Pays émergents, vers un monde différent

Transcription

Pays émergents, vers un monde différent
N° 80 ■ 3ème trimestre 2012
Belgique - België
P.P. - P.B.
B - 22
Editeur responsable : Axelle Fischer • Commission Justice et Paix francophone de Belgique, asbl
Rue Maurice Liétart, 31, Bte 6 • B-1150 Bruxelles - Belgique
Bureau de dépôt :
Bruxelles X
P 705031
Pays émergents,
vers un monde
différent ?
B.R.I.C.S. : cinq lettres, une pour
chacun des pays dits “émergents”,
Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du
Sud. Doit-on parler de cinq “briques”,
cimentées par leur émergence sur la
scène mondiale, et associées dans la
construction des relations internationales
de demain ? Pour séduisante qu’elle soit,
l’image ne peut toutefois rejeter à l’arrière-plan
les incertitudes, les inconnues, les facteurs d’instabilité et les déséquilibres latents qui apparaissent
à l’horizon d’un avenir proche plutôt que lointain. Et si
l’on parle de pays émergents, cela peut aussi laisser entendre
que la partie la plus importante de ce qui se joue autour d’eux reste
encore immergée. On n’entonnera donc pas les refrains connus sur “l’essor”
démographique ou sur les “miracles” économiques : généralement, l’actualité figurant en “une” des journaux ne
donne pas le meilleur reflet des enjeux de fond engagés dans les relations internationales et les rapports entre
les peuples. C’est toujours après-coup que l’histoire montre que “demain” commençait aujourd’hui, mais que le
cours que prendraient les choses n’était pas nécessairement annoncé par ce qui en était le plus visible. Raison de
plus pour ne pas renoncer à s’entraîner à un regard plus aiguisé, plus exigeant aussi, allant au-delà des pseudoévidences ressassées sur “le monde comme il va”.
L’équipe de Justice et Paix
Publié avec le soutien de
Revue d’analyse des conflits internationaux et des enjeux de paix
la Direction Générale de
la Coopération au Développement
(DGD) et de la Fédération
Wallonie-Bruxelles
L’actualité : regards et positions
Crise économique : les exigences éthiques
sont incontournables page 2
Dossier
Pays émergents, vers un monde différent ?
Introduction
page 3
Première réflexion :
Une Chine émergente peut-elle entrer
en conflit avec l’Australie ?
page 4
Seconde réflexion :
La stratégie russe pour reconquérir l’espace
postsoviétique : entre soft et hard power.
Le cas de l’Ukraine
page 6
Portrait :
Jean-Baptiste Ndundu Nsituvila
de l’association RODHECIC, en RDCongo
page 9
Brèves
page 11
L’actualité : regards et positions
Crise économique :
les exigences éthiques sont incontournables
Le politique doit faire des choix moraux collectifs en
vue du bien commun. Ce dernier est une compétence
généraliste, qui est exercée en démocratie par des mandataires élus, avec l’aide de techniciens, en concertation
avec la société civile (défenseurs des droits humains,
syndicats…), et aussi à la lumière de discernements
politiques. En avons-nous la compétence, si les spécialistes ne s’en tirent pas ? Oui, parce que ni le financier,
ni l’économique ne fonctionnent pour eux-mêmes. Ils
ont une portée sociale et une visée humaine, et ils ont
donc des enjeux moraux qui concernent et dès lors
impliquent tout le monde.
Le contexte : un effet domino
La crise financière dans laquelle nous sommes plongés
depuis 2008, à la suite des États-Unis, a viré à la crise économique et donc sociale dans l’ensemble de la zone euro
par un effet de domino : Grèce, Portugal, Espagne, Italie…
En fait, on nous parle de crises de façon presque permanente depuis bientôt 40 ans, et cet enlisement révèle
d’inquiétants paradoxes :
❚ même si elles sont d’origine locale (Mexique, sud-est
asiatique, États-Unis) ou “sectorielles” (pétrole, bourses,
banques), elles affectent l’ensemble du monde ;
❚ l’expérience devrait rendre les responsables financiers
et politiques de plus en plus habiles à la manœuvre.
Au lieu de quoi nous végétons dans des crises dont
le coût social fait scandale ;
❚ l’origine et la nature des crises sont chaque fois différentes, mais la politique (re)commandée aux États
est toujours la même : l’austérité. Et si elle ne réussit
pas, on (re)commande… plus d’austérité !
Le politique doit faire des choix moraux
collectifs en vue du bien commun
2
Et comment réussirait-elle, l’austérité, si on affaiblit sciemment des économies qui sont déjà affaiblies ? Cela fait près
de 35 ans que nous faisons payer aux petits et même aux
plus démunis, les effets de crises qu’ils n’ont évidemment
pas provoquées. Et en ménageant les responsables, privés
comme publics. Notre position est que le politique doit
faire des choix moraux collectifs en vue du bien commun :
❚ on ne peut juger de l’efficacité d’un système financier à
partir de seuls critères financiers, car il doit servir l’économie.
On ne peut juger de l’efficacité d’un régime économique
à partir de seuls critères économiques, car il doit servir le
social et l’humain. Le jugement doit être politique, parce
qu’on déborde les techniques et parce qu’en démocratie,
c’est la vision de société des populations - une vision
généraliste - qui doit orienter les politiques ;
❚ il n’est pas vrai qu’”il n’y a pas d’alternative” aux politiques
qui sont menées. Mais elles se heurtent aux rapports
de forces sociaux dans nos pays, et géopolitiques dans
le monde.
