etude expérimentale des courbes de séchage du poisson
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etude expérimentale des courbes de séchage du poisson
Journal des Sciences ETUDE EXPÉRIMENTALE DES COURBES DE SÉCHAGE DU POISSON J. SARRa,b, M. SALLa, M. L. SOW b,c et M. M. KANEa,c a Centre d’Etudes et de Recherche sur les Energies Renouvelables B.P. 476, Dakar, Sénégal. Groupe de Recherches sur les Transferts Thermiques, Faculté des Sciences et Techniques, Université Cheikh Anta DIOP, Dakar-Fann, Sénégal. c Laboratoire des Semi-conducteurs et d’Energie Solaire, Faculté des Sciences et Techniques, Université Cheikh Anta DIOP, Dakar-Fann, Sénégal. b Abstract: In this paper, we study the various parameters which participate in a significant way in the fish drying process. Capelin is a lean fish. It has a physicochemical structure similar to that of cod and can reach 30 cm length. Its flesh has the following composition : 80% of water, 18% of proteins and 1% of fat contents. The density and the water content of fresh capelin are experimentally investigated. The sorption isotherm of lean fish is plotted using some measurements and data available in the literature. The experimental device which allowed us to study drying curves is described. We analyze the influence of external factors (principally the drying air flow rate and the inlet air flow temperature) on the overall drying rate. Such an approach is usually used. In fact, these parameters are easy access and it is possible to directly use the results obtained in the driers calculation. We examine successively two cases: the case where the temperature of the draining air is constant and the case where the temperature varies as on the outlet side of a solar collector. Résumé: Dans ce papier, nous analysons les différents paramètres qui jouent un rôle important dans le processus de séchage du poisson. Nous avons choisi d'étudier le capelan qui est un poisson maigre. Il présente une structure physico-chimique analogue à celle de la morue et peut atteindre 30 cm de longueur. Sa chair est composée de 80% d'eau, de 18% de protéines et de 1% de matières grasses. La masse volumique et la teneur en eau du capelan frais ont été déterminées expérimentalement. L'isotherme de sorption du poisson maigre est tracée grâce à quelques mesures et aux données disponibles dans la bibliographie. Le montage expérimental ayant permis l'étude des courbes de séchage est décrit. Nous analysons l'influence de facteurs externes au produit tels que le débit et la température de l'air asséchant, sur la vitesse de séchage. Une telle approche est couramment utilisée. En effet, ces paramètres sont facilement accessibles et il est possible d'utiliser directement les résultats obtenus dans le calcul de dimensionnement des séchoirs. Nous examinons successivement deux cas : le cas où la température de l'air asséchant est constante et le cas où la température varie comme à la sortie d'un capteur solaire Keywords : drying, heat transfer, mass transfer, sorption Mots clés : séchage, transferts de chaleur, transferts de masse, isotherms. isothermes de sorption. NOMENCLATURE e = épaisseur d’une tranche de poisson [ cm ] l = largeur d’une tranche de poisson [ cm ] L = longueur d’une tranche de poisson [ cm ] M = masse instantanée de produit [ g ] P = porosité volume vide entre les tranches ( = volume total au niveau de la claie ) [ % ] S = surface d’échange [ cm2 ] t = temps, durée [ H ] T = température [ °C ] V = vitesse de l’air [ m s-1 ] W = teneur en eau du poisson [ % ] J. Sarr et al / J. Sci. Vol. 3, N° 1 (2003) LETTRES GRECQUES INDICES ρ = masse volumique du 0 = valeur à vide poisson [ kg m-3 ] 1, 2, 3 = relatif au niveau de la claie de ψ = humidité relative de l’air séchage 25 = correspondant