N°58 - Septembre

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N°58 - Septembre
ZONE
LIBRE
Mensuel de Couleurs Gaies, Centre LGBT — Lorraine Nord
N° 58 - Septembre 2005
EDITO
Cinq pavés lancés dans les vitrines de notre local. On va bientôt pouvoir monter une barricade et y planter fièrement un drapeau arc-en-ciel ! Mais certains trouveront sans doute qu’on en fait trop…encore. J’ai rencontré
de nombreuses personnes qui s’étonnaient de ce qui était arrivé à notre association cet été. Pour ma part, je
suis surtout étonné que cela ne nous soit pas arrivé avant. Mais bon, passons… Cette anecdote estivale m’a
inévitablement valu qu’on me pose souvent la même question : ces incidents sont-ils motivés par de l’homophobie ou par une bêtise aveugle ? Et moi de répondre inlassablement que c’est les deux, bon sang ! Bien entendu qu’il n’y a pas d’idéologue derrière chaque acte d’homophobie. C’est pourtant simple à comprendre: les
normes guident la violence des abrutis vers des cibles privilégiées qu’on a coutume d’appeler ‘boucs émissaires’. De toute manière, la polémique, celle engagée par exemple avec une voisine ou un commissaire de Police
qui se montraient sceptiques quant au caractère homophobe des dégradations, est morte dans l’œuf puisqu’un
témoin a affirmé avoir entendu les sempiternels « sales PD » proférés par les vandales en fuite. Mais bon, passons… En tout cas, si ces incidents auront interpellé les hétéros qui croient et les homos qui feignent de croire
que l’hostilité envers les lesbiennes, les gays, les bi et les trans est une problématique dépassée, ce sera toujours cela de gagné. Et si par bonheur, certains d’entre eux avaient la bonne idée d’adhérer à notre association,
se rendant compte subitement qu’elle sert à quelque chose, j’en deviendrais presque indulgent envers les petits
cons qui s’entraînent au lancé du poids dans la rue des Tanneurs. Encore une chose : quand j’étais assis en face
du commissaire qui m’assurait que l’homophobie était résiduelle à Metz, un de ses collègues est entré dans le
bureau et a apporté les photocopies des plaintes que l’association avait déposées, en précisant qu’elles étaient
surlignées en rose et que la couleur était de circonstance. Il eut été davantage de circonstance qu’il m’épargne
son humour douteux. Mais bon…
Stéphane
LA RENTREE A COULEURS GAIES :
SAMEDI 10 SEPTEMBRE : BAL LESBIEN DE COULEURS GAIES A ARS SUR MOSELLE
SAMEDI 17 SEPTEMBRE : SOIREE MILLE ET UNE NUITS AU LOCAL
SAMEDI 24 SEPTEMBRE : GRANDE SOIREE DISCO DE COULEURS GAIES A SOLGNE
Couleurs Gaies, Centre LGBT de Lorraine Nord (Lesbien, Gay, Bi et Trans), Association loi 1908, agréée Jeunesse et Education populaire,
membre de l’Inter Centres LGBT et de l’Inter Pride, 31 rue des Tanneurs -57000 METZ. Tél. 03.87.17.46.85
— Net : www.couleursgaies.org— Mail : [email protected] — Permanence Associative : tous les mardis de 20h00 à 23h00.
Permanence d’Accueil (pour avoir des informations sur l’association) et d’Ecoute : tous les jeudis soirs de 20h00 à 22h00.
Permanence Chers Parents : sur RDV, tous les jeudis soirs de 20h00 à 22h00 au local ou par téléphone au 03.87.17.46.85.
Groupe Femmes : tous les 1er vendredis de chaque mois. Thé lesbien : tous les 3ème dimanches de chaque, mois à partir de 16h00.
Groupe Trans : tous les 2ème vendredis de chaque mois. Groupe Homoparentalité : tous les derniers vendredis de chaque mois.
Zone libre : ISSN 1767-8404 . Directeur de Publication : Stéphane AUROUSSEAU. Rédacteur en chef : Alexandre DEFOSSE.
Ont participé à ce numéro : Stéphane, Alexandre, Dominique, Barbie, Micky, Héléna, Mikaël, Sigrid, Nicolas, Luis et Kerbite la petite grenouille.
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Le local de Couleurs Gaies vandalisé
Deux fois en moins de quinze jours, le local de l’association a
été touché par des actes de vandalisme bien ciblés. Dans la nuit
du 8 au 9 août, 3 pavés ont été lancés dans la porte en verre du
local, la faisant voler en éclats. Puis, dans la nuit du 21 au 22
août, 2 pavés ont de nouveau été lancés, mais cette fois-ci dans
l’une des vitrines du local. Les dégâts s’élèvent à plus de 2000
euros. La répétition du mode opératoire et les témoignages des
voisins, qui ont bien entendu des injures homophobes proférées
par les jeunes vandales en fuite, ne laissent aucun doute (n’en
déplaise à certains !) sur les motivations de ces actes, toujours
perpétrés quand le local est inoccupé. Les dégradations commises sur le local de Couleurs Gaies ont été largement médiatisées (FR3, Europe 1, Europe 2, France Bleu, Le Républicain
Lorrain, La Semaine, Têtu, Illico,…), provoquant un vaste
mouvement de sympathie à l’égard de l’association qui a reçu
le soutien de la FSU, de la CFDT, de la CGT, des associations
Homonyme (Nancy), LesBienNées (Nancy), CIGaLes (Dijon),
RLG (Reims), du Député-Maire de Woippy, M. François
GROSDIDIER, et de nombreux particuliers de Metz ou d’ailleurs, militants ou pas, homos ou hétéros… qu’ils en soient
remerciés. Une enquête de Police est en cours.
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Verre, j’espère…
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La Fédération française des
Centres LGBT recale le
Rectorat Nancy-Metz dès la
1ère session
Pour faire un pied de nez à l’homophobie, Couleurs Gaies cherche un ou une volontaire inspiré-E pour réaliser une œuvre
d’art à partir du verre brisé récupéré de la porte du local. Cette
oeuvre sera bien évidemment inaugurée comme il se doit et
exposée à l’association. Alors, ça vous tente ?
La Fédération française des Centres LGBT a décerné la
deuxième édition de son Prix et de son Anti-Prix annuels lors
de ses douzièmes Rencontres nationales, qui se sont tenues à
Dijon les 16 et 17 juillet derniers. La vocation de ces deux prix
est de mettre en lumière des démarches régionales qui se sont
particulièrement illustrées soit en faveur soit contre l’intégration et l’épanouissement des personnes lesbiennes, gaies, bi et
trans.
Au cours des débats qui visaient à départager les différents
dossiers présentés par les Membres de la Fédération, les actions
de Madame Adeline Azan, députée européenne, contre la nomination du commissaire européen homophobe, Rocco Buttiglione, en octobre 2004 ont retenu favorablement l’attention de
l’assemblée tandis que le nom de Christian Vanneste a évidemment été cité pour les propos violemment homophobes tenus
par ce député en décembre 2004. Mais c’est finalement deux
services déconcentrés de l’Etat qui ont obtenu l’un et l’autre les
prix pour l’année 2005.
La Fédération française des Centres LGBT a décerné son "Prix
annuel de la démarche la plus favorable à l'intégration sociale
et à l'épanouissement des personnes LGBT" à la DDASS de
Côte d’Or pour son soutien indéfectible depuis 1995 aux actions sociales menées par CIGaLes et notamment pour avoir
favorisé en 2005 l’intégration du Centre LGBT de Dijon à l’ADEPS, une association inter-institutionnelle dont l’objet spécifique est d’organiser des interventions en milieu scolaire sur
l’éducation à la sexualité et à la prévention.
