realisation artistique personnelle (rap) tango`s project quartet

Transcription

realisation artistique personnelle (rap) tango`s project quartet
Sylvain GOURLAY
Année 2009
Formation Musicale/Piano
REALISATION ARTISTIQUE
PERSONNELLE (R.A.P)
TANGO’S PROJECT QUARTET
Centre de Formation à l’Enseignement de la Danse et de la Musique
CEFEDEM Bretagne/Pays de la Loire
SOMMAIRE
I)
Ma vision contemporaine du tango argentin
1) Le tango argentin
II)
Le Tango’s Project Quartet (T.P.Q)
1) La forme générale de la pièce
a) Explication de la forme générale
b) La première partie du T.P.Q
c) La deuxième partie du T.P.Q
d) La troisième partie du T.P.Q
2) Le rapport danse/musique
III)
Les pistes à suivre pour développer la pièce
IV)
Annexes
1) Le T.P.Q aux Eclats d’art de Saint Herblain (44)
2) Le T.P.Q au Ponant de Pacé (35)
3) Le T.P.Q au Pol’n de Nantes (44)
Le DVD du T.P.Q est joint à ce dossier
2
INTRODUCTION
« Piano, accordéon, danseuses... Hommes et femmes, corps et sons qui se mêlent
et s'emmêlent pour vous embarquer dans un voyage entre tango argentin originel
et
une
vision
contemporaine
de
cet
univers
atypique. »
Voici l’argument de la pièce créée le 12 Décembre 2008 à Nantes (Pol’n).
A la suite de diverses rencontres artistiques danse/musique au CEFEDEM
Bretagne – Pays de la Loire, nous nous sommes réunis pour former un quatuor
composés de musiciens et danseuses :
Danseuses: Astrid Lejeune, Camille Lélu
Accordéon: Jérémy Simon
Piano: Sylvain Gourlay
Le projet s’est basé sur une revisite contemporaine du tango argentin par le
corps et la musique. Ainsi, nous avons analysé les fondamentaux du tango,
essentiellement en découvrant le lien entre la danse et la musique. Pour cela, nous
avons suivi des cours de danse tango afin d’apprendre les pas de base du tango, de
s’imprégner de l’ « univers ». De plus, nous avons étudié l’histoire de la musique
tango ce qui nous a permis de rentrer plus précisément dans cette musique
spécifique. Enfin, nous avons mis en commun notre expérience musicale en
jouant les standards du tango argentin. Mais c’est avant tout un projet de mise en
scène avec quatre corps que nous avons mené dans une perpétuelle interaction
entre la danse et la musique.
3
I)
Ma vision contemporaine du tango argentin
1) Le tango argentin
En approfondissant mes connaissances sur l’histoire du tango, j’ai
découvert que le tango était une danse improvisée sur des pas traditionnels, et un
genre musical. Le tango est donc né par la danse et peut se décrire comme un
échange d’énergie entre deux partenaires. Ainsi, la passion, le désir et l’émotion
sont les fondements de cette danse. Cela se traduit en musique par une liberté
d’interprétation dans l’expression musicale. Or, le tango comme genre musical est
né, avec la danse du même nom, à Buenos Aires entre 1850 et 1900, d'un mélange
de nombreuses formes musicales européennes, avec de la musique latinoaméricaine (voir schéma de la Habanera) et une rythmique africaine (Milonga,
Candombe, Murga). Après cette intention passionnelle, le rythme est donc un
autre acteur principal du tango.
Influence du rythme de la habanera dans le tango nuevo
3
3
2
Cette importance du rythme 332 est apparue à partir des tangos tipicos, tango
composés avant la seconde guerre mondiale. C’est donc par l’influence de la
habanera hispanique qu’il s’est créé. Ce rythme correspond parfaitement à la
danse tango car il provoque un élan, élément récurrent dans l’interaction entre les
danseurs. Puis cette habanera s’est progressivement développée durant la seconde
partie du XXe siècle avec un compositeur principal, Astor Piazzolla. En effet,
étant bandonéiste dans un orchestre tipico de Buenos Aires, il a voulu aller audelà de cette esthétique et a créé le rythme principal du nouveau tango (tango
nuevo), le 332. Ainsi, ses compositions sont devenues concertantes et non plus
4
dansantes car son écriture savante ne fut plus de la musique pour le corps dansant
extérieur, mais bien de la musique pour le ressenti intérieur.
Voici donc les différents points qui me paraissent essentiels dans le tango
argentin. Pour autant, beaucoup de compositeurs s’intéressent à cette musique.
Mais comment imaginer un nouveau tango (new nuevo tango) ?
