mars 2007 - Archevêché des églises russes en Europe occidentale
Transcription
mars 2007 - Archevêché des églises russes en Europe occidentale
bulletin de la paroisse orthodoxe Saint-Jean-le-Théologien FEUILLETS SAINT-JEAN N°22 mars 2007 Message de carême de Son Éminence l’Archevêque Gabriel de Comane au clergé et aux fidèles de l’Exarchat Patriarcal des Paroisses Orthodoxes de Tradition Russe en Europe Occidentale La croissance de l’Église Quand on réfléchit à la croissance de l’Église, viennent tout de suite à l’esprit les paroles de l’Évangile concernant le Christ : « L’enfant croissait et se fortifiait : il était plein de sagesse et la grâce de Dieu était sur lui. » (Lc 2, 40) Il est difficile de dissocier la croissance de l’Église sur le plan physique et sur le plan spirituel. Le jeu de mot, l’Église croît si elle croit, paraît inévitable. Tout d’abord, je voudrais préciser que je parlerai indifféremment de l’Église, de la communauté paroissiale ou de la communauté eucharistique. Ces trois termes définissent la même réalité, qui manifeste le Corps du Christ et la plénitude de l’Église. Sur le plan physique, la croissance se manifeste de deux façons. L’accroissement naturel, qui n’est pas qu’une donnée biologique, mais relève également du domaine de la foi. Dans la société actuelle, les familles nombreuses participent à la folie du mystère de la foi. Le deuxième moyen d’accroître le nombre de fidèles est d’en attirer à la foi. Cet attrait ne s’effectue pas par le prosélytisme ou la mission, mais par le témoignage de la vie de la communauté, d’où l’importance pour celle-ci d’approfondir sa foi, de croître dans la vérité pour témoigner toujours mieux de la vérité et de l’amour du Christ. Pour que l’Église puisse attirer à elle de nouveaux fidèles, elle doit vivre le plus authentiquement sa vocation qui est de manifester le Corps du Christ et le Royaume de Dieu. La communauté eucharistique, quand elle se rassemble pour la célébration des saints Mystères, est déjà la manifestation du Royaume de Dieu. Cette réalisation est garantie par la miséricorde de Dieu, indépendamment de l’état spirituel de la communauté, mais le témoignage de celle-ci vis-à-vis du monde et son attrait dépendra de l’intensité avec laquelle cette réalité est vécue. Quelqu’un qui entre pendant la célébration ressent-il, comme les envoyés de Vladimir de Kiev pénétrant à Sainte-Sophie, l’impression d’être au ciel ? Vivons-nous suffisamment authentiquement les célébrations pour que le visiteur soit transporté et attiré par la communauté ? L’Église doit constamment approfondir sa foi, croître en sagesse pour vivre toujours plus consciemment la Liturgie. La communauté eucharistique doit ou devrait porter ses efforts sur l’accroissement de l’Amour qui règne en son sein. « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que tous vous reconnaîtrons pour mes disciples » (Jn 13, 35). L’Église est le lieu de l’action du Saint Esprit et donc le lieu où l’Amour du Christ agit, et la communauté doit le refléter. C’est peut-être dans ce domaine que la croissance de l’Église est la plus difficile. C’est la quête de la vie de chaque chrétien, ce qui rend cette quête d’autant plus difficile au niveau de toute la communauté. Mais, de là, découle un autre signe de croissance de l’Église, l’existence d’instances caritatives qui incluent le pauvre dans la communauté, signe d’un débordement d’amour, donc d’un approfondissement de la foi et de la vie en Christ, et en même temps, accroissement physique car le pauvre est inclus dans la communauté grâce à l’amour qu’on lui porte. Archiprêtre Serge Chers frères dans le sacerdoce, Frères et sœurs en Christ, Pendant les semaines qui viennent, nous nous adonnerons au jeûne et à la prière, car le Grand et Saint Carême est l’occasion de nous purifier, corps et âme. Cette purification demeure toujours nécessaire, bien que nous ayons déposé le vieil homme (col 3, 9) et revêtu le Christ lors de notre baptême (Gal 3, 27), les passions ont repoussé dans notre cœur, étouffant toutes les bonnes semences qui y avaient été plantées par le jardinier céleste (Lc 8, 14), bien que nous soyons devenus enfants de la chair (Jn 1, 12-13). Il est donc indispensable de nous purifier, car comme nous enseigne le Seigneur, ce sont les cœurs purs qui verront Dieu (Mt 5, 8). Par cette lettre, frères et sœurs, j’attire votre attention sur les membres les plus âgés de nos paroisses. Je ne pense pas seulement aux prêtres et aux diacres, mais aussi à tous les fidèles qui se sont donnés entièrement à leur paroisse, mais que l’on a perdus de vue. Atteints par l’age et la maladie, ils ne peuvent plus se rendre à l’église. Les prêtres leur apportent régulièrement la Sainte Communion, l’on prie pour eux à l’église mais beaucoup d’entre eux se sentent quand même seuls. L’Écriture nous dit qu’atteindre un grand âge est un signe de la bienveillance bénie de Dieu. Une vie longue est un don particulier de Dieu. Dans l’Orthodoxie, la vieillesse et la maturité spirituelle qui l’accompagne, est toujours fort respectée. Ce n’est pas pour rien que les pères spirituels sont appelés « startsi ». Je voudrais donc vous demander d’approfondir cette notion du rôle des personnes âgées dans les paroisses et ainsi de nous rendre plus disposés à accueillir avec amour les vieillards parmi nous. Accueillir avec amour veut dire agir activement. Nous devons visiter ceux qui ne peuvent plus venir à l’église et les informer de la vie de la paroisse dans laquelle ils étaient actifs dans la force de leur âge. Nous ne pouvons pas les abandonner dans une solitude qui peut les mener à l’aigreur et au désespoir. Notre attention et nos soins pour eux sont la preuve tangible que Dieu ne les a pas abandonnés. Les soins et l’amour aux personnes âgées sont des signes si clairs de l’amour de Dieu. C’est en tant que votre archevêque que je veux exprimer mon appréciation et ma gratitude aux personnes qui travaillent dans la gériatrie. Plus que jamais nos frères et sœurs qui séjournent dans les maisons de retraite ont besoin de notre présence, car chaque fidèle est un membre de l’Église, un don précieux à l’Église et dans chaque phase de sa vie, chaque personne, quelle que soit la situation dans laquelle elle se trouve, doit être aimée. Nous devons donc dénoncer courageusement la culture de mort qui nous entoure et étouffe cette vie, depuis le sein maternel jusqu’à la tombe, 14, rue du père Brottier 92190 Meudon adresse postale : Archiprêtre Serge Sollogoub - 4, avenue Robert Schuman 92360 Meudon-la-Forêt - 09 51 70 97 33 - [email protected] cette vie, qui est un don de Dieu, qui doit être protégée par tous les moyens. Car, hélas, c’est un fait que dans nombre de pays de l’Europe occidentale, notamment aux Pays-Bas et en Belgique, l’euthanasie a été légalisée. Mais, ce n’est pas parce qu’une majorité parlementaire l’a acceptée, que l’euthanasie est moralement acceptable. En tout premier lieu nous devons vivre selon les commandements de Dieu. « Personne ne vit et ne meurt pour soi, nous vivons et mourons pour Dieu notre Seigneur, c’est à Lui que nous appartenons », dit l’Apôtre. Chacun de nous est la propriété personnelle de Dieu. Il a une relation avec chacun de nous, Il nous connaît, Il a écrit notre nom sur la paume de sa main, Il nous a appelés du néant à l’existence et c’est sa volonté que nous vivions et soyons sauvés. Dans ce but, Il a envoyé son Fils unique. Nous devons obéir à ses commandements, c’est-à-dire à tout ce qu’il a enseigné, afin qu’Il puisse nous sauver. Toute l’œuvre du salut est admirablement exprimée dans l’anaphore de la liturgie de saint Basile qui est célébrée chaque dimanche du Grand Carême. Je vous invite tous à prendre en main et à lire ce texte magnifique. Tous nos besoins et nos désirs, nos questions et même nos faiblesses sont exprimés dans cette prière, mais aussi la réponse pleine d’amour de Dieu à nos questions vitales. Sa façon d’agir avec nous pour notre salut y est exprimée en rendant grâce. Au début de ce Carême, je vous exhorte donc, chers frères et sœurs, à l’amour du prochain, en particulier à l’amour des plus faibles, nos frères et sœurs âgés, car c’est le Seigneur qui a dit « Ce que vous faites à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40). Le Carême dans nos vies père Alexandre Schmemann PARTICIPATION AUX OFFICES DE CARÊME [...]Personne ne peut assister à tous les offices de Carême, mais chacun peut assister à quelques-uns. Il n’y a absolument aucune excuse pour que le Carême ne soit pas surtout le temps où l’on assiste et participe davantage à la liturgie de l’Église. Là encore, conditions personnelles, possibilités individuelles et impossibilités peuvent varier et amener à des décisions diverses ; mais il doit y avoir décision, il doit y avoir effort et effort persévérant. Du point de vue liturgique, nous pouvons suggérer un «minimum» d’effort à faire, non pas pour en tirer le sentiment spirituellement auto-destructeur d’avoir rempli une obligation, mais pour recevoir au moins l’essentiel de l’esprit de la liturgie de Carême. En premier lieu, un effort sérieux doit 2 être fait sur la plan paroissial pour une célébration convenable des vêpres du Dimanche du Pardon. Il est vraiment tragique que dans tant d’églises,cet office ne soit pas célébré du tout ou, s’il l’est, qu’on ne lui donne pas assez de soin et d’attention. Il faudrait que cela devienne dans la paroisse «la grande affaire» de l’année et, comme telle, qu’e. Cette préparation consiste à exercer le chœur, à expliquer l’office par des sermons ou des bulletins paroissiaux et à en prévoir l’heure de manière à faciliter l’assistance du plus grand nombre possible de paroissiens, bref : en faire un véritable événement spirituel. Car, encore une fois, rien mieux que cet Office ne révèle le sens du Carême comme le «temps fort» du repentir et de la réconciliation, et comme le départ ensemble pour un voyage en commun. La priorité doit être donnée ensuite à la première semaine de Carême. On devrait faire un effort particulier pour assister, au moins une fois ou deux, au grand Canon de saint André. Comme nous l’avons vu, la fonction liturgique de ces premiers jours est de nous mettre dans l’ambiance spirituelle du Carême que nous avons qualifiée de «radieuse tristesse». Puis, il faut absolument consacrer, au moins une fois durant tout le