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Internet responsable – Situations d'usage : script de la vidéo Usages dangereux des réseaux sociaux et des outils de communication Après le générique, Christophe apparaît Séquence 1 – Prologue Christophe : Bonjour et bienvenue dans votre émission préférée. Vous vous souvenez tous de ces bagarres dans la cour de récré de votre école… Un attroupement prenait forme, précipitant vos profs et surveillants dans la mêlée, et tout cela allait faire ce qu’on appelait à l’époque… l’événement du jour… Émilie : Oui mais voilà, aujourd’hui on ne parle plus d’événement mais de "buzz"… et le buzz, il faut le créer et bien sûr le diffuser… Sauf que là, il peut passer au niveau national, voire international… Christophe : Un téléphone portable équipé d’une caméra, une liaison internet et hop, le buzz est créé. Comme toujours, les avancées technologiques ont leurs revers et malheureusement on a vu apparaître ces dernières années un phénomène particulièrement odieux, le "happy slapping". Émilie : Et c’est notre cas d’aujourd’hui. Si vous devez être confronté à pareille brutalité, mieux vaut savoir comment s’y prendre d’un point de vue juridique. Christophe : Lors d’un jeu particulièrement violent dans la cour du collège, un élève enregistre une scène d’étranglement avec son téléphone portable. On reconnaît les différents protagonistes de la scène et on les entend distinctement interpeller l’agresseur par son nom. Christophe : Envoyée en direct, la scène fait le tour des portables de très nombreux élèves de l’établissement, avant d’être déposée sur le mur d’un profil Facebook d’un des élèves. Émilie : Informés par des amis parents d’élèves également, les parents de la victime portent plainte contre l’agresseur et contre l’établissement. Christophe : Pour tout savoir sur le "happy slapping" et comment le combattre, restez en ligne… Séquence 2 – Le "happy slapping" Christophe : Nous nous intéressons aujourd’hui à un phénomène particulièrement malsain qui se développe dans les établissements scolaires. Émilie, qu’est-ce que le "happy slapping" ? Émilie : Le "happy slapping" est une pratique particulièrement stupide consistant à filmer, à l’aide de son téléphone portable, une agression perpétrée par surprise, puis de procéder à la diffusion de ces images. Christophe : Sous quel angle devons-nous aborder les questions de responsabilité ? Page 1 sur 6 Internet responsable – Situations d'usage : script de la vidéo Émilie : Il me semble que nous devons tour à tour envisager la question de la nonassistance à personne en danger, de l’atteinte à la vie privée, ainsi que de la responsabilité du chef d’établissement et des personnels éducatifs pour nonsurveillance des élèves pendant les activités des enfants dans la cour de récréation. Christophe : Et il y a aussi la responsabilité des mineurs… Émilie : En effet, mais nous y reviendrons plus tard. J’aimerais commencer par l’évolution récente de la loi sur la prévention de la délinquance du 22 février 2007. Cette loi incrimine les actes d’enregistrement et de diffusion d’images d’agressions ou "happy slapping". Cette incrimination assimile le "happy slappeur", c’est-à-dire celui qui filme la scène, au complice de l’auteur principal de l’agression. Christophe : Il me semble que dans le domaine de l’agression, la sanction peut être beaucoup plus lourde que celle du délit de non-assistance à personne en danger. Émilie : Oui… jusqu’à la perpétuité. Christophe : Fichtre… je ne pensais pas que cela pouvait aller jusque-là … Émilie, le fait de diffuser cette scène de violence sur de nombreux portables et de la déposer sur le mur d’un profil Facebook ne caractérise-t-il pas aussi une atteinte à la vie privée ? Émilie : Si, naturellement… Le jeune capte des images et des sons sans autorisation et les diffuse dans un espace public. D’ailleurs, le nouveau texte sur le "happy slapping" couvre également cette atteinte en incriminant la diffusion de ces images et en prévoyant que "le fait de diffuser l’enregistrement de telles images est puni de cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende". Christophe : Je vois que les mesures ont été prises en conséquence afin de bien marquer les esprits. Le document 1 apparaît sur le second écran Émilie : Effectivement, qui s’y frotte s’y pique, comme on dit chez moi… Je vous laisse la parole… Christophe : Le happy slapping est l’agression physique par surprise d'une personne afin d’obtenir une vidéo destinée à être diffusée sur internet. La personne enregistrant des scènes de "happy slapping" pourra être pénalement punie, au même titre que l'auteur principal de l'agression et enfin, l’atteinte à la vie privée résultant de la diffusion publique de la vidéo réalisée pourra être aussi punie. Christophe : La suite après ça… Séquence 3 – La responsabilité des mineurs Christophe : Nous venons de voir que le fait de provoquer