Légitimité d’une parole chrétienne
Comme le politique est le lieu où l’on gère les enjeux
moraux collectifs, un point de vue chrétien est donc
légitime, jusque dans le débat politique : être chrétien
ne se limite pas à un culte.
Le Conseil pontifical Justitia et Pax a pris position pour
une réforme du système financier international et il plaide
pour qu’on instaure une autorité économique mondiale
qui ne serait plus spécialisée et technocratique, mais
franchement politique. Le Conseil appelle à approfondir sa réflexion. En Belgique, la Commission Justice et
Paix francophone l’a entrepris, aux titres de chrétiens
et citoyens compétents. Elle a bénéficié de l’apport
d’experts, ainsi que du groupe de travail préparatoire
de Justitia et Pax Europa. En 2013, ce réseau européen
des Commissions Justice et Paix entreprendra d’ailleurs
un travail d’interpellation politique de nos responsables
nationaux et européens.
Une vision chrétienne nous conduit à assigner aux
responsables de la vie sociale l’objectif suivant : celui
d’améliorer la gouvernance, locale ou internationale,
de façon à favoriser le développement intégral de tous
et de chacun. L’humanité est une et tous ses membres
sont égaux en principe et en droit, ce qui implique leur
solidarité pour assurer la dignité de chacun et le bien
commun.
Le Groupe de travail pour une Éthique
dans l´Économie et la Politique
Pour en savoir plus
❚ Le Groupe de travail pour une Éthique dans
l’Économie et la Politique de Justice et Paix
francophone de Belgique est composée de
citoyens bénévoles qui souhaitent mener une
réflexion éthique sur les enjeux économiques
mondiaux actuels. Envie de nous rejoindre ?
Contactez [email protected]
❚ Nous faisons partie d’un réseau composé de
30 Commissions Justice et Paix en Europe.
Du Portugal à la Roumanie, en passant par la
Suède... http://www.juspax-eu.org/en/home/
index.shtml?navanchor=1110000
❚ Voir le document du Conseil pontifical Justice
et Paix: “Pour une réforme du système financier
et monétaire international dans la perspective
d’une autorité publique à compétence universelle” (2011) : http://www.vatican.va/roman_
curia/pontifical_councils/justpeace/documents/
rc_pc_justpeace_doc_20111024_nota_fr.html
Introduction
Dossier
Pays émergents, vers un monde différent ?
hine et Russie. Deux des cinq pays “BRICS” sont placés ici sous le projecteur, chacun en fonction de
ses rapports avec un autre pays, considéré comme une “clé” pour comprendre les nouvelles configurations qui émergent dans les relations internationales : l’Australie pour la Chine, l’Ukraine pour
la Russie. En matière d’hégémonie, de rapports de forces, de zones d’influence et d’alliances qui se nouent
ou se dénouent, le dossier montre les changements dans les règles du jeu, tout comme dans la perception
et l’analyse des menaces. Les aspects militaires et énergétiques de cette “nouvelle donne” sont particulièrement soulignés, ainsi que son impact sur l’Union européenne. “Nouveauté” à nuancer, cependant, comme
l’indique l’interlocuteur de notre portrait : car les vieilles recettes de l’exploitation des ressources naturelles
et des êtres humains sont toujours d’application, par exemple en RDC où la Chine s’en occupe…
3
Dossier Première réflexion
Une Chine émergente peut-elle entrer
en conflit avec l’Australie ?
La montée en puissance de la Chine ne laisse pas son
voisinage indifférent, notamment l’Australie. Dans
cette région Asie-Pacifique, cette dernière ne peut
s’empêcher de voir avec méfiance une croissance
économique et militaire de si grande importance se
développer sous ses yeux.
a crainte de voir surgir une Chine hégémonique
dans la région contribue à créer un problème de
sécurité car l’équilibre des forces y est changé. Les
États-Unis n’occupent plus la place de leader régional
comme auparavant, alors que l’importance stratégique
de cette région est avérée. En effet, elle tend à devenir le
centre de gravité mondial aux niveaux démographique,
économique mais aussi politique. Dès lors, une question
cruciale se pose : la Chine va-t-elle croître pacifiquement ?
L’Australie a choisi d’adopter une position pragmatique
et de conciliation vis-à-vis du géant chinois comme en
témoigne la relation économique spéciale entretenue
depuis quelques années entre les deux pays.
Alliée stratégique des États-Unis dans la région, l’Australie n’en développe pas moins pour autant des relations
solides avec la Chine. Celles-ci se basent essentiellement
sur des échanges économiques dynamiques. Comme
l’indique Bruno Hellendorf, “en 2009-10, la Chine - premier partenaire économique de l’Australie depuis 2007 représente 17,6 % du commerce total australien [...]
devant le Japon [...] et les États-Unis” 1.
La relation est complémentaire et satisfait les deux
parties. L’Australie se positionne comme un pourvoyeur
privilégié de la Chine en matières premières et voit
ainsi la valeur de ses exportations augmenter. Cette
dernière exporte des produits manufacturés et investit
massivement en Australie.
