mars 2007 - Archevêché des églises russes en Europe occidentale

Transcription

mars 2007 - Archevêché des églises russes en Europe occidentale
bulletin de la paroisse orthodoxe Saint-Jean-le-Théologien
FEUILLETS SAINT-JEAN N°22
mars 2007
Message de carême de Son Éminence l’Archevêque
Gabriel de Comane au clergé et aux fidèles de
l’Exarchat Patriarcal des Paroisses Orthodoxes de
Tradition Russe en Europe Occidentale
La croissance de l’Église
Quand on réfléchit à la croissance de l’Église, viennent tout
de suite à l’esprit les paroles de l’Évangile concernant le Christ :
« L’enfant croissait et se fortifiait : il était plein de sagesse et la grâce
de Dieu était sur lui. » (Lc 2, 40)
Il est difficile de dissocier la croissance de l’Église sur le plan
physique et sur le plan spirituel.
Le jeu de mot, l’Église croît si elle croit, paraît inévitable.
Tout d’abord, je voudrais préciser que je parlerai indifféremment
de l’Église, de la communauté paroissiale ou de la communauté
eucharistique. Ces trois termes définissent la même réalité, qui
manifeste le Corps du Christ et la plénitude de l’Église.
Sur le plan physique, la croissance se manifeste de deux façons.
L’accroissement naturel, qui n’est pas qu’une donnée biologique,
mais relève également du domaine de la foi. Dans la société actuelle,
les familles nombreuses participent à la folie du mystère de la foi. Le
deuxième moyen d’accroître le nombre de fidèles est d’en attirer à la
foi. Cet attrait ne s’effectue pas par le prosélytisme ou la mission, mais
par le témoignage de la vie de la communauté, d’où l’importance pour
celle-ci d’approfondir sa foi, de croître dans la vérité pour témoigner
toujours mieux de la vérité et de l’amour du Christ.
Pour que l’Église puisse attirer à elle de nouveaux fidèles, elle doit
vivre le plus authentiquement sa vocation qui est de manifester le
Corps du Christ et le Royaume de Dieu.
La communauté eucharistique, quand elle se rassemble pour la
célébration des saints Mystères, est déjà la manifestation du Royaume
de Dieu. Cette réalisation est garantie par la miséricorde de Dieu,
indépendamment de l’état spirituel de la communauté, mais le
témoignage de celle-ci vis-à-vis du monde et son attrait dépendra de
l’intensité avec laquelle cette réalité est vécue. Quelqu’un qui entre
pendant la célébration ressent-il, comme les envoyés de Vladimir
de Kiev pénétrant à Sainte-Sophie, l’impression d’être au ciel ?
Vivons-nous suffisamment authentiquement les célébrations pour
que le visiteur soit transporté et attiré par la communauté ? L’Église
doit constamment approfondir sa foi, croître en sagesse pour vivre
toujours plus consciemment la Liturgie.
La communauté eucharistique doit ou devrait porter ses efforts
sur l’accroissement de l’Amour qui règne en son sein. « C’est à l’amour
que vous aurez les uns pour les autres que tous vous reconnaîtrons
pour mes disciples » (Jn 13, 35). L’Église est le lieu de l’action du Saint
Esprit et donc le lieu où l’Amour du Christ agit, et la communauté
doit le refléter.
C’est peut-être dans ce domaine que la croissance de l’Église est
la plus difficile. C’est la quête de la vie de chaque chrétien, ce qui rend
cette quête d’autant plus difficile au niveau de toute la communauté.
Mais, de là, découle un autre signe de croissance de l’Église, l’existence
d’instances caritatives qui incluent le pauvre dans la communauté,
signe d’un débordement d’amour, donc d’un approfondissement
de la foi et de la vie en Christ, et en même temps, accroissement
physique car le pauvre est inclus dans la communauté grâce à l’amour
qu’on lui porte.
Archiprêtre Serge
Chers frères dans le sacerdoce,
Frères et sœurs en Christ,
Pendant les semaines qui viennent, nous
nous adonnerons au jeûne et à la prière, car
le Grand et Saint Carême est l’occasion
de nous purifier, corps et âme. Cette
purification demeure toujours nécessaire,
bien que nous ayons déposé le vieil homme
(col 3, 9) et revêtu le Christ lors de notre baptême (Gal 3, 27),
les passions ont repoussé dans notre cœur, étouffant toutes
les bonnes semences qui y avaient été plantées par le jardinier
céleste (Lc 8, 14), bien que nous soyons devenus enfants de la
chair (Jn 1, 12-13). Il est donc indispensable de nous purifier,
car comme nous enseigne le Seigneur, ce sont les cœurs purs
qui verront Dieu (Mt 5, 8).
Par cette lettre, frères et sœurs, j’attire votre attention sur
les membres les plus âgés de nos paroisses. Je ne pense pas
seulement aux prêtres et aux diacres, mais aussi à tous les
fidèles qui se sont donnés entièrement à leur paroisse, mais
que l’on a perdus de vue. Atteints par l’age et la maladie, ils
ne peuvent plus se rendre à l’église. Les prêtres leur apportent
régulièrement la Sainte Communion, l’on prie pour eux à
l’église mais beaucoup d’entre eux se sentent quand même
seuls. L’Écriture nous dit qu’atteindre un grand âge est un
signe de la bienveillance bénie de Dieu. Une vie longue est
un don particulier de Dieu. Dans l’Orthodoxie, la vieillesse
et la maturité spirituelle qui l’accompagne, est toujours fort
respectée. Ce n’est pas pour rien que les pères spirituels
sont appelés « startsi ». Je voudrais donc vous demander
d’approfondir cette notion du rôle des personnes âgées dans
les paroisses et ainsi de nous rendre plus disposés à accueillir
avec amour les vieillards parmi nous. Accueillir avec amour
veut dire agir activement. Nous devons visiter ceux qui ne
peuvent plus venir à l’église et les informer de la vie de la
paroisse dans laquelle ils étaient actifs dans la force de leur
âge. Nous ne pouvons pas les abandonner dans une solitude
qui peut les mener à l’aigreur et au désespoir. Notre attention
et nos soins pour eux sont la preuve tangible que Dieu ne les
a pas abandonnés. Les soins et l’amour aux personnes âgées
sont des signes si clairs de l’amour de Dieu.
C’est en tant que votre archevêque que je veux exprimer
mon appréciation et ma gratitude aux personnes qui
travaillent dans la gériatrie. Plus que jamais nos frères et sœurs
qui séjournent dans les maisons de retraite ont besoin de
notre présence, car chaque fidèle est un membre de l’Église,
un don précieux à l’Église et dans chaque phase de sa vie,
chaque personne, quelle que soit la situation dans laquelle
elle se trouve, doit être aimée. Nous devons donc dénoncer
courageusement la culture de mort qui nous entoure et
étouffe cette vie, depuis le sein maternel jusqu’à la tombe,
14, rue du père Brottier 92190 Meudon
adresse postale : Archiprêtre Serge Sollogoub - 4, avenue Robert Schuman 92360 Meudon-la-Forêt - 09 51 70 97 33 - [email protected]
cette vie, qui est un don de Dieu, qui doit être protégée par tous
les moyens.
Car, hélas, c’est un fait que dans nombre de pays de
l’Europe occidentale, notamment aux Pays-Bas et en Belgique,
l’euthanasie a été légalisée. Mais, ce n’est pas parce qu’une
majorité parlementaire l’a acceptée, que l’euthanasie est
moralement acceptable. En tout premier lieu nous devons vivre
selon les commandements de Dieu.
« Personne ne vit et ne meurt pour soi, nous vivons et
mourons pour Dieu notre Seigneur, c’est à Lui que nous
appartenons », dit l’Apôtre.
Chacun de nous est la propriété personnelle de Dieu. Il a
une relation avec chacun de nous, Il nous connaît, Il a écrit
notre nom sur la paume de sa main, Il nous a appelés du néant à
l’existence et c’est sa volonté que nous vivions et soyons sauvés.
Dans ce but, Il a envoyé son Fils unique. Nous devons obéir à ses
commandements, c’est-à-dire à tout ce qu’il a enseigné, afin qu’Il
puisse nous sauver. Toute l’œuvre du salut est admirablement
exprimée dans l’anaphore de la liturgie de saint Basile qui est
célébrée chaque dimanche du Grand Carême. Je vous invite
tous à prendre en main et à lire ce texte magnifique. Tous nos
besoins et nos désirs, nos questions et même nos faiblesses sont
exprimés dans cette prière, mais aussi la réponse pleine d’amour
de Dieu à nos questions vitales. Sa façon d’agir avec nous pour
notre salut y est exprimée en rendant grâce.
Au début de ce Carême, je vous exhorte donc, chers frères
et sœurs, à l’amour du prochain, en particulier à l’amour des
plus faibles, nos frères et sœurs âgés, car c’est le Seigneur qui a
dit « Ce que vous faites à l’un de ces plus petits, c’est à moi que
vous l’avez fait » (Mt 25, 40).
Le Carême dans nos vies
père Alexandre Schmemann
PARTICIPATION AUX OFFICES DE
CARÊME
[...]Personne ne peut assister à tous
les offices de Carême, mais chacun peut
assister à quelques-uns. Il n’y a absolument
aucune excuse pour que le Carême ne soit
pas surtout le temps où l’on assiste et
participe davantage à la liturgie de l’Église.
Là encore, conditions personnelles,
possibilités individuelles et impossibilités
peuvent varier et amener à des décisions
diverses ; mais il doit y avoir décision, il
doit y avoir effort et effort persévérant.
Du point de vue liturgique, nous
pouvons suggérer un «minimum» d’effort
à faire, non pas pour en tirer le sentiment
spirituellement auto-destructeur d’avoir
rempli une obligation, mais pour recevoir
au moins l’essentiel de l’esprit de la liturgie
de Carême.
En premier lieu, un effort sérieux doit
2
être fait sur la plan paroissial pour une
célébration convenable des vêpres du
Dimanche du Pardon. Il est vraiment tragique
que dans tant d’églises,cet office ne soit pas
célébré du tout ou, s’il l’est, qu’on ne lui
donne pas assez de soin et d’attention. Il
faudrait que cela devienne dans la paroisse
«la grande affaire» de l’année et, comme
telle, qu’e. Cette préparation consiste à
exercer le chœur, à expliquer l’office par
des sermons ou des bulletins paroissiaux
et à en prévoir l’heure de manière à faciliter
l’assistance du plus grand nombre possible
de paroissiens, bref : en faire un véritable
événement spirituel. Car, encore une fois, rien
mieux que cet Office ne révèle le sens du
Carême comme le «temps fort» du repentir
et de la réconciliation, et comme le départ
ensemble pour un voyage en commun.
La priorité doit être donnée ensuite à la
première semaine de Carême. On devrait
faire un effort particulier pour assister, au
moins une fois ou deux, au grand Canon
de saint André. Comme nous l’avons vu,
la fonction liturgique de ces premiers
jours est de nous mettre dans l’ambiance
spirituelle du Carême que nous avons
qualifiée de «radieuse tristesse».