une agression pour en tirer une vidéo et la diffuser est un acte extrêmement grave et punissable de lourdes sanctions. Maintenant, Émilie, si le responsable d’un tel acte est un mineur, qui est responsable, lui ou ses parents ? Émilie : La loi est très claire. Un mineur est pénalement responsable de ses actes s’il est jugé capable de discernement, c’est-à-dire s’il a eu conscience de la portée de son acte. Christophe (face à nous) : Un enfant mineur peut donc être responsable quel que soit son âge, et jugé… Page 2 sur 6 Internet responsable – Situations d'usage : script de la vidéo Émilie : Pas tout à fait, Christophe, il existe des distinctions. Tout d’abord, aucune sanction, même éducative, ne peut être prononcée contre lui avant l’âge de dix ans. Mais de dix à treize ans, le mineur peut être condamné à des mesures éducatives, comme l’obligation de suivre un stage de formation civique, d’accomplir une activité d’aide ou de réparation. Christophe : Et si c’est un ado ? Émilie : Eh bien, entre 13 à 16 ans, en plus des mesures et sanctions éducatives, il bénéficie d'une cause légale d'atténuation de responsabilité et n'encourt que la moitié de la peine de droit commun. Pour votre information, sachez qu’en cas de crime, le mineur entre 16 et 18 ans est jugé en cour d’assises des mineurs. Par décision spécialement motivée, la peine pourrait être portée au même niveau que pour un majeur. Christophe (face à nous) : Et les parents peuvent être entraînés dans la responsabilité, puisque justement ils sont responsables de leur enfant mineur... Des mots-clés apparaissent : responsabilité pénale responsabilité civile Le document 2 apparaît sur le second écran Émilie : Oui et non, Christophe… Au pénal, la responsabilité des parents ne peut être engagée, car il s’agit d’une responsabilité individuelle, où par principe chacun est responsable de ses actes. Mais au civil, les parents peuvent être condamnés en ce qu’ils sont effectivement responsables de leur enfant. La sanction est alors évaluée en fonction des dommages causés par l’enfant, du fait d’un défaut d’éducation. Je vous envoie ce document… Christophe : Retenez que le mineur qui a moins de 10 ans est considéré, pénalement, comme irresponsable. Un mineur de 13 ans et doté de discernement encourt l'infliction de mesures éducatives. Émilie : En ce qui concerne un mineur âgé de 13 à 16 ans, en plus des mesures et sanctions éducatives, il bénéficie d'une cause légale d'atténuation de la responsabilité et n'encourt que la moitié de la peine de droit commun. Le mineur âgé de 16 à 18 ans bénéficie toujours de l'excuse de minorité, mais celle-ci peut être écartée par le juge. Christophe : Et enfin, la responsabilité pénale des parents ne peut être engagée, faute d’avoir eux-mêmes commis l’infraction. Émilie : Mais leur responsabilité civile peut cependant sanctionner l’exercice défaillant de l’autorité parentale et les contraindre à réparer les conséquences financières du dommage causé aux tiers par leur enfant. Christophe : Nous allons maintenant nous intéresser à l’institution éducative. Alors, restez connecté… Séquence 4 – La responsabilité de l’institution éducative Christophe (face à nous) : Nous savons maintenant ce qu’encourent le responsable de l’acte violent et ses parents s’il est mineur. Émilie, je ne comprends pas bien pourquoi les parents de la victime portent également plainte contre l’établissement scolaire… Émilie : Tout simplement parce que l’institution scolaire assume la responsabilité des élèves qui lui sont confiés. L'obligation de surveillance doit être exercée de manière effective pendant la totalité du temps scolaire. Page 3 sur 6 Internet responsable – Situations d'usage : script de la vidéo Christophe : Et donc pendant les récréations… Émilie : Oui, bien sûr, et à ce sujet le code de l’éducation précise ce devoir et rappelle, en particulier, l’attention qui doit être portée pendant les récréations. Christophe : Oui, mais enfin, ce genre de chose est un traquenard qui se fait à l’abri des regards et surtout de la surveillance du personnel… Émilie : Peu importe… En matière de recherche de responsabilité, il y a défaillance de ce devoir de surveillance. Le directeur de l'établissement scolaire, les enseignants et tous les membres présents de l'équipe éducative seront considérés comme responsables au plan civil des préjudices subis par l’élève victime d’une agression dans la cour. Christophe : Vous voulez dire qu’en plus du malaise ressenti par le personnel, ils vont devoir être traînés devant les tribunaux ? Émilie : À vrai dire, la responsabilité civile de l’État se substitue à celle de ses agents. Cette responsabilité pourrait donc être mise en œuvre devant les tribunaux civils si les membres de l'établissement ne prenaient pas, en fonction de leurs pouvoirs et de leurs moyens, les mesures de vigilance et de contrôle qui permettent raisonnablement de s’assurer