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Tissages Tribaux du Maroc COLLECTION LUCIEN VIOLA Pour Philippe… pour ses 18 ans. Tissages Tribaux du Maroc aze<<a n iqbilen n lma$rib azetta n iqbilen n lmaghrib COLLECTION LUCIEN VIOLA Cette exposition est organisée, en avant–première de l’ouverture à Marrakech, l'an prochain, d’un musée privé qui présentera l’ensemble de ma collection de tissages marocains. Une vingtaine de tissages berbères est présentée ici. L’accent, comme dans toutes les expositions que j’ai organisées, est mis d’abord sur la beauté de ces tissages, qui témoignent du raffinement et de la grandeur d’un monde ancien, largement disparu aujourd’hui; et aussi sur le caractère tribal, que j'expliquerai plus loin. De grands tissages drapés, (haïk1a ou izar), des voiles portés sur la tête (adghar ou tadghart), et des bandeaux utilisés pour tenir ces voiles en place, des capes de mariées (handira) et d’autres tissages utilitaires tels que les sacs à grains (l’ahmel ou tellis) et des couvertures (hanbel) nous font découvrir l’art à part entière des tisserandes2a et tisserands berbères du Maroc2b. Pour les tissages publiés dans ce catalogue, une légende et un dessin de la pièce entière accompagnent chaque objet, ainsi qu’une photo, généralement d’un détail. L’origine du tissage est mentionnée : on précise la confédération, la tribu ou sous-tribu qui l’a confectionné, le nom du village, s’il est connu, la région géographique et les autres données permettant de situer l’objet dans son contexte. A la fin du catalogue se trouve une carte géographique indiquant les régions de diffusion de ces tissages. Sont présentées comme étant de “période ancienne”, les pièces datant d’avant le 20ème siècle; les autres sont datées plus précisément au 20ème siècle. Avant-propos En couverture : détail d'une Cape, handira, de la confédération Aït Seghrouchène du Sud, tribu Aït Mesrouh, Pl. 18. En dos de couverture : Détail d'un sac à grain l'ahmel Haut-Atlas, Pl. 2 Photographies : François Villeneuve et Lucien Viola, Marrakech Dessins : Sibylle Baltzer, Marrakech © Auteur et éditeur : Lucien Viola, Marrakech, Novembre 2007 E-mail : [email protected] Tél : +212 (0)61 14 55 95 Impression : Imprimerie Chatr, Marrakech, Tél: +212 (0)24 43 52 72 Le texte et les photos de ma collection que je publie ici, sont protégés par copyright. 7 Ces pièces n'étaient pas destinées au commerce, elles sont uniques et chacune a été confectonnée avec amour dans le respect de la tradition3a; ce sont des oeuvres d'art à part entière. Les Berbères, certes, sont de fervents croyants, mais l’animisme n’a pas chez eux complètement disparu: ils croient que tous les animaux, la nature et les objets qui les entourent sont animés par un esprit; c’est pourquoi ils ont doté de pouvoirs leurs tissages, pour contrer le mauvais œil et les forces maléfiques3b. Ces tissages décorés, pièces uniques, trouvaient tout leur sens durant certaines cérémonies et certains rituels tribaux. Cependant, tout en évoquant les croyances tribales et magiques de celles et ceux qui les ont créés, ils font naître en nous, du fait de la variété de leurs compositions et de leur liberté expressive, une émotion esthétique vraie. Il est plaisant de noter que certains amis, habitués à parler de “tapis”, continuent de me demander affectueusement, comme s’ils évoquaient un membre de ma famille: “comment va ta collection de tapis?” - alors qu’il s’agit d’une collection de tissages! Puisse cette exposition contribuer à les éclairer! Je remercie Jean-José Rieu, directeur de l’Institut français de Marrakech, qui a organisé cette première exposition d’anciens tissages berbères, le Haj Douch, pour son soutien de toujours, le peintre Sibylle Baltzer, pour ses beaux dessins des tissages, qui permettent de bien situer les détails photographiés, le photographe François Villeneuve, pour ses remarquables travaux, Moulay Chérif et Moulay Ismaïl Lamdaghri, qui m’ont fait connaître mes premiers tissages et les plus beaux, je salue la mémoire de leur père, Mohamed Lamdaghri, les bazaristes et fournisseurs, et Magid Oulad Slimane (Choukrad), Abderahmane El Bellaj, mon conservateur, avec qui je découvre encore les mystères de certains tissages, Alain Gorius, pour 8 son aide rédactionnelle et Christine Gorius pour m’avoir encouragé à exposer mes tissages, et surtout pour leur amitié, tous mes amis de Marrakech, d’ailleurs, notamment Danieli et Warsowie Lorenzano qui ont soutenu cette exposition et encouragé l’idée de l’ouverture prochaine d’un musée privé sur l’art ancien du Maroc, Eric Monteilhet pour son enthousiasme, Michel duc Vignes, Ahmed Skounti et Mustapha Hansali pour leur contribution, mon fils Philippe, sans