Ma thématique(s)
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Ma thématique(s)
Retail news Le billet tendance du planning stratégique de CA Com numéro 5 Septembre 2013 © illustration Gaëlle Mazars pour CA Com le point de vue Par Nathan BERNARDIN - Planning stratégique MA THÉMATIQUE(S) CULINAIRE(S) Chacun peut, en observant autour de lui, remarquer combien les environnements commerciaux, les lieux de restauration, les sites touristiques et de loisirs ont évolué au cours de ces dernières années. En particulier le paysage commercial alimentaire, qui s’est transformé en une variation d’univers à découvrir et dans lesquels les gens sont invités à vivre des expériences. Ainsi, certaines chaînes de restauration mêlent savamment un décor, une musique, des plats, etc. autour d’un thème fédérateur. Donnant tour à tour l’impression d’un dîner hors des frontières de la représentation classique que chacun se fait de la restauration. D’un point de vue théorique, cet engouement sur la théâtralisation et la thématisation s’inscrit dans le courant expérientiel. Et c’est exactement ce que propose cette nouvelle génération de restaurateurs à travers la thématisation de leur établissement : le réenchantement du consommateur et de l’expérience culinaire. En effet, le thème, en créant de l’émotion, va renforcer l’expérience commerciale vécue, ainsi que le souvenir de cette expérience qui perdurera dans le temps. C’est un supplément d’âme qui n’a sa place que dans des endroits réels, il ne peut pas s’exprimer avec autant de force sur internet par exemple. La thématisation participe au récit de marque, à l’histoire qu’elle raconte à travers l’ensemble des médias dont elle dispose : média classique, hors-média, média-restaurant, média tactique...etc. Le thème n’est pas un prétexte, il doit s’exprimer de manière cohérente avec l’offre et l’expérience proposée... au risque d’être contre-productif. La thème doit partir d’une idée forte et simple, faisant appel à un fragment de notre culture, qu’il soit géographique, artistique, alimentaire, ludique, historique... peu importe du moment qu’il fait écho avec notre patrimoine culturel. En matière de restauration, l’offre thématisée est pléthorique. Et contrairement à d’autres secteurs, puise depuis longtemps dans le panier du thème, presque inconsciemment : pizzeria, crêperie, steakhouse/grill, bar à vins, rhumerie, pub irlandais...etc, sont autant d’offres naturellement thématisées. C’est donc logiquement que les restaurateurs ont décidé, comme de nombreux autres secteurs, de thématiser ou même de re-thématiser leurs offres. Et une fois le thème posé et retenu, on constate que son développement doit s’opérer essentiellement dans quatre directions, nécessaires et complémentaires à sa réussite : le décor, le service, le menu-board, la communication...etc, chaque élément doit concourir à traduire sémantiquement et esthétiquement le thème choisi. Avec la thématisation, on quitte la simple prestation culinaire pour accéder à la narration d’une histoire... qui permet de sublimer l’offre commerciale en l’accompagnant d’une projection dans un univers imaginaire fort. Aujourd’hui, les possibilités de communication ont largement évolué, notamment grâce à la démocratisation d’internet et des réseaux sociaux. Avant, sans internet et sans l’expertise d’une agence spécialisée, il fallait entreprendre une démarche complexe, faire appel à différents prestataires (imprimeurs...) pour parler de soi (à l’intérieur ou à l’extérieur du magasin). Cependant ces nouvelles opportunités ne sont pas sans danger, car une fois lâchée dans l’océan des réseaux sociaux virtuels, l’enseigne doit faire face seule à une multitudes de risques (notamment en termes d’image de marque, de notoriété) et appréhender des codes en permanente évolution. Autre inconvénient d’une démarche solitaire : de nombreux cabinets de design ont standardisé des thèmes qui fonctionnent, qu’ils propagent rapidement, banalisant progressivement ce qui les rendait uniques autrefois. De plus, avec l’engouement pour les activités virtuelles et notamment pour la photo de cuisine amateur (le désormais célèbre « #foodporn »), les nouveaux thèmes qui remportent