Page 203 - Domus Libri

Transcription

Page 203 - Domus Libri
FRANCE PITTORESQUE. — MAINE.ET-LOIRE
braves, une répugnance presque invincible pour le service
militaire régulier ; ils se battent volontiers pour la défense de
leurs foyers, mais ils veulent mourir sur le sol qui les a vus
naître.
Dans les autres contrées de l'Anjou, les époux de toutes
les classes se tutoient dès le lendemain de leurs noces; dans les
Mauges, au contraire, aussitôt les cérémonies du mariage
accomplies, les mariés, qui la veille se tutoyaient, se disent
vous : la femme ne parle plus à son mari qu'avec déférence et
respect.
COSTUMES.
Le costume des hommes offre peu de variété. Le bleu est
la couleur dominante. Un chapeau à larges bords, une veste
assez étroite, un gilet croisé sur la poitrine, quelquefois une
courte blouse par-dessusi le tout : tel est le vêtement général
des paysans. Il n'y a de différences que pour les pantalons,
que, dans certaines localités voisines de la Vendée, on porte
larges et flottants, et qui sont étroits et collants dans d'autres
communes de l'arrond. de Saumur. — Le costume des femmes
varie principalement par la coiffure. — L'influence de la mode
poitevine est très sensible ; depuis Montsoreau jusqu'à
Saumur, les femmes portent des jupes courtes et des coiffures
unies à longues barbes pendantes sur les épaules. La véritable
coiffure angevine, le. bonnet rond plissé, ne commence qu'aux
Tuffaux, et on le voit, sans interruption;, jusqu'au Marillais ;
au-delà, il se trouve en concurrence avec la grande coiffure
nantaise à longues et larges barbes, plutôt faites pour
embarrasser celle qui les porte que pour l'embellir. Ainsi la
mode bretonne domine dans le Bas-Anjou, comme la mode
poitevine dans le Haut-Anjou.
« En 1792, dit M. Bodin, on voyait encore des vieillards
portant des hauts-de-chausse et des bas de grosse serge comme
du temps de Henri IV. Actuellement les bas d'estameii et les
souliers sont en usage pour les deux sexes ; le luxe des
vêtements a. pénétré jusque dans les lieux les plus agrestes ».
LANGAGE.
La langue usitée dans les villes du département est la
langue française, avec un accent un peu traînant, mais les
habitants des villages ont divers patois qui leur sont propres, et
qu'on ne comprend plus à quelques lieues de distance. Celui
qui est en usage sur la rive gauche de la Loire est le plus
remarquable : il est composé, en grande partie, de latin et de
français corrompu de quelques mots anglais, et d'autres dont il
est impossible de deviner l'étymologie. Les paysans y tiennent
beaucoup et s'en servent uniquement entre eux ; presque tous
cependant entendent le français ; quelques-uns même le
parlent bien, mais ils n'osent s'exprimer avec pureté, de peur
que les voisins ne les plaisantent sur leur parler noblat,
expression employée dans le pays pour désigner la langue
française.
NOTES BIOGRAPHIQUES.
Le département de Maine-et-Loire a produit un si grand
nombre d'hommes distingués en tous genres, que nous ne
pouvons les nommer tous Nous nous bornerons à rappeler,
parmi ceux qui appartiennent, à des temps antérieurs à
l'époque contemporaine, le fameux
iii
découverte, en forme de chaire à prêcher. C'était là que des
moines annonçaient l'Évangile aux habitans de Chalonnes
avant qu'ils fussent définitivement convertis. Tant que
l'orateur se renfermait dans la morale et les dogmes, on
l'écoutait avec docilité; mais la multitude se dissipait dès qu'il
en venait a l'obligation de payer la dîme. Ce manège s'étant
renouvelé souvent, les moines, las d'y perdre leur éloquence,
admirent enfin les Chalonnais aux pratiques de la religion
chrétienne, en leur accordant a jamais l’affranchissement de
ce tribut ecclesiastique ; mais ils crurent les punir en leur
donnant le sobriquet de non croyans » Sobriquet que les
Chalonnais ont gardé et dont, quoique très pieux, ils ne se
formalisent pas
203
si illustre du XVIe siècle, que Charles IX voulut lui-même le
sauver du massacre de la Saint-Barthélemy ; la famille
BRISSAC, célèbre dans les armes ; celle de MAILLE-BRÉZÉ, les
Du BELLAY, le maréchal de CONTADES, le maréchal SCEPEAUX
DE VIEILLEVILLE , le général TURPIN DE CRISSÉ, la savante
madame DACIER, le spirituel MÉNAGE, le fameux voyageur
BERNIER, le grand jurisconsulte et publiciste iv BODIN, etc.
