CONFORAMA : Le profit à tous les rayons

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CONFORAMA : Le profit à tous les rayons
2 décembre 2013
CONFORAMA :
Le profit à tous les rayons
Depuis plusieurs années, les établissements CONFORAMA ont subit les
conséquences destructrices de la politique de l’entreprise visant à chercher
toujours plus de profits à verser à ses actionnaires au détriment des salariés
(baisse des salaires – conditions de travail – effectifs, …) et de la clientèle qui
a de moins en moins de vendeurs compétents et en nombre suffisant pour la
conseiller.
Tous les moyens sont bons pour remplacer le personnel ; de la borne de renseignement se substituant à
une partie du rôle de renseignement attribué aux vendeurs, du développement de la poly compétence au
détriment des savoir-faire, de la mise en place de tablettes vendeurs, ou d’un projet « Achat Minutes » qui
va permettre la vente en libre-service sans
vendeur des produits très encombrants.
L’objectif n’est plus de vendre du mobilier,
mais de faire baisser la masse salariale. Et
tant pis pour les salariés si leur outil de travail
se détériore au risque de disparaître.
« Quand on vous dit à la télé que ce sont les
employeurs qui prennent des risques …, il
faut le croire ! »
Depuis
plusieurs
années,
l’entreprise
n’investit plus dans son développement, ou
alors, pour développer une offre internet
beaucoup plus avantageuse de mois en mois
au détriment de la vente en magasin. Même
les livraisons sont moins chères quand on
achète en ligne. Pendant ce temps, dans les magasins se sont des produits en rupture de stock, des
publicités qui ne sont pas disponibles ou en rupture dès le premier jour de vente.
Comment ne pas être scandalisé lorsque les contrats de travail des employés décidés nationalement
(comme ceux des vendeurs ménager) ou bien localement (comme ceux des
vendeurs meubles et libre-service) sont pervertis pour ne plus permettre une juste
Guelte vendeur :
Prime accordée à
rémunération. Il suffit pour cela à la direction de décider d’objectifs très élevés, ou
un vendeur en
bien d’imposer des taux de gueltes très bas (Meuble) ou de diminuer la rémunération
fonction de la
par produits ( Baisse des lettres PDV au ménager ). Le tout bien sûr sans aucune
quantité vendue.
concertation avec les élus du personnel, ni même les personnels concernés.
Comment ne pas être surpris lorsque le siège demande des progressions de chiffre d’affaire aux
établissements, à contrecourant du marché et sans donner de moyens supplémentaires pour y arriver.
C’est pour revendiquer une entreprise plus responsable socialement, plus transparente dans ses choix,
moins tournés vers le profit à tout prix, qui ne détruit pas ce qui a fait sa richesse par le passé. Un SAV
compétent, un stock disponible, des vendeurs spécialisés, des hôtesses de caisses ainsi que des
magasiniers en nombre suffisant, des établissements avec des moyens et des directeurs autonomes, avec
un vrai pouvoir de décision, plus à l’écoute des problématiques rencontrées et enfin plus respectueux des
représentants du personnel, que le personnel de CONFORAMA s’est mis en grève le 27 novembre.
Avec la CGT et l’intersyndicale, ils ont obtenu en CCE l’engagement de la direction à répondre aux
revendications le 4 décembre. L’approche des ouvertures à la veille des fêtes de fin d’année y serait-elle
pour quelque chose ?
« Sur le Pont » a rencontré Stéphane Roda du magasin du Pontet qui est élu au CCE.
Sur le Pont : Où en est-on dans la chaine de magasin CONFORAMA ?
Stéphane Roda : Depuis maintenant 2 ans la CGT conteste un PSE qui touche le SAV de Conforama,
aussi bien au niveau juridique qu'au moyen de luttes sur toute la France. Ce projet, comme la plupart de
ceux présentés par la direction
est passé en force au mépris
des nombreuses contestations
du comité central d'entreprise et
de la CGT.
La justice, qui semble avoir la
même vision que nous, a
successivement suspendu ce
projet plusieurs fois depuis 2
ans. La dernière décision
suspensive datant du mardi 26
novembre 2013. La direction,
faisant fi des décisions de
justice a malgré tout continué le
déploiement,
les
salariés
sacrifiés se sont vu proposer
des offres de reclassements
scandaleuses : Des baisses de
salaires de 500 euros, des
agents de maitrise à qui on
propose des postes d'employés, des personnes handicapées qui se voient proposer des postes de
magasinier, de même pour des employés proches de la retraite, d'autres avec une mobilité de 350 km etc...