4
Cette relation commerciale est en accord total avec la
politique de “développement pacifique” prônée par
la Chine. Il s’agit avant tout d’entretenir des relations
cordiales avec ses voisins et de s’assurer qu’il n’existe
pas de tensions pouvant mener à l’apparition de
conflits potentiels. Pour cela, il est prêté une attention
particulière aux relations bilatérales et multilatérales.
Malgré des postures volontairement rassurantes
attestées par des relations commerciales du style “winwin”, la Chine constitue néanmoins une menace pour
l’Australie. En effet, la Chine continue à développer
son arsenal militaire, même si elle déclare que c’est
dans un but uniquement défensif. Pour l’Australie,
il est impossible de ne pas se sentir menacée au vu de
la proximité géographique et des ressources impressionnantes de la Chine.
Pour sa protection, l’Australie peut compter sur son
allié historique, les États-Unis. Le cadre de l’ANZUS 2
lui assure une protection optimale dans un environnement menaçant ainsi que la possibilité de peser dans
les affaires régionales.
Pour l’Australie, l’alliance avec les États-Unis reste
donc une priorité, car basée sur des valeurs et intérêts
partagés. La lutte commune contre le terrorisme après
2001 a donné un coup de fouet à l’amitié entre les
deux partenaires. En 2005, un accord de libre-échange
a été ratifié entre les deux pays, ajoutant une véritable
dimension économique et commerciale à la relation.
Mais les États-Unis n’étant plus la superpuissance
d’antan, il faut désormais diversifier les partenariats.
Cela passe avant tout par une meilleure intégration à
la région. Pour l’Australie, il convient de montrer à la
région Asie-Pacifique dans son entièreté qu’elle désire
s’y intégrer politiquement et économiquement. Autrefois totalement isolée à cause de la relation spéciale
entretenue avec les États-Unis, l’Australie participe de
plus en plus aux forums régionaux et cela afin de se
désenclaver. Stratégiquement, il convient de ne pas être
isolée et de pouvoir être associée à l’établissement des
normes régissant la région.
Vis-à-vis de la Chine, l’Australie adopte une politique
pragmatique et moderne. Outre les échanges commerciaux
florissants, l’Australie, sans se détacher de son alliance stratégique avec les États-Unis, désire approfondir sa relation
avec la Chine. Si les avancées stratégiques et politiques
sont minimes, car la relation est encore essentiellement
basée sur le commerce, il convient néanmoins de saluer
la promesse faite par l’Australie de ne pas intervenir dans
un conflit potentiel mettant aux prises Taïwan et les ÉtatsUnis avec la Chine. Cette décision témoigne de la volonté
australienne de continuer à plaire à la Chine et est justifiée
par le postulat que le traité de l’ANZUS indique, à savoir
que les pays doivent s’assurer une assistance mutuelle
en cas d’agression, mais en aucun cas participer à une
guerre où le principal pays agressé serait Taïwan…
Pour l’Australie, la pierre angulaire de sa politique
étrangère est surtout de ne pas avoir à choisir entre les
deux puissances. L’Australie tire d’importants bénéfices
économiques de sa relation avec la Chine, tandis que
l’alliance avec les États-Unis lui apporte des bénéfices
géostratégiques et militaires notables.
Comme certains think-thanks américains le pensent,
l’Australie mènerait une politique de “Congagement” visà-vis de la Chine : un savant mélange de “containment”
et d’“engagement”. La Chine reste ainsi un partenaire
économique d’importance, mais l’alliance avec les États-
La Chine peut se sentir menacée à son tour par ce
déploiement de force australien. En effet, Pékin érige
la protection des voies d’approvisionnement maritimes
comme l’une des hautes priorités de sa politique extérieure. Si l’Australie se déploie sur sa façade maritime
nord, ce sont les transports chinois qui pourraient être
menacés. Il en résulte un maintien des forces chinoises
dans la zone, et cela afin de contenir la possible émergence d’une puissante flotte australienne.
Il reste que l’attitude australienne est dénuée de visée
hégémonique, ce qui tend, en définitive, à rassurer la
Chine sur ses intentions, même si l’identité occidentale
de l’Australie et son réseau d’alliances tissé avec le Japon
et les États-Unis insufflent parfois, à raison, le doute.
Henning Mankell est une figure majeure de la
littérature policière scandinave. Sa série de romans
centrés sur Kurt Wallander, de la police d’Ystad,
a rendu l’auteur célèbre, en révélant aussi son
goût pour les problèmes internationaux. Ce que
Mankell confirme à nouveau, dans son récent
roman Le Chinois, dont l’héroïne principale est
cette fois Birgitta Roslin, magistrate à Helsingborg.
L’intrigue de ce “polar” véritablement géopolitique
entraîne le lecteur dans un long voyage dans
l’espace-temps des relations internationales.
Du 19ème siècle à aujourd’hui, de la Suède aux
Etats-Unis, de la Chine à l’Afrique (Zimbabwe,
Mozambique) et à Londres, on voit se propager
l’onde de choc provoquée par le massacre d’une
vingtaine d’habitants d’un tout petit village perdu
au nord de la Suède… Plus encore que l’héroïne
elle-même, le lecteur est saisi de vertige devant les
basculements qui marquent notre temps, où les
destinées individuelles et collectives s’entrecroisent
de façon telle que nul ne demeure indemne de
ce qui arrive si loin, si près.