Le pays qui a fourni aux armées vendéennes les généraux
CATHELINEAU, BONCHAMP, DE SCEPEAUX, BOURMONT,
D'AUTICHAMP, etc, compte aussi parmi les généraux de la
République et de l'Empire des hommes distingués par leur
patriotisme et leurs talents militaires : QUÉTINEAU, BONTEMPS,
LEMOINE, DELAAGE, DESJARDINS, GIMARD, ÉVAIN, et d'autres
braves tels que CHALOPPIN, COQUEREAU, ALAIN, GAUTIER,
GAUCHAIS, etc. ; le noble défenseur de Verdun, BEAUREPAIRE,
qui préféra la mort à une capitulation déshonorante : l'héroïque
DUPETIT -THOUARS, tué à la bataille navale d'Aboukir au
moment où il s'écriait : Équipage du Tonnant, n'amenez pas
votre pavillon ! appartiennent au département. Le frère de
DUPETIT -THOUARS, auteur de la Flore des Antilles, est un de
nos plus savants botanistes.
Parmi les contemporains célèbres à divers titres, on
remarque: LA RÉVEILLÈRE LÉPAUX, ancien directeur de la
République, qu'on a présenté long-tempsv et à tort comme le
fondateur des théophilanthropes vi ; les conventionnels
CHOUDIEU et TALOT ; PILASTRE, ancien maire d'Angers,
membre de l'Assemblée constituante, BREVET DE BEAUJOUR et
LECLERC de Chalonnes, ses collègues, ce dernier auteur de
plusieurs ouvrages estimés ; l'intendant FOULON DE DOUÉ, une
des premières victimes des excès révolutionnaires ; le fameux
curé de Saint-Laud, BERNIER, évêque d'Orléans, qui a joué un
grand rôle dans la pacification de la Vendée; GALLAIS,
publiciste; TROUVÉ, ancien préfet, auteur d'une excellente
Statistique de l'Aude ; LA BOURDONNAYE, ancien député et
ancien ministre de l'intérieur; BODIN père et FÉLIX BODIN son
fils, tous les deux successivement députés, le premier auteur
de savantes et consciencieuses Recherches sur l'Anjou et le
Saumurois, le second auteur d'un Résumé de l'histoire de
France qui a eu un grand nombre d'éditions ;Th. PAVIE, jeune
écrivain plein de verve et doué d'un esprit observateur.
Enfin, au nombre des hommes du département qui
s'occupent des arts et des sciences, il y en a qui sont placés à
un haut rang, tels sont, DAVID d’Angers, notre premier
sculpteur; CHEVREUL et PROUST, habiles chimistes; BECLARD,
médecin célèbre. A ces noms illustres nous ajouterons celui
d'hommes utiles et zélés pour les progrès, BODINIER, peintre
d'histoire ; BILLARD, médecin physiologiste ; BASTARD et
MILLET, naturalistes, etc.
TOPOGRAPHIE
Le département de Maine-et-Loire est un département
méditerranévii, région de 1'ouest, formé de la ci-devant
province d'Anjou et du Saumurois. - Ses limites sont : au nord,
la Mayenne et la Sarthe ; à l'est, l'Indre-et-Loire ; au sud, la
Vienne, les Deux-Sèvres et la Vendée ; à. l'ouest, la LoireInférieureviii — I1 tire son nom des deux principales rivières
qui le traversent ; la Loire et la Mayenne par abréviation
Maine, qui a son embouchure dans la Loire. — Sa superficie
est de 719,880 ix arpents métriques.