De plus, les pressions sur les employés croissantes, la baisse des salaires récurrente, des objectifs de plus
en plus irréalistes, les investissements décidés par nos dirigeants sur notre établissement ont été
inexistants pour lutter contre nos très nombreux concurrents. Plus inquiétant, nous avons vu se
développer une offre internet chaque mois plus avantageuse ( aussi bien en terme de prix , d’offre de crédit
moins restrictive et accessible, ou bien de frais de livraison bien moins chers ... ), des conditions de travail
déplorables, des absences non remplacées, le manque de loyauté de nos dirigeants, ont conduit la CGT a
déclencher un mouvement de grève National relayé en province par les établissements.
J'ai fait partie de la délégation qui a rencontré la direction pendant plusieurs heures, avec de nombreuses
revendications que nous avons défendues. Si tous les magasins avaient eu la même mobilisation que celui
de Sorgues (La plus importante de France en %), nul doute que nous aurions eu plus de poids. Inquiète
devant l'impact d'une poursuite des mouvements contestataires les samedis de décembre, la direction s'est
engagée à répondre à nos revendications le mercredi 4 décembre.
La forte mobilisation des salariés du magasin, l'aide de l'Union Locale de Sorgues et de l'UD ont permis de
faire de cette action une franche réussite sur notre établissement. Cela ne doit pas être étranger au fait
qu’une délégation CGT ait été reçue le samedi 30 novembre.
La « Territoriale » à l’offensive
Face à l’offensive de la droite, de l’extrême droite et du patronat, face à un
gouvernement qui continue d’axer sa politique sur la satisfaction des intérêts
du patronat et des possédants, il y a urgence à rompre avec l’austérité.
Mais, pour cela, il y a urgence à organiser l’irruption massive des salariés dans le débat public et sur la
scène sociale.
Face à ce constat, la CGT est déterminée à agir pour imposer un changement de cap au gouvernement.
Il semble d’ailleurs que ce constat soit partagé par les autres organisations syndicales (CFDT – CFTC –
CGC – FSU – FA/FPT – Solidaires et UNSA) qui exigent une autre politique salariale dans le Fonction
publique et dénoncent une dégradation des conditions de travail des personnels, dans un communiqué
commun daté du 7 novembre.
En effet, depuis le 1er juillet 2010, la
valeur du point d’indice est gelée et la
reconduction de ce gel est annoncée
pour 2014, conduisant à une perte
considérable de pouvoir d’achat pour
tous les personnels. La dépréciation
des carrières et le tassement des grilles
ont atteint des niveaux insupportables,
mis en évidence par l’INSEE dans un
rapport publié cet été. En 2011, le
salaire moyen a baissé de 0,8 % dans
la Fonction publique territoriale. Les
conséquences désastreuses de la
politique d’austérité s’avèrent chaque
année plus pénalisantes : les bas
salaires se multiplient, près d’un agent
sur 5 touche une rémunération proche
du SMIC et les déroulements de
carrière sont souvent inexistants.
Mettant en accord leurs paroles et leurs actes, les organisations syndicales appellent les agents de la
Fonction publique à se mobiliser et à organiser dans la semaine du 9 au 13 décembre 2013 toute forme
d’action locale pour sensibiliser l’opinion publique et alerter les responsables publics, élus locaux et
parlementaires. Pour faciliter cette mobilisation au plus près des personnels, dans les territoires, la
Fédération CGT des Services publics a décidé de mettre à disposition
Il y a actuellement 3,8 millions
un préavis de grève couvrant cette semaine d’action.
A Bédarrides, ça va pas fort !
Nous disons souvent à la CGT qu’il y a des convergences d’intérêt
entre les salariés du privé et ceux du public. Il est nécessaire de le
rappeler, de le marteler, tant il est vrai que sur cette question les
médias reviennent trop souvent sur les privilèges de ceux qui ont la
garantie de l’emploi, de ceux qui ne paient pas le train ou l’électricité,
faisant au passage un amalgame entre « Faux » et « Vrais »
fonctionnaires, de ceux qui sont 3 dans un bureau pour coller un
timbre. Ceux qui veulent opposer les salariés entre eux pour mieux
régner sur un magot qu’ils se partagent, ne manquent pas d’idées
d’agents titulaires dans la
fonction publique, sur un total
de 5,2 millions de personnes. Le
1,4 million restant est constitué
non-titulaires,
de
898 000
143 000 emplois aidés, 40 000
ouvriers
d’État,
48 000
assistantes maternelles,…. Le
nombre des non-titulaires a
augmenté en moyenne de 2,5 %
par an depuis 11 ans et dans la
« territoriale », ils représentent
près de 20 % des emplois.
pour dénaturer les missions de service public sans lesquelles le
pays ne marcherait pas. Comme le dit Anne Roumanoff : « Les
fonctionnaires ne foutent rien, mais c’est bizarre, quand ils sont en
grève, y’a plus rien qui marche ».