qui je n’aurais pas vécu au Maroc, et qui m’a guidé durant toutes ces années, avec son instinct naturel pour la beauté, dans l’acquisition de mes tissages, aux tisserandes et tisserands berbères, enfin, créateurs de ces chefs-d'œuvre pleins de poésie et de modeste grandeur. Lucien Viola, Marrakech, Novembre 2007 Les tisserands de sacs à grains ont une grande liberté d’expression, qu’attestent leurs élégantes compositions aux dessins surprenants - et, parfois, d’une grande modernité. Les Berbères labourent leurs terres pour récolter, à la moisson, des céréales (blé, orge…) qu’ils déposent dans des sacs à grains, les tellis. Malgré la fonction utilitaire de ces sacs à poils ras, en laine et poils de chèvre, ce sont de vraies œuvres d’art. Les sacs répertoriés dans ce catalogue sont originaires du HautAtlas, mais ont été confectionnés par des tribus différentes. Ils étaient originellement cousus sur les côtés et sur la partie supérieure, mais sont à présent décousus et ouverts à plat, comme un tissage rectangulaire. Ces sacs devaient rester étanches et c’est grâce au mélange des laines et surtout des poils de chèvre, imperméables à l’eau, que les grains étaient conservés. Sur les deux chefs (extrémités) de ce sac (Pl. 1), le simple jeu des rayures horizontales noires qui se détachent visuellement du reste des bandes de tissus de récupération, aux tons rose saumon et bleu pâle rayé, de grisaille rayée et d’écru, crée un rythme de couleurs étonnant. La partie centrale, tissée de bandes entièrement réalisées en laine et poils de chèvre dans une symphonie de marron-noir, est rehaussée, sur les lisières, par quelques fines rayures en vannerie cordée de laine. Originaire de la même région, un autre sac à grains (Pl. 2 et dos de couverture) au décor très minimal est décoré de petits points en tremblé formant de fines bandes horizontales jaunes, sur la partie centrale, et de traits jaunes plus gras, en marge sur les lisières, qui se détachent sur un fond en un camaïeu de bruns. Composé, comme les précédents sacs à grains, de trois parties essentielles, le décor de celui-ci, qui provient aussi du Haut-Atlas, mais d’une autre tribu, dans la région d’Azilal (Pl. 3), est néanmoins bien différent; de larges rayures horizontales alternées, brun-noir et écru, décorent les extrémités de ce sac, alors que la grande partie centrale est décorée de fines rayures verticales serrées brun-noir et écru. Une tension est ainsi créée entre les rayures, les plans horizontaux et verticaux. Le tisserand a d’ailleurs voulu se surpasser puisque, après avoir terminé son tissage, il a rajouté des broderies en laine de tricot colorée sur les deux chefs, choisissant de représenter des rangées d’arbres aux contours généralement triangulaires sur la partie inférieure et des losanges sur la partie supérieure, qui sont probablement des arbres à l’horizon (?). Les arbres sont placés arbitrairement, comme dans la nature. Chez les Aït-Ouaouzguit du Haut-Atlas le vocabulaire n’est pas le même; la laine et les couleurs utilisées dans cette région sont très différentes. D’un aspect lustré et d’une texture soyeuse, cette laine aux longs fils (les moutons à la laine soyeuse et aux longues fibres brillantes appartiennent à la race berbère des Ait Barka)1 met en valeur la riche palette de couleurs et de teintes obtenue par ces maîtres coloristes. Ce sac (Pl. 7)2 de dimension moyenne, tissé selon la technique de la tapisserie à fentes, est décoré de bandes horizontales, dont certaines, en vannerie cordée, sont rehaussées de motifs noués sur un fond à poils ras. Dans la partie centrale, un jeu de textures remarquable est obtenu par le travail de la vannerie cordée écrue sur le fond noir; la complexité des dessins imaginés par la tisserande s’inscrit, pourrait-on dire, dans une tendance op art typique de cette région. L’akhnif, cape de berger, sorte de burnous, témoigne des grands jours de la vie pastorale des Berbères, éleveurs de troupeaux de moutons, de chèvres et même de dromadaires. Les capes avec capuchon de la région du Djbel Siroua, qui sont les plus connues, sont tissées d’une seule pièce; elles portent une sorte de demi-lune rouge-orangée sur le dos, et sont rehaussées de décors finement exécutés3. L’akhnif exposé ici appartient à une autre tribu, et il est d’une toute autre facture (Pl. 5). Non moins spectaculaire, mais certainement plus minimaliste, cet akhnif de la tribu Aït Bou Nour de l’AntiAtlas était porté par un jeune berger. Ces burnous ne sont 1 - W. Stanzer, Berbères : tapis de tribus et textiles du Maroc, collection R. Hersberger, H.Reinisch, 1991, Graz, p. 133. 2 - Ex. Collection W. Russell Pickering ,Washington D.C. 3 - Pour un akhnif du Djbel Siroua, voir Lucien Viola, Zarte Bande aus Morocco, Deutschen Textilmuseums Krefeld, Krefeld, 2000 pp.16-17. 