Carême, une soirée à la Liturgie des Présanctifiés et à l’expérience spirituelle qu’elle apporte : celle du jeûne total, celle de la transformation d’un jour au moins en une réelle attente du Jugement et de la Joie. Il est inacceptable d’invoquer les conditions de vie, le manque de temps etc..., car si nous accomplissons seulement ce qui «cadre» bien avec nos conditions de vie, la notion même de l’effort du Carême n’a plus aucun sens. Ce n’est pas au vingtième siècle seulement, mais bien depuis Adam et Ève que «ce monde» est toujours un obstacle à l’accomplissement des exigences de Dieu. Il n’y a donc rien de spécial ou de nouveau dans notre «mode de vie» moderne. Finalement, tout dépend, encore une fois, du fait que nous prenions ou non la religion au sérieux ; et si nous le faisons, huit ou dix soirées de plus par an passées à l’église, ne sont vraiment qu’un effort minime. Alors que, privés de cette soirée, nous nous privons nous-mêmes non seulement de la beauté et de la profondeur des offices de Carême, non seulement d’un apport spirituel et d’une aide nécessaire, mais aussi, comme nous l’expliquerons dans le prochain paragraphe, de ce qui rend le jeûne efficace et lui donne un sens. LA PRIÈRE ET LE JEÛNE Il n’y a pas de Carême sans jeûne. Cependant, il semble qu’aujourd’hui, beaucoup ne prennent pas le jeûne au sérieux, ou bien, s’ils le font, c’est en méconnaissant son vrai but spirituel. Pour quelques-uns, le jeûne consiste à renoncer symboliquement à quelque chose ; pour d’autres, c’est l’observance scrupuleuse de règles alimentaires. Mais, dans les deux cas, le jeûne est rarement mis en référence avec l’effort de Carême en sa totalité. Ici comme ailleurs, pourtant, nous devons d’abord essayer de comprendre l’enseignement de l’Église quant au jeûne, puis nous demander : Comment appliquer cet enseignement à notre vie ? Le jeûne ou l’absence de nourriture n’est pas une pratique exclusivement chrétienne. Elle a existé et existe encore dans d’autres religions et même en dehors de la religion, comme par exemple dans certaines thérapeutiques particulières. De nos jours, on jeûne pour toutes sortes de raisons, y compris pour des motifs politiques. Il est donc important de discerner le contenu spécifiquement chrétien du jeûne. Il nous est tout d’abord révélé dans l’interdépendance de deux événements que nous trouvons dans la Bible : l’un au commencement de l’Ancien Testament, l’autre au début du Nouveau. Le premier événement est la «rupture du jeûne» par Adam, au Paradis. Il mangea du fruit défendu. C’est ainsi que le péché originel de l’homme nous est révélé. Le Christ, nouvel Adam - et ceci est le deuxième événement - commence par jeûner. Adam fut tenté et succomba à la tentation ; le Christ fut tenté et vainquit cette tentation. La conséquence de la défaillance d’Adam a été l’expulsion du Paradis et la mort. Le fruit de la victoire du Christ a été la destruction de la mort et notre retour au Paradis. Le manque de place nous empêche de donner ici une explication détaillée sur le sens de ce parallélisme ; mais il est clair cependant que, dans cette perspective, le jeûne nous apparaît comme quelque chose de décisif et d’une importance extrême. Ce n’est pas une simple «obligation», une coutume ; il est lié au mystère même de la vie et de la mort, du salut et de la damnation. L’Orthodoxie enseigne que le péché n’est pas seulement la transgression d’une règle qui entraîne le châtiment ; il est toujours une mutilation de la vie que Dieu nous a donnée. C’est pour cette raison que l’histoire du péché originel nous est présentée dans l’acte de manger. Car la nourriture est moyen de vie, c’est elle qui nous garde vivants. Mais là est toute la question : que veut dire être vivant et que signifie la «vie» ? De nos jours, ce terme a surtout un sens biologique : la vie est précisément ce qui dépend de la nourriture et, d’une façon générale, du monde physique. Mais pour la sainte Écriture et la Tradition chrétienne, vivre ainsi «seulement de pain» n’est rien d’autre que mourir, parce que c’est une vie mortelle et dans laquelle la mort est toujours à l’oeuvre. Dieu, nous dit-on, n’a pas créé la mort ; il est le Donateur de la vie. Comment donc la vie est-elle devenue mortelle ? Pourquoi, de tout ce qui existe, la mort est-elle la seule certitude absolue ? L’Église répond : parce que l’homme a refusé la vie telle que Dieu la lui offrait et la lui donnait, et a préféré une vie qui dépende non de Dieu seul, mais «de pain seulement». Non seulement il désobéit à Dieu et fut puni, mais il transforma sa relation même avec monde. À vrai dire, la création lui avait été donnée par Dieu comme «nourriture», comme moyen de vie ; mais la vie devait être communion avec Dieu ; elle avait en lui non seulement sa fin, mais sa plénitude. En lui était la Vie, et la Vie était la Lumière des hommes. Le monde et la nourriture furent ainsi créés comme des moyens de communion avec Dieu, et ce n’est que reçus pour l’amour de Dieu qu’ils pouvaient donner la vie. En elle-même la nourriture n’a pas de vie et ne peut donner la vie. Seul Dieu a la Vie et est la Vie. Dans la nourriture elle-même, c’est Dieu - et non les calories - qui est le principe de vie. Ainsi, manger, être vivant, connaître Dieu et être en communion avec lui étaient une seule et même chose. L’insondable tragédie d’Adam est qu’il mangea pour lui-même. Bien plus, il mangea «à part» de Dieu, afin d’être indépendant de lui. Et s’il l’a fait, c’est qu’il croyait que la nourriture avait la vie en elle-même et que lui, en mangeant cette nourriture, pourrait être comme Dieu, c’est-à-dire avoir la vie en lui-même. Pour le dire très simplement, il mit sa foi dans la nourriture, alors que le seul objet de foi, de confiance, de dépendance est Dieu et Dieu seul. Le monde, la nourriture, devinrent son Dieu, la source et le principe de sa vie ; et il en devint l’esclave. Adam, en hébreu, veut dire «l’homme» ; c’est mon nom, notre nom à tous. L’homme est encore Adam, l’esclave de la «nourriture». Il peut prétendre qu’il croit en Dieu, mais Dieu n’est pas sa vie, sa nourriture, celui qui embrasse toute son existence. Il peut prétendre qu’il reçoit sa vie de Dieu, mais il ne vit pas en Dieu et pour Dieu. Sa science, son expérience, la conscience qu’il a de lui-même, tout cela est bâti sur le même principe : «seulement de pain». Nous mangeons afin d’être vivants, mais nous ne sommes pas vivants en Dieu. C’est le péché de tous les péchés. C’est le verdict de mort attaché à notre vie. Le Christ est le nouvel Adam. Il vient pour réparer le dommage infligé à la vie par Adam, pour rendre l’homme à la vraie Vie et donc, il commence par le jeûne : Quand il eut jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim (Mt 4, 2). La faim est cet état dans lequel nous nous apercevons que nous dépendons d’autre chose, quand nous ressentons le besoin urgent et nécessaire de nourriture ; cela nous montre que nous n’avons aucune vie en nous-mêmes. La faim est cette limite au-delà de laquelle ou bien je meurs d’inanition, ou bien, ayant donné satisfaction à mon corps, j’ai de nouveau l’impression d’être vivant. En d’autres ternes, le moment où se pose la question fondamentale : De quoi ma vie dépendelle ? Et puisque la question n’est pas une question purement théorique, mais que je la sens avec mon corps tout entier, c’est aussi le temps de la tentation. Satan vint trouver Adam au Paradis et il vint trouver le Christ au désert - deux hommes affamés - et il leur dit la même parole : «Mangez, car votre faim est bien la preuve que vous dépendez entièrement de la nourriture, que votre vie est dans la nourriture.» Et Adam la crut et mangea ; mais le Christ rejeta cette tentation et dit : «L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de Dieu.» Il refusa d’accepter ce mensonge cosmique que Satan impose au monde et dont il a fait une vérité si évidente qu’on ne la discute même plus, et qui est devenue le fondement de notre vision du monde, de la science, de la médecine, et peutêtre même de la religion. Et, ce faisant, le Christ rétablit le lien entre la nourriture, la vie et Dieu, qu’Adam avait brisé et que nous brisons encore chaque jour. Qu’est-ce que le jeûne pour nous, chrétiens ? C’est notre incorporation et notre participation à cette expérience du Christ lui-même, par laquelle il nous libère de notre entière dépendance envers la nourriture, la matière et le monde. En fait, notre libération n’est pas plénière, puisque, vivant encore dans ce monde déchu, le monde du vieil Adam, et en faisant partie, nous sommes encore dépendants de la nourriture. Mais, tout comme notre mort, par laquelle nous devons encore passer, est devenue, par la vertu de la mort du Christ, un passage à la vie, ainsi la nourriture que nous mangeons et la vie qu’elle soutient peuvent être une vie en Dieu et pour Dieu. Une partie de notre nourriture est déjà devenue «nourriture d’immortalité» : le Corps et le Sang du Christ lui-même. Mais même le pain quotidien que nous recevons de Dieu peut être en cette vie et en ce monde, ce qui nous fortifie et nous fait communier avec Dieu, plutôt que ce qui nous sépare de lui. Cependant, seul le jeûne peut opérer cette transformation, nous donner la preuve existentielle que 3 la dépendance où nous sommes vis-à-vis de la nourriture et de la matière n’est ni totale ni absolue et qu’unie à la prière, à la grâce et à l’adoration, elle peut elle-même devenir spirituelle. Tout ceci signifie que, compris dans toute sa profondeur, le jeûne est le seul moyen pour l’homme de recouvrer sa vraie nature spirituelle. C’est un défi, non théorique mais vraiment concret, au Menteur qui a réussi à nous convaincre que nous n’avons besoin que de pain, et qui a édifié sur ce mensonge toute la connaissance, la science et l’existence humaines. Le jeûne dénonce ce mensonge et prouve qu’il en est un. Il est très significatif que ce soit lors de son jeûne que le Christ rencontra Satan et que, plus tard, il ait dit que Satan ne peut être vaincu «que par le jeûne et la prière». Le jeûne est le véritable combat contre le diable parce qu’il est le défi à la loi singulière et universelle qui en fait le «prince de ce monde». Mais si quelqu’un a faim et découvre alors qu’il peut être vraiment indépendant de cette faim, ne pas être détruit par elle mais, tout au contraire, la transformer en une