Les ingrédients de la réussite
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Les ingrédients de la réussite
Le journal du Conseil général Mars/Avril 2013 N°41 14 p Solidarité vers une mixité des métiers 16 p Expertise économie et tourisme main dans la main 20 p Culture les archives départementales sur la toile 9 d os si er P Manger bio, proche et juste Les ingrédients de la réussite 2 som m a i re 4 18 22 page Chantiers, ça se passe près de chez vous pages à Le magazine du Cher Portraits • Victor Teixeira : 5 8 un pro au service des pros pages à Zapping • Noémie Chignardet : au fil de sa passion 1 4 17 pages à Le Cher en actions Solidarité • Céline Lamour-Crochet : du manche à la plume Culture 14 « Ma fille est mécanicienne auto… Mon fils esthéticien » Développement 20 • Le patrimoine du département mis en ligne 15 Sport Cher 2021 : maintenant, la parole est à vous ! Expertise 18 & 19 Dossier 9 à 13 pages Manger bio, proche et juste Les ingrédients de la réussite En lançant l’opération « Manger bio, manger proche, manger juste », personne n’imaginait que la mayonnaise prendrait aussi vite et entraînerait autant de changements d’habitudes. Depuis octobre 2011, les cuisiniers des collèges retrouvent le plaisir des achats directs, les gestionnaires repensent leur budget, les agriculteurs « bio et conventionnels » structurent un nouveau débouché, les professeurs imaginent des ateliers pratiques et les élèves découvrent des goûts plus vrais et le travail des producteurs. Une vraie révolution de palais ! 21 • Le sport, c’est la santé 16 & 17 Événements Ad2t : économie et tourisme main dans la main 22 23 page Politique Les tribunes des groupes politiques du Conseil général Le service public départemental Hôtel du Département 1 , Pl ace Marcel Pl aisant – CS N° 30322 – 18023 Bourges cedex Tél . 02 48 2 7 80 0 0 – www.cg18.fr ! Accueil de 8 h 30 à 12 h 30 et de 13 h 30 à 17 h 30. Le Cher… Solidarités Maison des solidarités : Archives départementales • Est Îlot Saint-Abdon 18800 BAUGY – Tél. 02 48 27 33 95 • Ouest Rue de la Solidarité 18700 SAINT-FLORENT – Tél. 02 48 25 26 30 Rue Heurtault de Lamerville à Bourges Tél. 02 48 55 82 00 Musée départemental de la Résistance et de la Déportation Rue Heurtault de Lamerville à Bourges Tél. 02 48 55 82 60 Lecture publique Chemin du Grand Mazières à Bourges Tél. 02 48 55 82 80 Maison départementale des personnes handicapées Route de Guerry à Bourges Tél. 02 48 27 31 31 N° Vert 0 800 2006 18 Centres de gestion de la route (coordonnées sur inforoute18.fr) Centres médico-sociaux, centres de planification ou d’éducation familiale (coordonnées sur cg18.fr et dans les pages jaunes de l’annuaire) c h er m a g a z i ne| n°41 | m a r s - av r i l 2 013 Laboratoire départemental d’analyses Rue Louis Mallet à Bourges Tél. 02 48 21 15 31 Pyramide du Conseil général Route de Guerry à Bourges Tél. : 02 48 27 80 00 Tourisme, culture, jeunesse et sports, économie et enseignement supérieur, développement durable, environnement, agriculture, aménagement du territoire, logement et déplacements, éducation, patrimoine immobilier, routes, action sociale et insertion. … en ligne … à votre écoute Retrouvez toute l’actualité du Conseil général du Cher sur www.cg18.fr • @tout18 : Pour adresser un courriel, utilisez le formulaire de contact : www.cg18.fr/contact/ • Allô Lignes 18 : 0 800 10 18 18 • Viabilité hivernale : 0 800 15 15 18 • Centre de planification ou d’éducation familiale à Bourges : 0 800 30 18 18 • Le Fil (service d’écoute, de conseil et d’accompagnement des parents, des adolescents et des enfants) : 0 800 41 18 18 • Maison départementale des personnes handicapées : 0 800 20 06 18 www.archives18.fr www.inforoute18.fr www.lignes18.fr www.colleges18.fr www.atout18.fr www.oleop.fr www.chermedia.com www.resistance-deportation18.fr www.polechevaletane.com www.roulottesduberry.com www.poledesetoiles.fr www.halledegrossouvre.com www.berrycyclettes.fr www.maisons-solidarites18.fr 02 48 27 80 77 Numéros Vert (appel gratuit depuis un poste fixe) : Numéro Azur (prix d’un appel local) : • Attentif seniors 18 : 0 810 318 000 é d it o Collèges : cultivons le bien manger Le dossier de ce numéro est consacré à « manger bio, manger proche, manger juste ». De nombreux exemples concrets de l’action du Conseil général sont présentés et deux vice-présidents soulignent l’implication de notre collectivité dans cette démarche. Celle-ci rencontre en effet un large écho chez nos concitoyens, qui découvrent l’importance d’une alimentation saine et équilibrée pour préserver une bonne santé. L a restaur ation n ’est pa s le seul d om aine d’intervention du Département dans les collèges . Les campagnes répétées contre l’obésité et le surpoids ont permis Ici , Al ain R afesthain lor s de l a convention entre le Département e t le Rec tor at sur l a mise en à notre pays d’éviter les dérives préoccupantes d’autres contrées où œuvre de l’Espace numérique de tr avail dans les collèges du Cher . la « malbouffe » règne en maître, mais l’effort doit être maintenu et poursuivi. Les enfants et les jeunes sont le vecteur privilégié de cette démarche. Or, le Département est en première ligne dans ce combat à travers les restaurants des collèges dont il a la charge. Une politique Il s’agit, tout en veillant à conserver des prix abordables, de cohérente en faveur développer le recours à des producteurs bio, ou de proximité. des enfants et des Ainsi, l’économie locale se trouve également encouragée, ce producteurs locaux. qui complète la cohérence de cette politique, utile tout à la fois aux enfants, et donc aux familles, et aux producteurs locaux. Beaucoup de nos concitoyens ignorent ou connaissent mal les missions et les actions du Conseil général. La plupart d’entre elles sont à l’image de cette démarche, c’est-àdire des mesures concrètes, qui concernent la vie de tous les jours des habitants du Cher, qui vont dans le sens d’une meilleure qualité de vie, et toujours dans un souci d’équité. Bon appétit ! Alain Rafesthain ©DR ©DR ©DR Hommage Trois anciens conseillers généraux nous ont quittés début 2013. Saluons leur engagement dans l’action publique, au niveau départemental comme dans leurs communes. • Pierre Signargout : conseiller général de Levet de 1972 à 1998, vice-président en charge des sports et maire de Plaimpied-Givaudins de 1977 à 1983. Il fut président du Comité du Cher d’athlétisme. • Bernard Boussard : conseiller général de 1982 à 1994 et maire de Dun-sur-Auron de 1989 à 1995. Il fut à l’origine de la première épicerie sociale du département en 1994. • Joseph Gueguen : conseiller général de 1979 à 2004 et maire d’Henrichemont de 1970 à 1995 où il accompagna notamment la reconstruction du collège. Curieux de nature et facile d’accès, il était apprécié de tous. c h er m a g a z i ne| n°41 | m a r s - av r i l 2 013 3 4 ch a nt i er s Ça se passe près de chez vous Aubigny-sur-Nère Aubigny-sur-Nère Maison des solidarités-Nord Extension à partir des locaux existants du Centre médico-social. (fin des travaux : mars) Fussy RD 940 Construction d’un giratoire au carrefour entre la RD 940 et la future rocade nord-est de Bourges (fin des travaux : mars) 300 000 € 1 400 000 € Fussy Saint-Florentsur-Cher Saint-Florent-sur-Cher Sancoins Bruère-Allichamps 100 000 € Saint-Amand-Montrond Saint-AmandMontrond Foyer de l’enfance Le foyer de l’enfance de SaintAmand-Montrond est une antenne du Centre départemental de l’enfance et de la famille. Il accueille et assure la prise en charge éducative de 12 enfants de 6 à 18 ans. Après plusieurs mois de réhabilitation, le foyer de l’enfance de Saint-Amand a fait peau neuve. Il bénéficie désormais de locaux entièrement rénovés, d’une surface agrandie et respecte ainsi les normes d’accessibilité et de développement durable. 