Littérature brésilienne - Médiathèque de Chantilly

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Littérature brésilienne - Médiathèque de Chantilly
Littérature brésilienne
INVITÉ
D’HONNEUR
AU
SALON DU LIVRE
DE PARIS
BR
AS
! L
Mars 2015
Médiathèque de Chantilly
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QUELQUES DATES-CLES
La période coloniale
1500 : Pedro Alvares Cabral découvre le Brésil qui devient possession portugaise
1538 : Arrivée des premiers esclaves africains
1680 : Loi interdisant l’esclavage des Indiens
1694 : Découverte d’or dans le Minas Gerais
1727 : Introduction de la culture du café
1815 : Le Brésil est élevé au rang de royaume uni à la couronne du Portugal
1822 : Le prince régent Don Pedro refuse de revenir au Portugal et proclame
l’indépendance du Brésil
De l’Empire à la République
1825 : Le Portugal reconnaît l’indépendance du Brésil
1850 : Loi supprimant le trafic négrier
1888 : Abolition de l’esclavage
1889 : Les militaires se soulèvent avec le soutien des barons du café et proclament
la République
1917 : Le Brésil déclare la guerre à l’Allemagne
1930 : Révolution du populiste Getulio Vargas qui est président en 1934
1937 : Vargas instaure un régime dictatorial
1942 : Le Brésil déclare la guerre à l’Axe et se range aux côtés des Alliés
1945 : Vargas se démet sous la pression des militaires
1954 : Vargas, réélu président en 1950, mais soumis à de fortes pressions, se
suicide en 1954
La dictature des militaires
1955 : Juscelino Kubitschek est élu président de la République
1960 : Brasilia devient la capitale du Brésil
1964-1985 : A la suite d’un coup d’Etat militaire, les généraux se succèdent au pouvoir
(Castello Branco, Costa e Silva, Geisel, Figueiredo)
L’économie est subordonnée à la domination nord-américaine
Le retour à la démocratie
1985 : Le président José Sarney (1985-1990) et son successeur, Fernando Collor de
Melo, élu en 1989 pour la 1ère fois au suffrage universel, doivent faire face à une
situation économique particulièrement difficile
1995 : Fernando Henrique Cardoso accède à la présidence
2003 : Luiz Inacio Lula da Silva, dit « Lula », leader historique de la gauche brésilienne
devient président et il est réélu en 2006. Le pays sort du marasme économique
2010 : Dilma Roussef, également membre du Parti des travailleurs, succède à Lula
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L’Identité indienne
Au Brésil, l’unique héritage antérieur aux conquistadors est l’héritage indien. Mais
les Indiens ont été massacrés, leurs terres confisquées. Les maladies venues d’Europe, la
recherche de l’or, la découverte du caoutchouc et la déforestation ont également grandement
contribué à leur extinction et il reste peu de choses aujourd’hui de ce patrimoine. Avant la
conquête portugaise, l’Amazonie brésilienne comptait 8 millions d’Indiens vivant en équilibre
écologique avec la forêt. Ils ne sont plus que 300.000.
Racines africaines
3,6 millions des 9,5 millions razziés en Afrique ont été déportés au Brésil, dernier pays à abolir
l’esclavage en 1888.
45% de la population totale du Brésil est noire ou métisse. Les noirs et les métis représentent 69%
des Brésiliens du Nordeste et 13,6% des Etats du Sud.
63% des Brésiliens pauvres sont noirs ou métis. Le quart de la population souffre de malnutrition.
L’héritage européen
Dès le 19ème siècle, l’empire brésilien fondé par les Portugais encourage l’immigration
européenne, destinée à fournir la main-d’œuvre aux plantations déstabilisées par le déclin de
l’esclavage. Les premiers sont les Allemands. En 1850, la loi des pauvres définit même un
immigrant pauvre, qui sera « blanc, paysan et résigné ». Durant les années 1885-1914,
l’immigration prend de l’ampleur : 2,7 millions de personnes s’installent à cette époque au Brésil,
essentiellement des Italiens, des Espagnols et des Polonais, mais aussi des Japonais et des
Moyen-Orientaux (surtout Syriens et Libanais).
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LA LITTÉRATURE BRESILIENNE
Indépendant politiquement depuis 1822, le Brésil commença à le devenir littérairement
avec le début du romantisme. C’est dans la prose, dans le roman et le conte, que le romantisme
devait trouver l’instrument de la découverte et de l’interprétation de l’éthos brésilien, passant du
pittoresque au réalisme. Le maître incontesté du roman romantique est José de Alencar (18291877), écrivain fécond par son œuvre et son influence. Battu en brèche par la « génération de
soixante-dix » au Portugal et par le réalisme français, le romantisme s’éteint vers 1870. La période
qui suit, de 1875 à 1922, se caractérise par une richesse et une diversité accrues de la production
littéraire qui témoignent d’une plus grande maturité de la civilisation et de la culture brésiliennes.
En poésie s’affirment des tendances parnassiennes et symbolistes avec Euclides da Cunha
(1866-1909), tandis que réalisme et naturalisme succèdent au romantisme dans l’œuvre de
Machado de Assis (1839-1908) et de Joaquim de Sousa Andrade (1833-1902).
Le modernisme
Refus de la dépendance européenne et affirmation radicale de la «brasilianité », tels sont
les deux principes du modernisme. Cette révolte s’affirme lors de la Semaine d’art moderne de
Sao Paulo organisée en 1922 à l’occasion du centenaire de l’indépendance du Brésil. Certains
auteurs comme Mario de Andrade (1893-1945) commencent à « brésiliser » la langue par
l’introduction d’éléments tirés du parler quotidien. On assiste à l’éclosion du roman social (Jorge
Amado, Lucio Cardoso ou Antonio Callado) ou régionaliste (Rachel Queiros, Eric
Verissimo…), qui intègre les grands phénomènes économiques ou climatiques et s’approprie la
langue et l’imagination populaires. Parallèlement à ce courant, le roman cherche à s’universaliser.
