arriver si la profession se mobilise. Entre autres projets mobilisateurs, l’Objectif 100 % conseils constitue une excellente initiative. Ce guide ainsi que la diffusion du PCPP offrent les premiers 64 COMPRENDRE ET FAIRE COMPRENDRE, LE DÉFI DE L’AN 2000 GUIDE PRATIQUE DE LA COMMUNICATION PHARMACIEN-PATIENT 65 outils destinés à favoriser l’atteinte de cet objectif d’une meilleure communication entre patients et pharmaciens. Ces derniers, d’ailleurs, représentent le deuxième élément garantissant le succès du programme et, certainement, il est le plus déterminant. La consultation pharmaceutique définit l’essence même du rôle du pharmacien auprès des patients. Les pharmaciens doivent dès à présent s’ajuster à l’évolution de leur pratique et se doter des outils et de la formation nécessaires pour réussir l’Objectif 100 % conseils. Grâce à leur effort, comprendre et faire comprendre deviendra ainsi une réalité. ANNEXE 1 SOMMAIRE pharmaceutique confidentiel ••• 66 COMPRENDRE ET FAIRE COMPRENDRE, LE DÉFI DE L’AN 2000 SOMMAIRE PHARMACEUTIQUE CONFIDENTIEL ANNEXE 69 ANNEXE 2 TABLEAU des éléments clés de l’organisation de la pratique 70 ANNEXE TABLEAU DES ÉLÉMENTS CLÉS DE L’ORGANISATION DE LA PRATIQUE ANNEXE 73 ANNEXE 3 FORMULAIRE d’histoire pharmacothérapeutique Ordre des pharmaciens du Québec FORMULAIRE D’HISTOIRE PHARMACOTHÉRAPEUTIQUE ANNEXE 77 ANNEXE 4 PROGRAMME de consultation pharmacien-patient (PCPP) 78 ANNEXE PROGRAMME DE CONSULTATION PHARMACIEN-PATIENT (PCPP) La consultation destinée à délivrer une ordonnance de médicament s’appuie sur trois questions fondamentales (voir tableau ci-dessous). Ces questions sont utiles autant lorsqu’il s’agit de nouvelles ordonnances que d’ordonnances passablement modifiées. Questions fondamentales à poser lors d’une consultation interactive Préambule (Introduction) Je suis Madame X, votre pharmacienne. J’ai le médicament que vous a prescrit le Dr Y. Je constate que c’est la première fois que vous prenez ce médicament. Si vous le voulez bien, je vais vous expliquer comment prendre ce médicament. 3 questions fondamentales : • À quoi le médecin vous a-t-il dit que ce médicament servait? • Nom du médicament. • Pourquoi a-t-il été prescrit ou suggéré? Comment (votre médecin) vous a-t-il dit de prendre ce médicament? • Voie d’administration. • Forme. • Dosage. • Moment d’administration. • Mode d’utilisation. À quoi (votre médecin) vous a-t-il dit de vous attendre? • Effets indésirables possibles. • Précautions particulières. • Résultats attendus. Vérification finale • Permet de s’assurer que l’information a été bien comprise par le patient. • Permet de s’assurer qu’on n’a rien oublié. • Facilite la mémorisation de l’information. « Je veux m’assurer que je n’ai oublié aucun élément important : voudriez-vous me répéter comment vous allez prendre ce médicament? ». ANNEXE 81 B IBLIOGRAPHIE ACCP White Paper. Clinical pharmacy practice in the Noninstitutional setting : A white paper from the American College of Clinical Pharmacy, Pharmacotherapy, vol. 12, 4:358-364, 1992. AMERICAN PHARMACEUTICAL ASSOCIATION. Principles of Practice for Pharmaceutical Care, 1995. ASHP. Guidelines on pharmaceutical services for ambulatory patients, Am. J. Hosp. Pharm. 48 : 311-315, 1991. ASHP. Guidelines on pharmacist-conducted patient counseling, Am. J. Hosp Pharm. 50 : 505-506, 1993. BALSON, A. « The Do’s and Don’ts of Patient Education », Hospital Pharmacy, vol. 30, 7:621, 625-626, 1995. 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USP, « Medication Counseling Behaviors », March 1997, pp. 1 à 27. POSTFACE Chères pharmaciennes, Chers pharmaciens, De plus en plus de Québécoises et de Québécois se soucient de leur santé et c’est une bonne nouvelle. Une population mieux informée ne peut, en effet, que mieux se porter. Considérant la demande grandissante de conseils relatifs aux médicaments, la société Pfizer Canada est fière de contribuer à la diffusion d’outils comme le Guide pratique de la communication pharmacien-patient et le Programme de consultation pharmacien-patient (PCPP), qui viennent souligner l’importance des soins pharmaceutiques. Créer un cadre propice à une communication efficace et stimuler des échanges interactifs, voilà qui favorisera une utilisation optimale des médicaments. Puisse ce guide contribuer à vos efforts et faire en sorte que l’Objectif 100 % conseils soit atteint! Alan Bootes Président de Pfizer Canada inc.