Portrait d`un ancien joueur de haut niveau
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Portrait d`un ancien joueur de haut niveau
06 juin 2014 Le Stade Français Portrait d’un ancien joueur de haut niveau, responsable du site de La Faisanderie et directeur technique de la section tennis Biographie Ancien joueur de tennis professionnel, Julien Varlet est l’actuel responsable de La Faisanderie, prestigieux site du Stade Français et directeur de la section tennis. Auparavant, Julien a participé à 15 tournois du Grand Chelem, 3 dans le tableau final dont il a été malheureusement sorti à l’issue de matchs incroyables qui ont duré cinq sets. Il a perdu contre Mark Philippoussis (ancien n°9 mondial) au 1er tour de Roland Garros en 2002, après avoir gagné les deux premiers sets. A l’Open d’Australie en 2003, il a été battu en cinq sets au premier tour par Fernando González (ancien 17ème mondial), après avoir mené 2 sets à 1. La même année, de nouveau à Roland Garros, il remporte son match au premier tour contre le danois Kenneth Carlsen (ancien 70ème mondial) après être sorti des qualifications en battant au dernier tour Filippo Volandri (ancien 35ème mondial). Il perd au 2ème tour contre le 30ème joueur mondial, Jarkko Nieminen, après avoir mené deux sets à zéro et avoir eu une balle de match. En 2002, en double mixte, il atteint le deuxième tour, avec sa partenaire Alexandra Fusai. Puis, l’année suivante, toujours à Roland Garros, avec Thierry Ascione, la paire française bat le double slovaque Karol Beck et Karol Kucera au premier tour, mais échoue face à Mahesh Bhupathi et Max Mirnyi. Sa meilleure performance sur le circuit ATP demeure le quart de finale au tournoi indoor de Milan. Lors de ce tournoi, il a éliminé deux joueurs du top 30, Feliciano López (25ème mondial) et Xavier Malisse (20ème mondial). En février 2003, Julien Varlet est 120ème mondial et 50 à l’ATP Race. Retiré des courts depuis 2005 suite à une blessure et après avoir obtenu un Master à l’ESSEC et son diplôme d’enseignant tennis, Julien cumule à présent plusieurs casquettes, dont celle de consultant pour le Groupe Canal+ depuis 2005 et, depuis 2012, celle de responsable de La Faisanderie, où le tennis reste le fer de lance de ce site emblématique. M.G. : Quel est le meilleur souvenir de votre carrière de tennisman ? J.V. : Roland Garros 2003. Même si c’est une défaite, c'est un de mes plus beaux souvenirs. En fait, je perds au 2ème tour contre le 30ème joueur mondial, Jarkko Nieminen, après avoir mené deux sets à zéro et avoir eu une balle de match. Je m'incline en 5 sets. Le match était retransmis sur France 2 et j'ai fait le buzz car, sur un point, je pars récupérer une balle et je finis par me mettre la tête dans une glacière. (Rires) Et un autre super souvenir en 2003, à Milan, je bats Xavier Malisse. C'était plus une fierté personnelle car j'étais tout seul sur le terrain, sans support, sans la famille dans le public, sans le soutien de mon entraîneur et je bats le 20ème mondial à l’époque. M.G. : Lorsqu’on pratique un sport de haut niveau, cela change-t-il votre vision du monde professionnel en entreprise ? J.V. : Je pense que si j’ai réussi ma reconversion professionnelle, c'est grâce au monde du tennis. J'essaie de travailler tous les jours avec la même rigueur qu'à l'époque. Ça me permet d'être beaucoup plus assidu et travailleur parce que ça ne me dérange pas de faire des heures, d'être présent et impliqué. Donc la rigueur et l'assiduité dans le travail sont les deux valeurs fondamentales que j'ai forgées sur les courts de tennis. M.G. : Pensez-vous que le business et le sport se gèrent de la même façon ? J.V. : La plus grande différence réside dans la sensibilité et l’affinité qui entrent en ligne de compte dans le sport. Souvent c’est davantage avec le coeur et la passion que l’on parle ou agi. Tandis qu’au sein du monde entrepreneurial, il faut savoir dire non et cadrer les choses. 06 juin 2014 M.G. : Quelles valeurs ajoutées apportez-vous au Stade Français par rapport à vos fonctions de dirigeant ? J.V. : Ma connaissance du tennis, puis mon carnet d'adresses qui apporte un réseau et bien plus encore. Le fait que je sois connu dans le monde du tennis a été capital. Par exemple, ce week-end, il va y avoir un match de football pro sur la grande pelouse de La Faisanderie et, pendant RolandGarros, des joueurs vont revenir s'entraîner sur le site alors que ça n'existait plus… Ces événements peuvent avoir lieu grâce aux relations que j’ai acquises tout au long de ma carrière de tennisman. Le recrutement également : par exemple, j’ai rencontré Nicolas Pietrowski sur un match aux Etats-Unis. Il entraînait la joueuse argentine Gisela Dulko et moi je disputais un match. Il est arrivé au Stade Français suite à une proposition que je lui ai faite. Je pense qu’il est une personne de valeur et que sa connaissance du tennis est enrichie par une approche professionnelle unique. Même chose pour le recrutement d’Aurélie Védy (capitaine de l'équipe 1 n°34), d’Augustin Gensse (120ème mondial). Je les connaissais sur le circuit et maintenant ils ont rejoint le Stade Français. M.G. : Pensez-vous que cela vienne du fait que vous avez évolué au haut niveau ? J.V. : Par