1 830 000 € Sancoins Bruère-Allichamps Retrouvez l’ensemble des travaux sur cg18.fr, inforoute18.fr et colleges18.fr Abbaye de Noirlac Réhabilitation de la ferme en atelier d’artiste (avril – mai) 2 000 000 € Aménagement de l’enceinte de l’abbaye - Démarrage des études 1 600 000 € c h er m a g a z i ne| n°41 | m a r s - av r i l 2 013 Collège Voltaire Création d’une section d’enseignement général et professionnel adapté (SEGPA) (de février à mai) RD 2076/920 Construction d’un carrefour giratoire (fin des travaux : mars) 600 000 € za ppi n g arrêt sur images Cher 2021 Les jeunes mènent l’enquête L es questionnaires Cher 2 02 1 destinés aux jeunes du Cher vont bient ôt parler . Objectif : permettre aux collégiens , lycéens , étudiants , demandeurs d ’ emploi et apprentis de s ’ e x primer sur leurs attentes pour les années à venir . Une mission confiée par le Conseil général aux étudiants de l’ IU T de B ourges , de la conception à l’analyse des questionnaires . Une manière simple et originale d ’associer la jeunesse du département À cette démarche participative . Développement Recticel, fabricant belge de mousse polyuréthane, vient d’implanter sa nouvelle unité française de production de panneaux d’isolation thermique à Bourges. Cette implantation, rendue possible notamment grâce au dispositif « Cher Immobilier entreprise » du Conseil général (à hauteur de 139 600 euros), va générer la création de 40 emplois sur 3 ans. S. G. C. B. Des vacances « 3 étoiles » en roulottes Installé au cœur du parc de nature et loisirs du Pôle du cheval et de l’âne à Lignières, le village de roulottes offre à ses visiteurs un cadre de détente insolite. Dépaysement, cocooning, authenticité et activités en pleine nature… N’hésitez plus, pour vos séjours, les roulottes vous attendent ! C. B. Cécile Duflot à Noirlac « C’est magnifique, un tel patrimoine ! » La ministre de l’Égalité des territoires et du Logement a visité le centre culturel de rencontre de Noirlac début février. Dans la matinée, elle avait rappelé son attachement au service public de proximité lors de la signature à Châteaumeillant de la convention Plus de services au public avec 19 opérateurs et collectivités du Cher. S. G. www.roulottesduberry.com Tél. : 02 48 60 28 12 c h er m a g a z i ne| n°41 | m a r s - av r i l 2 013 5 6 za ppi n g i Printemps de Bourges i Le Conseil général se bouge ! Pour ce 38e Printemps, du 23 au 28 avril, le Conseil général crée l’événement et investit les allées du festival. Une grande première ! Fin du traditionnel stand du Département. Cette année, il sera question de flashmobs tant prisés des internautes, d’animations de rue interactives, de performances spécialement créées pour l’événement par des jeunes du département et des associations locales. D’autres actions sont renouvelées : des navettes gratuites Lignes 18 pour participer à la fête et en revenir, ou encore une master class organisée pour des collégiens avec un chanteur ou un musicien. Le Conseil général est partenaire du concert de Mika, Benjamin Biolay et Mélissa Laveaux le 25 avril. S. G. A. p l u s d’i n f o s s u r cg18.fr, colleges18.fr, et lignes18.fr i Enseignement postbac i 900 foyers, particuliers et professionnels, dans les 274 communes partenaires de l’opération, bénéficient aujourd’hui d’un accès Internet de qualité depuis 2011, grâce au dispositif Atout 18. * Informations au 02 48 27 80 77 ou sur www.atout18.fr Le Cher passe à la vitesse supérieure L’Institut national des sciences appliquées (INSA) Centre Val de Loire verra le jour à Bourges le 1er janvier 2014. Ce 6e INSA de France pourra accueillir à terme plus d’un millier d’étudiants. Il résulte d’une mutualisation sur Bourges de l’École nationale supérieure d’ingénieurs de Bourges (ENSIB) et de l’École nationale d’ingénieurs du Val de Loire (ENIVL) de Blois. Il associe également l’Université d’Orléans avec l’antenne de l’UFR de sciences à Bourges, et bénéficie de la filière apprentissage de l’école Hubert Curien. Cette création confirme une forte dynamique régionale réunissant les potentiels de Bourges, de Blois, du département du Cher et de la région Centre. Le Conseil général l’inscrit dans la dynamique jeunesse de « Cher 2021 » autour de trois priorités : recherche et innovation, formation, insertion professionnelle. A. R. i Le département à votre service i Quand les routes prennent froid Massages pour bébé Les massages prennent de plus en plus de place dans le développement des liens entre les bébés et leurs parents. Ils contribuent aussi à l’éveil de l’enfant et multiplient les moments de complicité. Des ateliers gratuits, animés par les professionnels de la protection maternelle et infantile du Conseil général, sont organisés dans les centres médicosociaux. Renseignez-vous ! C. B. c h er m a g a z i ne| n°41 | m a r s - av r i l 2 013 « L’eau est l’ennemi de la chaussée », prévient Michel Gouttebessis, directeur adjoint chargé des routes au Département. Alors l’hiver… ! « Les revêtements sont sensibles aux cycles gel/dégel provoqués par les basses températures, au sel répandu et à l’humidité qui, en s’infiltrant, peut avec le gel agrandir des fissures et générer l’arrachement de granulats. » Résultats ? « Des nids-de-poule peuvent apparaître, voire une dégradation complète d’un revêtement. Et quand les sols sont gelés en profondeur, des barrières de dégel peuvent être imposées, restreignant la circulation des poids lourds. » Des dégradations auxquelles font face 210 agents de terrain, en surveillant régulièrement l’état des chaussées, soit en intervenant euxmêmes sur les nids-de-poule, soit en programmant les renouvellements de la couche de roulement. E. B. za ppi n g 7 i Budget 2013 i Priorité à l’emploi et à l’investissement Prudent, responsable et durable, le budget 2013 est un budget de transition. Il tient compte du contexte économique et financier peu favorable et des marges de manœuvre contraintes dues en partie à l’augmentation des trois allocations nationales de solidarité (APA*, rSa* et PCH*) à la charge des Départements. Il donne la priorité à l’emploi à travers un haut niveau d’investissement pour soutenir l’activité économique locale, et au maintien d’un service public de qualité. Pour 100 E dépensés : 14,14 € 13,94 € 11,32 € Soutien aux aînés Accompagnement social et professionnel Personnes handicapées 11 € 9,53 € 8,68 € Famille Éducation et transports scolaires Routes et déplacements * Allocation personnalisée d’autonomie, revenu de Solidarité active, Prestation de compensation du handicap. 1 Soutien aux aînés Allocation personnalisée d’autonomie, aide sociale à l’hébergement… 2 Accompagnement social et professionnel Revenu de Solidarité active, contrats aidés, fonds sociaux… 3 Personnes handicapées Prestation de compensation du handicap, allocation compensatrice pour tierce personne, aide sociale à l’hébergement… 4 Famille Protection maternelle et infantile, protection de l’enfance, accompagnement des familles… 5 Éducation et transports scolaires Convention pour la réussite des collégiens, travaux et restauration dans les collèges, Lignes 18 scolaires… 6 Routes et déplacements Entretien et exploitation de la voirie et des ouvrages d’art, transports interurbains Lignes 18… 7 Services généraux Bâtiments, systèmes d’information, achats, marchés publics, ressources humaines, imprimerie… 8 Remboursement de la dette 9 Développement économique Soutien aux entreprises, à l’innovation, à l’emploi, à l’enseignement supérieur, à l’économie sociale et solidaire… Aménagement du territoire et environnement Logement, environnement, agriculture, tourisme, laboratoire départemental d’analyses, aide aux communes… Protection civile Service départemental d’incendie et de secours Culture, sports, jeunesse Lecture publique, archives départementales, contrats culturels de territoire, soutien aux associations sportives et culturelles… 8,16 € 6,25 € 4,27 € Services généraux Remboursement de la dette Développement économique Animation sociale des territoires Maisons des solidarités… Sur 100 € de dépense totale en fonctionnement et en investissement, conformes aux missions du Conseil général et nécessaires aux besoins de la population sur l’ensemble du territoire, la répartition par poste s’effectue selon l’infographie ci-contre. Pour chaque poste de dépense, sont inclus les salaires des personnels correspondants. Pour le budget primitif 2013, cette dépense totale atteint 392,4 millions d’euros. 