à la teneur en eau du [%] poisson égale à 25% (b.h.) a = relatif à l’air e = relatif à l’eau contenue dans le poisson ABRÉVIATIONS b.h. = base humide eff = valeur effective b.s. = base sèche eq = valeur à l’équilibre en = relatif à l’entrée du tunnel f = valeur à l’état frais h = valeur sur base humide EXPOSANT + = valeur adimensionnelle i = valeur à l’état initial m = valeur maximale p = relatif au poisson s = relatif à la matière sèche contenue dans le poisson so = relatif à la sortie du tunnel -1- INTRODUCTION La technique traditionnelle de séchage consistant à exposer le poisson au soleil, encore largement pratiquée au Sénégal de nos jours, présente des inconvénients considérables : sous l'action des poussières, des intempéries, des bactéries, de l'humidité ambiante trop élevée, la dessiccation s'effectue mal et le produit se détériore. Nous choisissons d'étudier le processus de séchage de ce produit, dans des conditions atmosphériques contrôlées, dans le but de participer à l'impulsion d'une amélioration aussi bien qualitative que quantitative de la production de poisson séché, la demande étant très élevée dans la sous-région aussi bien pour l’alimentation des populations que pour celle des animaux [12]. Le séchage du poisson est pratiqué au Sénégal depuis des temps immémoriaux par les populations côtières et, compte tenu du manque d'infrastructures modernes de congélation, il reste un moyen de conservation privilégié. La conception d'un séchoir repose sur la connaissance d'une part des contraintes biologiques du produit concerné, d'autre part des lois qui régissent le processus de séchage. Nos travaux appliquent cette méthodologie à l'étude du capelan que nous avons choisi pour la simplicité de sa structure physiologique. Les conclusions auxquelles nous aboutiront pourront être utilisées pour tout autre poisson maigre. De nombreux travaux ont déjà été menés sur le séchage du poisson maigre et des conditions de travail relativement satisfaisantes ont pu être dégagées : - Legendre [1] propose de maintenir l'humidité relative de l'air entre 50 et 55 % pendant toute la durée de l'opération; - Fougère [2] qui a travaillé sur le capelan propose, avec des températures inférieures à 35° C et pour une humidité relative de l'air voisine de 50%, de ne pas dépasser une vitesse d'écoulement de l'air de 1,5 m/s. Les caractéristiques physiques du poisson sont déterminées suivant des procédures définies par les auteurs suivants : a) Pour les mesures de teneurs en eau du poisson maigre, l'étude bibliographique permet de recueillir les résultats suivants : - Wh = 80% pour le capelan (Fougère [2]) ; - 80,3% ≤ Wh ≤ 82,6% pour la morue (Jason [3]) b) Pour la détermination expérimentale des isothermes de sorption du poisson maigre, nous pouvons citer les travaux suivants : Fougère [2] a déterminé les isothermes de sorption du capelan aux températures de 22,5°, 26,7° et 32,2° pour une humidité relative de l'air variant entre 44 et 93%. Il a trouvé que les deux premières courbes sont J. Sarr et al / J. Sci. Vol. 3, N° 1 (2003) pratiquement confondues, ce qui signifie que, pour une humidité relative donnée du milieu ambiant, une variation de température dans les limites de 22,5° et 26,7° ne change pas la teneur en eau d'équilibre du capelan. L'isotherme correspondant à la température de 32,2° C n'évolue pas dans le sens prévu par les considérations théoriques. Selon l'auteur, un changement dans la structure du tissu musculaire du poisson dû à la cuisson en est la cause. Par ailleurs, Jason [3] qui a travaillé sur la morue fournit une isotherme de ce poisson à 30°C dans la plage d'humidité relative du milieu ambiant comprise entre 3 et 75%. Détermination de la teneur en eau d’équilibre du capelan En fin de séchage, dans des