Le roman d’introspection psychologique se développe chez Cornelio Penna, Lygia Fagundes
Telles, Graciliano Ramos… Le dernier mouvement littéraire du 2Oème siècle (on l’appelle
souvent la « génération 1945 ») n’a en réalité ni date, ni orientation précises, sinon un refus des
postulats modernistes. Dans le domaine de la prose, on remarque, à côté d’une prédilection pour
le conte, des tentatives de désintégration de la syntaxe traditionnelle et la remise en question du
genre roman (Autran Dourado, Joao Guimaraes Rosa, Clarice Lispector…).
La littérature brésilienne après 1985
Avec le retour d’une démocratie libérale en 1985 , la littérature s ’empare des
problématiques des sociétés urbaines modernes, ainsi que du clivage entre les mégalopoles du
littoral et les terres intérieures (Antonio Torres dans Cette terre). En 2013, Luis Ruffato avait
déclaré : Pour moi écrire est un engagement … pour s’opposer à la solitude et à l’égoïsme. Si les
écrivains ne revendiquent pas tous avec autant de véhémence cette utopie transformatrice
véhiculée par les mots, de nombreux auteurs s’accordent avec lui pour analyser de façon
simultanée les évolutions socio-politiques du Brésil et le dynamisme actuel de sa littérature. Une
grande diversité est perceptible à travers les sujets variés des fictions : tantôt un drame d’identité
plongeant ses racines dans la guerre de Tchétchénie (Ta mère de Bernardo Carvalho), tantôt des
intrigues familiales au cœur de l’Amazonie (Récit d’un certain Orient de Milton Hatoum), mais
aussi le livre de Michel Laub construit autour de ses origines juives. Les femmes s’affirment
également dans ce paysage contemporain ( Adriana Lisboa, Patricia Melo..).
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QUELQUES AUTEURS DONT LES ŒUVRES SONT DISPONIBLES A LA MEDIATHEQUE
José de ALENCAR
Romancier, journaliste, député conservateur, avocat, ministre de la Justice, José de
Alencar (1829-1877) fut l’un des premiers à construire une langue brésilienne détachée de son
modèle portugais. Son roman O Guarani (1857), dans lequel il créa la figure mythique de l’Indien
Peri, est le grand chef-d’œuvre de la littérature indianiste. L’œuvre inégale mais luxuriante de cet
écrivain fécond touche à tous les genres : poésie, théâtre, romans citadins et bourgeois (Luciola,
1862 ; Senhora, 1875), historiques (Les mines d’argent, 1864) et régionalistes (O Gaucho, 1870)
et surtout de très belles reconstitutions de légendes indiennes comme Iracema (1865), poème en
prose sur la colonisation portugaise et l’origine du peuple brésilien issu du métissage.
Jorge AMADO
Jorge Amado (1912-2001) est l’un des écrivains brésiliens les plus connus. Ce succès lui
vient en particulier d’un talent de conteur incomparable, clef de l’unité de toute son œuvre. Depuis
les récits directement dans le débat des années 1930 jusqu’aux histoires récentes, luxuriantes et
débordantes d’humour et de sensibilité, il donne la parole au peuple de Bahia. L’enracinement
dans une terre de métissage racial et culturel, le foisonnement de personnages savoureux, la
trame implacable ou fantaisiste de leurs combats ou de leurs aventures nourrissent une vision à la
fois engagée, amusée et attendrie des passions humaines. Né dans l’Etat de Bahia en 1912,
Jorge Amado s’installe en 1931 à Rio de Janeiro où il étudie le droit et devient l’un des leaders du
mouvement étudiant. Il publie à ce moment son premier roman, Le pays du carnaval, et l’année
suivante, Cacao, saisi par la police de Getulio Vargas. Il publie encore Bahia de tous les saints en
1935 et Capitaine des sables en 1937, mais dorénavant sa vie d’écrivain demeure indissociable
de sa trajectoire politique. Membre du parti communiste à partir de 1935, il est arrêté à diverses
reprises et doit s’exiler en Argentine et en Uruguay, puis à Paris et à Prague. Pendant cette
période, ses romans, jusqu’ici marqués par le naturalisme, deviennent de plus en plus prolétariens
et chargés de revendications sociales, en conservant toutefois leur lyrisme sensuel (Les terres du
bout du monde, 1943 ; Les souterrains de la liberté, 1954...). En 1952, Jorge Amado regagne
définitivement le Brésil et s’écarte progressivement du parti. Après la dénonciation sociale s’ouvre
un cycle romanesque nouveau qui, tout en conservant certains des thèmes et des personnages
des premiers livres, introduit un élément qui manquait dans cet univers où le drame dominait :
l’humour, ingrédient désormais fondamental de ses récits. Ses livres ont maintenant Bahia pour
cadre : Gabriela, girofle et cannelle (1958), Le vieux marin (1961), Les pâtres de la nuit (1964),
Tereza Batista (1972), Tieta d’Agreste (1977). La dimension politique redevient prioritaire dans une
fable romanesque, La bataille du Petit Trianon (1980) ou dans Tocaïa grande (1984), épopée
d’une « utopie brésilienne ». Tous les romans publiés depuis lors (Yansan des orages, La
découverte de l’Amérique par les Turcs…) n’ont fait que consacrer la popularité de Jorge
Amado. Il est devenu le symbole vivant de l’écrivain portant la voix de son peuple tout en
continuant à construire une œuvre régionaliste qui a su gagner une dimension universelle grâce au
charme des récits exotiques, à la vision politique qui la sous-tend et à l’ouverture de son auteur sur
le monde.
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Carlos Drummond de ANDRADE
Carlos Drummond de Andrade (1902-1987) est né à Itabira dans le Minas Gerais. En 1920,
il va résider avec sa famille à Belo Horizonte, il s’y lie avec les milieux littéraires et journalistiques
et publie ses premières œuvres. Après ses études de pharmacie, il se marie et devient professeur.
En 1934, il s’installe définitivement à Rio et entre dans l’administration (Monuments historiques) où
il restera jusqu’à sa retraite. Parallèlement il écrit dans les journaux tout en composant une œuvre
qui lui vaut d’être considéré comme l’un des grands poètes brésiliens. Excellent prosateur, on lui
doit aussi des essais, d’innombrables articles et chroniques et des contes et nouvelles
(Conversation extraordinaire avec une dame de ma connaissance, 1985). Il fut aussi le
traducteur de Laclos, Balzac, Hamsun, Molière, Lorca, Mauriac et Proust.
