Marie-Pierre FOURQUET-COURBET et Karim MESSEGHEM
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Marie-Pierre FOURQUET-COURBET et Karim MESSEGHEM
1ERE JOURNEE DE RECHERCHE RELATIONS ENTRE INDUSTRIE ET GRANDE DISTRIBUTION ALIMENTAIRE JEUDI 29 MARS 2007, AVIGNON LES STRATEGIES RHETORIQUES DES DISTRIBUTEURS FACE A LA LOI DUTREIL-JACOB : LE CAS DU BLOG DE MICHEL-EDOUARD LECLERC1 Marie-Pierre FOURQUET-COURBET Maître de conférences Université d’Avignon Laboratoire Culture et Communication [email protected] Karim MESSEGHEM Professeur des Universités Université d’Avignon PRATIC [email protected] Résumé Le champ de la grande distribution a vécu une transformation institutionnelle à l’occasion de la promulgation de la loi Dutreil-Jacob. Cette loi est destinée à assurer une meilleure régulation entre industrie et grande distribution alimentaire. Pendant environ deux ans, une réflexion a été engagée pour réformer la loi Galland, durant laquelle de nombreuses voix se sont faites entendre. Cette contribution propose de mieux comprendre le processus de changement institutionnel vécu par le secteur de la distribution lors de l’émergence de la loi Dutreil-Jacob. Il s’agira plus précisément d’analyser le rôle joué par Michel-Edouard Leclerc. La mobilisation du courant néo-institutionnel nous permettra de montrer comment le discours Leclerc a pu influencer ce processus. Ce courant insiste sur la dimension discursive du processus institutionnel. En nous appuyant sur l’analyse du blog alimenté par Leclerc au cours de l’année 2005, nous proposerons d’établir un lien entre le discours entretenu et la nouvelle loi Dutreil-Jacob qui structure aujourd’hui le secteur de la grande distribution. Cette analyse qui se fonde sur les travaux français de la pragmatique de la communication a notamment été faite avec le logiciel Tropes. Elle nous a permis de mettre en évidence les stratégies rhétoriques adoptées par Michel-Edouard Leclerc. 1 Les auteurs tiennent à remercier les évaluateurs qui, par leurs remarques et suggestions, ont contribué à améliorer la qualité de ce texte. Actes de la 1ère Journée ComIndus - 29 mars 2007 - Avignon Au cours des quarante dernières années, la famille Leclerc a participé activement au développement de la grande distribution alimentaire moderne. Elle a joué un rôle de pionnier et a contribué à institutionnaliser le champ de la grande distribution. Ce parcours original lui confère une forte légitimité dans la profession. Michel-Edouard Leclerc, fils du fondateur du groupement éponyme, est intervenu avec véhémence dans le débat sur la réforme de la loi Galland. Il a publié un ouvrage d’entretiens (Leclerc, 2004), il a lancé un blog qu’il alimente très régulièrement de réflexions très générales ou très pointues sur l’univers de la distribution. L’objet de cet article est de montrer comment le discours de Leclerc a influencé le débat sur la régulation entre industrie et grande distribution et la loi Dutreil. D’un point de vue théorique, l’objectif de cette contribution est de mieux comprendre le processus de changement institutionnel qui a secoué le secteur de la distribution en soulignant le rôle joué par Michel-Edouard Leclerc (MEL). La mobilisation du courant néo-institutionnel nous permettra de montrer que MEL peut être considéré comme un entrepreneur institutionnel. Ce courant insiste sur la dimension discursive du processus institutionnel. En nous appuyant sur l’analyse du blog alimenté par MEL au cours de l’année 2005, nous proposons d’établir un lien entre le discours entretenu et la nouvelle loi Dutreil qui structure aujourd’hui le secteur de la grande distribution. Cette analyse se fonde sur les travaux français de la pragmatique de la communication (Ghiglione et Trognon, 1993)2. Dans une première partie, nous présenterons le cadre de l’étude en mobilisant la littérature sur le discours de l’entrepreneur institutionnel et en particulier les travaux de Suddaby et Greenwood (2005) sur les stratégies rhétoriques. Nous évoquerons l’évolution du champ de la distribution en essayant de mettre en exergue le rôle de MEL. Dans une deuxième partie, nous montrerons comment le discours de MEL a influencé la loi Dutreil qui fixe un nouveau cadre aux relations entre industriels et distributeurs. Nous proposerons un cadre d’analyse permettant de mettre en évidence les stratégies rhétoriques. 1 - Entrepreneuriat institutionnel et discours DiMaggio (1988) a introduit la notion d’entrepreneur institutionnel pour montrer que certains agents sont susceptibles de transformer leur champ organisationnel. Comme l’entrepreneur classique, il est à la poursuite de nouvelles opportunités (Lévy-Tadjine et al., 2006). Ces deux figures de l’entrepreneuriat sont à distinguer (Messeghem et Fourquet-Courbet, à paraître). La différence porte notamment sur la nature des opportunités poursuivies. L’entrepreneur institutionnel est un acteur qui repère et exploite non pas des opportunités d’affaires mais des opportunités politiques (Rao et al., 2000). Son action va se traduire par une prise de parole qui peut prendre de nombreuses formes : campagne publicitaire, interview, blog… Après avoir élucidé la relation entre le discours et le processus d’institutionnalisation, nous présenterons les stratégies rhétoriques mises en œuvre par les entrepreneurs institutionnels. Le champ de la grande distribution fera ensuite l’objet d’une analyse qui nous permettra de mieux comprendre le rôle joué par MEL dans sa mutation institutionnelle. 