Et les oméga 3?

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Et les oméga 3?
Participation aux frais CHF 5.– / EUR 4.–
Association fair-fish · www.fair-fish.net
fish-facts 5:
Combien de poissons?
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Le poisson passe pour être bon à la santé: digeste,
pauvre en graisses mais riche en protéines, en oméga-3
et en oligo-éléments. La consommation de poisson
présente toutefois des risques pour la santé. Mais à
force de le recommander, il n’en reste plus beaucoup…
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Manger du poisson serait bon à la santé et
préviendrait toute une série de maladies.
Infarctus
Des études ont montré qu’un à deux repas de poisson par semaine pouvaient faire baisser le risque d’infarctus de moitié,
alors que celui-ci est particulièrement élevé
chez les hommes qui ne mangent jamais
de poisson.
Le risque de mourir dans les deux ans
après un infarctus peut-être réduit d’un
tiers si l’on consomme deux à trois repas
de poisson gras par semaine. Le taux de
survie cinq ans après un infarctus est plus
élevé si l’on suit un régime méditerranéen
comprenant deux à trois repas de poisson
par semaine et des oméga-3 d’origine végétale que si l’on suit un régime avec peu
de calories.
Mais un aliment ne peut pas à lui seul provoquer ou empêcher un infarctus !
Les troubles du rythme cardiaque peuvent
être diminués en consommant les oméga-3
contenus dans les poissons. Par contre, des
études réalisées sur l’influence de l’huile
de poisson sur l’hypertension artérielle ont
donné des résultats contradictoires.
Attaque d’apoplexie
Manger du poisson au moins une fois par
mois diminue le risque d’attaque provoLes données ci-dessus proviennent de
l’organisation Seefood Services Australia (SSA)1. Ses recommandations sont
étonnamment modérées par rapport à
certaines voix entendues dans d’autres
pays. D’après le directeur de SSA, la
raison en est l’un des trois objectifs de
l’organisation : la durabilité.
1
2
http://www.seafood.net.au/page/?pid=356
quée par un manque d’irrigation sanguine
(de 40% chez les hommes, moins chez les
femmes), alors que le poisson ne semble
avoir aucun effet en cas d’attaque hémorragique.
Cancer
Quelques études laissent supposer qu’une
forte consommation de poisson (plus de
trois fois par semaine) réduit le nombre
de certains cancers (prostate, larynx, pancréas, entre autres). Il n’existe toutefois
aucune connaissance avérée.
Maladies auto-immunes
Les acides gras oméga-3 du poisson ont
une influence bienfaisante sur des maladies auto-immunes comme l’arthrite. Dans
ce cas, il est préférable de consommer de
l’huile de poisson car la concentration en
oméga-3 y est plus élevée.
Les cellules nerveuses, cérébrales et optiques
Les bébés ont besoin de beaucoup d‘oméga-3 pour le développement de leurs cellules nerveuses, cérébrales et optiques. Un
allaitement long en assure un approvisionnement suffisant. Une étude a montré que
des enfants allaités pendant plus de 16 semaines ou bien ayant mangé de l’huile de
poisson présentaient une meilleure acuité
visuelle. C’est pourquoi l’huile de poisson
est recommandée aux femmes enceintes
ou allaitantes. D’après une autre étude, le
risque de dégénérescence maculaire liée à
l’âge peut être réduite de moitié en consommant du poisson plus d’une fois par
semaine.
La consommation de poisson présente
pourtant des risques pour la santé
ऄpages 12-13
fish-facts 5: Combien de poissons?
fair-fish.net
3XEOLFLWpLQWHQVLYHVRXVFRXYHUWHPpGLFDOH
Ainsi, l’American Heart Association (AHA)
recommande aux personnes ayant des
problèmes circulatoires de consommer
par semaine 3 à 4 repas de hareng ou
de maquereau ou 5 repas de saumon.2
Quant aux personnes en bonne santé,
elles devraient manger du poisson deux
fois par semaine.3 Depuis peu, les fournisseurs d’huile de poisson ont reçu pour leur
promotion l’aide de psychiatres: de fortes
doses d’oméga-3 constitueraient une aide
thérapeutique.4
Les Américains et les Européens consomment en fait «seulement» un repas
de poisson par semaine et le secteur se
démène pour faire monter cette moyenne. «Mangez plus de poisson, nom de
Dieu !», titrait le portail de la branche IntraFish (13.09.2010).
Les nutritionnistes en rajoutent!
En mai 2010, deux nutritionnistes américains ont lancé une pétition pour inciter
les autorités de l’alimentation (FDA) à
reconnaître l’utilité de la consommation
http://www.dhaomega3.org (Lonza)
Monika Müller, «Empfehlungen zum Fischkonsum», Congrès de la Société Suisse de Nutrition
17.09.2009
4
http://www.equazen.at/download/sonderdruck_
arztundkind2_2010.pdf
5
http://www.seafoodsource.com, 31.05.2010
6
http://www.dife.de
7
http://www.sge-ssn.ch/fileadmin/pdf/600-medien_presse/10-newsletter/2009/Info_media_decembre_2009.pdf
2
3
fair-fish.net
de poisson, surtout celle des oméga-3,
et à réviser leur recommandation de vigilance aux femmes enceintes et allaitantes
en raison de la pollution au mercure. Le
président de la fédération de l’industrie du
Pour les lecteurs pressés :
que puis-je faire ? ऄpages 15-16
poisson américaine a salué la pétition par
ces mots : « Le vrai risque pour les femmes enceintes et les fœtus est de ne pas
manger assez de poisson. »5
D’autres organisations professionnelles
sont plus réservées. Ainsi l’institut allemand pour la recherche en nutrition dit
que « d’un point de vue sanitaire » il serait bon de manger deux fois par semaine
des poissons gras comme le hareng, le
maquereau ou le saumon.6 Les sociétés
allemande (DGE) et suisse (SGE) pour l’alimentation sont encore plus prudentes et
recommandent le poisson une à deux fois
par semaine7. La DGE se demande si la
consommation de poisson est encore défendable au regard de la surpêche : mais,
poursuit la DGE, on peut faire attention à
ce que le poisson porte un label reconnu
pour la pêche durable, comme MSC3.