Conjointement, l’ "Anti-Prix annuel de la démarche la plus
préjudiciable à l'intégration sociale et à l'épanouissement des
personnes LGBT" a été décerné au Rectorat de l’Académie
Nancy-Metz pour ses manœuvres visant à empêcher toute action de lutte contre l’homophobie en milieu scolaire et notamment pour avoir essayé en 2001 de bloquer Couleurs Gaies
dans la conception et la diffusion d’un outil pédagogique de
lutte contre l’homophobie et pour avoir refuser en mars 2005,
après deux ans de tergiversation, de donner au Centre LGBT de
Metz l’agrément qui lui aurait permis d’intervenir plus facilement dans les établissements, aux motifs que « la lutte contre
l’homophobie ne répond pas à un intérêt général » et que
« l'orientation sexuelle, comme l'appartenance politique ou
confessionnelle, relève d'un choix personnel et privé » ( ?).
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Couleurs Gaies sur Canal +
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Groupe Education-Formation
Le groupe Education-Formation de Couleurs Gaies fait sa rentrée et reprend ses activités ce mois-ci. L’objectif de ce groupe
est de préparer nos futures interventions d’information en milieu scolaire et de formation auprès de professionnels. Les activités prévues lors de la prochaine réunion : présentation par la
graphiste de la plaquette qui présente les offres de formation,
rédaction de la charte-qualité, et l’exploitation de notre intervention au lycée professionnel de Moyeuvre-Grande. Bonne
nouvelle, contrairement à toute attente, la DDASS 57 a décidé
cet été d’accorder une subvention de 3.000 euros pour financer
ces activités.
Si vous êtes intéressé pour participer à ce groupe (il n’est pas
nécessaire d’avoir une compétence particulière dans le domaine
de la formation, toutes les bonnes volontés sont les bienvenues), venez nous rejoindre le mercredi 14 septembre à 20 h
00.
Dans le cadre de l’émission « Les Lundis de l’investigation »
diffusée sur Canal + le lundi 5 septembre à 22 h 55 sur le
thème « Haro sur les homos : enquête sur l’homophobie »,
deux reportages ont été tournés en mars 2005 à Metz : un à
Couleurs Gaies dans le dossier qui oppose l’association au rectorat de Nancy-Metz qui a refusé d’accorder l’agrément permettant un accès aux établissements scolaires, l’autre au lycée
Robert Schuman à Metz dans le cadre de l’utilisation de la
mallette pédagogique « Vivre ses différences, comment parler
de l’homophobie ».
Nous vous proposons de voir cette émission au local le samedi 1er octobre à 20 h 30 pour une soirée intitulée « sémantique
des discours homophobes ». Après la diffusion, des échanges
sur l’émission seront l’occasion d’analyser et de décrypter les
discours homophobes.
Dominique,
Chargé des actions éducatives
Dominique
50 kilos de bouchons récoltés
Depuis plusieurs mois, Couleurs Gaies récolte les bouchons en
plastique pour une association dénommée les ‘Bouchons du
cœur’ qui les revend comme matière à recycler et finance ainsi
des projets en faveur des enfants hospitalisés. Couleurs vient de
remettre à cette association ses premiers 50 kilos de bouchons.
Merci à celles et ceux qui font l'effort de ramener leurs bouchons au local. L’opération continue !
Dossier agrément académique : le mémoire de défense de Couleurs Gaies
Au mois de juillet, Couleurs Gaies a reçu du tribunal
administratif le mémoire de défense du Rectorat de NancyMetz dans le cadre du recours devant le tribunal administratif
que nous avons déposé pour le refus d’agrément.
Le rectorat de Nancy-Metz justifie son refus par des arguments
douteux et mensongers qui visent à dénigrer les actions de
Couleurs Gaies et à porter atteinte à son image. Ainsi, il sousentend, entre autres, que nous voulons profiter de nos interventions en milieu scolaire pour faire des rencontres avec des jeunes homos, pour faire du prosélytisme (c’est le mot utilisé par
le recteur). Par ailleurs, il a inséré dans ses pièces justificatives
les pages du calendrier de Couleurs Gaies (qui se trouve sur le
site internet) en vue de porter atteinte à notre image. Tous ces
arguments (le document de dix pages est à votre disposition si
vous souhaitez le consulter) ne portent en fait pas sur le fond
du dossier (la justification du refus d’agrément) mais sur la
forme.
Avec la coopération de notre avocat (Jean-Luc PLUCHON), nous avons rédigé cet été notre propre argumentaire
de défense. Cela a nécessité d’importantes investigations. Par
ailleurs nous avons reçu le soutien de plusieurs organismes :
Sos-homophobie, et la FCPE (fédération des parents d’élèves)
de la Moselle qui demande au recteur de revoir sa décision.
En revanche, l’aide juridictionnelle que nous avons demandée pour payer les frais d’avocat nous a été refusée.
Stéphane
Compte rendu de l’intervention d’Héléna
à Reims cet été
Dominique
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Nous avons eu un accueil chaleureux par les membres
de l'association et une masse de questions pertinentes ont fusé,
nous avons terminé par un verre de l'amitié après 1 h 30 d'exposé. Plusieurs personnes qui avaient des questions pointues
sur ce sujet sont venues discuter en privé avec elle et sa compagne.
Ce jeudi 2 juin 2005 Héléna Durant était invitée à l'association ex aequo de Reims pour parler de transsexualisme et de
son parcours.
Face à une assemblée mixte de 25 personnes, Héléna a
commencé à raconter son parcours difficile avec une enfance et
une adolescence dans sa peau d'homme très chaotique, le refus
de son sexe, de son mal être dans sa vie d'homme. Elle envie
les femmes de leurs corps et de leur aspect. Puis vint le mariage, qui, s'il s'est bien passé au début, s'est vite altéré. Essayant par tous les moyens de refouler ce désir d'être une
femme, elle s'est laissé pousser une barbe fournie pour exorciser cette tendance qui la harcelait tous les jours. De longues
années se sont écoulées pour faire un travail d'acceptation de
soi et pour enfin prendre les décisions irréversibles que la situation imposait.
Néanmoins elle a eu deux filles dans sa condition
d'homme et cela fut du pur bonheur pour elle. Elle s'habillait en
femme lorsqu'elle se retrouvait seule, puis elle alla fréquenter
les lieux à Paris où l'on pouvait se vêtir en femme en toute liberté.
Mais cela ne la satisfaisait pas jusqu'au jour où elle a
entendu parler de transsexualité. Alors elle fit des pieds et des
mains pour pouvoir trouver toutes les adresses des spécialistes
qui pouvaient l'aider à devenir une femme à part entière. Puis
vint le temps des hormones avec toutes les modifications du
corps et la longue liste d'interventions chirurgicales.
Enfin les opérations : ablation de la pomme d'adam,
pose de prothèses pour les seins (mammoplastie), lifting, rhinoplastie, opération des cordes vocales puis l'opération la plus
délicate qu'elle passa à Gand en Belgique : la vaginoplastie.
Vous trouverez ci - après une petite explication de cette opération : "Il existe différentes techniques permettant de créer un
neo-vagin (quel terme horrible!) à partir d'organes génitaux
masculins. Chaque chirurgien a développé sa petite méthode et
les résultats sont extrêmement variables, tant du point de vue
esthétique que fonctionnel (urinaire et sexuel). En règle générale, on procédera à l'ablation des testicules (orchidectomie) et
du corps caverneux (ce qui remplis le pénis et permet l'érection). On va créer ensuite le vagin en utilisant la peau et (dans
le meilleur des cas) les terminaisons nerveuses du pénis et/ou
des testicules, puis un clitoris en utilisant le gland et, là encore
dans le meilleur des cas, en préservant la sensibilité de ce dernier. Enfin on terminera par une labiaplastie consistant à créer
des lèvres. Si on sait aujourd'hui créer un vagin réaliste, on est
encore très loin de l'original pour ce qui est du fonctionnement:
Sur le plan urinaire, une fois passé la période de cicatrisation,
on se rapproche tout à fait de ce qui se passe chez une femme.
L'intérieur du vagin est tapissé par la peau du pénis, mais si
celui-ci était petit, on peut avoir une profondeur insuffisante
pour la pénétration. La lubrification naturelle n'existe pas. Dans
de très rares cas on assiste à l'apparition d'une lubrification
causée par des sécrétions provenant probablement de la prostate. On sait de nos jours préserver la sensibilité, mais cela
n'aura bien entendu rien de comparable avec le modèle."