Éditions du Seuil, 2011, 576 pages.
La Commission Justice et Paix voit dans l’Union européenne un acteur incontournable afin de diminuer la
possibilité de conflit entre grandes puissances dans la
région Asie-Pacifique. En usant de son soft power 5,
l’Union européenne est tout à fait capable de jouer le
rôle d’arbitre en rappelant aux acteurs en présence la
nécessité de régler les différends de manière pacifique,
et cela dans le but d’assurer un environnement stable
et dénué de conflit.
Nous encourageons les citoyens européens et belges à
interpeller les décideurs politiques (élus belges du Parlement européen, fonctionnaires belges de la Commission
européenne) quant à la nécessité d’avoir une véritable
politique volontaire et proactive afin d’assurer la sécurité
dans cette région. Afin d’interpeller l’Union européenne,
il s’avérerait également utile de sensibiliser nos parlementaires belges fédéraux pour qu’ils relayent ce message en
faveur de la paix dans la région Asie-Pacifique.
Santiago Fischer
Dossier Première réflexion
Malgré sa volonté de privilégier les organes multilatéraux
et le commerce, l’Australie poursuit parallèlement un
effort d’augmentation et de modernisation de son arsenal
militaire. Le budget de la défense est équivalent à 1,9% du
PIB et augmentera de 3% chaque année jusqu’en 20152016 4. Le but étant de pouvoir répondre aux possibles
menaces provoquées par sa position de tampon entre
les deux puissances et par son isolement dans la région.
Quand le roman
policier devient
géopolitique…
© Source Legion-Media
Unis, et dans une moindre mesure avec le Japon, reste
d’actualité afin d’équilibrer le système régional. Comme
l’indique Cécile Pajon, “[il s’agit de] profiter des opportunités économiques et commerciales tout en conservant
une attitude critique, notamment sur la politique chinoise
des droits de l’Homme” 3. Preuve en est que l’Australie
conserve ses valeurs occidentales et n’entend pas les
mettre de côté dans sa relation avec la Chine.
5
1. “Entre l’Aigle et le Dragon : l’Australie à l’heure des choix face
à la Chine ?”, par Bruno Hellendorff, chaire Inbev Baillet-Latour
Programme “Union européenne - Chine”, 2012.
2. Alliance stratégique militaire nouée en 1951 et renouvelée il
y a peu entre la Nouvelle-Zélande, l’Australie et les États-Unis
3. “La stratégie australienne en Asie-Pacifique”, par Cécile Pajon,
©Ifri, 2008.
4. “L’Australie comme acteur stratégique : la politique militaire
de l’Australie” (2ème table ronde des journées d’études du
3 avril 2007 : “Géopolitique du Pacifique Sud : l’Australie et son
environnement stratégique”), par le Colonel Feliks Skowronski,
Fondation pour la recherche stratégique.
5. Capacité d’attraction.
Dossier Deuxième réflexion
La stratégie russe pour reconquérir l’espace
postsoviétique : entre soft et hard power.
Le cas de l’Ukraine
La fin de la guerre froide et l’éclatement de l’URSS
ne sont pas restés sans conséquences négatives pour
l’héritière principale de cet empire : la Russie. Mais
après des années de crises économiques et politiques,
la Russie relève la tête et entend retrouver son statut
de grande puissance.
idée par un développement économique lié aux
rentes pétrolières et gazières (exportations de
ses ressources vers l’Europe et l’Asie), la Russie a
lancé depuis le début des années 2000 une vaste offensive afin de retrouver son statut d’alliée indispensable
auprès de son “étranger proche”. Il s’agit de restaurer
sa zone d’influence dans l’espace postsoviétique. L’Asie
centrale, le Caucase, l’Europe centrale sont autant de
zones qu’il s’agit de reconquérir et cela afin de préserver
les intérêts géostratégiques de la Russie.
Pour être une puissance internationale, il convient
en effet d’être le chef de file dans sa propre région.
L’Ukraine constitue particulièrement pour la Russie une
zone d’importance qu’il convient de ne pas perdre au
bénéfice des forces occidentales. L’élargissement de
l’Union européenne et de l’OTAN à ce pays serait vu
comme une invasion du pré carré de Moscou et doit
donc être évité. Le chercheur américain Zbigniew Brzezinski considérait même que “sans l’Ukraine la Russie
cesse d’être un empire”.
6
Pour restaurer sa capacité d’influence dans l’espace
postsoviétique, deux stratégies sont utilisées par Moscou : le soft et le hard power. La Russie maîtrise
parfaitement le hard power (politique de coercition
agressive qui se traduit par des actions militaires et
économiques), via notamment l’utilisation de l’arme
énergétique (augmentation du prix du gaz, menaces de
couper l’approvisionnement, etc.), la multiplication de
ses bases militaires dans l’espace postsoviétique, voire
même le déclenchement de conflits comme on a pu le
voir dans le cas de la guerre en Géorgie dont l’une des
raisons était la protection des minorités russophones.