9 pas tissés d’une seule pièce comme ceux du Djbel Sinoua, mais cousus. En revanche, ce tissage était conçu en une seule pièce, dont la longueur correspondait à la taille de la personne qui allait le porter. Une fois le tissage en laine rayée confectionné, des parties étaient découpées sur les côtés et cousus aux endroits voulus. De cette façon, le tisserand savait à l’avance où placer les dessins qui décoraient ces parties du tissage pour embellir la cape. Le capuchon, orné d’un gland et d’un pompon, avait été cousu avec ses bandes tissées à l’horizontale, uniquement sur son côté frontal, contrairement aux rayures verticales, filiformes, marron, grises et écrues sur le dos de la cape. Pour que le tissage ne s’abîme pas, les contours de la pièce entière étaient cousus, formant un ourlet. Cette façon de travailler (mis à part le tissage) évoque la technique des tailleurs citadins, qui utilisent un morceau de tissu correspondant aux mesures du client et le découpent pour en faire un costume “sur mesure”. Tissée par la même tribu, une couverture rayée, hanbel, était multifonctionnelle (Pl. 4). Elle servait, parfois, de couverture d’ameublement dans la maison, où elle était posée à même le sol à l’occasion de certaines fêtes ou réceptions. Les femmes pouvaient aussi porter ces mêmes hanbel, qui les enveloppaient jusqu’à la tête, se terminant probablement en une sorte de capuchon pointu, comme dans la région de Tiznit4 (plus à l’ouest). La simplicité et la grandeur de ces tissages soulignent l’instinct artistique d’une tribu douée d’un sens naturel de l’abstraction; les lignes élégamment disposées dans l’espace représentent, peut-être, des paysages ruraux. En contraste avec le hanbel précédant, cette couverture, ou revêtement d’ameublement, n’était jamais portée (Pl. 10)5. Appartenant à la tribu Beni M’Guild dans le Moyen-Atlas, le tisserand de ce hanbel utilise une riche palette de fils en couleurs, le vert, le jaune, l’orange, le rouge grenat, le bleu… 4 - Pour la façon du porter un hanbel similaire, voir Besancenot, Costumes du Maroc, Edisud, Aix-en-Provence, 1988, réédition, p. 172, Pl. 47. 5 - Voir un hanbel similaire, mais sans représentation de personnages, G.Blazek, Morrocan charm, Art of the Berber Tribes, The L. A. Mayer Museum for Islamic Art, Jerusalem, 2005, p.89, Pl. 45. 10 pour réaliser son tissage de laine, de coton et des fils de tricot en laine. Ici les formes géométriques imbriquées sont parfaitement définies. Losanges, triangles, hachures, cercles étoilés, lignes brisées en zigzags s’alignent en panneaux horizontaux, séparés par des franges apparentes en fils de coton. La présence d’une rangée de personnages levant les bras, perchés sur des losanges, et presque imperceptibles, n’est pas un motif habituel dans leur répertoire. Bien que la représentation humaine ne soit pas inconnue sur les tapis, elle est assez rare sur les anciens tissages à poils ras. En revanche, ceci n’est pas vrai pour les hanbel récents où il existe beaucoup de représentations humaines ou animales, qui sont évidentes. Dans l’Anti-Atlas, à l’occasion des mariages, la mère de la mariée tissait et offrait à sa fille un Izar, vêtement drapé sans couture, mesurant environ 4 m sur 1 m 20, en laine, que l’on nomme tafaout (habit de fête, plus fin) et un voile. Ce vêtement, pièce maîtresse du trousseau de la mariée, pouvait être porté après le mariage lors de certaines cérémonies. Ce tissu qui se drape sur le corps est retenu aux épaules par des fibules, tizerzai, et, à la taille, par une cordelière de laine tressée, takest. Un izar tafaout en laine et coton rayé de la tribu Ida ou Nadif est richement décoré (Pl. 8)6. Sur les lisières, des motifs brochés, en laine et en soie naturelle polychrome, sont tissés suivant la méthode de l’enroulement des fils de trame sur des rayures en coton, faisant apparaître en relief des dessins tribaux. La tisserande a choisi un fond de rayures en coton blanc pour tisser ses motifs, afin qu’ils apparaissent plus fins que s’ils avaient été tissés directement sur les rayures en laine (les points sont plus serrés sur coton que sur laine) et ressortent sur un fond blanc plus lumineux que la laine, qui est un peu plus jaune. Ces petites bandes décorées de dessins abstraits, mais chargés d’une symbolique tribale, apportaient confort, sécurité et protection contre tout mauvais esprit7. Une tribu voisine, Ida ou Kensous, partage un même répertoire de motifs, et aussi la croyance selon laquelle 6 - Voir exemple porté, p.15 et haïk Pl.6, 7, 8, et pp.14, 15, Lucien Viola, Points et Entrelacs, Broderies et Tissages du Maroc, Goethe Institut, Rabat, 1999. 