La Pile à combustible en Lorraine
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La Pile à combustible en Lorraine
0 05 O CT O B 2 RE LETTRE D’ INFORMATION DES PARTENAIRES RÉGIONAUX DU PROJET EPACOP L’avenir Éclairer, chauffer, produire des biens, l'énergie fait partie de notre quotidien. Véritable innovation, la pile à combustible produit localement de l'électricité et de la chaleur avec un rendement élevé. Polyvalente, elle sera un outil très efficace dans les années à venir et trouvera sans conteste de nombreux débouchés. Pour cette raison, le projet EPACOP (Expérimentation de Piles à Combustibles de petite taille sur sites Opérationnels) prend de plus en plus d'importance en France. L'une des cinq piles implantées en France dans le cadre de ce projet est expérimentée en Lorraine. Depuis ses prémices, le projet est porté par de prestigieux partenaires régionaux : collectivités territoriales et locales, laboratoires, organismes de recherche, écoles. Ces acteurs phares de la recherche et du développement en Lorraine ont contribué à faire avancer cette science nouvelle, aux côtés de Gaz de France, instigateur du projet et de l'Ademe (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie). Comprendre les enjeux du développement durable au travers de ce procédé est fondamental. Les partenaires du projet l'ont bien compris et investissent chaque jour pour leur région et, au delà, pour le futur énergétique de la planète. Comment fonctionne la pile On vous explique le procédé ! a pile fonctionne selon un principe si m ple : l'u tilisation c om bin é e d'hydrogène et d'oxygène entraîne des réactions électrochimiques qui produisent du courant continu qui est ensuite transformé en courant alternatif. Les réactions électrochimiques sont accélérées par des catalyseurs, celles-ci dégagent de la chaleur qui pourra ensuite être valorisée. L Air ambiant Courant (O2) continu Gaz riche en hydrogène Gaz naturel L'hydrogène est couramment obtenu dans un réacteur chimique, appelé réformeur, par transformation de tout combustible possédant des atomes d'hydrogène : gaz naturel mais aussi méthanol, essence, etc. Pour cet usage, l'énergie la plus utilisée reste le gaz naturel qui possède des atouts essentiels liés à sa disponibilité et à sa propreté. L'oxygène, quant à lui, est obtenu à partir de l'air ambiant. CONVERTISSEUR ELECTROCHIMIQUE REFORMEUR CONVERTISSEUR ELECTRIQUE Courant alternatif Chaleur Le principe d’une pile à combustible Cet ingénieux système de co-génération production simultanée d’électricité et de chaleur par le contact de deux corps simples, fut découvert par William Grove, avocat britannique passionné de physique, en 1839. L’intérieur d’une pile à combustible Les partenaires du projet EPACOP en Lorraine DRIRE Lorraine Découvrez le projet La pile… pourquoi Une implicati Une énergie propre ssocié à une exploitation optimale de la chaleur, le rendement élevé des piles à combustibles permet de diminuer notablement les émissions atmosphériques (gaz à effet de serre, Nox...). A DUNKERQUE L'augmentation de rendement des piles qui résultera des recherches menées à travers le monde et, dans certains cas, l'utilisation d'hydrogène produit sans recours à des énergies fossiles devraient renforcer encore ces avantages environnementaux. DOUAI PARIS NANCY FEYTIAT Quelles applications pour la pile à combustible es applications offertes par la pile à combustible sont nombreuses et concernent directement des appareils utiles au quotidien. • En application stationnaire, les piles à combustibles sont au plus près des utilisateurs. Elles sont destinées à fournir de l'électricité et de la chaleur, voire du froid, aux bâtiments industriels, tertiaires (hôpitaux, centres commerciaux, hôtels...) et résidentiels. © PSA Peugeot-Citröen L EP • Dans le domaine automobile, la pile à combustible trouve un terrain d'application adéquat : traction des véhicules lourds et légers et alimentation des auxiliaires. • En application embarquée, la pile à combustible a un avenir plus que prometteur. Les nouveaux téléphones et ordinateurs portables sont de grands consommateurs d'énergie, ce qui limite leur autonomie. Ainsi, l'utilisation de la pile à combustible apportera une plus grande facilité de recharge en s'affranchissant du réseau électrique. SOPHIA ANTIPOLIS Les autres sit Laboratoires d’expérimentation Paris > Ecole des Mines Douai > Ecole des Mines Sophia Antipolis > Centre