Nous allons voir ce qu’il faut en penser.
Rolf&Susanne Schneider
L’industrie du poisson, ainsi que les pédiatres et les cardiologues en Amérique
du Nord et en Europe, font la promotion
d’une forte consommation de poisson
ou d’huile de poisson, parfois de manière agressive.
fish-facts 5: Combien de poissons?
3
Mike Markovina/Marine Photobank
0DLVDXMXVWHTXHOOHTXDQWLWpGHSRLVVRQUHVWHWLO"
Avant d’étudier en détail si et combien
de poissons nous devrions manger pour
rester en bonne santé, nous devons
nous demander quelle quantité de poisson est encore disponible.
Chaque année, 92 millions de tonnes de
poisson sont capturées dans le monde,
dont 33 millions pour nourrir les poissons
d’élevage. Il reste 59 millions de tonnes
de poissons sauvages, plus 52 millions
de poissons d’élevage, cela fait 17kg de
poisson ou 6kg de filet par personne et
par an1, c’est-à-dire 40 portions par an
– mais pas éternellement. Car la moitié
des espèces ont déjà été pêchées jusqu’à
Le saumon génétique
n’est pas une solution
L’élevage intensif des poissons provoque le pillage des mers. Pour que
ceux-ci grandissent plus vite, on aimerait bien les « optimiser » génétiquement. L’entreprise américaine AquaBounty produit un saumon qui grandit
en moitié moins de temps grâce aux
gènes d’autres poissons. Les problèmes
de l’élevage de poisson sont la pêche
intensive pour les nourrir et la fuite de
poissons génétiquement modifiés dans
la nature. Voilà qui est vraiment dangereux.
4
la limite du raisonnable, dont un quart
surpêchées2. Et la plupart des poissons
d’élevage mangent plus de poisson que
leur poids final sur la balance3, 4.
Les scientifiques critiques, comme Rainer
Froese de Kiel, estiment que nous devrions diminuer la pêche de plus de la
moitié pendant trois à cinq ans pour que
les populations se rétablissent. Si ensuite
la pêche restait durable, le bénéfice pourrait revenir au même niveau qu’aujourd’hui. Et si la farine et l’huile de poissons
n’étaient plus utilisées pour nourrir poissons, poules et porcs mais pour fabriquer
des tranches de poisson panées, nous
pourrions même manger plus de poisson
qu’aujourd’hui5. Si…
Manger du poisson au plus 1x par mois
Tant que la pêche et l’élevage de poissons
ne seront pas pratiqués de façon durable,
il ne reste donc qu’environ 20 repas de
poissons par an, c’est-à-dire un ou deux
par mois. Ce que les médecins et les industriels du poisson nous recommandent
n’est pas tenable à long terme.
Nous avons demandé à des scientifiques
de commenter notre estimation à 20
repas. Ils ont certes confirmé que nous
n’étions pas très loin de la vérité mais
ils ne disposaient pas d’estimation plus
précise. Apparemment, personne ne s’est
fish-facts 5: Combien de poissons?
fair-fish.net
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Dans son livre6, Ali part du principe que
l’homme (comme tous les autres animaux
terrestres) n’a pas été équipé par la nature pour attraper et digérer du poisson.
Ce n’est que grâce aux techniques de
pêche que les habitants des côtes ont pu
attraper les poissons. Mais comme ceuxci pourrissent très vite, ils doivent être
consommés ou transformés rapidement
et bien stockés, puis mangés avec précaution à cause des arêtes. C’est pourquoi la
consommation de poisson est longtemps
restée faible. Ce n’est qu’avec le développement des méthodes industrielles de
pêche, de filetage et des techniques de
refroidissement, que le poisson est devenu
un produit de consommation courante.
encore posé cette question : quelle est la
quantité de poisson par personne encore
disponible?
Organisation ONU pour l’alimentation et l’agriculture, fao.org/docrep/013/i1820e/i1820e.pdf
2
fish-facts 10 «Überfischung», www.fair-fish.ch/
files/pdf/feedback/fish-facts_10_down.pdf
3
fish-facts 7 «Fischzucht», www.fair-fish.ch/files/
pdf/feedback/facts-7.pdf
4
A. G. J. Tacon, Marc Metian, in: Aquaculture 285
(2008) 146–158
5
Communication personelle de Rainer Frose, 2010
6
«Friend of the Sea» et «MSC» pour la pêche durable, des labels «bio» pour l’aquaculture écologique. Pour les détails, suivre ce lien:
www.fair-fish.ch/wissen/richtlinien
6
Salim M. Ali, «Fisch» – voir page 15 (encadré
«Pour approfondir le sujet»)
1
fair-fish.net
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NJSDUSHUVRQQHHWSDUDQ
PLOOLRQGHWRQQHVSDUDQ
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*UDSKLTXHIDLUILVKQHW
Le sociologue de la nutrition germanoindien Salim M. Ali défend la thèse que
le poisson n’est pas adapté à l’alimentation humaine et qu’il ne joue un rôle
dans l’alimentation que depuis l’industrialisation.