du succès créent très rapidement des vocations à travers le monde entier, et sont repris et déclinés à l’infini (c’est le cas des food-trucks). Sa nature cyclique est le point noir de la thématisation, pensée à l’origine pour se détacher de la banalité et sortir du lot. Une fois qu’un thème est diffusé, dupliqué, calqué... il perd de son originalité, se généralise avant de se (re)banaliser. Il est alors indispensable pour les nouveaux arrivants de continuer à innover et à monter en gamme dans leur manière de présenter l’offre. Il s’agit de créer un lien émotionnel fort entre les clients et l’enseigne, différent de ce qui existe déjà sur le marché. C’est en tous cas l’avantage premier offert par les pratiques de thématisation. En matière de restauration, en matière de goût, l’émotion l’emporte sur la raison. Lectures complémentaires suggérées : - F. Ascher - Le Mangeur hypermoderne. Une figure de l’individu éclectique, éditions Odile Jacob, 2005. - www.snacking.fr Combien ? Les chiffres à retenir LES THÈMES LEADERS : Pour vos déjeuners à l’extérieur, que préférez-vous manger ? LES CRITÈRES DE CHOIX FOCUS SANDWICH 5,2% 8,9% 2 105 +3,96% Milliards de sandwichs 14,8% 51,9% (+ 0,80% en 2011) SOIR & WE 35,6% 49,6% 48,9% 43,2% 47% 41,7% 9,8% 25,8% 23,7% Sandwichs Cuisine du monde, exotique Salades, tartes, quiches... Cuisine italienne, pizzas, pâtes NPSP 3,34 € +2,14% (+3,6% en 2011) de prix moyen 19% 18,2% 15% Proximité Qualité de la cuisine Rapport qualité/prix Rapidité du service Habitude/Fidélité Cadre/Confort Prix accessibles promotions Qualité accueil relationnel 25% 18% 18,2% Cuisine française classique 25,9% 29,5% 20,9% 9,1% 7,01 Mrds/€ +6,27% v/s 2011 18,5% MIDI SEMAINE Diversité renouveau des plats Avis 7,2 bouche à oreille 10,6 5 Découverte originalité la proximité reste le premier critère de choix du midi, ce qui confirme l’importance de l’emplacement pour la restauration rapide. Source : Gira conseil - 2013 7 31 51 % ,80 € de dépense moyenne dans la restauration commerciale du midi en semaine. Source : Gira conseil - 2013. Minutes C’est le temps moyen pour un repas hors domicile midi et soir, semaine et week-end confondus. Thématisation : les leviers du trafic 54 % Des consommateurs sont dissuadés par un aspect extérieur peu soigné LA COMPRÉHENSION DU CONCEPT 79,3 % 76,5 % Des consommateurs jugent important ou très important (28,9%), l’aspect extérieur et la vitrine Le premier contact extérieur joue un rôle déterminant et peut être un facteur fort de séduction. Source : étude CA COM/Scaning « RHD 2012 ». Des consommateurs jugent important ou très important (24,3%) l’originalité du concept, le caractère du lieu. Des consommateurs du midi savent déjà où ils vont prendre leur repas avant de sortir déjeuner. Source : étude CA COM/Scaning « RHD 2012 ». Source : Gira conseil - 2013. LE VISUEL EXTÉRIEUR : PRÉMÉDITENT LEUR DÉJEUNER 5% Des consommateurs sont dissuadés par un concept flou ou un type de cuisine mal identifiée. La « conceptualisation » du lieu peut s’avérer très porteuse et fidélisante mais doit être réalisée avec finesse pour rester lisible. 83% TAUX DE FIDÉLITÉ Des consommateurs du midi déclarent être fidèles à leurs habitudes de fréquentation quant à la restauration hors domicile. Ça fait le buzz ! Situé au nord de Perpignan, le premier restaurant à thème « Le rocher des pirates » a depuis conquis d’autres villes françaises (Toulouse, puis Bordeaux…). Le concept est novateur : l’alliance d’un restaurant familial et d’un parc d’attraction, sur le thème de la piraterie (idée fortement inspirée de la franchise américaine « Pirates des Caraïbes »). du discours de l’enseigne : décors, noms des plats, animations… jusqu’au nom du staff de service appelé « l’équipage ». Le menu proposé ne nécessite pas de hautes compétences pour être réalisé. Il est plutôt pensé pour assurer le service d’un maximum de couverts en peu de temps, ce qui démontre que les clients n’y viennent pas pour la cuisine, mais bien pour l’univers imaginaire qui leur est vendu. Le succès est au rendez-vous, tant d’un point de vue client (les avis consommateurs sont dithyrambiques) que d’un point de vue professionnel (la seconde ouverture, à