source d’énergie spirituelle et de victoire, alors plus rien ne subsiste de ce grand mensonge dans lequel nous avons vécu depuis Adam. Comme nous sommes loin alors de la conception courante du jeûne considéré comme un simple changement de régime ou un ensemble de choses permises ou défendues, loin de toute cette hypocrisie superficielle ! En fin de compte, jeûner ne signifie qu’une chose : avoir faim, aller jusqu’à la limite de la condition humaine qui dépend entièrement de la nourriture, et là, ayant faim, découvrir que cette dépendance n’est pas toute la vérité au sujet de l’homme, que la faim elle-même est avant tout un état spirituel et que, finalement, elle est en réalité la faim de Dieu. Dans l’Église primitive, le jeûne signifiait toujours une abstinence totale, un état de faim qui pousse le corps jusqu’à une extrême limite. C’est ici pourtant que nous découvrons aussi que le jeûne, envisagé comme un effort physique, est dépourvu de sens s’il n’est pas accompagné de son complément spirituel : «...par le jeûne et la prière». Cela signifie que, si nous ne faisions pas l’effort spirituel correspondant, si nous ne nous nourrissions pas de la Réalité divine, si nous ne découvrions pas que nous dépendons totalement de Dieu et de Dieu seul, notre jeûne physique serait un suicide. Si le Christ lui-même fut tenté alors qu’il jeûnait, nous n’avons 4 pas la moindre chance d’échapper à cette tentation. Le jeûne physique, si essentiel soit-il, est non seulement dépourvu de sens, mais il est vraiment dangereux, s’il est coupé de l’effort spirituel, de la prière et de la concentration sur Dieu. Le jeûne est un art dont seuls les saints ont la parfaite maîtrise ; ce serait présomptueux et dangereux pour nous de vouloir pratiquer cet art sans discernement ni prudence ; toute la liturgie du Carême est un constant rappel des difficultés, des obstacles et des tentations qui attendent ceux qui croient pouvoir compter sur leur volonté et non sur Dieu. C’est la raison pour laquelle nous avons besoin avant tout d’une préparation spirituelle à cet effort du jeûne. Elle consiste à demander aide à Dieu et à centrer notre jeûne sur Dieu. C’est par amour de Dieu que nous devrons jeûner. Il nous faut redécouvrir notre corps comme temple de la divine présence, retrouver un respect religieux du corps, de la nourriture, du rythme même de la vie. Tout ceci doit être fait avant que ne commence le jeûne proprement dit, de sorte que, lorsque nous l’entreprendrons, nous soyons armés spirituellement dans une optique et un esprit de lutte et de victoire. Puis vient le temps du jeûne lui-même. Selon ce que nous avons dit plus haut, il doit être pratiqué à deux niveaux : celui du jeûne ascétique et celui du jeûne total. Le jeûne ascétique consiste en une énergique réduction de nourriture, de sorte qu’un état permanent d’une certaine faim soit vécu comme un rappel de Dieu et un constant effort pour garder notre esprit orienté vers lui. Quiconque l’a pratiqué, ne serait-ce qu’un peu, sait que ce jeûne ascétique, loin de nous affaiblir, nous rend au contraire légers, unifiés, sobres, joyeux, purs. Alors on reçoit la nourriture comme un vrai don de Dieu ; on se trouve constamment orienté vers ce monde intérieur qui, d’une manière inexplicable, devient, de lui-même, une sorte de nourriture. Pour ce qui est de la quantité, du rythme et de la qualité de la nourriture à prendre dans ce jeûne ascétique, nous n’avons pas à en traiter ici. Tout cela dépend de nos capacités individuelles, des conditions extérieures de la vie de chacun. Mais le principe est clair : c’est un état de demifaim dont la nature «négative» est toujours transformée en force positive par la prière, la mémoire, l’attention et la concentration. Quant au jeûne strict, il est nécessairement limité dans sa durée et lié à l’eucharistie. Dans nos conditions de vie actuelles, le mieux est de la pratiquer durant la journée qui précède le soir où se célèbre la Liturgie des Présanctifiés. Soit que nous jeûnons ce jour-là depuis le matin très tôt, soit à partir de midi, l’essentiel est de le vivre comme un jour d’attente, d’espérance, de faim de Dieu lui-même. Il est une concentration spirituelle sur ce qui est à venir, sur le don que l’on va recevoir et pour lequel on est prêt à sacrifier tous les autres dons. Tout cela étant dit, il faut se rappeler encore que notre jeûne, si limité soit-il, s’il est un vrai jeûne, conduira à la tentation, à la faiblesse, au doute et à l’irritation. En d’autres termes, il sera un réel combat et probablement nous succomberons bien des fois. Mais l’aspect essentiel du jeûne est justement la découverte de la vie chrétienne en tant que lutte et effort. Une foi qui n’a pas surmonté les doutes et la tentation est rarement réelle. Aucun progrès n’est, hélas, possible dans la vie chrétienne sans l’amère expérience de l’échec. Trop de gens commencent à jeûner avec enthousiasme, puis y renoncent à la première défaillance. Je dirai que c’est précisément lors de cette première chute que se situe le véritable test : si, après avoir faibli et donné libre cours à nos appétits et à nos passions, nous nous remettons courageusement à la tâche, sans abandonner, quel que soit le nombre de fois où nous faiblissons, tôt ou tard, notre jeûne produira ses fruits spirituels. Entre la sainteté et un cynisme désenchanté, il y a place pour la grande et divine vertu de patience - la patience envers soimême avant tout. Il n’y a pas de raccourci pour aller a la sainteté ; on doit payer le prix de chaque pas en avant. Il est donc préférable et plus sûr de commencer avec un minimum, juste un peu au-dessus de nos possibilités naturelles, et d’augmenter notre effort progressivement, plutôt que d’essayer de sauter trop haut au début et de se casser quelques os en retombant à terre. En résumé : d’un jeûne symbolique et de pure forme, conçu comme une obligation et une coutume, il nous faut revenir au vrai jeûne. Serait-il modeste et limité, qu’il soit sérieux et effectif. Prenons loyalement la mesure de nos capacités physiques et spirituelles, et agissons en conséquence, - nous rappelant toutefois qu’il n’y a pas de jeûne qui ne mette au défi ces capacités et qui n’introduise dans notre vie une preuve divine que les choses impossibles à l’homme sont possibles à Dieu. Saint Panteleïmon 27 juillet Depuis plusieurs semaines nous prions le grand martyr et guérisseur Pantéléïmon pour la guérison de Constantin Chvabo. Voici sa vie, toute consacrée à la gloire de Dieu et à la guérison des hommes. aint Pantéléïmon est né aux environs de 284 dans la ville recueillit le corps de l’homme, et l’enterra en terre chrétienne. de Nicomédie. Son père, Evstorgios, était païen, alors que antoléon fut sommé d’apparaître devant l’empereur, qui lui sa mère Euboulie était une chrétienne dévote. Elle éduqua son ordonna de faire un sacrifice aux dieux. Le saint refusa. Les fils, dont le vrai prénom était Pantoléon, suivant les préceptes faux prêtres et les médecins supplièrent Maximien de l’exécuter, chrétiens. Elle mourut alors que son fils était encore jeune. afin que le christianisme cesse d’être populaire. Incapable de le e père de Pantoléon l’envoya suivre des études sous la direction faire revenir sur sa foi, Maximien ordonna de torturer le saint d’un médecin célèbre, Euphrosynos. Très vite, Pantoléon de maintes manières : on lui arracha la peau avec des griffes, on surpassa tous les autres étudiants. Il était doux et humble, et tous le brûla, on le jeta dans un chaudron plein de goudron brûlant. ceux qui lui parlaient se sentaient heureux et en paix. Par ses Mais rien n’y faisait, Pantoléon ne ressentait aucune douleur, vertus, il acquit une grande renommée dans Nicomédie. Un jour, aucune souffrance. L’empereur estima que ces miracles il se rendit avec Euphrosinos au palais. L’empereur Maximien, n’étaient que des tours de magie. Alors il ordonna qu’on attache le saint à un rocher et qu’on le jette à la reconnaissant en Pantoléon de grandes mer. Le rocher se fit léger, et le saint flotta qualités, ordonna à Euphrosinos de prodiguer sur l’eau. On jeta le saint dans l’arène, mais à celui-ci la meilleure éducation possible, les bêtes sauvages marchaient paisiblement afin qu’il puisse ensuite en faire son médecin autour de lui et lui léchaient les pieds. La personnel. foule acclama et loua tout à la fois Dieu aint Hermolaüs, chef de l’Église de et le saint. Maximien devint enragé et fit Nicomédie, voyait souvent de sa maison massacrer les animaux. Pantoléon subit passer Pantoléon, qui se rendait à ses études. encore bien d’autres tortures, mais il ne Il lui demanda de quelle religion il était. n’en eut aucun mal. Pantoléon lui répondit que, quand sa mère était en vie, il était chrétien, mais que depuis antoléon décida de faire appel à son père lui avait enjoint de rejoindre les Hermolaüs, car il estimait que celuipaïens. Hermolaüs lui dit que s’il croyait de ci serait capable de convertir bien plus de tout son cœur dans le Dieu véritable, il serait païens que lui. Hermolaüs et deux autres capable de guérir tous les malades. Il lui hommes, Ermocratis et Ermippon, se enseigna que la médecine ne procure qu’un présentèrent devant l’empereur. Incapable faible soulagement, et que seul le Christ, le de les faire renoncer à leur foi, L’empereur Vrai Médecin, nous apporte le Salut. Pantoléon les fit torturer puis décapiter. Des chrétiens accepta tout ce qu’on lui disait, et à partir de recueillirent secrètement leurs corps et les ce jour, il accepta le Christ dans son cœur. enterrèrent avec honneur. l arriva un jour que Pantoléon, avec la grâce de Dieu, sauva un lors dans sa défaite l’empereur condamna Pantoléon à enfant d’une mort certaine, car celui-ci avait été mordu par une mort. Le saint devait être décapité et son corps brûlé. vipère. Il n’eut besoin d’aucune autre preuve que le Christ était le Mais quand un soldat leva son glaive pour le décapiter, le glaive vrai Dieu. Hermolaüs le baptisa, lui donna la Sainte Communion, fondit comme de la cire. Les soldats tombèrent à genoux et et lui apprit les Sacrements de la Sainte Église. Pantoléon vécut confessèrent leur foi en Jésus Christ. Pantoléon pria pour eux sept jours avec le saint homme, ce qui lui permit de connaître en et leur pardonna tous leurs péchés. Une voix vint du ciel, qui profondeur les enseignements et les pratiques