1.1 - Discours et institutionnalisation L’exploitation d’une opportunité politique consiste à remettre en cause l’ordre établi. Elle peut se réaliser par un lobbying et/ou par une prise de parole de la part de l’entrepreneur 2 L’analyse a notamment été faite avec le logiciel Tropes. 1 Actes de la 1ère Journée ComIndus - 29 mars 2007 - Avignon institutionnel. Sudabby et Greenwood (2005) évoquent « the skilled use of language as a critical dynamic by which alternative logics are contested » (p.39). Nous allons centrer notre analyse sur l’usage du langage comme source d’institutionnalisation et de désinstitutionnalisation. Le langage est au cœur du processus d’institutionnalisation, il contribue à la construction sociale de la réalité (Berger et Luckmann, 1967). Cette importance du langage est reconnue, mais comme le montrent Phillips et al. (2004) s’appuyant sur Zucker (1991), les recherches sur l’institutionnalisation se focalisent plus sur les effets que sur le processus qui est considéré comme une boîte noire. Pour ces auteurs, l’analyse du discours fournit un cadre pour mieux comprendre comment les institutions sont construites et reproduites. La notion de discours est polysémique. Phillips et al. (2004) proposent de s’appuyer sur la définition de Parker (1992, p.5) : «a system of statements which constructs an object ». Le discours donne un sens au monde qui nous entoure. Il est composé d’un ensemble de textes significatifs. Selon Phillips et al. (2004), les textes ne sont pas seulement des transcriptions écrites. Il s’agit de tout médium physique permettant d’être conservé et accessible aux autres. Ces auteurs proposent un modèle qui met en relation discours, textes et actions. Dans ce modèle, les institutions ne sont pas construites directement à travers les actions mais plutôt indirectement par la production de textes. Ces derniers apparaissent comme un médiateur entre l’action et le discours et contribuent ainsi au processus d’institutionnalisation du champ (voir Figure 1). Comme le soulignent Phillips et al. (2004) : « we argue that institutions are constituted by the structured collections of texts that exist in a particular field and that produce the social categories and norms that shape the understandings and behaviors of actors » (p. 638). Figure 1 – La relation entre action et discours (Phillips et al. 2004, p. 639) Discours Textes Institutions Textes Institutions Institutions Textes Action Les entrepreneurs institutionnels peuvent participer à la construction du discours pour influencer leur environnement et les institutions qui les entourent. Comme l’affirment Munir et Phillips (2005) « by strategically producing and disseminating various texts, organisations seek to develop discourses that suit their particular interests and advance their preferred technologies » (p. 1667). Pour insuffler le changement, les entrepreneurs institutionnels sont amenés à faire un usage compétent du langage. Suddaby et Greenwood (2005) introduisent la rhétorique, l’art de la persuasion, pour expliquer la remise en cause des logiques dominantes 2 Actes de la 1ère Journée ComIndus - 29 mars 2007 - Avignon au sein d’un champ. Ces auteurs parlent de stratégie de rhétorique qu’ils définissent comme : « the deliberate use of persuasive language to legitimate or resist an innovation by constructing congruence or incongruence among attributes of the innovation, dominant institutional logics, and broader templates of institutional changes » (p. 41). Les acteurs peuvent développer différentes stratégies de rhétorique pour engager ou s’opposer au changement institutionnel. Sudabby et Greenwood (2005) dans leurs études des grands cabinets d’audits américain (big five) ont mis en évidence cinq stratégies de rhétorique utilisées par les acteurs pour théoriser le changement : - téléologique : les arguments mis en avant justifient le changement comme une réponse à un « grand plan » ou un objectif ultime. La rupture est inéluctable pour assurer un bien être futur. Il s’agit d’un choix qui exprime la volonté des acteurs de participer à ce grand dessein. La grande distribution s’est développée en réponse à un grand dessein qui est la modernisation du commerce. La loi Galland a pu apparaître comme une entrave à son accomplissement en contenant la concurrence. - ontologique : les arguments reposent sur des catégorisations logiques soulignant ce qui peut ou qui ne peut pas co-exister a priori. Suddaby et Greenwood (2005) mettent en avant dans leur étude des expressions comme « conflit fondamental », « des concepts incompatibles » (p. 51). Pour ces auteurs, cette stratégie de rhétorique correspond à une résistance au changement. Les PME et les syndicats se sont exprimés contre le projet de loi Dutreil dans une position commune du 15 juin 2005 (CGAD, CGPME, FNSEA et l'UPA) dénonçant le nouveau seuil de revente à perte (article L.442-2 du code du commerce). Le discours souligne le risque