À l’origine, l’homme mangeait peu de
poisson. Celui ci n’est devenu un produit
alimentaire courant qu’avec l’industrialisation – de toute évidence, il n’est pas
nécessaire au métabolisme humain.
(Le graphique montre la production de poisson,
y compris la pêche de fourrage. En 2008, la consommation humaine directe représentait 16,7 kg
par personne et par an.)
Les labels n’en produisent pas plus
Les labels6 peuvent contribuer à ce que la
pêche ou l’élevage soit durable, mais eux
non plus ne peuvent pas produire plus de
poisson que la nature n’en donne. Même
avec un label, plus de 20 repas par an ne
sont pas tenables.
De surcroit, plus de la moitié du poisson
consommé par les pays du Nord provient
de pays du Sud qui dépendent fortement
de la pêche pour leur alimentation. Ceci
devrait également nous inciter à plus de
retenue.
C’est pourquoi manger du poisson au
plus une fois par mois est valable pour
l’Europe.
fish-facts 5: Combien de poissons?
5
/HVRPpJD²
RXSRXUTXRLOHSRLVVRQHVWLO©VDLQª"
L’argument le plus sérieux des médecins
et de la filière pêche pour la consommation fréquente de poisson ou d’huile de
poisson, c’est leur forte teneur en acides
gras insaturés du groupe oméga-3.
Oméga-3 contre oméga-6
Ces deux groupes d’acides gras insaturés sont concurrents. L’acide alpha-linolénique (oméga-3), comme l’acide linolénique (oméga-6), doit être transformé
pour être assimilable par le métabolisme
humain. Pour ce faire, les deux groupes
d’oméga dépendent de la même enzyme1. Avec l’alimentation moderne, nous
consommons beaucoup trop d’oméga-6
et nous empêchons ainsi notre corps
d’utiliser de manière optimale l’oméga-3
ingéré.
Jusqu’à la révolution agraire, il y a
environ 10’000 ans, le rapport entre
oméga 3 et 6 était de 1:1 à 2:12. Nous
sommes génétiquement programmés
pour deux à quatre fois plus d’oméga-6
que d’oméga-33. Mais le rapport est
aujourd’hui de 15:1, jusqu’à 30:1 dans
l’UE et jusqu’à 50:1 aux USA, avec des
conséquences négatives pour la santé
car un surplus d’oméga-6 favorise les
infections2. C’est pourquoi les nutritionnistes conseillent un rapport de 5:1.1, 3, 4.
6
Le surplus d’oméga-6 provient des aliments à base de céréales, de viande et
de lait produits de manière intensive et
des huiles de table les plus consommées
comme l’huile de tournesol
(ऄ tableau 1, page 7).
Nous ferions mieux de changer d’abord
notre alimentation, d’en finir avec les
repas riches en oméga-6 et de privilégier
ceux riches en oméga-3 comme la salade
verte et les légumes, les germes, les
champignons et l’huile de lin (tableau 1).
Ensuite, un peu de poisson nous aidera
à rester en bonne santé.
Les oméga-3, ce sont ALA, EPA et DHA
Le groupe oméga-3 comprend plusieurs
acides gras. L’acide alpha-linoléique
(ALA) est essentiel. Il doit être apporté tel quel à l’organisme car celui-ci
n’en produit pas lui-même à partir de
la nourriture. Par contre, les acides eicosapentaénoïque (EPA) et docosahexaénoïque (DHA) ne sont pas
essentiels car notre métabolisme peut
les fabriquer à partir de l’ALA. Mais la
transformation de l’ALA en EPA et DHA
n’est effective que pour 12% environ
et elle diminue avec l’âge ou en cas
d’alimentation riche en oméga-6. Elle
varie beaucoup selon les personnes et
les sexes : les hommes jeunes et en bon-
fish-facts 5: Combien de poissons?
fair-fish.net
Les oméga-3 : des effets multiples
La littérature scientifique est en partie
contradictoire : le nombre d’études est
souvent trop faible et les corrélations
si complexes que des questions restent
ouvertes. En résumé, les (éventuels) effets peuvent être décrits ainsi :
• ALA : un approvisionnement suffisant
en ALA est la condition pour que notre
corps puissent produire EPA et DHA. À
part ça, on peut attribuer à l’ALA les effets suivants : il empêche les infections
et les dépôts artériels (artériosclérose), il
Jörg Zittlau, «Das Shiso-Wunder» (cf. page 15)
Torsten Engelbrecht, «Bis zum letzten Krill», Die
WochenZeitung, Zürich,13.11.2008
3
www.aboutdha.com/lonzadha; Claus Barta,
www.oel-wechsel.com
4
www.webmed.ch
5
Linus Pauling Institute, Oregon State Univ.
lpi.oregonstate.edu/infocenter/othernuts/
omega3fa/#metabolism
6
www.dhaomega3.org/Overview/Conversion-Efficiency-of-ALA-to-DHA-in-Humans
7
www.udoerasmus.com/articles/udo/fish_oil.htm
8
Journal of Nutrition, 134:183-186, January 2004,
jn.nutrition.org/cgi/content/full/134/1/183
9
www.mind1st.co.uk/EPADHA.asp
10
Jörg Zittlau (note 1), sur la base de div. études
1
2
fair-fish.net
Follow the Baldie/Marine Photobank
ne santé transforment l’ALA pour 8%
en EPA et pour 0 à 4% en DHA alors
que les femmes jeunes et en bonne santé pour 21% en EPA et 9% en DHA.