Vu de l’étranger, ce hard power entre en contradiction
avec la volonté affichée par Moscou depuis 2005 de
miser sur le soft power comme stratégie d’influence,
c’est-à-dire la capacité “d’attirer”, d’être un pôle d’attraction politique, culturel et social. Le but est d’améliorer l’image de la Russie à l’extérieur et de montrer
qu’elle est un interlocuteur indispensable pour traiter
les affaires internationales.
Le soft power à la russe...
C’est suite à la Révolution Orange de 2005 en Ukraine
et au succès des forces pro-occidentales que Moscou
s’est rendu compte de la capacité qu’avait le soft power
à produire des effets positifs.
Le soft power russe, malgré la faiblesse d’investissement dont il souffre, en comparaison avec les sommes
dépensées par les États-Unis et l’Union européenne, est
en pleine expansion.
Plusieurs instruments sont à sa disposition. La langue russe
reste largement répandue dans l’espace postsoviétique.
En Ukraine, le russe est utilisé comme langue véhiculaire
par 70 % de la population. 60 % de la population est
de langue et culture russes. Certaines régions, comme
la région orientale, sont peuplées majoritairement par
des colons russes, établis plus ou moins anciennement
sur le territoire. La Russie utilise également l’arme de la
délivrance des passeports russes, notamment en Crimée.
Environ 180 000 personnes le posséderaient dans cette
région dominée par les russophones.
La Russie utilise également l’arme des médias comme
instrument au service du soft power. Des sondages
menés révèlent que les pays de la CEI (Communauté des
États Indépendants) restent des consommateurs actifs
des produits médiatiques russes. Ainsi, en Ukraine, plus
de trois-quarts de la population regardent la télévision
russe. Le cyberespace (internet) est également bien
occupé par la Russie. Ainsi, les sites nationaux officiels
ont des versions russes. Ajoutons aussi les agences d’information (comme Ria Novosti), les journaux en ligne,
ainsi que les revues qui diffusent les informations dans
plus de 10 langues, dont l’anglais.
Les campagnes d’information s’adressent aussi bien à
l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Tout événement est
exploité : la victoire russe à l’Eurovision de 2008, les
jeux Olympiques de Sotchi en 2014, la présidence du
G8 à St-Petersbourg, mais aussi des thèmes comme la
mémoire historique.
L’enseignement supérieur en Russie constitue un formidable pôle d’attraction. Des milliers d’étudiants de
l’espace postsoviétique viennent en effet suivre des
études pour devenir les futures élites économiques,
politiques et militaires de leur pays. Elles seront ainsi
plus tard bienveillantes envers le pays qui les a formées.
Malgré cette offensive en termes de soft power, les
résultats se font attendre. Nous ne pouvons pas parler
réellement d’un basculement de l’Ukraine dans la sphère
d’influence russe, et cela malgré l’arrivée au pouvoir
en 2010 d’un gouvernement pro-russe. L’image de la
Russie à l’étranger reste globalement négative, à cause
notamment du manque de démocratie, de la liberté
de la presse bafouée, etc. La coexistence avec le hard
power, notamment vis-à-vis de l’Ukraine, vient semer
le doute sur les intentions russes.
…et le hard power à la russe !
En avril 2010, l’Ukraine - avec un nouveau gouvernement pro-russe - et la Russie ont signé l’accord de
Kharkiv mettant fin à d’incessantes querelles autour
de la question de l’approvisionnement énergétique de
l’Ukraine. Jusque là, toute la décennie a été marquée
par des manœuvres russes - que l’on peut assimiler à du
hard power - autour de l’approvisionnement en gaz et
en pétrole. Pour l’Ukraine, pays dépendant à 100% de
la Russie pour assurer son importante consommation
énergétique, les nombreuses menaces de hausse des
tarifs et de coupures dans les livraisons s’assimilaient
à de véritables déclarations de guerre et plongeaient
le pays dans des crises importantes. Les questions de
transit et d’achat du gaz ont donc occupé l’actualité
nationale pendant de longues années. Parallèlement à
cela, l’Ukraine avait un moyen pour contrebalancer le
pouvoir russe : la location de son port de Sébastopol
en Crimée à la flotte russe de la Mer Noire, offrant ainsi
à Moscou une position stratégique de choix. L’Ukraine
avait auparavant décidé de ne pas renouveler le bail au
delà de 2014. L’accord trouvé a permis de satisfaire les
deux parties: la location est prolongée jusqu’en 2042,
en échange de quoi l’approvisionnement en énergie est
assuré avec une ristourne de 30 %.
Á côté du secteur de l’énergie, la Russie a également
entamé dans les années 2000 un envahissement massif
des secteurs économiques stratégiques de l’Ukraine.
Ainsi, les investissements se sont multipliés d’abord
entre 2002 et 2004 (ils ont été triplés) et ensuite,
surtout à partir de 2005, dans les secteurs bancaire et
financier, l’industrie métallurgique et de l’armement,
les télécommunications, les transports, l’aéronautique,
l’aérospatiale, les chantiers navals, le nucléaire, les infrastructures énergétiques, la chimie etc.
Dossier Deuxième réflexion
© Source Worldcrunch.com
A l’échelle de l’espace postsoviétique, la présence de
bases militaires, la coopération militaire, la formation
des militaires, l’assistance technique et les manœuvres
communes restent des moyens de hard power utilisés par
Moscou pour assurer son influence. La forte croissance
de ces moyens liée à l’augmentation des investissements en font un acteur et partenaire incontournable
pour toutes les nouvelles républiques indépendantes.