de l’Église. accorda à Pantoléon tout ce qu’il demandait, et qui déclara qu’à a guérison d’un aveugle, auquel Pantoléon rendit la vue, partir de ce jour il serait connu sous le nom de Pantéléïmon (le convainquit son père de croire au Christ. L’aveugle aussi crut très miséricordieux). Saint Pantéléïmon obligea les soldats à le décapiter, car il voulait être digne de la couronne des martyrs. en Dieu, et tous les deux furent baptisés par Hermolaüs. Les soldats embrassèrent le saint, puis le décapitèrent. antoléon distribua toutes ses richesses aux pauvres, puis aint Panteleïmon donna sa vie pour Jésus Christ le 27 il entreprit de guérir tous ceux qui venaient le voir. Pour juillet 304. On dit que l’olivier auquel il était attaché, fleurit seul paiement il demandait de croire que le vrai guérisseur était immédiatement, et donna des fruits. Entendant cela, l’empereur Jésus Christ. Les autres médecins étaient fort jaloux de lui, et ils ordonna de couper l’arbre et de brûler le corps du saint. Mais décidèrent de le dénoncer à Maximien. Un groupe de médecins alla voir Maximien et lui dit que le médecin qu’il avait lui- les soldats ne revinrent pas au palais. Avec d’autres chrétiens, même éduqué guérissait les chrétiens, et convertissait les païens ils prirent le corps du saint et l’enterrèrent dans la propriété au christianisme. Comme preuve, on lui amena l’aveugle que d’Amantios le Scholastique. Pantoléon avait guéri. Maximien tenta de convaincre celui-ci qu’il es chrétiens prient souvent saint Panteleïmon pour lui avait été guéri par les dieux et non par le Christ. Mais en vain. demander de l’aide dans la maladie. Il est considéré à l’égal Maximien ordonna de décapiter cet homme. En secret Pantoléon des saints anargyres Cosme et Damien. S P L S P I A L P S L Saint Panteleïmon, prie Dieu pour nous 5 Catéchèse baptismale III Saint Jean Chrysostome 1. Dieu soit béni, car voici que de la terre aussi apparaissent des étoiles, plus brillantes que celles des cieux. Des étoiles, sur terre, à cause de Celui qui des cieux est apparu sur terre. Non seulement sur terre, ces étoiles, mais en plein jour ; deuxième merveille ! Étoiles de jour, plus éclatantes que celles de la nuit, car les unes s’effacent quand paraît le soleil ; les autres, quand paraît le soleil de justice, brillent d’un plus vif éclat : as-tu jamais vu des étoiles paraître en plein soleil ? 2. Les unes sont pour disparaître quand paraîtra l’Accomplissement ; les autres pour devenir plus radieuses encore quand l’Accomplissement surviendra. Au sujet des premières, l’Évangile dit que « les astres du ciel tomberont comme tombent les feuilles de la vigne ». Au sujet de cellesci, il dit : « Les justes brilleront comme le soleil au royaume des cieux. » 3. Qu’est-ce à dire : « Comme tombent les feuilles de la vigne, ainsi tomberont les étoiles du ciel ? » Aussi longtemps que la vigne nourrit les grappes, elle a besoin de la protection des feuilles, mais lorsqu’elle a déposé le fruit, elle dépose aussi son manteau de feuilles. Il en est de même pour l’univers tout entier : aussi longtemps qu’il contient en lui le genre humain, le ciel garde les astres comme la vigne ses feuilles. Mais au temps à venir, comme il n’y aura plus de nuit, il n’y aura plus non plus besoin d’astres. 4. De feu est la nature des étoiles (du 6 firmament) de feu aussi, la substance de celles-ci. Mais là, il s’agit d’un feu sensible ; ici, d’un feu intelligible. Car il est dit : « Celui-là vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu. » Et veux-tu savoir le nom des unes et des autres ? Les astres du ciel ont nom Orion, Arcturus, Vesper et Lucifer. Parmi les astres que voici, il n’y a pas d’étoiles du soir (Vesper), mais tous sont des étoiles du matin (Lucifer). 5. « Dieu soit béni, répétons-le, Lui seul qui fait des merveilles ! », Lui qui fait toutes choses et les renouvelle. Ceux qui hier étaient captifs, sont aujourd’hui des hommes libres et citoyens de l’Église. Ceux qui naguère étaient dans la honte du péché, sont maintenant dans l’assurance et la justice. Ils sont non seulement libres, mais saints ; non seulement saints, mais justes ; non seulement justes, mais fils ; non seulement fils, mais héritiers ; non seulement héritiers, mais frères du Christ ; non seulement frères du Christ, mais ses cohéritiers ; non seulement ses cohéritiers, mais ses membres ; non seulement ses membres, mais des temples ; non seulement des temples, mais des instruments de l’Esprit1. 6. « Dieu soit béni ! Lui qui seul fait des merveilles ! » Tu as vu en quel nombre sont les bienfaits du baptême ? Alors que beaucoup croient qu’il a pour unique bienfait la rémission des péchés, nous avons compté jusqu’à dix honneurs conférés par lui. C’est pour cette raison que nous baptisons même les petits enfants, bien qu’ils n’aient pas de péchés, pour que leur soit ajouté la justice, la filiation, l’héritage, la grâce d’être frères et membres du Christ, et de devenir la demeure du Saint-Esprit. 7. Vous donc, mes frères bien-aimés, si toutefois il m’est permis de vous appeler frères ! J’ai participé certes à la même naissance que vous, mais ensuite j’ai perdu par ma négligence cette fraternité parfaite et authentique. Laissez-moi cependant vous appeler frères, pour le grand amour que j’ai de vous, et vous inviter à témoigner un zèle d’autant plus grand que vous avez bénéficié d’un plus grand honneur. 8. Le temps qui a précédé le baptême était un terrain d’entraînement et d’exercice, où les chutes trouvaient le pardon. À partir d’aujourd’hui, l’arène vous est ouverte, le combat a lieu; vous êtes sous le regard du public ; et non seulement la race des humains mais encore le peuple des anges contemple vos combats. Car Paul écrit dans sa lettre aux Corinthiens : « Nous avons été livrés en spectacle au monde, aux anges comme aux hommes. » Les anges donc nous contemplent et le Seigneur des anges est président du combat. C’est là pour nous non seulement un honneur, mais encore une assurance. Lorsqu’en effet celui qui a livré pour nous son âme, est juge de ces assauts, quel honneur et quelle assurance n’est-ce pas là pour nous ? 9. Dans les combats olympiques, l’arbitre se tient au milieu des deux adversaires, sans favoriser ni l’un ni autre : il attend l’issue. S’il se tient entre les deux, c’est parce que son jugement est partagé entre les deux. Dans le combat qui nous oppose au diable, le Christ ne se tient pas dans l’entre-deux, il est tout entier nôtre. Comment cela, il ne se tient pas dans l’entre-deux, il est tout entier avec nous ? Vois plutôt : quand nous sommes entrés en lice, il nous a oints, tandis qu’il a enchaîné l’autre. Il nous a oints de l’huile d’allégresse ; il l’a enchaîné en des liens infrangibles pour le paralyser dans ses assauts. Moi, s’il m’arrive de trébucher, il me tend la main, me relève de ma chute et me remet sur pied. Car il est écrit : « Piétinez de haut les serpents, les scorpions et toute puissance de l’ennemi. » 10. Le démon, après sa victoire, est menacé de la géhenne. Moi, si je suis vainqueur, je reçois la couronne. Lui, s’il triomphe, il est châtié. Et pour que tu saches qu’il est châtié surtout lorsqu’il l’emporte, eh bien, je te le montrerai par un exemple. Il a vaincu Adam et il l’a fait trébucher. Quel a été le prix de sa victoire ? « Tu ramperas sur ta poitrine et sur ton ventre et tu mangeras la poussière tous les jours de ta vie. » Si Dieu a puni avec tant de sévérité le serpent matériel, quel châtiment n’infligera-t-il pas au serpent spirituel ? Si telle a été la condamnation de l’instrument, il est clair qu’un châtiment autrement terrible attend l’artisan. Mais, comme le père aimant qui met la main sur le meurtrier de son fils ne se borne pas à punir ce meurtrier mais brise aussi son épée, ainsi le Christ en trouvant le diable homicide a non seulement puni le démon mais encore fracassé son épée. 11. Ayons donc confiance et dévêtonsnous pour ces assauts. Le Christ nous a revêtus d’armes plus resplendissantes que nul or, plus résistantes que nul acier, plus ardentes et plus mordantes que nulle flamme, plus légères que nul souffle. Car ces armes sont de telle nature que nous ne plions pas sous leur poids ; elles donnent des ailes, elles allègent nos membres, et si tu veux prendre essor vers le ciel avec elles, point d’obstacle : armes d’une nature toute nouvelle, car tout nouveau est le genre du combat. Moi qui ne suis qu’un homme, je suis obligé d’asséner des coups aux démons ; moi qui suis revêtu de chair, je lutte contre les puissances incorporelles. Aussi Dieu m’a-t-il fait une cuirasse qui n’est pas de métal mais de justice ; aussi m’a-t-il préparé un bouclier non de bronze mais de foi. Je tiens en main une épée aiguë, la parole de l’Esprit. L’autre lance des traits, moi j’ai une épée. Il est archer, je suis hoplite. Voilà encore de quoi apprendre comme il est cauteleux, l’archer n’ose s’approcher : il décoche de loin. 12. Mais quoi ? Dieu ne t’a-t-il préparé qu’une armure ? Non, il a préparé aussi un aliment plus puissant que n’importe quelle arme, car il ne faut pas que tu peines au combat, il faut que ta victoire soit celle d’un homme joyeusement rassasié. Car si seulement il te voit revenir du festin du Seigneur, lui, comme qui verrait un lion dont la gueule souffle le feu, il s’enfuit plus vite que le vent. Et si tu lui montres ta langue teinte du précieux Sang, il ne pourra pas tenir si tu lui fais voir ta bouche empourprée, comme un piètre animal il battra en retraite à grand train. 13. Veux-tu connaître la vertu de ce Sang ? Revenons à ce qui en a été la figure, aux récits anciens, à ce qui s’est passé en Égypte. Dieu allait infliger à l’Égypte la dixième plaie. Il voulait supprimer leurs premiers-nés parce qu’ils retenaient son peuple premier-né. Qu’allait-Il faire pour ne pas atteindre les Juifs avec les Égyptiens, puisque tous se trouvaient dans le même lieu ? Apprends la vertu de la figure, pour connaître la puissance de la vérité. Le coup envoyé par Dieu allait fondre du ciel et l’ange exterminateur faisait le tour des maisons. 