Puis, il faut absolument consacrer, au
moins une fois durant tout le Carême,
une soirée à la Liturgie des Présanctifiés
et à l’expérience spirituelle qu’elle
apporte : celle du jeûne total, celle de la
transformation d’un jour au moins en une
réelle attente du Jugement et de la Joie. Il
est inacceptable d’invoquer les conditions
de vie, le manque de temps etc..., car si
nous accomplissons seulement ce qui
«cadre» bien avec nos conditions de vie, la
notion même de l’effort du Carême n’a plus
aucun sens. Ce n’est pas au vingtième siècle
seulement, mais bien depuis Adam et Ève
que «ce monde» est toujours un obstacle à
l’accomplissement des exigences de Dieu.
Il n’y a donc rien de spécial ou de nouveau
dans notre «mode de vie» moderne.
Finalement, tout dépend, encore une fois,
du fait que nous prenions ou non la religion
au sérieux ; et si nous le faisons, huit ou dix
soirées de plus par an passées à l’église, ne
sont vraiment qu’un effort minime. Alors
que, privés de cette soirée, nous nous
privons nous-mêmes non seulement de
la beauté et de la profondeur des offices
de Carême, non seulement d’un apport
spirituel et d’une aide nécessaire, mais
aussi, comme nous l’expliquerons dans
le prochain paragraphe, de ce qui rend le
jeûne efficace et lui donne un sens.
LA PRIÈRE ET LE JEÛNE
Il n’y a pas de Carême sans jeûne.
Cependant, il semble qu’aujourd’hui,
beaucoup ne prennent pas le jeûne au
sérieux, ou bien, s’ils le font, c’est en
méconnaissant son vrai but spirituel. Pour
quelques-uns, le jeûne consiste à renoncer
symboliquement à quelque chose ; pour
d’autres, c’est l’observance scrupuleuse
de règles alimentaires. Mais, dans les
deux cas, le jeûne est rarement mis en
référence avec l’effort de Carême en sa
totalité. Ici comme ailleurs, pourtant, nous
devons d’abord essayer de comprendre
l’enseignement de l’Église quant au jeûne,
puis nous demander : Comment appliquer
cet enseignement à notre vie ?
Le jeûne ou l’absence de nourriture n’est
pas une pratique exclusivement chrétienne.
Elle a existé et existe encore dans d’autres
religions et même en dehors de la religion,
comme par exemple dans certaines
thérapeutiques particulières. De nos jours,
on jeûne pour toutes sortes de raisons,
y compris pour des motifs politiques.
Il est donc important de discerner le
contenu spécifiquement chrétien du
jeûne. Il nous est tout d’abord révélé dans
l’interdépendance de deux événements
que nous trouvons dans la Bible : l’un au
commencement de l’Ancien Testament,
l’autre au début du Nouveau.
Le premier événement est la «rupture
du jeûne» par Adam, au Paradis. Il mangea
du fruit défendu. C’est ainsi que le péché
originel de l’homme nous est révélé.
Le Christ, nouvel Adam - et ceci est le
deuxième événement - commence par
jeûner. Adam fut tenté et succomba à la
tentation ; le Christ fut tenté et vainquit
cette tentation. La conséquence de la
défaillance d’Adam a été l’expulsion du
Paradis et la mort. Le fruit de la victoire
du Christ a été la destruction de la mort
et notre retour au Paradis. Le manque
de place nous empêche de donner ici
une explication détaillée sur le sens de ce
parallélisme ; mais il est clair cependant
que, dans cette perspective, le jeûne nous
apparaît comme quelque chose de décisif
et d’une importance extrême. Ce n’est pas
une simple «obligation», une coutume ; il
est lié au mystère même de la vie et de la
mort, du salut et de la damnation.
L’Orthodoxie enseigne que le péché
n’est pas seulement la transgression d’une
règle qui entraîne le châtiment ; il est
toujours une mutilation de la vie que Dieu
nous a donnée. C’est pour cette raison
que l’histoire du péché originel nous est
présentée dans l’acte de manger. Car la
nourriture est moyen de vie, c’est elle qui
nous garde vivants. Mais là est toute la
question : que veut dire être vivant et que
signifie la «vie» ?
De nos jours, ce terme a surtout un sens
biologique : la vie est précisément ce qui
dépend de la nourriture et, d’une façon
générale, du monde physique. Mais pour la
sainte Écriture et la Tradition chrétienne,
vivre ainsi «seulement de pain» n’est rien
d’autre que mourir, parce que c’est une
vie mortelle et dans laquelle la mort est
toujours à l’oeuvre. Dieu, nous dit-on, n’a
pas créé la mort ; il est le Donateur de la
vie. Comment donc la vie est-elle devenue
mortelle ? Pourquoi, de tout ce qui existe,
la mort est-elle la seule certitude absolue ?
L’Église répond : parce que l’homme
a refusé la vie telle que Dieu la lui offrait
et la lui donnait, et a préféré une vie qui
dépende non de Dieu seul, mais «de pain
seulement». Non seulement il désobéit
à Dieu et fut puni, mais il transforma sa
relation même avec monde. À vrai dire,
la création lui avait été donnée par Dieu
comme «nourriture», comme moyen de
vie ; mais la vie devait être communion
avec Dieu ; elle avait en lui non seulement
sa fin, mais sa plénitude. En lui était la Vie,
et la Vie était la Lumière des hommes. Le
monde et la nourriture furent ainsi créés
comme des moyens de communion avec
Dieu, et ce n’est que reçus pour l’amour
de Dieu qu’ils pouvaient donner la vie. En
elle-même la nourriture n’a pas de vie et
ne peut donner la vie. Seul Dieu a la Vie
et est la Vie. Dans la nourriture elle-même,
c’est Dieu - et non les calories - qui est le
principe de vie. Ainsi, manger, être vivant,
connaître Dieu et être en communion
avec lui étaient une seule et même chose.
L’insondable tragédie d’Adam est qu’il
mangea pour lui-même. Bien plus, il mangea
«à part» de Dieu, afin d’être indépendant
de lui. Et s’il l’a fait, c’est qu’il croyait que
la nourriture avait la vie en elle-même et
que lui, en mangeant cette nourriture,
pourrait être comme Dieu, c’est-à-dire
avoir la vie en lui-même. Pour le dire très
simplement, il mit sa foi dans la nourriture,
alors que le seul objet de foi, de confiance,
de dépendance est Dieu et Dieu seul. Le
monde, la nourriture, devinrent son Dieu,
la source et le principe de sa vie ; et il en
devint l’esclave. Adam, en hébreu, veut dire
«l’homme» ; c’est mon nom, notre nom à
tous. L’homme est encore Adam, l’esclave
de la «nourriture». Il peut prétendre qu’il
croit en Dieu, mais Dieu n’est pas sa vie,
sa nourriture, celui qui embrasse toute son
existence. Il peut prétendre qu’il reçoit sa
vie de Dieu, mais il ne vit pas en Dieu et
pour Dieu. Sa science, son expérience, la
conscience qu’il a de lui-même, tout cela est
bâti sur le même principe : «seulement de
pain». Nous mangeons afin d’être vivants,
mais nous ne sommes pas vivants en Dieu.
C’est le péché de tous les péchés. C’est le
verdict de mort attaché à notre vie.
Le Christ est le nouvel Adam. Il vient
pour réparer le dommage infligé à la vie par
Adam, pour rendre l’homme à la vraie Vie
et donc, il commence par le jeûne : Quand
il eut jeûné quarante jours et quarante
nuits, il eut faim (Mt 4, 2). La faim est cet
état dans lequel nous nous apercevons que
nous dépendons d’autre chose, quand nous
ressentons le besoin urgent et nécessaire
de nourriture ; cela nous montre que nous
n’avons aucune vie en nous-mêmes. La faim
est cette limite au-delà de laquelle ou bien
je meurs d’inanition, ou bien, ayant donné
satisfaction à mon corps, j’ai de nouveau
l’impression d’être vivant. En d’autres
ternes, le moment où se pose la question
fondamentale : De quoi ma vie dépendelle ? Et puisque la question n’est pas une
question purement théorique, mais que je
la sens avec mon corps tout entier, c’est
aussi le temps de la tentation. Satan vint
trouver Adam au Paradis et il vint trouver
le Christ au désert - deux hommes affamés
- et il leur dit la même parole : «Mangez,
car votre faim est bien la preuve que vous
dépendez entièrement de la nourriture,
que votre vie est dans la nourriture.» Et
Adam la crut et mangea ; mais le Christ
rejeta cette tentation et dit : «L’homme
ne vit pas seulement de pain, mais de
Dieu.» Il refusa d’accepter ce mensonge
cosmique que Satan impose au monde et
dont il a fait une vérité si évidente qu’on
ne la discute même plus, et qui est devenue
le fondement de notre vision du monde,
de la science, de la médecine, et peutêtre même de la religion. Et, ce faisant, le
Christ rétablit le lien entre la nourriture,
la vie et Dieu, qu’Adam avait brisé et que
nous brisons encore chaque jour.
Qu’est-ce que le jeûne pour nous,
chrétiens ?
C’est notre incorporation et notre
participation à cette expérience du Christ
lui-même, par laquelle il nous libère
de notre entière dépendance envers la
nourriture, la matière et le monde. En fait,
notre libération n’est pas plénière, puisque,
vivant encore dans ce monde déchu, le
monde du vieil Adam, et en faisant partie,
nous sommes encore dépendants de la
nourriture. Mais, tout comme notre mort,
par laquelle nous devons encore passer, est
devenue, par la vertu de la mort du Christ,
un passage à la vie, ainsi la nourriture que
nous mangeons et la vie qu’elle soutient
peuvent être une vie en Dieu et pour
Dieu. Une partie de notre nourriture est
déjà devenue «nourriture d’immortalité»
: le Corps et le Sang du Christ lui-même.
Mais même le pain quotidien que nous
recevons de Dieu peut être en cette vie et
en ce monde, ce qui nous fortifie et nous
fait communier avec Dieu, plutôt que ce
qui nous sépare de lui. Cependant, seul le
jeûne peut opérer cette transformation,
nous donner la preuve existentielle que
3
la dépendance où nous sommes vis-à-vis
de la nourriture et de la matière n’est ni
totale ni absolue et qu’unie à la prière, à la
grâce et à l’adoration, elle peut elle-même
devenir spirituelle.
Tout ceci signifie que, compris dans toute
sa profondeur, le jeûne est le seul moyen
pour l’homme de recouvrer sa vraie nature
spirituelle. C’est un défi, non théorique
mais vraiment concret, au Menteur qui a
réussi à nous convaincre que nous n’avons
besoin que de pain, et qui a édifié sur
ce mensonge toute la connaissance, la
science et l’existence humaines. Le jeûne
dénonce ce mensonge et prouve qu’il en
est un. Il est très significatif que ce soit
lors de son jeûne que le Christ rencontra
Satan et que, plus tard, il ait dit que Satan
ne peut être vaincu «que par le jeûne et la
prière». Le jeûne est le véritable combat
contre le diable parce qu’il est le défi à la
loi singulière et universelle qui en fait le
«prince de ce monde». Mais si quelqu’un
a faim et découvre alors qu’il peut être
vraiment indépendant de cette faim, ne pas
être détruit par elle mais, tout au contraire,
la transformer en une source d’énergie
spirituelle et de victoire, alors plus rien ne
subsiste de ce grand mensonge dans lequel
nous avons vécu depuis Adam.