conditions constantes, la masse de produit devient stationnaire lorsque sa teneur en eau atteint un seuil qui correspond à l'équilibre avec le milieu ambiant. Cet équilibre dynamique est caractérisé par les isothermes de sorption dont la détermination expérimentale exige un grand nombre de mesures [14]. Des travaux expérimentaux antérieurs [4] ont permis de déterminer à 30°C, pour le capelan, l'isotherme de sorption pour une humidité relative de l'air variant de 80 à 95%. En combinant ces résultats à ceux publiés par Fougère et Jason, on obtient, à 30°C, une isotherme qui peut être appliquée au séchage du poisson maigre (figure 1). Figure 1 : Isothe rme de s orption du pois s on maigre à 30°C W h (%) 50 25 ψ (%) 0 0 25 50 75 100 Autres propriétés physiques Masse volumique Quinze déterminations à la température de 20°C ont permis de dégager les valeurs moyennes suivantes, sur du poisson frais et sur du poisson sec : ρf = 1060 ± 60 kg m-3 ; ρs = 1260 ± 100 kg m-3 L’imprécision de cette dernière valeur ρs est essentiellement due aux propriétés d’adsorption et de désorption qui se manifestent sensiblement au -2- voisinage de l’état sec (pratiquement dès que la teneur en eau Wh est inférieure à 20%). Teneur en eau du poisson frais Quinze mesures dans des conditions identiques ont montré que le capelan frais a une teneur en eau variant entre 78,5% et 82,7% (b.h.) à la température de 20°C. Les conditions standard de travail sont celles recommandées par Jason [3] : 24 heures dans une étuve à 102°C. La reproductibilité des résultats est excellente. La teneur en eau moyenne mesurée est : Wh = 80,42 ± 2,01%, ce qui correspond à 4,11 kg d'eau par kg de matière sèche. LE MONTAGE EXPÉRIMENTAL Figure 2 : Schéma du séchoir T en, T so : température de l'air à l'entrée et à la sortie ψ en, ψ so : humidité de l'air à l'entrée et à la sortie V 0 : vitesse de l'air à vide ψ so T so T p1, T p2, T p3 : températures du poisson m : masse du poisson sur la claie T p1 T p2 T p3 V0 ψ en T en Système de pesée automatique c) un panier de séchage comportant 20 claies carrées de 19,5 cm de côté, espacées de 2 cm les unes des autres et constituées d'une grille métallique très fine. d) un programmateur à cames qui permet de simuler la température fournie par un capteur héliothermique. e) un ensemble d'appareils de mesures comprenant : - une balance électronique qui mesure la masse instantanée de la cage de séchage, - un micro manomètre à tube de Pitot qui mesure la vitesse du courant d'air dans le tunnel (± 0,2 m/s); - des thermocouples Cu - Ct et deux sondes de platine mesurant respectivement la température des tranches de poisson et celle de l'air ; - des sondes au chlorure de lithium à point de rosée qui indiquent l'hygrométrie de l'air. f) enfin, tous ces appareils de mesures sont reliés à un enregistreur unique à 12 voies. Au cours du séchage, les 10 paramètres suivants sont enregistrés: la température ambiante Ta , la température d'entrée de l'air Ten , l’humidité relative de l'air à l'entrée du tunnel ψen , les températures du produit sur 3 claies Tp1 , Tp2 , Tp3 , la température de sortie de l'air Tso , l'humidité relative de l'air à la sortie du tunnel ψso , la masse instantanée du produit m et la vitesse de l'air à vide V0. Ce montage, qui permet de suivre et de contrôler avec une précision acceptable les différents paramètres de séchage, a été utilisé avec succès pour étudier de nombreux produits biologiques. CONDUITE D'UNE MESURE Préparation d'un échantillon Afin de contrôler au mieux les divers processus qui interviennent au cours du séchage des produits biologiques, nous avons utilisé une étuve de type tunnel (figure 2) dont la section est un carré de 20 cm de côté. L'étuve (Quinette [5]) est constituée d'une colonne verticale d'acier