rapport à la Fédération, oui. Si je n'avais pas joué plusieurs fois Roland Garros, je n'aurais jamais rencontré autant les personnes de la Fédération. Le fait d’avoir réalisé tout mon cursus à la Fédération, de mes 10 ans jusqu’à l’arrêt de ma carrière à 28 ans, ça me permet de bien connaître les acteurs principaux de la Fédération. C'est un plus considérable. Pour redorer et redynamiser la section tennis du Stade, qui est, il faut le souligner, l’un des plus grands clubs français, il faut que je m'appuie làdessus et sur mes connaissances pures et dures du tennis et de l'enseignement. M.G. : Que souhaitez-vous accomplir au sein du club ? Le Stade Français J.V. : Mon projet prioritaire, et pour lequel je me bats tous les jours, est de rehausser la prestation de service au sein de La Faisanderie. Il faut tout faire pour concurrencer et être meilleurs que les autres clubs parisiens. La création d’événements en tous genres en partenariat avec des sociétés ne peut être que bénéfique pour le Stade Français et valoriser son image. Et pour la section tennis, je veux fidéliser les enfants qui sont à l'école de tennis et renforcer quotidiennement l’enseignement. Même avec les changements de rythme scolaire on est autour de 900 enfants inscrits. L’accent est mis sur la formation des enfants : essayer de proposer des jeunes à la Ligue de Paris et détecter les talents pour la compétition, les former et les accompagner. On a réussi ce pari avec l'équipe 1ère féminine car elle est remontée en 2ème division nationale. L’une des équipières, Giulia Morlet, n° 1 française des 12 ans, a également rejoint le Stade Français. A présent, le gros chantier est de reconstruire l'équipe 1ère masculine qui se maintient en 3ème division nationale. M.G. : Selon vous, quelles sont les forces du site de La Faisanderie pour les joueurs de tennis ? J.V. : La Faisanderie offre un cadre magnifique. Pour moi, c'est le plus beau club de France et je les connais quasiment tous ! La force principale pour un club de tennis réside également dans le nombre des courts qu’il met à disposition des joueurs : les 36 courts dont 19 en terre battue sont évidemment un gros avantage . Et s'entraîner au calme dans un cadre de verdure comme celuilà, c’est top ! M.G. : Vous êtes également directeur technique de la section tennis du Stade. A quoi ressemble cette section tennis ? 06 juin 2014 J.V. : La section tennis compte 25 professeurs, 980 enfants à l’école de tennis et 120 adultes en cours collectifs. Elle est l’une des plus grandes écoles de tennis en France, répartie sur 2 sites, La Faisanderie et GéoAndré sur courts couverts. Avec à leurs têtes des responsables expérimentés Mr Yvan Louault et Mr Gautier Passedouet. C'est une véritable petite entreprise dans un cadre associatif. Donc il faut gérer, manager tous ces éléments-là, être en relation étroite avec les membres du bureau tennis. Il faut fidéliser certes mais également apporter de nouvelles idées, innover perpétuellement. Par exemple, on relance le stage de La Baule en juillet pour les enfants qui souhaitent faire de la compétition. M.G. : Quelles sont les enseignements que vous retenez de votre carrière et que vous aimez dispenser aux jeunes tennismen qui viennent s’entraîner au Stade Français ? J.V. : La rigueur, l'assiduité, le professionnalisme dans l'action. On conserve toujours la notion de plaisir et d'amusement. A la base, c'est un sport, une passion, il ne faut pas l’oublier. Le tennis c'est du plaisir avant tout. Lorsqu’à la rentrée, on voit l’envie de jouer sur le visage des enfants, on a réussi. Si en plus on arrive à leur inculquer des notions tactiques et techniques, c'est encore mieux. M.G. : Vous avez un lien fusionnel avec le tennis, pensez-vous un jour avoir l’envie de donner des cours à de jeunes espoirs ? J.V. : Quand je suis arrivé au Stade Français au tout début, je m'occupais uniquement de la compétition. En 2005, quand j'ai arrêté de jouer je savais ce que je ne voulais pas faire. Je ne voulais plus être sur le terrain. J'ai commencé le tennis à 5 ans, fini à 28 ans ma carrière de pro. J'ai alors repris mes études à l'ESSEC. Puis j'ai passé mon diplôme d'enseignant tennis car au final j'étais toujours sur les courts ! Puis, je voulais me stabiliser un peu et le Stade Français m'a proposé de prendre la tête du pôle Le Stade Français compétition de septembre 2011 à juin 2013. Je me suis amusé, j'ai eu des élèves géniaux. Il y a toute une pédagogie à enseigner ainsi qu’une part de psychologie. Parfois, j’ai pris plus de plaisir à enseigner à des enfants pas forcément bons ou compétiteurs qu'à des pros sur des tournois, où je me suis plus ennuyé. Ce n'est pas parce qu'on enseigne à des joueurs forts qu'automatiquement on s'y retrouve. C'est une variable des plaisirs incontrôlable. Je ne me vois pas repartir sur tous les petits tournois, avec les galères et l'organisation qui va avec... Si demain Federer vient et me dit Julien j'aimerais que tu m'entraînes... bon je réfléchirai quand même ! Puis on m'a proposé de prendre la direction de La Faisanderie. J’apprécie de manager le site, de développer un relationnel avec les membres et bien sûr toujours avec les joueurs. Propos Recueillis par Marie Gallas