Merci encore à eux de nous avoir écouté et de s'intéresser à ce sujet si difficile à approcher.
Jocelyne P. et Héléna DURANT
L’AFFICHE DU MOIS
Depuis la dernière opération Héléna est heureuse dans sa
peau de femme et elle vient de trouver une compagne. Ensemble elles vont vivre un futur à deux et être heureuse pour la vie
tout en conservant pour chacune l'univers familial né de leur
vie passée.
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Samedi 24 septembre : Grande soirée disco de Couleurs Gaies à Solgne
Vos sorties en septembre :
Samedi 10 septembre : Bal lesbien à Ars
Le dernier bal lesbien de l’année organisé par le Groupe
‘Femmes’ de l’association aura lieu le samedi 10 septembre à
Ars-sur-Moselle. Le RDV est fixé à 22h00 au parking de la
gare. Pour plus de renseignements, parlez-en à Bettina lors des
permanences du mardi soir.
La dernière grande
soirée disco de
Couleurs Gaies de
l’année aura lieu à
Solgne le samedi 24
septembre à partir de
22h00 et jusqu’à
4h30 du matin. 750
personnes
ont
participé
à
la
précédente soirée qui
avait eu lieu en mai!
L’entrée est fixée à
6€ (3€ pour les
membres de toutes les
associations LGBT de
Lorraine
sur
présentation de leur
carte d’adhérent).
PRE-VENTES
Vous pouvez vous procurer des pré-ventes qui vous donneront
droit à une flûte de champagne offerte (ou toute autre
consommation) :
- au bar l’Atmosphère (rue du Grand Cerf à Metz – tél :
Samedi 17 septembre : Soirée ‘1000 et une nuits’ au
local
Ludovic, alias Garcimor, se produira
pour la 1ère fois sur la scène de
Couleurs Gaies dans un show de
p r estid igitatio n le samed i 17
septembre ! Cette performance sera
également l’occasion pour notre
magicien préféré de nous alerter sur le
dévoiement des techniques des
illusionnistes vers d’autres fins que
celles du spectacle et du
divertissement. Le show sera précédé
d’un repas à 20h00 au local. Au menu :
couscous avec un peu de Sidi Brahim pâtisseries arabes - thé à la menthe, le tout pour 5€. Inscriptions
jusqu’au jeudi 15 septembre 22h00 en déposant ou en envoyant
par courrier votre règlement au local. Vous pouvez bien sur
venir à 21h00 uniquement pour le spectacle, dans ce cas sans
inscription.
03.87.78.51.13.) ;
- au Blue Club Sauna (rue Sébastien Leclerc à Metz – tél :
03.87.18.09.40.) ;
- au Sauna Men’s Club (rue de la Ferme St-Ladre à Marly – tél :
06.23.23.30.00.)
- au cinéma Le Royal (rue Gambetta à Metz – tél : 03.87.18.72.18.)
- au local de Couleurs Gaies (rue des Tanneurs à Metz – tél :
03.87.17.46.85.) – Pré-ventes à 3€ pour les adhérent-E-s au local
de Couleurs Gaies uniquement !
Soirée « FEUX TRICOLORES »
On vous rappelle le principe : A l’entrée de la salle, des
bénévoles de Couleurs Gaies vous proposent (sans vous
obliger) de porter un brassard de couleur VERTE pour les
célibataires qui recherchent le ‘Grand Amour’, de couleur
JAUNE pour les personnes déjà ‘mariées’ ou de couleur
ROUGE pour les amateurs de plans d’un soir. Vous pouvez
porter plusieurs brassards et rien ne vous oblige à considérer la
couleur du brassard de la personne que vous avez en vue
comme une parole d’évangile. Mais à quoi ça sert alors, nous
direz-vous ? Ca sert à vous donner un prétexte pour aborder
quelqu’un, ce qui n’est déjà pas si mal. Exemple : « Fais voir
de quelle couleur il est ton brassard ?…Oh, vert, comme moi !
Au fait, comment tu t’appelles… »
BENEVOLAT
Comme d’habitude, l’association sollicite l’aide de bénévoles
pour l’organisation de ses soirées. Toute personne qui consacre
au moins une heure à la préparation de la soirée du 24 septembre se verra rembourser son entrée et offrir une consommation.
Si vous êtes intéressés, passez nous voir au local lors des permanences du mardi soir (20h00 – 23h00).
P ho to
so ir ée
‘repas karaogay’
au local le 26
août 2005.
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Groupe Femmes
Groupe Femmes
Groupe Femmes
Groupe Femmes
éprouvant … ben oui… fallait bien la remonter la pente.
Et que je te pédale, et que je te pédale, sur les 5
« vélos – rails », qui pouvait prendre 4 personnes. Heureusement, on a pu se relayer, sinon je crois qu’on aurait fini, à pieds, à les pousser ces fichus engins… Qui
dira après que les femmes ne font pas partie de « la
pédale » !!??
Les fesses ont un peu souffert mais plus rien n’en subsistait le dimanche suivant pour le pique-nique et jeux
de plein air à Jouy. Le soleil ne nous a pas quitté de la
journée… ça nous a permis de peaufiner notre bronzage… surtout celui des gambettes … Et c’est ainsi que
nous avons terminé en beauté ! Pendant ce laps de
temps, des couples se sont formés, d’autres se sont
défaits, et d’autres encore se sont pacsées. La vie
quoi !!
D’aucunes vont penser : « Mouais ! C’est pas comme
ça qu’on va faire avancer les droits des femmes !!... » Eeeeh ! Oooooh ! On a bien le droit de s’amuser !! On a toute une année pour réfléchir à ce qu’on
va pouvoir faire. Surtout savoir conserver cette amitié
qui fait le ciment de notre groupe. Savoir écouter, ne
pas juger, tendre la main, réconforter… C’est aussi une
façon d’être militante.
En attendant, je continue à aménager mon petit nid. Je
veux qu’il soit douillet à souhait pour y recevoir, un
jour, celle qui illuminera enfin ma vie.
L’ancêtre vous remercie d’avoir patienté quelques mois
avant qu’elle ne reprenne la plume. C’était pas évident
de « pondre » un article chaque mois. Trop de choses à
faire, à penser, à décanter, à digérer.
Bon ! C’est pas le tout ! Je vous laisse pour aujourd’hui
…… j’ai mes planches de placard à couper, l’électricité
à mettre à la cave, arroser mes plantes, tirer une
prise téléphone pour le net…… etc.
Bisous les filles, et si vous avez des idées pour les articles futurs…… n’hésitez pas à m’en parler. Et n’oubliez pas ……
Mais oui … mais oui … c’est la
rentrée ! Deux mois déjà qui viennent de s’écouler. Pour certaines ces jours furent peut-être longs… pour les autres
ils ont filé à allure grand « V » et vitesse grand « A »
…… Je dois vous avouer que de mon côté je n’ai pas vu
le temps passer.
La rentrée approche et il n’y a pas que les profs de
l’assoc qui vont reprendre le chemin de l’école. L’ancêtre s’y colle aussi. EH OUI !!!! Histoire de ne pas laisser les neurones refroidir ! Pendant 2 ans, elle va côtoyer les jeunots et va leur montrer ce que les anciennes savent faire… la « date de péremption » !!?? Elle
connaît pas !
Mais la saison estivale fut riche de rencontres en tous
genres. Cela a commencé par la visite du parc de « Ste
Croix » le 10 juillet, le thé lesbien le 17, du vélo autour
du lac de la Madine le 31 juillet … et ça y est le 1er
mois était déjà « torché ». Juste une petite semaine,
histoire de recharger les accus et nous repartions
pour de nouvelles équipées sauvages.