4,03 € 3,61 € 2,54 € 2,53 € Aménagement du territoire Protection civile Culture, sports, jeunesse Maisons des solidarités c h er m a g a z i ne| n°41 | m a r s - av r i l 2 013 8 za ppi n g i Forum i Garder un enfant, faire garder son enfant… Les parents comme les assistants maternels ont besoin d’être informés sur leurs obligations, la réglementa- tion en vigueur, les exigences liées à la professionnalisation du métier. C’est l’un des buts de ce 3e Forum « Emploi Parents et Assistants maternels »* mais ce n’est pas le seul. Il s’agit aussi de permettre aux parents en recherche d’un assistant maternel et aux assistants maternels en recherche d’employeurs de se rencontrer. S. G. Samedi 23 mars de 14h à 18h dans le hall de la mairie de Bourges * Forum organisé par la Caisse d’allocations familiales, Pôle emploi, le CCAS de Bourges et la Fédération des particuliers employeurs (FEPEM), avec la participation du Conseil général. i Agriculture i S’installer avec Nina i Exposition i « Carnet de voyage en Pays Berry Saint-Amandois » Ouvrir notre regard à la présence des êtres et des choses. Tel est le f il conducteur de l’action menée par l’association « Ateliers du Grand Planche » auprès des anciens dans cinq maisons de retraite et d’enfants de centres de loisirs du sud du département. Il s’agissait pour chacun de raconter sa vie, ses joies, les lieux où il vit ou a vécu, ses envies, ses relations avec les autres. Ce travail de longue haleine mais d’une grande richesse humaine est réuni dans un carnet de voyage (illustrations, photos, croquis…) présenté du 10 au 23 mars 2013 à la salle des fêtes, place Carrée à Saint-Amand. S. G. Association du Grand Planche : 02 48 60 55 89 Le geste écocitoyen Pesticides : apprenons à faire sans ! Depuis 2005, le Conseil général du Cher finance le dispositif « Nouvel Installé Non Aidé », ou Nina, destiné aux candidats à l’installation agricole ne remplissant pas les conditions (âge, diplôme) pour bénéficier de la dotation Jeunes agriculteurs. Nina, de son petit nom, propose un diagnostic économique du projet et la mise d’un tutorat avec un agriculteur exerçant la même activité. 51 diagnostics ont été réalisés dans le Cher depuis la création de Nina, avec 42 installations à la clé, dont la moitié par des personnes non issues du milieu agricole. Ce dispositif, initié par le Cher, a fait école puisque la Région Centre le propose désormais à l’échelle de son territoire. c h er m a g a z i ne| n°41 | m a r s - av r i l 2 013 Les produits utilisés pour lutter contre les pucerons ou les limaces, détruire les mauvaises herbes ou combattre les maladies ne sont pas des traitements anodins. Ce sont des pesticides, dont les conséquences sur l’environnement, les nappes phréatiques, la biodiversité, la santé, existent. Voici 4 pistes pour jardiner autrement : faire connaissance avec l’environnement de son jardin, et ensuite adapter ses pratiques de jardinage, prévenir plutôt que guérir (observer, comprendre, respecter des règles simples), accepter de redonner des droits à la nature ; et redécouvrir le plaisir d’un jardin en harmonie avec la nature. A. S. M. plus d’infos sur www.jardiner-autrement.fr restauration dans les Collèges handicap dossi er 9 En lançant l’opération « Manger bio, manger proche, manger juste », personne n’imaginait que la mayonnaise prendrait aussi vite et entraînerait autant de changements d’habitudes. Depuis octobre 2011, les cuisiniers des collèges retrouvent le plaisir des achats directs, les gestionnaires repensent leur budget, les agriculteurs « bio et conventionnels » structurent un nouveau débouché, les professeurs imaginent des ateliers pratiques et les élèves découvrent des goûts plus vrais et le travail des producteurs. Une vraie révolution de palais ! Manger bio, proche et juste Les ingrédients de la réussite c h er m a g a z i ne| n°41 | m a r s - av r i l 2 013 restauration dans les Collèges 10 dossi er Manger bio, manger proche, manger juste Enthousiasme et surprises Le Conseil général met les petits plats dans les grands pour les demipensionnaires des collèges depuis 2006. « Bio, proche et juste », c’est la cerise sur le gâteau, la belle récolte qui pousse sur un terrain bien préparé. Et cette récolte-là n’a subi ni sécheresse ni coup de gel. Au contraire, c’est une opération généreusement menée ! Hériter de la compétence restauration amène des remises en question et des améliorations progressives. Depuis sept ans, les actions du Conseil général sont nombreuses suivant la feuille de route suivante : création d’un réseau de cuisiniers qui ont conçu des fiches-recettes et des nouveaux outils informatiques pour l’élaboration des menus ; promotion de l’équilibre alimentaire ; réflexions sur les filières d’approvisionnements ; rénovations des selfs et des cuisines ; mobilisation autour de l’hygiène alimentaire ; accès pour tous à la cantine ; communication. « L’alimentation participe à la réussite scolaire et il est évident que nous devons sans cesse aller vers plus de qualité, explique Pascale Richard, chef de service à la direction de l’éducation. Nous avons peu à peu créé une conscience collective autour d’une approche globale, sur tous les aspects de la restauration. Par exemple, nous avons fait un travail avec le laboratoire départemental d’analyses pour dédramatiser ce qui concerne les règles sanitaires. » Après toutes ces avancées, « Bio, proche et juste » était une étape naturelle. c h er m a g a z i ne| n°41 | m a r s - av r i l 2 013 Une manne humaine et économique « Nous avions timidement commencé à contacter des producteurs locaux parce que en tant que cuisiniers nous aimons mieux travailler de bons produits mais nous connaissions mal notre patrimoine agricole local et encore moins le bio », explique Denis Lescale, chef animateur du réseau des cuisiniers. Le bouche-à-oreille est allé très vite en cuisine comme dans les champs, et la réalisation de l’annuaire des producteurs s’est imposée. De leur côté, les agriculteurs ont été « pas mal interpellés par la démarche et n’imaginaient pas fournir la restauration collective, précise Laure Amouriq, animatrice du Groupement des agriculteurs biologiques et biodynamistes du Cher (GABB 18). Ils ont vu qu’il n’y avait pas tant de contraintes ». En bio, comme en agriculture raisonnée ou traditionnelle, tout le monde a compris qu’il y avait là un nouveau débouché, très valorisant économiquement mais aussi humainement. La restauration en quelques chiffres 8 100 demi-pensionnaires 150 agents techniques 1,3 million de repas servis 2,5 millions d’euros d’achat de denrées dossi er au menu De la fourche à la fourchette Manger équilibré c’est bien, savoir ce que l’on mange c’est mieux… Fortes de cette vérité, Marie Garric et Hélène Rousseau, diétéciennes de l’association Plume, apportent la bonne parole alimentaire aux collégiens. Depuis 2009, elles aident les cuisiniers à établir leur plan alimentaire. Dans cette croisade diététique, elles sont soutenues par le Conseil général, l’Éducation nationale, l’association Bio Berry et entraînent avec elles infirmières, gestionnaires, professeurs, cuisiniers et agriculteurs. « Nous avons multiplié les actions pédagogiques auprès des élèves et les établissements rivalisent d’idées, résume Marie Garric. Nous ne faisons plus seulement de la prévention santé (l’obésité infantile stagne depuis 2008), nous avons un champ d’action énorme. » Avec « De la fourche à la fourchette », les élèves de 6e vont chausser les bottes et mettre le tablier dans quatorze collèges : création d’un potager à Henrichemont ; cueillette dans une exploitation et préparation d’un repas au self du Châtelet ; dégustation d’un petit déjeuner bio et local à Fernand Léger à Vierzon ; passage en cuisine pour quelques groupes à Châteaumeillant… D’autres iront visiter élevage de chèvres ou de vaches… « La prochaine étape est de les amener à réfléchir sur cet enjeu énorme : comment nourrir neuf milliards d’individus d’ici à cinquante ans en pensant à notre santé et notre environnement ? » De beaux exposés en perspective… Paroles à… Yves Masselin, chef cuisinier au collège Béthune Sully à Henrichemont « J’ai tourné dix ans en cuisine traditionnelle et gastronomique, un peu en restaurant d’entreprise, mais là, depuis 2010, j’ai 500 couverts avec l’école et je fais tout maison, même les sauces… Le réseau des cuisiniers m’a aidé à adapter mes recettes et à contacter des producteurs. Depuis, j’ai mon réseau : Catherine pour les fromages, Jérôme pour les légumes, l’Entraide du bassin d’emploi d’Aubigny, l’association le Relais à Fussy pour les légumes, je prends la charcuterie à Issoudun, l’épicerie bio à la plateforme Self Biocentre sur Orléans… Je panache en fonction des besoins et du budget ! Jérôme Segouin, producteur maraîcher à Humbligny. « Je suis installé depuis quatre ans sur un hec tare avec 1 000 m2 de serres. Je suis au marché d’Henrichemont, je sers la Biocoop de Bourges, quelques restaurants et épiceries. Je livre le collège depuis 2011. C’est un débouché intéressant avec une livraison hebdomadaire d’une certaine quantité de légumes. Des légumes tout juste cueillis ! Je suis content de nourrrir les collégiens avec des aliments sains et vivants. J’insiste sur ce mot “vivant”, ça fait vraiment la différence. » c