La transformation de l’ALA en DHA est
difficile et complexe5, 6, 7. C’est pourquoi
la DHA est qualifiée de « potentiellement essentielle » dans la littérature
scientifique car les personnes malades,
mal nourries ou âgées ne peuvent en
produire que très peu à partir de l’ALA8.
Par chance, notre métabolisme peut
transformer l’EPA en DHA relativement
facilement. La transformation de DHA
en EPA semble par contre difficile et peu
efficace9.
Image trompeuse:
Si nous mangerions moins d’acides
gras oméga-6, nous ne serions pas
« obligés » de manger du poisson.
stabilise le rythme cardiaque, influence
positivement la cholestérine, protège
notre peau10. L’ALA agit de manière positive sur le métabolisme des lipides et
réduit le risque d’attaque cérébrale3. La
recherche s’est peu occupée de cette
propriété jusqu’à présent5.
• EPA seul, d’après Zittlau1, l’EPA réduit les douleurs en cas de processus
inflammatoire et freine la vitesse de
coagulation du sang. L’EPA a aussi des
effets antithrombiques et anti-infectieux, il provoque un élargissement des
bronches et des vaisseaux et protège le
cœur et la circulation3.
• DHA se trouve dans le cerveau, dans la
rétine, les testicules, le sperme et le lait
maternel. Il est important pour le développement et le fonctionnrent du cerveau, des yeux et des nerfs5.
• DHA et EPA favorisent ensemble la
santé du cœur et des vaisseaux sanguins5.
Dans les plantes, il n’y a « que » l’ALA
Les plantes ne procurent que l’oméga-3
ALA, mais les poissons EPA et DHA.
C’est pourquoi nous « devons » manger
du poisson.
Non, nous ne devons pas ! Pour en
savoir plus ऄ page 10.
fish-facts 5: Combien de poissons?
7
Sources: Ernährungs-Info-System Uni Hohenheim; www.oel-wechsel.com; Jörg Zittlau;
www.webmed.ch
Les oméga-3 dans les oeufs, le lait,
le pain et les pâtisseries
Les denrées alimentaires sont de plus
en plus enrichies en oméga-3, la plupart du temps à base d’huile de poisson
mais aussi à base d’huile d’algue. Les
producteurs d’huile d’algue doivent obtenir une autorisation de l’UE, en partie
parce que les autorités allemandes craignent que les aliments enrichis en huile
8
1
2
21 2.5
18 5.2
23.2
2
0.9
14.9 1.5
20.4 1.4
17.3 31.3
14 1.1
15.7 25.6
21.4 0.7
23.8 2.9
21.8 3.6
21.4 0.7
21 4.2
22.3 0.6
0.1
0.1
0.9
0.1
0.7
1.0
0.6
0.7
0.9
0.4
0.1
0.5
0.1
0.2
0.1
0.1
0.0
0.1
2.8
0.1
0.2
0.3
0.0
0.9
0.2
Cholésterine*
0.4
0.7
8.9
2.3
5.9
31.3
6.3
6.7
5.9
DHA2
22
19
18.5
23.2
20.9
14.3
21
19.5
20.9
EPA1
Lipides
Cabillaud
Flet
Requin (Aiguillat)
Flétan, frais
Hareng, frais
Hareng, à l’huile
Saumon, frais
Saumon, fumé
Maquereau, frais
Maquereau, fumé
Sébaste
Sardine
Carrelet
Merlu
Baudroie
Sole
Thon, à l’huile
Poisson pané
Anguille, fumée
Filet de perche
Filet de truite
Truite, fumée
Filet de brochet
Carpe
Sandre
Protéines
0.3
0.0
0.2
0.3
0.4
0.1
0.3
3.2
0.3
0.2
0.3
0.9
0.1
0.1
0.0
0.1
0.1
2.1
1
1
1
1
7
7
20
9
61
60
Teneur en grammes (*mg)
pour 100g de poisson
Poissons de mer
0.6
0.9
1.4
1.1
1.4
0.4
1.0
21.1
0.1
0.1
0.1
0.2
5.3
0.1
0.1
0.3
0.4
7.1
61
74
54
41
54
50
60
20
15
14
Tableau 2:
Poissons d’eau douce
5.2
4.5
13.6
21.4
7.5
11.2
62.1
27.0
0.4
0.7
0.4
5.2
8.8
1.2
0.2
7,2
3.3
17.6
Oméga-3
Gibier
Ragoût de bœuf
Côtelette de porc
Côtelette d’agneau
Volaille
Abats
Œufs
Noisettes, noix
Fruits, légumes-racine
Herbes, plantes sauvages
Champignons forestiers
Baies
Salade verte avec huile
Salade verte avec yaourt
Crudités
Gratin de légumes
Rösti
Pommes frites
Tournesol
Carthame
Germes de maïs
Margarine
Germes de blé
Soja
Chanvre
Colza
Lin
Perilla
Oméga-6
Teneur en grammes
pour 100g d’aliment
Lipides
Huiles végétales
Végétal
Animal
Tableau 1:
0.1 50
0.1 50
1.1 74
0.3 50
0.9 52
1.2 72
1.3 88
1.5 37
1.4 52
07
0.4 38
0.5 15
0.1 38
0.2 60
0.1 25
0.1 60
0.1 55
0.2 47
2.4 149
0.2 89
0.5 69
0.7 59
0.1 87
0.1 83
0.1 86
}
EPA = acide eicosapentaénoïque
DHA = acide docosahexaénoïque oméga-3
Sources: Werner O. Richter, www.trommsdorff.de,
Jürgen Erhardt, www.ebispro.de,
USDA Nutrient Database for Standard Reference,
Roche Vitamins
d’algue conduisent à un excès de DHA
(voir « Recommandations officielles »).