que les élèves ne portent pas préjudice à des tiers. Christophe : Mais l’établissement lui-même ne peut-il pas se retourner contre les auteurs du délit ? Émilie : Si, bien sûr, contre l’agresseur et contre celui qui a filmé. Des sanctions peuvent être prononcées sur la base du règlement intérieur, en fonction de la gravité des faits. Christophe : Avant d’aborder cette notion, je pense qu’une petite synthèse serait la bienvenue, Émilie. Le document 3 apparaît sur le second écran Émilie : Oui, bien sûr… L'institution scolaire assume la responsabilité des élèves qui lui sont confiés. Christophe : Cette responsabilité s'étend à l'intérieur des locaux scolaires, y compris dans la cour de récréation. Émilie : Elle concerne les enseignants ainsi que toute personne qui participe à la mission éducative de l'établissement. Christophe : Lorsque le dommage a pour cause une faute de surveillance, la responsabilité civile de l’État se substitue alors à celle de l’agent fautif. Christophe (poursuivant) : On se retrouve après ça…. Page 4 sur 6 Internet responsable – Situations d'usage : script de la vidéo Séquence 5 – Charte d’utilisation des services informatiques Christophe : Nous passons maintenant du strict cadre juridique au cadre éducatif. Nous avons déjà abordé la question de la charte d’utilisation des services informatiques dans l’émission "Protection de la vie privée" que vous pouvez consulter sur notre site. Émilie, il me semble que la clé de la prévention contre de tels phénomènes doit se trouver à l’école…. Émilie : Bien sûr, et une telle charte est déjà en soi un acte citoyen en plus d’être un acte juridique définissant solennellement les droits et devoirs des élèves. Les chartes ont l'avantage d'encadrer une liberté d'usage, au plus près des pratiques. Leur but est de responsabiliser les utilisations des nouvelles technologies en attirant l'attention sur tous les dangers qu'il y a à les utiliser de manière incorrecte. Christophe (face à nous) : Pour que cette charte ait un impact maximum, il vaut mieux la faire au moins partiellement rédiger par les élèves eux-mêmes, après des débats dans toutes les instances et cours où cela a un sens éducatif. Émilie : Et pour qu’elles aient valeur de loi dans l’établissement, il ne faut pas oublier de les intégrer au règlement intérieur et de les faire signer, y compris par les élèves mineurs. Le document 4 apparaît sur le second écran Christophe : Il ne faut pas hésiter non plus à les diffuser le plus largement possible et à en parler dès que possible. À propos de diffusion, vous pouvez nous envoyer votre petit récapitulatif, Émilie. Émilie : Donc, pour mémoire, nous vous rappelons qu’une charte précise les règles d’utilisation des outils de communication et d’internet. Christophe : Elle précise les sanctions en cas de dérive et doit être discutée, rédigée par les élèves. Émilie : Elle doit être intégrée au règlement intérieur et signée par tous. Christophe : Enfin, elle doit être diffusée très largement. Christophe (poursuivant) : Le cas d’aujourd’hui est suffisamment grave pour justifier encore plus que d’habitude notre rappel des points que nous avons abordés tout au long de l’émission. Émilie : Oui, Christophe, vous avez entièrement raison. Je vous rejoins sur le plateau… Après ça (elle lance l’animation)… Séquence 6 – Synthèse générale Le document 5 est déjà sur l’écran Christophe : Si ces faits nuisent également à l’image des réseaux sociaux euxmêmes, on ne dira jamais assez que la gravité de tels actes indignes entraîne pour leurs auteurs des sanctions très lourdes dont ils n’ont absolument pas conscience. À vous, Émilie… Émilie : Le happy slapping consiste en une agression diffusée sur internet et l’auteur de la diffusion est tout aussi condamné que l’agresseur. Page 5 sur 6 Internet responsable – Situations d'usage : script de la vidéo Christophe : Les mineurs de plus de 10 ans sont pénalement condamnables et les peines sont d’abord éducatives puis après 13 ans, elles peuvent représenter la moitié de celles destinées aux adultes. Les parents peuvent voir engagée leur responsabilité civile. Émilie : L’institution éducative et ses membres sont responsables de la sécurité des élèves qui leur sont confiés et s’il y a défaut de surveillance, la responsabilité civile de l’État se substitue à celle de l’agent public. Christophe : Les chartes de bonne conduite ont une valeur éducative et juridique. Elles posent les droits et devoirs des utilisateurs de l’internet et des outils de communication au sein de l’institution éducative. Émilie : Voilà, Christophe, l’émission d’aujourd’hui nous enseigne une fois de plus que la mise en place d’une bonne politique de prévention négociée entre tous est le plus sûr moyen de vaincre l’imbécilité où mène parfois ce fameux buzz. Christophe : On se retrouve très prochainement pour une nouvelle émission… À bientôt. Émilie : À bientôt… Fin Page 6 sur 6