h er m a g a z i ne| n°41 | m a r s - av r i l 2 013 11 restauration dans les Collèges 12 dossi er Une production planifiée Ce qui n’était pas prévu, et qui est le début d’une petite révolution, ce sont les changements dans les prévisions de repas et de culture. « Littré nous a commandé trois fois 60 kg de fraises pour trois repas entre mai et juin, résume Marc Stocker, de l’association le Relais à Bourges. Nous allons planifier la multiplication des pieds et la plantation sous serre mais nous allons avoir des angoisses même si les chefs ont conscience des aléas du temps. » D’un autre côté, certains producteurs ont pu écouler un excès de tomates de toutes les couleurs en les proposant aux chefs. Les noires de Crimée ont rassasié la curiosité des enfants sans pourrir sur pied. Enfin, les circuits courts ont un impact écologique réel. Six collèges pilotes Pour juger des retombées de cette action, le Conseil général a choisi d’étudier les habitudes d’achats de six collèges volontaires (Littré et Renoir à Bourges, Le Châtelet, Sancoins, Sancergues, Avord). « Nous avons ainsi recensé 2 500 références de produits achetés pour la restauration, détaille Pascale Richard. On n’imaginait pas cela. Il a fallu regrouper et organiser les données. Nous avons maintenant une base de données sur laquelle nous appuyer. » Si le bio est encore timide pour eux, entre 1,5 % et 11,5 % (en valeur), le local a fait une entrée remarquée, entre 13 % et 32,8 % des achats. Nous ne sommes pas encore dans le repas tout local ou tout bio mais l’idée mijote doucement tandis que se prépare à feu plus fourni, pour la rentrée prochaine, la chasse au gaspi. Une espèce bien connue de nos anciens ou comment respecter ce que les producteurs font pousser et que les cuisiniers mitonnent. S. G. A. Littré : du bon, du bio, de la communication Au cœur du vieux Bourges, le collège est l’un des 6 établissements pilotes pour « Manger bio, manger proche, manger juste ». L’équipe est soudée autour de l’amélioration des repas servis depuis 3 ans, même du côté de l’intendance. « à un moment, on a patiné car nous n’avions pas beaucoup de producteurs, maintenant on a l’annuaire, explique Denise Moreau, gestionnaire. En janvier, on a passé des commandes de fraises pour mai-juin et on va voir comment procéder pour les poulets. Cela change nos manières de planifier les budgets et les repas. » « Avec ces produits plus frais, plus mûrs, nous adaptons nos modes de préparation et de cuisson et surtout nous communiquons avec les enfants, précise le chef cuisinier Denis Lescale. Dès que nous servons des produits locaux et/ou bio, des panneaux présentent produits et producteurs et une petite coccinelle s’affiche au self. La première fois que l’on a proposé du poulet bio, tout le monde était un peu inquiet, car sa chair est plus sombre. Les élèves ont ensuite senti la différence de goût. De même, le pain bio est plus compact, plus nourrissant. Les carottes ont plus de saveurs… » Ce coup de vert a gagné les nouveaux plateaux de self et aussi les terrasses où pousseront bientôt fraises et légumes, à côté des petites serres, nourris avec le compost maison. De quoi animer les cours de sciences de la vie et de la terre. Allez prendre des idées sur le site dédié : www.collegelittre.net/restauration Des vergers écoresponsables Depuis 7 ans, les pommes de Nadine et François Gilbert (SCEA des Bouquets) sont croquées dans plusieurs collèges et lycées du département. Au centre hospitalier Jacques Cœur à Bourges, « les patients remangent des pommes grâce à lui », leur a-t-on dit… Quatrième génération d’arboriculteurs, François s’est installé en 1973, à Saint-Palais avec son père. En 2009, avec son frère, ils choisissent la voie de l’agriculture intégrée, utilisant les seuls produits autorisés par un cahier des charges draconien. Il y a des ruches dans les vergers pour la pollinisation, des coccinelles et des syrphes pour manger les pucec h er m a g a z i ne| n°41 | m a r s - av r i l 2 013 rons, des diffuseurs de phéromones pour perturber la reproduction du ver de pomme. « Et on travaille à la fourche et au fumier plaisante-t-il. On ne cherche pas à avoir une grosse récolte mais une récolte de qualité… Et malgré tout c’est rentable. » Rentable aussi le nouveau point de vente collectif « Au pré des fermes », créé à Fussy avec neuf agriculteurs associés et quinze déposants. « Nos buts étaient de créer de nouveaux débouchés mais aussi de répondre à une forte demande en vente directe, apporter de la qualité au plus grand nombre. » Ils avaient vu juste, tous les prévisionnels sont dépassés… S. G. A. dossi er Mais où dénicher les producteurs ? externe Cg 18 - Imprimerie Cg18 - ER-001142-1 - Novembre 2012 Groupement des agriculteurs biologistes et biodynamiques du Cher (GABB 18), il reprend les catégories d’aliments utilisées en cuisine : beurre-œufs-fromages et laitages, pains et farines, viandes, épicerie, fruits et légumes, autres fournisseurs. Un outil mitonné aux petits oignons devenu indispensable ! à constituer un annuaire de producteurs d’un traitement informatique destiné Les informations recueillies font l’objet données sont les collèges du Cher. dans les collèges. Les destinataires des à destination de la restauration collective en 2004, vous bénéficiez d’un droit d’accès et libertés » du 6 janvier 1978 modifiée Conformément à la loi « informatique en vous adressant au Correspondant vous concernent, que vous pouvez exercer et de rectification aux informations qui CEDEX. Plaisant - CS n°30322 - 18 023 BOURGES Informatique et Libertés - Place Marcel Conception et réalisation : PAO Communication La question « Où acheter proche ou bio ? » ne restera plus en suspens pour les cuisiniers et gestionnaires des collèges. Ils ont désormais un précieux annuaire présentant 105 producteurs, 9 grossistes, 8 magasins bio, 4 ateliers d’insertion et un point de vente collectif. Concocté avec l’aide de la Chambre d’agriculture, l’association Bio Berry et le > ANNUAIRE DES PRODUCTEURS à destination de la restauration scolaire des collèges du département du Cher Le Conseil général du Cher, chaque jour à vos côtés. www.cg18.fr www.cg18.fr i zoom sur… i Une légumerie pour prendre le relais questions à Paul Bernard, vice-président chargé de l’Agriculture, et Hubert Robin, vice-président chargé de l’éducation Pourquoi avoir donné trois axes à cette action : bio, proche, juste ? P. B. – Manger sain à un prix raisonnable est une valeur qu’il fallait redonner aux jeunes générations. Le bio est une évidence pour la santé mais les coûts ne permettent pas de tout passer en bio. En collaborant directement avec les agriculteurs, nous avons des produits de meilleure qualité et nous soutenons notre économie locale. H. R. – « Juste » concerne l’équilibre alimentaire. Depuis 2008, les actions ont été nombreuses dans les collèges. Le réseau des cuisiniers a réalisé des outils très performants avec un plan alimentaire sur cinq semaines. « Bio, proche, juste », c’est un niveau d’exigence supérieur et logique. Les beaux projets sont comme les beaux légumes, ils poussent à leur rythme… La commune de Marçais verra bientôt sa légumerie sortir de terre, fin 2013. 570 m2 dédiés à la transformation des légumes, épluchés, lavés, coupés ou non, crus ou cuits mais en tout cas sous vide, avec un autoclave pour les conserves de soupes et coulis. Le rêve de tous les cuisiniers et de l’association Le Relais, associée au projet pour 40 % de la construction, en chantier d’insertion, et pour le fonctionnement avec cinq à dix emplois à la clé. Le Relais, basé à Bourges, gère plusieurs structures d’insertion sur le département dont deux potagers bio. Il emploie 54 personnes dont 18 sur le potager situé à Marçais qui fournit paniers bio et confitures. Ce projet de 905 000 e est financé via le Contrat régional de pays (362 000 e), le dispositif « Cher Immobilier Collectivités » du Conseil général (100 000 e), un emprunt réalisé par la commune (181 000 e) et d’autres subventions (262 000 e). Comment organiser une action qui concerne autant d’acteurs d’horizons différents ? P. B. – Nos services Éducation et Agriculture sont côte à côte, à la Pyramide. Cela facilite les échanges. Ensuite, c’est un projet innovant qui provoque, sincèrement, l’enthousiasme chez tout le monde. Tout est plus facile quand il y a une volonté aussi forte. H. R. – Il y a bien sûr des réticences dues aux changements d’habitude. Il y a beaucoup de communication au sein des collèges pour fédérer l’ensemble