Les animaux domestiques sont nourris avec des oméga-3 car ils le valorisent
mieux que les humains. Ces éléments se
retrouvent ensuite sous la forme d’œufs
aux oméga-3 par exemple.
D’ailleurs, la viande, le lait et les œufs
d’animaux qui pâturent contiennent
plus d’oméga-3.
fish-facts 5: Combien de poissons?
fair-fish.net
/·KXLOHGHSRLVVRQ
ERQSRXUWRXW"
Les recommandations officielles
D’après l’institut allemand pour l’estimation
des risques (BfR), entre 127mg (jeunes
femmes) et 295mg (hommes âgés) de DHA
et EPA sont consommés par jour dans une
alimentation normale ; pour ces deux groupes, une forte consommation se situe entre
369mg et 827mg par jour1.
• Organisations de l‘ONU pour la santé
(OMS) et pour l‘alimentation (FAO)2 :
200 à 500mg de EPA+DHA par jour
• American Heart Association3 :
500 à 1800mg max. EPA+DHA par jour
• Les autorités sanitaires D, A et CH3 :
env. 250mg EPA+DHA par jour
• International Society for the Study of Fatty Acids and Lipids (ISSFAL)3 :
env. 500mg EPA+DHA par jour
• La commission d’experts de l’UE3 :
200mg DHA par jour pour les femmes
enceintes
• Agence Française de Sécurité Sanitaire
de l’Alimentation (AFSSA)3 : 250mg DHA
par jour pour les femmes enceintes
Les quantités à ne pas dépasser par jour
• Office fédéral de la santé publique (CH)3 :
max. 500mg EPA+DHA
max. 1200mg ALA
max. 1700mg d’acides gras oméga-3
• L’institut allemand pour l’estimation des
risques (D)1 : max. 1700mg oméga-3
Prise de position du BfR du 26 mai 2009
www.aboutdha.com/lonzadha
3
Monika Müller, «Empfehlungen zum Fischkonsum», Congrès de la Société Suisse de Nutrition
17.09.2009
1
2
fair-fish.net
Certains fournisseurs d’huile
de poisson tentent par une
publicité agressive de conquérir une nouvelle clientèle. Depuis longtemps, on ne
vise plus seulement les vieux messieurs
ayant des risques d’infarctus mais aussi les
petits enfants et leur maman. L’huile de
poisson devrait favoriser le développement
des capacités cognitives et freiner celui de
l’hyperactivité.
Mais d’après d’autres études, l’hyperactivité serait d’origine génétique1 ou bien
dépendrait des ondes radioélectriques (téléphones portables, etc.)2 – l’huile de poisson ne peut rien contre ces deux facteurs.
Une nouvelle étude montre que la consommation par une femme enceinte
d’huile de poisson ou d’huile végétale n’a
pas d’influence sur le développement cognitif des bébés ou sur la tendance dépressive de leur maman.3
La prise d’huile de poisson pendant
l’enfance devrait même, selon un pédopsychiatre, prévenir un comportement
violent pendant la puberté4 : inhibition des
agressions grâce à une pêche sans frein?
www.aerzteblatt.de/nachrichten/42932
H. Divan et al., Epidemiology. 2008 Jul;19(4):523
-9; et: Guido Zimmer, www.broschuerenreihe.
de/assets/heft2_kinder-broschuere_screen.pdf
3
M. Makrides et al., in: Journal Amer. Med. Ass.
(2010), 304:1675-1683.
4
Adrian Raine, exposé à l’ EFCAP 2010, Basel
1
2
fish-facts 5: Combien de poissons?
9
)DLUHFRPPHOHVSRLVVRQVSUHQGUHOHVRPpJDj
Les oméga-3 du poisson et du krill
Les poissons sont la seule source notable de DHA et EPA. C’est la raison de la
campagne de publicité intensive pour
consommer plus de poisson et d’huile
de poisson. Toutefois il ne faut pas
oublier :
• La surpêche
• La teneur en oméga-3 dépend de la
sorte de poisson (ऄ tableau 2)
• La contradiction entre la recommandation de poissons gras comme le hareng, le maquereau, le saumon, le
thon et
– la teneur en substances toxiques
dans ces poissons (ऄ pages 12/13)
– l’absorption d’autres graisses que
les oméga-3 (cholestérine ऄ page 8)
L’huile de poisson : une source peu sûre
Pour toutes ces raisons, les poissons ne
sont pas adaptés comme source principale et suffisante d’oméga-3. De même
que les capsules d’huile de poisson. Il
faut environ 25 kg de poisson pour 1 kg
d’huile pure. Comme l’huile de poisson
contient dans le meilleur des cas 20-30%
d’oméga-3, il faudrait prendre 3-5g
d’huile par jour1, ce qui fait au minimum 100g de poisson par jour.
Si l’huile est produite à partir du krill
(petites crevettes qui se nourrissent
d’algues), très riche en oméga-3, on
enlève à la chaine alimentaire marine, c’est-à-dire aux poissons, une des
plus grandes sources de protéines au
monde, menacée de disparition à cause de son utilisation pour les élevages
de poisson et les compléments alimentaires2. Si l’huile de krill se répand comme « miracle anti-âge », on court à la
catastrophe : il n’existe pas assez de krill
10
pour répondre aux besoins d’une population vieillissante. Le message publicitaire selon lequel le krill serait « 48 fois
meilleur que l’huile de poisson » ne se
réfère pas aux oméga-3 mais aux antioxydants que l’on obtient d’ailleurs plus
efficacement à partir des fruits3.