7 - Pour la symbolique de ces tissages cf. supra, note 6, pp.16-17. le haïk est un être vivant : selon Fadma Hmad n’Aït Ettajari, la “bouche rouge” (longue rayure rouge sur les chefs) est l’ouverture par où le Izar se nourrit. Tout comme dans le Maroc berbère, le costume de la mariée et certaines coutumes romaines semblent s’être perpétués à travers le temps dans les montagnes berbères. Chez la mariée romaine8… «Elle enfilait d’abord une chemise blanche tissée sans couture – la tunica recta – qui était attachée avec une ceinture de laine… on posait ensuite sur sa tête un voile orangé, le flammeum, et parfois, sur le voile, une couronne de fleurs, qui rappelle notre couronne de fleurs d’oranger… La mariée pouvait aussi porter des bijoux,… Elle revêtait ensuite un châle blanc-jaune (cape), la palla, et chaussait des sandales…». Les Romains avaient aussi des rites pour éloigner les mauvais sorts «… tout un arsenal symbolique conspirait à assurer le bonheur et éloigner de lui le mauvais sort… à l’approche de la maison du marié, l’époux jetait des noix aux enfants qui avaient suivi la procession… le bruit joyeux qu’elles faisaient en tombant lui promettait chance et fertilité…» Dans les tribus de l’Anti-Atlas, le voile berbère (qui n’a aucune connotation religieuse) était uniquement porté par des femmes mariées ou par la mariée durant son mariage, mais jamais par des filles non mariées; il était porté noué sur la tête ou retenu par un bandeau. Habituellement, la mère de la mariée confectionnait, sur un métier à tisser vertical, un voile très fin sur lequel elle formait des motifs en relief, en coton, utilisant la technique d’enroulement des fils de trame, dans la matrice du tissu en laine9. Une fois ces voiles sortis du métier à tisser, le henné, plante tinctoriale à propriétés bénéfiques, protectrice et magique par excellence, était appliqué sur les voiles. Le henné teint tous les fils de laine en brun, mais ne colore pas les fils de coton qui restent blancs, comme par magie ! Ces tisserandes utilisent le mélange de henné obtenu (feuilles de henné écrasées avec un peu d’eau et du jus de grenade bouilli) pour tracer avec les doigts leurs dessins sur les gran8 - Voir le costume de la mariée romaine sur Internet, article sur la civilisation romaine dans les Collections du Louvre : Le Mariage. 9 - Pour des voiles similaires cf. supra, note 6, pp. 28, 29, Pl. 16, 17. des surfaces des tissages. Elles utilisent également des tiges en bois pour tracer les lignes et les détails plus fins. Le henné est strictement réservé aux femmes, et strictement interdit aux hommes. Il existe à l’Institut du Monde Arabe des photostémoins (prises par Jean Besancenot dans les années 1934– 1939) montrant des femmes portant un voile similaire à celui qui est reproduit dans ce catalogue (Pl. 9). Chez les Berbères ce voile est nommé adghar bouikiyade, voile aux glands. C’est un grand carré en laine à quatre glands; deux carrés, à l’intérieur sur les chefs, sont peints au henné, plusieurs fois, afin d’obtenir l’intensité de couleur recherchée (voir auréoles sur les bords, témoins d’une première application de henné); ils sont décorés de motifs blancs en coton représentant des chaînettes (à bijoux ?). Le carré de henné est appelé aqemlil (en berbère, gifle : il s’agit, bien entendu, d’une gifle symbolique). Cette "gifle" implique qu’une main s’est posée à cet endroit sur le tissage, conférant peut-être ainsi à la jeune mariée une protection, celle de la khamsa, la main de Fatima. C’est en fait ce carré qui est posé sur la tête et le front des femmes. Un des carrés au henné est revêtu d’un dessin contre le mauvais œil, foulat el khamsa, à l’intérieur d’une chaînette qui se portait sur le front de la mariée10. Un autre voile de cérémonie en laine rayée de coton, de l’Anti-Atlas central, porte une empreinte peinte, aussi à plusieurs reprises au henné, représentant le soleil, tafoukt (Pl. 6)11. Le côté horizontal, où est représenté ce demi soleil (lever ou coucher du soleil à l’horizon), était en contact avec la tête (traces d’usure visibles). Le motif soleil est, en partie, voilé par des bandes verticales en coton blanc, comme dans la nature. Sur les chefs, quelques petites rayures en couleur sont tissées sur la matrice du tissage et se terminent à leurs extrémités par des pompons; ils représentent pour les Berbères des fleurs qui éclosent, taouchkint. Voilà un voile plein de vie et de poésie, de soleil et de fleurs! 10 - J’ai observé que sur un des chefs où se trouve le carré de henné, décoré de la foulat el khamsa , une grande usure de laine est très visible, indiquant clairement que c’était bien ce côté, et pas l’autre, qui était posé sur la tête et le front de la mariée. 