galvanisée que des plaques de liège de 1 cm d'épaisseur isolent sur les quatre faces et à laquelle sont adjoints les divers éléments suivants : a) un ventilateur qui permet de faire varier la vitesse de l'air dans le tunnel vide de 0,5 à 1,7 m/s. b) une batterie de résistances chauffantes qui permettent de chauffer l'air du tunnel de 20° à 85°C. J. Sarr et al / J. Sci. Vol. 3, N° 1 (2003) En considérant que les caractéristiques de séchage du capelan frais et décongelé sont les mêmes (Fougère [2]), nous avons choisi de faire des coupes sur du poisson congelé. Cette technique permet d'obtenir des tranches régulières. De plus, la peau du poisson congelé se détache plus aisément que celle du poisson frais. Pour toutes nos mesures, l'incertitude sur la détermination de l'épaisseur des tranches de poisson n'a pas dépassé 11%. Lorsqu'on expose la claie de séchage à l'air libre, le phénomène d'évaporation prend place aussitôt au niveau des tranches parce qu'un gradient de concentration de vapeur existe entre la surface du produit et l'atmosphère, de sorte qu'il faut sans tarder charger le séchoir et déclencher les systèmes de mesures. -3- Domaine de variation des paramètres Dans une série d'essais préliminaires, nous avons dégagé un domaine adéquat d'expérimentations, compte tenu des limites imposées par la structure du capelan et les possibilités de notre appareillage. Le poisson, à l’instar des produits agroalimentaires [13], ne résiste pas aux températures de séchage très élevées. Température de l'air de séchage Pour une température ambiante d’environ 20° C, la plage de températures 25-35,5° C a été jugée convenable pour étudier les courbes de séchage du capelan. Humidité relative de l'air de séchage Nous avons pu réaliser des mesures pour des humidités relatives comprises entre ψ = 8 et ψ = 30 %. Vitesse de l'air Selon le degré de remplissage des claies de séchage, des vitesses effectives (Veff) de l'ordre de 2,5 m/s ont pu être atteintes au niveau des tranches de poisson. La vitesse effective est définie par la relation : Veff = Erreur ! = Erreur ! l'ensemble du phénomène puisqu'on n'observe pas de décalage supérieur à 4 % sur les temps de séchage. La phase à vitesse de séchage constante n’a pas été observée dans notre domaine d'investigation. Si elle existe, elle est de très courte durée, de l'ordre de quelques minutes et notre appareillage de mesures ne nous permet pas alors de la mettre en évidence avec certitude. Il faut 5 à 24 heures de séchage, suivant les conditions expérimentales, pour atteindre une teneur en eau du poisson de 20 % (b.h.). On peut donc raisonnablement négliger cette éventuelle première phase et considérer que tout le séchage s'effectue en phase de vitesse décroissante. L'essai no. 12 fournit les courbes de séchage représentées sur les figures 3 et 4 qui confirment l'absence de phase de séchage à vitesse constante. Figure 3 : Evolution de la vite s se de s é chage e n fonction du te mps (Es sai 12) 12 dm/Sdt -5 2 (x10 kg/m /s) 8 4 (1) t (H) RÉSULTATS ET COMMENTAIRES 0 0 Les résultats sont essentiellement représentés par des courbes de séchage qui montrent l’évolution de la masse adimensionnelle (m+), la teneur en eau sur base humide (Wh) ou sur base sèche (Ws) du poisson au cours du temps. L’étude est principalement axée sur le cas où la température d’entrée de l’air dans le séchoir est maintenue à une valeur constante, pendant toute la durée de l’expérience. 