SOL — Il repose généralement sur une base schisteuse et
calcaire. Fertile et gras dans les vallées de la Loire et de la
Mayenne où se trouvent principalement les plaines ; il
présente dans le reste du département des ondulations
quelquefois assez élevées, et où les bruyères et les landes, sont
communes.
RIVIÈRES ET ILES.— Les principales rivières du
département sont la Loire, le Loir, la Sarthe, la Mayenne, l’
Oudon, 1'Authion, le Thouet et le Layon. — La Loire et la
Mayenne sont navigables dans toute la partie de leur
i
SAINT-HILAIRE, évêque de Poitiers ; AMBROISE PARÉ, médecin
ii
Sic.
L'estame est le fil de laine plus tors (torsadé)
iii
iv
v
vi
vii
viii
ix
qu'à l'ordinaire pour lui donner plus de
résistance. Il est utilisé pour tisser ou tricoter
des bas, des bonnets, des gants.
Cette note est la suite de la note se trouvant en
bas de page 202.
Vers 1750, ce terme signifiait écrivain
politique. A la révolution, il signifiait
journaliste.
Sic
Le
théophilantropie
est
un
système
philosophique et religieux qui s'inspire du
déisme, à la mode entre 1796 et 1801 et voulait
remplacer le catholicisme. Ce nom repose sur
des racines grecques et voulait signifier ami de
dieu et de l'homme.
Qui est à l'intérieur des terres comme la mer
qui porte ce nom.
Aujourd'hui dénommée Loire-Atlantique.
On remarquera la séparation des milliers par
une virgule comme en Grande-Bretagne.
Quelle est la valeur dans le système métrique
d'un arpent métrique ?
Index des noms propres
Aboukir
1
ALAIN
1
AMBROISE
1
Angers
1
Anjou
1
Aude
1
Authion
1
Bas-Anjou
1
BASTARD
1
BEAUREPAIRE
1
BECLARD
1
BERNIER
1
BILLARD
1
Bodin
1
BODIN
1
BODINIER
1
BONCHAMP
1
BONTEMPS
1
BOURMONT
1
BREVET
1
BRISSAC
1
CATHELINEAU
1
Chalonnes
PARÉ
DE
BEAUJOUR
1
CHALOPPIN
1
Charles IX
1
CHEVREUL
1
CHOUDIEU
1
CONTADES
1
COQUEREAU
1
DACIER
1
DAVID
1
DE
1
DELAAGE
1
DESJARDINS
1
Deux-Sèvres
1
Du
1
DUPETIT-THOUARS
1
ÉVAIN
1
fleuve
Loire
1
Mayenne
1
FOULON
De
1
France
1
GALLAIS
1
GAUCHAIS
1
GAUTIER
1
GIMARD
1
Haut-Anjou
1
Indre-et-Loire
1
LA
1
LA
RÉVEILLÈRE
1
Layon
1
LECLERC
1
LEMOINE
1
Loir
1
Loire
1
Loire-Inférieure
1
MAILLE-BRÉZÉ
1
Maine
1
Maine-et-Loire
1
Marillais
d’Angers
SCEPEAUX
BELLAY
DOUÉ
BOURDONNAYE
LÉPAUX
1
Mauges
1
Mayenne
1
MÉNAGE
1
MILLET
1
Montsoreau
1
Oudon
1
PAVIE
1
BODIN
1
PILASTRE
1
Poitiers
1
PROUST
1
QUÉTINEAU
1
Thouet
1
Saint-Barthélemy
1
SAINT-HILAIRE
1
Saint-Laud
1
Sarthe
1
Saumur
1
Saumurois
1
SCEPEAUX
1
TALOT
1
Tonnant
1
TROUVÉ
1
Tuffaux
1
TURPIN
1
Vendée
1
Vienne
1
DE
DE
VIEILLEVILLE
CRISSÉ