11 - Voir exemple similaire cf. supra, note 3, pp. 40-41, Pl. 25. 11 Dans l’Anti-Atlas occidental, la tribu montagnarde des Aït Abdallah, dont les villages sont situés jusqu’à 2000 mètres d’altitude, utilise une autre méthode pour décorer leurs voiles de mariée : certains voiles rectangulaires à quatre gros pompons (Pl. 11) étaient tissés sur une moitié, avec des motifs en forme de longs pics, en laine plus foncée que sur le reste du tissage, de couleur écrue naturelle. La moitié de ces grands voiles rectangulaires, celle qui comportait la partie tissée avec des fils plus foncés, était teinte par des hommes12, nouée et trempée, sur sa longueur, dans un mélange de teintes sombres. Etaient obtenues, ainsi, des parties plus foncées pour les endroits tissés d’une laine plus foncée, en forme de pics. Ces pics sont peut-être une représentation des montagnes environnantes. Après lavage et séchage du voile, les femmes, durant une cérémonie rituelle qui servait à protéger la mariée, traçaient une bande étroite de henné sur la charnière séparant la partie teinte de la partie écrue. Hommes et femmes contribuaient à la confection de ces voiles. Finalement, durant les cérémonies, on relevait et nouait les quatre coins et les gros pompons de cet adghar, qui semblaient frétiller, d’une façon très pittoresque, sur la tête de la mariée, surtout lorsqu’elle se déplaçait13. Sur les autres parties du tissage restées écrues, les femmes traçaient avec des bâtonnets un réseau de longs traits au henné et terminaient leurs dessins de quelques petites touches appliquées avec leurs doigts. Comme sur ce voile, les femmes pouvaient aussi ajouter des paillettes, mozouna (objets qui ont une surface qui reflète et qui renvoie le mauvais œil). L’effet graphique de ces voiles est vraiment sublime. On remarque que le dessin formé par les espaces noircis et la résille de henné laisse apparaître, tel un Vasarely, le chiffre 88 (en arabe, tamania o tamanine). Ainsi les appelait-on d’ailleurs dans les souks de Marrakech. Chez les Berbères la broderie était plus souvent pratiquée par les hommes que par les femmes. La broderie berbère diffère de la citadine arabe, qui est essentiellement l’affaire des femmes, généralement des jeunes filles. Nous connaissons peu de choses de la broderie berbère, et ces maîtres-artisans qui ont, à présent, pour la plupart disparus. Un de ces maîtres-brodeurs vivait dans le Haut-Atlas; je n’ai malheureusement pas réussi à le rencontrer car j’avais concentré mes recherches “in situ” dans l’Anti-Atlas, et il est mort entre-temps. Il avait confectionné de très belles broderies sur des voiles à fond noir. Dans ces villages, beaucoup de maîtres-brodeurs étaient des juifs berUn voile de mariée, tarredat, du Nord-Est du Maroc, de la bères, qui ont transmis leur savoir-faire à ces maâllem15. confédération des Beni-Ouarain, du Moyen-Atlas, tribu de Ahl Telt ou Ahl Taïda, est tissé avec une laine particulièrement Ces voiles noirs étaient réalisés sur une légère cotonnade insoyeuse et, parfois, décoré avec des rayures en lin ou en co- dustrielle importée servant de fond à la broderie (Pl. 14-15). ton14 (Pl. 12). Ces voiles, généralement carrés, sont ornés de Parfois, lorsque le tissu était assez long, le brodeur pliait une franges sur les chefs et sont teints selon la technique de teinte partie de 6 à 8 cm sur trois côtés qu’il cousait légèrement d’un sur “réserves”. Après avoir noué et trempé certaines parties du fil de coton noir, pour faire un large pli. Cette double épaisseur tissage dans une teinte noire, et après séchage, on appliquait était nécessaire pour bien maintenir en place les fils brodés. du henné aux mêmes endroits déjà teints, à plusieurs reprises, C’est sur cette double épaisseur, comme le faisaient les arpour couvrir les contours noirs, qui présentaient parfois des tisans de cuir, que le brodeur greffait ses dessins avec des fils imperfections, et en même temps pour compléter le dessin. en soie naturelle polychrome qui rayonnaient sur le fond noir et mat. D’autres fois, si la cotonnade noire n’était pas assez 12 - Voir exemples de voiles similaires, Lucien Viola, Tadghart, Magie des voiles de cérélongue, ou s’il fallait décorer des bandes sur la partie centrale monie berbères, p. 6, Pl.1, 2, 3, 4, 5, édition Lucien Viola, Karlsruhe, 2001. Chez les Berbères, la teinture se faisait habituellement par des hommes, comme, aussi, chez les Ida ou du voile, le brodeur découpait des morceaux de cette coZeddoute, tribu de l’Anti-Atlas, sur les voiles de mariée, teints en noir, rouge et jaune, cf. supra Tadghart, Pl.6, 7 et pp 6-7. 13 - Pour une illustration de femme portant ce genre de voile, voir, cf. supra, note 4, p. 169, Pl. 42. 