5 10 15 20 Figure 4 : Evolution de la vite s se de sé chage e n fonction de la te ne ur e n e au W s (Es sai 12) 12 dm/Sdt -5 2 (x10 kg/m /s) A 8 B 4 Les teneurs en eau du poisson Wh, Ws et la masse adimensionnelle m+ sont définies par les relations : Wh = Erreur ! , Ws = Erreur ! = Erreur ! , m+ = Erreur ! La température d'entrée de l'air asséchant est constante Les essais regroupés dans les tableaux I, II et III ont été réalisés sur une claie unique permettant d'obtenir un séchage en couche mince. Les essais 3, 6, 8, 11, 12, 19 et 26 ont été réalisés sur des tranches de capelan conservant de la peau sur une face (c'est-à-dire entre 36 et 45 % de la surface d'échange totale) afin d'en étudier l'influence sur le déroulement du séchage. Son effet se limite à un léger ralentissement de la vitesse de séchage dans la première partie de l'opération et reste négligeable sur J. Sarr et al / J. Sci. Vol. 3, N° 1 (2003) C 0 0 D W s (%) 50 100 150 200 250 300 350 400 Le capelan réagit comme si la teneur en eau initiale était toujours inférieure à la teneur en eau critique. Ce comportement est souvent observé avec d’autres produits biologiques : oignon, pomme, savon, etc…[6]. La forme de la courbe représentant, sur la figure 4, la vitesse de séchage en fonction de la teneur en eau sur base sèche Ws a déjà été mise en évidence par Fischer [7] avec la laine. -4- (2) Exp. Ten e L l Veff ψ mi ms meq mf Wh,i Wh,f t25 no. °C cm cm cm m/s % g g g g % % 1 25 0,38 8,79 2,00 1,61 30 70,80 13,81 15,0 15,0 80,50 8,00 7h 2 3 4 5 6 7 8 25 25 30 30 30 30 30 0,56 0,84 0,85 0,427 0,463 0,550 0,566 8,60 10,40 10,40 12,26 8,99 7,55 5,46 2,65 4,60 4,60 5,30 5,08 2,31 2,08 1,30 1,14 1,14 2,63 1,30 1,54 1,29 25 30 30 11 11 11 11 53,90 42,50 43,30 88,20 44,00 81,30 53,50 10,51 8,32 8,5 16,0 7,60 16,16 10,73 11,45 9,18 9,43 16,76 7,96 16,92 11,24 13,10 14,45 14,8 18,0 8,90 17,8 12,70 80,50 80,42 80,25 81,86 82,73 80,12 79,95 19,77 42,42 42,21 11,11 14,61 9,21 15,56 12h15 5h55 6h50 7h30 8h20 Tableau I : Résultats des essais à Ten constante (Essais 1 à 10) 9 30 0,570 9,00 3,00 1,07 17 16,30 3,11 3,31 3,86 80,93 19,20 11h25 10 30 0,576 7,76 2,30 1,57 16 10,90 2,21 2,35 2,48 79,72 10,71 9h Exp. Ten e L l Veff ψ mi ms meq mf Wh,i Wh,f t25 no. °C cm cm cm m/s % g g g g % % 11 30 0,58 6,50 2,20 1,27 16 60,70 11,79 12,53 14,20 80,57 16,97 11h 12 13 14 15 16 17 18 30 30 30 30 30 30 30 0,58 0,60 0,606 0,62 0,63 0,64 0,832 10,52 6,92 8,35 7,64 9,50 7,45 7,97 5,04 2,12 5,02 2,18 2,80 2,32 2,90 2,24 1,22 2,04 1,26 0,96 1,35 1,06 11 16 11 16 17 15 17 96,1 47,20 79,30 55,1 17,80 70,40 20,00 18,5 9,1 15,56 11,0 3,57 13,65 4,06 19,37 9,67 16,30 11,69 3,80 14,46 4,33 21,0 11,1 18,40 13,80 4,20 16,88 5,41 80,75 80,72 80,38 80,04 79,92 80,61 79,48 11,90 18,02 15,44 20,31 15,0 19,15 24,91 9h 10h35 11h 10h 12h05 10h15 24h10 Tableau II : Résultats des essais à Ten constante (Essais 11 à 20) 19 30 0,857 8,05 2,90 1,06 17 20,80 4,22 4,50 5,45 79,50 22,60 20h40 20 30 0,65 6,90 2,50 1,88 10 11,90 2,42 2,53 2,90 79,64 16,47 6h Exp. Ten e L l Veff ψ mi ms meq mf Wh,i Wh,f t25 no. °C cm cm cm m/s % g g g g % % 21 22 23 24 25 26 27 35 35 35 35 35 35 35 0,558 0,600 0,630 0,644 0,660 0,770 0,812 8,08 7,00 6,10 7,92 7,50 6,60 6,10 2,30 2,50 2,10 2,40 2,70 2,10 1,43 1,05 1,78 1,76 1,00 1,05 1,04 1,05 9 8,5 9 9 8 12 8,5 11,1 11,2 8,6 13,1 14,2 11,3 15,0 2,09 2,34 1,81 2,57 2,78 2,32 3,13 2,17 2,43 1,88 2,67 2,88 2,88 3,25 2,40 2,64 2,02 3,00 3,13 2,70 3,64 81,34 79,10 78,95 80,40 80,42 79,47 79,64 13,09 11,36 10,51 14,53 11,18 12,80 14,01 7h20 8h10 8h40 9h40 10h05 12h55 11h40 Tableau III : Résultats des essais à Ten constante (Essais 21 à 29) On peut distinguer sur cette courbe trois parties distinctes: - une zone sensiblement linéaire AB ; - une zone BC composée d'une ou de plusieurs portions et caractérisée essentiellement par une concavité plus ou moins prononcée vers le haut de ses divers éléments; - enfin, une zone CD de plus courte durée, dans laquelle la vitesse de séchage varie suivant une loi J. Sarr et al / J. Sci. Vol. 3, N° 1 (2003) 28 35,5 0,680 7,50 2,30 1,57 9 12,5 2,45 2,55 2,75 80,13 10,91 