de « délocalisation de la production agricole » ou de « disparition du commerce de proximité », autrement dit, l’incompatibilité entre la nouvelle loi et activités agricoles et commerce de proximité. - cosmologique : l’argumentation est proche de celle avancée dans une stratégie de rhétorique téléologique mais elle s’en distingue par rapport aux rôles des acteurs. La théorisation cosmologique présente les champs organisationnels comme soumis à des évolutions qui dépassent la volonté des acteurs. Ces évolutions répondent à des lois universelles qui ont un caractère inexorable. Suddaby et Greenwood (2005) citent, par exemple, des forces aussi vagues que la « globalisation » ou les « exigences des clients » (p. 55). Dans le champ de la distribution, on peut s’attendre à une justification d’une modification de la loi Galland par référence aux lois du marché, au libéralisme ou encore à la liberté des prix. - historique : le discours fait référence à l’histoire et à la tradition. Cette stratégie rhétorique peut à la fois être utilisée pour justifier le changement ou s’y opposer. Le changement peut y être abordé en termes de sentier de dépendance, dans une logique évolutionniste. La grande distribution insiste sur le rôle qu’elle a joué dans l’évolution du commerce au cours de ces cinquante dernières années. Elle a contribué à la modernisation des canaux et a ainsi permis de faire bénéficier aux consommateurs des fruits de la production de masse. - basée sur les valeurs : la ligne d’argumentation est sous-tendue par une vision éthique du changement. Dans quelle mesure, le changement peut-il contribuer à améliorer ou détériorer ce en quoi l’organisation croit ? Cette stratégie de rhétorique fait référence à une légitimité normative ou morale (Suchman, 1995). La communication des distributeurs met l’accent aujourd’hui sur la défense du pouvoir d’achat. Cette volonté de protéger le consommateur en 3 Actes de la 1ère Journée ComIndus - 29 mars 2007 - Avignon lui faisant bénéficier d’une partie des marges arrières a été au cœur de la justification par les distributeurs d’une réforme de la loi Galland. L’analyse de ces stratégies de rhétorique montre qu’elles peuvent être utilisées par les distributeurs pour justifier l’émergence de nouvelles règles au sein de leur champ organisationnel. Parmi ces cinq stratégies, seule la théorisation ontologique ne semble pas adaptée à l’expression d’une volonté de changement. Notre objectif consiste à définir les stratégies retenues par MEL pour remettre en cause la loi Galland. Mais avant de les analyser, il convient de préciser le contexte de notre étude. 1.2 - L’évolution du champ de la distribution : le rôle de Michel-Edouard Leclerc Pour étudier l’influence de MEL dans la régulation des relations entre industrie et grande distribution, nous avons mené une analyse de son discours collecté sur son blog consacré à la réforme de la loi Galland. Avant de procéder à l’analyse du blog de MEL, nous nous arrêterons sur les transformations du champ de la distribution. La distribution peut être considérée comme un champ organisationnel (Messeghem, 2005) en proie à des transformations profondes. Il est composé de nombreux groupes aux objectifs divergents (Chanut, 2004). Les principaux acteurs sont l’Etat, les grands distributeurs, les grands industriels, les PME et les consommateurs/citoyens. L’Etat contribue à réguler les relations entre industriels et consommateurs. Au cours de la dernière décennie, il est intervenu à de nombreuses reprises en précisant les règles sous forme de directives (Directives Dutreil), en mettant en place une Commission de surveillance des pratiques commerciales (loi sur les Nouvelles régulations économiques - NRE) et en proposant un nouveau cadre légal (Loi Dutreil). Ces évolutions traduisent un changement institutionnel qui a été déclenché ou tout du moins favorisé par un choc exogène : le développement du hard discount. Au cours de cette décennie, les nouveaux entrants comme Lidl ou Aldi ont remis en question les certitudes des grands groupes de distribution. Ils sont parvenus à s’arroger plus de 13 % de part de marché dans un secteur mature. Cette performance constitue une profonde remise en question pour les grands groupes de distribution dont le modèle économique était fondé sur l’hypermarché. Ces deniers ont dû repenser leur modèle économique en redonnant tout son lustre au discount. Chronologie Juillet 1996 : Loi relative la loyauté et à l’équilibre des relations commerciales, dite « loi Galland » Mai 2001 : Loi NRE mise en place de la Commission d’examen des pratiques commerciales Mai 2003 : circulaire Dutreil visant à réduire la dérive des marges arrières Février 2004 : Campagne du groupe Leclerc sur la dégradation du pouvoir d’achat Juin 2004 : Accord Sarkozy visant à diminuer le prix des grandes marques Octobre 2004 : Rapport Canivet Février 2005 : Campagne du Groupe Leclerc sur la défense du pourvoir d’achat Février 2005 : Rapport Chatel proposant une nouvelle définition du seuil de revente à perte (SRP) Juillet 2005 : Loi Dutreil/Jacob Novembre 2005 : Circulaire Dutreil Le développement du hard discount a fait craindre à certains groupes de distribution que les rapports