Joaquim de Sousa ANDRADE
Ingénieur, Joaquim de Sousa Andrade (1833-1902) a publié à Rio en 1857 son premier
recueil de poésie après avoir voyagé dans le monde entier. Dans O Inferno de Wall Street, le
personnage du Guesa errante, qui revient dans la plupart de ses poèmes, est le symbole de
l’Indien corrompu destiné à errer éternellement, sans trouver la paix, des Andes à l’Amazonie, des
forêts africaines à l’Europe rationaliste et jusqu’au New-York de l’enfer de Wall Street.
Mario de ANDRADE
Musicologue, folkloriste, critique d’art, journaliste, romancier, poète, conteur, Mario de
Andrade (1893-1945) fut la vraie conscience du modernisme. Après Aimer, verbe intransitif, en
1927, son grand roman, Macounaïma (1928) est une des œuvres maîtresses du mouvement
anthropophage : dévorer l’étranger pour s’approprier sa culture et son savoir-faire, les digérer pour
recracher un produit authentiquement brésilien. Toute l’œuvre de Mario de Andrade témoigne de
cette recherche et de cette affirmation de la « brésilianité ». Macounaïma, « ce héros sans aucun
caractère », concentre en lui-même tous les soi-disant défauts du tempérament brésilien :
paresseux et agité, sensuel et nonchalant. A travers cette fable succulente, Mario de Andrade veut
guérir les Brésiliens du regard qu’ils portent sur eux-mêmes. Ce livre, qui transcende tous les
genres littéraires, donne ses lettres de noblesse à une langue parlée, riche de ses apports
amérindiens, africains, européens et de sa vie propre.
Joaquim Maria Machado de ASSIS
Né à Rio de Janeiro, d’origine très pauvre, métis, bègue, épileptique, Machado de Assis
(1839-1908) a réussi par sa persévérance, son travail et son talent à gravir les pentes, si dures à
l’époque, qui séparaient au Brésil les Blancs des gens de couleur. Orphelin, il a dû travailler jeune
pour vivre et faire ses études. Apprenti dans une imprimerie, il commença à collaborer à plusieurs
journaux et à publier quelques textes courts. Après son mariage avec Carolina de Morais, il entre
dans un ministère où il fera toute sa carrière. Il a pratiqué tous les genres littéraires : poésie,
théâtre, critique, traduction, mais il est essentiellement un narrateur autant par ses contes que par
ses romans (L’aliéniste, 1881 ; Quincas Borba, 1891 ; Dom Casmuro, 1899 …). Dans son
œuvre, Machado de Assis a su écarter la prose brésilienne du régionalisme pour la rapprocher de
l’homme considéré d’un point de vue universel. Psychologue à la vie intérieure intense, pessimiste
incurable, il a réussi à fondre son amer sentiment de désillusion en un humour calme et subtil. Son
style concis, lapidaire, coloré d’expressions populaires, a fait de lui l’un des grands classiques de
la langue portugaise.
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Francisco AZEVEDO
Romancier, dramaturge, scénariste et poète, Francisco Azevedo, né à Rio de Janeiro en
1953, a aussi travaillé pour le cinéma et la télévision. La recette magique de tante Palma est un
roman pétillant, chaleureux et original sur l’amour et les liens mystérieux qui unissent les membres
d’une famille.
Chico BUARQUE
Né en 1944, fils de l’historien Sergio Buarque de Hollanda, Chico Buarque a vécu au milieu
des livres. Après avoir entrepris des études d’architecture, qu’il n’achèvera pas, il garde une
passion pour l’urbanisme et pour Rio, d’ailleurs omniprésente dans Embrouille, thriller insidieux du
quotidien racontant les déambulations d’un homme traqué. Depuis trente ans, la voix de ce grand
chanteur internationalement connu n’a eu de cesse de donner, contre vents et dictatures, sa
musique du monde, comme dans Court-circuit (1997) où le désir de fuir et d’échapper au réel se
heurte constamment au quotidien. Son dernier roman, Budapest (2005), est un récit plein de
verve articulé autour d’un homme fasciné par les sonorités de l’idiome hongrois, un jeu de piste
linguistique et sentimental entre deux femmes, deux villes et deux langues. Chico Buarque s’est
imposé par un style où la fausse ingénuité et l’humour égalent la férocité du propos et la sensualité
amoureuse.
Antonio Carlos CALLADO
Antonio Callado (1917-1997) est avant tout journaliste, un grand journaliste progressif,
comme en témoignent, avant le coup d’Etat militaire de 1964, ses chroniques sur le Nordeste et
les ligues paysannes. dramaturge et romancier, il a rénové la littérature engagée avec maîtrise et
audace dans Mon pays en croix (1967), récit des années noires de la démocratie brésilienne.
Avec Sampreviva (1980), roman baroque et lyrique d’une grande ambition, il a su réaliser une
« œuvre » totale, un vaste opéra du Brésil, drame oedipien sur la relation salvatrice/castratrice à
la terre-mère.
Lucio CARDOSO
Romancier, poète, dramaturge et peintre, Lucio Cardoso (1913-1968) est connu avant tout
pour son chef-d’œuvre, Chronique de la maison assassinée (1959). En se servant de lettres, de
témoignages, de confessions et de fragments de journaux intimes, il raconte - à travers la
décadence d’une famille traditionnelle, la relation incestueuse d’une mère et de son fils et
l’incarcération d’un travesti « fou » - la désintégration de toute une société. Lucio Cardoso apparaît
encore aujourd’hui au Brésil comme un auteur maudit, car pour ce visionnaire, il n’est pas d’œuvre
d’art sans obsessions, de celles qui conduisent à la folie ou à la mort.