Comme nous sommes loin alors de la
conception courante du jeûne considéré
comme un simple changement de régime
ou un ensemble de choses permises ou
défendues, loin de toute cette hypocrisie
superficielle ! En fin de compte, jeûner
ne signifie qu’une chose : avoir faim, aller
jusqu’à la limite de la condition humaine
qui dépend entièrement de la nourriture,
et là, ayant faim, découvrir que cette
dépendance n’est pas toute la vérité au
sujet de l’homme, que la faim elle-même
est avant tout un état spirituel et que,
finalement, elle est en réalité la faim de Dieu.
Dans l’Église primitive, le jeûne signifiait
toujours une abstinence totale, un état
de faim qui pousse le corps jusqu’à une
extrême limite. C’est ici pourtant que nous
découvrons aussi que le jeûne, envisagé
comme un effort physique, est dépourvu
de sens s’il n’est pas accompagné de son
complément spirituel : «...par le jeûne et la
prière». Cela signifie que, si nous ne faisions
pas l’effort spirituel correspondant, si
nous ne nous nourrissions pas de la
Réalité divine, si nous ne découvrions pas
que nous dépendons totalement de Dieu
et de Dieu seul, notre jeûne physique
serait un suicide. Si le Christ lui-même
fut tenté alors qu’il jeûnait, nous n’avons
4
pas la moindre chance d’échapper à cette
tentation. Le jeûne physique, si essentiel
soit-il, est non seulement dépourvu de
sens, mais il est vraiment dangereux, s’il est
coupé de l’effort spirituel, de la prière et
de la concentration sur Dieu. Le jeûne est
un art dont seuls les saints ont la parfaite
maîtrise ; ce serait présomptueux et
dangereux pour nous de vouloir pratiquer
cet art sans discernement ni prudence ;
toute la liturgie du Carême est un constant
rappel des difficultés, des obstacles et des
tentations qui attendent ceux qui croient
pouvoir compter sur leur volonté et non
sur Dieu.
C’est la raison pour laquelle nous avons
besoin avant tout d’une préparation
spirituelle à cet effort du jeûne. Elle
consiste à demander aide à Dieu et à
centrer notre jeûne sur Dieu. C’est par
amour de Dieu que nous devrons jeûner. Il
nous faut redécouvrir notre corps comme
temple de la divine présence, retrouver un
respect religieux du corps, de la nourriture,
du rythme même de la vie. Tout ceci doit
être fait avant que ne commence le jeûne
proprement dit, de sorte que, lorsque
nous l’entreprendrons, nous soyons armés
spirituellement dans une optique et un
esprit de lutte et de victoire.
Puis vient le temps du jeûne lui-même.
Selon ce que nous avons dit plus haut, il
doit être pratiqué à deux niveaux : celui
du jeûne ascétique et celui du jeûne total. Le
jeûne ascétique consiste en une énergique
réduction de nourriture, de sorte qu’un état
permanent d’une certaine faim soit vécu
comme un rappel de Dieu et un constant
effort pour garder notre esprit orienté vers
lui. Quiconque l’a pratiqué, ne serait-ce
qu’un peu, sait que ce jeûne ascétique, loin
de nous affaiblir, nous rend au contraire
légers, unifiés, sobres, joyeux, purs. Alors
on reçoit la nourriture comme un vrai
don de Dieu ; on se trouve constamment
orienté vers ce monde intérieur qui, d’une
manière inexplicable, devient, de lui-même,
une sorte de nourriture.
Pour ce qui est de la quantité, du rythme
et de la qualité de la nourriture à prendre
dans ce jeûne ascétique, nous n’avons pas
à en traiter ici. Tout cela dépend de nos
capacités individuelles, des conditions
extérieures de la vie de chacun. Mais le
principe est clair : c’est un état de demifaim dont la nature «négative» est toujours
transformée en force positive par la prière, la
mémoire, l’attention et la concentration.
Quant au jeûne strict, il est nécessairement
limité dans sa durée et lié à l’eucharistie.
Dans nos conditions de vie actuelles, le
mieux est de la pratiquer durant la journée
qui précède le soir où se célèbre la Liturgie
des Présanctifiés. Soit que nous jeûnons ce
jour-là depuis le matin très tôt, soit à partir
de midi, l’essentiel est de le vivre comme
un jour d’attente, d’espérance, de faim de
Dieu lui-même. Il est une concentration
spirituelle sur ce qui est à venir, sur le don
que l’on va recevoir et pour lequel on est
prêt à sacrifier tous les autres dons.
Tout cela étant dit, il faut se rappeler
encore que notre jeûne, si limité soit-il, s’il
est un vrai jeûne, conduira à la tentation,
à la faiblesse, au doute et à l’irritation. En
d’autres termes, il sera un réel combat et
probablement nous succomberons bien
des fois. Mais l’aspect essentiel du jeûne est
justement la découverte de la vie chrétienne
en tant que lutte et effort. Une foi qui n’a
pas surmonté les doutes et la tentation
est rarement réelle. Aucun progrès n’est,
hélas, possible dans la vie chrétienne sans
l’amère expérience de l’échec. Trop de gens
commencent à jeûner avec enthousiasme,
puis y renoncent à la première défaillance.
Je dirai que c’est précisément lors de cette
première chute que se situe le véritable test
: si, après avoir faibli et donné libre cours
à nos appétits et à nos passions, nous nous
remettons courageusement à la tâche, sans
abandonner, quel que soit le nombre de
fois où nous faiblissons, tôt ou tard, notre
jeûne produira ses fruits spirituels. Entre
la sainteté et un cynisme désenchanté, il
y a place pour la grande et divine vertu
de patience - la patience envers soimême avant tout. Il n’y a pas de raccourci
pour aller a la sainteté ; on doit payer le
prix de chaque pas en avant. Il est donc
préférable et plus sûr de commencer avec
un minimum, juste un peu au-dessus de
nos possibilités naturelles, et d’augmenter
notre effort progressivement, plutôt que
d’essayer de sauter trop haut au début et
de se casser quelques os en retombant à
terre.
En résumé : d’un jeûne symbolique et de
pure forme, conçu comme une obligation
et une coutume, il nous faut revenir au
vrai jeûne. Serait-il modeste et limité, qu’il
soit sérieux et effectif. Prenons loyalement
la mesure de nos capacités physiques et
spirituelles, et agissons en conséquence,
- nous rappelant toutefois qu’il n’y a pas
de jeûne qui ne mette au défi ces capacités
et qui n’introduise dans notre vie une
preuve divine que les choses impossibles
à l’homme sont possibles à Dieu.
Saint Panteleïmon
27 juillet
Depuis plusieurs semaines nous prions le grand martyr et guérisseur Pantéléïmon pour la guérison de Constantin Chvabo. Voici sa vie, toute consacrée
à la gloire de Dieu et à la guérison des hommes.
aint Pantéléïmon est né aux environs de 284 dans la ville recueillit le corps de l’homme, et l’enterra en terre chrétienne.
de Nicomédie. Son père, Evstorgios, était païen, alors que
antoléon fut sommé d’apparaître devant l’empereur, qui lui
sa mère Euboulie était une chrétienne dévote. Elle éduqua son
ordonna de faire un sacrifice aux dieux. Le saint refusa. Les
fils, dont le vrai prénom était Pantoléon, suivant les préceptes faux prêtres et les médecins supplièrent Maximien de l’exécuter,
chrétiens. Elle mourut alors que son fils était encore jeune.
afin que le christianisme cesse d’être populaire. Incapable de le
e père de Pantoléon l’envoya suivre des études sous la direction faire revenir sur sa foi, Maximien ordonna de torturer le saint
d’un médecin célèbre, Euphrosynos. Très vite, Pantoléon de maintes manières : on lui arracha la peau avec des griffes, on
surpassa tous les autres étudiants. Il était doux et humble, et tous le brûla, on le jeta dans un chaudron plein de goudron brûlant.
ceux qui lui parlaient se sentaient heureux et en paix. Par ses Mais rien n’y faisait, Pantoléon ne ressentait aucune douleur,
vertus, il acquit une grande renommée dans Nicomédie. Un jour, aucune souffrance. L’empereur estima que ces miracles
il se rendit avec Euphrosinos au palais. L’empereur Maximien, n’étaient que des tours de magie. Alors il ordonna qu’on attache
le saint à un rocher et qu’on le jette à la
reconnaissant en Pantoléon de grandes
mer. Le rocher se fit léger, et le saint flotta
qualités, ordonna à Euphrosinos de prodiguer
sur l’eau. On jeta le saint dans l’arène, mais
à celui-ci la meilleure éducation possible,
les bêtes sauvages marchaient paisiblement
afin qu’il puisse ensuite en faire son médecin
autour de lui et lui léchaient les pieds. La
personnel.
foule acclama et loua tout à la fois Dieu
aint Hermolaüs, chef de l’Église de
et le saint. Maximien devint enragé et fit
Nicomédie, voyait souvent de sa maison
massacrer les animaux. Pantoléon subit
passer Pantoléon, qui se rendait à ses études.
encore bien d’autres tortures, mais il ne
Il lui demanda de quelle religion il était.
n’en eut aucun mal.
Pantoléon lui répondit que, quand sa mère
était en vie, il était chrétien, mais que depuis
antoléon décida de faire appel à
son père lui avait enjoint de rejoindre les
Hermolaüs, car il estimait que celuipaïens. Hermolaüs lui dit que s’il croyait de
ci serait capable de convertir bien plus de
tout son cœur dans le Dieu véritable, il serait
païens que lui. Hermolaüs et deux autres
capable de guérir tous les malades. Il lui
hommes, Ermocratis et Ermippon, se
enseigna que la médecine ne procure qu’un
présentèrent devant l’empereur. Incapable
faible soulagement, et que seul le Christ, le
de les faire renoncer à leur foi, L’empereur
Vrai Médecin, nous apporte le Salut. Pantoléon
les fit torturer puis décapiter. Des chrétiens
accepta tout ce qu’on lui disait, et à partir de
recueillirent secrètement leurs corps et les
ce jour, il accepta le Christ dans son cœur.
enterrèrent avec honneur.
l arriva un jour que Pantoléon, avec la grâce de Dieu, sauva un
lors dans sa défaite l’empereur condamna Pantoléon à
enfant d’une mort certaine, car celui-ci avait été mordu par une
mort. Le saint devait être décapité et son corps brûlé.
vipère. Il n’eut besoin d’aucune autre preuve que le Christ était le Mais quand un soldat leva son glaive pour le décapiter, le glaive
vrai Dieu. Hermolaüs le baptisa, lui donna la Sainte Communion, fondit comme de la cire. Les soldats tombèrent à genoux et
et lui apprit les Sacrements de la Sainte Église. Pantoléon vécut confessèrent leur foi en Jésus Christ. Pantoléon pria pour eux
sept jours avec le saint homme, ce qui lui permit de connaître en et leur pardonna tous leurs péchés. Une voix vint du ciel, qui
profondeur les enseignements et les pratiques de l’Église.
accorda à Pantoléon tout ce qu’il demandait, et qui déclara qu’à
a guérison d’un aveugle, auquel Pantoléon rendit la vue, partir de ce jour il serait connu sous le nom de Pantéléïmon (le
convainquit son père de croire au Christ. L’aveugle aussi crut très miséricordieux). Saint Pantéléïmon obligea les soldats à le
décapiter, car il voulait être digne de la couronne des martyrs.
en Dieu, et tous les deux furent baptisés par Hermolaüs.