14. Que fit Moïse ? Immolez, dit-il, un agneau sans tache et marquez de son sang vos portes. Que dis-tu là ? Le sang d’un animal sans raison peut-il sauver des hommes doués de raison ? Oui, dit Moïse, non pas parce que c’est du sang mais parce qu’il est la figure du sang du Seigneur. De même en effet que les statues des empereurs, qui n’ont ni âme ni sensation, sauvegardent les hommes doués d’âme et de sensation qui cherchent auprès d’elles refuge, non parce que c’est du bronze mais parce qu’elles sont l’image de l’empereur2, ainsi ce sang privé d’âme et de sensation a sauvé des hommes doués d’âme non parce que c’était du sang, mais parce qu’il préfigurait le Sang du Seigneur. 15. Ce jour-là l’ange exterminateur vit le sang qui marquait les portes, et n’osa entrer. A présent, si le diable voit non plus le sang de la préfiguration marquer les portes, mais sur les lèvres des fidèles, le Sang de la vérité marquer la porte de ce sanctuaire du Christ qu’ils sont devenus, à plus forte raison se gardera-t-il d’intervenir! Car si la figure a retenu l’ange, bien plus la vérité mettra-t-elle le diable en fuite. 16. Veux-tu connaître par une autre voie encore la vertu de ce Sang ? Vois d’où il a commencé à couler et où il a pris sa source : il descend de la croix, du côté du Seigneur. Comme Jésus déjà mort, rapporte l’Évangile, était encore sur la croix, le soldat s’approcha et lui ouvrit le côté d’un coup de sa lance et il en jaillit de l’eau et du sang3. Cette eau était le symbole du baptême et le sang celui des mystères. C’est pourquoi l’Évangéliste ne dit pas : « Il en jaillit du sang et de l’eau » ; mais l’eau jaillit d’abord et ensuite le sang, car d’abord vient le baptême et ensuite les mystères. Ce soldat, donc, lui ouvrit le côté : il a percé le rempart du temple saint et c’est moi qui ai trouvé le trésor et m’en suis enrichi. Ainsi en fut-il de l’Agneau : les Juifs égorgeaient la victime, et moi j’ai recueilli le salut, fruit de ce sacrifice. 17. « Et il jaillit du côté de l’eau et du sang. » Ne passe pas indifférent, bien- aimé, à côté du mystère. Car j’ai encore une autre interprétation mystique à te donner. J’ai dit que cette eau et ce sang étaient le symbole du baptême et des mystères. Or c’est de ces deux sacrements qu’est née l’Église, par ce « bain de la renaissance et de la rénovation dans l’Esprit saint » par le baptême, et par les mystères. Or les signes du baptême et des mystères sont issus du côté. C’est de son côté par conséquent que le Christ a formé l’Église, comme il a formé Ève du côté d’Adam. 18. C’est pourquoi Moïse, en nous racontant le premier homme, parle de « l’os de mes os et la chair de ma chair », voulant nous signifier le côté du Seigneur. De même en effet qu’alors Dieu a fait un prélèvement sur le côté d’Adam pour former la femme, ainsi le Christ nous a donné le sang et l’eau de son côté pour former l’Église. Et de même qu’alors le prélèvement a été fait dans l’extase du sommeil d’Adam, ainsi maintenant nous a-t-il donné le sang et l’eau après sa mort (Et d’abord l’eau, ensuite le sang). Et la mort a été ce que fut alors l’extase, pour que tu apprennes que désormais la mort n’est plus qu’un sommeil. 19. Vous avez vu comment le Christ s’est uni à son épouse ? Vous avez vu de quel aliment il nous nourrit tous ? C’est de ce même aliment que nous avons été formés et que nous sommes nourris. Comme la femme nourrit de son propre sang et de son lait celui qu’elle a enfanté, ainsi aussi le Christ nourrit constamment de son propre sang ceux qu’il a engendrés. 20. Ainsi, bénéficiaires de si grands dons, montrons un grand zèle et souvenonsnous des traités que nous avons passés avec lui. Je m’adresse à vous tous, et à ceux qui viennent d’être initiés et à ceux qui l’ont été autrefois, il y a bien des années. Mes paroles valent pour tous, puisque tous nous avons signé avec le Christ un traité, non à l’encre mais avec l’esprit, non à la plume mais de notre parole. Telle est en effet ce qui sert de plume pour les conventions avec Dieu et c’est pourquoi David a dit : « Ma langue est comme la plume d’un scribe agile. » Nous avons confessé la souveraineté de Dieu ; nous avons renié la tyrannie du diable. Voilà la signature, voilà les conventions, voilà le contrat. 21. Veillons à ne pas retomber victimes de l’ancien contrat. Le Christ est venu une fois ; il a trouvé la signature ancestrale 7 engagée par Adam. Car c’est Adam qui a commencé à contracter la dette ; nous, nous en avons augmenté les charges par toutes les fautes postérieures. Et elle portait malédiction, péché, mort, condamnation par la loi. Le Christ a supprimé tout cela et il nous a pardonné. Et Paul s’écrie « Le Christ a fait disparaître le contrat de dette de nos péchés qui était contre nous et il l’a cloué à la croix. » Il ne dit pas : Il l’a effacé ; il ne dit pas : Il l’a biffé, mais : « Il l’a cloué à la croix », pour qu’il n’en restât aucune trace. C’est pour cela qu’il ne l’a pas effacé mais déchiqueté. En effet les clous de la croix l’ont déchiqueté et l’ont détruit pour lui ôter à l’avenir toute validité. 22. Ce n’est pas dans un coin et en cachette, mais à la face de l’univers, au sommet d’une estrade que la dette a été remise. Que les anges regardent, dit le Christ, que regardent les archanges, que regardent toutes les puissances d’en haut; que regardent aussi 1es démons pervers et le diable lui-même, ceux qui nous ont fait débiteurs et victimes des usuriers : le contrat a été déchiqueté afin que désormais ils ne nous attaquent plus. 23. Puisque l’ancien acte est déchiré, veillons à ce qu’un autre compte ne soit pas ouvert, car il n’y a pas une deuxième croix, il n’y a pas une deuxième rémission par les eaux régénératrices. Il y a encore une rémission, mais non pas une seconde rémission baptismale. Ne nous laissons pas gagner par la négligence, je vous en conjure. Tu es sorti d’Égypte, homme, ne cherche pas à nouveau l’Égypte et les misères l’Égypte. Ne pense plus à l’argile et aux briques. Car les choses de la vie présente sont argile et brique, puisque l’or même, avant de devenir or, n’est rien d’autre que terre. 24. Les Juifs ont vu des miracles. Toi aussi tu en verras et de plus grands, de plus éclatants que lorsque les Juifs sont sortis d’Égypte. Tu n’as pas vu le pharaon noyé avec ses armes, mais tu as vu le diable englouti avec ses armes. Les Juifs ont passé la mer, toi, tu as passé la mort. Ils ont été délivrés des Égyptiens, tu as été affranchi des démons, toi. Ils ont quitté l’esclavage d’un barbare, toi celui, beaucoup plus pénible, du péché. 25. Veux-tu savoir d’une autre manière que c’est bien toi qui as été honoré des plus grandes faveurs ? Les Juifs alors n’ont pas pu regarder le visage glorifié de Moïse, lui qui n’était qu’un homme au service du même maître qu’eux. Toi tu as vu le visage du Christ dans sa gloire. Et Paul s’écrie : « Nous contemplons à visage découvert la gloire du Seigneur. » Ils avaient alors le Christ qui les suivait : à bien plus forte raison nous suit-il maintenant. Car alors, le Seigneur les accompagnait par la grâce de Moïse ; nous, il ne nous accompagne pas seulement par la grâce de Moïse, mais encore par votre propre docilité. Pour les Juifs, ce fut après l’Égypte le désert ; pour toi c’est, après l’exode, le ciel. Ils avaient, eux, un guide et un commandant excellent en la personne de Moïse; nous avons, nous, un autre Moïse, Dieu lui-même, qui nous guide et nous commande. 26. Quelle était en effet la marque de Moïse ? « Moïse, dit l’Écriture, était le plus doux de tous les hommes sur la terre. » Or, on peut sans erreur attribuer cette qualité à notre Moïse, car il est assisté du très doux Esprit qui lui est intimement consubstantiel. Moïse alors leva les mains vers le ciel et fit descendre le pain des anges, la manne : notre Moïse lève les mains vers le ciel et nous apporte la nourriture éternelle. Celui-là frappa la pierre et fit couler des fleuves d’eau : celuici touche la table, frappe la table spirituelle et fait jaillir les sources de l’Esprit. C’est la raison pour laquelle, telle une source, la table est placée au milieu, afin que de toute part les troupeaux affluent à la source et s’abreuvent de ses flots salvifiques. 27. Puisque nous avons une telle source, une telle fontaine de vie et que la table regorge de mille biens et nous inonde de faveurs spirituelles, approchons avec un cœur sincère et une conscience pure, afin de recevoir grâce et pitié pour nous secourir à point nommé. Par la grâce et la miséricorde du Fils unique de Dieu notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, par qui soit au Père avec l’Esprit Saint gloire, honneur, puissance, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen. St Jean Chrysostome, Huit catéchèses baptismales, A. Wenger, trad., Éd. du Cerf (SC 50), 1957. 1. Tous les fruits du baptême énumérés, sauf un, sont mentionnés dans le Nouveau Testament : libres, Mt 8, 36 ; saints, Rm 1, 7 ; justes, Rm 2, 13 ; fils, Rm 8, 14 ; héritiers, Rm 8, 17 ; frères, Mt 12, 50 ; cohéritiers, Rm 8, 17 ; membres, 1 Co 6, 15 ; temple, 1 Co 3, 16 ; seul le dernier terme instrument de l’Esprit ne se trouve pas dans l’Écriture selon la lettre, mais cette notion découle de celle du temple. 2. Allusion au droit d’asile. En 386, une loi de Théodose avait étendu ce privilège aux statues impériales. L’homme qui avait cherché asile auprès de la statue de l’empereur ne pouvait en être arraché avant dix jours. 3. La plupart des manuscrits de l’Évangile de Jean disent « le sang et l’eau », ce qui n’enlève pas du symbolique des deux éléments, attesté par de nombreux Pères. Discussion paroissiale sur l’œcuménisme Le samedi 13 janvier, après les vêpres de la clôture de la fête de la Théophanie, nous nous sommes réunis pour parler du dialogue œcuménique, faire part éventuellement de nos expériences et nos contributions, en quelque sorte dresser un état des lieux de ce dialogue. Nous avons ensuite réfléchi à la façon dont notre paroisse pourrait s’impliquer plus dans ce dialogue. Le père Serge a rappelé que ce dialogue, en 2006, a été particulièrement riche en événements marquants : reprise du travail de la commission mixte de dialogue théologique entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe, rencontres entre le pape et le patriarche œcuménique d’abord, puis l’archevêque d’Athènes ensuite. Le père Serge a proposé, en guise d’introduction à notre discussion, un commentaire de la déclaration commune entre le pape Benoît XVI et le patriarche Bartholomée Ier, dont il a souligné l’intérêt et la qualité théologique. Il est intéressant de voir que la démarche œcuménique y est, en particulier, définie de façon claire et explicite : il s’agit de rétablir la pleine communion entre nos deux Églises. Le père Serge est revenu sur l’importance du geste de Paul VI et du Patriarche Athénagoras, rappelant qu’il s’agissait de la première rencontre entre hiérarques des deux Églises, depuis les conciles de l’Union. Il est important de souligner la dimension prophétique de ces deux personnalités, que nous devons mieux connaître pour pouvoir mieux nous en inspirer. Enfin, le père Serge s’est arrêté sur le troisième point développé dans la déclaration, à savoir le témoignage commun que doivent apporter les chrétiens au monde dans lequel nous vivons. Des initiatives, telles que celle d’aide aux plus démunis développée par la Communauté de Sant’Egidio, sont des exemples concrets d’un tel témoignage. 