Bernardo CARVALHO
Bernardo Carvalho est né en 1960 à Rio de Janeiro. Correspondant de la Folha de Sao
Paulo à New-York puis à Paris, il vit à Sao Paulo et se consacre aujourd’hui entièrement à la
littérature. Il sait mettre au service d’une belle écriture déconcertante, extrêmement moderne,
élégante et efficace, son cosmopolitisme inné. Ses romans, Mongolia (2004), sur un photographe
disparu dans l’Altaï, et Ta mère (2010), sur fond de guerre de Tchéchénie, baignent dans un
climat d’angoisse existentielle. On retrouve cette même préoccupation dans Neuf nuits (2005) où
il cherche à élucider, 62 ans après, le mystérieux suicide d’un jeune anthropologue.
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Campos de CARVALHO
Licencié en droit de l’université de Sao Paulo, Campos de Carvalho (1916-1998) a été
journaliste au début de la Seconde Guerre mondiale. Après avoir vécu de 1950 à 1973 à Rio de
Janeiro, il a eu un moment l’intention de se fixer à Lisbonne ou à Paris, mais il n’a pas quitté son
pays, convaincu qu’il ne peut se réaliser comme citoyen et comme intellectuel que dans ce chaos
appelé Brésil. Dans La pluie immobile, Campos de Carvalho et son narrateur (un sombre reflet
de l’écrivain lui-même en proie aux fantasmes de la création) passent leur temps à tuer la logique,
que ce soit celle du temps et de l’espace ou celle de l’intrigue et du contenu du roman. Ils
atteignent alors cette logique suprême de la folie qui constitue pour eux une saine réaction aux
univers concentrationnaires de notre époque.
Paulo COELHO
Né à Rio de Janeiro en 1947, Paulo Coelho commence des études de droit qu’il
abandonne en 1970 pour parcourir le monde. De retour au Brésil, il devient compositeur de
musiques populaires et journaliste spécialisé dans la musique brésilienne jusqu’en 1980, date à
laquelle il reprend ses voyages. En 1988 paraît L’alchimiste, récit de la quête d’un jeune berger
andalou parti à la recherche d’un trésor enfoui au pied des Pyramides. Le thème du voyage
initiatique se retrouve dans Le pèlerin de Compostelle (Paulo Coelho a suivi lui-même cette route
légendaire). La recherche de la spiritualité est de nouveau présente dans Sur le bord de la rivière
Piedra, histoire d’amour entre une jeune Espagnole et un séminariste, et dans La cinquième
montagne, qui conte le destin du prophète Elie 900 ans avant J.C.. Paraboles sur le bien et le
mal, sur le refus de la passivité et du fatalisme et sur la liberté de choisir son destin, Manuel du
guerrier et de la lumière, Le démon et mademoiselle Pym et Le Zahir, forment une synthèse de
la philosophie humaniste de Paulo Coelho. Ce message de confiance et de vie, et son grand talent
de conteur, ont assuré le succès de ses livres.
Carlos Heitor CONY
Les romans et nouvelles de Carlos Heitor Cony, né à Rio de Janeiro en 1926, peignent la
décadence de la petite bourgeoisie de Rio et témoignent de son engagement politique.
Journaliste, il décrit à merveille l’atmosphère des salles de rédaction brésiliennes de jadis. Dans
Quasi-mémoires, quasi-roman, livre débordant d’énergie et de vie, et magnifique hommage de
l’écrivain à son père, Carlos Heitor Cony nous entraîne dans un maelström de souvenirs où le
comique et le burlesque le disputent à l’émotion et au drame.
Euclides da CUNHA
Dès sa jeunesse, Euclides da Cunha (1866-1909) fit preuve d’idées républicaines qui lui
valurent quelques séjours en prison. Ingénieur de formation, il fut avant tout un homme d’action, un
sociologue et un ethnographe de grande valeur. Mais il fut aussi un écrivain doué d’une vive
imagination qui sut réunir science et poésie dans ce chef-d’œuvre du régionalisme qu’est Hautes
terres (1902), témoignage autenthique de la campagne de Canudos à laquelle il put assister en
qualité de journaliste. Les Hautes terres est l’un des livres fondateurs de la littérature et de la
pensée brésiliennes. Etude géophysique, essai sociologique, anthropologique et historique, c’est
une épopée ou, si l’on veut, une anti-épopée d’un Brésil qui prend soudain une douloureuse
conscience de son corps et de son identité.
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Autran DOURADO
Né dans le Minas Gerais, Autran Dourado (1926-2012), après des études de droit à Belo
Horizonte, s’installe à Rio de Janeiro où il sera secrétaire du président Kubitschek. Journaliste, il a
écrit une dizaine de romans depuis 1947. L’opéra des morts (1986) décrit une bourgade du
Nordeste à travers le huis clos d’une maison où s’est cloîtrée la dernière héritière d’une lignée de
propriétaires terriens déchus : un drame local, social et psychologique qui entraîne une fatalité
universelle à laquelle est en proie le Brésil d’Autan Dourado.
Oswaldo FRANCA JUNIOR
Né dans le Minas Gerais, Oswaldo Franca Junior (1936-1989) a fait carrière dans l’armée
de l’air brésilienne comme officier instructeur sur les avions de combat. Cassé par la dictature
militaire en 1964, réhabilité avec le grade de colonel en 1985, il s’est dans l’intervalle consacré à la
littérature, publiant onze romans dont Jorge le camionneur en 1967.
Luiz Alfredo GARCIA-ROZA
Né en 1936 à Rio de Janeiro, Luiz Alfredo Garcia-Roza est venu au roman policier après
avoir enseigné la théorie psychanalytique pendant 35 ans à l’université de Rio. Il est considéré aux
Etats-Unis comme le Chandler brésilien. Après Le silence de la pluie et Objets trouvés, de
nouvelles enquêtes du commissaire Espinosa sont en cours de traduction.
Milton HATOUM
Né à Manaus en 1952, Milton Hatoum vit et enseigne dans l’université de cette ville, au
cœur de l’Amazonie, les lettres françaises et la littérature comparée. D’origine libanaise, comme
son compatriote Raduan Nassar, il est le fils de l’une des immigrations qu’a connues le Brésil dans
les premières décennies du 20ème siècle. Son premier roman, Récit d’un certain Orient, publié
en 1989, superpose aux images du Brésil le déchirement de l’exil et l’inguérissable nostalgie d’un
« certain Orient ».