14 - Autre exemple de ce voile, cf. supra, note 3, pp. 54-55 et Pl. 40, 41, 42. 12 15 - Sur les brodeurs juifs berbères, cf. supra, note 3b. tonnade et les cousait sur le verso pour lui donner une double épaisseur, sur laquelle il pouvait plus facilement broder. Lorsqu’il avait terminé, il ajoutait des franges de soie naturelle qui se terminaient en fleurettes multicolores, en bordure des parties brodées. Ces voiles étaient maintenus sur la tête par un cordon, le khit, à présent disparu (mais qui a laissé une trace d’usure sur un coin); les franges ornaient et encadraient le visage, comme un bouquet de fleurs, la broderie centrale ornait le front. Lorsqu’il n’y avait pas de khit, des bandeaux servaient à tenir le voile. Deux bandeaux de laine, d’une autre tribu (région de Foum Zguid, dans le sud du Haut-Atlas central) servaient à maintenir les voiles de mariées takenboucht16. Ces deux bandeaux sont tissés de la même façon, mais la technique utilisée pour leur décoration est différente. Le premier (Pl. 13A), qui est tissé et rayé, en laine et coton perlé, a été teint sur “réserves”. Le coloriste a d’abord trempé le tissage entier dans une teinte orangée. Après séchage, il a noué la partie centrale qu’il a trempée dans une teinte rouge. Finalement, il a noué une grande partie des extrémités en les trempant dans une autre couleur, indéterminée (probablement du noir) qui a donné un vert pâle sur une partie des franges. Un autre style de décoration, sans teinture, était utilisé sur d’autres bandeaux de la même tribu, tissés également en laine et coton rayé. Sur ces bandeaux, celui-ci par exemple (Pl. 13B), on rajoutait parfois sur certains motifs, quelques fils colorés en soie végétale (la sabra ancienne), qui animaient la composition17. Deux motifs brochés en coton représentent des fibules, alors que d’autres sont des groupes de chaînettes, des éléments de bijoux et des motifs géométriques. de l’exigence sur la longueur de la pièce et de sa décoration. Certaines handira étaient portées quotidiennement, alors que d’autres étaient réservées à des cérémonies de mariage18. Elles étaient fréquemment jetées sur les épaules et attachées par deux cordelières, ou avec les cordelières sous les bras; ou encore, en forme de drapé, elles servaient à envelopper un bébé sur le dos de sa mère19. Une rare cape du Haut-Atlas (Pl.16), de la tribu des Aït Atta du Djbel Saghro, tissée en laine et coton rayé, est décorée avec de larges bandes polychromes. La partie centrale est richement rehaussée par d’imposants motifs brochés sur les lisières, qui représentent probablement des éléments de bijoux ou de fibules. Des fils en coton noués sont fréquemment tissés sur le verso, durant le tissage; ils forment, avec quelques longs fils de laine tissés, des franges servant non seulement à embellir cette cape, mais aussi à protéger du froid. Une autre cape en laine et coton, de la même tribu que la précédente, est aussi élégante, mais avec une décoration maniériste (Pl.17). Elle porte une chaîne fantastiquement longue, aux couleurs vives et changeantes, qui se déploie sur toute sa longueur pour se terminer, sur la partie inférieure, face à une petite fibule. Les lisières sont rehaussées de franges en fils de coton noués. Trois rayures transversales et quelques petits dessins géométriques décorent le reste de la surface de cette handira. Les capes handira, ou petits manteaux, figurent parmi les parures les plus importantes du costume féminin. Elles étaient portées à certaines occasions et de manière différente - tout dépendait de la tribu, de l’usage auquel elles étaient destinées, Une cape (Pl. 18 et en couverture) de la tribu Aït Mesrouh, de la confédération des Aït Seghrouchen du Sud, rayée en laine et coton, porte une multitude de petits motifs brochés sur les rayures transversales, aux très beaux coloris confondus en camaïeux de marron, vert et bleu. Des fils en laine, coton et fils de tricot en laine ont été rajoutés sur le verso après la confection du tissage. L’élégance suprême de cette cape réside, aussi, dans le fait que les motifs brochés, réservés sur la partie centrale, sont encadrés par les deux cordelières. Quand elle était portée, les motifs brochés étaient visibles sur le dos, alors que les parties uniquement rayées se rabattaient sur la poitrine. 16 - Pour un exemple de takenboucht, cf. supra, note 12, p. 6 et Pl. 19. 17 - Il faut distinguer entre la soie actuellement fabriquée à base d’une matière plastique et cette sabra ancienne, végétale. 18 - Elles avaient aussi des noms différents suivant leurs utilisations. 19 - Voir une cape d’une autre tribu du Moyen-Atlas, enroulant un bébé sur le dos de sa maman. cf. supra note 4, p. 188 et Pl. 21. 