Toulouse, a été l’occasion de mettre en place le plus grand restaurant à thème de France, avec 600 couverts et 45 salariés). La logique de développement vise à dupliquer le concept de Perpignan sur des zones a fort potentiel commercial, et à globaliser l’approche en commercialisant des produits dérivés vendus uniquement dans les boutiques des restaurants (comme par exemple la marque de vêtements pour enfants baptisée « Sape de Pirates »). En termes de théâtralisation, la totalité des éléments font sens avec le thème, pour une pleine cohérence entre tous les éléments Ça mérite d’être lu ! Résumé : À la manière d’un recueil de poésie, cet ouvrage propose aux lecteurs un concentré des plus beaux designs et des théâtralisations d’établissements de restauration les plus réussies. Un portfolio très inspirant, qui associe synthèse et précision. En effet, bien qu’une multitude d’exemples soient présentés aux lecteurs, les auteurs n’ont pas hésité à faire dans le détail (accessoires designés, plans architecturaux, éléments graphiques...), tout est présent pour appréhender le discours de chaque enseigne dans son ensemble. À ce titre, GUSTO ravira non seulement tous les amateurs de design, mais également les passionnés de branding et de communication, tant le texte offre un corpus de cas inédits et pour la plupart complètement inconnus dans nos contrées. Avec plus de 80 projets, émanant de plusieurs dizaines d’artistes et concepteurs, le lecteur navigue au gré des dernières tendances culinaires mondiales (le coup de cœur de la rédaction va aux bars à yoghurts glacés qui explosent partout dans le monde, avec des enseignes telles que Yummo, Snog, Blue Apple ou Frolick… mais pas encore en France). De plus, l’index définit chaque acteur du design mondial qui a participé aux projets présentés, et c’est un vrai plaisir de découvrir les personnes et les agences qui sont à l’origine de ces recommandations. La qualité de la sélection nous permet de découvrir de nouveaux talents créatifs ou bien de re-découvrir certains designers notoires. Les photos sont parfaitement mises en lumière et illustrent avec précision l’atmosphère de chaque lieu, ce qui est excellent pour un moment de lecture ou de feuilletage en quête de nouvelles idées, de nouvelles approches. Encore une fois, on observe aisément ici les bénéfices (sur le plan du branding, certes, mais aussi sur le plan marketing) d’une thématisation assumée et en accord avec l’identité de l’enseigne, et son positionnement. Au final, ce texte nous rappelle que la communication est un tout et que le design est désormais reconnu pour être un média à part entière, vecteur de sens à la fois pour la marque et pour le consommateur. Point négatif : on aurait apprécié d’avantage d’analyses en rapport avec les images proposées, et ce afin de mieux déconstruire la volonté stratégique de chaque enseigne à travers le média « design ». GUSTO A JOURNEY THROUGH CULINARY DESIGN. Ginko Press ISBN 978-1-58423-385-5 Shopping-pong Le match retail de CA Com MADE IN ITALY Thématisation autour d’un pays Made in Italy vs BAGELSTEIN Thématisation autour d’un produit www.bagelstein.com Les bagels starifiés en vitrine. Façade snacking chic. Un ton décalé qui plait aux jeunes actifs urbains. Des produits phares et bruts tel que la «vraie» mozzarella. Comme son nom l’indique, c’est l’Italie même (et surtout sa tradition culinaire) qui est au cœur de la thématisation de cette enseigne lancée en janvier 2012. Le concept associe les activités de restauration et d’épicerie fine sous le même toit, à la manière des échoppes italiennes. De la charte graphique aux produits (en passant par l’accent du patron)… tout est pensé pour vous faire vivre un petit instant de cuisine romaine. L’atout d’un tel thème (l’Italie) est l’univers de références culturelles presque sans fin qu’il propose : la mozzarella, la pizza, le panino... tant de valeurs sûres parfaitement déclinables selon les goûts. Une des forces de Made in Italy est l’authenticité des matières premières, achetées auprès d’une trattoria parisienne réputée pour l’ultra discrétion de son travail, élevée au rang d’art, que seule une poignée de privilégiés fréquentent. Surfant