Hilda HILST
Hilda Hilst (1930-2004) est reconnue par le milieu littéraire pour son œuvre de poétesse et
de dramaturge. Elle montre une autre facette d’elle-même dans des textes de fiction,
généralement courts, d’une extrême audace de ton. C’est à cette veine qu’appartiennent Les
contes sarcastiques, confession d’un homme déjà avancé en âge et grand amateur de sexe.
Baroque, souvent obscène, d’une drôlerie burlesque, cette suite de textes est un fourmillant
mélange de toutes les formes littéraires.
Michel LAUB
Michel Laub est né en 1973 à Porto Alegre. Diplômé en droit, il se lance dans le journalisme et
écrit pendant plusieurs années sur le monde des affaires et de la politique. En 1997, il s’installe à
Sao Paulo et devient rédacteur en chef d’une grande chaîne de télévision. Journal de la chute est
son premier roman traduit en français. Dans ce récit, l’auteur revient sur ses origines juives à partir
des journaux intimes ayant appartenu à son grand-père, survivant de l’Holocauste.
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Harry LAUS
Né sur l’île de Santa Catarina, Harry Laus (1922-1992) est le quatorzième d’une famille de
seize enfants issue de l’émigration allemande. Pour ne plus être à la charge de ses aînés, il entre
à l’école préparatoire des Cadets à l’âge de 18 ans. Lieutenant-colonel de l’armée brésilienne, il a
parcouru tout le pays, du Nordeste au Sud. Ecrivain atypique et dilettante, il se tourna vers le
journalisme et la critique d’art avant de devenir conservateur. La mort, la violence indicible de
l’amour et les meurtres inutiles sont au cœur de ses
nouvelles poétiques et émouvantes,
Sentinelles du néant.
Osman LINS
Osman Lins (1924-1978) a écrit des nouvelles, des romans, des pièces de théâtre et des
essais. A propos de ses nouvelles, Le rétable de Sainte Joana Carolina, Hector Bianciotti parle
d’un « langage ausculté, fouillé, enrichi par des rapprochements de mots étonnants et précieux,
soumis à une rigueur et à un raffinement dont les résultats transpercent l’écran de la traduction ».
Son roman, La reine des prisons de Grèce, reflète la situation du brésil contemporain où
coexistent la tradition agraire, patriarcale et mystique du Nord-Est et la modernité des grandes
villes du Sud.
Adriana LISBOA
Adriana Lisboa est née en 1970 à Rio de Janeiro où elle a passé la majorité de sa vie. Elle
a vécu en France et partage aujourd’hui son temps entre le Brésil et les Etats-Unis. Après des
études de musique et de littérature, elle devient enseignante, puis auteur et traductrice. En 2001,
son roman, Des roses rouge vif, salué par la critique, l’élève au rang des auteurs les plus
importants de la nouvelle génération littéraire brésilienne. Bleu-corbeau, en 2010, poursuit sa
réflexion sur l’appartenance et la construction de soi.
E.T. LISBOA
Née au Brésil, E.T. Lisboa a parcouru quatre continents. De retour dans son pays natal,
portant dans ses bagages plusieurs fictions inspirées des différentes cultures visitées, elle a publié
La fierté de la mouche, livre sur la passion amoureuse pétillant d’impertinence et de tendresse, et
Par quatre chemins suivi d’Ames païennes.
Clarice LISPECTOR
Née en Ukraine, d’origine juive, Clarice Lispector (1924-1977) est arrivée au Brésil à l’âge
de 2 ans et a passé son enfance dans le nord du pays. Mariée à un diplomate brésilien, elle publie
très jeune son premier roman, Près du cœur sauvage. En 1959, séparée de son mari, elle revient
à Rio avec ses deux fils et publie d’autres livres dans lesquels la fiction est de plus en plus ténue,
au profit d’une prose poétique ne relevant d’aucun genre littéraire défini. Notamment, La passion
selon G.H. (1964) où l’affrontement d’une femme et d’un cafard est raconté comme un itinéraire
mystique conduisant à des révélations essentielles sur le monde. Ou encore, La femme qui tuait
les poissons (1968) qui, sous l’aspect d’un conte pour enfants, est la confession d’une vieille
dame dont le crime avoué est d’avoir tué deux petits poissons. Dans tous ses livres jusqu’au
dernier, Un souffle de vie, achevé à la veille de sa mort, l’écriture, étant « la manière de ne pas
mentir au sentiment », prime sur les événements et sur leur déroulement chronologique. L’œuvre
de cette romancière intimiste qui explore l’âme féminine - où l’on trouve une grande simplicité
d’expression et une attention aux petits gestes du quotidien - pose la question du destin infini et
« inhumain » de la vie.
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Dyonelo MACHADO
Dyonelo Machado (1895-1985) est né dans l’extrême sud du Brésil où il a passé toute sa
vie. Après des études en psychiatrie, il a été journaliste et député du Rio Grande do Sul, et a fait
de la prison pour délit d’opinion sous la dictature de Vargas. Il est l’auteur de L’argent du laitier
qui, à travers vingt-quatre heures de la vie d’un petit employé, est la pitoyable illustration de la lutte
pour survivre.
Max MALLMAN
Max Mallman est né en 1968 à Porto Alegre et vit aujourd’hui à Rio de Janeiro. Scénariste
pour la télévision, on le connaît en France pour ses deux livres : La confession du minotaure
(1989) et Monde bizarre (1996). Avec son dernier roman, Le syndrome de la chimère, il nous
entraîne dans une sorte de fable complètement délirante, mêlant humour et fantastique.
Patricia MELO
Née à Rio en 1962, Patricia Melo a d’abord travaillé comme scénariste pour la télévision et
le cinéma. Egalement dramaturge et romancière, elle a quitté Sao Paulo pour la Suisse où elle vit
à présent. Qu’elle raconte la violence des favelas à travers la vie d’un gosse de Rio dans O
matador ou Enfer, ou qu’elle évoque avec ironie le destin de José Gruber, nègre littéraire et
cynique patenté dans Eloge du mensonge, Patricia Melo plonge dans le cœur des hommes et
traque leurs vices au plus profond pour mieux leur donner une possibilité de survie, la chance
ultime de rachat.