Ces collaborations se font le plus souvent de manière
bilatérale mais aussi via les forums régionaux.
Mais même si la Russie continue, via les conflits gelés dans
l’espace postsoviétique, à assurer une présence militaire
forte, elle semble écarter le recours aux interventions
armées. Une chance de voir émerger le soft power comme
unique pièce de la politique étrangère russe ?
Rôle de l’Union européenne
Face au réveil de la Russie sur le plan international,
l’Union européenne doit veiller à ne pas marginaliser
cette puissance émergente sous peine d’engendrer de
grandes frustrations synonymes de conflits. Ainsi, nous
ne pouvons qu’applaudir au dialogue stratégique entre
l’OTAN et la Russie qui garantit la paix en assurant un
échange constant sur l’avenir sécuritaire dans l’espace
postsoviétique.
L’Union européenne doit également veiller à ne pas froisser
la Russie et à ce titre, doit continuer à maintenir l’Ukraine
hors de l’OTAN et de l’Union. En effet, un basculement
de ce pays dans le camp occidental sonnerait comme
un véritable désaveu pour la Russie et serait considéré
comme une menace du côté de Moscou.
Pour éviter tout conflit futur entre grandes puissances
en Europe centrale, l’Union européenne doit donc pouvoir laisser la Russie continuer à œuvrer à son regain
d’influence au sein de l’espace postsoviétique. Grâce
à l’action internationale de l’Union européenne qui se
base essentiellement sur le soft power, la Russie pourrait
être tentée d’abandonner son hard power au profit du
soft power. Une garantie solide de paix ?
Santiago Fischer
7
Dossier Deuxième réflexion
Emergence…
“Pays émergents” : l’expression apparaît vers les années
1980 avec l’extension des marchés boursiers aux pays en
développement. Elle désigne les pays en développement
offrant des opportunités pour les investisseurs. Ces pays se
doivent de présenter une croissance économique rapide.
Autres opportunités : posséder des structures économiques
convergeant vers le modèle néolibéral, celui des pays dits
“développés” ; leurs populations doivent cependant se
contenter de salaires ne freinant pas les investissements.
Les multinationales en quête de rentabilité maximum
peuvent donc y délocaliser sans crainte leur production :
une certaine stabilité politique est cependant indispensable
sous peine d’effrayer les “marchés” .
A l’opposé de tout ce qui coule, s’abîme, s’enfonce,
plonge et disparaît, émerger signifie également sortir
d’un état ou d’un lieu pour accéder à une situation
meilleure : “le soleil émerge du brouillard”, “la vérité
d’un amas de mensonges”… Les exemples abondent
dans le Littré, le Robert ou le Larousse. La trajectoire
des pays économiquement “émergents” apparaît donc
excellente d’un point de vue sémantique.
Une année “émergente” signifie aussi une année “qui fait
date”, une année à partir de laquelle une “ère” nouvelle
est envisageable. Les années 1980, qui voient le modèle
néolibéral se mondialiser et les années 2007- 2008 qui
voient l’échec de ce même modèle, auraient dû être
considérées comme telles et être le point de départ d’une
prise de conscience rendant possible l’émergence d’un
monde plus juste et plus pacifié : ce ne fut pas le cas…
D’un point de vue sémantique et simplement “humain”,
l’”émergence” d’une communauté ou d’une région du
monde signifierait son accession à une vision économique,
politique, écologique, respectant davantage la justice
et la paix entre les nations. Voilà ce qui devrait être le
message prioritaire à adresser à nos hommes politiques !
Jean-Pierre Plumat
8
Sommet BRICS, New Delhi,
29 mars 2012.
Dossier Portrait
Jean Baptiste
Ndundu Nsituvila
de l’association RODHECIC,
en République Démocratique
du Congo
Jean Baptiste Ndundu Nsituvila a 39 ans. Ce licencié de l’Institut
Supérieur Pédagogique et Technique de Kinshasa 1 est depuis longtemps (comme étudiant d’abord et puis comme professionnel)
engagé pour la construction d’une paix durable en RDC. En 1999,
il a d’ailleurs participé à la création du RODHECIC, association pour
laquelle il travaille aujourd’hui : 72 organisations d’inspiration chrétienne font partie de ce réseau œuvrant dans l’éducation civique
et la promotion des droits humains en RDC 2.
9
Dossier Portrait
“La Chine a imité les
“clés du succès” des
sociétés occidentales
depuis plus de
cinq siècles, à savoir
l’acquisition des
ressources naturelles
à moindre coût !”
Comment définiriez-vous la présence
de la Chine en RDC?
Je dirais, tout d’abord, que ce n’est pas une nouveauté !
Les Chinois sont présents en RDC (ex-Zaïre) depuis des
longues années, mais leur posture a évolué au fil des
années en fonction des dynamiques intérieures et du
contexte politique mondial. Au début du XXème siècle,
au moment de la fin du commerce des esclaves, de la
création de l’État Indépendant du Congo et du lancement de la colonisation avec ses grands travaux, la Chine
était déjà là. À partir des années 70, sous Mobutu, la
coopération avec la Chine a été caractérisée par la mise
en train de plusieurs projets dont les plus visibles sont
la construction d’infrastructures.