sur le courant de l’authenticité (authenticité des produits, authenticité des goûts...), l’enseigne récolte de nombreux avis très positifs de la part des clients sur les réseaux sociaux, preuve de la cohérence de son positionnement thématique face aux attentes des consommateurs. LES + - une thématisation riche et cohérente. - un univers de produits de qualité. - un concept en phase avec les attentes des consommateurs, notamment en termes de qualité et de traçabilité. Bagelstein est une enseigne d’origine Strasbourgeoise lancée en mars 2011, qui s’est exportée vers d’autres contrées françaises depuis (Paris, Levallois, Lyon, Mulhouse…etc). Tout l’univers de l’enseigne, du menu à la théâtralisation du lieu de vente, est centré sur le produit phare des épiceries nordaméricaines : le bagel. Bagelstein n’hésite pas à le sacraliser, à le mettre en scène en tant qu’objet de tous les désirs. De fait, le story-telling est omniprésent et participe pour beaucoup à l’expérience du consommateur. Par exemple, vous trouverez sur les murs une myriade de citations, plus décalées les unes que les autres : « Ici, il y a à voir et à manger » ; « Nous vivons une époque où les pizzas arrivent plus vite que la police » ; « Quantités limitées à 500 bagels par personne et par jour »... et jusqu’aux serviettes qui portent l’inscription suivante : « Pour la bouche, au cas où... » tout participe à l’immersion du consommateur dans l’univers de l’enseigne. Le courant « multi » gagne aussi Bagelstein : l’enseigne, outre le fait de proposer diverses modalités de consommation (assise sur place, debout sur place, à emporter…), propose également à ses clients d’emporter les bagels pour les préparer et les déguster à leur guise. En pleine expansion, la thématisation opérée par Bagelstein, réglée comme du papier à musique, a évidemment vocation à être dupliquée sur d’autres zones afin de convertir de nouvelles villes à sa vision originale du petit sandwich troué New-Yorkais. LES + - un story-telling fouillé, captivant, déclinable. - une préparation culinaire « sous les yeux » du consommateur. LES - LES - - le choix du nom, qui possède d’innombrables homonymes qui rendent le référencement sur internet quasi-impossible. - de nombreux indépendants déjà présents sur ce marché. - le positionnement prix plutôt élevé. - le manque de diversification de l’offre. - le manque de notoriété du produit « bagel » en France. Conclusion : la thématisation est un excellent levier de différenciation dans le secteur de la restauration. De nombreuses identités culinaires sont possibles, qu’il s’agisse de se concentrer sur un produit, une origine géographique ou tout autre sujet de thème. C’est un véritable atout pour réenchanter l’expérience de la restauration rapide. Le risque qui accompagne cette démarche est celui de la copie, car rappelons que plus un thème a du succès, plus il se démocratise, et plus il se démocratise, plus il perd son caractère exclusif et original reponsable de son succès. Retail Forecasting AMSTERDAM RETAIL FORECASTING METROPOLE AMSTERDAM Printemps 2013 Coup d’œil aux différents concepts retails de cette capitale à l’histoire marchande tournée vers l’international, grande amatrice du design de produit et d’espace. Part 1 - 11 visites d’enseignes à retenir. Part 2 - Les grandes tendances de merchandising et d’expérience.@ Notre deuxième édition du baromètre de l’OMNIRETAIL permet de mesurer l’évolution des habitudes d’achats de Français entre 2012 et 2013. Quelles variations des taux d’achat dans les hypers, les marchés, sur mobile ? Où se situent les plus grands changements de comportement ? Découvrez les premiers chiffres analysant la mutation des pratiques « shopper » sur les supports encore novateurs (TV connectée, tablettes en magasin…). Retail news Rédactrices en chef : Delphine Loury, Pauline Garnier. Rédacteurs : Nathan Bernardin. Directeur artistique : Christophe Cousaert. Illustration : Gaëlle Mazars. CA COM 25 rue Ferdinand Buisson 92110 Clichy - France Tél. : +33 (0)1 53 67 74 00 Fax :+ 33 (0)1 47 23 44 20 cacom.fr CONTACT : Isabelle Gerson 01 53 67 49 19 [email protected] Retrouvez toute l’actualité retail sur notre blog www.cacom.fr