de force soient modifiés au sein du champ et que leur légitimité soit mise à mal. 4 Actes de la 1ère Journée ComIndus - 29 mars 2007 - Avignon C’est dans ce contexte que le groupe Leclerc a pris la parole pour demander une réforme de la loi Galland. L’extrait suivant exprime cette crainte : « Je sais que si je laisse déraper les prix, je ne pourrai plus prétendre être socialement utile. Je perdrais toute crédibilité. Et nos entreprises disparaîtraient ! » (Leclerc, 2004, p. 208). Le groupe Leclerc s’est érigé comme défenseur du pouvoir d’achat en réclamant la possibilité de répercuter une partie des marges arrières en diminution du prix de vente. L’offensive a été menée en deux temps. Une première campagne a été lancée fin 2002 sur le thème « on nous ment sur le pouvoir d’achat »3. Le groupe Leclerc a fait appel à une société indépendante, BIPE, pour proposer un nouvel indice montrant une diminution du pouvoir d’achat et s’opposant à l’indice officiel de l’INSEE. Une campagne d’affichage sur ce thème a été lancée début 2003 signée par l’Agence Australie mettant en scène un autre monde dans lequel vivraient ceux qui réalisent les indices officiels. Une deuxième campagne a été orchestrée en février 2005 en plein débat sur la réforme de la loi Galland. Pour marquer le caractère révolutionnaire de sa démarche, Leclerc a lancé une campagne d’affichage sur le thème de mai 1968 qui avait pour titre « Leclerc défend votre pouvoir d’achat ». Cette campagne polémique a même fait réagir le premier ministre JeanPierre Raffarin : « certains du commerce utilisent l’imagerie soixante-huitarde avec la violence et la brutalité pour dialogue. Le service, ce n’est pas la matraque ! S’ils veulent la baisse des prix, qu’ils mettent l’argent de la publicité dans les prix » (Discours du 18 février 2005 au Perreux). La violence des propos reflète l’affrontement des plaques au sein du champ organisationnel de la grande distribution qui a provoqué un séisme de forte amplitude le 5 août 2005. La loi Dutreil/Jacob est un texte qui vise à proposer une meilleure régulation des relations entre distributeurs et fournisseurs. Elle a été élaborée pour corriger les effets pervers de la loi Galland qui avait prohibé la vente à perte. Cette prohibition a encouragé le développement des marges arrières. Le nouveau texte ne vise pas à les supprimer mais à les encadrer. Le législateur a offert aux distributeurs la possibilité d’en faire bénéficier le consommateur en modifiant la définition du seuil de revente à perte. La prise de parole du groupe Leclerc se fait essentiellement par MEL. Le groupe est une organisation très particulière dont le fonctionnement se rapproche de celui de la coopérative. Michel-Edouard, fils du fondateur, y joue un rôle clé. Il est chargé de « valoriser les marques et d’organiser la stratégie de prise de parole » (Leclerc, 2004, p. 109). Au cours du processus de promulgation de la loi Dutreil/Jacob, il a été très actif en occupant le devant de la scène et en alimentant régulièrement son blog. La force de l’engagement est souligné par DiMaggio (1988) : « la création de nouvelles institutions est coûteuse et requière un haut niveau, à la fois d’intérêts et de ressources » (p. 14). En ce sens MEL peut être considéré comme un entrepreneur institutionnel qui a eu recours à différentes stratégies de rhétoriques qui restent à élucider. 2 - L’analyse du discours de Leclerc : méthode et interprétation des résultats Tout au long de l’année 2005, MEL a régulièrement alimenté son blog de réflexions, notamment sur l’économie et la loi Galland. Ce corpus constitue une source primaire d’une grande richesse pour étudier le lien entre le discours et le processus d’institutionnalisation de l’entrepreneur. En effet, au regard des travaux français en pragmatique de la communication (Ghiglione et Trognon, 1993), ce blog contiendrait des marqueurs discursifs qui, bruts puis 3 C’est d’ailleurs le titre du chapitre 9 de l’ouvrage d’entretiens de M.-E. Leclerc (2004) 5 Actes de la 1ère Journée ComIndus - 29 mars 2007 - Avignon agrégés, informeraient sur la relation que le sujet entretient avec l’objet de son discours et le monde qui l’entoure (voir également Fourquet-Courbet et Courbet, 2004). Après lecture flottante, nous avons procédé à une analyse de contenu et une analyse de discours. Dans un premier temps (partie 1), nous avons identifié les différentes données brutes contenues dans le texte, à savoir : les références utilisées, les univers de référence, les différents marqueurs discursifs. Pour cela, nous avons utilisé le logiciel Tropes et/ou procédé à une analyse et un comptage manuels. Dans un deuxième temps (partie 2), nous avons agrégé ces données brutes pour identifier les stratégies discursives et rhétoriques de MEL. Plusieurs éléments plaident en faveur d’une bonne fidélité intracodeur. D’une part, une des principales fonctionnalités de Tropes est l’objectivation des analyses : il permet donc un codage d’une grande fidélité et offre des données objectives à l’interprétation du chercheur. D’autre part, le travail d’analyse et de classement ayant été effectué par un codeur unique (même si un second lecteur a globalement validé l’analyse), nous avons porté une attention particulière à la minimisation de la subjectivité du codeur. Ainsi, le travail de classification et d’analyse a été renouvelé sur plusieurs jours différents et d’importants efforts de contrôle et de vérification ont été faits. 