Le 7 août, nous nous sommes retrouvées à Falck, chez
Martine, qui, avec l’aide de Noëlle, nous avait concocté
un petit parcours de santé en pleine nature. La pluie
s’est vite arrêtée et c’est sous un beau soleil que nous
avons fait les 12 km réglementaires. De quoi nous mettre en appétit, parce qu’un chtit casse-croûte à midi …
ça nourri pas une femme… et quand en plus on oublie
son en-cas dans le coffre de la voiture… à la fin … on a
les crocs. C’est donc autour d’un excellent barbecue
que nous nous sommes toutes retrouvées, dans la cour
de Martine. Mais là… les ennuis ont commencé. La pluie
a fait sa réapparition et il a fallu tendre une bâche
pour protéger nos petites frimousses. Entre les pinces
à linges et Martine grimpé sur le toit de son garage
pour retenir ce foutu plastique avec du carrelage … je
ne vous dis pas la crise de rire. Mais l’important c’est
que nous étions ensemble et que nous avons passé un
excellent moment. Le 21, direction Vigy pour 2 heures
de « vélo – rail ». Boudiou !!! À l’aller ça allait encore …
sauf que certaines s’évertuaient à pédaler comme des
malades… alors que la copine du même vélo freinait à
mort pour éviter la collision…… Le retour fut plus
Y A LE BAL LE 10 SEPTEMBRE
À ARS SUR MOSELLE.
On compte sur vous !
M
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REFLEXIONS
Coup de Cœur
Coup de Cœur
Coup de Cœur
Coup de Cœur
que là connu que des garçons, embrassé quelques filles
mais jamais plus, et si elle se savait homosexuelle, elle
appréhendait beaucoup le moment où le sexe justement
ferait son apparition. Elle découvrit cette douceur lors
d’une soirée chez Laura, où elles avaient écouté beaucoup de musique, et lors de laquelle Laura, qui ne peut
pas résister à l’appel d’une bonne chanson, avait encore
dansé, plus désirable que jamais. Laura avait quelques
années de plus, plus d’expérience aussi. Elle avait adopté le rythme d’Anaïs et attendait qu’elle lui fasse signe
avant d’aller plus loin.
Elles s’aimaient, et avaient une relation stable qui épatait
tout le monde, et que les autres filles du milieu jalousaient. Elles avaient chacune leur appartement mais dormaient ensemble quasiment chaque soir, essayant de ne
pas céder à l’amour fusionnel caractéristique des femmes, mais ne pouvant rester éloignées trop longtemps.
Elles avaient d’ailleurs gardé l’habitude de sortir, peutêtre trop régulièrement, mais elles aimaient s’amuser et
ne voyaient autour d’elles aucune tentation. Plus d’un an
de bonheur qu’on aurait pu qualifier de parfait, si il n’y
avait pas eu les fois où la ville grouillait de monde le soir
et qu’elles avaient trouvées préférables de se lâcher la
main pour se balader, si elles n’avaient pas dû faire face
à quelques insultes. Mais cela faisait partie de leur
monde, elles ne connaissaient personne à l’abri de la
méchanceté des autres.
Un soir, après avoir bu tranquillement un verre avec quelques amis, Laura et Anaïs ont empruntées le même chemin que de nombreuses autres fois, collées l’une à l’autre. Elles n’ont pas prêtées plus d’attention que d’habitude aux « sales gouines » qui sont parvenues à leurs
oreilles en sortant du bar. Elles n’ont pas regardé, elles
étaient pressées de rentrer, de se retrouver seules, de
faire l’amour… Elles avaient tellement hâte, et tellement
envie de démonstration d’affection, qu’elles ont ralentis le
pas pour s’embrasser, comme tout couple, et qu’à cet
instant, elles ont manqués de vigilance et que les trois
hommes les ont rattrapées sans même qu’elles s’en préoccupent. Une voix masculine les tira de ce moment sacré en ricanant un « besoin d’aide ? ». Anaïs décolla ses
lèvres de Laura, qui lui serra la main plus fort. Elle tourna
la tête quand elle sentit des mains qui n’avaient pas la
douceur et le respect de celles de Laura sur ses fesses.
Elle cria un « hey » mécontent et Laura lui tira sur le
bras « viens… » en la ramenant à elle. Quand elles se
retournèrent pour partir, un des hommes leur bloquait le
passage. Laura regarda discrètement autour d’elle pour
découvrir que la rue était malheureusement déserte, et
tira plus fort sur le bras d’Anaïs, essayant de passer sur
le côté. L’homme les repoussa vers les deux autres qui
les séparèrent. Anaïs commença à donner des coups de
pieds pour qu’on la lâche, un des hommes passa ses
mains sur les seins de Laura en disant « c’est dommage
de gâcher tout ça », il descendit pour passer sous son
tee-shirt. Laura tenta de repousser la main mais un des
hommes lui coinça son bras dans son dos. L’homme
avec une chemise rouge, qui tenait Anaïs, lui mit une
claque pour qu’elle arrête de gigoter. En voyant l’autre
homme relever le haut de Laura pour découvrir sa
Poupée cassée
Le vent soufflait fort ce soir là, il soufflait beaucoup trop
fort depuis quelques temps. Ces derniers jours, Anaïs
n'avait pas quitté son petit appartement. Plus exactement
sa chambre. Depuis plusieurs mois elle ne s'alimentait
que si elle n'en pouvait plus, que son ventre la suppliait
et qu'elle avait trop de mal à tenir debout pour résister à
son appel. Elle avait beaucoup maigris, rongée par le
stress... Tous les cadres de sa chambre gisaient par
terre, elle marchait pieds nus au milieu des bouts de
verre, elle s'infligeait toutes sortes de souffrance physique qui la soulageaient et lui faisait sentir qu'elle vivait
encore.
Vivre, c'est tout ce qu'elle ne voulait plus, tout ce qu'elle
n'arrivait pas à contrôler.
Deux ans plus tôt, Anaïs se sentait la plus épanouie des
jeunes femmes. Elle venait de sortir du placard pour sa
famille, qui ne l’avait pas rejetée, qui n’avait même pas
eu l’air tellement surprise. Elle avait rencontré nombre de
personnes « comme elle », et mieux encore, elle était
amoureuse… et aimée en retour. Anaïs ne revendiquait
rien par son apparence, était plutôt discrète et classique,
mais avec une féminité qui faisait parfois défaut aux autres filles qu’elle pouvait rencontrer. Laura était un bloc
de sensualité, coiffée à la Louise Brooks, look comme
Gina Gershon dans « Bound », elle était ce qu’il existait
de plus sexy au monde pour Anaïs. Elle bougeait son
corps comme personne sur la musique. Totalement à
l’aise sur les podiums quand Anaïs osait à peine rejoindre la piste et se dandinait sur elle-même, assise à une
table ou debout près du comptoir.
Un soir il y avait beaucoup de monde dans l’habituel bar
qu’elles fréquentaient toutes les deux sans se connaître,
et Anaïs se trouva malgré elle dirigée plus à l’intérieur,
plus près de la piste, et plus près du bar sur lequel dansait Laura. Un haut ultra court, un jeans un peu large
descendant ses hanches, elle était excessivement attirante. Cherchant des yeux ses copines, Anaïs sirotait son
verre, essayant de masquer le trouble qui la gagnait,
quand une main se tendit vers elle. Elle leva les yeux, et
voyant Laura penchée sur elle, ses joues devinrent pourpres. Laura attrapa son verre pour le poser plus loin, et
cria à Anaïs « monte sur le tabouret ». Anaïs fit un mouvement panoramique, de Laura au tabouret pour revenir
sur Laura. Au sourire de celle-ci Anaïs sentit que quelque
chose d’important se jouait, elle monta sur le tabouret, et
Laura l’aida à la rejoindre sur le bar. Une confiance en
elle qu’elle ne se connaissait pas la fit bouger en rythme,
collée à la femme qui la faisait fantasmer. Au bout d’un
moment Laura avait suggéré qu’elles sortent prendre
l’air. C’est une fois à l’extérieur et entre deux éclats de
rires qu’elles s’étaient embrassées pour la première fois.
Plusieurs rendez-vous, toujours plus de choses en commun ou à partager… Anaïs, avec la naïveté qui la caractérisait, voyait en Laura son âme sœur. Elle n’avait jus-
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Infos Assoc’
REFLEXIONS
Coup de Cœur
Coup de Cœur
Coupe de Cœur
Coup de Cœur
ment là, et n’avait pas bien compris ce qui se passait.