8 Après cette introduction, Valérie Régnier, responsable de la Communauté de Sant’Egidio en France, que nous avons eu la joie d’accueillir parmi nous, a présenté brièvement l’histoire de la Communauté qui, très tôt, a connu une importante ouverture œcuménique qui se traduit par une volonté de rencontre et de découverte des autres confessions chrétiennes. Cyrille Sollogoub a expliqué que ses activités au sein de Syndesmos lui ont permis de mesurer l’énorme responsabilité que portent les orthodoxes d’Europe occidentale face aux orthodoxes du monde entier et plus généralement à tous les chrétiens. C’est en effet tout particulièrement à eux, qu’il a été donné de vivre l’œcuménisme au quotidien, de rappeler aux autres chrétiens, en particulier aux orthodoxes vivant dans les pays de tradition orthodoxe, le devoir de suivre le commandement du Christ « Que tous soient Un ». Il est apparu clairement à tous que dresser une liste des différends dogmatiques entre les Églises est une démarche dépassée. À cet égard, on peut considérer que le dialogue au XXe siècle a porté ses fruits et a montré que souvent ces différends sont fondés sur des préjugés, une mauvaise connaissance et compréhension de la réalité culturelle et historique des différentes Églises. De l’avis de certains, seule pose encore problème la vision différente que les différentes confessions ont de l’Église et de son organisation. À ce titre, il faut se réjouir que la Commission mixte de dialogue théologique ait justement décidé de se pencher sur les problèmes de « conciliarité et autorité dans l’Église ». En ce qui concerne la question de l’intercommunion, certaines personnes ont exprimé leur réserve quant à la certitude du bien fondé de la discipline stricte d’interdiction de l’intercommunion pratiquée par les orthodoxes. Ces personnes ont en particulier fait part des difficultés qu’elles ressentaient quand il s’agissait d’expliquer les raisons de cette interdiction. Néanmoins il est ressorti l’importance de s’en tenir à la discipline de son Église. En réponse à l’appel lancé par nos hiérarques « de prendre une part active à la marche vers l’unité par la prière et par des gestes significatifs », nous avons réfléchi à des initiatives renouvelées et puissantes que notre paroisse pourrait engager dans le dialogue œcuménique au niveau local. À tous en effet, la dimension communautaire de cet engagement est apparue importante, dans la mesure où l’impact en serait plus important. Il a été décidé de se limiter pour l’instant à la préparation et célébration communes de Pâques : échanges bibliques pendant le carême, grande procession le vendredi saint, et proclamation commune de la Résurrection sur le parvis de la Défense le dimanche de Pâques. Pâques et carême œcuménique À événement extraordinaire Il est proposé aux chrétiens des Hauts-de-Seine, et plus largement, de proclamer ensemble la Résurrection du Christ et de marcher ensemble vers la fête de Pâques. Pour cela, le projet développe trois axes dans un livret à votre disposition à l’église ou sur le site http://paques200792.free.fr : • Annonce de la Résurrection du Christ, au matin de Pâques, le dimanche 8 avril 2007, à 7h30, sur le parvis de la Défense, autour des responsables des communautés chrétiennes du département L’horaire peut paraître fou, mais c’est un événement extraordinaire avec un projet ambitieux de réunir les chrétiens pour annoncer le message du Christ au monde (une première en Ile-de-France). À nous d’être courageux et un peu fous pour répondre à cet appel et proclamer ensemble au monde la Résurrection du Christ, ce qui est le sens de tout notre office pascal. • Marche vers la fête de Pâques et rencontre entre chrétiens Le livret, mis à la disposition des fidèles, permet de cheminer tout au long du carême avec des textes bibliques et des méditations ou prières reflétant les différentes traditions. On peut l’utiliser individuellement, mais l’idée est que les chrétiens se rencontrent pour cheminer ensemble. Dans ce cadre, notre paroisse accueillera les chrétiens de Meudon le jeudi 15 mars à 20h30. Le 22 mars, nous serons accueillis à la même heure au Temple protestant (14, rue du Bassin). Le vendredi saint, 6 avril à 15h00 nous nous retrouverons pour un chemin de croix œcuménique sur l’avenue du château, à Meudon. • L’accueil de l’autre C’est le thème du livret et le reflet de l’attention au prochain mobilisation extraordinaire que nous devons avoir. Le livret propose de participer à une action de l’ACAT en signant des cartes en faveur d’hommes et de femmes maltraités dans différents pays. Ces cartes peuvent être téléchargées sur le site et doivent être rapportés à la paroisse. Toutes les cartes signées seront rassemblées le matin de Pâques. Il n’est pas interdit de faire signer ces cartes à ceux qui sont autour de nous. Les responsables des communautés chrétiennes de Meudon ont pensé qu’il serait également possible de faire quelque chose pour des personnes plus proches de nous. Après avoir réuni les différents responsables de l’action caritative de nos paroisses, nous avons décidé de soutenir deux actions. La première, en lien avec le Secours catholique et le camp de l’ACER-MJO, de financer des vacances pour des enfants qui ne peuvent pas partir. La seconde action consiste à soutenir financièrement et physiquement, l’initiative de la communauté protestante qui, quatre fois par an, accueille, dans son centre séquoia, des personnes dans le besoin pour un repas le dimanche midi. Un tel repas sera organisé au mois de mai ou juin, auquel nous pourrons apporter notre aide et notre collaboration. Pour financer ces projets, je vous propose de faire une corbeille de carême, à laquelle chacun pourra participer selon ce qu’il aura à partager avec ses frères. Les enveloppes avec votre participation peuvent être remises soit aux prêtres ou au trésorier de la paroisse, soit dans la corbeille spécifique au fond de l’église. Le carême est un temps de partage, voici qu’il nous est donné de pouvoir aider concrètement nos frères, sachons répondre à cet appel. Bon carême et bonne fête de Pâques à tous. 9 Au sujet de la date de Pâques 2007 Cette année, 2007, tous les chrétiens, catholiques, orthodoxes et protestants, fêtent Pâques le même jour, le 8 avril. On sait que cette occurence se produit en moyenne tous les 3 à 4 ans, avec parfois des périodes plus longues sans Pâques commune (par exemple, il n’y a pas eu de date commune entre 1990 et 2001). Nous ne pouvons que nous réjouir de cette circonstance, qui nous place dans une des conditions imposées par le saint et grand concile de Nicée (325) : Que tous les Chrétiens fêtent Pâques le même jour ! L’objectif ici, est de rappeler quelques principes à la base de la détermination de la date de Pâques et, surtout, de présenter l’erreur du calcul de la date de Pâques par les orthodoxes cette année. Rappels sur la détermination de la date de Pâques • La décision du concile de Nicée Le Concile de Nicée a établi que tous les Chretiens doivent fêter Pâques le premier dimanche apres la première pleine lune de printemps. Il faut bien réaliser l'extrême sagesse de cette définition : elle s'appuie sur la Tradition, en recherchant quand a eu lieu la Résurrection de notre Seigneur, après la Pâque juive, qui est précisément le jour de la pleine lune de Printemps, 14 Nisan. Cette définition est indépendante de tout calendrier et se fonde sur des éléments de la Création – « Tu as fait la lune pour marquer les temps, le soleil connaît l’heure de son coucher. » (Ps 103). • Mise en application Les principes étant établis par le Concile, il fallait les mettre en application. D'un point de vue "technique", cela revient à faire le lien entre notre calendrier solaire "usuel", définissant l'année et les saisons, et, en particulier, le printemps, et un calendrier lunaire, pour définir la pleine lune. Cela a été fait par les astronomes de l'époque avec leurs connaissances, que l'on peut résumer de la manière suivante : - Le calendrier Julien, de Jules César, dans lequel une année dure 365,25 jours, ce qui explique la présence d’une année bissextile tous les 4 ans. De plus, à l’époque du Concile, le Printemps tombait le 21 mars. - Le cycle de Méton, astronome grec du VIe siècle avant JC, qui a observé que 235 lunaisons correspondent à 10 19 années solaires. Cette observation constitue une excellente approximation, mais approximation quand même ! Avec ces deux éléments, il suffit de déterminer les dates de Pâques pour 19 ans et elles se généraliseront à toutes les années. C’est ce qui a été fait pour établir les «pascalies», tables permettant d’établir la date de Pâques pour n’importe quelle année. Plus spécifiquement, une répartition des pleines lunes a été établie sur un cycle de 19 ans (calendrier lunaire perpétuel Julien). On peut noter, dès maintenant, que ce tableau est approximatif. Le calcul de la date de Pâques consiste donc «simplement» à savoir quel est le rang de l’année dans le cycle de Méton, ce qui revient à chercher le reste de la division de l’année par 19. En ajoutant 1 à ce reste (ce nombre dépend de l’origine du cycle), on obtient le Nombre d’Or que l’on voit apparaître dans certains almanachs. Ce nombre sert de donnée d’entrée dans le calendrier perpétuel julien (approximatif) évoqué plus haut. A titre d’illustration, cette année, la pleine lune indiquée par ce calendrier tombe le 6 avril, soit avec 4 jours de retard. Les insuffisances des calendriers et des tables On sait que la durée de l’année julienne n’est pas correcte ; elle retarde d’environ un