2.1 – Traitement des données brutes Nous présentons ici les données brutes extraites du blog soit à l’aide du logiciel, soit de façon manuelle. Ces données ont été choisies afin de les agréger pour une analyse plus précise des stratégies discursives, dans la seconde partie. Lecture flottante du blog La lecture flottante du blog fait apparaître, outre une grande diversité de points de vue, plusieurs grandes thématiques dans le discours de MEL : la volonté de laisser jouer le libre jeu de la concurrence l’idée que Leclerc participe à la défense du pouvoir d’achat une dérive en matière de sanction et une victimisation la mise en avant de l’expertise de MEL Références utilisées Nous avons, pour notre analyse, utilisé le logiciel Tropes qui permet un comptage précis des références du texte. Si le logiciel facilite le nécessaire travail de comptage, il n’exclut pas une analyse « manuelle » du texte et des reclassements. Ainsi, sur les 11 914 références que comporte le blog, nous en avons analysé 1 175, soit près de 10% (9,86%). Ce chiffre est causé par différentes opérations que nous avons dû effectuer : - analyse des références ayant une fréquence d’occurrence supérieure à 3 (en deçà, l’apparition des références n’est pas significative pour l’analyse du texte, si ce n’est pour renforcer la trace d’un groupe de références déjà détecté auxquelles elles pourraient être intégrées) ; - regroupement de références. Par exemple, « système » est apparu 13 fois, dont 7 fois associé à U ; « U » est apparu 7 fois : nous avons donc compté 7 fois « Système U » ce qui diminue le nombre de références analysées. - impossibilité d’interprétation de certaines références. Par exemple, « juin » a été cité dans le cadre des dates des textes et des lois ce qui n’apporte rien à l’analyse. De la même façon, « c » et « d » ont été prises en compte dans le comptage brut (suivies d’une apostrophe dans le texte) mais ne peuvent être soumises à analyse. 6 Actes de la 1ère Journée ComIndus - 29 mars 2007 - Avignon Univers de référence Le logiciel Tropes, à l’aide de scénarios pré-établis, effectue des regroupements de références en univers de références. Toutefois, ces outils ont des limites et nous avons procédé à une répartition manuelle des références. Par exemple, « année » est apparu 33 fois, dont 8 fois sous la forme « AN », c’est-à-dire (quand on fait une analyse contextualisée des références) « Assemblée Nationale » : AN a donc été considérée comme une référence à part entière et intégrée au sous-thème « Parlement ». Ainsi, après avoir procédé à un regroupement des références brutes, nous les avons réparties dans différentes catégories mutuellement exclusives représentant des thèmes et sous thèmes. Nous avons également évalué le poids de chaque thème rapport à l’ensemble du corpus traité. Parmi les thèmes émergeants du discours : « Négociations », « Distributeurs », « Etat » et « Législation » (voir l’annexe A pour plus de détails). Marqueurs discursifs (voir détails de l’analyse en annexes B et C). Le logiciel Tropes permet de procéder à une analyse lexicométrique qui renseigne sur la façon dont le sujet a mis en scène son discours. Différentes traces discursives permettent d’étudier la relation du locuteur au monde mis en scène (Ghiglione et Trognon, 1993) : les opérations de construction de la référence (sur la base des types de déterminants et de verbes utilisés) les opérations de construction du monde où s’inscrit la référence (sur la base des modes des verbes et des modalisations utilisées) et de la relation la relation du locuteur au monde construit (types de modalités, types de joncteurs utilisés) Par ailleurs, nous avons identifié les types de pronoms personnels utilisés par MEL dans le blog pour observer sa prise en charge du discours. Les pronoms personnels peuvent ensuite être regroupés en deux modalités : la deixis de locution (les pronoms de la première et deuxième personne sont utilisés et marquent la prise en charge du discours par le narrateur) et la dissociation de voix (selon Ducrot (1984), l’utilisation de la troisième personne renvoie à un référent clairement identifié (troisième personne) ou non (on)). Nous avons également procédé à l’identification et au comptage (manuel) des différentes catégories de déterminants, définis ou indéfinis. Enfin, nous avons listé des verbes ayant les fréquences d’occurrence les plus importantes. De façon générale, l’examen des fréquences d’occurrence des verbes ne permet pas d’approfondir notre analyse. En effet, les verbes être, avoir, pouvoir, faire (les 4 plus fréquemment cités) sont tous liés à la structure et la grammaire française. Par ailleurs, après les avoir réintroduits dans leur contexte discursif, on constate que de nombreux autres verbes ne concernent pas MEL en tant qu’acteur mais des actants qu’il cite. Toutefois, on peut noter : - « Je peux » cité 3 fois (sur 62 « pouvoir »), - 42 des 43 occurrences du verbe « baisser » qui concernent les prix, - « Il faut », injonction citée 10 fois (sur 21 occurrences de « falloir »). 