scientifique et technique du bâtiment Piles de Dunkerque Aggloméra Sophia Ant Une pile nouve Prototype du véhicule équipé d’une pile à combustible Peugeot H20 : une voiture de pompiers révolutionnaire Le projet EPACOP en France es avancées de la recherche sur la technologie de la pile à combustible marquent la volonté gouvernementale de développer une nouvelle solution énergétique davantage respectueuse de l’environnement. Gaz de France prend en charge la réalisation technique et le suivi complet de l'expérience en partenariat avec l'ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie), qui contribue au financement de la recherche. Le Ministère de la Recherche encadre le projet EPACOP (Expérimentation de Piles à Combustible de petite taille sur sites Opérationnels), via le réseau PACO (réseau technologique "Piles à Combustible"). Initié en 1999, ce réseau a pour mission de travailler à la préparation d’une technologie de pile à combustible commercialement viable. Leur travail porte aujourd’hui ses fruits ! Depuis 2003, cinq piles de type PEMFC (Pile à Membranes Échangeuses de Protons) sont opérationnelles sur des sites expérimentaux, afin d'étudier, dans un contexte industriel et résidentiel, la production électrique et thermique d'une pile à combustible (voir carte ci-contre). L es projets de parcs éoliens qui se multiplient prouvent bien qu'en matière d'écologie et de développement durable, la Lorraine est en bonne place. Depuis février 2003, une pile à combustible de type PEMFC, éclaire et chauffe le bâtiment de l'ENSAIA (École Nationale Supérieure d'Agronomie et des Industries Alimentaires de l'INPL de Nancy). Cette pile H-power (premier constructeur américain impliqué dans le projet) a fonctionné près de 2000 heures. Bilan satisfaisant, malgré des pannes liées aux annexes du système, à savoir la batterie et le réformeur. Le cœur de pile, quant à lui, a bien répondu aux expériences menées conjointement en laboratoire et sur le terrain. L Le prototype expérimenté en Lorraine CARACTÉRISTIQUES NOMINALES DE LA P Dimensions : 1,73 m (hauteur) 1,88 m (longueur) • 0,81 m (largeur) Combustible : gaz naturel Puissance électrique nette/ Points de fonctiont : 2,5, 3 et 4 kW Configuration électrique : en parallèle avec le réseau électrique Sortie électrique : courant alternatif 220VAC à 50Hz PACOP en Lorraine Rencontres ion régionale epuis de nombreuses années, la Région Lorraine se démarque en favorisant la création de pôles de recherche et développement dans le domaine de l'environnement. Forte de ses atouts, elle a su à nouveau valoriser son savoir faire et se positionner comme leader. En effet, sur le projet global EPACOP, Nancy a été retenu pour accueillir une des piles en test sur un site de l'INPL et 3 laboratoires lorrains (sur 6 au niveau national) ont été choisis pour contribuer à ce projet. D 3 Laboratoires d’expérimentation à Nancy > Le Groupe de Recherche en Electrotechnique et Electronique de Nancy (GREEN) > Le Laboratoire des Sciences et du Génie Chimique de Nancy (LSGC) > Le Laboratoire d’Energétique et de Mécanique Théorique et Appliquée de Nancy (LEMTA) Site d’expérimentation de la pile nancéienne, type PEMFC > Institut National Polytechnique de Lorraine (INPL) tes en France type PEMFC expérimentées sur site e > Centre de Commande de Trafic > Bureau annexe de l’Hôtel de Ville de Petite Synthe ation de Limoges > L’Hôtel de Ville de Feytiat tipolis > Centre Scientifique et Technique du Bâtiment elle génération Elle a pu assurer un rendement thermique de 40 % et un rendement électrique de 15 %, mais les résultats obtenus ne sont pas encore à la hauteur de ceux escomptés (le système en place n’étant pas complètement optimisé). Suite à la fusion, en juillet 2003, de H-power avec Plug Power (autre constructeur américain), une pile de troisième génération, Gensys 4C, est opérationnelle sur le site d'expérimentation lorrain. Les résultats ne sont pas encore connus à ce jour, mais l'optimisme est de rigueur, ils promettent en effet d’être en hausse par rapport à la première génération de pile installée sur site. CONSEIL RÉGIONAL DE LORRAINE M. PATRICK ABATE, VICE-PRÉSIDENT DÉLÉGUÉ AUX INTERVENTIONS ECONOMIQUES EN FAVEUR DES INDUSTRIES INNOVANTES, DE L'AIDE GENSYS 4C PROTOTYPE PEMFC M. DAVAT, PROFESSEUR INPL AU CONSEIL ET DU TRANSFERT DE TECHNOLOGIE. Depuis février 2003, une pile à combustible alimente en électricité et en chauffage un bâtiment