Librairie Siloë-lis

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Librairie Siloë-lis
Librairie Siloë-lis
(2 magasins à Nantes)
Numéro 10
Octobre 2012
2 bis, rue Georges Clémenceau
44000 Nantes
Tél. 02 40 74 39 05
7, rue Ange Guépin
44000 Nantes
Tél. 02 40 89 11 18
1
TITRE : Trois femmes debout.
AUTEUR : Marie-Hélène Puiffe.
EDITIONS : Editions Thélès 2012.
PAGES : 101.
PRIX : 13 €.
M
arie-Hélène Puiffe donne la parole à trois
religieuses françaises parties vivre en
Algérie dès 1950 et retrace, à travers leurs
témoignages, un demi-siècle de l’histoire de ce
pays.
Hélène, Marie-Noël et Thérèse-Martine. Trois
femmes debout comme les qualifie l’auteure, trois
personnalités déterminées dont le destin commun
aura été d’oser la rencontre avec l’autre, par-delà
les différences culturelles et religieuses.
Très jeunes, elles manifestent le désir de partir
pour « se mettre au service des autres mais
ailleurs ». Un appel qui les conduira à devenir
religieuses missionnaires en Algérie, alors colonie
française depuis le XIXe siècle. L’Algérie fut le
choix de leur congrégation et non le leur, car elles
« rêvaient de partir chez des gens plus lointains, de
ne pas rester dans un milieu en contact avec [leur]
civilisation ».
Et pourtant…. A leur arrivée, elles ont tout à
découvrir, à commencer par la langue arabe qui va
leur permettre de rentrer en relation avec la
population algérienne. Dans un pays marqué par la
présence française, jamais elles ne cèdent à la
facilité du repli communautaire mais au contraire
cherchent à aller vers celles et ceux qui pensent ou
vivent autrement. Faisant preuve d’une grande
capacité d’adaptation, elles sont là où les besoins
se font les plus pressants, dans les hôpitaux ou les
centres de distribution de lait, dans les villages
reculés auprès des populations les plus pauvres ou
les écoles pour enseigner et transmettre.
Respectueuses d’un Islam tolérant, « porteur de
valeurs humaines universelles, elles n’ont pas le
souci d’amener l’homme vers une religion mais de
l’accompagner dans la sienne ». Convertir n‘est
pas leur but. Ce qu’elles souhaitent, c’est donner
aux gens les moyens de s’élever, d’acquérir des
compétences pour continuer le chemin sans elles.
En pleine tourmente, pendant les années de guerre,
elles poursuivent ce qu’elles ont entrepris, sans
fléchir devant le danger, sans prendre de risques
inconsidérés non plus. Elles sont là et seront
encore là dans la nouvelle Algérie indépendante. A
leur juste place, toujours.
La forme très vivante de cet ouvrage où la parole
des religieuses et les commentaires de l’auteure se
répondent le rend très agréable à lire. Le contexte
historique et politique, dans ses grandes lignes, est
très clairement restitué. St Augustin est souvent
cité mais aussi Pierre Claverie et le cardinal Duval.
Des religieux qui ont su vivre leur foi dans une
grande ouverture.
Ce texte, sans jamais être écrasant ni moralisant,
nous souffle sans ostentation que c’est dans l’élan
vers l‘autre, dans la prise de risque, que toute vie
acquiert sa pleine humanité.
Hélène Tournerie, Libraire.
Siloë-lis
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2
TITRE : L’étrange rêve d’une femme inachevée.
AUTEURS : Libar M. Fofana.
EDITIONS : Gallimard, Continents noirs,2012.
PAGES : 190.
PRIX : 17 € 50.
’auteur, guinéen, conte l’histoire de deux
jeunes filles aux destins confondus, deux
personnages entremêlés dans un même corps.
L
Comme deux aveugles qui cherchent à tâtons,
vous vous êtes trouvées. Vous avez décidé
ensemble de chercher la lumière… »
Vous imaginez : en Afrique, dans une case,
naissent deux sœurs siamoises, Hawa et
Toumbou. Ce sont des « monstres » qu’on
n’approche guère. Leur mère est morte en
couche, le père, par peur d’affronter l’infamie,
fuit le village. Des villageois veulent tuer ces
monstres, mais ils ont peur de la colère des
dieux. Les fillettes seront élevées par une
femme, Saran, disponible pour répandre son
amour.