Les soldats embrassèrent le saint, puis le décapitèrent.
antoléon distribua toutes ses richesses aux pauvres, puis
aint Panteleïmon donna sa vie pour Jésus Christ le 27
il entreprit de guérir tous ceux qui venaient le voir. Pour
juillet 304. On dit que l’olivier auquel il était attaché, fleurit
seul paiement il demandait de croire que le vrai guérisseur était
immédiatement,
et donna des fruits. Entendant cela, l’empereur
Jésus Christ. Les autres médecins étaient fort jaloux de lui, et ils
ordonna
de
couper
l’arbre et de brûler le corps du saint. Mais
décidèrent de le dénoncer à Maximien. Un groupe de médecins
alla voir Maximien et lui dit que le médecin qu’il avait lui- les soldats ne revinrent pas au palais. Avec d’autres chrétiens,
même éduqué guérissait les chrétiens, et convertissait les païens ils prirent le corps du saint et l’enterrèrent dans la propriété
au christianisme. Comme preuve, on lui amena l’aveugle que d’Amantios le Scholastique.
Pantoléon avait guéri. Maximien tenta de convaincre celui-ci qu’il
es chrétiens prient souvent saint Panteleïmon pour lui
avait été guéri par les dieux et non par le Christ. Mais en vain.
demander de l’aide dans la maladie. Il est considéré à l’égal
Maximien ordonna de décapiter cet homme. En secret Pantoléon des saints anargyres Cosme et Damien.
S
P
L
S
P
I
A
L
P
S
L
Saint Panteleïmon, prie Dieu pour nous
5
Catéchèse baptismale III
Saint Jean Chrysostome
1. Dieu soit béni, car voici que de la
terre aussi apparaissent des étoiles, plus
brillantes que celles des cieux. Des étoiles,
sur terre, à cause de Celui qui des cieux est
apparu sur terre. Non seulement sur terre,
ces étoiles, mais en plein jour ; deuxième
merveille ! Étoiles de jour, plus éclatantes
que celles de la nuit, car les unes s’effacent
quand paraît le soleil ; les autres, quand
paraît le soleil de justice, brillent d’un
plus vif éclat : as-tu jamais vu des étoiles
paraître en plein soleil ?
2. Les unes sont pour disparaître quand
paraîtra l’Accomplissement ; les autres
pour devenir plus radieuses encore quand
l’Accomplissement surviendra. Au sujet
des premières, l’Évangile dit que « les
astres du ciel tomberont comme tombent
les feuilles de la vigne ». Au sujet de cellesci, il dit : « Les justes brilleront comme le
soleil au royaume des cieux. »
3. Qu’est-ce à dire : « Comme tombent
les feuilles de la vigne, ainsi tomberont les
étoiles du ciel ? » Aussi longtemps que la
vigne nourrit les grappes, elle a besoin de
la protection des feuilles, mais lorsqu’elle
a déposé le fruit, elle dépose aussi son
manteau de feuilles. Il en est de même
pour l’univers tout entier : aussi longtemps
qu’il contient en lui le genre humain, le
ciel garde les astres comme la vigne ses
feuilles. Mais au temps à venir, comme il
n’y aura plus de nuit, il n’y aura plus non
plus besoin d’astres.
4. De feu est la nature des étoiles (du
6
firmament) de feu aussi, la substance
de celles-ci. Mais là, il s’agit d’un feu
sensible ; ici, d’un feu intelligible. Car il est
dit : « Celui-là vous baptisera dans l’Esprit
Saint et dans le feu. » Et veux-tu savoir le
nom des unes et des autres ? Les astres du
ciel ont nom Orion, Arcturus, Vesper et
Lucifer. Parmi les astres que voici, il n’y
a pas d’étoiles du soir (Vesper), mais tous
sont des étoiles du matin (Lucifer).
5. « Dieu soit béni, répétons-le, Lui seul
qui fait des merveilles ! », Lui qui fait
toutes choses et les renouvelle. Ceux qui
hier étaient captifs, sont aujourd’hui des
hommes libres et citoyens de l’Église.
Ceux qui naguère étaient dans la honte du
péché, sont maintenant dans l’assurance
et la justice. Ils sont non seulement
libres, mais saints ; non seulement saints,
mais justes ; non seulement justes, mais
fils ; non seulement fils, mais héritiers ;
non seulement héritiers, mais frères du
Christ ; non seulement frères du Christ,
mais ses cohéritiers ; non seulement
ses cohéritiers, mais ses membres ; non
seulement ses membres, mais des temples ;
non seulement des temples, mais des
instruments de l’Esprit1.
6. « Dieu soit béni ! Lui qui seul fait des
merveilles ! » Tu as vu en quel nombre
sont les bienfaits du baptême ? Alors
que beaucoup croient qu’il a pour unique
bienfait la rémission des péchés, nous avons
compté jusqu’à dix honneurs conférés
par lui. C’est pour cette raison que nous
baptisons même les petits enfants, bien
qu’ils n’aient pas de péchés, pour que leur
soit ajouté la justice, la filiation, l’héritage,
la grâce d’être frères et membres du Christ,
et de devenir la demeure du Saint-Esprit.
7. Vous donc, mes frères bien-aimés, si
toutefois il m’est permis de vous appeler
frères ! J’ai participé certes à la même
naissance que vous, mais ensuite j’ai perdu
par ma négligence cette fraternité parfaite
et authentique. Laissez-moi cependant
vous appeler frères, pour le grand amour
que j’ai de vous, et vous inviter à témoigner
un zèle d’autant plus grand que vous avez
bénéficié d’un plus grand honneur.
8. Le temps qui a précédé le baptême était
un terrain d’entraînement et d’exercice, où
les chutes trouvaient le pardon. À partir
d’aujourd’hui, l’arène vous est ouverte,
le combat a lieu; vous êtes sous le regard
du public ; et non seulement la race des
humains mais encore le peuple des anges
contemple vos combats. Car Paul écrit
dans sa lettre aux Corinthiens : « Nous
avons été livrés en spectacle au monde, aux
anges comme aux hommes. » Les anges
donc nous contemplent et le Seigneur
des anges est président du combat. C’est
là pour nous non seulement un honneur,
mais encore une assurance. Lorsqu’en effet
celui qui a livré pour nous son âme, est
juge de ces assauts, quel honneur et quelle
assurance n’est-ce pas là pour nous ?
9. Dans les combats olympiques, l’arbitre
se tient au milieu des deux adversaires, sans
favoriser ni l’un ni autre : il attend l’issue.
S’il se tient entre les deux, c’est parce que
son jugement est partagé entre les deux.
Dans le combat qui nous oppose au diable,
le Christ ne se tient pas dans l’entre-deux,
il est tout entier nôtre. Comment cela,
il ne se tient pas dans l’entre-deux, il
est tout entier avec nous ? Vois plutôt :
quand nous sommes entrés en lice, il nous
a oints, tandis qu’il a enchaîné l’autre. Il
nous a oints de l’huile d’allégresse ; il l’a
enchaîné en des liens infrangibles pour
le paralyser dans ses assauts. Moi, s’il
m’arrive de trébucher, il me tend la main,
me relève de ma chute et me remet sur
pied. Car il est écrit : « Piétinez de haut les
serpents, les scorpions et toute puissance
de l’ennemi. »
10. Le démon, après sa victoire, est menacé
de la géhenne. Moi, si je suis vainqueur, je
reçois la couronne. Lui, s’il triomphe, il est
châtié. Et pour que tu saches qu’il est châtié
surtout lorsqu’il l’emporte, eh bien, je te
le montrerai par un exemple. Il a vaincu
Adam et il l’a fait trébucher. Quel a été le
prix de sa victoire ? « Tu ramperas sur ta
poitrine et sur ton ventre et tu mangeras
la poussière tous les jours de ta vie. » Si
Dieu a puni avec tant de sévérité le serpent
matériel, quel châtiment n’infligera-t-il
pas au serpent spirituel ? Si telle a été la
condamnation de l’instrument, il est clair
qu’un châtiment autrement terrible attend
l’artisan. Mais, comme le père aimant qui
met la main sur le meurtrier de son fils ne
se borne pas à punir ce meurtrier mais brise
aussi son épée, ainsi le Christ en trouvant
le diable homicide a non seulement puni le
démon mais encore fracassé son épée.
11. Ayons donc confiance et dévêtonsnous pour ces assauts. Le Christ nous a
revêtus d’armes plus resplendissantes
que nul or, plus résistantes que nul acier,
plus ardentes et plus mordantes que nulle
flamme, plus légères que nul souffle. Car
ces armes sont de telle nature que nous ne
plions pas sous leur poids ; elles donnent
des ailes, elles allègent nos membres, et
si tu veux prendre essor vers le ciel avec
elles, point d’obstacle : armes d’une nature
toute nouvelle, car tout nouveau est le
genre du combat. Moi qui ne suis qu’un
homme, je suis obligé d’asséner des coups
aux démons ; moi qui suis revêtu de chair,
je lutte contre les puissances incorporelles.
Aussi Dieu m’a-t-il fait une cuirasse qui
n’est pas de métal mais de justice ; aussi
m’a-t-il préparé un bouclier non de bronze
mais de foi. Je tiens en main une épée
aiguë, la parole de l’Esprit. L’autre lance
des traits, moi j’ai une épée. Il est archer,
je suis hoplite. Voilà encore de quoi
apprendre comme il est cauteleux, l’archer
n’ose s’approcher : il décoche de loin.
12. Mais quoi ? Dieu ne t’a-t-il préparé
qu’une armure ? Non, il a préparé aussi un
aliment plus puissant que n’importe quelle
arme, car il ne faut pas que tu peines au
combat, il faut que ta victoire soit celle
d’un homme joyeusement rassasié. Car si
seulement il te voit revenir du festin du
Seigneur, lui, comme qui verrait un lion
dont la gueule souffle le feu, il s’enfuit
plus vite que le vent. Et si tu lui montres
ta langue teinte du précieux Sang, il ne
pourra pas tenir si tu lui fais voir ta bouche
empourprée, comme un piètre animal il
battra en retraite à grand train.
13. Veux-tu connaître la vertu de ce Sang ?
Revenons à ce qui en a été la figure, aux
récits anciens, à ce qui s’est passé en
Égypte. Dieu allait infliger à l’Égypte la
dixième plaie. Il voulait supprimer leurs
premiers-nés parce qu’ils retenaient son
peuple premier-né. Qu’allait-Il faire pour
ne pas atteindre les Juifs avec les Égyptiens,
puisque tous se trouvaient dans le même
lieu ? Apprends la vertu de la figure, pour
connaître la puissance de la vérité. Le
coup envoyé par Dieu allait fondre du ciel
et l’ange exterminateur faisait le tour des
maisons.
14. Que fit Moïse ? Immolez, dit-il, un
agneau sans tache et marquez de son
sang vos portes. Que dis-tu là ? Le sang
d’un animal sans raison peut-il sauver des
hommes doués de raison ? Oui, dit Moïse,
non pas parce que c’est du sang mais parce
qu’il est la figure du sang du Seigneur.
De même en effet que les statues des
empereurs, qui n’ont ni âme ni sensation,
sauvegardent les hommes doués d’âme et
de sensation qui cherchent auprès d’elles
refuge, non parce que c’est du bronze mais
parce qu’elles sont l’image de l’empereur2,
ainsi ce sang privé d’âme et de sensation
a sauvé des hommes doués d’âme non
parce que c’était du sang, mais parce qu’il
préfigurait le Sang du Seigneur.