du personnel, les professeurs, les élèves, les parents. Quels changements constatez-vous dans cette nouvelle approche de la restauration scolaire ? P. B. – Entre agriculteurs et cuisiniers, il y a une prise de conscience des exigences et des contraintes. Avant, chacun œuvrait dans son coin. Aujourd’hui, ils se rencontrent. Les cuisiniers vont sur les exploitations, et les agriculteurs découvrent les chaînes de restauration. H. R. – Il y a de la passion dans la cuisine ! Les cuisiniers retrouvent les valeurs premières de leur métier, valorisent des produits de qualité, font découvrir de nouveaux goûts. Les personnels scolaires échangent davantage avec les enfants. c h er m a g a z i ne| n°41 | m a r s - av r i l 2 013 13 C h er en a c t i on s le cher en actions 14 l e solidarité « Ma fille est mécanicienne auto… Mon fils esthéticien » L'égalité femme/homme passe aussi par la mixité dans tous les métiers. Les préjugés et les stéréotypes au sujet de métiers dits « féminins » et d'autres dits « masculins » restent encore vivaces. Afin de progresser vers une véritable égalité professionnelle, il est indispensable, comme le préconise la Charte européenne pour l'égalité de toutes et tous, d'encourager les femmes à acquérir les formations et les compétences vers des emplois généralement considérés comme « masculins » et vice versa. Et d'inciter tout autant les employeurs à recruter des femmes apprenties ou stagiaires sur des postes communément réservés aux hommes. Partout où la mixité marque des points dans les professions connotées « féminines » ou « masculines », les préjugés s'estompent très vite. Il suffit d'écouter Émilie Tranchard ou Vincent Mériot. La première est sapeur-pompier à Émilie Tranchard, sapeur-pompier à Bourges. Bourges. Dès l'âge de seize ans, elle s'engage comme volontaire à Saint-Florent. Trois ans plus tard, elle entre chez les Pompiers de Paris. Elle s'y forme puis, de 2003 à 2009, elle travaille à la brigade de Villejuif. « Dotée d'un caractère volontaire et bien trempé qui n'est pas réservé aux hommes, il s'agit avant tout pour moi Une charte européenne pour l’égalité Lors de l’assemblée du 10 décembre dernier, les élus ont adopté les orientations du plan départemental d’action en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes. Parmi les dispositions prioritaires et concrètes, le Conseil général du Cher doit prochainement signer la Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale. Celle-ci incite les collectivités territoriales à utiliser leurs pouvoirs et leurs partenariats en faveur d’une plus grande égalité pour toutes et tous. Pour Maxime Camuzat, vice-président en charge de cette question, elle implique un engagement d’autant plus important qu’elle réaffirme les droits fondamentaux à l’égalité et appelle à combattre tous les types de discriminations, les stéréotypes sexués et autres préjugés. « C’est d’autant plus crucial en période de crise que les femmes sont doublement touchées, insiste-t-il. Cette question de l’égalité doit être prise à bras-le-corps dans toutes les politiques publiques et à tous les niveaux. » Vincent Mériot, assistant maternel à Allouis. d'une vocation et d'un état d'esprit, que l'on soit femme ou homme. » Émilie assure d'expérience qu'elle n'a jamais été confrontée au moindre problème avec le milieu masculin. Vincent Mériot est l'un des deux hommes parmi trois mille femmes dans le Cher à travailler comme assistant maternel. Installé à Allouis, il occupe cette activité à domicile depuis mars 2009, après avoir mené une carrière de responsable commercial. Au début, les réticences sont surtout venues plus du côté des pères que des mères. « Elles réagissent positivement car avec un homme comme “nounou” elles ne craignent pas de transfert affectif du petit enfant vers une autre femme que sa propre mère. » Vincent est pleinement satisfait de son nouveau métier. Avec un autre collègue pionnier comme lui, ils ont créé une association chargée de promouvoir la vocation parmi les hommes. A. R. développement i Réunions publiques Cher 2021 l e C h er en a c t i on s i Maintenant, la parole est à vous ! Les habitants sont conviés à exprimer leurs avis pour le devenir du Cher lors de cinq réunions publiques. Ultime phase d’une concertation engagée depuis près d’un an, le Conseil général convie le grand public à participer aux réunions publiques réparties géographiquement sur le territoire. Moment privilégié d’échange avec les élus, il s’agit pour chacune et chacun d’apporter sa pierre à la construction collective du futur du Cher. Après les représentants des forces vives du département, les agents du Conseil général, les jeunes, c’est au tour des habitants en mars et avril de donner leur avis sur des pistes concrètes d’action. Celles-ci permettront à la collectivité départementale mais aussi à ses partenaires de mieux répondre pour les dix à quinze ans à venir aux besoins collectifs du Cher. Afin d’être encore plus constructifs, les participants aux réunions seront invités à prioriser les projets et les propositions émanant du travail réalisé depuis plusieurs mois dans les ateliers thématiques, à travers les questionnaires en direction des agents, des jeunes, et des contributions des partenaires institutionnels et socio-économiques du département. En juin, un projet de document d’ensemble résultant d’un an de concertations sera élaboré. À l’automne prochain, les élus du Conseil général auront à délibérer puis à adopter le document définitif de référence. E. B. Paroles à... Pourquoi sont-ils venus dans le Cher ? Qu’y trouvent-ils de positif ? Qu’espèrent-ils ? Questions posées à des résidents nouvellement installés. Carole Bass 42 ans, secrétaire administrative en recherche d'emploi. La Chapelle-Saint-Ursin « Venue de Toulon en août 2012 après la mutation de mon époux, militaire sur la base d'Avord, je constate qu'ici comme partout les difficultés sont les mêmes pour trouver du travail. Nous n’avons pas eu de problèmes pour inscrire deux de nos enfants au collège et en primaire, ce fut en revanche plus difficile pour notre aîné élève en lycée professionnel. Nous bénéficions des équipements nécessaires pour nos enfants. Le problème, c'est le manque de transports collectifs, de bus, pour que nos adolescents se rendent facilement le week-end à Bourges. » Propos recueillis par A. R. Alban Rousselot 25 ans, agriculteur. Arcomps « Producteur de céréales et de bovins allaitants, je suis installé comme jeune agriculteur dans le Cher depuis fin 2011 après avoir trouvé une exploitation en remplacement d'un départ en retraite. Ici, les terres sont bien moins chères qu'en Moselle d'où je viens. Je suis satisfait de ma première année d'activité. Le monde agricole du Cher est assez favorisé et surtout très solidaire. Le seul problème reste ce manque médical auquel on doit absolument remédier dans le rural. » Nicole Ovaere Retraitée. Bourges « Après avoir vécu dans différentes villes en France et à l'étranger, je suis contente de retrouver mes racines berruyères dans le calme d'une ville moyenne proche de Paris dont le secteur sauvegardé est bien préservé et où je peux vivre et marcher à proximité du centre-ville. Pour moi, amateur d'art, les expositions locales restent peu nombreuses et souvent modestes. Il est dommage qu'il n'existe pas un lieu où les collectionneurs régionaux puissent exposer leurs trésors et faire partager leur passion des objets anciens ou pas. » c h er m a g a z i ne| n°41 | m a r s - av r i l 2 013 15 16 l e C h er en a c t i on s expertise Économie et tourisme main dans la main Née du rapprochement de l'Agence de développement touristique (ADT) et de l'Agence de développement économique du Cher (ADC), l'Agence de développement du tourisme et des territoires du Cher (Ad2T) a pour mission, en mettant en commun les compétences, de doper l’attractivité du territoire, aussi bien pour les touristes que pour les investisseurs. L’entreprise Pole Position est installée à la Chapelle-Saint-Ursin. Elle est spécialisée dans la fabrication et le négoce de canapés. « Au niveau du PIB(1) par habitant, le Cher est au 59e rang. Notre but est de remonter dans le classement », explique Ludovic Azuar, directeur de l’Ad2T. Car l’objectif du Département est de renforcer son attractivité avec en point de mire « l’augmentation des créations d’entreprises et d’emplois durables dans le Cher, en consolidant le partenariat avec les acteurs publics et économiques locaux(2) ». Forte d’une équipe de 21 personnes, l’Ad2T, installée