Comment fait-on quand on est différentes à ce
point ? Est-ce qu’il faut l’accepter, le rejeter,
est ce qu’on peut être aimées ? Oui, comment
cela se passe ? Est-ce qu’on a envie de devenir
« normal » ?
Hawa dont le corps est presque normal est
d’une beauté exceptionnelle, Toumbou, perçue
comme un monstre, est diaboliquement
intelligente. « Son cerveau était un peu ses
jambes elle avait une intelligence remarquable,
de la répartie et un humour irrévérencieux. »
La première rêve d’amour, la seconde de
devenir ministre. Or, comment avoir un avenir
propre quand on est liées à ce point ?
C’est un livre qu’on ne quitte plus. Deux
jeunes filles enchaînées à un destin commun.
Leur famille va les cacher. Elles vont grandir ;
ce n’est pas évident de rester cachées et de
vouloir sortir, découvrir le monde.
« Cette quête d’identité était en réalité une
quête de place. Quelle place ai-je dans ce
monde ? Les places, elles le voyaient bien,
étaient attribuées par les autres, les gens en
place, selon les critères de qualités esthétiques,
morales, de nom ou de fortune, dont elles ne
pouvaient se prévaloir. Se sentant rejetées,
elles se rapprochèrent l’une de l’autre… Cette
alliance tacite modifia la nature de leur
lien…..Elles se retrouvèrent enchaînées à un
destin commun. »
C’est presque un livre philosophique pour
toutes les générations d’âges. Une histoire très
forte, drôle, cruelle, d’une grande humanité.
Libar Fofana est un conteur hors pair….
Ce livre à reçu le magnifique prix Etonnants
voyageurs 2012.
Jocelyne Noblet, libraire.
« Vous étiez deux anges perdus dans
l’obscurité d’un ventre pas encore mûr.
3
TITRE : Si je dis Credo.
AUTEURS : Maurice Bellet.
EDITIONS : Editions Bayard S2012.
PAGES : 141.
PRIX : 15 €.
.
peut être aujourd'hui la pertinence et
Q uelle
la force de ce petit texte vieux de presque
deux mille ans : "Je crois en Dieu..." ?
Est-ce un texte doctrinal, un poème, une
construction de l’esprit ?
Qui sont ceux qui le disent ? Que font-ils ?
Que disent-ils d'eux mêmes, de l'Eglise, du
monde, de leur relation à Dieu ?
A travers ces questions, Maurice Bellet
déploie, dans son dernier livre, une longue
méditation, mettant en parallèle deux
interrogations :
S’'interrogeant sur le credo, l’auteur engage
une longue méditation sur le sens du credo, en
le déployant dans toutes ses formules. Il
interroge les mots choisis à une époque et se
questionne sur leur actualité. Reprenant phrase
après phrase, il veut dépasser la conception du
credo comme une affirmation de dogmes
théologiques. Il se laisse déconcerter par des
formules qui semblent évidentes à force de les
répéter. Pour lui, elles sont plutôt
"déconcertantes" (cf.p. 60/61). Le credo est
"un déploiement de la logique de cet amour-là
" (cf. p.32) : l'amour infini du Dieu Père, Fils
et Esprit de l'Evangile.
Il s'interroge aussi sur la place du croyant qui
dit ce texte. L'auteur expose plusieurs
attitudes. Il dénonce en particulier les limites
de l'une d'entre elles, la simple récitation... :
"obéissance et soumission ... scandale pour
notre raison" (Cf. p.36). En exposant les
limites de celle-ci, il refuse d'en rester à cette
attitude. Par son exigence critique, il revient
sur trois principes fondamentaux, précédents le
Credo : l'Evangile (la source et le Parole de
Dieu), le sens (donné par chacun à travers son
existence et qui fera écho aux paroles du
credo) et la relation (de l'homme à Dieu).
Cette méditation conduit Maurice Bellet à
revoir la position du croyant : le "Je" du credo.
Le credo-texte-récité peut devenir parole-acteengagé, grâce à ce "je" critique, à l'écoute de la
Parole et à son engagement comme réponse à
cette parole. Le croyant ose à son tour une
parole forte "en" et "vers" Dieu. Cette
découverte est "inouïe". Le "je" répond par un
acte de foi à l'amour de Dieu. Cet acte est luimême déploiement d'un désir d'aimer, de
chemin vers la vérité.
Cette démarche critique de Maurice Bellet
permet vraiment de se questionner sur le
rapport à l'Eglise, à Dieu. De manière plus
philosophique et spirituelle, cette analyse
permet de reconsidérer le rapport du chrétien à
la Parole de l'(A)autre et à sa propre parole.