Josué MONTELLO
Josué Montello (1917-2006) est né dans l’état de Maranhao. Diplomate, il a écrit aussi bien
des textes de fiction que des essais littéraires et historiques, ou des manuels scolaires et
scientifiques. Ses romans, qui ont pour cadre sa ville natale, Saint-Louis, fondée par les Français
en 1612 dans le Nord-Est du Brésil, forment une sorte de cycle du Maranhao. Tambours noirs se
déroule en une nuit au cours de laquelle le héros traverse la ville au son du tambour, lent
cheminement d’un Noir octogénaire, symbole de l’esclave affranchi.
Raduan NASSAR
D’origine libanaise, philosophe de formation et journaliste de profession, Raduan Nassar,
né en 1935, se consacre actuellement à l’élevage du bétail dans une fazenda de l’Etat de Sao
Paulo. Il a publié deux livres, La maison de la mémoire (1975), version romancée de la parabole
du fils prodigue, et Un verre de colère (1978), affrontement érotico-politique d’un couple.
Cornelio PENNA
Dessinateur, journaliste et critique d’art, Cornelio Penna (1896-1958) est l’auteur de La
petite morte, qui lui a été inspiré par un tableau trouvé dans sa famille. En remontant l’histoire de
celle qui fut son ancêtre, il plonge le lecteur dans un Brésil à la fois archaïque et moderne.
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Rachel de QUEIROZ
Née au Ceara, l’un des Etats les plus pauvres du Nordeste où sévit périoodiquement la
sécheresse, Rachel de Queiroz (1910-2003) débute à 17 ans dans le journalisme. En 1930, elle
publie son premier roman, L’année de la grande sécheresse, qui marque les débuts du courant
nordestin dans la littérature brésilienne. En 1932, elle fait paraître Jean Miguel, histoire d’un
paysan pauvre du Sertao. Emprisonnée à cette même époque pour activités communistes, elle
sera en 1978 la première femme élue à l’Académie brésilienne des Lettres. Son œuvre est liée au
Nordeste sans pour autant s’écarter des problèmes de la femme dans ce contexte sociogéographique comme en témoigne Dora, Doralina (1975), chronique d’une vieille femme du
Sertao, humble et généreuse.
Graciliano RAMOS
Professeur, journaliste et romancier, Graciliano Ramos (1892-1953) est né dans le
Nordeste où se situe l’action de tous ses livres. Son premier roman, Caetes (1933), satire de la
société bourgeoise, fut suivi d’une courte série de chefs-d’œuvre : Sao Bernardo (1934) est le
bilan de la vie ratée d’un propriétaire terrien, Angoisse (1936) retrace avec une grande sobriété
expressive et un usage éblouissant du monologue intérieur la vie d’un descendant de pauvres
paysans du Minas Gerais, Sécheresse (1938) est le poignant récit de l’errance d’une famille de
migrants du Sertao à la mer, Enfance (1945) les émouvants souvenirs de son enfance, et surtout
Mémoires de prison (1954) qui - sans être tout à fait un roman - est plus qu’un simple compterendu d’un homme incarcéré pour ses opinions politiques (communiste, Graciliano Ramos fut luimême emprisonné). Les nouvelles d’Insomnie ne se situent pas dans l’espace géographique du
Sertao, mais dans celui, plus sinistre encore, d’une petite ville étriquée et médiocre, et décrivent la
montée d’un intense sentiment d’anxiété. Graciliano Ramos est l’un des écrivains les plus amers et
les plus tourmentés de la littérature brésilienne. Il projette dans ses personnages sa tristesse, son
malheur et sa solitude. Son pessimisme refuse la misère quotidienne et l’aliénation politique et
économique de son peuple.
Darcy RIBEIRO
Anthropologue, enseignant, homme politique (il a été ministre de l’éducation nationale et
conseiller personnel du président Goulart), Darcy Ribeiro (1922 - 1997) a du s’exiler après le coup
d’état de 1964 et il est revenu au Brésil en 1976. Il est l’auteur de Maïra qui exprime la voix des
Indiens d’Amazonie et le cri d’une civilisation agonisant faute de pouvoir s ‘adapter aux normes
technologiques de notre société.
Joao Ubaldo RIBEIRO
Joao Ubaldo Ribeiro est né en 1941 dans l’Etat de Bahia. Après des études au Brésil et
aux Etats-Unis, il sera enseignant et journaliste avant de se consacrer entièrement à la littérature.
Le Nordeste occupe tous ses livres, que ce soit dans le monologue hallucinatoire du Sergent
Getulio (1971), tout chargé de violence primitive, dans la veillée d’armes des combattants
désespérés du Sertao de Vila real (1979) ou dans Vive le peuple brésilien, saga de l’histoire du
Brésil depuis les guerres d’indépendance jusqu’à nos jours. Le sourire du lézard est un curieux
roman, mêlant l’étrange et le scientifique, l’érotisme et l’humour, la passion et la critique politique.
Joao Ubaldo Ribeiro est un auteur étonnant, à la prose brillante, parfois misanthrope et souvent
satirique.
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Joao Guimaraes ROSA
Joao Guimaraes Rosa (1908-1967) est né dans l’Etat de Minas Gerais où il passe son
enfance et sa jeunesse. Médecin de campagne, il fut aussi diplomate, notamment ambassadeur
du Brésil en France et en Allemagne, avant de s’établir à Rio et de se consacrer à la littérature.
Après un premier recueil de nouvelles, Saragama (1946), paraissent Hautes plaines (1956),
Premières histoires (1962) et Tutaméia (1967), dont les thèmes sont toujours empruntés au
Sertao. En 1956, paraît son chef-d’œuvre, Diadorim, où un homme âgé et respecté raconte sa vie
de jeune bandit auprès de Diadorim, chef de bande idéalisé, au travers d’un monologue infini
déployant la fresque colorée et sauvage du Nordeste. Dans Mon oncle le jaguar, l’écrivain
entrechoque trois langages : celui des maîtres, le portugais, celui des Indiens Tupis et celui de la
nature, onomatopées, feulements, rugissements. Le Sertao aura servi de cadre géographique et
social à de nombreux livres de la littérature brésilienne mais Guimaraes Rosa nous en donne une
vision différente. Renouvelant l’expression, faisant usage d’archaïsmes, d’éléments du langage
populaire ou de néologismes, il a transformé l’épopée du Sertao en métaphore universelle,
transcendant ainsi la prose d’une réalité régionaliste et ouvrant une voie au roman brésilien
moderne.