6h50 29 35,5 0,690 7,30 2,50 1,05 8 13,4 2,86 2,97 3,19 78,65 10,34 7h25 quasi-linéaire et finit par s'annuler pour une teneur en eau correspondant à l'équilibre de désorption, pour des conditions ambiantes données. Cette zone est considérée comme la troisième phase de séchage. En accord avec Tusseau [8] qui a étudié les milieux capillo-poreux, on peut considérer que la fin de la zone BC correspond à la disparition de toute l'eau -5- hyper-hygroscopique contenue dans les capillaires bien que l'eau absorbée sous forme hygroscopique, c'est-à-dire adhérant aux parois à l'état moléculaire, puisse subsister. La désorption de cette eau donne lieu au processus linéaire de la zone CD. Cette configuration signifie que les facteurs externes influent sensiblement sur la vitesse de séchage, dans cette zone. On peut dire par ailleurs que, toute l'humidité hyper-hygroscopique ayant disparu, l'humidité hygroscopique dans le produit n'est plus uniforme mais décroît depuis la surface jusqu'au point le plus humide. Toutefois, en ce qui concerne le capelan, on n'observe pas toujours cette phase. Ce sont essentiellement les deux premières zones AB et BC qui déterminent l'allure et la durée du séchage; une analyse plus spécifique va permettre de comprendre leur signification et les facteurs les affectant. + m (%) Figure 5: Influe nce de la te mpé rature de l'air de s é chage s ur de s tranche s de pois son s ans pe au 100 Ten = 25°C (Essai 04) 75 Ten = 30°C (Essai 18) Ten = 35°C (Essai 27) 50 25 t (H) 0 0 5 10 15 20 Figure 6: Influe nce de la te mpé rature de l'air de sé chage sur de s tranche s de pois son re couve rte s de pe au à 40% m (%) + 100 Ten = 25°C (Essai 03) Ten = 30°C (Essai 19) 75 Ten = 35°C (Essai 26) a - Influence de l'humidité relative de l'air Le montage utilisé ne permet pas d’étudier quantitativement l'influence de ce facteur sur la vitesse de séchage, mais on sait que son action est sensible dans la phase de séchage à vitesse constante, quand la surface d'évaporation est complètement ou partiellement humide. Dans cette zone, plus l'humidité relative est basse, plus le séchage est rapide. Cependant, quand cette humidité prend des valeurs trop faibles, l'évaporation, intense au début, ralentit fortement par la suite et le temps de séchage total devient très long. Ce phénomène d'inversion qui a déjà été observé par de nombreux chercheurs [2], [9], [10],...intervient souvent dans le séchage de la morue salée; il s'explique par le fait que la vitesse d'évaporation est plus élevée que le taux de diffusion de l'eau de l'intérieur vers la surface du poisson, ce qui favorise la formation d'une croûte superficielle relativement imperméable. Il s'ensuit un ralentissement puissant du processus du séchage. b - Influence de la température de l'air Deux représentations graphiques sont présentées afin de montrer l'importance de ce facteur sur l'allure du séchage à partir d'essais effectués à 25, 30 et 35° C: sur des tranches de poisson sans peau d'une épaisseur moyenne de 8,3 mm (Fig. 5) et sur des tranches de poisson d'épaisseur moyenne de 8,2 mm conservant de la peau sur une face (Fig. 6). Dans ce dernier cas, la surface d'échange est moins homogène et le séchage est ralenti (ZAKHIA[11]). On observe que la température du courant d'air influence considérablement le séchage dont elle augmente la vitesse en intervenant dans toutes les zones. J. Sarr et al / J. Sci. Vol. 3, N° 1 (2003) 50 25 t (H) 0 0 5 10 15 20 c - Influence de la vitesse de l'air au niveau des tranches Trois représentations graphiques sont présentées afin de montrer l'effet de la vitesse effective de l'air sur l'allure du séchage: à 30° C pour Veff = 1,07 m/s et Veff = 1,37 m/s (Fig. 7) ; à 35° C pour Veff = 1,00 m/s et Veff = 1,76 m/s (Fig. 8) ; à 35,5° C