de l'École Nationale Supérieure d'Agronomie et des Industries Alimentaires. Quelles sont les atouts de la Lorraine ? Il y a en Lorraine de la recherche de qualité, avec des laboratoires spécialisés dans les matériaux, dans la gestion des énergies et dans l'électronique. Ces laboratoires contribuent au développement technologique et industriel de la pile à combustible. Quel est l’objectif de cette expérimentation ? Il s'agit d'étudier le fonctionnement du dispositif en situation et sur une longue durée, pour analyser son rendement thermique et électrique par rapport au dispositif en laboratoire. Le savoir-faire lorrain a-t-il pesé dans la balance lors du choix des sites expérimentaux ? Bien sûr, c'est l'un des aspects, mais pas le seul. Nous avons en Lorraine l'association ALPHEA qui, depuis 2000, se développe fortement en direction du monde industriel, avec des collaborations nationales et européennes. ALPHEA, c'est l'outil de veille stratégique le plus important d'Europe pour la filière hydrogène et pile à combustible. La pile a fonctionné environ 2000 heures. Quelles sont les causes des dysfonctionnements ? Nous avons les résultats des 5 piles installées en France et la nature des pannes est très différente. Elles concernent rarement le cœur de pile lui-même, plutôt les systèmes annexes comme les circuits d'alimentation. Et la moitié des pannes vient des batteries. Des améliorations sont bien sûr attendues. Suite à la fusion de Hpower avec Plugpower, une nouvelle pile (Gensys 4C) à été installée sur le site de l'INPL. Avez vous déjà constaté des améliorations ? Grâce à toutes les améliorations et progrès accomplis depuis le début de l'expérience, cette nouvelle génération de pile, même à l'état de prototype, augure de meilleurs résultats, notamment un rendement électrique plus élevé. D'après vous, la pile à combustible va-t-elle trouver sa place dans les énergies propres ? Je ne vois pas pourquoi, dans un mix énergétique de plus en plus complexe, il n'y aurait pas de niches pour des procédés énergétiques très différents. Les applications sont suffisamment nombreuses en résidentiel et en mobile. La question qu'il faut se poser est QUAND ce procédé verra le jour. Une chose est sûre, le développement industriel sera effectif. Mais nous ne savons ni quand ni comment ces piles seront disponibles sur le marché. En quoi la pile à combustible est-elle un projet d'avenir ? C'est un système qui utilise mieux le gaz naturel. À ce niveau, par rapport aux solutions energétiques existantes, le rendement est meilleur, la pollution moindre, et avec la technique de l'électrolyse à haute température, nous croyons en une énergie très propre pour les années à venir. La pile serait donc un système complémentaire des systèmes existants ? Oui, ce système pourra être utilisé en parallèle des systèmes connus et maîtrisés à ce jour. (Voir tableau des caractéristiques de la Gensys 4C, ci-dessous.) PILE INSTITUT NATIONAL POLYTECHNIQUE DE NANCY Ancienne pile installée à l’INPL Puissance thermique nette : 3 à 9 kW Rendement électrique : 26% pour 2,5kW 25% pour 4kW Rendement global : 55% pour 2,5kW 60% pour 4kW Emissions sonores : < 70dBA à 1 mètre Emissions polluantes : NOx<5ppm, SOx<1ppm, CO<50ppm Sources : études Gaz de France Nouvelle pile Gensys 4C Rencontres ADEME ALPHEA GAZ DE FRANCE M. ANTOINE, M. BELLO, INGÉNIEUR “TECHNOLOGIES AVANCÉES” INGÉNIEUR M. LENOC, INGÉNIEUR CHARGÉ D'ACTIVITÉS Quelle est la place de la pile à combustible dans le marché de l’énergie ? Avec le défi du changement climatique et la nécessité d’une énergie à moindre contenu en carbone, de nouveaux concepts de production décentralisée d'électricité fondés sur des installations de plus faibles capacités, modulables et situées proches des lieux de consommation émergent peu à peu. Dans ce contexte de mutation du marché de l’énergie, la pile à combustible apparaît comme une option technologique très prometteuse par sa modularité, son rendement énergétique élevé, ses performances environnementales intéressantes et par son fonctionnement possible en cogénération. Quelles sont les missions d'ALPHEA ? ALPHEA est une association dotée d'une structure opérationnelle : le pôle de compétence sur l'hydrogène. Notre activité se décline selon trois axes : veille technique, économique et réglementaire sur l'hydrogène et la pile à combustible ; études techniques et économiques ; projets et animations sur l'hydrogène