15. Ce jour-là l’ange exterminateur vit le
sang qui marquait les portes, et n’osa entrer.
A présent, si le diable voit non plus le sang
de la préfiguration marquer les portes,
mais sur les lèvres des fidèles, le Sang de
la vérité marquer la porte de ce sanctuaire
du Christ qu’ils sont devenus, à plus forte
raison se gardera-t-il d’intervenir! Car si la
figure a retenu l’ange, bien plus la vérité
mettra-t-elle le diable en fuite.
16. Veux-tu connaître par une autre voie
encore la vertu de ce Sang ? Vois d’où
il a commencé à couler et où il a pris sa
source : il descend de la croix, du côté
du Seigneur. Comme Jésus déjà mort,
rapporte l’Évangile, était encore sur la
croix, le soldat s’approcha et lui ouvrit le
côté d’un coup de sa lance et il en jaillit de
l’eau et du sang3. Cette eau était le symbole
du baptême et le sang celui des mystères.
C’est pourquoi l’Évangéliste ne dit pas :
« Il en jaillit du sang et de l’eau » ; mais
l’eau jaillit d’abord et ensuite le sang, car
d’abord vient le baptême et ensuite les
mystères. Ce soldat, donc, lui ouvrit le
côté : il a percé le rempart du temple saint
et c’est moi qui ai trouvé le trésor et m’en
suis enrichi. Ainsi en fut-il de l’Agneau :
les Juifs égorgeaient la victime, et moi j’ai
recueilli le salut, fruit de ce sacrifice.
17. « Et il jaillit du côté de l’eau et du
sang. » Ne passe pas indifférent, bien-
aimé, à côté du mystère. Car j’ai encore une
autre interprétation mystique à te donner.
J’ai dit que cette eau et ce sang étaient le
symbole du baptême et des mystères. Or
c’est de ces deux sacrements qu’est née
l’Église, par ce « bain de la renaissance et
de la rénovation dans l’Esprit saint » par le
baptême, et par les mystères. Or les signes
du baptême et des mystères sont issus du
côté. C’est de son côté par conséquent
que le Christ a formé l’Église, comme il a
formé Ève du côté d’Adam.
18. C’est pourquoi Moïse, en nous
racontant le premier homme, parle de
« l’os de mes os et la chair de ma chair »,
voulant nous signifier le côté du Seigneur.
De même en effet qu’alors Dieu a fait
un prélèvement sur le côté d’Adam pour
former la femme, ainsi le Christ nous a
donné le sang et l’eau de son côté pour
former l’Église. Et de même qu’alors le
prélèvement a été fait dans l’extase du
sommeil d’Adam, ainsi maintenant nous
a-t-il donné le sang et l’eau après sa mort
(Et d’abord l’eau, ensuite le sang). Et la
mort a été ce que fut alors l’extase, pour
que tu apprennes que désormais la mort
n’est plus qu’un sommeil.
19. Vous avez vu comment le Christ s’est
uni à son épouse ? Vous avez vu de quel
aliment il nous nourrit tous ? C’est de ce
même aliment que nous avons été formés
et que nous sommes nourris. Comme la
femme nourrit de son propre sang et de
son lait celui qu’elle a enfanté, ainsi aussi le
Christ nourrit constamment de son propre
sang ceux qu’il a engendrés.
20. Ainsi, bénéficiaires de si grands dons,
montrons un grand zèle et souvenonsnous des traités que nous avons passés
avec lui. Je m’adresse à vous tous, et à ceux
qui viennent d’être initiés et à ceux qui
l’ont été autrefois, il y a bien des années.
Mes paroles valent pour tous, puisque
tous nous avons signé avec le Christ un
traité, non à l’encre mais avec l’esprit,
non à la plume mais de notre parole. Telle
est en effet ce qui sert de plume pour les
conventions avec Dieu et c’est pourquoi
David a dit : « Ma langue est comme la
plume d’un scribe agile. » Nous avons
confessé la souveraineté de Dieu ; nous
avons renié la tyrannie du diable. Voilà la
signature, voilà les conventions, voilà le
contrat.
21. Veillons à ne pas retomber victimes
de l’ancien contrat. Le Christ est venu une
fois ; il a trouvé la signature ancestrale
7
engagée par Adam. Car c’est Adam qui
a commencé à contracter la dette ; nous,
nous en avons augmenté les charges par
toutes les fautes postérieures. Et elle portait
malédiction, péché, mort, condamnation
par la loi. Le Christ a supprimé tout cela
et il nous a pardonné. Et Paul s’écrie « Le
Christ a fait disparaître le contrat de dette
de nos péchés qui était contre nous et il l’a
cloué à la croix. » Il ne dit pas : Il l’a effacé ;
il ne dit pas : Il l’a biffé, mais : « Il l’a cloué
à la croix », pour qu’il n’en restât aucune
trace. C’est pour cela qu’il ne l’a pas effacé
mais déchiqueté. En effet les clous de la
croix l’ont déchiqueté et l’ont détruit pour
lui ôter à l’avenir toute validité.
22. Ce n’est pas dans un coin et en
cachette, mais à la face de l’univers, au
sommet d’une estrade que la dette a été
remise. Que les anges regardent, dit le
Christ, que regardent les archanges, que
regardent toutes les puissances d’en
haut; que regardent aussi 1es démons
pervers et le diable lui-même, ceux qui
nous ont fait débiteurs et victimes des
usuriers : le contrat a été déchiqueté afin
que désormais ils ne nous attaquent plus.
23. Puisque l’ancien acte est déchiré, veillons
à ce qu’un autre compte ne soit pas ouvert,
car il n’y a pas une deuxième croix, il n’y a
pas une deuxième rémission par les eaux
régénératrices. Il y a encore une rémission,
mais non pas une seconde rémission
baptismale. Ne nous laissons pas gagner
par la négligence, je vous en conjure. Tu es
sorti d’Égypte, homme, ne cherche pas à
nouveau l’Égypte et les misères l’Égypte.
Ne pense plus à l’argile et aux briques. Car
les choses de la vie présente sont argile
et brique, puisque l’or même, avant de
devenir or, n’est rien d’autre que terre.
24. Les Juifs ont vu des miracles. Toi aussi
tu en verras et de plus grands, de plus
éclatants que lorsque les Juifs sont sortis
d’Égypte. Tu n’as pas vu le pharaon noyé
avec ses armes, mais tu as vu le diable
englouti avec ses armes. Les Juifs ont passé
la mer, toi, tu as passé la mort. Ils ont été
délivrés des Égyptiens, tu as été affranchi
des démons, toi. Ils ont quitté l’esclavage
d’un barbare, toi celui, beaucoup plus
pénible, du péché.
25. Veux-tu savoir d’une autre manière
que c’est bien toi qui as été honoré des
plus grandes faveurs ? Les Juifs alors n’ont
pas pu regarder le visage glorifié de Moïse,
lui qui n’était qu’un homme au service du
même maître qu’eux. Toi tu as vu le visage
du Christ dans sa gloire. Et Paul s’écrie :
« Nous contemplons à visage découvert
la gloire du Seigneur. » Ils avaient alors
le Christ qui les suivait : à bien plus forte
raison nous suit-il maintenant. Car alors,
le Seigneur les accompagnait par la grâce
de Moïse ; nous, il ne nous accompagne
pas seulement par la grâce de Moïse, mais
encore par votre propre docilité. Pour les
Juifs, ce fut après l’Égypte le désert ; pour
toi c’est, après l’exode, le ciel. Ils avaient,
eux, un guide et un commandant excellent
en la personne de Moïse; nous avons,
nous, un autre Moïse, Dieu lui-même, qui
nous guide et nous commande.
26. Quelle était en effet la marque de
Moïse ? « Moïse, dit l’Écriture, était le plus
doux de tous les hommes sur la terre. »
Or, on peut sans erreur attribuer cette
qualité à notre Moïse, car il est assisté du
très doux Esprit qui lui est intimement
consubstantiel. Moïse alors leva les
mains vers le ciel et fit descendre le pain
des anges, la manne : notre Moïse lève
les mains vers le ciel et nous apporte la
nourriture éternelle. Celui-là frappa la
pierre et fit couler des fleuves d’eau : celuici touche la table, frappe la table spirituelle
et fait jaillir les sources de l’Esprit. C’est
la raison pour laquelle, telle une source, la
table est placée au milieu, afin que de toute
part les troupeaux affluent à la source et
s’abreuvent de ses flots salvifiques.
27. Puisque nous avons une telle source,
une telle fontaine de vie et que la table
regorge de mille biens et nous inonde
de faveurs spirituelles, approchons avec
un cœur sincère et une conscience pure,
afin de recevoir grâce et pitié pour nous
secourir à point nommé. Par la grâce et
la miséricorde du Fils unique de Dieu
notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ,
par qui soit au Père avec l’Esprit Saint
gloire, honneur, puissance, maintenant
et toujours et dans les siècles des siècles.
Amen.
St Jean Chrysostome, Huit catéchèses baptismales,
A. Wenger, trad., Éd. du Cerf (SC 50), 1957.
1. Tous les fruits du baptême énumérés, sauf un,
sont mentionnés dans le Nouveau Testament : libres,
Mt 8, 36 ; saints, Rm 1, 7 ; justes, Rm 2, 13 ; fils,
Rm 8, 14 ; héritiers, Rm 8, 17 ; frères, Mt 12, 50 ;
cohéritiers, Rm 8, 17 ; membres, 1 Co 6, 15 ; temple,
1 Co 3, 16 ; seul le dernier terme instrument de
l’Esprit ne se trouve pas dans l’Écriture selon la lettre,
mais cette notion découle de celle du temple.
2. Allusion au droit d’asile. En 386, une loi
de Théodose avait étendu ce privilège aux statues
impériales. L’homme qui avait cherché asile auprès de
la statue de l’empereur ne pouvait en être arraché avant
dix jours.
3. La plupart des manuscrits de l’Évangile de Jean
disent « le sang et l’eau », ce qui n’enlève pas du
symbolique des deux éléments, attesté par de nombreux
Pères.
Discussion paroissiale sur l’œcuménisme
Le samedi 13 janvier, après les vêpres de la clôture de la fête de la Théophanie, nous nous sommes réunis pour parler du dialogue
œcuménique, faire part éventuellement de nos expériences et nos contributions, en quelque sorte dresser un état des lieux de ce
dialogue. Nous avons ensuite réfléchi à la façon dont notre paroisse pourrait s’impliquer plus dans ce dialogue.
Le père Serge a rappelé que ce dialogue, en 2006, a été particulièrement riche en événements marquants : reprise du travail de la
commission mixte de dialogue théologique entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe, rencontres entre le pape et le patriarche
œcuménique d’abord, puis l’archevêque d’Athènes ensuite. Le père Serge a proposé, en guise d’introduction à notre discussion, un
commentaire de la déclaration commune entre le pape Benoît XVI et le patriarche Bartholomée Ier, dont il a souligné l’intérêt et la
qualité théologique. Il est intéressant de voir que la démarche œcuménique y est, en particulier, définie de façon claire et explicite :
il s’agit de rétablir la pleine communion entre nos deux Églises. Le père Serge est revenu sur l’importance du geste de Paul VI et
du Patriarche Athénagoras, rappelant qu’il s’agissait de la première rencontre entre hiérarques des deux Églises, depuis les conciles
de l’Union. Il est important de souligner la dimension prophétique de ces deux personnalités, que nous devons mieux connaître
pour pouvoir mieux nous en inspirer. Enfin, le père Serge s’est arrêté sur le troisième point développé dans la déclaration, à savoir
le témoignage commun que doivent apporter les chrétiens au monde dans lequel nous vivons. Des initiatives, telles que celle d’aide
aux plus démunis développée par la Communauté de Sant’Egidio, sont des exemples concrets d’un tel témoignage.