Aujourd’hui, la Chine cherche à réduire la pauvreté de
sa population, à savoir plus d’un milliard trois cents millions d’habitants, soit environ 23 fois la population de la
RDC. Pour cela, la Chine a imité les “clés du succès” des
sociétés occidentales depuis plus de cinq siècles, à savoir
l’acquisition des ressources naturelles à moindre coût !
10
Plus de 80% des importations chinoises concernent les
produits miniers. En 2008, la RDC a signé une convention
de collaboration avec le Groupement des Entreprises
chinoises : notre pays doit apporter des gisements naturels cupro-cobaltifères estimés à 10.616.070 tonnes
de cuivre en échange de quoi le groupement des
entreprises chinoises apporte un financement de jointventure minière 3 (68% Groupe d’entreprises chinoises
et 32 % Gécamines), ainsi que le financement pour la
construction d’infrastructures.
Cette politique économique a-t-elle
des conséquences positives pour
la population congolaise ?
Il faut reconnaître que les contrats chinois ont permis,
à court terme, d’entreprendre la construction d’un
nombre important d’infrastructures (routes...) grâce à
un investissement financier supérieur au budget de la
RDC 4. Dans le contexte de pauvreté dans laquelle vit la
population, c’est un signe d’espérance.
Cependant, les Congolais se plaignent de plus en plus
des “dégâts collatéraux” dont ils subissent les conséquences : les entreprises chinoises gagnent tous les
marchés et font désormais concurrence aux entreprises
congolaises qui sont moins performantes sur le terrain et
qui ne reçoivent pas toujours l’appui du gouvernement
congolais. D’autre part, les mauvais traitements subis
par les Congolais travaillant avec les Chinois ont fini par
dissuader plus d’un de rejoindre les entreprises chinoises
comme employé. Enfin, de nombreux chinois immigrés
exercent de petits commerces, excluant ainsi de facto
les petits commerçants congolais.
Quelles pistes d’amélioration voyez-vous ?
Que peut faire la Belgique à ce sujet ?
La RDC devrait être en mesure de négocier de manière
transparente le commerce des ressources naturelles de
son sol et de son sous-sol en respectant des normes
internationalement reconnues. Aujourd’hui, les liens
entre les conflits armés en RDC et les ressources naturelles
ne sont plus à démontrer. Les pays consommateurs de
nos ressources naturelles (comme la Chine, l’Amérique
du Nord mais aussi les pays européens !) ne doivent
pas ignorer qu’ils sont des acteurs-clés dans la guerre
dans notre pays. Si l’Union européenne doit continuer à
s’engager sincèrement pour la paix et la sécurité en RDC
en privilégiant le respect de la souveraineté congolaise,
elle doit aussi impulser une coopération triangulaire
sincère entre la RDC, l’Europe et la Chine dans le respect
des droits et des intérêts des populations congolaises 5.
Propos recueillis par Axelle Fischer
1. ISPT-Kin
2. Voir le site Internet www.rhodecic.org
3. “La joint-venture est un accord entre deux partenaires issus de
pays différents et qui consiste en la création ou l’acquisition
conjointe d’une filiale commune sur le marché du partenaire
étranger. Cette coopération est envisagée sur le long terme”
(source : http://www.eur-export.com/francais/apptheo/marketing/
distribution/jointventure.htm).
4. En 2008
5. Pour en savoir plus sur le travail de Justice et Paix à ce sujet :
http://www.justicepaix.be/?mot6
Un projet fédérateur de
multiples associations autour
du Festival International du
Film Francophone (FIFF) de Namur.
C
ette année encore, la Commission Justice et
Paix est heureuse d’appuyer l’équipe du FIFF
Campus, volet pédagogique du festival de cinéma
namurois, dans la coordination d’animations
citoyennes pour les jeunes. Du 28 septembre au
5 octobre, environ 8000 jeunes participeront à
des activités de sensibilisation à la citoyenneté
sur base des films et des émotions, réactions
et réflexions qu’ils suscitent.
Dans le cadre de l’Année européenne du Vieillissement actif et de la Solidarité entre Générations,
parmi de nombreuses animations visant à élargir
leurs horizons, les associations proposeront
aux jeunes des activités autour du thème de la
rencontre intergénérationnelle. Ainsi, le projet
fédérateur “C’est dans la boîte” invite les jeunes
à décorer une boîte en fer et à y déposer un
message ou un objet qu’ils souhaitent transmettre à une personne d’une autre génération.
Ces boîtes seront exposées aux festivaliers puis
distribuées à la fin du festival.
Plus d’infos : rendez-vous sur
http://www.fiff.be/
La formation “Comprendre
les conflits internationaux”
dispensée chez vous !
Brèves
“C’est dans la boîte !”
L
es conflits internationaux font partie intégrante de
l’histoire de l’humanité. Il est essentiel de pouvoir
disposer de clés pour les comprendre, démêler leur origine
et leur complexité ainsi que pour confronter les différents
points de vue à leur égard.
Justice et Paix peut, à votre demande, dispenser chez vous
(pour un groupe de minimum 5 personnes) cette formation destinée aux citoyens désirant mieux comprendre et
décoder l’actualité des relations internationales.