L'attention portée à cette parole peut donner
naissance à un éveil, une rencontre, et même
provoquer un vrai bouleversement !
Jean-Marie Pavageau, libraire.
4
TITRE : Le Carnet de Roger.
AUTEURS : Florent Silloray.
EDITIONS : BD Sarbacane, 2011.
PAGES : 360.
PRIX : 25 €.
N
ous sommes en 1939 ; Roger, maraîcher
à Saint Sébastien sur Loire dans la
périphérie nantaise, est mobilisé. Il quitte son
village de Douet, sa mère et sa fiancée,
Suzanne. Huit mois passent, il est arrêté dans
les Ardennes et fait prisonnier…
Soixante ans plus tard, Florent, après la mort
de son grand-père Roger, découvre le vieux
carnet intime qu’il a tenu entre 1939 et 1941,
soixante-dix pages relatant son arrestation et sa
déportation dans des camps de travail
allemands. Florent décide de partir, avec son
précieux carnet, sur les traces de son grandpère, retrouver les lieux où il a séjourné.
C’est une bande dessinée pleine d’émotion.
Au-delà d’une fresque historique ou d’un récit
de guerre c’est aussi la quête de la mémoire
familiale et l’envie de raconter ce qui a été tu
pendant tant d’années, de redonner la parole à
tous ces anonymes de la guerre, qui n’eurent
de cesse que d’oublier et de continuer à vivre
malgré tout. Un bel hommage d’un petit-fils à
son grand-père, héros malgré lui parmi les
millions de prisonniers français méconnus et
ignorés des commémorations.
Suite à la parution de cette bande dessinée,
l’auteur a pu rencontrer des jeunes dans des
lycées, notamment au lycée de La Joliverie au
mois de mars ou au festival passage de
témoins, au mémorial de Caen. Je ne peux que
conseiller la lecture de cet album, notamment
aux jeunes à partir de 14-15 ans, pour
découvrir un pan méconnu de l’histoire de la
seconde guerre mondiale et peut-être que
certains pourront faire parler un arrière-grandpère ou grand-oncle parmi de tant de témoins
anonymes.
Lucie Migliasso, libraire.
Vous pouvez retrouver les anciens numéros de
Siloë-Lis lectures coups de cœur
sur le site Internet
http://siloe-lis-nantes.fr
5
TITRE : Le jour du Saint-Esprit.
AUTEUR : Sainte Marie de Paris (Mère Marie Skobtsov)
EDITIONS : Cerf, 2011.
PAGES : 593.
PRIX : 40 €.
I
l est des femmes et des hommes qui
rachètent l'humanité lorsque celle-ci est
tentée par l'ignominie. Mère Marie de
Skobtsov est l'une d'entre elles. Sa déportation,
en avril 1943, et son élimination, le 31 mars
1945 au camp de Ravensbrück, sont les points
culminants d'une vie engagée et donnée. En
1985, le Mémorial de Yad Vashem l'honore du
titre de « juste parmi les nations ». Mère Marie
fut, en effet, une femme exceptionnelle à
plusieurs titres.
Elisabeth Skobtsov arrive à Paris en 1923. Elle
est accompagnée de sa mère, Sophie Pilenko,
de son second mari et de ses trois enfants. Elle
rejoint la diaspora russe en exil. Elle est
connue pour ses engagements politiques au
moment de la révolution, pour sa fréquentation
des salons littéraires de Saint Petersbourg,
pour sa poésie et pour ses dessins.
En 1926, la mort de sa fille, âgée de quatre
ans, marque un tournant dans sa vie. Loin du
repli sur soi définitif, cet événement tragique
la conduit progressivement à la question d'une
vie donnée pour les autres et pour Dieu. Elle
déclare ainsi : « je sens que la mort de mon
enfant m'oblige à être une mère pour tous ».
En 1932, elle entre en religion sous le nom de
Mère Marie. Loin de représenter une rupture
avec son passé, cette décision est un
accomplissement. Elle reste cette femme libre
et engagée aux multiples talents. Elle fonde
successivement deux foyers. Le second, au 77
de la rue Lourmel, devient le théâtre d'une
activité intense. La liturgie monastique garde
toute sa place. Cependant, loin du monachisme
classique, le sacrement qui prévaut à ses yeux
est celui du « frère ». Pour Olivier Clément,
« Mère Marie prend place dans une grande
tradition orthodoxe - celle de l'amour du
prochain vécu et souffert jusqu'à la folie ».