jour par siècle. Le résultat en est que le calendrier «dérive» par rapport aux événements solaires. En particulier, le printemps « Julien », le 21 mars dans ce calendrier, tombe le 3 avril dans la calendrier grégorien. Il est rappelé ici que le commencement du printemps est un moment bien précis de la trajectoire de la terre autour du soleil ! A ce moment le jour et la nuit sont de durées égales (équinoxes). Le 3 avril n’est plus du tout l’équinoxe. La réforme grégorienne C’est cette raison essentielle qui a été l’origine de la réforme grégorienne ; il a fallu avancer le calendrier de 10 jours, qui était le décalage à l’époque du Pape Grégoire (sa reforme date de 1582) ; on a remis les pendules à l’heure ! Une autre modification a été faite, en même temps : elle consiste à corriger le Calendrier perpétuel julien, introduit plus haut, basé sur le cycle de Méton, et qui n’est pas, non plus, rigoureux, car la Lune avance d’un jour tous les 3 siècles environ, dans ce calendrier. La réforme grégorienne a proposé une adaptation, assez complexe il faut le reconnaître, car elle voulait rester dans un cadre comparable à celui de la Pascalie julienne. Le Comput de l’Église catholique est presque correct ; pour les 25 premières années du 21e siècle, il ne se trompe qu’une seule fois. L’erreur de l’année 2007 Maintenant, venons en à la situation de cette année 2007. La pleine lune tombe le 2 avril, c’est-à-dire après le 21 mars, c’est donc la pleine lune Pascale pour les catholiques, et Pâques est le dimanche suivant, le 8 avril. Pour l’Église orthodoxe, la pleine lune tombe aussi le 2 avril, donc avant le 3 avril, date du printemps julien dans le calendrier grégorien. Ce n’est donc pas la pleine lune pascale julienne ! Il faudrait attendre la pleine lune suivante, soit le 2 mai et le dimanche suivant, soit le 6 mai, aurait dû être celui de Pâques. Or Pâques cette année tombe pour les orthodoxes le 8 avril. Cela résulte tout simplement de l’erreur du calendrier lunaire perpétuel julien qui, comme indiqué plus haut, dérive par rapport à la réalité d’environ un jour tous les trois siècles. Ces tables donnent cette pleine lune le 6 avril au lieu du 2 avril réel. Il faut se réjouir que malgré toutes ces erreurs, nous ayons une date de Pâques commune et correcte. Le Seigneur est miséricordieux. Il est temps de réformer le comput orthodoxes En conclusion, cet épisode illustre que la manière de déterminer la date de Pâques n’est pas satisfaisante dans le comput de l’Église orthodoxe et qui n’est plus conforme à la décision du concile. Il est temps d’abandonner les tables inexactes et suivre les indications des astres et de ceux qui les observent, pour qu’ainsi nous fêtions, tous les Chrétiens ensemble, la sainte et grande fête de la Résurrection du Christ selon les prescriptions du Concile de Nicée. Remarque : concordance avec la Pâque juive Il est très souvent évoqué, que la différence entre les pascalies occidentale et orientale, provient de ce que les occidentaux ont négligé le fait que Pâques doive se situer après la Pâque juive, afin de respecter la chronologie évangélique. Il s’agit là d’un malentendu. En effet, en premier lieu, la définition de Nicée, évoquant la pleine lune de printemps, avait à l’esprit tout naturellement la Pâque juive, qui tombe précisément ce jour là ! La définition de Nicée implique donc automatiquement que Pâques se fête après la Pâque juive. La réforme du pape Grégoire n’a bien entendu pas modifié cette règle. D’autre part, certains conciles locaux postérieurs à Nicée (par exemple le Concile d’Antioche en 330, ainsi que le septième Canon Apostolique), ont exhorté les fidèles à ne pas fêter Pâques “avec les Juifs”. Ceci est souvent invoqué pour “justifier” le comput orthodoxe. Il s’agissait alors de contrer certaines Églises qui conservaient le comput juif et non celui de Nicée. De plus, ces conciles et canons n’ont pas proposé de nouvelle définition, ni apporté de clarifications sur Nicée ; en effet, la définition de Nicée est claire et autoportante. Il suffit de l’appliquer ! P. Sollogoub, 15 Mars 2007 À venir... Rencontre de carême «Pâques 2007» le jeudi 22 mars à 20 heures 30 Thème : voir article p.9 Lieu : Temple protestant, 14 rue du Bassin, 92190 Meudon Réunion de l’atelier «L’Écriture Sainte dans le cycle liturgique» le vendredi 23 mars à 20 heures Thème : Pâques Lieu : Paroisse St-Séraphin-de-Sarov, 91 rue Lecourbe, Paris 15e (autres renseignements sur le site internet : www.saint-seraphin.net ) Chemin de croix œcuménique le vendredi 6 avril à 15 heures Lieu : Avenue du Château, 92190 Meudon Réunion de l’atelier «Approche de la Philocalie» le vendredi 20 avril à 20 heures Thème : Père Aimilianos de Simonos Petra Lieu : Paroisse Saint-Séraphin-de-Sarov (voir adresse ci-dessus) Réunion de l’atelier «L’Écriture Sainte dans le cycle liturgique» le vendredi 27 avril à 20 heures Thème : L’Ascension Lieu : Paroisse St-Séraphin-de-Sarov (voir adresse ci-dessus) Réunion de l’atelier «Introduction à la vie spirituelle selon les Pères de l’Église» le vendredi 4 mai à 20 heures Thème : Le développement : la prière du coeur Lieu : Paroisse St-Séraphin-de-Sarov (voir adresse ci-dessus) Réunion de l’atelier «Approche de la Philocalie» le vendredi 11 mai à 20 heures Thème : Père Ephrem de Katounakia Lieu : Paroisse Saint-Séraphin-de-Sarov (voir adresse ci-dessus) Rencontre Foi et Parole du jeudi 17 à partir de 16 h 30 au dimanche 20 mai à 15 h Organisée par la Fraternité orthodoxe en Europe occidentale et sous l’égide de l’AEOF Programme, renseignements et tarifs : Plaquette à técharger sur le site du SOP, http://www.orthodoxpress.com/ Lieu : Paray-le-Monial Inscriptions : Marie Khananié, 4 place Nationale, 75013 Paris Contact : Archiprêtre Serge et Anne Sollogoub tél. 09 51 70 97 33 - [email protected] À propos de notre paroisse Petit mémo pour la préparation des fêtes de Pâques À partir du samedi 24 mars : la liste pour les agapes sera disponible à l’église. N’oubliez pas d’y inscrire ce que vous prévoyez d’apporter! Samedi 24 mars : Cueillette du buis pour les rameaux au monastère Saint-Grégoire-et-Saint-Martin, rue SaintGrégoire, 45300 Bondaroy (près de Pithiviers). Rendez-vous au monastère vers15 heures (attention du sud de Paris, il faut bien compter une heure pour y aller). Contact : Catherine Hammou - 01 69 04 13 34. Samedi 31 mars, après la liturgie : nettoyage et rangement de l’église, décoration des rameaux, préparation des branches de rameaux à distribuer. Samedi 31 mars à 16 heures : catéchèse pour les enfants et répétition de chants pour les adultes. Une partie de la répétition sera consacrée à faire chanter les tropaires aux enfants. Dimanche 1er avril, après la liturgie : nettoyage du «jardin» qui entoure l’église. On pourra peut-être ainsi y faire nos processions ! Apporter pelles, pioches, rateaux, etc... Jeudi 5 avril : achat des fleurs nécessaires à la décoration de l’epitaphion, puis de l’église pour Pâques. Contact : Élisabeth Toutounov - 01 69 49 15 39. Vendredi 6 avril au matin : Décoration de l’epitaphion. Samedi 7 avril, après la liturgie : décoration de l’église pour Pâques et préparation de la salle pour les agapes. 11 Communiqué N° 01-07 du Conseil de l’Archevêché Réunion du 31 janvier 2007 Le Conseil de l’Archevêché s’est réuni, le 31 janvier 2007, sous la présidence de S. Ém. l’Archevêque Gabriel. Parmi les questions abordées : Préparation de l’Assemblée Générale ordinaire (AGO) de l’Archevêché Le Conseil de l’Archevêché a examiné et adopté le projet de programme de l’AGO, convoquée le lundi 30 avril 2007, l’après-midi (à partir de 14 h 30), et le mardi 1er mai (toute la journée).. Relations avec l’Église russe-hors frontières Mgr Gabriel a reçu, à Paris, le 23 janvier, le Révérend Archiprêtre Victor Potapov, recteur de la paroisse Saint-Jean-le-Précurseur à Washington et membre de la commission de dialogue de l’Église russe-hors frontières avec le Patriarcat de Moscou, et ce à la demande de ce dernier. Le père Victor Potapov a exposé l’état d’avancement de l’acte de rétablissement de la communion entre l’Église russe hors-frontières et le patriarcat de Moscou et les perspectives que cet acte devrait impliquer pour les relations de l’Église russe hors-frontières avec le plérome de l’Orthodoxie universelle. Vicariat de Grande-Bretagne et d’Irlande Une rencontre entre une délégation du Patriarcat de Constantinople et une délégation du Patriarcat de Moscou a eu lieu, le 23 janvier, à Chambésy (Suisse). Parmi les dossiers abordés figurait la situation créée après la décision patriarcale et synodale du Trône œcuménique, le 8 juin 2006, de recevoir S. Exc. l’évêque Basile dans sa juridiction à la suite de son appel au Patriarche Œcuménique, conformément aux canons du Concile de Chalcédoine (9e et 17e) (cf. communiqué 12-06). Des pistes en vue d’un règlement de la question ont été explorées par les deux délégations et doivent encore recevoir l’approbation des synodes des deux Églises respectives. Clergé Le Hiéromoine Boris (Chapchal), clerc du diocèse du Patriarcat de Moscou aux PaysBas, a été reçu, à sa demande, dans le clergé de l’Archevêché, après avoir obtenu une lettre de congé canonique de sa précédente autorité hiérarchique. Par décret de S. Ém. l’Archevêque Gabriel il est nommé comme prêtre auprès de la communauté du saint prophète Élie, à SintHuber (Pays-Bas). Enquête sur la composition et la vie des paroisses A ce jour (31 janvier, date limite pour le retour du questionnaire d’enquête), seulement vingtsix formulaires complétés sont parvenus à l’Administration Diocésaine (sur quatre-vingt envoyés), dont plus de la moitié provenant des paroisses du Nord de l’Europe. Institut Saint-Serge Une refonte des modalités de fonctionnement institutionnel de l’Institut Saint-Serge a été engagée sous la responsabilité du Révérend Père Archimandrite Job, doyen de l’Institut SaintSerge, et dans une vaste concertation avec les membres du corps professoral et les membres du Conseil d’Administration de l’Institut. Les nouvelles structures devraient être mises en place prochainement. Comptes 2006 et budget 2007 M. Ivan Cheret, trésorier de l’Archevêché, a présenté l’exercice budgétaire pour l’année écoulée et les prévisions pour l’année 2007. L’exercice 2006 a dégagé un résultat positif. Grâce à un plan de gestion plus rigoureux et aux relances