Pour cela, j’ai rencontré Betsy Jolas, compositrice, qui m’a expliqué sa démarche
de composition à propos de sa pièce pour piano solo1, Tango si. Elle est retournée
aux sources du tango en s’essayant à la danse tango des milongas. Puis elle en a
dégagé des éléments qu’elle a pris pour base de son écriture. Par ailleurs, Gérard
Jerez Le Cam, pianiste et compositeur, dit :
« Avant la seconde guerre mondiale, le tango tipico avait peur de dénaturer la
musique par rapport à la danse du cabaret. Mais dans les années 1950, c’est A.
Piazzolla qui a fait évoluer le style par le nuevo tango. Pourtant, le fil de la
création du style tango s’est coupé peu de temps après. Je pense qu’il faudrait un
nouveau style tango adapté à notre époque. »2
Ainsi, en nous réappropriant l’histoire du tango dansé et musical, nous avons
souhaité à notre tour créer une pièce autour du tango, aujourd’hui en 2009.
1
2
Entretien réalisé le 9 Mars 2009 à Nantes
Jerez Le Cam, Gérard, entretien réalisé le 29 Janvier 2009 à Saint Sébastien sur Loire
5
II)
Le Tango’s Project Quartet
Ce quatuor danse/musique s’est formé par une envie commune de
composer avec nos différentes personnalités, perceptions et possibilités autour de
ce sujet si fort et passionnant. Cette pièce s’est donc basée sur des éléments bien
précis dégagés de notre recherche (brainstorming, scénographie…) et par l’emploi
de divers outils artistiques contemporains comme la MAO ou l’improvisation.
1) La forme générale de la pièce
La pièce représente le fruit d’une collaboration au sein du quatuor
danse/musique, élément indispensable à notre vision de la rencontre entre l’art de
la danse et de la musique. Elle a une durée d’environ vingt minutes.
a) Explication de la forme générale
Nous avons créé une forme bien définie en fonction du rythme du 332 et
d’une forme ABA’ plus classique. En effet, trois parties se dégagent de la pièce :
Première partie (violence et intensité)
A: 1.
A: 2.
3
A: 3.
Deuxième partie (sensualité et contact)
B: 1.
B: 2.
3
B: 3.
Troisième partie (violence et intensité)
A’: 1.
A’: 2.
2
6
a) La première partie
Dans la partie initiale, nous avons souhaité aborder l’aspect théâtral par
une mise en scène tragi-comique, accentuée par le silence musical. Puis, en
abordant la danse de couple en tango argentin, nous avons dû utiliser une bande
son. Cette création s’est basée sur des enregistrements captés dans les rues de
Nantes, sur des éléments musicaux mixés et traités par le logiciel Cubase sx3.
Ainsi, nous avons obtenu une bande son d’une durée de 4m54s qui stoppe le
silence en formant un crescendo général. Cet appui numérique nous a permis de
7
caler certains gestes dansés en fonction de la musique mais aussi initialement de
partir de la partition dansée pour l’écriture de la bande son. Pour autant, cette
position d’acteur/danseur n’a pas était facile initialement. En tant que musicien,
un gros travail s’est présenté à moi par le rapport au corps comme instrument de
l’interprétation. J’ai donc dû mémoriser ces mouvements, improviser sur la
musique et rendre compréhensible mon intention artistique avec le quatuor. Tout
de même, voici ma feuille de route qui m’a servi pour la première partie A du
Tango’s Project Quartet :
-Debout seul devant le public avec grimaces
-Tango : deux pas = 8 arrière = salida
-Attente pour la claque de Jérémy déclenchant la bande son
-Camille me rencontre avec 2 pas = 8 arrière = salida et le duo entre filles
-Retour = pas en 8 arrière puis salida et équilibre
-Diagonale puis demi-tour sans les filles = demi tour et twist à 4
-Face public à 4 : 4 gestes (main illustrant le pianiste) puis accélération
-Marche à 4, moi faisant un grand cercle
-Improvisation en sortant petit à petit de la marche, 2 portés avec Astrid
-Puis marche sur trois temps
-Marche en homorythmie sur quatre diagonales qui nous mènent au piano jusqu’à
la fin de la première partie A
La danse m’a permis de découvrir un nouveau moyen d’expression mettant
directement mon corps en mouvement et en musique. C'est-à-dire que j’ai pris
conscience de possibilités que je ne pensais pas avoir, de sensations inconnues et
d’une exposition du corps sans l’intermédiaire de l’instrument et du son.
b) La deuxième partie
Après cette accumulation sonore, la deuxième partie débute avec une
composition personnelle au piano en lien avec le caractère de ce moment :
sensualité et contact. En effet, cette musique pour piano écrite à partir de ces deux
8
inducteurs s’est développée lors d’improvisations. Petit à petit, j’ai noté les
éléments récurrents et j’en ai dégagé un extrait de partition :
Ce réveil des quatre corps écrasés sur le piano après un moment intense quasi
oppressant, nous place dans un moment de rêve et de renaissance. Les
mouvements dansés sont en communion avec les sons du piano. Puis le thème
d’Inverno Porteno d’Astor Piazzolla pour piano et accordéon amène les danseuses
à improviser en duo-contact sur le mot « sensualité ». Après deux expositions du
thème, les danseuses réinvestissent les mouvements du début de la pièce, le tout
en empreinte dans une disposition spatiale resserrée. C’est la fin du rêve et une
transition pleine de tension nous mène vers la dernière partie de la pièce.