pour Veff = 1,05 et Veff = 1,57 m/s (Fig. 9). On observe que la vitesse de séchage augmente légèrement avec Veff. Sur la figure 7, les courbes ont tendance à se confondre en fin de séchage où, aux vitesses effectives élevées de l'air, la formation d'une croûte superficielle ralentit le taux d'évaporation. Sur les figures 8 et 9, les courbes divergent très légèrement en fin de séchage. On a également observé un changement dans la nature de la chair du capelan, quand on travaille à une température de séchage supérieure à 35° C. Au-delà de cette valeur de la température, on peut considérer que le poisson est cuit. Enfin, l'examen de ces trois graphiques montre que, dans l'ensemble, les courbes sont beaucoup plus regroupées que sur les figures 5 et 6. L'effet de l'élévation de la température est donc plus significative que l'influence exercée par l'augmentation de la vitesse d'écoulement. -6- Figure 7 : Influe nce de la vite s s e e ffe ctive de l'air de s é chage chauffé à T e n = 30°C + m (%) 100 Veff=1,07m/s (Essai 09) 75 Veff=1,37m/s (Essai 17) 50 25 t (H) 0 0 3 6 9 12 15 Figure 8 : Influe nce de la vite s se e ffe ctive de l'air de sé chage maximale du courant d'air à l'entrée du tunnel de séchage et la température initiale du produit. Sur la figure 10 sont représentées, en fonction du temps de séchage, les variations de la teneur en eau Ws, de la température d'entrée de l'air Ten et de la température des tranches de poisson Tp, pour l'essai 30. On distingue trois parties caractéristiques sur la courbe Ws = Ws (t) : une zone OA sensiblement linéaire correspondant à une absence de chauffage de l'air , une zone AB présentant deux points d'inflexion traduisant une reprise d'eau par le poisson et, enfin, une zone sensiblement linéaire correspondant, comme la zone OA à une absence de chauffage. chauffé à T e n = 35 °C + m (%) W s (%) 100 Figure 10 : Evolution de s caracté ris tique s de l'e s s ai 30 Ten (°C ) 40 400 W s : teneur en eau du poisson O 75 Ten : température de l'air Veff=1,76 m/s (Essai 23) Ten 300 Veff=1,00 m/s (Essai 24) 50 A 30 Tp : température du poisson Tp 20 200 25 t (H) 0 0 2 4 6 8 100 10 B 10 Ws 0 0 0 5 t (heures) 10 15 Figure 9 : Influe nce de la vite s se e ffe ctive de l'air de sé chage chauffé à T e n = 35,5 °C + m (%) 100 Figure 11 : Evolution de la te ne ur e n e au W s du pois son Veff=1,57 m/s (Essai 28) W s (%) pour une te mpé rature d'e ntré e de l'air Te n variable Ten (°C ) 40 400 Veff=1,05 m/s (Essai 29) 75 Essai 31 50 Ten 300 Essai 32 30 Essai 33 25 t (H) 20 200 0 0 2 4 6 8 10 12 14 La température d'entrée de l'air varie au cours du temps La loi de variation fixée s'inspire des expériences menées sur un capteur solaire à air. Elle est simulée avec un programmateur à cames et tient compte des limites imposées par la nature fragile du poisson. La variation de température, bornée par l'intervalle [20 35 ° C], est obtenue quand la vitesse du courant d'air à vide n'excède pas 0,5 m/s. L'expérience montre que, lorsque la vitesse de l'air dépasse cette valeur limite, la loi idéale subit deux sortes de modifications : l'amplitude maximale de la courbe de température diminue de 1 à 1,5 °C et le sommet de la courbe est légèrement décalé vers les temps élevés, ce qui entraîne une rupture de la symétrie. Les diverses caractéristiques des 4 essais effectués sont regroupées dans le tableau IV dans lequel Tm et Tpi représentent respectivement la température J. Sarr et al / J. Sci. Vol. 3, N° 1 (2003) Ws 100 10 t (H ) 0 0 0 6 12 18 24 L'augmentation brutale de la température d'entrée de l'air accélère beaucoup la vitesse de séchage jusqu'à des teneurs en eau faible. Le début de la reprise d'eau correspond au moment où la température de surface du produit atteint son maximum et commence à baisser. Cette