8
Après cette introduction, Valérie Régnier, responsable de la Communauté de Sant’Egidio en France, que nous avons eu la
joie d’accueillir parmi nous, a présenté brièvement l’histoire de la Communauté qui, très tôt, a connu une importante ouverture
œcuménique qui se traduit par une volonté de rencontre et de découverte des autres confessions chrétiennes.
Cyrille Sollogoub a expliqué que ses activités au sein de Syndesmos lui ont permis de mesurer l’énorme responsabilité que
portent les orthodoxes d’Europe occidentale face aux orthodoxes du monde entier et plus généralement à tous les chrétiens. C’est
en effet tout particulièrement à eux, qu’il a été donné de vivre l’œcuménisme au quotidien, de rappeler aux autres chrétiens, en
particulier aux orthodoxes vivant dans les pays de tradition orthodoxe, le devoir de suivre le commandement du Christ « Que tous
soient Un ».
Il est apparu clairement à tous que dresser une liste des différends dogmatiques entre les Églises est une démarche dépassée. À
cet égard, on peut considérer que le dialogue au XXe siècle a porté ses fruits et a montré que souvent ces différends sont fondés
sur des préjugés, une mauvaise connaissance et compréhension de la réalité culturelle et historique des différentes Églises. De l’avis
de certains, seule pose encore problème la vision différente que les différentes confessions ont de l’Église et de son organisation. À
ce titre, il faut se réjouir que la Commission mixte de dialogue théologique ait justement décidé de se pencher sur les problèmes de
« conciliarité et autorité dans l’Église ».
En ce qui concerne la question de l’intercommunion, certaines personnes ont exprimé leur réserve quant à la certitude du bien
fondé de la discipline stricte d’interdiction de l’intercommunion pratiquée par les orthodoxes. Ces personnes ont en particulier fait
part des difficultés qu’elles ressentaient quand il s’agissait d’expliquer les raisons de cette interdiction. Néanmoins il est ressorti
l’importance de s’en tenir à la discipline de son Église.
En réponse à l’appel lancé par nos hiérarques « de prendre une part active à la marche vers l’unité par la prière et par des gestes
significatifs », nous avons réfléchi à des initiatives renouvelées et puissantes que notre paroisse pourrait engager dans le dialogue
œcuménique au niveau local. À tous en effet, la dimension communautaire de cet engagement est apparue importante, dans la
mesure où l’impact en serait plus important. Il a été décidé de se limiter pour l’instant à la préparation et célébration communes de
Pâques : échanges bibliques pendant le carême, grande procession le vendredi saint, et proclamation commune de la Résurrection
sur le parvis de la Défense le dimanche de Pâques.
Pâques et carême œcuménique
À événement extraordinaire
Il est proposé aux chrétiens des Hauts-de-Seine, et plus
largement, de proclamer ensemble la Résurrection du Christ et
de marcher ensemble vers la fête de Pâques. Pour cela, le projet
développe trois axes dans un livret à votre disposition à l’église
ou sur le site http://paques200792.free.fr :
• Annonce de la Résurrection du Christ, au matin de Pâques,
le dimanche 8 avril 2007, à 7h30, sur le parvis de la Défense,
autour des responsables des communautés chrétiennes du
département
L’horaire peut paraître fou, mais c’est
un événement extraordinaire avec un projet
ambitieux de réunir les chrétiens pour annoncer
le message du Christ au monde (une première
en Ile-de-France). À nous d’être courageux
et un peu fous pour répondre à cet appel et
proclamer ensemble au monde la Résurrection
du Christ, ce qui est le sens de tout notre office pascal.
• Marche vers la fête de Pâques et rencontre entre chrétiens
Le livret, mis à la disposition des fidèles, permet de cheminer
tout au long du carême avec des textes bibliques et des méditations
ou prières reflétant les différentes traditions. On peut l’utiliser
individuellement, mais l’idée est que les chrétiens se rencontrent
pour cheminer ensemble.
Dans ce cadre, notre paroisse accueillera les chrétiens de
Meudon le jeudi 15 mars à 20h30. Le 22 mars, nous serons
accueillis à la même heure au Temple protestant (14, rue du
Bassin). Le vendredi saint, 6 avril à 15h00 nous nous retrouverons
pour un chemin de croix œcuménique sur l’avenue du château,
à Meudon.
• L’accueil de l’autre
C’est le thème du livret et le reflet de l’attention au prochain
mobilisation extraordinaire
que nous devons avoir. Le livret propose de participer à une
action de l’ACAT en signant des cartes en faveur d’hommes et
de femmes maltraités dans différents pays. Ces cartes peuvent
être téléchargées sur le site et doivent être rapportés à la paroisse.
Toutes les cartes signées seront rassemblées le matin de Pâques.
Il n’est pas interdit de faire signer ces cartes à ceux qui sont
autour de nous.
Les responsables des communautés chrétiennes de Meudon
ont pensé qu’il serait également possible de faire quelque chose
pour des personnes plus proches de nous.
Après avoir réuni les différents responsables
de l’action caritative de nos paroisses, nous
avons décidé de soutenir deux actions. La
première, en lien avec le Secours catholique
et le camp de l’ACER-MJO, de financer des
vacances pour des enfants qui ne peuvent
pas partir. La seconde action consiste à soutenir financièrement
et physiquement, l’initiative de la communauté protestante
qui, quatre fois par an, accueille, dans son centre séquoia, des
personnes dans le besoin pour un repas le dimanche midi. Un tel
repas sera organisé au mois de mai ou juin, auquel nous pourrons
apporter notre aide et notre collaboration.
Pour financer ces projets, je vous propose de faire une
corbeille de carême, à laquelle chacun pourra participer selon ce
qu’il aura à partager avec ses frères. Les enveloppes avec votre
participation peuvent être remises soit aux prêtres ou au trésorier
de la paroisse, soit dans la corbeille spécifique au fond de l’église.
Le carême est un temps de partage, voici qu’il nous est donné
de pouvoir aider concrètement nos frères, sachons répondre à
cet appel.
Bon carême et bonne fête de Pâques à tous.
9
Au sujet de la date de Pâques 2007
Cette année, 2007, tous les chrétiens,
catholiques, orthodoxes et protestants,
fêtent Pâques le même jour, le 8 avril.
On sait que cette occurence se produit en
moyenne tous les 3 à 4 ans, avec parfois
des périodes plus longues sans Pâques
commune (par exemple, il n’y a pas eu de
date commune entre 1990 et 2001).
Nous ne pouvons que nous réjouir de
cette circonstance, qui nous place dans
une des conditions imposées par le saint
et grand concile de Nicée (325) : Que
tous les Chrétiens fêtent Pâques le même
jour !
L’objectif ici, est de rappeler quelques
principes à la base de la détermination de
la date de Pâques et, surtout, de présenter
l’erreur du calcul de la date de Pâques par
les orthodoxes cette année.
Rappels sur la détermination de la
date de Pâques
• La décision du concile de Nicée
Le Concile de Nicée a établi que tous les
Chretiens doivent fêter Pâques le premier
dimanche apres la première pleine lune de
printemps. Il faut bien réaliser l'extrême
sagesse de cette définition : elle s'appuie
sur la Tradition, en recherchant quand a
eu lieu la Résurrection de notre Seigneur,
après la Pâque juive, qui est précisément
le jour de la pleine lune de Printemps, 14
Nisan. Cette définition est indépendante
de tout calendrier et se fonde sur des
éléments de la Création – « Tu as fait la lune
pour marquer les temps, le soleil connaît
l’heure de son coucher. » (Ps 103).
• Mise en application
Les principes étant établis par le Concile,
il fallait les mettre en application. D'un
point de vue "technique", cela revient à
faire le lien entre notre calendrier solaire
"usuel", définissant l'année et les saisons,
et, en particulier, le printemps, et un
calendrier lunaire, pour définir la pleine
lune. Cela a été fait par les astronomes de
l'époque avec leurs connaissances, que l'on
peut résumer de la manière suivante :
- Le calendrier Julien, de Jules César,
dans lequel une année dure 365,25
jours, ce qui explique la présence d’une
année bissextile tous les 4 ans. De plus,
à l’époque du Concile, le Printemps
tombait le 21 mars.
- Le cycle de Méton, astronome grec
du VIe siècle avant JC, qui a observé
que 235 lunaisons correspondent à
10
19 années solaires. Cette observation
constitue une excellente approximation,
mais approximation quand même !
Avec ces deux éléments, il suffit de
déterminer les dates de Pâques pour 19
ans et elles se généraliseront à toutes les
années. C’est ce qui a été fait pour établir
les «pascalies», tables permettant d’établir
la date de Pâques pour n’importe quelle
année. Plus spécifiquement, une répartition
des pleines lunes a été établie sur un cycle
de 19 ans (calendrier lunaire perpétuel
Julien). On peut noter, dès maintenant,
que ce tableau est approximatif.
Le calcul de la date de Pâques consiste
donc «simplement» à savoir quel est le rang
de l’année dans le cycle de Méton, ce qui
revient à chercher le reste de la division
de l’année par 19. En ajoutant 1 à ce reste
(ce nombre dépend de l’origine du cycle),
on obtient le Nombre d’Or que l’on voit
apparaître dans certains almanachs. Ce
nombre sert de donnée d’entrée dans le
calendrier perpétuel julien (approximatif)
évoqué plus haut. A titre d’illustration,
cette année, la pleine lune indiquée par
ce calendrier tombe le 6 avril, soit avec 4
jours de retard.
Les insuffisances des calendriers et
des tables
On sait que la durée de l’année julienne
n’est pas correcte ; elle retarde d’environ
un jour par siècle. Le résultat en est que
le calendrier «dérive» par rapport aux
événements solaires. En particulier, le
printemps « Julien », le 21 mars dans
ce calendrier, tombe le 3 avril dans la
calendrier grégorien. Il est rappelé ici que
le commencement du printemps est un
moment bien précis de la trajectoire de
la terre autour du soleil ! A ce moment
le jour et la nuit sont de durées égales
(équinoxes). Le 3 avril n’est plus du tout
l’équinoxe.
La réforme grégorienne
C’est cette raison essentielle qui a été
l’origine de la réforme grégorienne ; il
a fallu avancer le calendrier de 10 jours,
qui était le décalage à l’époque du Pape
Grégoire (sa reforme date de 1582) ; on
a remis les pendules à l’heure ! Une autre
modification a été faite, en même temps :
elle consiste à corriger le Calendrier
perpétuel julien, introduit plus haut, basé
sur le cycle de Méton, et qui n’est pas,
non plus, rigoureux, car la Lune avance
d’un jour tous les 3 siècles environ, dans
ce calendrier. La réforme grégorienne a
proposé une adaptation, assez complexe il
faut le reconnaître, car elle voulait rester
dans un cadre comparable à celui de la
Pascalie julienne. Le Comput de l’Église
catholique est presque correct ; pour les
25 premières années du 21e siècle, il ne se
trompe qu’une seule fois.