2.2 - Interprétation des résultats et discussion Les données brutes qui viennent d’être présentées ont été agrégées afin d’étudier plus précisément les stratégies discursives de MEL. Nous allons étudier : le style général du texte, sa mise en scène, les stratégies cognitivo-discursives, la prise en charge du discours et les univers sémantiques (références et univers de références) afin d’accéder à son(es) type(s) de stratégie(s) rhétorique(s). 7 Actes de la 1ère Journée ComIndus - 29 mars 2007 - Avignon Style général du texte et mise en scène En fonction des données relatives aux différentes catégories de mots, on dispose, grâce au logiciel Tropes, d’un diagnostic sur le style général du texte et sur sa mise en scène (évaluée sur la base des verbes et pronoms utilisés). Parmi les 4 catégories identifiées au regard des modes discursifs proposés par Charaudeau (1992), il apparaît que le blog a un style plutôt argumentatif. En d’autres termes, il montre un engagement de MEL qui argumente, explique, critique, pour essayer de persuader son interlocuteur. Ceci est renforcé par une mise en scène du texte qui est prise en charge par le locuteur qui utilise des verbes permettant de réaliser une déclaration sur un état, une action,… Stratégies cognitivo-discursives Au regard des travaux français en pragmatique de la communication (Ghiglione et Trognon, 1993), on peux estimer que MEL a développé un discours où l’on trouve des traces discursives d’un programme cognitivo-discursif de type 1. Il met en scène son discours sur la base d’une réalité à affirmer et évoque un monde réel. En effet, on trouve dans le blog : l’utilisation massive de déterminants définis (71,39% des déterminants du corpus) ce qui laisse supposer que MEL a tendance à faire partager son discours comme une évidence et que ce qu’il propose est une réalité qui présuppose un référent pré-existant ; l’utilisation de verbes statifs et factifs (75,6% des verbes utilisés) qui, dans les opérations de construction de la référence, expriment respectivement des états, des notions de possession et des actions ; l’utilisation de modalisations affirmatives et intensives (45,6% des modalisations) qui marquent l’implication de MEL dans son discours. Celui-ci affirme ses propos à l’aide de modalisations de type « tout-à-fait » ou « certainement » et les intensifie à l’aide de modalisations de type « très », « fortement », qui marquent son engagement et la fermeté de ses positions ; l’utilisation de connecteurs additifs (42,80 %) qui viennent renforcer le marquage du programme de type 1 dans la relation de MEL au monde qu’il construit. Ces connecteurs (« et », « ensuite »,…) s’inscrivent logiquement dans le caractère argumentatif du discours et permettent d’énoncer et d’énumérer des faits, des caractéristiques. Prise en charge du discours L’analyse des pronoms vient étayer nos précédentes propositions. En effet, après épuration des statistiques brutes (« il » réfère peu à la troisième personne du singulier et est indéfini dans l’expression « il faut » ; « on » est un marqueur global indéfini), on constate un emploi important des pronoms à la première personne (« je », « nous » ; 23,40%) : MEL a donc utilisé des marques de repérage déictique liées à lui en tant que locuteur (et en tant que membre du groupe « distributeurs ») et, ainsi, a pris en charge son discours. On peut donc supposer qu’il se positionne comme acteur dans le problème posé qui le concerne directement et s’y investit (ce qui n’est pas surprenant de la part d’un créateur et animateur de blog sur le sujet). Univers sémantiques (voir annexe A) Il n’est pas étonnant que, dans ce blog créé par MEL (et a fortiori au sein d’une rubrique économique consacrée à la loi Galland), on trouve parmi les thèmes les plus abordés, les acteurs de ce sujet (les « distributeurs », 17,53% des références analysées ; l’« Etat », 16,77% ; les « industriels/PME », 12,51%) et les objets sur lesquels ils agissent (les « négociations », 20,09 % ; la « législation », 15,32%). Par ailleurs, on remarque que : 8 Actes de la 1ère Journée ComIndus - 29 mars 2007 - Avignon - MEL fait référence aux « consommateurs » (8,09% des références analysées) et, dans deux tiers des cas (69 fois sur 95 références) à leur « niveau de vie » lié aux prix de la grande distribution. - MEL exprime dans son blog un certain « état d’esprit » (4,85% des références analysées) en faisant référence à des « problèmes », des « risques », des « combats » ou encore des « efforts ». - MEL évoque l’« environnement économique » (3,40% des références analysées) qui entoure la problématique de la loi Galland (et sa réforme) en appelant des thématiques telles que la « liberté » (notamment des prix), la « concurrence », le « marché ». Une stratégie rhétorique de type téléologique Nous souhaitons mieux comprendre le rôle joué par MEL, par le biais de ce blog, dans le processus de changement institutionnel initié par les lois Galland et Dutreil. Pour cela, nous allons analyser de façon transversale les données textuelles recueillies, afin de tenter d’y retrouver une ou plusieurs des cinq stratégies de rhétorique utilisées par