depuis le 1er janvier sur le site Lahitolle à Bourges, s’est vu confier trois missions : d’abord être une agence de prospection (recherche de marchés, etc.) et d’ingénierie (études, méthodes…) pour satisfaire les attentes clients (touristes, professionnels de c h er m a g a z i ne| n°41 | m a r s - av r i l 2 013 l’hébergement, entrepreneurs) et pouvoir accompagner les porteurs de projet. Mais aussi prospecter en France et à l’étranger, avec l’appui technique de son pôle développement, et gérer une base foncière et immobilière (terrains et locaux) pour pouvoir répondre vite à un investisseur. L’Ad2T anime en outre le Carré des Créateurs (pépinière d’entreprises) et Cadre 18, à la destination des porteurs de projet. Deuxième grande mission, la promotion et communication : salons spécialisés, communication personnalisée et ciblée (e-marketing) et, nouveauté, une offre de développement économique diffusée sur différents supports de communication. Enfin, l’Ad2T joue le rôle d’agence de voyages avec question à Irène Félix, vice-présidente chargée de l’économie et de l’emploi Quels sont les enjeux de l’Ad2T pour l’attractivité économique du Cher ? Le Cher a sa place à prendre dans l’accueil d’entreprises. Pour y parvenir, il faut coordonner les forces pour vendre l’image du Berry. Le rapprochement entre l’ADT et l’ADC va dans ce sens. L’image du Berry est positive. Il faut l’amplifier pour que les atouts du territoire séduisent des investisseurs : qualité de vie, des formations et de la main d’œuvre, villes moyennes et espaces ruraux avec un foncier abordable et une qualité de vie qui tranchent avec ceux des grandes métropoles. L’AD2T doit être aussi au service des territoires pour les aider à développer leurs projets, comme dans le cadre du « Grand Carénage » de la centrale de Belleville : c’est l’occasion pour les communes d’accueillir des investisseurs du secteur de l’hébergement, pour les entreprises de monter en puissance et de créer de l’emploi et de la formation sur les métiers liés au nucléaire ». Berry Province Réservation. « On produit, on vend et on commercialise des séjours pour les groupes et les individuels : en 2012, le total des ventes sur le Cher représentait un volume d’affaires pour l’Agence de 1,3 M€. L’idée est de faire venir des clients pour qu’ils “consomment le territoire” : en 2010, le tourisme représentait sur le Cher 230 M€ de dépenses. » expertise l e C h er en a c t i on s i Centrale de Belleville-sur-Loire i Le « Grand Carénage » : une chance pour le Cher L’attractivité : c’est l’affaire de tous ©Ad2T-R.Lacroix Il faut dire que le Cher a vraiment de quoi séduire ! Bourges, sa cathédrale, le palais Jacques Cœur, la route Jacques Cœur, l’abbaye de Noirlac, le Sancerrois… Et ici, « pas Le Château de Meillant est l’un des quinze sites remarquables de la Route Jacques Cœur. Pascal Méreau, vice-président chargé du tourisme ©CNPE-Belleville Le rush, c’est pour bientôt ! Dès 2014, la centrale nucléaire de Belleville-surLoire accueillera sur son site plus de 3 500 personnes avec un pic en 2019 ! Soit 1 500 de plus qu’en temps normal de maintenance. La raison ? Les travaux liés aux projets Grand Carénage (2 Mds €) et Partner (40 M€) pour les 10 ans à venir. Deux projets pour lesquels le Département attend des retombées : « EDF réserve au moins 15 % des marchés de travaux à des entreprises locales, explique Emmanuel Rochais, directeur de l’ingénierie économique et du tourisme au Conseil général du Cher. Une manne possible de quelque 306 M€ ! » Autres impacts, « une sous-traitance accrue par les grands groupes nationaux mobilisés sur le parc nucléaire français » et « des besoins en hébergement démultipliés près de la centrale » : une opportunité question à pour les opérateurs publics et privés de réaliser de nouveaux équipements. Ainsi, le Conseil général pilote un groupe interdépartemental associant le CNPE* de Belleville-sur-Loire, les Chambres consulaires (commerce et industrie, métiers et artisanat) et les agences de développement économique et touristique du Cher, de la Nièvre, du Loiret et de l’Yonne. * CNPE : centre nucléaire de production d’électricité. de tourisme de masse, mais une offre idéale pour les urbains stressés qui peuvent “lâcher prise” », souligne Ludovic Azuar. Dans cette optique, « l’attractivité est bel et bien l’affaire de tous, jusqu’à l’habitant » : chambres d’hôtes et gîtes notamment contribuent à faire du tourisme l’une des composantes majeures de l’attractivité. De quoi aussi accrocher les décideurs, intéressés par la situation stratégique du Cher au centre de la France, et aussi d’attirer le personnel des entreprises sensible à la qualité de vie. D’où l’importance de travailler en synergie avec les entreprises partenaires et les acteurs économiques du territoire autour de Berry Province. Une marque autour de laquelle tourisme et territoire se rencontrent véritablement. Pour preuve, la convention de partenariat conclue en juin 2012 avec l’Agence de tourisme de l’Indre pour commercialiser les Quels sont les atouts de la marque Berry Province ? Berry Province a été créé en 2010 pour nous différencier de la concurrence. Nous souhaitions sortir de l’enracinement dans lequel était le Berry. Il nous fallait offrir de l’inattendu, notamment aux Franciliens, réservoir de notre clientèle. Nous n’avons ni la mer ni la montagne mais un côté authentique, chaleureux et humain. Des sites aussi, une nature généreuse, des événements culturels et Bourges. C’est tout cela que porte la marque Berry Province. Le Berry est une destination pour être et non paraître. Cette démarche exemplaire de promotion et de valorisation touristique a été initiée il y a 15 ans avec l’Indre. Les deux départements promeuvent ensemble le Berry : aujourd’hui, 500 partenaires et acteurs économiques portent Berry Province sur les deux départements. Une marque qui se positionne parmi les cinq principales de la région Centre avec Touraine, Val de Loire, Loire à Vélo, Grands Sites du Val de Loire. produits sur l’ancienne province historique du Berry : l’occasion pour Berry Province de jouer, plus que jamais, sa carte séduction. A. R. (1) PIB : produit intérieur brut. (2) Établissements publics de coopération intercommunale – Communautés de communes et d’agglomération, syndicats de Pays – et Chambres consulaires – Chambre de commerce et d’industrie, Chambre de métiers et d’artisanat, Chambre d’agriculture… c h er m a g a z i ne| n°41 | m a r s - av r i l 2 013 17 m a ga zi n e du C h er Le magazine du cher 18 l e portraits Victor Teixeira Un pro au service des pros Sa mission : accompagner les créateurs et repreneurs d’entreprises et promouvoir le territoire à l’extérieur. Il débute sa formation par un CAP et un BEP de mécanique auto à Romorantin, la poursuit par un BTS assistance technique d’ingénieur au lycée de Bourges, puis par une licence professionnelle en gestion d’entreprise à l’IUT de Châteauroux. Avec toujours en tête cette même envie qui s’affirme : créer sa propre entreprise ou bien aider ceux qui se lancent dans l’aventure. La fibre familiale y est-elle pour quelque chose ? Sans doute. Son père a lui-même fondé une entreprise d’exploitation forestière et de négoce du bois. Seul le football pratiqué dès l’âge de six ans jusqu’à la trentaine dans les deux clubs de Salbris aurait pu distraire le jeune homme de ses intentions. Pas question. Victor Teixeira, 33 ans, marié et père d’une petite fille de deux ans et demi, est responsable depuis sa création en 2005 de la pépinière d’entreprises Espace Polypro, solidement installée à Vierzon. Cet engouement pour le milieu économique et le monde de l’entreprise s’est consolidé lors de sa dernière année de formation en licence professionnelle, option management des organisations. « Ce fut fort intéressant d’avoir des profs eux-mêmes professionnels de la gestion d’entreprise. » Un stage de quatre mois à l’Agence de développement économique de l’Indre forge sa décision. « Ça m’a vraiment plu et j’ai donc souhaité travailler dans l’accompagnement des créateurs ou repreneurs d’entreprises en faveur du développement des territoires. » Aujourd’hui, Victor Teixeira occupe les fonctions de chargé de mission et de responsable de l’Espace Polypro au sein de la Communauté de communes de Vierzon qui gère cette pépinière. Au bilan positif d’Espace Polypro, dix-sept entreprises dont douze toujours en activité et une quarantaine d’emplois ont bénéficié des nombreux services proposés. Preuve de dynamisme, un