faites dans les paroisses pour un versement de leurs cotisations statutaires, on note une augmentation de 20 % des recettes par rapport aux années passées. Travaux de la commission juridique et canonique Les réunions de la commission se poursuivent à un rythme régulier. Il s’agit de réactualiser le « statut type » des paroisses (associations cultuelles, selon la législation française) qui a été élaboré, en 1999, par la précédente Administration Diocésaine, et qui sur certains points s’avère non conforme à la législation en vigueur (loi de 1905) au risque de faire perdre aux paroisses le statut d’association cultuelle et les avantages qui sont reconnus à ce type d’associations par l’Administration française. Dans l’état actuel des travaux de la commission, il n’est pas prévu de modifier la formule liant, conformément à l’ecclésiologie orthodoxe, la paroisse et le diocèse, telle qu’elle est déjà inscrite dans la version précédente des statutstype, rédigés en 1999. Carnet de la paroisse 21 janvier 2007 23 janvier 2007 3 février 2007 4 février 2007 17 février 2007 21 mars 2007 15 avril 2007 28 avril 2007 29 avril 2007 Naissance de Maxime Sollogoub Naissance de Patrick Victoroff Naissance d‛Olga Khartchenko Baptême de Marc Victoroff Naissance de Maxime Gnana Baptême de Maxime Sollogoub Office pour les défunts à la mémoire de Catherine Sollogoub Baptême d‛Olga Khartchenko Baptême de Patrick Victoroff Mariage de Clémentine Lacaille et Serge Rehbinder Si vous souhaitez voir paraître une annonce dans le carnet de la paroisse, n‛hésitez pas à contacter Élisabeth Toutounov – 13 rue Guy Gotthelf, 91330 Yerres – 01-69-49-15-39 – [email protected] Avez-vous pensé à régler votre cotisation ? La paroisse est habilitée à recevoir des dons. Vous avez la possibilité de bénéficier d’une réduction d’impôts égale à 65% des dons versés dans la limite de 10% de votre revenu imposable. Les dons et les cotisations versés au trésorier de la paroisse sont à régler à l’ordre de “Association Saint-Jean”, soit par chèque bancaire, soit par versement au crédit du compte bancaire Association Saint-Jean, Société Générale Défense Leclerc Banque 30003 – agence 03832 – n° de compte 00037265531 clé 68. 12 Des nouvelles de l’Assemblée des Évêques Orthodoxes de France… Communiqué du 26 janvier 2007 A l’occasion de la journée d’hommage national à l’Abbé Pierre, l’Assemblée des Évêques Orthodoxes de France (AEOF) en exprimant ses condoléances, s’associe au deuil de l’Église catholique de France et de la société française pour le décès du très regretté l’Abbé Pierre. La France toute entière mesure aujourd’hui l’affection et l’estime qu’elle portait pour cette grande figure nationale qui a marqué le 20e siècle français. Certains disaient de lui qu’il avait « un pied dans l’Église et un pied en dehors ». Il était en effet capable, tout en étant dans une filiation ecclésiale totale, d’interpeller la plus haute hiérarchie de l’Église sur des sujets qui heurtaient sa conscience ecclésiale. En vérité, il avait placé devant lui-même l’échelle chrétienne du « sacrement du frère » qui lui dictait le don total de soi même pour le service des autres à l’image du Christ. Au-delà de tout, l’Abbé Pierre a été et restera dans le souvenir des français, une grande conscience pour le bien et le témoin engagé d’une diaconie, d’un service, au profit de l’autre, quel qu’il soit et quelle que soit sa condition. Que sa mémoire soit éternelle ! Communiqué du 1er février 2007 Sa Sainteté le patriarche œcuménique de Constantinople, Bartholomée Ier, premier parmi ses égaux dans l’épiscopat de l’Église orthodoxe, arrive aujourd’hui en France, invité par le président de la République française, monsieur Jacques Chirac, pour participer à la Conférence de Paris pour une gouvernance écologique mondiale « Citoyens de la Terre » qui se tiendra les 2 et 3 février 2007. Sa Sainteté, dont l’engagement en faveur de la protection de l’environnement est mondialement connu, prononcera un discours à l’adresse de la Conférence de Paris mettant en relief les fondements notamment théologiques qui président à la nécessité d’une réflexion et d’une action, sur le plan international, en faveur de la protection de l’environnement. Il présentera également les initiatives prises par le Patriarcat Œcuménique depuis plus de dix ans dans ce domaine. Au cours de son séjour en France, le patriarche Bartholomée sera reçu aujourd’hui dans l’après midi par monsieur le président de l’Assemblée Nationale, monsieur Jean Louis Debré. Il sera accueilli par la suite à la cathédrale grecque Saint Étienne (7 rue Georges Bizet, 75116 Paris), siège de l’Assemblée des Évêques Orthodoxes de France, par le métropolite Emmanuel, titulaire du diocèse grec du Patriarcat Œcuménique en France, en présence des évêques membres de l’Assemblée, où une Doxologie (Te Deum) sera chantée à 18h30 suivie d’une réception. Le lendemain, 2 février, Sa Sainteté prendra part aux travaux de la Conférence de Paris et assistera à 17h45 à un office de vêpres à la cathédrale Notre Dame de Paris où il sera accueilli par Son Excellence, l’archevêque de Paris, Monseigneur André Vingt-Trois. Communiqué du 3 février 2007 Le site de la présidence de la République a mis en ligne un compte-rendu de la rencontre de Sa Sainteté le patriarche œcuménique de Constantinople, Bartholomée Ier, avec le président de la République. Nous le reproduisons ci-après in extenso. « Compte-rendu de l’entretien de M. Jacques Chirac, Président de la République, avec Sa Sainteté Bartholomée Ier, Patriarche œcuménique de Constantinople. Palais de l’Élysée - Paris le 2 février 2007 Le Président de la République s’est entretenu avec Sa Sainteté Bartholomée Ier, Patriarche œcuménique de Constantinople. Le Président de la République a vivement remercié le Patriarche œcuménique pour sa contribution à la Conférence «Citoyens de la Terre» et a souligné combien son action personnelle en faveur de l’environnement est utile et appréciée. Le Président de la République a également souligné l’importance qui s’attache à développer le dialogue des cultures et des religions et a été sensible aux propos du Patriarche œcuménique à cet égard. Enfin, évoquant avec le Patriarche œcuménique la situation des chrétiens de Turquie, le Président de la République a réaffirmé l’attachement de la France à la liberté religieuse et au respect des droits des minorités. » Calendrier liturgique Mercredi 21 mars 19h00 20h30 Vendredi 23 mars 19h00 Samedi 24 mars Dimanche 25 mars Vêpres et Liturgie des Présanctifiés Office pour les défunts à la mémoire de Catherine Sollogoub Complies Acathiste à la Mère de Dieu 18h00 Vigiles 10h00 Proscomidie et Liturgie de st Basile Annonciation - 5e Dimanche du carême : mémoire de sainte Marie l’Égyptienne 18h30 Vêpres Mercredi 28 mars 19h00 Vêpres et Liturgie des Présanctifiés Vendredi 30 mars Samedi 31 mars 19h00 9h00 Samedi 31 mars Dimanche 1er avril ton 8 Vigiles Proscomidie et Liturgie de st Jean Chrysostome Résurrection de Lazare 18h00 Vigiles 10h00 Proscomidie et Liturgie de st Jean Chrysostome Dimanche des Rameaux : entrée de notre Seigneur à Jérusalem Répartition des services 25 mars 31 mars 1er avril Prosphores café et fleurs vin, eau et huile nettoyage Catherine Hammou Magdalena Gérin Hélène Lacaille Marie Prevot Marie-Josèphe de Bièvre Catherine Hammou Jean-François Decaux Élisabeth Toutounov Tatiana Sollogoub Élisabeth Toutounov Jean-François Decaux 13 Calendrier liturgique Sainte et grande semaine Dimanche 1er avril 19h00 Matines Office du Fiancé Lundi 2 avril 19h00 Matines Office du Fiancé Mardi 3 avril 19h00 Matines Office du Fiancé Mercredi 4 avril 19h00 Matines Jeudi 5 avril 9h00 Vendredi 6 avril Vêpres et Liturgie de saint Basile Sainte Cène 19h00 Matines Les 12 évangiles 12h30 Vêpres Vénération de l’épitaphion 19h00 Matines Office de l’Ensevelissement Samedi 7 avril 9h00 Samedi 7 avril 22h00 Vêpres et Liturgie de saint Basile Nocturnes. Procession pascale Matines pascales Dimanche 8 avril 00h00 Liturgie de Pâques Saint grand et lumineux dimanche de Pâques - Résurrection du Christ Samedi 14 avril Dimanche 15 avril Samedi 21 avril Dimanche 22 avril 18h00 10h00 Vigiles Proscomidie et Liturgie Dimanche de Thomas 18h00 Vigiles 10h00 Proscomidie et Liturgie Dimanche des Myrophores et du Juste Joseph d’Arimathie ton 2 Samedi 28 avril Dimanche 29 avril 18h00 9h30 Vigiles Proscomidie et Liturgie Dimanche du Paralytique ton 3 Samedi 5 mai Dimanche 6 mai 18h00 10h00 Vigiles Proscomidie et Liturgie Dimanche de la Samaritaine ton 4 Lundi 7 mai Mardi 8 mai 19h00 Vigiles 10h00 Proscomidie et Liturgie Saint Jean l’évangéliste. Fête de la paroisse Samedi 12 mai Dimanche 13 mai 18h00 10h00 Vigiles Proscomidie et Liturgie Dimanche de l’aveugle-né Mercredi 16 mai Jeudi 17 mai 19h00 10h00 Vigiles Proscomidie et Liturgie Ascension ton 5 Répartition des services Prosphores café et fleurs vin, eau et huile Anne von Rosenschild Danielle Chveder Anne von Rosenschild Sophie Tobias Agapes Catherine Hammou Tatiana Sollogoub Jean-François Decaux 15 avril Élisabeth Sollogoub Sophie Khartchenko Élisabeth Toutounov 22 avril Magdalena Gérin Anne Sollogoub Tatiana Sollogoub 29 avril Catherine Hammou Agapes Anne von Rosenschild 6 mai Anne Sollogoub Denise Trosset Catherine Hammou 8 mai Hélène Lacaille Agapes Jean-François Decaux Anne von Rosenschild Élisabeth Toutounov 13 mai Sophie Tobias Jean-François Decaux Tatiana Sollogoub 17 mai Tatiana Sollogoub Catherine Hammou Anne von Rosenschild 20 mai Magdalena Gérin Élisabeth Toutounov Catherine Hammou Les prises de position dans les articles publiés ne reflètent que l’opinion personnelle de leurs auteurs. Directeur de la publication : Archiprêtre Serge Sollogoub Équipe de rédaction : Clémentine Lacaille, Anne Sollogoub, Élisabeth Toutounov Ont également participé à ce numéro : Cyrille et Pierre Sollogoub - Expédition : Anne Sollogoub Si vous souhaitez rejoindre l’équipe de rédaction ou contribuer à un prochain numéro, adressez vos demandes à Élisabeth Toutounov – 13 rue Guy Gotthelf, 91330 Yerres – 01-69-49-15-39 – [email protected] L’ensemble des textes publiés peuvent être reproduits avec l’indication de la source : Feuillets Saint-Jean nettoyage 5 avril 8 avril William Agbodjan Marie Prevot Élisabeth Toutounov Jean-François Decaux William Agbodjan Marie Prevot Élisabeth Toutounov Jean-François Decaux