les acteurs pour théoriser le changement (Sudabby et Greenwood, 2005). Plusieurs éléments de notre analyse pourraient illustrer une stratégie de rhétorique de type téléologique. - Le discours argumentatif dont la mise en scène est prise en charge par le locuteur qui est en faveur d’une réforme de la loi Galland semble en effet avoir pour but de justifier le changement. - Les traces discursives (programme cognitivo-discursif de type 1) évoquent la mise en scène du discours sur la base d’une réalité à affirmer et un monde réel. On l’a vu, MEL argumente, s’engage et reste ferme sur ses positions et la rupture qu’il défend peut être lue comme inéluctable pour assurer un bien être futur. Il existe donc des marqueurs discursifs qui expriment sa volonté de participer à un grand changement pour le commerce (dont la libre concurrence est entravée par la loi Galland). Mais MEL dessine également un meilleur futur en faisant référence au niveau de vie des consommateurs mais également à un environnement économique marqué par la liberté (notamment des prix), la concurrence et le marché. - L’importance des thèmes des négociations et de la baisse des prix dans le contenu sémantique du discours est renforcé par l’utilisation de verbes inhérents tels que baisser (essentiellement associé aux prix), fixer, négocier ou encore vendre. L’utilisation de l’injonction « il faut » (associé au verbe falloir) termine de souligner l’intention de MEL de jouer un rôle important en tant qu’acteur contre la loi Galland. Dans une moindre mesure on pourrait évoquer : - une stratégie rhétorique de type cosmologique car l’environnement économique évoqué semble marqué par des lois universelles telles que la liberté des prix, la concurrence et le marché qui ont un caractère inexorable. - une stratégie rhétorique basée sur les valeurs : MEL semble s’impliquer dans un combat qui est le niveau de vie des consommateurs, la baisse des prix (et dans une moindre mesure la défense du pouvoir d’achat), autant de valeurs qui constituent le positionnement et le territoire de communication de l’enseigne depuis de nombreuses années. Conclusion Cette étude souligne l’importance du discours dans le changement institutionnel. La prise de parole permet à l’entrepreneur institutionnel de participer au processus d’institutionnalisation. L’étude du blog de MEL nous a permis de mettre en évidence les stratégies rhétoriques 9 Actes de la 1ère Journée ComIndus - 29 mars 2007 - Avignon adoptées pour influencer le champ de la distribution. Les différentes stratégies proposées par Suddaby et Greenwood (2005) ont été observées. La stratégie téléologique est apparue comme prédominante et MEL peut donc effectivement être considéré comme un acteur du changement et à ce titre comme un entrepreneur institutionnel. Au-delà de l’apport théorique de ce résultat, il est important de souligner l’apport méthodologique de notre recherche. En effet, les stratégies de rhétoriques sont des propositions théoriques dont l’identification dans les discours est très liée à la subjectivité du codeur (« The second stage of analysis focused on the latent content of the data. Here we were concerned with capturing the « deep structure » or implicit categories of meaning » ; Suddaby et Greenwood, 2005, p 44). D’ailleurs, la question de la validité est au coeur des préoccupations des auteurs (« ..an interrater reliability of .91. » Suddaby et Greenwood, 2005, p 44). En intégrant à l’analyse des stratégies rhétoriques les divers marqueurs discursifs proposés par la pragmatique de la communication (dont le traitement est automatisé par Tropes), nous posons les premières bases d’une opérationnalisation empirique de ces stratégies. Un autre apport de cette recherche concerne plus globalement l’ouverture d’un champ d’études sur l’apport du blog comme vecteur de diffusion des stratégies rhétoriques de l’entrepreneur institutionnel. De nombreuses perspectives de recherche s’ouvrent dans ce champ. Par exemple, il serait intéressant d’enrichir notre approche avec l’étude d’autres sources de discours de MEL (entretiens dans la presse écrite ou télévisée) ou encore d’autres acteurs du champ de la distribution. Il pourrait également être intéressant de mettre en relation les résultats de notre analyse d’un corpus ayant pour thème la loi Galland et l’analyse du contenu discursif de la loi elle-même. Bibliographie Berger P. L. et T. Luckman (1966), The Social Construction of Reality – A treatise in the Sociology o f Knowledge, Garden City, New York, Doublebay, Traduction française: La construction sociale de la réalité, Armand Collin, 1997. Chanut O. (2004), « Quelles stratégie marketing possible pour les PME face à la grande distribution? Rotin ou la voie de la stratégie relationnelle », Actes du colloque E. Thil, La Rochelle, septembre. Charaudeau P. (1992), Grammaire du sens et de l’expression, Paris, Hachette. DiMaggio P. J. (1988), « Interest and agency in institutional theory », in L. G. Zucker (Ed.), Institutional patterns and organizations: Culture and environment, p. 3–21, Cambridge, Ballinger. Ducrot, O. (1984), Le dire et le dit, Paris, Editions de Minuit. Dutta D. K. et M. M. 