Après l’enterrement Anaïs avait suivis scrupuleusement
tous les conseils, elle avait tenté de faire le plein d’activités, de s’occuper le corps et l’esprit, non pas pour oublier, mais pour ne pas craquer, pour ne pas passer sa
vie à pleurer.
Sauf que tout n’avait plus qu’un goût amer maintenant,
quand elle regardait les personnes face à elle, elle imaginait que certains visages dissimulaient des ennemis de
l’humanité, qu’ils pouvaient être des monstres pour qui
tous les gens ne sont pas égaux. Comme Laura, et elle,
à cause de leur orientation sexuelle, comme d’autres de
part leur religion ou leur race. Et Laura n’avait pas eu
droit au respect, et elle en avait perdu la vie.
poitrine, elle devint comme folle et bougea de plus belle.
L’homme en rouge la poussa dans une espèce de renfoncement, elle tomba par terre et il se rua sur elle. Ses
mains la fouillèrent partout pendant qu’il répétait qu’il allait lui montrer ce qu’était un vrai mec. Elle ne pensait
qu’à Laura et c’était la seule chose qui lui donnait la force
d’essayer de se relever encore et encore malgré les claques et coups de poing qu’elle se prenait. Elle appelait
Laura et n’obtenait pas de réponse. Elle entendit les
hommes s’approcher, et Laura sangloter, puis crier, probablement en voyant ce qu’il arrivait à Anaïs. Anaïs entendit un bruit sourd, le cri de Laura se stoppa net, du
sang coulait de sa bouche, elle voyait trouble et l’homme
au dessus d’elle lui mis son sexe dans le visage « tu vas
aimer ça ». Pendant qu’il se frottait, Anaïs pu apercevoir
Laura, allongée sur le ventre un peu plus loin, un homme
faisant des mouvement de va-et-vient derrière elle. Elle
se mit à pleurer, supplia l’homme de la lâcher, mais il
n’était plus qu’à ce qu’il était en train de lui faire. Laura
avait un bras tendu vers elle, mais ne semblait plus bouger. Anaïs regroupa toutes ses forces pour crier le prénom de son amie, mais n’obtint aucune réaction. Elle
supplia encore, l’homme qui la pénétrait lui attrapa les
cheveux et commença à lui frapper la tête sur le sol. A
bout de force, elle s’évanouit.
Lorsqu’elle rouvrit les yeux, elle avait toujours le goût du
sang dans la bouche, et tout son corps lui faisait mal. Elle
se redressa, le coin était sombre, et calme. Laura était
toujours dans la même position. Anaïs remonta son pantalon, comme elle put et rampa jusqu’à Laura en l’appelant doucement. Lorsqu’elle la rejoignit enfin, Anaïs prit
conscience que l’état de Laura était très inquiétant, la
jeune femme ne bougeait pas d’un millimètre, et si elle
semblait toujours respirer, elle avait de multiples coupures sur le corps et le visage, et l’arrière de son crâne
semblait défoncé. Anaïs n’osa pas la toucher, elle se releva difficilement et marcha aussi vite que son corps lui
permettait, pour sonner à la première porte d’habitation
qu’elle trouva, pressée de retourner auprès de Laura.
Effrayée à l’idée que le temps lui soit compté, que les
hommes soient toujours dans les parages, et tout simplement qu’elle puisse prendre froid. Elle sonna à plusieurs
reprises sur le bouton du bas de l’interphone. Enfin une
voix de femme vint lui répondre, un peu agressive au
début. En entendant une telle détresse dans la voix d’Anaïs la femme se précipita à la porte pour lui porter secours. Anaïs essayait d’expliquer ce qui c’était passé, et
surtout qu’il fallait y retourner car Laura y était toujours.
La femme s’occupa d’appeler les secours, pendant que
son mari s’habilla pour aller auprès de Laura. Anaïs voulait l’accompagner mais la femme la persuada de s’asseoir pour se reposer un peu, que les secours seraient
bientôt là et qu’en attendant elle ne pouvait rien faire de
plus.
Vu son état les chirurgiens renoncèrent à l’opérer. Laura
resta dans le coma 2 jours, le second matin sa pression
sanguine chuta brutalement. Quarante-cinq minutes plus
tard son décès était prononcé sans qu’elle n’ait jamais
repris connaissance. Anaïs était auprès d’elle à ce mo-
Anaïs avait cessé de sortir, et si elle pouvait, elle aurait
directement cessé de respirer, pour être sûre de ne pas
revivre ça. Mais des histoires comme la sienne sont si
courantes, elle ne pourrait plus le supporter. Elle attrapa
le carnet qui était sur son lit, ramassa un stylo et griffonna : « Parce que je sens que ce monde ne veut pas de
moi, parce qu’il n’est pas prêt, et que je n’ai pas la patience… ». Elle se pencha pour embrasser une photo de
Laura au milieu du verre brisé, se leva d’un air décidé,
but cul sec ce qu’il restait dans son verre posé sur la
commode en passant, et se dirigea dans la salle de bain.
Calmement, elle fit couler l’eau, aussi chaud qu’elle pouvait le supporter, les lames étaient déjà à leur place sur le
rebord. Elle se brûla en mettant le premier pied dans la
baignoire. Elle resta assise en attendant qu’il y ait suffisamment d’eau, puis s’allongea. Kurt Cobain criait toujours son mal-être dans l’autre pièce. Quand elle se sentit
assez forte, elle plongea les lames avec détermination et
précision. Comme à son habitude la vue du sang la calma, mais cette fois ne la contenta pas. Quand l’eau autour d’elle fut complètement rouge, que la tête lui tournait,
elle s’allongea, prenant soin de ne pas laisser ses poignets hors de l’eau. Elle ferma les yeux.
Sigrid
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Assoc’ BELL
LA VIEInfos
DE BRIAN
jourd’hui un cœur usé et fatigué.
-« Quel service, voulais-tu me demander ?
- Tu es un amour, Davy.
- Je n’ai pas encore dit oui.
- Si Davy, sinon je crois que je vais me foutre en l’air. » L’estomac
de Davy se contracta. Brian était sincère. Davy aussi avait connu
ces moments terribles où l’idée du suicide est dressée là, devant
les yeux, douce et terrible.
Sans conviction, il lui répondit. « Vas-y, mais je ne te promets
rien.
- Il faut que tu retrouves Jennifer, que tu me dises si elle va bien,
si elle m’aime, si je pourrais la revoir un jour.
Je ne pourrai pas la retrouver seul. Dès que je fais un pas, je suis
repéré.
- Mais je suis sûr que tu ne sais quasiment rien d’elle, Brian.
- Si ! Le webtub a dit qu’elle s’appelait Dubois, Jennifer Dubois.
Et elle habite Dallas. Grâce à ces informations, j’ai pu apprendre
qu’elle habite dans la 348ème banlieue de Dallas, un charmant lotiranch. J’ai vu son loti-ranch sur mon écran, ainsi que ces 2 mères,
Lolita – qui n’a pas l’air commode – et Chanel – apparemment
plus douce. Par contre impossible d’avoir un contact avec Jennifer. C’est ce qui m’inquiète.
- J’imagine déjà le charmant lotissement qu’elle habite. Ca doit
être un lotissement lesbien. Pour qu’un homme y mette les pieds,
il lui faut 10 autorisations.
- C’est pour ça que je ne peux pas y aller.
- Moi, non plus je ne peux pas y aller. C’est de la folie. « Salut, je
suis un ami du copain de votre fille. Je peux entrer ? » J’imagine
l’accueil. Au mieux, je serai encapsulé. Mais le plus vraisemblable
est que je serai noyé dans la piscine. Les texanes ne rient pas, mon
petit Brian.
- Davy, j’ai besoin de toi. Je t’en supplie, aide-moi. Tu as le droit
de te déplacer dans le monde entier. Tu mettras moins d’une
heure et demi en fusée pour aller à Dallas.