Cette formation permet d’approfondir les concepts de
base entourant les notions de conflits et de paix dans le
but de développer une démarche d’analyse. La formation s’articule autour d’un cadre conceptuel, d’une grille
d’analyse et des applications ludiques.
Il ne vous reste plus qu’à constituer
un groupe et à nous contacter !
[email protected] - 02/738 08 01
Prix : Gratuit.
Participez au
cycle des cafés
littéraires 2012-2013 !
L
e livre lu s’enrichit de lectures toutes différentes. Un livre qu’on a détesté peut susciter
l’enthousiasme du voisin qui y a peut-être décelé
une finesse ou une émotion qui nous a échappé.
Le principe est simple : chacun lit pendant l’année
trois livres. Deux réunions sont consacrées à chaque
livre lu. L’idée est de se confronter à la lecture de
l’autre, de s’appuyer sur la subjectivité de chacun
pour entrer dans le texte et mieux s’en imprégner.
La seule règle de fonctionnement est la suivante :
chacun prend la parole à son tour ; ensuite, seulement, on parle à bâtons rompus.
Deux thèmes seront abordés cette année : “La
place des femmes dans les conflits” et “La crise :
un monde en mutation, une opportunité de
changement”.
Brèves
Il est encore temps de rejoindre
le groupe, n’hésitez pas !
Renseignements et inscriptions :
[email protected] - 02 738 08 01
11
Publications
Quel dialogue entre
les entreprises et
la société civile ?
L
es fondements de notre modèle économique capitaliste
globalisé sont, depuis l’éclatement de la crise économique
et financière en 2008, à nouveau sujets d’indignation et
de questionnements des citoyens. Si le système financier et
monétaire (banques et agences de notations) est au centre
de la polémique actuelle, Justice et Paix désire ici questionner
le rôle d’un autre type d’acteur, cœur du modèle capitaliste
et moteur de notre économie réelle : l’entreprise privée. Le
rôle de l’entreprise dans la société et la gestion de ses im-
Etude CJP - À paraître en novembre 2012
Quels alliés pour le Brésil,
grande puissance en devenir ?
Auteur : Frédéric Triest - Prix : 5 euros
Pour commander l’étude :
Tél. 02 738 08 01
E-mail : [email protected]
Pour Brasilia, il s’agit avant tout d’étendre sa sphère d’influence au continent tout entier tout en prenant garde à
ne pas effrayer ses partenaires. En effet, toute puissance
régionale doit pouvoir s’entourer d’alliés fiables afin d’atteindre des objectifs internationaux plus larges…
Abonnement de soutien
Soutien financier : à partir de 40 €,
déductible fiscalement *
Axelle Fischer, secrétaire générale ; Eva Calatayud,
Santiago Fischer, Amandine Kech, Laure
Malchair, Frédéric Triest, Bernard Van Meenen,
chargé-e-s de projets ; Chantal Bion, secrétaire.
à “Pour parler de paix”
de Justice et Paix
Dons
’Amérique du Sud est un continent en pleine mutation.
Affranchie de la tutelle nord-américaine, la région se
cherche une direction ainsi qu’un leader. De par son statut de puissance émergente à l’échelle mondiale, le Brésil
semble avoir la capacité et l’intention de s’arroger ce rôle.
Porte-drapeau des pays du Sud qui désirent mettre en place
Abonnements
un modèle de développement alternatif à la mondialisation
néo-libérale, le Brésil peut compter sur une position avantageuse. Pays le plus vaste et le plus peuplé d’Amérique
du Sud, son appareil industriel et commercial tentaculaire
se déploie internationalement.
Contact
L
pacts sur la population et le milieu de vie sont actuellement
discutés par nos représentants politiques et par le secteur
privé lui-même, à travers le concept de “Responsabilité
Sociétale des Entreprises” (RSE). La société civile se bat
depuis de nombreuses années pour participer à la définition de cette RSE et des devoirs qu’ont les entreprises
envers les citoyens. Dans cette optique, cette étude pose la
question de la faisabilité et de la pertinence pour la société
civile d’engager un dialogue direct avec les entreprises. Un
tel dialogue est-il souhaitable ? De quelle(s) manière(s) le
mettre en œuvre ? Quels écueils sont à éviter ?
à partir de 15 €
à verser au compte
BE30 0682 3529 1311
Ont collaboré à ce numéro : Yvonne Clément,
Paul Löwenthal, Jean-Pierre Plumat
Auteur : Santiago Fischer - Prix : 5 euros
À verser au compte BE30 0682 3529 1311
avec la mention “DON”.
* Sous réserve d’acceptation du dossier pour 2012
Pour tout renseignement
à propos d’un don ou d’un legs,
merci de bien vouloir prendre contact :
Tél. 02 738 08 01
[email protected]
N’hésitez pas à nous contacter !
Commission Justice et Paix
francophone de Belgique, asbl
Rue Maurice Liétart 31/6
B - 1150 Bruxelles - Belgique
Design : www.acg-bxl.be
Tél. 32 2 738 08 01 - Fax 32 2 738 08 00
E-mail : [email protected]
Dessin de couverture : Anne-Sylvie Berck
Site : www.justicepaix.be
Publié avec le soutien de la Direction Générale de la Coopération au Développement (DGD) et de la Fédération Wallonie-Bruxelles