Les oméga-3 végétaux
Même les plantes les plus riches en
oméga-3 (les graines de lin, la perilla)
ne contiennent que de l’ALA (ऄ tableau 1, page 8). Notre organisme peut
certes transformer l’ALA en EPA et
DHA, mais il faut consommer beaucoup
d’ALA pour produire ces deux oméga-3.
D’après les recommandations officielles
(ऄ page 9) ), nous devons consommer
environ 250mg d’EPA et DHA par jour.
Même si nous sommes jeunes et en bonne santé et ainsi capables de transformer 10% de l’ALA consommé en EPA et
DHA, nous devrions manger au moins
5g de graines de lin ou d’huile de perilla par jour, c’est-à-dire une cuillérée à
soupe, et dans de mauvaises conditions
(âge, santé, alimentation) le double ou
le quadruple4.
Les oméga-3 provenant des algues Les
chercheurs ont imaginé chercher les
oméga-3 là où les poissons les trouvent : dans les micro-algues qui sont
à la base de la chaine alimentaire marine. Elles sont mangées par les petits
crustacés (krill, plancton) et par les alevins de nombreux poissons, et ceux-ci le
sont par les poissons plus gros, et ainsi de suite (ऄ grafique). Les oméga-3
s’enrichissent tout au long de la chaine
alimentaire et c’est pourquoi la chair
des poissons prédateurs en contient
fish-facts 5: Combien de poissons?
fair-fish.net
Micro-algues
(phytoplancton)
ODVRXUFH
Zooplancton
plus que celle des espèces mangeuses
d’algues.
Différentes sortes de micro-algues peuvent être cultivées dans des récipients
fermés et un DHA pur peut en être extrait. Nous n’avons donc pas besoin de
détour par les poissons, ce qui nous évite d’ingérer les polluants venant de la
mer. Un seul inconvénient : il est difficile d’en obtenir de l’EPA.
Un marché encore bloqué
Il existe aujourd’hui plusieurs produits à
base d’huile d’algue, comme Omega3Vega que l’on trouve en Suisse5, tiré de
l’algue Ulkenia. Mais la marche victorieuse de l’huile d’algue se fait encore
attendre. « Aussi bon que l’huile de
poisson, mais sans poisson » : un tel
produit devrait en principe trouver son
marché. Apparemment non. On peut
encore, sur des pages internet dépassées, trouver les capsules d’algues Ameu
présentées dans les médias en 2004,
mais elles n’existent plus depuis des années : pour cause de demande insuffisante, selon le producteur.
Les huiles d’algue sont encore relativement chères. L’obtention de la DHA
à partir de micro-algues est coûteuse
et doit être réalisée en grande quantiWerner O. Richter, www.journalmed.de/
newsview.php?id=9896
2
www.pressetext.ch/pte.mc?pte=100903013
3
Torsten Engelbrecht, «Bis zum letzten Krill», Die
WochenZeitung, 13.11.2008
4
Johanna Budwig, cf. page 15 (encadré)
5
Pour des raisons de droit de licence, Omega3Vega est en vente uniquement en Suisse. En France
nous cherchons des pharmacies et des drogueries qui pourraient offrir des produits similaires
à base d‘algue. Pour des indications et des renseignements veuillez-vous adresser à
[email protected] s. v. p.
1
fair-fish.net
Poissons gras
d’eaux froides
Industrie de
la pêche
Fermentation
Extraction
Extraction
Wintérisation
Déodorisation
Filtrage
Huile de poisson, env. 12%
de DHA
Raffinage
Huile
d’algues,
env. 45%
de DHA
té. Jusqu’à présent, seuls deux groupes
au monde disposent de telles patentes : le Suisse Lonza (huile d’Ulkenia) et
l’américain Martek (huile de Schizochytrium). Celui qui veut fabriquer un produit à base d’huile d’algue doit se fournir chez l’un de ces deux groupes.
Le marché est bloqué à cause d’un différend de patente entre les deux groupes. Martek prétend que sa patente serait valable pour toutes les huiles tirées
d’une fermentation microbiologique
ayant une teneur en DHA supérieure à
35%. Le désaccord provoque sans cesse
des restrictions dans l’offre et des hausses de prix. Avec la fin de la patente de
Martek, les acteurs de la branche comptent sur une détente de la situation en
2011, c’est-à-dire plus de fournisseurs et
des prix en baisse.
Peut-être que l’avenir prometteur des
huiles d’algue contribue à l’agressivité
des campagnes de publicité pour les
huiles de poisson : la branche de l’huile
de poisson veut conquérir rapidement
quelques parts de marché avant que
l’alternative à ses produits ne se diffuse
largement.
fish-facts 5: Combien de poissons?