L’erreur de l’année 2007
Maintenant, venons en à la situation de
cette année 2007. La pleine lune tombe
le 2 avril, c’est-à-dire après le 21 mars,
c’est donc la pleine lune Pascale pour les
catholiques, et Pâques est le dimanche
suivant, le 8 avril. Pour l’Église orthodoxe,
la pleine lune tombe aussi le 2 avril, donc
avant le 3 avril, date du printemps julien
dans le calendrier grégorien. Ce n’est
donc pas la pleine lune pascale julienne !
Il faudrait attendre la pleine lune suivante,
soit le 2 mai et le dimanche suivant, soit le
6 mai, aurait dû être celui de Pâques.
Or Pâques cette année tombe pour les
orthodoxes le 8 avril. Cela résulte tout
simplement de l’erreur du calendrier
lunaire perpétuel julien qui, comme
indiqué plus haut, dérive par rapport à
la réalité d’environ un jour tous les trois
siècles. Ces tables donnent cette pleine
lune le 6 avril au lieu du 2 avril réel.
Il faut se réjouir que malgré toutes ces
erreurs, nous ayons une date de Pâques
commune et correcte. Le Seigneur est
miséricordieux.
Il est temps de réformer le comput
orthodoxes
En conclusion, cet épisode illustre que
la manière de déterminer la date de Pâques
n’est pas satisfaisante dans le comput
de l’Église orthodoxe et qui n’est plus
conforme à la décision du concile. Il est
temps d’abandonner les tables inexactes
et suivre les indications des astres et de
ceux qui les observent, pour qu’ainsi nous
fêtions, tous les Chrétiens ensemble, la
sainte et grande fête de la Résurrection du
Christ selon les prescriptions du Concile
de Nicée.
Remarque : concordance avec la
Pâque juive
Il est très souvent évoqué, que la
différence entre les pascalies occidentale
et orientale, provient de ce que les
occidentaux ont négligé le fait que Pâques
doive se situer après la Pâque juive, afin
de respecter la chronologie évangélique.
Il s’agit là d’un malentendu. En effet,
en premier lieu, la définition de Nicée,
évoquant la pleine lune de printemps,
avait à l’esprit tout naturellement la Pâque
juive, qui tombe précisément ce jour là !
La définition de Nicée implique donc
automatiquement que Pâques se fête
après la Pâque juive. La réforme du pape
Grégoire n’a bien entendu pas modifié
cette règle.
D’autre part, certains conciles locaux
postérieurs à Nicée (par exemple le
Concile d’Antioche en 330, ainsi que
le septième Canon Apostolique), ont
exhorté les fidèles à ne pas fêter Pâques
“avec les Juifs”. Ceci est souvent invoqué
pour “justifier” le comput orthodoxe. Il
s’agissait alors de contrer certaines Églises
qui conservaient le comput juif et non celui
de Nicée. De plus, ces conciles et canons
n’ont pas proposé de nouvelle définition,
ni apporté de clarifications sur Nicée ; en
effet, la définition de Nicée est claire et
autoportante. Il suffit de l’appliquer !
P. Sollogoub, 15 Mars 2007
À venir...
Rencontre de carême «Pâques 2007» le jeudi 22 mars à 20 heures 30
Thème : voir article p.9
Lieu : Temple protestant, 14 rue du Bassin, 92190 Meudon
Réunion de l’atelier «L’Écriture Sainte dans le cycle liturgique» le vendredi 23 mars à 20 heures
Thème : Pâques
Lieu : Paroisse St-Séraphin-de-Sarov, 91 rue Lecourbe, Paris 15e (autres renseignements sur le site internet : www.saint-seraphin.net )
Chemin de croix œcuménique le vendredi 6 avril à 15 heures
Lieu : Avenue du Château, 92190 Meudon
Réunion de l’atelier «Approche de la Philocalie» le vendredi 20 avril à 20 heures
Thème : Père Aimilianos de Simonos Petra
Lieu : Paroisse Saint-Séraphin-de-Sarov (voir adresse ci-dessus)
Réunion de l’atelier «L’Écriture Sainte dans le cycle liturgique» le vendredi 27 avril à 20 heures
Thème : L’Ascension
Lieu : Paroisse St-Séraphin-de-Sarov (voir adresse ci-dessus)
Réunion de l’atelier «Introduction à la vie spirituelle selon les Pères de l’Église» le vendredi 4 mai à 20
heures
Thème : Le développement : la prière du coeur
Lieu : Paroisse St-Séraphin-de-Sarov (voir adresse ci-dessus)
Réunion de l’atelier «Approche de la Philocalie» le vendredi 11 mai à 20 heures
Thème : Père Ephrem de Katounakia
Lieu : Paroisse Saint-Séraphin-de-Sarov (voir adresse ci-dessus)
Rencontre Foi et Parole du jeudi 17 à partir de 16 h 30 au dimanche 20 mai à 15 h
Organisée par la Fraternité orthodoxe en Europe occidentale et sous l’égide de l’AEOF
Programme, renseignements et tarifs : Plaquette à técharger sur le site du SOP, http://www.orthodoxpress.com/
Lieu : Paray-le-Monial
Inscriptions : Marie Khananié, 4 place Nationale, 75013 Paris
Contact : Archiprêtre Serge et Anne Sollogoub tél. 09 51 70 97 33 - [email protected]
À propos de notre paroisse
Petit mémo pour la préparation des fêtes de Pâques
À partir du samedi 24 mars : la liste pour les agapes sera
disponible à l’église. N’oubliez pas d’y inscrire ce que
vous prévoyez d’apporter!
Samedi 24 mars : Cueillette du buis pour les rameaux
au monastère Saint-Grégoire-et-Saint-Martin, rue SaintGrégoire, 45300 Bondaroy (près de Pithiviers). Rendez-vous au monastère vers15 heures (attention du sud
de Paris, il faut bien compter une heure pour y aller).
Contact : Catherine Hammou - 01 69 04 13 34.
Samedi 31 mars, après la liturgie : nettoyage et rangement de l’église, décoration des rameaux, préparation
des branches de rameaux à distribuer.
Samedi 31 mars à 16 heures : catéchèse pour les enfants et répétition de chants pour les adultes. Une partie
de la répétition sera consacrée à faire chanter les tropaires aux enfants.
Dimanche 1er avril, après la liturgie : nettoyage du «jardin» qui entoure l’église. On pourra peut-être ainsi y faire nos processions ! Apporter pelles, pioches, rateaux,
etc...
Jeudi 5 avril : achat des fleurs nécessaires à la décoration de l’epitaphion, puis de l’église pour Pâques.
Contact : Élisabeth Toutounov - 01 69 49 15 39.
Vendredi 6 avril au matin : Décoration de l’epitaphion.
Samedi 7 avril, après la liturgie : décoration de l’église
pour Pâques et préparation de la salle pour les agapes.
11
Communiqué N° 01-07 du Conseil
de l’Archevêché
Réunion du 31 janvier 2007
Le Conseil de l’Archevêché s’est réuni, le
31 janvier 2007, sous la présidence de S. Ém.
l’Archevêque Gabriel. Parmi les questions
abordées :
Préparation de l’Assemblée Générale
ordinaire (AGO) de l’Archevêché
Le Conseil de l’Archevêché a examiné et adopté
le projet de programme de l’AGO, convoquée le
lundi 30 avril 2007, l’après-midi (à partir de 14 h
30), et le mardi 1er mai (toute la journée)..
Relations avec l’Église russe-hors
frontières
Mgr Gabriel a reçu, à Paris, le 23 janvier, le
Révérend Archiprêtre Victor Potapov, recteur
de la paroisse Saint-Jean-le-Précurseur à
Washington et membre de la commission de
dialogue de l’Église russe-hors frontières avec le
Patriarcat de Moscou, et ce à la demande de ce
dernier. Le père Victor Potapov a exposé l’état
d’avancement de l’acte de rétablissement de la
communion entre l’Église russe hors-frontières
et le patriarcat de Moscou et les perspectives
que cet acte devrait impliquer pour les relations
de l’Église russe hors-frontières avec le plérome
de l’Orthodoxie universelle.
Vicariat de Grande-Bretagne et
d’Irlande
Une rencontre entre une délégation du
Patriarcat de Constantinople et une délégation
du Patriarcat de Moscou a eu lieu, le 23 janvier,
à Chambésy (Suisse). Parmi les dossiers abordés
figurait la situation créée après la décision
patriarcale et synodale du Trône œcuménique,
le 8 juin 2006, de recevoir S. Exc. l’évêque
Basile dans sa juridiction à la suite de son appel
au Patriarche Œcuménique, conformément aux
canons du Concile de Chalcédoine (9e et 17e)
(cf. communiqué 12-06). Des pistes en vue d’un
règlement de la question ont été explorées par
les deux délégations et doivent encore recevoir
l’approbation des synodes des deux Églises
respectives.
Clergé
Le Hiéromoine Boris (Chapchal), clerc du
diocèse du Patriarcat de Moscou aux PaysBas, a été reçu, à sa demande, dans le clergé
de l’Archevêché, après avoir obtenu une lettre
de congé canonique de sa précédente autorité
hiérarchique. Par décret de S. Ém. l’Archevêque
Gabriel il est nommé comme prêtre auprès de
la communauté du saint prophète Élie, à SintHuber (Pays-Bas).
Enquête sur la composition et la vie
des paroisses
A ce jour (31 janvier, date limite pour le retour
du questionnaire d’enquête), seulement vingtsix formulaires complétés sont parvenus à
l’Administration Diocésaine (sur quatre-vingt
envoyés), dont plus de la moitié provenant des
paroisses du Nord de l’Europe.
Institut Saint-Serge
Une refonte des modalités de fonctionnement
institutionnel de l’Institut Saint-Serge a été
engagée sous la responsabilité du Révérend Père
Archimandrite Job, doyen de l’Institut SaintSerge, et dans une vaste concertation avec les
membres du corps professoral et les membres
du Conseil d’Administration de l’Institut. Les
nouvelles structures devraient être mises en
place prochainement.
Comptes 2006 et budget 2007
M. Ivan Cheret, trésorier de l’Archevêché, a
présenté l’exercice budgétaire pour l’année
écoulée et les prévisions pour l’année 2007.
L’exercice 2006 a dégagé un résultat positif.
Grâce à un plan de gestion plus rigoureux et
aux relances faites dans les paroisses pour un
versement de leurs cotisations statutaires, on
note une augmentation de 20 % des recettes par
rapport aux années passées.
Travaux de la commission juridique
et canonique
Les réunions de la commission se poursuivent
à un rythme régulier. Il s’agit de réactualiser
le « statut type » des paroisses (associations
cultuelles, selon la législation française) qui
a été élaboré, en 1999, par la précédente
Administration Diocésaine, et qui sur certains
points s’avère non conforme à la législation en
vigueur (loi de 1905) au risque de faire perdre
aux paroisses le statut d’association cultuelle
et les avantages qui sont reconnus à ce type
d’associations par l’Administration française.
Dans l’état actuel des travaux de la commission,
il n’est pas prévu de modifier la formule liant,
conformément à l’ecclésiologie orthodoxe,
la paroisse et le diocèse, telle qu’elle est déjà
inscrite dans la version précédente des statutstype, rédigés en 1999.