- Le problème, ce n’est pas d’aller à Dallas. C’est d’aller jusque
chez elles, d’enquêter, sans me retrouver encapsulé ou assigné à
résidence. »
Au bout de 2 heures, Davy accepta le principe de se déplacer à
Dallas. Il voulait aider Brian. Il comprenait si bien sa situation.
Lui aussi aurait aimé à l’âge de Brian être aidé. S’il y avait la moindre chance que Jennifer soit le grand amour de Brian, il fallait
faire quelque chose pour Brian.
La difficulté était de savoir comment s’y prendre. Davy convint
avec Brian, qu’il partirait à Dallas dès qu’il aurait trouvé un plan
réalisable.
Quand Davy aurait échafaudé un plan d’action, il enverrait Nestor faire du Taï-chi dans le jardin.
***
3 jours après leur rencontre à l’espace de végétation, Brian aperçut Nestor en pleine séance de Taï-chi. Davy partirait pour Dallas
le lendemain. Il avait un plan, et même déjà l’autorisation pour
entrer dans la 348ème banlieue de Dallas.
Brian remercia le ciel de lui avoir donner un ami aussi précieux
que Davy, aussi efficace et inventif. Il était sûr que le plan de Davy avait beaucoup plus de chances de réussir que tous ceux farfelus qu’il avait imaginés pendant ces 3 jours.
Il fit signe à Nestor de rappeler à Davy de prendre son pendentif
d’enquête. Brian voulait suivre sur son écran chacun des moments du voyage de Davy.
***
ou La douloureuse histoire de l’hétérosexualité au 24ème siècle
Chapitre 3 : Dallas, terre vache
Episode 2
Résumé : Dans l’épisode précédent, Brian, malmené par ses camarades de
base-ball et par ses pères, sur le point de craquer, demande à nouveau de
l’aide à Davy, son ami hétérosexuel.
Une demi-heure plus tard, Davy rejoint Brian à l’espace de végétation du bord de l’océan. Brian faisait une tête d’incinération.
-« Salut Davy. Merci d’être venu si vite.
- Salut, Brian. » Davy leva le poing en souriant. « Solidarité hété.
Que t’arrive-t-il mon pauvre Brian ?
- J’ai les 2 pères les plus cons de la galaxie. J’ai pour amis une
bande de gros pourris, hétérophobes comme tu te les imagines
pas.
- Ils ont cherché à te tuer, en t’immergeant progressivement dans
un bain d’acide?
- Ben quand même pas.
- Alors ils sont moins hétérophobes que certains que je connais.
- Tu me rassures, Davy.
- Je suis un peu venu pour ça, Brian. »
Il y eut un long silence. Davy attendait patiemment que Brian
parle, se livre, lui demande un conseil.
-« Davy, j’ai un service à te demander. » Brian se tut à nouveau
quelques instants, puis reprit. « Tu sais, je suis fou amoureux de
Jennifer.
- Et qui est Jennifer ?
- La fille que j’ai rencontré à Frisco 3000, le jour où…
- Ah !
- Je ne pense qu’à elle. Je veux la revoir. Savoir comment elle va.
Si elle m’aime aussi. Je ne retrouverai jamais une fille aussi
chouette, aussi gentille. Elle est belle, si tu savais. Sa peau est
douce.
- Brian.
- Oui ?
- Tu as vu cette fille en tout et pour tout 15 minutes dans ta vie.
Tu l’as croisée à l’espace des rêves, et tu as fait bingue bingue
avec elle dans la foulée.
- Il y a des fois des 15 minutes qui sont plus importantes, plus
intenses que 15 années. Je sais ce que je dis. J’ai vécu en 16 ans,
15 minutes. 15 petites minutes. Durant 15 minutes j’ai été moimême ; j’ai été heureux, et c’était avec Jennifer.
- Brian. Je comprends que ça a été une expérience très heureuse,
inoubliable… Mais ces 15 minutes là sont finies. Tu ne connais
pas Jennifer. Vous vous entendriez peut-être très mal, si vous
vous rencontriez à nouveau.
- Non, ça n’est pas possible. Je l’aime.
- C’était un moment particulier, dans un contexte particulier.
Vous cherchiez tous les 2 la même chose. Un peu d’amour, un
peu de bonheur, volé à ce monde homocentré.
- Ah non, Davy. C’était les chutes du Niagara, la faille de
San Andréas,… le Piton de la Fournaise en érection… en
éruption » - Brian rit de son lapsus. « Je ne peux imaginer
continuer à vivre, que si je sais que je la reverrai, que si je
sais que j’aurai avec elle d’autres moments merveilleux
comme celui-ci.
- C’est un mirage, Brian.
- Ne joue pas les cœurs usés et fatigués, Davy. S’il te plaît. » Davy
fut touché par la remarque de Brian. C’était exact que lui avait
perdu beaucoup de ses rêves, de ses illusions. Il avait aimé aussi
des femmes, et le monde entier s’était dressé entre lui et elles. Il
avait essayé, échoué, et recommencé tant de fois. Oui, il était au-
La suite dans le prochain Zone Libre
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Infos
Assoc’
COURRIERS
DES
LECTEURS
Faut-il accepter le mariage entre catholiques?
Je suis complètement pour le mariage des catholiques. Je
trouve que c'est une erreur et une injustice d'essayer de les en
empêcher. Le catholicisme n'est pas une maladie. Les catholiques, bien que beaucoup ne les aiment pas ou les trouvent bizarres, sont des personnes normales et doivent avoir les mêmes
droits que les autres, comme s'ils étaient, par exemple, informaticiens ou homosexuels.
Je conviens que beaucoup des comportements et des traits de
caractère des personnes catholiques, comme leur attitude face
au sexe, puissent nous paraître étranges à nous autres. Je sais
même que quelques fois , on pourrait brandir des arguments de
santé publique, comme leur dangereux et délibéré rejet du préservatif. Je sais aussi que nombreuses de leurs coutumes,
comme celle qui consiste à exhiber des images de personnes
torturées, puissent en incommoder certains. Mais cela n'est pas
une raison de leur interdire le mariage, même s'il s'agit d'une
image plus médiatique que réelle.
Certains pourraient dire que le mariage des catholiques, n'est
pas un vrai mariage, car c'est pour eux un rituel et un précepte
religieux devant leur dieu, et pas une union entre deux personnes. D'ailleurs, étant donné que les enfants " hors mariage "
sont gravement condamnés par l'église, certains pourraient penser que laisser les catholiques se marier augmenterait le nombre
d'unions pour le " qu'en dira-t-on " ou pour la simple recherche
du sexe ( interdit également hors mariage), faisant exploser les
violences conjugales et les familles déstructurées. Mais nous
devons nous rappeler que cela n'arrive pas seulement dans les
familles catholiques et que , comme nous ne pouvons pas nous
mettre dans la tête des gens, nous ne devons pas
juger leurs motivations.
C'est pour cela, et contrairement aux idées de certains, que je
crois qu'il faut donner le droit aux catholiques de se marier et
d'adopter.
Exactement comme aux informaticiens et aux homosexuels.
Luís GARCIA MARTIN
(écrivain espagnol)
Traduit de l'espagnol par LRV.
Les Robes Noires
D’abord pourquoi des robes noires ? Pourquoi pas vertes,
bleues ou rouges ? Voire multicolores à la rigueur ? Non, des
toges noires un point c’est tout !!! Bon admettons, mais alors
pourquoi la cravate et les bouts de l’épitoge sont-ils blancs ? Je
ne voudrais pas critiquer les traditions de la justice, mais je
trouve que les avocat(e)s manquent de goût côté vestimentaire... Côté boulot, leur fonction au tribunal lors des plaidoiries
au civil me laisse perplexe ! En effet, ils s’avancent à l’appel de
leur nom et de leur "affaire" auprès du juge avec leur tonne de
dossiers pour s’entretenir en conciliabule dans un bruit de fond
digne d’une ruche. Puis d’un geste précis et rapide, ils notent
au stylo la décision prise en concertation afin de la notifier par
écrit dans le dossier. Puis les “parties” quittent la salle d’audience et se donnent rendez-vous pour la prochaine convocation jusqu’au jugement final. Une aventure en noir et blanc en
somme...