11
Marco Carè/Marine Photobank
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Les toxiques propres au poisson
Le poisson peut altérer la santé par ses
arêtes, par des poisons naturels et des parasites de la mer et par la contamination
bactérielle du poisson mort. En raison de
son origine, l’homme n’est pas immunisé
contre ces dangers.1
La fraicheur des poissons
Une bonne semaine peut s’écouler entre la pêche et l’arrivée du poisson sur les
étalages. Une logistique garantissant une
grande fraicheur n’est rentable que pour
Le mercure : limites problématiques
De nombreux pays fixent des normes
maximales. En Suisse, la valeur maximale est de 0,5µg de méthylmercure
par kilo de viande. Le seuil de tolérance
pour la consommation est de 1.6 µg
par kilo de masse corporelle et par semaine. Qui pèse 60kg peut manger
au maximum 100g de poisson par semaine, c’est-à-dire moins d’un repas
par semaine!2
Le thon, l’espadon, le marlin et le requin seraient les espèces les plus suspectes : l’office fédéral suisse de la
santé publique (OFSP) estime que les
femmes enceintes devraient y renoncer. Contre toute attente, l’OFSP estime
pourtant que 500g de thon en boîte
par semaine est tolérable.
12
des poissons chers, pêchés à la ligne.
Même un poisson mort depuis pas mal de
jours peut être vendu comme frais, tant
qu’il a l’air frais et repose sur de la glace.
Le connaisseur sait à quoi il doit faire attention, comme aux yeux par exemple;
mais avec un filet, c’est difficile…
Congelé peu après la prise et décongelé
avec précaution juste avant la consommation : c’est ainsi que l’on a les poissons les
plus frais (à part pour la pêche locale ou
l’élevage). Malheureusement, le marché
ne fait pas honneur à cette pratique ; le
poisson congelé est en général meilleur
marché que le frais.
Poissons et poisons industriels
Les déchets et les résidus des eaux industrielles et ménagères arrivent dans la chaîne alimentaire marine. Parmi les rési-dus
les plus importants que l’on trouve dans la
chair (la graisse) des animaux marins, on
trouve du méthylmercure, de la dioxine,
du polychlorobiphényle (PCB) et des biocides comme le DDT, de l’hexachlorure de
benzène ou du tributylétain, qui peuvent
provoquer le cancer, modifier le patrimoine génétique et nuire à l’embryon.3, 4
Le mercure
L’exemple du mercure montre la complexité de la problématique : le métal toxique arrive dans les eaux, via les eaux
fish-facts 5: Combien de poissons?
fair-fish.net
usées. Il est transformé en méthylmercure
organique par des micro-organismes et
s’enrichit tout au long de la chaine alimentaire. Dans l’organisme humain, il est assimilé à 95% par l’intestin, passe facilement
les barrières hématiques, cérébrales et placentaires entre la mère et l’embryon. Il se
diffuse dans presque tous les organes au
cours d’une période de 50 jours. L’empoisonnement peut toucher le système nerveux, le foie et les reins, le muscle cardiaque et le système immunitaire.
Les PCB sont interdits mais encore présents dans l’environnement via les décharges, etc. Les poissons gras (ऄ tableau 2,
page 8) sont les plus pollués; chez les anguilles, les valeurs limites sont très souvent
dépassées ; le saumon et le hareng de la
mer Baltique seraient aussi très pollués.5
L’arsenic : De nouvelles études pratiquées
par un groupe de recherche international
autour de Kevin Francesconi de l’université
Salim M. Ali, «Fisch» – cf. page 15 (encadré)
Beat Brühschweiler (BAG), «Schadstoffe in Fischen», Congrès de la Société Suisse de Nutrition
17.09.2009
3
Urs Pauli et al., «Extraction and Amplification of
DNA from 55 Foodstuffs», Mitt. Lebensm. Hyg.
91, 491–501 (Berne 2000)
4
Torsten Engelbrecht, «Bis zum letzten Krill», Die
WochenZeitung, Zürich, 13.11.2008
5
Magasin «saldo», Zurich, 25.05.2010
6
Taleshi M. S. et al., «Arsenic-Containing Lipids
Are Natural Constituents of Sashimi Tuna», Environ. Sci. Technol. 2010, 44, 1478–1483
7
www.pressetext.ch/news/081021040/verdachtauf-giftige-arsenverbindung-im-fischoel
8
www.ewg.org/tunacalculator – www.nrdc.org/
health/effects/mercury/calculator/calc.asp –
planetgreen.discovery.com/food-health/tunamercury-calculator.html – et, particulièrement
favorable à l’indusrie: howmuchfish.com
9
www.supermarketguru.com/index.cfm/go/
sg.viewArticle/articleId/1530
10
www.seafoodnews.com/NewsStory.aspx?StoryId
=781197&TopicId=18660
1
2
fair-fish.net
Poisons industriels contre oméga-3 ?
Depuis des années, la pollution des
poissons au méthylmercure est un
thème âprement discuté, principalement aux USA et surtout pour le thon,
dont la chair grasse est particulièrement
chargée de ce poison. En tant que prédateur, le thon se trouve en effet au
bout de la chaine alimentaire. Des sites
internet d’organisations plus ou moins
proches de l’industrie proposent des
calculateurs pour comparer les dégâts
provoqués par le mercure par rapport
aux bienfaits des oméga-3. Des chirurgiens cardiologues américains conseillent aux personnes âgées de consommer du poisson sans arrière pensée, car
il ne vivront pas assez longtemps pour
être empoisonnés…Le thon en boîte
est le deuxième poisson le plus vendu
sur le marché américain, bien que son
taux de mercure soit supérieur dans
plus de la moitié des cas aux normes
conseillées9. Après avoir baissé, la
vente reprend de la vigueur depuis
que sa forte teneur en oméga-3 sert
d’argument publicitaire10.
de Graz ont montré pour la première fois
la pollution de différentes espèces de poissons par des composés arseniés solubles
dans l’huile, qui pourraient poser des problèmes aux consommateurs.6
L’huile d’algue n’est pas polluée
Les contrôles sur les aliments montrent2, 7
que l’extraction de l’huile de poisson ne
fait pas disparaître les poisons industriels.