nouveau parc d’activités de 87 hectares va prochainement voir le jour sur le Pays de Vierzon. Y seront accueillis la pépinière, un hôtel d’entreprise, un centre d’innovation. Depuis deux ans, Victor Teixeira ajoute à ses missions celle de développeur/prospecteur. Il s’agit de promouvoir le territoire à l’extérieur, dans les salons professionnels et autres, d’inciter les entreprises à venir s’installer et se développer. Fort de l’expérience accumulée, il veut adresser un message à ceux qui souhaitent se lancer. « Votre territoire est équipé de structures compétentes et efficaces, ne vous lancez pas à l’aveuglette, n’hésitez pas à venir vous renseigner. » A. R. sports l e m a ga zi n e du C h er Noémie Chignardet Au fil de sa passion Vivre de sa passion. Beaucoup en rêvent, Noémie Chignardet l’a fait. En 2010, elle a créé à Bourges son atelier de couture avec un enthousiasme et une persévérance qui lui ont valu, en 2012, d’être la lauréate régionale du concours Talents des cités, dans la catégorie Création. Pourtant, Noémie s’était d‘abord orientée vers des études en diététique, avant de revenir à ses premières amours : « J’ai toujours aimé la couture. Au départ, c’était un loisir, qui a progressivement pris de plus en plus de place. » Jusqu’à devenir une évidence. Elle abandonne alors la diététique et passe un CAP Couture. Le diplôme en poche en juin 2010, elle crée son activité au mois de novembre suivant. « Je voulais être auto- nome, pouvoir gérer mon temps comme je le souhaitais avec, aussi, la possibilité de faire mes propres créations. » Pour réduire le coût de son installation, Noémie aménage son atelier-boutique Pensée couture dans le garage de sa maison, rue des Pijolins, dans le quartier du Val d’Auron. Par ailleurs, une couturière de Saint-Doulchard aiguille sa clientèle vers la jeune femme, qu’elle avait eue en stage. Son activité de retouches et création d’accessoires débutait ainsi sous de bons auspices. Deux ans après, le chiffre d’affaires est croissant, Noémie Chignardet accueille à son tour des stagiaires et envisage de développer son activité vers la corseterie. La belle histoire de Noémie a séduit les organisateurs du concours Talents des cités, qui récompense l’esprit d’entreprise dans les quartiers. Son prix lui a été remis au Sénat en octobre dernier. Céline Lamour-Crochet Du manche à la plume Avec sa fine silhouette et ses longs, très longs cheveux, elle pourrait virevolter comme une princesse dans les livres pour enfants qu’elle écrit. Mais « il faut se méfier des princesses », comme le dit Céline Lamour-Crochet. Celle-ci rêvait de prendre les airs et devint, à 19 ans, pilote de transport dans l’armée et instructeur. De quoi asseoir son goût pour la rigueur, le partage des connaissances, l’engagement. Virage à 80° en 2009 ! Après un mariage, deux enfants et dix-sept ans d’armée, elle s’installe à Bengysur-Craon et se transforme en auteur, d’abord pour « inventer des histoires qui leur correspondent ». Depuis, 60 histoires ont vu le jour sous sa plume magique, ainsi que des ateliers pour les petits, pleins d’humour, où planent les valeurs universelles de respect et de solidarité. Sensible et engagée, son dernier album La Petite Bille de Camille met des mots tendres et vrais sur la vie des enfants cancéreux dans un hôpital. « Il n’y avait rien pour les enfants, les parents et le corps médical, alors j’ai travaillé avec l’association l’Étoile de Martin* à laquelle les droits sont versés. » Face aux problèmes de scolarité des petits hospitalisés, elle a créé des supports pédagogiques pour l’apprentissage de la lecture, gratuits, téléchargeables sur son blog et surtout adaptables aux centres d’intérêt de l’enfant. Une bouffée de soulagement pour les parents. S. G. A. Blog : celinelamourcrochetwix.com * L’association l’Étoile de Martin soutient la recherche sur les cancers de l’enfant et offre des moments de détente aux enfants hospitalisés. En savoir plus sur letoiledemartin.fr. c h er m a g a z i ne| n°41 | m a r s - av r i l 2 012 19 20 l e m a ga zi n e du C h er culture i Archives départementales i Le patrimoine du département mis en ligne Les archives numérisées sont consultables grâce au site www.archives18.fr Installé chez vous devant votre ordinateur, vous souhaitez lire des registres paroissiaux de votre commune datant d’avant la Révolution française, examiner l’acte de naissance d’un ancêtre né dans le Cher sous Napoléon III, ou compulser un recensement de 1911, c’est maintenant possible depuis l’ouverture en décembre dernier du site www.archives18.fr. Plus de 1 800 000 pages numérisées sont facilement consultables. D ès la page d’accueil, un ensemble de services en ligne sont proposés dont l’inventaire de l’ensemble des archives consultables. Après s’être inscrit sur le site et créé son espace personnel, l’internaute accède aux documents par un formulaire de recherche. Autre innovation, il peut apporter et annoter des compléments d’analyse directement sur le site, qui enrichissent la base de données et favorisent Xavier Laurent, directeur des Archives départementales, n’en revient pas : 22 000 internautes ont visité le site durant le premier mois d’ouverture. c h er m a g a z i ne| n°41 | m a r s - av r i l 2 013 la recherche pour d’autres internautes. Les généalogistes sont les premiers heureux. Retraité passionné, Bernard Simon travaille depuis plusieurs années sur l’arbre généalogique de son épouse. Actuellement, il approfondit sa recherche au début du XVIIe siècle sur quelques noms. « Je peux maintenant consulter et imprimer chez moi quand je veux dans la journée avec la même qualité qu’en salle de lecture, assure-t-il. La mise en œuvre du site a été rapide et a d’emblée bien fonctionné. » Les premiers résultats témoignent de l’engouement public. Comme l’explique Xavier Laurent, directeur des Archives, la diffusion auprès du grand public est décuplée. Habituellement, 1 100 lecteurs se rendent chaque année dans la salle de lecture des Archives. Or, 7 500 espaces numériques personnels ont été créés et près de 22 000 internautes ont visité le site dès le premier mois d’ouverture. Afin de mieux répondre au public scolaire, le service éducatif des Archives peut proposer en ligne des analyses, des commentaires de documents, des expositions virtuelles. Il s’agit maintenant, selon Xavier Laurent, de favoriser l’interaction entre les Archives départementales, les généalogistes et le grand public. A. R. i Exposition i « L’enfance à travers les archives des XIXe et XXe siècles » Cette exposition inédite dans le département s’ouvre au public à partir du 26 mars*. Elle aborde notamment, à partir de documents des Archives du Cher, l’évolution du sort des enfants, les conditions de travail des apprentis, la vie des jeunes ouvriers, les lents progrès de la scolarisation, mais aussi des sujets comme la détention des mineurs délinquants, l’assistance publique, le destin des enfants dans les guerres mondiales… * Du 26 mars au 16 juin. Salle d’expositions temporaires. Archives départementales. Rue Heurtaut de Lamerville, Bourges. sports l e m a ga zi n e du C h er Le sport, c’est la santé Le Comité départemental olympique et sportif et le Conseil général œuvrent de concert pour promouvoir le rôle du sport en matière de santé et de bien-être. Le dépar tement du Cher compte environ 74 000 licenciés sportifs. Parmi eux, des champions et d'autres qui le deviendront, mais la très grande majorité pratique un sport d'abord pour le plaisir et pour garder la forme. Une tendance qui se développe avec la mise en évidence des bienfaits d’une activité physique régulière sur la santé : retard du vieillissement, lutte contre le surpoids, réduction des risques de maladies coronariennes… « Le sport a un vrai rôle à jouer en matière de santé p u b l iq u e, c o n f i r m e P a u l Carré, président du Comité départemental olympique et sportif (CDOS) du Cher. De plus en plus de personnes veulent pratiquer un sport pour se maintenir en forme, sans faire de compétition. On voit ainsi se développer des disciplines accessibles à tout public comme la marche, la gym volontaire, le VTT. » Cette accessibilité du plus grand nombre à la pratique sportive figure au cœur de la politique sportive du Conseil général du Cher, à laquelle le CDOS est étroitement associé. Cette préoccupation se traduit en particulier par une aide à la licence (de 15 à 60 euros) pour les jeunes de moins de 17 ans, et le souci d’une répartition équilibrée des équipements sportifs sur