Carnet de la paroisse
21 janvier 2007
23 janvier 2007
3 février 2007
4 février 2007
17 février 2007
21 mars 2007
15 avril 2007
28 avril 2007
29 avril 2007
Naissance de Maxime Sollogoub
Naissance de Patrick Victoroff
Naissance d‛Olga Khartchenko
Baptême de Marc Victoroff
Naissance de Maxime Gnana
Baptême de Maxime Sollogoub
Office pour les défunts à la mémoire de Catherine Sollogoub
Baptême d‛Olga Khartchenko
Baptême de Patrick Victoroff
Mariage de Clémentine Lacaille et Serge Rehbinder
Si vous souhaitez voir paraître une annonce dans le carnet de la paroisse, n‛hésitez pas à contacter
Élisabeth Toutounov – 13 rue Guy Gotthelf, 91330 Yerres – 01-69-49-15-39 – [email protected]
Avez-vous pensé à régler votre cotisation ?
La paroisse est habilitée à recevoir des dons. Vous avez la possibilité de bénéficier d’une réduction d’impôts égale
à 65% des dons versés dans la limite de 10% de votre revenu imposable.
Les dons et les cotisations versés au trésorier de la paroisse sont à régler à l’ordre de “Association Saint-Jean”, soit
par chèque bancaire, soit par versement au crédit du compte bancaire Association Saint-Jean, Société Générale
Défense Leclerc Banque 30003 – agence 03832 – n° de compte 00037265531 clé 68.
12
Des nouvelles de
l’Assemblée des Évêques
Orthodoxes de France…
Communiqué du 26 janvier 2007
A l’occasion de la journée d’hommage
national à l’Abbé Pierre, l’Assemblée des
Évêques Orthodoxes de France (AEOF)
en exprimant ses condoléances, s’associe au
deuil de l’Église catholique de France et de la
société française pour le décès du très regretté
l’Abbé Pierre. La France toute entière mesure
aujourd’hui l’affection et l’estime qu’elle portait
pour cette grande figure nationale qui a marqué
le 20e siècle français. Certains disaient de lui
qu’il avait « un pied dans l’Église et un pied en
dehors ». Il était en effet capable, tout en étant
dans une filiation ecclésiale totale, d’interpeller
la plus haute hiérarchie de l’Église sur des sujets
qui heurtaient sa conscience ecclésiale. En
vérité, il avait placé devant lui-même l’échelle
chrétienne du « sacrement du frère » qui lui
dictait le don total de soi même pour le service
des autres à l’image du Christ. Au-delà de tout,
l’Abbé Pierre a été et restera dans le souvenir
des français, une grande conscience pour le
bien et le témoin engagé d’une diaconie, d’un
service, au profit de l’autre, quel qu’il soit et
quelle que soit sa condition. Que sa mémoire
soit éternelle !
Communiqué du 1er février 2007
Sa Sainteté le patriarche œcuménique de
Constantinople, Bartholomée Ier, premier
parmi ses égaux dans l’épiscopat de l’Église
orthodoxe, arrive aujourd’hui en France, invité
par le président de la République française,
monsieur Jacques Chirac, pour participer à la
Conférence de Paris pour une gouvernance
écologique mondiale « Citoyens de la Terre »
qui se tiendra les 2 et 3 février 2007.
Sa Sainteté, dont l’engagement en faveur
de la protection de l’environnement est
mondialement connu, prononcera un discours
à l’adresse de la Conférence de Paris mettant en
relief les fondements notamment théologiques
qui président à la nécessité d’une réflexion
et d’une action, sur le plan international, en
faveur de la protection de l’environnement. Il
présentera également les initiatives prises par le
Patriarcat Œcuménique depuis plus de dix ans
dans ce domaine.
Au cours de son séjour en France, le patriarche
Bartholomée sera reçu aujourd’hui dans l’après
midi par monsieur le président de l’Assemblée
Nationale, monsieur Jean Louis Debré. Il sera
accueilli par la suite à la cathédrale grecque Saint
Étienne (7 rue Georges Bizet, 75116 Paris), siège
de l’Assemblée des Évêques Orthodoxes de
France, par le métropolite Emmanuel, titulaire
du diocèse grec du Patriarcat Œcuménique en
France, en présence des évêques membres de
l’Assemblée, où une Doxologie (Te Deum)
sera chantée à 18h30 suivie d’une réception.
Le lendemain, 2 février, Sa Sainteté prendra
part aux travaux de la Conférence de Paris
et assistera à 17h45 à un office de vêpres à
la cathédrale Notre Dame de Paris où il sera
accueilli par Son Excellence, l’archevêque de
Paris, Monseigneur André Vingt-Trois.
Communiqué du 3 février 2007
Le site de la présidence de la République a
mis en ligne un compte-rendu de la rencontre
de Sa Sainteté le patriarche œcuménique
de Constantinople, Bartholomée Ier, avec
le président de la République. Nous le
reproduisons ci-après in extenso.
« Compte-rendu de l’entretien de M.
Jacques Chirac, Président de la République,
avec Sa Sainteté Bartholomée Ier, Patriarche
œcuménique de Constantinople.
Palais de l’Élysée - Paris le 2 février 2007
Le Président de la République s’est entretenu
avec Sa Sainteté Bartholomée Ier, Patriarche
œcuménique de Constantinople.
Le Président de la République a vivement
remercié le Patriarche œcuménique pour sa
contribution à la Conférence «Citoyens de
la Terre» et a souligné combien son action
personnelle en faveur de l’environnement est
utile et appréciée.
Le Président de la République a également
souligné l’importance qui s’attache à développer
le dialogue des cultures et des religions et a été
sensible aux propos du Patriarche œcuménique
à cet égard.
Enfin, évoquant avec le Patriarche
œcuménique la situation des chrétiens de
Turquie, le Président de la République a
réaffirmé l’attachement de la France à la
liberté religieuse et au respect des droits des
minorités. »
Calendrier liturgique
Mercredi 21 mars
19h00
20h30
Vendredi 23 mars
19h00
Samedi 24 mars
Dimanche 25 mars
Vêpres et Liturgie des Présanctifiés
Office pour les défunts à la mémoire de Catherine Sollogoub
Complies
Acathiste à la Mère de Dieu
18h00
Vigiles
10h00
Proscomidie et Liturgie de st Basile
Annonciation - 5e Dimanche du carême : mémoire de sainte Marie l’Égyptienne
18h30
Vêpres
Mercredi 28 mars
19h00
Vêpres et Liturgie des Présanctifiés
Vendredi 30 mars
Samedi 31 mars
19h00
9h00
Samedi 31 mars
Dimanche 1er avril
ton 8
Vigiles
Proscomidie et Liturgie de st Jean Chrysostome
Résurrection de Lazare
18h00
Vigiles
10h00
Proscomidie et Liturgie de st Jean Chrysostome
Dimanche des Rameaux : entrée de notre Seigneur à Jérusalem
Répartition des services
25 mars
31 mars
1er avril
Prosphores
café et fleurs
vin, eau et huile
nettoyage
Catherine Hammou
Magdalena Gérin
Hélène Lacaille
Marie Prevot
Marie-Josèphe de Bièvre
Catherine Hammou
Jean-François Decaux
Élisabeth Toutounov
Tatiana Sollogoub
Élisabeth Toutounov
Jean-François Decaux
13
Calendrier liturgique
Sainte et grande semaine
Dimanche 1er avril
19h00
Matines
Office du Fiancé
Lundi 2 avril
19h00
Matines
Office du Fiancé
Mardi 3 avril
19h00
Matines
Office du Fiancé
Mercredi 4 avril
19h00
Matines
Jeudi 5 avril
9h00
Vendredi 6 avril
Vêpres et Liturgie de saint Basile
Sainte Cène
19h00
Matines
Les 12 évangiles
12h30
Vêpres
Vénération de l’épitaphion
19h00
Matines
Office de l’Ensevelissement
Samedi 7 avril
9h00
Samedi 7 avril
22h00
Vêpres et Liturgie de saint Basile
Nocturnes. Procession pascale
Matines pascales
Dimanche 8 avril
00h00
Liturgie de Pâques
Saint grand et lumineux dimanche de Pâques - Résurrection du Christ
Samedi 14 avril
Dimanche 15 avril
Samedi 21 avril
Dimanche 22 avril
18h00
10h00
Vigiles
Proscomidie et Liturgie
Dimanche de Thomas
18h00
Vigiles
10h00
Proscomidie et Liturgie
Dimanche des Myrophores et du Juste Joseph d’Arimathie
ton 2
Samedi 28 avril
Dimanche 29 avril
18h00
9h30
Vigiles
Proscomidie et Liturgie
Dimanche du Paralytique
ton 3
Samedi 5 mai
Dimanche 6 mai
18h00
10h00
Vigiles
Proscomidie et Liturgie
Dimanche de la Samaritaine
ton 4
Lundi 7 mai
Mardi 8 mai
19h00
Vigiles
10h00
Proscomidie et Liturgie
Saint Jean l’évangéliste. Fête de la paroisse
Samedi 12 mai
Dimanche 13 mai
18h00
10h00
Vigiles
Proscomidie et Liturgie
Dimanche de l’aveugle-né
Mercredi 16 mai
Jeudi 17 mai
19h00
10h00
Vigiles
Proscomidie et Liturgie
Ascension
ton 5
Répartition des services
Prosphores
café et fleurs
vin, eau et huile
Anne von Rosenschild
Danielle Chveder
Anne von Rosenschild
Sophie Tobias
Agapes
Catherine Hammou
Tatiana Sollogoub
Jean-François Decaux
15 avril
Élisabeth Sollogoub
Sophie Khartchenko
Élisabeth Toutounov
22 avril
Magdalena Gérin
Anne Sollogoub
Tatiana Sollogoub
29 avril
Catherine Hammou
Agapes
Anne von Rosenschild
6 mai
Anne Sollogoub
Denise Trosset
Catherine Hammou
8 mai
Hélène Lacaille
Agapes
Jean-François Decaux
Anne von Rosenschild
Élisabeth Toutounov
13 mai
Sophie Tobias
Jean-François Decaux
Tatiana Sollogoub
17 mai
Tatiana Sollogoub
Catherine Hammou
Anne von Rosenschild
20 mai
Magdalena Gérin
Élisabeth Toutounov
Catherine Hammou
Les prises de position dans les articles publiés ne reflètent que l’opinion personnelle de leurs auteurs.
Directeur de la publication : Archiprêtre Serge Sollogoub
Équipe de rédaction : Clémentine Lacaille, Anne Sollogoub, Élisabeth Toutounov
Ont également participé à ce numéro : Cyrille et Pierre Sollogoub - Expédition : Anne Sollogoub
Si vous souhaitez rejoindre l’équipe de rédaction ou contribuer à un prochain numéro, adressez vos demandes à
Élisabeth Toutounov – 13 rue Guy Gotthelf, 91330 Yerres – 01-69-49-15-39 – [email protected]
L’ensemble des textes publiés peuvent être reproduits avec l’indication de la source : Feuillets Saint-Jean
nettoyage
5 avril
8 avril
William Agbodjan
Marie Prevot
Élisabeth Toutounov
Jean-François Decaux
William Agbodjan
Marie Prevot
Élisabeth Toutounov
Jean-François Decaux