Tabajara RUAS
Romancier et metteur en scène, Tabajara Ruas est né en 1942 dans le Rio Grande du sud
du Brésil. Etudiant en architecture, millitant contre la dictature, il est contraint à l’exil au Danemark,
puis en France à partir de 1971. La fascination est une longue nouvelle aux marges du roman
policier et du fantastique, où le héros sera brutalement possédé par le démon de son bisaïeul.
Luiz RUFFATO
Issu d’une famille ouvrière d’immigrants, Luiz Ruffato, né en 1961, travaille comme
tourneur-fraiseur tout en faisant des études de journalisme. A travers une multitude de voix, c’est
un extraordinaire portrait de Sao Paulo, la mégalopole brésilienne, que dessine peu à peu Tant et
tant de chevaux (2001). Ce premier roman nous montre l’enfer du décor brésilien, l’insécurité, la
criminalité et la misère, et présente la modernité comme un enfer cacophonique.
Herberto SALES
Né dans l’Etat de Bahia, Herberto Sales (1917-1999) est membre de l’Académie
brésilienne des Lettres. L’œuvre de ce romancier aux multiples facettes va du régionalisme à la
science-fiction. Les visages du temps est une « saga de la colonisation, le moment où Portugais,
Noirs et Indiens se mêlent sur une terre sauvage » (Jorge Amado).
Régis de SA MOREIRA
Régis de Sa Moreira est né en 1973 de père brésilien et de mère française. Dans son
premier roman, Pas de temps à perdre (2000), livre plein de générosité, de bonheur de vivre et
de poésie drolatique, il nous fait connaître un monde de joie et d’amour, sans mièvrerie, ni naïveté.
Un monde que l’on retrouve dans Mari et femme (2008). Ce même souci d’humanité se retrouve
dans Le libraire (2004), portrait d’un homme un peu illuminé, un peu décalé, mais surtout
passionné par les écrivains, roman aussi léger qu’original.
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José SARNEY
José sarney est né en 1930 dans l’Etat de Maranhao. Après des études de droit, il devient
député à 24 ans. Il a toujours mené de front carrière politique et activités littéraires. Il devient
gouverneur de son état natal en même temps qu’il est élu à l’Académie brésilienne des Lettres.
Sénateur, puis vice-président, il a succèdé en 1985 à Tancredo Neves à la présidence de la
République du Brésil. Dans les nouvelles d’Au-delà des fleuves, il évoque le Maranhao, sa région
natale située entre Nordeste et touffeur amazonienne, avec ses personnages pleins de force, de
violence et d’humour, un monde essentiellement rural avec ses bourgades et ses vieilles fazendas.
La même verve sud-américaine entre réalisme et fantastique se retrouve dans Saraminda (2002).
Le Brésil de José Sarney est aussi celui des pêcheurs de l’océan Atlantique avec ses tempêtes et
ses vaisseaux fantômes (Capitaine de la mer océane).
Moacyr SCLIAR
Descendant d’une famille d’immigrants russes juifs, Moacyr Scliar (1937-2011) est né à
Porto Alegre dans le Sud du Brésil. Médecin de formation, il est un des écrivains les plus
novateurs des années 1970. Son attrait pour la fable et son goût de l’humour le rapprochent
parfois du courant des écrivains juifs new-yorkais. Ses nouvelles (Le carnaval des animaux, 1987
; L’Œil énigmatique, 1990) sont inspirées par la Bible, l’imaginaire des bandes dessinées ou tout
simplement par des faits étranges surgis du quotidien. Il est aussi l’écrivain de romans d’envergure
mêlant dérision et interrogation morale, simplicité narrative et profondeur du propos (Le centaure
dans le jardin,1985 ; L’étrange naissance de Raphaëm Mendes, 1986 ; Sa Majesté des
Indiens, 1998). Dans ce dernier livre, Moacyr Scliar montre avec brio le mélange constant dans
une même existence du réel et de l’imaginaire, du concret et du mythique, dans l’interpénétration
des personnalités, des origines et des civilisations à l’intérieur de ce creuset qu’est le Brésil.
Marcio SOUZA
Né en 1946 à Manhaus au cœur de l’Amazonie, Marcio Souza est le chantre des forêts
immenses, imbibées d’eau où s’affrontent la tradition indienne et la modernité d’un pays avide de
progrès dans L’empereur d’Amazonie (1983).
Heloneida STUDART
Heloneida Studart (1932-2008) est née dans une famille aisée de Fortaleza, ville du
Nordeste brésilien. Militante féministe et syndicaliste très active, fondatrice du Centre de la femme
brésilienne en pleine dictature militaire, elle a été brièvement emprisonnée en 1969. En 1978, elle
devient députée de l’Etat de Rio de Janeiro sous la bannière du Parti des Travailleurs. Très
longtemps journaliste, elle a aussi écrit des textes pour la télévision, des pièces de théâtre et des
essais féministes. Une sorte de grâce précise et singulière transparaît dans Le cantique de
Meméia, paru au Brésil en 1975. Sous des traits empruntés à sa propre biographie, elle explore la
faille sociale qui traverse le Brésil, celle-là même qui l’a poussée vers l’action politique.
Ariano SUASSUNA
Ariano Suassuna est né en 1927 à Joao Pessoa, dans l’état nordestin du Paraïba, dont son
père, assassiné en 1930 à Rio de Janeiro, était gouverneur. Auteur de théâtre et romancier, il a
été élu à l’Académie des Lettres brésiliennes en 1989. Ardent défenseur de la culture de son pays
natal, c’est dans l’histoire, les traditions et les coutumes du Nordeste où vivent encore les
populations les plus déshéritées, les plus assujetties à une féodalité contemporaine, qu’il puise les
thèmes de son œuvre. Sorte de quête du Graal, La pierre du royaume, écrit entre 1958 et 1970,
est un ouvrage étonnant mettant en scène la sauvage épopée du Nordeste à travers une histoire
fantasmagorique qui évoque curieusement Don Quichotte.