En revanche, les huiles d’algue proviennent de cultures effectuées dans des récipients fermés et si la production est faite
avec précaution, elles ne contiennent aucun résidu – ni même les toxines résultant
des tortures endurées par les poissons …
fish-facts 5: Combien de poissons?
13
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En vente en Suisse dans les pharmacies, droguéries et magasins de produits diététiques
www.allsan.ch « Assortiment « Allsan
fish-facts 5: Combien de poissons?
fair-fish.net
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Comment consommer suffisamment
d’oméga-3 sans manger de poisson ?
1. Faites attention à avoir une alimentation qui contient suffisamment d’oméga-3 sous forme d’ALA (ऄ tableau 1,
page 8). Ceci n’est pas garanti par
l’alimentation moderne.
2. Mangez moins d’aliments à fort taux
d’acides gras insaturés ou oméga-6 (ऄ
tableau 1, page 8).
Pour approfondir le sujet:
Poisson en général: Salim M.
Ali, «Fisch. Profit, Umwelt und
Ernährung», Books on Demand,
2010, ISBN 978-3-8391-9895-7
Huile de lin: Le régime Huile-Protéine
anti-cancer du Dr Johanna Budwig,
www.healingcancernaturally.com/
drbudwig-regime-huile-proteine.html
Huile de périlla: Jörg Zittlau, «Das
Shiso-Wunder», pmi-Verlag, 2007,
ISBN 3897860708
Surpêche: Heinzpeter Studer, Stephanie Dreifuss, fish-facts 10, 2008
Aquaculture: Heinzpeter Studer,
Torsten Engelbrecht, fish-facts 7,
fair-fish, 2010
fair-fish.net
3. Choisissez votre huile d’après sa teneur en oméga-3 (ऄ tableau 1,
page 8). Utilisez de l’huile de lin, surtout
dans les salades ou bien dans d’autres
plats non cuits.
Mélangez-la aussi au yaourt ou au séré,
par exemple au petit déjeuner: la célèbre Crème Budwig1.
4. Il est raisonnable de faire attention à un approvisionnement suffisant en DHA à base d’algues si l’on
est âgé, en mauvaise santé, enceinte
ou allaitante ou encore en pleine croissance.
5. Gardez le poisson pour un repas de
fête une fois par mois. Le poisson n’est
pas adapté comme source d’oméga-3 car les
quantités qui seraient nécessaires n’existent
plus. Si tous les humains consommaient les
deux ou trois repas de poissons recommandés, les poissons disparaitraient en très peu
de temps.
Celui qui prend à cœur les recommandations 1 à 4 n’a pas besoin de poisson pour
rester en bonne santé. Vous trouverez les
informations nécessaires dans les pages
précédentes.
1
Johanna Budwig, cf. encadré à gauche
fish-facts 5: Combien de poissons?
15
Si les acides gras oméga-3 issus des
poissons étaient vraiment nécessaires à la survie de l’homme, alors
l’humanité disparaitrait au plus tard
au milieu de ce siècle. En effet, avec
les deux ou trois repas de poisson
recommandés par semaine, les populations mondiales de poissons seront
épuisées jusque-là.
L’humanité aurait disparu depuis
longtemps si le poisson était irremplaçable. Mais nous pouvons effectivement nous procurer les acides
gras oméga-3 d’une autre façon : avec
une alimentation raisonnable et des
préparations à base d’huiles végétales.
Nous n’avons pas besoin des poissons
pour notre développement et notre
santé. Pourquoi devons-nous alors les
éliminer ?
Manger du poisson plus d’une fois
par mois n’apporte rien à la planète.
Qu’est-ce que je peux faire ?
• manger plus raisonnablement
«page 15
• Aider à diffuser cette brochure en
tant que co-sponsor : [email protected]
Co-Sponsor:
Texte, photos (sauf autre indication), layout: Billo Heinzpeter Studer · Collaboration page 2/3: Janick Frei
1er tirage en français (basé sur sur un article pour «Schweizerische Ernährungsmedizin», septembre 2006
et sur un 1er tirage en allemand en 2007 avec la collaboration de Stephanie Dreifuss)
© fair-fish · août 2011 · 3000 ex. (2nd tirage allemand 9000 ex., novembre 2010)
Traduction: Marie-Paule Seeger-Perrin, Winterthur
Imprimé par Baldegger, Winterthur · 100% papier recyclé · climatiquement neutre
ISSN 1662-7903
Editeur: Association fair-fish · Burgstrasse 107 · CH-8408 Winterthur · www.fair-fish.net ·
Tel: 0041 52 301 44 35 · [email protected] · Postfinance Suisse: IBAN CH20 0900 0000 8753 1032 6
Bureau en Allemagne: fair-fish · fair-fish · Bahnhofsplatz 8 · D-76327 Pfinztal · [email protected] · Compte
postal: 143 019 706, Postbank Stuttgart, BLZ 600 100 70
Bureau en Autriche: fair-fish · L.-Kasimir-Gasse 30 · A-8045 Graz · [email protected]
Conseil: Prof. Rudolf Hoffmann, Munich · Prof. Detlef Fölsch, Witzenhausen · Prof. Helmut Segner, Berne
Nous remercions les professionnels des milieux scientifiques et techniques pour leur relecture critique
des textes et la Fondation Corymbo pour sa participation aux frais.
16
fish-facts 5: Combien de poissons?
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