reprise d'eau, observée sur les quatre essais réalisés, est contrôlée par les propriétés de sorption du capelan. Les variations de la teneur en eau du poisson et de la température d'entrée de l'air, pour les essais 31, 32 et 33, sont regroupées sur la figure 11 qui montre nettement l'influence de l'épaisseur des tranches de poisson sur l'évolution du séchage. En effet, dans la période correspondant à la température d’entrée de l’air maximale, plus les tranches sont d’épaisseur faible, plus le séchage est rapide. Cette tendance est cependant légèrement tempérée par une plus grande -7- propension des tranches fines à reprendre de l’eau quand la température d’entrée de l’air de séchage Exp. n° 30 31 32 33 e cm 0,703 0,610 0,572 0,689 l cm 2,6 2,48 1,98 2,50 diminue assez rapidement. L V0 mi Tm Ta Tp, i Wh,i ψ cm m/s % g °C °C °C % 9,4 0,85 11 72,9 34 18,5 16 77,91 9,2 0,80 09,5 58,8 34,5 19,5 17 79,50 6,16 1,60 08 44,4 34 18,5 17 79,93 9,48 1,60 11 69,2 33,5 19 16 80,70 Tableau IV : Résultats des essais à Ten variable (Essais 30 à 33) ms g 16,1 12,05 08,91 13,36 Ws,eq % 4,85 4,35 3,84 4,84 CONCLUSION BIBILOGRAPHIE Bien que n'ayant pas étudié l'influence de l'humidité relative de l'air asséchant, nous pouvons dire, d'une façon générale, que la température de cet air détermine le taux d'évaporation. Le débit d'air, par ailleurs, a une influence complexe mais de faible importance. Les principaux risques auxquels sont exposées les tranches de poisson au cours du séchage sont de deux natures : la décomposition, conséquence d'un séchage trop lent et la formation d'une croûte superficielle semi-perméable due à un séchage initial trop rapide (la vitesse et l'humidité de l'air étant respectivement trop élevée et trop faible). Il convient dès lors, pour éliminer ces deux inconvénients, de travailler dans les conditions expérimentales suivantes : - utilisation de la température la plus élevée possible compatible avec la fragilité du produit : 35°C pour le capelan ; - utilisation d'air à humidité relative faible en début de séchage puis augmentation de cette humidité jusqu'à 60% au maximum en fin de séchage ; - pour assurer l'uniformité du séchage et par souci d'économie, il ne nous paraît pas nécessaire de manipuler au-delà de 1 m/s. Lorsque la température d'entrée de l'air Ten varie comme la température de sortie d'un insolateur, le taux d'évaporation augmente très rapidement avec Ten mais, dès que celle-ci atteint sa valeur limite et commence à baisser, le poisson réabsorbe une certaine quantité d'eau, ralentissant ainsi le séchage. Il est naturellement possible d'éviter la reprise d'eau en maintenant la température de l'air à sa valeur maximale dès qu'elle est atteinte, grâce à un chauffage d'appoint. Le séchage est alors globalement meilleur que lorsque les caractéristiques d'entrée de l'air sont constantes. Enfin, l'étude précédente montre que la vitesse de séchage, quel que soit l'instant considéré, n'est pas simplement déterminée soit par l'évaporation externe soit par les transferts internes. Sa valeur doit toujours dépendre des vitesses de chacun de ces processus. 1. LEGENDRE R. The artificial drying of salted fish by thermocouple control J. Fish. Res. Bd. Canada, 15 (4), pp. 543-554, 1958. 2. FOUGERE H. Le séchage artificiel du capelan frais J. Fish. Res. Bd. Com. 7 (4) 1948. 3. JASON A. C. A study of evaporation and diffusion processes in drying of fish muscle Fundamentals Aspects of the Dehydration of Foodstuffs pp. 103-135 Society of Chemical Industry, London (1958). 4. SARR J. Contribution à l’étude du séchage solaire du poisson en vue de son utilisation au Sénégal Thèse de Docteur de Spécialité Université de Perpignan (Octobre 1982). 5. QUINETTE J. Y. 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