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Lygia Fagundès TELLES
Née à Sao Paulo en 1923, Lygia Fagundes Telles a commencé à écrire très tôt. Elle a reçu
de nombreux prix et est membre de l’Académie brésilienne des Lettres. Dans ses nouvelles et ses
romans (La structure de la bulle de savon, Un thé bien fort et trois tasses, L’heure nue, La
nuit obscure, La discipline de l’amour), elle se fait le peintre de la décadence de la bourgeoisie
brésilienne et parle de la solitude et de la peur de la mort, unissant l’analyse psychologique à
l’évocation de la vie quotidienne. Le personnage principal de tous ses livres est le Brésil « qui lui
aussi est en guerre, contre la misère ; la bataille n’est pas près d’être gagnée », dit-elle.
Antonio TORRES
Né en 1940 dans l’Etat de Bahia, Antonio Torres, publicitaire et journaliste, vit à Rio de
Janeiro. Le Sertao, région déshéritée du Nord-Est du Brésil, constitue l’un des thèmes dominants
de son œuvre romanesque, que marquent également une conscience sociale aiguë et un
enthousiasme immodéré pour la variété des visages du Brésil. Il est l’auteur de Cette terre (1984),
qui évoque le drame d’une famille paysanne et des conflits causés par l’intrusion de la vie
moderne dans les sociétés traditionnelles.
José Mauro de VASCONCELOS
De sang indien et portugais, José Mauro de Vasconcelos (1920-1984) est né à Bangu près
de Rio de Janeiro et a passé son enfance à Natal près de l’océan Atlantique. Après avoir exercé
divers métiers, entraîneur de poids plume, ouvrier agricole, pêcheur, acteur, il part vivre dans le
Sertao parmi les Indiens. Il a écrit une quinzaine de livres célèbres au Brésil. Pour connaître à fond
le pays où se situera son roman, il parcourt des milliers de kilomètres et vit parmi les gens qui
peupleront son récit. Doué d’une prodigieuse capacité de conteur, possédant une mémoire
fabuleuse, il démontre dans ses livres à la fois pour adultes ou pour enfants ( Mon bel oranger,
1971, Le palais japonais) une éblouissante imagination et une grande expérience des hommes.
Erico VERISSIMO
Erico Verissimo (1905-1975) est né dans le Rio Grande do Sul, l’état le plus méridional du
Brésil. Après des études secondaires inachevées, il exerce divers métiers et fait deux longs
séjours aux Etats-Unis, de 1941 à 1943 comme enseignant, et de 1953 à 1956 comme
fonctionnaire international. Dès son premier roman, Clarissa (1933), il devient suffisament
populaire pour que ses prises de position contre les dictateurs ne lui valent pas illico la prison. Il
souffrit néanmoins de la censure, détesté par les intellectuels, de droite comme de gauche, parce
qu’il refusait tout système idéologique, ardent défenseur d’un « chaleureux libéralisme
socialisant ». Son œuvre la plus marquante est la trilogie Le temps et le vent (1949-1961) où il
retrace dans une grande fresque l’histoire, l’ethnologie, les conflits politiques et sociaux de sa
région natale de 1745 à 1945.
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Auteurs brésiliens disponibles à la médiathèque
Alencar, José de (1829-1877)
Lisbôa, E. T.
Amado, Jorge (1912-2001)
Lispector, Clarice (1920-1977)
Andrade, Carlos Drummond de (1902-1987)
Machado, Dyonelio (1895-1985)
Andrade, Joaquim de Sousa (1833-1902)
Mallman, Max (1968-)
Andrade, Mario de (1893-1945)
Melo, Patricia (1962-)
Assis, Joaquim Maria Machado de (1839-1908)
Montello, Josué (1917-2006)
Augusto, Edyr (1954-)
Nassar, Raduan (1935-)
Azevedo, Francisco (1951-)
Penna, Cornelio (1896-1958)
Callado, Antonio (1917-1997)
Queiroz, Rachel de (1910-2003)
Cardoso, Lucio (1912-1968)
Ramos, Graciliano (1892-1953)
Carvalho, Bernardo (1960-)
Ribeiro, Darcy (1922-1997)
Carvalho, Campos de (1916-1998)
Ribeiro, Joao Ubaldo (1941-)
Coelho, Paulo (1947-)
Rosa, Joao Guimaraes (1908-1967)
Cony, Carlos Heitor (1926-)
Ruas, Tabajara (1942-)
Cunha, Euclides da (1866-1909)
Ruffato, Luiz (1961-)
Dourado, Autran (1926-2012)
Sales, Herberto (1917-1999)
Franca Junior, Oswaldo (1936-1989)
Sarney, José (1930-)
Garcia-Roza, Luiz Alfredo (1936-)
Scliar, Moacyr (1937-2011)
Hatoum, Milton (1952-)
Souza, Marcio (1946-)
Hilst, Hilda (1930-2004)
Studart, Heloneida (1932-2008)
Laub, Michel (1973-)
Suassuna, Ariano (1927-)
Laus, Harry (1922-1992)
Telles, Lygia Fagundes (1923-)
Lins, Osman (1924-1978)
Torres, Antonio (1940)
Lisboa, Adriana (1970-)
Vasconcelos, José Mauro de (1920-1984)
Verissimo, Erico (1905-1975)
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Sources :
Bibliomonde
Encyclopédie Larousse
L’oeil de la lettre
Magazine littéraire
Wikipédia
Encyclopaedia universalis
Que sais-je : La littérature brésilienne
Le Monde magazine
Dossier réalisé par Dominique Witczak
2
3
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60500 Chantilly
Tel. : 03 44 57 20 56
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de la médiathèque :
Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendredi
Samedi
10h.-12h.
10h.-12h.
10h.-13h.
4
14h.-18h.
14h.-18h.
14h.-18h.
14h.-18h.
14h.-18h.