c) Tango pour Claude de R. Galliano
Retour à la violence et à l’intensité par le Tango pour Claude de Richard
Galliano pour accordéon et piano. Les danseuses sont à l’unisson et utilisent tout
l’espace scénique (principalement une diagonale en leitmotiv) pour le thème
principal. Ce choix
musical est l’exemple contemporain d’une autre
9
réappropriation du tango argentin, en particulier celui d’A. Piazzolla. Même si le
thème de la violence et de l’intensité sont présents, il subsiste quelques moments
de sensualité qui contrastent, notamment dans les parties lentes. De plus, la
dernière partie sur le thème principal élevé d’un ton donne un ultime élan où les
cris fusent dans la danse.
2) Le rapport danse/musique
En formant ce quatuor de musiciens et de danseuses, nous avons souhaité
créer un projet réalisé par nous quatre, où chacun avait son rôle à jouer. De plus,
dans cette pièce, nous avons essayé d’effacer les différences, de montrer quatre
corps en scène avant tout et non pas deux musiciens et deux danseuses. Ainsi, en
prenant des cours de danse tango traditionnel aux Allumés du tango à Nantes,
nous avons pu débuter un réel échange artistique. Les musiciens sont devenus
danseurs et cela nous a permis de prendre conscience du geste et de la respiration
corporelle. En effet, de retour sur mon piano, j’ai observé plus précisément mes
mouvements et soignés une grande partie de mes gestes qui habituellement,
étaient instinctifs. Puis, en créant ensemble la bande son, nous avons mis en
relation les mouvements et les sons. Les danseuses sont à leur tour devenues
musiciennes en participant à la réalisation du support audio. Ainsi, tout au long de
ce projet danse/musique, j’ai découvert une grande proximité entre ces deux
disciplines artistiques, notamment sur l’aspect musical et corporel.
III)
Les pistes à suivre pour développer la pièce
Après avoir réalisé les représentations de la pièce, nous avons modifié
quelques points, notamment la partie théâtrale initiale (que nous pouvons encore
optimiser). Par ailleurs, nous souhaitons développer la recherche et augmenter la
durée de la pièce. A partir des éléments traditionnels du tango musical, nous
voudrions créer une composition acoustique en duo afin d’écrire notre propre
réappropriation du tango avec l’accordéon et le piano (comme avec la création de
notre bande son). De plus, nous aimerions rallonger le Tango’s Project Quartet
10
dans la durée afin d’affiner davantage certaines parties dansées ou musicales, nous
aimerions ouvrir le spectacle à d’autres notions (passion, rythmes corporels,
transe) etc. Pour finir, autre idée à développer, penser encore plus le piano comme
Objet de la pièce avec par exemple des déplacements et des jeux d’espace avec
lui.
Grâce à la diffusion de notre pièce sur internet (youtube), nous sommes
programmés le 1er Juillet 2009 au prochain festival de danse de Kerhervy (56). La
scène étant dans un superbe amphithéâtre en plein air donnant sur un cimetière de
bateaux. Nous allons donc devoir adapter notre pièce en fonction des différents
paramètres et facteurs du festival.
11
CONCLUSION
Avec la création de cette pièce, nous avons découvert un univers et une
manière de collaborer entre danseurs et musiciens. En effet, ce projet s’est basé
sur une revisite contemporaine du tango argentin mais avant tout sur nos échanges
artistiques. Ainsi, notre propre vision du tango est présente tout au long de la
pièce et reste en perpétuel devenir par notre envie de développer le projet. J’ai
donc découvert la danse tango et contemporaine par cette relation danse/musique
et j’ai observé un grand changement dans mon rapport au corps. Tant au point de
vue instrumental que corporel, la transversalité danse/musique me donne envie de
poursuivre ses moments forts et m’apporte une réelle énergie créatrice. Par
ailleurs, pédagogiquement, le lien danse/musique me paraît plus qu’essentiel pour
le développement de l’élève musicien. Enfin, le tango est une danse et une
musique qui continue d’offrir d’infinies possibilités artistiques par la richesse de
sa transculturation et par son pouvoir émotionnel.
12
IV)
Annexes
1) T.P.Q aux Eclats d’art de Saint Herblain (44) le Dimanche 22 Mars 2009
13
2) T.P.Q au Ponant de Pacé (35) le Vendredi 6 Février 2009
14
3) T.P.Q à Nantes au Pol’n, le Vendredi 12 Décembre 2008
15