D'un autre côté, dire que cela n'est pas un mariage et qu'on devrait lui donner un autre nom, n'est qu'une manière lamentable
de détourner le débat derrière des questions de sémantique qui
n'ont rien à voir avec le sujet : bien qu'il s'agisse de catholiques,
un mariage est un mariage, et une famille est une famille.
Et puisque nous parlons de famille, j'aborde un autre sujet récurrent, et j'espère que mon avis ne sera pas jugé trop radical :
Je suis également pour l'adoption d'enfants par des couples
catholiques.
Certains seront sans doute scandalisés par cette affirmation. Et
on entendra certainement des personne s'exclamer : " Des catholiques qui adoptent des enfants ? Ces enfants pourraient
devenir catholiques ! " J'entends ce genre de critiques et je réponds : Il est vrai que les enfants adoptés par des catholiques
ont plus de chance de devenir eux-mêmes catholiques ( contrairement à ce qu'il se passe dans l'informatique ou l'homosexualité), mais j'ai déjà dit qu'à mon sens ce sont des gens comme
les autres. Malgré les arguments et les recherches de certains,
rien ne prouve de manière valable que les parents catholiques
soient mal préparés à l'éducation d'un enfant, et que l'atmosphère religieuse de leur foyer ait une incidence néfaste . Il faut
savoir en plus que les agréments sont délivrés par les tribunaux
individuellement après enquête, pour déterminer les capacités
des adoptants.
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KERBITE, LA PETITE GRENOUILLE QUI-ZAIME-LE-SEXE
Kerbite, la petite grenouille qui-zaime-le-sexe
17ème épisode :
Kerbite fait sa rentrée : le sexe et l’école*
Salut les Kerbites. Ce mois-ci, rentrée des classes
oblige, nous allons parler de l’école… et de sexe. Un sujet ô
combien tabou. Et s’il est difficile de parler de sexe à l’école,
il est encore beaucoup plus difficile de parler d’homosexualité. Pour quelles raisons ? Il y a essentiellement des raisons
historiques avec des enjeux de pouvoir. En effet, jusqu’à la
création de l’école de la République (c’est sous Napoléon Ier
qu’émerge l’école publique), l’éducation des petites Kerbites
était souvent assurée par le clergé. Inutile de dire que ce n’est
pas de ces gens-là que serait venue une éducation sexuelle
permettant l’épanouissement des individus puisque la religion ne tolère la sexualité que sous l’angle de la reproduction. Tout le reste n’est que péché et abomination. Par exemple, dès le IVème siècle, pour Saint Augustin, un mari est en
état de péché s’il s’unit à sa femme sans intention procréatrice délibérée. Malheureusement, l’école de Jules Ferry ne
fait pas mieux que l’école religieuse, car pour construire sa
crédibilité, l’école républicaine naissante s’attache à imiter
l’enseignement religieux à travers des fondements moraux
irréprochables. En 1883 Jules Ferry disait aux enseignants
« en vous dispensant de l’enseignement religieux, on n’a pas
songé à vous décharger de l’enseignement moral : c’eût été
vous enlever ce qui fait la dignité de votre profession ». Aussi l’école laïque s’inspire fortement des us et coutumes de
l’école religieuse pour concurrencer cette dernière afin de
montrer et de démontrer qu’elle est capable d’éduquer, notamment moralement, sans recourir à la religion, tout en y
faisant de récurrentes références. Il en est ainsi par exemple
de la tenue vestimentaire : les enseignants d’antan devaient
porter une tenue vestimentaire stricte (porter un chignon pour
les femmes, un vêtement qui ressemble à celle des sœurs
pour les institutrices, aux prêtres pour les instituteurs). Les
écoles normales qui formaient les enseignants du primaire
disposaient d’internats obligatoires (afin de mieux les isoler
du reste du monde, tel des couvents) où l’uniforme était de
rigueur : la redingote de drap noir à palme noir qui les transforme en « hussards noir de la République ». La tenue ressemble étrangement à l’habit religieux : « une robe noire en
cachemire ou croisé de laine unie ; jupe unie ; corsage uni »,
qui leur donnent une « silhouette de vieilles… ».Dans l’ouvrage de Jean-Baptiste de la Salle (Les Règles de la bienséance et de la civilité chrétienne) on peut y lire : « Il est de
la bienséance et de la pudeur de couvrir toutes les parties du
corps, sauf la tête et les mains ; il est donc indécent d’avoir la
poitrine découverte, d’avoir les bras nus, les jambes sans bas
et les pieds sans souliers. Il est même contre la loi de Dieu de
découvrir quelques parties de son corps, que la pudeur, aussi
bien que la nature, obligent de tenir toujours cachées ». Cela
ne vous fait pas penser à quelque chose ?
Il était très mal vu par ailleurs que les instits se marient. En 1882, un pédagogue écrivait : « Que l’institutrice
se méfie car le flirt qu’on trouve tout naturel chez une
jeune fille du village, on le trouvera fort répréhensible chez
elle ». Jules Ferry lui même affirmait en 1881
« « L’institutrice qui reste fille trouve dans l’éducation des
enfants d’autrui la satisfaction de ce sentiment maternel,
de ce grand instinct de sacrifice que toute femme porte en
elle ». Ainsi, une institutrice célibataire qui avait une relation amoureuse avec un instituteur célibataire pouvait être
tout simplement révoquée. Sous la IIIème République, on
ne compte guère qu’un tiers de professeurs femmes mariées. Et les célibataires resteront majoritaires jusqu’en
1954. Jusque dans les années soixante en tout cas, ou, renversement de situation, l’administration française incitait
(facilité de mutation, bal de fin d’année) les enseignant(e)
s à se marier… mais entre eux. Pour les institutrices, le
formatage était encore plus poussé puisqu’elles devaient se
sacrifier (on parle de vocation enseignante au même titre
que la vocation religieuse pour les bonnes sœurs), avoir
une vie exemplaire (donc rester célibataire) et vivre leur
instinct maternel par procuration scolaire. L’école laïque, à
l’instar de l’école d’Église, est, et doit être au sens propre,
un « sanctuaire », surtout pour les filles et les femmes. Elle
doit être foncièrement « hors du monde » et protégée de
son contact « impur ». Ce qui explique qu’à l’origine, les
classes étaient non mixtes. Les enseignants devaient instruire les petits garçons, les enseignantes les petites filles.
Il s’agit même plus qu’une règle : une obsession de l’école religieuse dont s’inspire également l’école laïque, du
moins à ses débuts. Là aussi, l’école laïque fait référence à
l’école religieuse. A titre d’exemple, citons les ordonnances et règlements synodaux pour le diocèse de la Rochelle
en 1711 : « Nous défendons aux maîtres d’école d’enseigner des filles avec des garçons, et aux maîtresses d’école,
d’enseigner des garçons avec des filles dans une même
école, sous quelque prétexte que ce soit ». En France, la
mixité des classes se réalise dans les années 60-70, mais
les mauvaises langues diront que ce sont des raisons financières et d’économie qui ont également motivées les autorités éducatives.
L’élève, et l’enseignant, ont toujours été considérés
par l’institution scolaire, en tout cas jusqu’à une période
très récente, comme n’ayant pas, ou ne devant pas avoir,
de sexe et de sexualité. Le dévouement et la pureté des
mœurs sont exigés des professeurs et sont précisés dans la
circulaire d’avril 1812 : « l’art d’enseigner a son enthousiasme. Pour les maîtres qui l’éprouvent, les sacrifices disparaissent et deviennent des jouissances. L’esprit du corps
enseignant réside essentiellement dans un dévouement
sans bornes à la personne du souverain… ». Pour éviter
les tentations du monde impur, le décret du 19 mars 1818
fait références à quatre traditions monastiques des écoles
religieuses : le logement à l’intérieur du collège, la table
commune, la robe professorale et surtout – en principe- le
12
KERBITE, LA PETITE GRENOUILLE QUI-ZAIME-LE-SEXE
Kerbite, la petite grenouille qui-zaime-le-sexe
17
ème
épisode :
Kerbite fait sa rentrée : le sexe et l’école*
SUITE
les tentations du monde impur, le décret du 19 mars 1818 fait
références à quatre traditions monastiques des écoles religieuses : le logement à l’intérieur du collège, la table commune, la robe professorale et surtout – en principe- le célibat
et ce n’est qu’en 1969 que disparaît l’obligation de l’internat
dans les écoles normales.