et la pile à combustible. Nous travaillons pour l'industrie, des laboratoires de recherche et des établissements d'enseignement supérieur. Nous sommes également soutenus par certaines collectivités territoriales (Conseil Régional de Lorraine, Communauté d'Agglomération de Forbach, Porte de France, Communauté d'Agglomération de Sarreguemines Confluences). Quelle est l’implication de l’ADEME dans le domaine des piles à combustible et dans le projet EPACOP ? De par sa politique en matière d’énergie et d’environnement, l’ADEME s’est intéressée aux piles à combustible de diverses manières avec notamment, l’animation de réseaux de compétences, le soutien à des programmes de R&D, l’information et le conseil aux pouvoirs publics et aux maîtres d’ouvrages potentiels. La volonté de l’ADEME de s’associer au projet EPACOP s’inscrit dans la continuité de son rôle dans ce domaine notamment d’accompagnement au développement d’une filière à haut rendement énergétique, et s'explique aussi par la possibilité qu’offre cette expérimentation de recueillir une somme d’informations précieuses sur la réalité technico-économique de telles installations. Pourquoi vous impliquer dans le projet EPACOP ? Gaz de France, a fait appel à nous dans le cadre d'une convention régionale, pour réaliser une étude technique, réglementaire et économique sur les conditions d'installation de piles à combustible dans le secteur résidentiel en Allemagne. Un choix qui s'explique par le nombre élevé de constructeurs et d'exploitants de systèmes qu'on peut y trouver, et par l'important retour d'expériences qui s'ensuit. “Veille, Études, Projets” Comment voyez vous l'utilisation de la pile à combustible dans les années à venir ? La pile à combustible peut fonctionner directement avec de l'hydrogène pur ou issu de la transformation de combustibles largement distribués, comme le gaz naturel ou le GPL. Elle pourrait donc trouver un terrain d'application dès 2010. Pour les applications portables (téléphones mobiles, ordinateurs), elle devrait rapidement devenir une solution intéressante, ces technologies réclamant toujours plus d'énergie. Leur autonomie et leur mobilité s'en trouveraient fortement augmentées. Le potentiel est tout aussi élevé dans le secteur des transports, mais à plus long terme. La mise sur le marché de systèmes grand public ne devrait pas voir le jour avant les années 2015 à 2020. Quelle est l'implication de Gaz de France dans le projet EPACOP ? Gaz de France a décidé en 2001 de monter ce projet d'expérimentation, en lien avec les acteurs régionaux, des instituts de recherche, des écoles d'ingénieurs et des industriels. La Direction de la Recherche Gaz de France est à la fois maître d'œuvre et maître d'ouvrage du projet. Nous intervenons pour chacune des cinq unités sur site, avec l'appui technique de Cofatech Services, filiale de Gaz de France, qui elle à ce titre assure le pilotage du programme de recherche associé. Pourquoi transformer l'hydrogène ? L'hydrogène n'est pas source d'énergie mais vecteur d'énergies. Il n'existe pas à l'état naturel. Il faut donc le produire à partir de combustibles fossiles comme le gaz naturel. A plus long terme, on pourra en produire à partir d'énergies renouvelables, celle des éoliennes par exemple, ou encore la biomasse. Quelle est la position actuelle de Gaz de France sur le développement durable ? Gaz de France a créé une Direction du Développement Durable, chargée de promouvoir les énergies propres. La Direction de la Recherche, quant à elle, est un appui technique. Elle a pour mission d'éclairer le groupe et notamment cette Direction du Développement Durable sur les potentiels de différents procédés comme celui de la pile à combustible. La recherche sur la pile à combustible s'inscrit sur le long terme. Quelles sont les différentes étapes du développement d'un projet à long terme comme la pile à combustible ? L'Europe a décidé de croire aux potentiels de l'hydrogène et de la pile à combustible. Elle a notamment créé une plate-forme technologique européenne sur le sujet. Une feuille de route a également été élaborée, instituant des étapes technologiques et économiques à franchir de 2000 à 2050, pour accélérer le développement et le déploiement des piles à combustible. Les verrous technologiques sont encore nombreux. C'est pourquoi l'effort de recherche se concentre actuellement sur la diminution des coûts et l'augmentation de la fiabilité.