Dans cet esprit, elle ouvre les portes du foyer
aux femmes seules, aux chômeurs et à ceux
que l'on considère comme fous. En plus de
cette activité sociale prépondérante, Lourmel
est aussi un haut lieu intellectuel où l'on
retrouve des personnalités aussi remarquables
que Berdiaev, Ilya Fondaminksy ou encore le
père Lev Gillet.
Avec l'occupation allemande, Mère Marie
entre en résistance. Cela la conduit à sauver
des juifs de la déportation. Cette personnalité
aussi entière ne fait pas l'unanimité dans la
communauté russe. Olivier Clément souligne
que « son amitié pour les Juifs choquait non
seulement l'émigration de droite, mais nombre
de jeunes orthodoxes nostalgiques d'un ordre
total, organique et sacré ». Néanmoins, le 16
janvier 2004, le saint-synode du patriarcat de
Constantinople décide de la canoniser, avec
trois de ses compagnons de déportation dont
son fils, Youri.
Mère marie nous laisse un corpus littéraire de
presque 2000 pages. Le livre Le jour du Saint-
Siloë-lis
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6
Esprit, nous donne un aperçu de cette œuvre
plurielle : récits autobiographiques, piècesmystères, essais théologiques. En plus de ces
écrits, les souvenirs de proches, parents et de
compagnons, dont ceux de Geneviève De
Gaulle, dressent le portrait de Mère Marie à
différents moments de sa vie.
Les écrits et plus encore la vie de cette femme,
à la fois si proche et si extraordinaire, nous
enjoignent à vivre sans détours le sacrement
du frère (Mat 25,31-45).
Lionel Paul, libraire.
Nous pouvons prolonger notre lecture avec les titres suivants :
La Sainte et l'Incroyante. Ma rencontre avec Mère Marie (Riga, 1871 - Ravensbrück, 1945)/Desanti,
Dominique, Bayard, 2007, 250 p., 19, 80 €.
Le sacrement du frère/Skobtsov, Marie, Cerf, 1995 (2001), 320 pages, 25 euros : un ensemble de textes et
de dessins précédé d'une préface d'Olivier Clément et d'une importante biographie, par Hélène ArjakovskyKlépinine.
TITRE : Mariée à un musulman.
AUTEUR : Maria S.
EDITIONS : L’œuvre, 2012.
PAGES :118.
PRIX : 11 € 50.
M
aria est une jeune femme portugaise
catholique non pratiquante. Elle rencontre
Farid sur les bancs de la faculté à Paris.
Une belle histoire d’amour voit le jour entre les
deux jeunes adultes.
Farid lui dit qu’il est musulman mais que lui et sa
famille sont tolérants et ouverts à toutes les autres
religions. Aussi c’est sans la moindre méfiance que
Maria accepte sa demande en mariage.
Farid propose à Maria de se marier en Algérie car
ils n’ont pas les moyens de le faire en France.
Passée la cérémonie, dans un pays inconnu d’elle,
Maria bascule dans une réalité féroce où elle va
être persécutée et humiliée par sa belle famille et
son mari qu’elle ne reconnait plus.
C’est donc sans relâche et ensemble que tous se
mobilisent, jour après jour, pour la pousser a renier
sa religion catholique afin de la convertir à l’Islam.
Passé le temps de la surprise d’une telle violence,
Maria va se rebeller au prix de souffrances et
d’efforts considérables.
Ce livre nous parle d’une réalité inquiétante à notre
époque... c’est un témoignage bouleversant.
L’auteur, Maria, est comme le roseau : elle va plier
sans jamais rompre.
En lisant ce livre, le lecteur n’a qu’une envie :
aider Maria à s'enfuir et l’applaudir pour sa force
de caractère et son courage.
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Corinne Villiers, Libraire.
7
TITRE : Les dix enfants que madame Ming n’a jamais eus.
AUTEUR : Eric-Emmanuel Schmitt.
EDITIONS : Albin Michel, 2012.
PAGES : 126.
PRIX : 12 €.
A
uteur de pièces de théâtre, de nouvelles
et de romans, Eric Emmanuel Schmitt
écrit autour des religions telles que le
christianisme, le bouddhisme, le soufisme ou
le judaïsme. Chacun de ses merveilleux
personnages incite le lecteur à se tourner vers
les autres autant que vers soi-même.
Avec Les dix enfants de Madame Ming, le
lecteur n’échappe pas à cette règle.