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Hardy et T. Lawrence (2004), « Institutional Entrepreneurship in Emerging Fields: HIV/AIDS Treatment Advocacy in Canada », Academy of Management Journal, Vol. 75, n° 5, p. 1-23. Messeghem K. (2005), « Les distributeurs en quête de légitimité : le cas des accords de coopération avec les PME », Décision Marketing, n° 39, p.57-66. Messeghem K. et M.-P. Fourquet-Courbet, « Le blog comme vecteur de diffusion des stratégies rhétoriques de l’entrepreneur institutionnel : le cas Leclerc », (à paraître). Munir K. et Phillips N. (2005), « The birth of the kodak moment: institutional entrepreneurship and the adoption of new technologies », Organization Studies, Vol: 26, p. 1665-1687. Parker I. (1992), Discourse dynamics: Critical analysis for social and individual psychology, London: Routledge. Phillips N., T. Lawrence et C. Hardy (2004), « Discourse and Institutions », Academy of Management Review, Vol. 29, n° 4, p. 635-652. Rao H., C. Morrill et M. N. 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Grennewood (2005), « Rhetorical Strategies of Legitimacy », Administrative Science Quarterly, Vol. 50, p. 35–67. 11 Actes de la 1ère Journée ComIndus - 29 mars 2007 - Avignon Annexe A : Univers de références identifiés dans le blog Thèmes Négociations 236 20,09% * Sous-thèmes Prix 58 Marges 51 Conditions commerciales 41 Relations entre acteurs 86 Distributeurs 206 17,53% Grande distribution 192 Références Seuil de revente à perte Prix marges arrières marge minimum Coefficient / marge Baisse, faiblesse des marges Hausses des tarifs fournisseurs Conditions achat-vente Ristournes Négociations Collaboration, coopération Contrat Consentements, accords Relation Discussion Relations industrie-commerce Groupes Enseignes Groupe Leclerc Commerçants Hypers Magasins Centres commerciaux 80 77 9 9 6 6 5 11 3 Renaud Dutreil Gouvernement Ministre Christian Jacob Premier ministre Nicolas Sarkozy Députés, sénateurs Commissions Parlement Assemblée nationale Chatel Ollier Administration Pouvoirs publics Politique UMP Etat Chef de l'Etat Loi Galland Textes Loi Jacob Loi Duteil / Jacob Circulaire 21 20 16 15 4 4 22 14 13 8 7 6 20 8 8 5 4 2 53 22 10 9 8 Petits commerçants Fédération du commerce Etat 197 16,77% Gouvernement 80 Parlement 70 Législation 180 15,32% Pouvoirs publics, adm 28 Politiques 13 Elysée 6 Loi 128 12 Fréquence d’occurrence 34 24 27 8 8 8 22 13 6 25 16 15 9 8 7 6 Actes de la 1ère Journée ComIndus - 29 mars 2007 - Avignon Droit Accords Sarkozy Code du commerce Directive Projets de loi Sanctions Délit Amende DGCCRF Hommes de loi 7 6 5 4 4 20 6 5 12 9 Industriels Marques Entreprises Professionnels Ania PME Industrie cosmétique Groupes alimentaires Procter Produits Articles 29 22 22 11 9 9 5 4 4 4 19 9 Baisse des prix Hausse des prix Pouvoir d'achat Consommateurs Clients Français 55 9 5 15 8 3 Obstacles, difficultés, tracas Effets pervers Concurrence Economie Marché 12 5 8 7 6 5 5 5 4 12 3 1 14 5 5 Journalistes Presse Publicité 7 5 5 Répression 31 Institutions 21 Industriels / PME 147 12,51% Fournisseurs Industriels 90 Produits 28 Consommateurs 95 8,09% Prix, niveau de vie 69 Individus 26 Jugements / état d'esprit 57 4,85% Environnement économique 40 3,40% Médias 17 1,45% Problèmes 17 Risques Combat Incertitudes Erreur Contradictions Effort Polémiques Liberté 16 Liberté des prix Liberté de la concurrence Liberté * poids du thème par rapport à l’ensemble des références analysées 13 Actes de la 1ère Journée ComIndus - 29 mars 2007 - Avignon Annexe B : Marqueurs discursifs identifiés Catégorie Mots Verbes Factif Statif Déclaratif Performatif Modalisations Temps Lieu Manière Affirmation Doute Négation Intensité Adjectifs Objectif Subjectif Numérique Connecteurs Condition Cause But Addition Disjonction Opposition Comparaison Temps Lieu Nombre 11914 1754 864 462 424 4 893 108 104 94 52 6 174 355 867 378 300 189 449 33 44 9 192 39 93 24 15 0 Taux 100,00% 100,00% 49,30% 26,30% 24,20% 0,20% 100,00% 12,10% 11,60% 10,50% 5,80% 0,70% 19,50% 39,80% 100,00% 43,60% 34,60% 21,80% 100,00% 7,30% 9,80% 2,00% 42,80% 8,70% 20,70% 5,30% 3,30% 0,00% Catégorie Déterminants * Définis (le, la les, l') Indéfinis (un, une, des) Pronoms personnels Je Tu Il Nous Vous Ils On * comptage manuel 14 Nombre 1688 1205 483 544 83 0 203 44 18 28 70 Taux 100,00% 71,39% 28,61% 100,00% 15,30% 0,00% 37,30% 8,10% 3,30% 5,10% 12,90% Actes de la 1ère Journée ComIndus - 29 mars 2007 - Avignon Annexe C : Verbes identifiés Verbes être avoir pouvoir faire baisser devoir aller vouloir falloir dire permettre voir savoir rester prendre rappeler mettre suivre proposer tenir fixer négocier vendre Comprendre Réformer Jouer Passer Contester Annoncer Fréquence 221 93 62 47 43 33 32 25 21 19 14 13 13 12 10 10 10 10 9 9 9 9 9 9 8 8 8 8 8 Taux* 17,47 % 7,35 % 4,90 % 3,72 % 3,40 % 2,61 % 2,53 % 1,98 % 1,66 % 1,50 % 1,11 % 1,03 % 1,03 % 0,95 % 0,79 % 0,79 % 0,79 % 0,79 % 0,71 % 0,71 % 0,71 % 0,71 % 0,71 % 0,71 % 0,63 % 0,63 % 0,63 % 0,63 % 0,63 % * Pour des raisons de pertinence, le taux est calculé sur la base de la somme des verbes ayant une fréquence d’occurrence supérieure ou égale à 3, à savoir 1265 verbes (ici, nous ne référons qu’à ceux ayant une fréquence d’occurrence supérieure ou égale à 8). 15