13 Les tissages de l’Anti-Atlas de la tribu des Aït Ouafka sont très particuliers (Pl. 19-20). Une majestueuse handira rayée en laine et coton est remarquable par la finesse de son tissage, la qualité soyeuse et lumineuse de sa laine et l’utilisation d’une palette de teintes pour la soie aux coloris très doux. Les motifs, qui sont entièrement tissés en soie naturelle sur cette handira, m’ont toujours intrigué. Intéressé par la sémiologie des représentations berbères sur ces tissages, j’ai souvent demandé, dans les villages berbères, à des femmes d’un certain âge, gardiennes de la mémoire et de la tradition, la signification de certains motifs. Ceci dit, il ne faut jamais poser de questions aux femmes berbères sur la signification des représentations sur ces tissages, sauf si l’on veut entendre ce qu’on a envie de croire. Il faut les laisser nous donner la signification de certains motifs, seulement quand et si elles le désirent. Certaines nous diront que, si elles nous donnaient la signification des motifs représentés, le tissage perdrait sa valeur magique et ne pourrait plus protéger la femme qui le porte. Dans les tribus de l’Anti-Atlas central, chez les Ida ou Kensous, les motifs symboliques de certains motifs (par exemple de longs traits aux segments formés par des lignes parallèles), représentent le ver à soie, tamrillout, en berbère. Sur notre handira (Pl. 19) de la tribu Aït Ouafka, certains motifs sont aussi de forme oblongue, segmentés et parfois surmontés par un pompon sur une des ses extrémités ou sur les deux. Ces motifs représentent, très probablement, des vers à soie (doudate el kozz, en arabe). Des motifs similaires, munis de lignes en zigzag, et qui sont, peut-être, des pattes (?), nous donnent, vraiment, l’impression d’être animés par un mouvement20. D’autres formes oblongues, similaires aux précédentes, recouvertes d’une sorte de très fin duvet, peuvent représenter des chenilles; il s’agirait dans ce cas du bombyx du mûrier. Pour compléter ce cycle du ver à soie, on remarque sur le champ du tissage, isolé, le motif d’un “papillon” aux ailes délicatement déployées et aux couleurs pastel. Est-ce une allégorie des cycles de la vie? Y avait-il un élevage de vers à soie et des mûriers blancs dans cette région? Il est curieux, quand même, de retrouver sur beaucoup de tissages de 20 - Pour la notion du mouvement voir Bruno Barbatti, Tapis berbères du Maroc, ACR, Editions, 2006, p. 148 et Pl. 16 . 25 14 cette tribu une utilisation, si fréquente, de soie naturelle dans leur décoration et la représentation du motif du ver à soie dans leur répertoire habituel. Toujours dans la tribu Aït Ouafka, de longs voiles de mariée, avec deux gros pompons, étaient portés sur la tête par des femmes appartenant à la grande confrérie religieuse, les “Mourabitine” (Pl. 20). Ces fastueux tissages, typiques de la grande société du sud marocain, étaient utilisés lors des mariage et durant les cérémonies. De grandes brodeuses, maâllema effectuaient l’extraordinaire décoration sur ces voiles. Les fils utilisés étaient en soie naturelle, aux riches coloris pastel et d’une texture lumineuse. Le point de broderie en coton blanc, utilisé sur les parties qui délimitent la surface décorée, est similaire à celui qui était utilisé par les brodeurs juifs berbères de l’AntiAtlas et les artisans du Rif dans la confection des babouches, chaussures et sacs en cuir. Les motifs brodés représentent des éléments de bijoux, comme des pendentifs, des plaques, des chaînes... En fait, la décoration brodée sur ce voile évoque une formidable parure frontale en argent, et imite même la couleur des émaux et des verreries que l’on voit sur les bijoux, en utilisant des fils de soie naturelle aux couleurs argent, rouge grenat et vert pâle, aux reflets lumineux. Sur les coins, des morceaux de tissus en laine sont cousus, en application, formant des dessins différents. Cette laine rajoutée et cousue a été visiblement grattée sur sa surface et traitée, comme le font les artisans pour le cuir, afin qu’elle reste bien aplatie et ne s’abîme pas. Cette technique d’application de toile de laine grattée sur les tissages a été largement utilisée durant la période mamelouke en Egypte aux XIVème et XVème siècles, pour décorer des blasons d’échansons et des médaillons armoriaux circulaires portant, parfois, le titre de sultan21. Lucien Viola, Marrakech, Novembre 2007 21 - Pour cette technique, voir ldes blasons mamelouke, Tissus d’Egypte , Collection Bouvier, Editions de l’Albaron, Société Présence du Livre, 1993, pp. 296-299 et Pl. 190, 191, 192, 194. Pl. 1 Pl. 2 Sac à grains, l’ahmel ou tellis Sac à grains, l’ahmel ou tellis Laine, poils de chèvre, tissus