En 1979, pour contrôler la démographie du
pays chinois, le gouvernement crée la politique
de l’enfant unique. Un couple, suivant l’ethnie
à laquelle il appartient, ne peut avoir plus d’un
enfant. Au delà, une amende leur est infligée.
Cette loi figure depuis 1982 dans la
constitution chinoise.
peut-elle avoir dix enfants dans ce pays où
l’autorité règne en maître ?
Qui sont Ting Ting, Ho, Da-Xia, Kun, Kong,
Li Mei, Wang, Ru, Zhou et Shuang ?
Eric Emmanuel Schmitt fait se rencontrer une
chinoise aux pensées dictées par Confucius et
un occidental tout droit venu de Paris.
Deux générations, deux traditions, deux
mondes différents qui se confondent le temps
de quelques minutes d'une vie, dans un des
endroits les plus inattendus.
Qu’ils soient dix, douze, vingt, dix mille, un
milliard d’enfants, on se laisse bercer par les
petits bras de cette charmante « dame pipi » :
on en ressort grandis.
Mais alors comment Madame Ming, « reine
des latrines masculines » d’un grand hôtel,
Elodie Crédou, libraire.
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Lundi : 14h - 18h
Du mardi au vendredi : 9h.30 - 12h / 14h – 19h
Samedi : 10h - 12h / 14h – 18h
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Un parking gratuit est à votre disposition sur la cour de la librairie, rue Clémenceau.
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8
TITRE : Les anonymes de l’Evangile.
AUTEUR : Vianney Bouyer.
EDITIONS : Le Cerf, 2012. Service biblique Catholique Evangile
et Vie.
PAGES : 72.
PRIX : 9 €.
C
hacun connait la collection des « Cahiers
Evangile » et beaucoup d’entre nous
avons acquis, avec l’aide de tel ou tel numéro
de cette revue, davantage de rigueur
intellectuelle dans notre lecture de la Bible.
Grâce à la compétence du Père Vianney
Bouyer, prêtre du diocèse d’Angers et
professeur d’Ecriture Sainte au Séminaire
Saint Jean à Nantes, c’est aux « anonymes de
l’Evangile » que s’intéresse ce numéro de juin
2012.
Quel paradoxe ! Ces femmes et ces hommes
dont les évangélistes n’ont pas même retenu le
nom, ces « gens de peu » comme les aurait
nommés le sociologue Sansot, nous
permettent, aujourd’hui encore, de mieux
découvrir le visage de Jésus-Christ.
S’il fut un homme de prière, Jésus fut aussi un
homme de rencontres, un homme qui savait le
prix des gestes les plus simples : la valeur de
l’obole de la veuve, la souffrance du père ou
de la mère devant la maladie de leur enfant, le
poids du handicap physique ou social,
l’importance d’une rencontre même furtive…
Pas à pas, texte après texte, Vianney Bouyer
nous permet de redécouvrir ces passages des
évangiles synoptiques qui nous sont souvent
devenus trop familiers : la veuve du temple,
l’aveugle de Jéricho, l’enfant épileptique et
tant d’autres personnes qui un jour, sur les
routes de Palestine se sont trouvées, comme
par hasard, sur le chemin de Jésus de Nazareth.
Et voici que lentement, en suivant le
cheminement de Vianney Bouyer, qui donne
ici le meilleur de sa thèse de doctorat, le
miracle de la lecture s’accomplit : non
seulement il nous permet de redécouvrir tel ou
tel aspect du texte évangélique, non seulement
il nous permet de nous identifier, peu ou prou
à l’un ou l’autre de ces frères et sœurs
anonymes, mais surtout c’est le visage même
de Jésus qui se donne à voir. Pour chacun de
ces gens sans nom Jésus est « la voie », toute
inattendue, toute personnelle, toute gratuite, et
qui reste inachevée, de la rencontre avec le
Père. « Qui me voit voit le Père ».
Merci au père Bouyer de nous montrer ainsi
que la distance n’est pas si grande qu’on
l’appréhende parfois entre une lecture
exigeante, puisque exégétique, du texte
biblique et l’attitude de la contemplation
chrétienne.
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Jean Yves Malinge
9
« Dans les fissures de mes blessures, j’ai essayé de faire pousser la vie.
Y suis-je arrivée ? »
Magda Hollander-Lafon, « Quatre petits bouts de
pain, Des ténèbres à la joie », Albin Michel 2012.
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Prochaine édition Janvier 2013
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