C’est sur la base de ces convergences, que la CSD 84 et des
militants de l’UL de Sorgues se sont rendus devant la Mairie de
Bédarrides le 29 novembre, pour exiger d’être reçu par le Maire.
Dès le 18 juillet, Jean Pedro, membre du Bureau de la CSD 84,
déposait, auprès de l'Adjointe au Maire, déléguée au personnel et
de la Directrice Générale des Services de la ville de Bédarrides, un
cahier revendicatif que le syndicat a pris le temps d’élaborer avec le
personnel.
Outre des revendications propres à l’amélioration des conditions de
travail des personnels, les questions de la titularisation du personnel
remplaçant des postes vacants conformément à la loi contre la
précarité du 12 mars 2012, et l’attribution d'un régime indemnitaire à
l'ensemble du personnel comme le prévoit le statut (Indemnité
Administrative de Technicité, Nouvelle Bonification Indiciaire,
Indemnité d'Exercice de Mission...), étaient au menu des
discussions demandées avec la direction.
Mais là encore, il y a un point commun avec le privé !
Il est aussi difficile pour un agent du public de
rencontrer sa direction que pour un salarié du
privé.
Le régime indemnitaire est
constitué par l’ensemble des
sommes perçues par un agent, en
contrepartie ou à l’occasion du
service qu’il exécute dans le cadre
de ses fonctions. Il constitue un
complément
du
traitement,
distinct des autres éléments de
rémunération et surtout du
traitement indiciaire. Il regroupe
des primes et indemnités très
diverses, une partie d’entre elles
ayant pour objet d’accroître la
rémunération sur la base de la
valeur professionnelle de l’agent,
de sa technicité, de ses
responsabilités,
de
son
« rendement ».
Mais, ce régime indemnitaire est
très
problématique.
Les
indemnités peuvent représenter
jusqu’à 25 ou 30 % du traitement
d’un agent, avec des disparités
très grandes selon le statut. Face
au nombre de des indemnités de
toutes sortes et à l’arbitraire de
leur attribution, il en résulte un
manque de transparence de ces
« rémunérations accessoires ».
Nous l’avions vécu avec les agents du Conseil Général, c’est
également vrai pour les personnels travaillant dans les communes.
Le Maire a d’abord refusé la date du 24 octobre qui lui était proposé,
sous prétexte de temps pour étudier le dossier. Qu’à cela ne tienne ! Un nouveau courrier de la CSD daté
du 19 novembre demandait une rencontre le vendredi 29.
Difficile de comprendre l’étonnement de la Directrice Générale des Services face au rassemblement qui se
tenait devant la Mairie.
Difficile
également
de
comprendre l’agacement dont
elle semblait faire preuve
alors que cette entrevue avec
la direction est demandée par
le personnel depuis plus de 4
mois. Pensait-elle que la CGT
avait « oublié » ?
Bref, après de nombreuses
palabres, c’est à la veille de
Noël, le 24 décembre à
11h00 que Maire et DGS, ont
accepté de recevoir une
délégation de la CGT.
Espérons que, loin d’une
nouvelle provocation, Monsieur le Maire arrivera avec une hotte chargée de cadeaux pour le personnel, car
la CGT sera bien présente à cette audience.
Et à la CoVe, ça n’est pas mieux !
Si le syndicat de la CoVe a été reçu, c’est pour
s’entendre dire qu’on ne pourrait pas discuter des
sujets les plus importants, préférant renvoyer cela à
l’après municipales 2014, aux bons soins des
nouveaux élus.
Il fallait nous dire qu’un an avant l’échéance
municipale, les responsables ne prenaient plus de
responsabilités. Car les questions posées ne sont pas
nouvelles, si ce n’est concernant le ramassage des
ordures ménagères qui va être profondément modifié à
compter du 2 décembre … Tiens, tiens, là on sait faire !