« l’information sexuelle » (obligatoire ) et « l’éducation
sexuelle » (facultative ). Et c’est la circulaire du 19 novembre 1998 qui inscrit désormais l’éducation à la sexualité dans les recommandation avec pour contexte le développement du sida avec pour objectif la prévention des comportements à risque. Et ce n’est qu’en 2001 que l’éducation à la sexualité devient obligatoire pour tous. Si la situation a un peu évolué concernant la sexualité en général, il
est en revanche toujours très difficile de parler d’homosexualité à l’école même s’il existe des textes officiels,
mais qui restent souvent peu appliqués. Il faudra peut être
encore attendre une ou plusieurs décennies pour que la
situation se normalise, à condition toutefois que les lobbies
religieux ne prennent pas suffisamment de pouvoir pour
instaurer un nouvel ordre moral par un nouvel effet de balancier.
Aussi, les affaires d’attouchement, de harcèlement, ou
de viol ont, pendant très longtemps été étouffées. La parole
de l’enfant (de l’élève) n’était pas prise en compte (car considérée comme non crédible), et les enseignants mis en cause Kerbite
bénéficiaient d’une sorte d’immunité (mutation discrète par
exemple). Puis l’effet balancier a fonctionné dans l’autre
sens, aboutissant aujourd’hui à une sacralisation de la parole
de l’enfant, au détriment de la présomption d’innocence des
éducateurs. La dénonciation pour pédophilie devient une
épée de Damoclès pour les éducateurs (notamment ceux qui
s’occupent de mineurs, ainsi que les professeurs de sport,
voire aussi les institutrices dans les écoles maternelles !) alors
que dans 3 cas sur 4 les accusations s’avèrent ainsi non fon* si tu es intéressé par ce
dées. En moyenne, il y a donc eu chaque année une quinzaine
thème,
Kerbite
t
e
d’enseignants condamnés, et une petite cinquante d’autres
conseille
la
lecture
d’un
remarquable
livre
sur
le
sujet
:
accusés de pédophilie qui ont bénéficié – si l’on peut dire –
«
Les
profs,
l’école,
et
la
sexualité
»
de
Claude
Lelièd’un non lieu. Mais, même en cas de non-lieu, les rumeurs et
vre (professeur d’histoire de l’éducation) et de Francis
la suspicion évidemment subsistent. L’administration bien
Lec (avocat) aux éditions Odile Jacob, 25 euros. Les
souvent fait preuve de mauvaise volonté pour réintégrer les
auteurs abordent le sujet sous l’angle historique, juridienseignants faussement mis en cause (comme dit l’adage poque et sociologique avec de nombreux exemples qui
pulaire, il n’y a pas de fumée sans feu) et pour réhabiliter
rendent la lecture facile et instructive. Par ailleurs,
l’honneur de l’enseignant. On doit notamment « remercier »
dans un chapitre consacré à l’homosexualité, ils parSégolène Royal (à l’époque ministre déléguée aux enseignelent de Couleurs Gaies et de la mallette pédagogique
ments scolaires) qui a écrit une circulaire visant à suspendre
« Vivre ses différences, comment parler de l’homoimmédiatement un enseignant mis en cause (avec en corolphobie ».
laire une remise en cause de la présomption d’innocence), ce
qui conduit parfois à des situations tragiques (des enseignants
Ne ratez pas le prochain épisode de Kerbite : la
arrêtés et menottés en classe, ou qui se suicident suite à ces
compétition spermatique
fausses accusations). Lorsqu’un enseignant est mis en examen, sa suspension est immédiate (avec suspension du salaire, parfois pendant plusieurs années, même s’il est innocenté à la fin du procès). Au delà des difficultés financières,
Remarque d’Alexandre : Ma petite Kerbite, ne soit pas
c’est parfois toute la vie d’un homme qui bascule brutalement
si
dure à l’égard de Madame Ségolène Royal, s’il te
et qui est irrémédiablement brisée.
plaît. Il ne faut pas oublier qu’elle a beaucoup œuvré
dans la lutte contre les agressions physiques subies par
Bref, l’école, de tous temps a toujours été très mal à
les personnes et contre le bizutage dont ont été victil’aise avec le sexe ou la sexualité. Et Kerbite n’a pas abordé
mes de nombreux élèves et étudiants et dont j’ai malla question des amours sincères entre élève et professeur qui
heureusement, moi-même, eu à en subir les affres.
évidemment sont très difficiles, pour ne pas dire, impossible
à vivre. On peut même affirmer qu’elle a toujours touché été
à côté de la plaque. C’est en 1973 que la sexualité « rentre »
à l’école avec la circulaire Fontanet qui distingue
13
Merci.
HAPPY BIRTHDAY !
5-sept
Kristof
7-sept
Alain
8-sept Marie Christine
9-sept
Nicolas
14-sept
Patrice
14-sept
Adrien
14-sept
Armelle
18-sept
Stéphanie
23-sept
Dominique
23-sept
Laurence
24-sept
Sigrid
29-sept
Christophe
A.
H.
M.
M.
B.
C.
Z.
L.
P.
G.
E.
R.
Merci ce mois-ci à Yannick S. , généreux donateur.
Carnet rose ! (« la couleur est de circonstance », cf. édito)
Nicolas et Gilles se sont pacsés le mardi 23 août devant la greffière du bureau des injonctions de paiement
du Tribunal d’instance de Nancy. Après l’enregistrement, il ont finalement été relaxés... Merci à Gilles et
Nicolas (qui se sont connus à l’association, mais oui !) de nous avoir fait partager leur expérience du tribunal… et leur bonheur !
Nous vous rappelons que l’association se met à la disposition des futurs pacsés qui souhaiteraient organiser au local une cérémonie symbolique de signature de PaCS plus chaleureuse que son enregistrement officiel au tribunal.
BULLETIN D’ADHESION
(valable jusqu’au 31 décembre 2005)
NOM : ……………………………….……… PRENOM : ……………………………..
Pouvez-vous recevoir du courrier sous enveloppe neutre, sans logo ni signe distinctif ?
NON OUI Si oui, votre adresse : …………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………...
Pouvez vous recevoir des appels téléphoniques ?
NON OUI Si oui, votre (vos) numéro(s) : Tel fixe : ………………… Tel portable : ……………..….
Pouvez vous recevoir des mails ?
NON OUI Si oui, votre adresse électronique (mail) : …………………………………………………..
Date de naissance : ……./………/………. Profession : ………………………………….
Étiez-vous adhérent(e) en 2004 ?
NON OUI TARIFICATION DES ADHESIONS ( cocher la case qui vous correspond)
€
Tarif individu
Tarif couple
Tarif réduit
JAN
23
30
11
FEV
21
28
10
MAR AVR
19
17
25
23
9
8
MAI
15
20
7
JUIN
14
18
6
JUIL AOUT SEP
11
10
8
15
13
10
5
4
3
OCT NOV
6
23
8
30
2
11
Pour des raisons de commodité comptable, le règlement s’effectue généralement par
chèque à l’ordre de Couleurs Gaies . La confidentialité est garantie !
14
DEC
23
30
11
CENTRE LGBT
LORRAINE NORD
* Tarif réduit pour chômeurs,
RMIstes, étudiants, retraités, pensionnés COTOREP (joindre un
justificatif).
* Tarif couple avec un seul envoi
courrier – Veuillez indiquer dans ce
cas les renseignements suivants sur
votre conjoint(e) :
NOM : …………………………….
PRENOM : …………….…..……...
Date de naissance : …. / …... / …...
Profession : ……………………….
Était-il /elle adhérent(e) en 2004 ?
NON OUI Je souhaite faire un don de : ……...