commercial de récupération, boucharrouite Voir aussi photo en dos de couverture. Tissage rayé, à poils ras 2 m 82 x 1 m 52 Haut - Atlas Vers 1950. Laine et poils de chèvre Tissage rayé, à poils ras 2 m 45 x 1 m 24 Haut-Atlas Vers 1950 Pl. 3 Pl. 4 Sac à grains, l’ahmel ou tellis Couverture, hanbel Laine et coton orange Laine et poils de chèvre Tissage rayé, à poil ras, broderies en laine de tricot 3 m 40 x 1 m 30 Haut-Atlas, région d’Azilal Vers 1950. Tissage rayé 2 m 21 x 1 m 06 Anti-Atlas, tribu Aït Bou Nour vers 1950. Pl. 5 Pl. 6 Cape de jeune berger, akhnif Voile de cérémonie, tadghart Laine Tissage rayé, tissé en un morceau, puis découpé et cousu Empreinte au henné, Soleil, tafoukt Laine, coton, soie naturelle Tissage rayé et broché, technique d’enroulement des fils de trame Anti - Atlas, Igherman, Ilmghartim Période ancienne (avant le 20ème siècle) 96 cm x 1 m 73 Anti-Atlas, tribu Aït Bou Nour Vers 1950. Pl. 7 Pl. 8 Sac Grand drapé de cérémonie, haïk ou izar Laine Tissage rayé et broché, à poils ras, quelques motifs en haute laine sur vannerie cordée; technique de la tapisserie à fentes Laine, coton, soie naturelle Tissage rayé broché, technique d’enroulement des fils de trame Confédération Aït Ouaouzguite, région Djbel Siroua Début du 20ème siècle. 3 m 52 x 1 m 21 Anti-Atlas, tribu Ida ou Nadif. Période ancienne (avant le 20ème siècle). Pl. 9 Pl. 10 Voile de cérémonie, à quatre glands. Adghar bouikiyade Couverture, hanbel Laine, coton et fils de tricot en laine Tissage rayé Empreinte peinte au henné Carré = aquemlil = gifle symbolique Laine, coton, tissage broché, technique d’enroulement des fils de trame. 88 x 93 cm Anti-Atlas, tribu Ida ou Nadif. Période ancienne (avant le 20ème siècle). 2 m 40 x 1 m 41 Moyen-Atlas, Tribu Beni M’guild Fin 19ème, début 20ème siècles. Pl. 11 Pl. 12 Voile de cérémonie de mariée Voile, tarredat “88” tamania o tamanine Laine naturelle écrue et foncée Tissage teint en noir et peint au henné sur “réserves” avec motifs en forme de pics Laine et coton Tissage teint en noir sur “réserves” et peint au henné 1 m 35 x 82 cm Anti-Atlas occidental, tribu Aït-Abdallah Période ancienne (avant le 20ème siècle). 93 x 98cm Nord - Est du Moyen - Atlas, confédération Beni Ouarain, tribus Ahl Telt / Ahl Taïda Vers 1950. Pl. 13a Pl. 13b Pl. 14 Bandeau de tête Bandeau de tête Voile Laine, coton perlé; tissage rayé et broché Tissage teint sur “réserves” Technique d’enroulement des fils de trame Laine, coton et soie végétale, sabra ancienne Tissage rayé et broché Technique d’enroulement des fils de trame Cotonnade industrielle noire et soie naturelle Tissu cousu et brodé 86 x 14,5 cm Vers 1950 Sud du Haut-Atlas central, région de Foum Zguid. 80 cm x 15 cm Vers 1920 Sud du Haut - Atlas central, région de Foum zguid. Haut-Atlas 70 x 71 cm Période ancienne (avant le 20ème siècle). Pl. 15 Pl. 16 Voile Cape, handira Cotonnade industrielle noire et soie naturelle Laine et coton, Tissu cousu et brodé 66 cm x 76 cm Haut-Atlas Début 20ème siècle. Tissage rayé et broché, fils noués Technique d’enroulement des fils de trame 1m 82 x 1m 21 Haut-Atlas,tribu Aït Atta, Djbel Saghro Période ancienne (avant le 20ème siècle). Pl. 17 Pl. 18 Cape, handira, à la fibule Cape, handira Laine et coton Tissage rayé et broché, technique d’enroulement des fils de trame, fils en coton noués 1m 06 x 1m 50 Haut-Atlas, tribu Aït Atta Période ancienne(avant le 20ème siècle). Voir aussi photo en couverture. Laine et coton Tissage rayé et broché Technique d’enroulement des fils de trame 1m 82 x 1m 21 Haut-Atlas Confédération Aït Seghrouchène du Sud, tribu Aït Mesrouh Fin 19ème, début du 20ème siècles Pl. 20 Grand voile de mariée, avec deux gros pompons Laine, coton et soie naturelle Tissage rayé broché avec applications de laine grattée 1 m 36 x 98 cm Anti-Atlas occidental, tribu Aït Ouafka Période ancienne (avant le 20ème siècle). Carte géographique : régions, confédérations, tribus et sous-tribus du Maroc Moyen-Atlas 1 - Confédération Beni Ouarin, tribu Ahl Taida 2 - Confédération Beni Ouarin, tribu Ahl Telt 2A - Tribu Beni M'Guild Haut-Atlas (Djbel Siroua) et Régions 3 - Confédération Aït Ouaouzguit, région Djbel Siroua 4 - Tribu Aït Hadiddou 1 5 - Tribu Aït Atta 2 6 - Région de Foum Zguid 2A A 6A - Région de Azilal 6B - Confédération Aït Seghrouchène du Sud, Tribu Aït Mesrouh O Y M 6B 7 - Tribu Ida ou Zeddoute 9 - Tribu Ida ou Kensous A H 10 - Ighermen, Ilmghartine 11 - Tribu El Feija, Imin'Tatelt 14 - Tribu Aït Tafraoute 15 - Tribu Aït Bou Nour 16 - Tribu Aït Ouafka 17 - Tribu Aït Mejjat 4 6A 8 - Tribu Ida ou Nadif 13 - Tribu Aït Abdallah L N E Anti-Atlas 12 - Tribu Tagmoute T A N 14 16 17 T L A A T I - 11 8 10 12 15 3 S 7 13 9 A T U 6 5 T L A S A S