La CoVe
(communauté d’agglomération Ventoux-Comtat
Venaissin) rassemble 70 271 habitants et
s’étend sur un territoire compris entre Dentelles
de Montmirail, Mont Ventoux et Monts de
Vaucluse. Elle regroupe 25 communes
déployées sur 6 cantons.
Qu’il s’agisse de la révision du régime indemnitaire
des agents, des avancements, du remboursement des
frais de déplacement ou du paiement de leurs heures
aux agents en remplacement dans les crèches et
autres services, ce sont, une fois de plus, les questions
de salaires et de pouvoir d’achat qui sont en jeu.
Pour Fabienne ROUX, la Secrétaire générale du
syndicat, « Il y a un gouffre entre ce que vivent les
salariés et ce qu'en pense la Direction. A les écouter, il
est inutile de revendiquer ou de solliciter d'autres
conditions de travail puisque, selon eux, le maximum a
déjà été fait ». Face à cette situation de blocage, le
syndicat a déposé un préavis de grève pour la période
du 2 au 7 décembre, appelant l’ensemble des agents titulaires, non titulaires, cadres et non cadres de tous
les services de la collectivité à se faire entendre.
La CGT combat depuis des années la politique de casse de la fonction publique. Aujourd’hui, il est temps
d’avoir, une stratégie sur le long terme, de vraies réponses sur la reconnaissance des qualifications et des
compétences et les évolutions de
carrière. Pour un service public de
qualité, en phase avec les réels
besoins des populations. Des
réponses qui ne se trouvent pas
dans la politique d’austérité que le
gouvernement Ayrault persiste à
mener.
« Le gouvernement a déjà annoncé
que le point d’indice ne serait pas
relevé en 2014, il ne restera plus
que le régime indemnitaire qui
permettra
d’obtenir
une
augmentation de rémunération »
s’insurge Fabienne.
Fabienne ROUX est Secrétaire générale du syndicat de la CoVe et
membre de la CE de l’UD. Ici aux côtés de Chantal Seiller (à droite)
Secrétaire générale de la CSD 84
Et pourtant, blocage du point
d’indice ou abus du régime
indemnitaire, sont dénoncés par le
rapport (rapport Pêcheur) qui vient
d’être remis au gouvernement. Tout comme l’est l’utilisation abusive de non-titulaires.
Pour Fabienne, s’il est temps que les agents prennent leurs affaires en main, le temps de se syndiquer est
également venu. « Nous souffrons aujourd’hui d’un manque d’implantation syndicale, d’un manque de
relais dans les différentes communes pour être encore plus et mieux en phases avec les besoins des
personnels et de la population. La défense des salariés nécessitent des élus et des moyens syndicaux,
autant de choses que la CGT obtiendra par le soutien des agents, notamment dans les périodes
d’élections professionnelles ».
Les mêmes problèmes se posent à quelques
kilomètres, dans la CCPRO (Communauté de
Communes de Rhône et Ouvèze), mais ici, la CSD84
et l’Union Locale de Sorgues ont décidé de se saisir de
la semaine d’action fédérale du 9 au 13 décembre pour
aller au contact des agents des différentes communes
en leur proposant de se syndiquer.
CSD 84, Territoriaux de Sorgues et UL de Sorgues
vous donnent rendez-vous le :
Mardi 10 décembre à 7h00
au local CGT situé au :
1, rue de la Coquille à Sorgues (à côté de la Sécu)
Pour Michel Solbès, qui suit le dossier pour l’UL, « il n’y a pas de
différence entre l’absence de syndicat dans l’entreprise Colas et l’absence
de syndicat dans telle ou telle mairie ».
« Sauf qu’aujourd’hui, chez Colas il y a un syndicat ! » (sourire de Michel)
« C’est bien en allant au contact des salariés qu’on finit par en trouver un
ou deux, parfois plus, qui se décident à faire quelque chose pour que ça
bouge et qui font le pas de la syndicalisation. Il faut proposer aux salariés
des rencontres, il faut discuter, parfois il faut tout simplement dire que nous
existons et qu’ils peuvent venir nous voir … Et bien c’est ce que nous
allons faire le 10 décembre en distribuant un tract aux salariés. J’espère
que nous serons nombreux pour faire grandir la CGT ! »
Et pour ceux qui veulent rencontrer
l’UL de Sorgues au cours d’un
moment convivial
Pour en savoir plus :
« Sur le Pont » consacré à
l’Acte
3
de
la
décentralisation
qui
impacte directement la
« Territoriale »
« Sur le Pont » consacré à
la syndicalisation avec
l’exemple de la création du
syndicat Colas