l’ensemble du département. Le Conseil général apporte également une aide à 50 comités sportifs et a noué avec 27 d’entre eux des contrats d’objectifs où le volet sport et santé occupe une place centrale. Des actions de sensibilisation Le CDOS comporte lui-même une commission spécialement dédiée au sport et à la santé, qui mène régulièrement des actions de sensibilisation : interventions dans les collèges et lycées, mise à disposition de panneaux d’exposition auprès des établissements, conférence sur le sport, la nutrition et la santé dans les entreprises et les clubs qui le souhaitent… Le CDOS a également été à l’initiative d’une bande dessinée intitulée Clean, dénonçant les méfaits du dopage, que le public peut se procurer gratuitement à la Maison départementale des sports. Et chaque année, en septembre, la journée nationale Sentez-vous sport est déclinée dans le Cher avec des initiations sportives et des stands d’information. « L’important, c’est de participer », clame la célèbre formule attribuée au baron de Coubertin, père des Jeux olympiques modernes. C’est encore plus vrai quand il s’agit de sport de santé. Alors, un petit footing ? c h er m a g a z i ne| n°41 | m a r s - av r i l 2 012 21 22 l e m a ga zi n e du C h er événements Les coups de cœur de… Katia Caritez Katia Caritez est responsable de la régie du festival Cosmic Trip à Bourges, après une formation au LFI de régisseur de production à Issoudun. La 17 e édition de ce festival se tiendra du 9 au 12 mai dans divers lieux à Bourges. Un rendez-vous atypique et de plus en plus populaire pour les fondus de Rock garage, mais pas seulement, qui réunira comme chaque année les meilleurs groupes (17 pour la 17 e édition) et plus de 120 bénévoles. Programme, info et réservation sur www.cosmictripfestival.fr – Katia : 06 81 59 09 56. Danse Les plus belles danses du monde également des danses plus traditionnelles comme le flamenco, les danses sibériennes… ou plus modernes comme certaines figures de jazz. perpétuent l’art de la terre. Une tradition qui remonte au XIIe siècle ! La Borne - Henrichemont Tél. : 02 48 26 96 21 www.laborne.org Le 4 avril à 20 h 30 Théâtre du Mac Nab – Vierzon Tél. : 02 48 53 02 60 Galerie Capazza marient et se répondent. Dans un bâtiment du XVIIe siècle superbement restauré, rattaché au château de Nançay, au cœur de la Sologne, on peut y admirer ou se laisser surprendre par les œuvres d’artistes de notoriété internationale dans les registres les plus représentatifs des arts plastiques. Lieux d’expositions Du 23 mars au 16 juin Centre céramique contemporaine de La Borne Le Ballet du Théâtre de Sébastopol présente un spectacle exceptionnel où 50 artistes interprètent les plus belles danses de salon du monde : rumba, valse, tango, paso doble, salsa… Mais Une visite au Centre céramique contemporaine, ouvert en 2010, et on découvre dans un même lieu toute la richesse de la création contemporaine. Ce qui n’empêche pas de poursuivre son chemin et visiter les ateliers de la centaine d’artistes céramistes, installés dans le village et alentours, qui Grenier de Villâtre – Nançay Tél. : 02 48 51 80 22 www.galerie-capazza.com Jardin Les Jardins d’Orsan La Galerie Capazza est un lieu à part. J’aime cet endroit où patrimoine historique et art contemporain se Festival L’Air du temps du 8 au 11 mai Terre de chanson, Lignières a aussi son festival, porté par Les Bains-Douches. L’Air du Temps, dont ce sera la 22e édition, occupe une place importante dans le paysage national en tant que rendez-vous unique au service de la chanson. Mixant les générations et les cultures, il s’est affirmé et développé hors des modes. Chansons de plein vent et de résistance, chansons d’amour naturellement, à l’impertinence souriante et l’humeur vagabonde, L’Air du Temps accueille jeunes talents et artistes confirmés, dans une grande diversité de genres, de styles, de tons. La grande sophie - Victoire de la Musique album Lignes 18 et STI Centre vous proposent un transport gratuit entre Bourges et Lignières les jeudi, vendredi, samedi pour assister aux concerts du manège. chanson de l’année, sera à lignères cette année. Programme sur : www.bainsdouches-lignieres.fr Magazine imprimé en France sur papier « Eural Premium 90 g », recyclé à partir de vieux papiers et cartons désencrés et blanchis sans chlore, agréé par l’Association des producteurs et utilisateurs de papiers recyclés. c h er m a g a z i ne| n°41 | m a r s - av r i l 2 013 Conseil général du Cher . D irection de la communication . Hô tel du D épartement. 1 , Place M arcel- Plaisant. C S n ° 3 0 3 2 2 1 8 0 2 3 B ourges Cede x . T él . 0 2 4 8 2 7 8 0 6 5 www.cg18.fr Directeur de la publication : Alain Rafesthain Comité éditorial : Sylvie Gabilloux, Jean-Michel Guérineau, Philippe Goldman, Jean-Pierre Saulnier, Irène Félix. Coordination et secrétaire de rédaction : Sylvie Gabilloux Rédaction : Alain Raynal, Sandrine Gaumer, Estelle Boutheloup, Les jardins d’Orsan s’offrent une nouvelle jeunesse pour leurs 20 ans ! De nombreux travaux ont été effectués dans les jardins et de nouveaux espaces vont voir le jour. C’est donc l’année ou jamais pour redécouvrir ou découvrir ces jardins labellisés « Jardins remarquables ». Du 20 avril 2013 au 29 ocrobre 2013 Prieuré Notre-Dame d’Orsan – Maisonnais Tél. : 02 48 56 27 50 – www.prieuredorsan.com Anne-Sophie Mennesson, Charlène Bouladoux. Crédits photos : Thierry Martrou (Caféine), CG 18, Yannick Pirot, Pixel. Conception graphique et éditoriale : Agence Anatome Mise en pages et réalisation : Scoop Communication Impression : Imprimerie Vincent à Tours Diffusion : Médiapost Tirage : 165 000 exemplaires Courriel : [email protected] Dépôt légal : ISSN 1774-6191 les tribunes p ol it i qu e Groupe Socialistes Groupe Communistes Groupe « Avenir pour le Cher » et Divers gauche et Front de Gauche Groupe d’élus UMP, UDI, NC, DVD, Budget 2013, une ambition intacte 2013, un budget de transition L’emploi est le premier de nos engagements par le développement économique, l’innovation et la formation. Nous aidons les collectivités et les entreprises dans leurs projets de développement, de transmission ou de création. Nous nous mettons à la disposition des intercommunalités pour dynamiser le commerce, l’artisanat et les PME-PMI. La formation et l’enseignement supérieur sont des axes majeurs du développement. L’INSA nous permettra d’avoir plus d’ingénieurs et plus reconnus ; le pôle des formations sanitaires et sociales à Bourges, avec le secteur de l’aide à la personne à Saint-Amand, répondra au défi du vieillissement de la population avec ses besoins accrus en emplois et professionnalisme. Avec les emplois d’avenir, la mobilisation est importante, structurée et musclée. L’emploi est notre priorité, nous l’assumons et nous agissons. Notre deuxième ambition est la solidarité. La collectivité de proximité qu’est le Conseil général doit demeurer ce rempart et ce facteur d’équilibre pour les plus vulnérables, personnes et territoires. Ce sont nos compétences obligatoires pour nos aînés, pour les personnes en situation d’exclusion sociale ou de handicap. Nous complétons notre intervention par des politiques volontaristes ; l’aide à l’investissement dans les maisons de retraite qui réduit d’autant le prix de journée, la gratuité des transports pour les collégiens… Le lundi 4 février dernier, le Conseil général a voté son budget pour 2013. Les élus du groupe Communistes – Front de Gauche ont voté favorablement ce budget qualifié de transition, dans l’attente impatiente de mesures gouvernementales pour assurer aux Départements des « ressources suffisantes et pérennes » selon les mots du président de la République. Lors des dix dernières années, la réduction des dotations aux collectivités a notamment freiné les politiques volontaristes qui favorisent les services publics locaux. Alors qu’ils garantissent à chaque citoyen l’égalité d’accès et de traitement, ils ont été sérieusement mis à mal, mettant en difficulté l’ensemble des territoires. Le groupe a rappelé avec force qu’une majorité pouvait exister au Parlement pour une véritable réorientation économique, sortir des logiques d’austérité, interdire les licenciements boursiers, affronter le monde de la finance et mobiliser les énormes mannes financières vers les dépenses utiles, les dépenses publiques. Et cela ne pourra se réaliser qu’avec une véritable volonté de changement. Collèges, EHPAD modernisés, l’action sociale territorialisée, les Maisons des solidarités, portent une nouvelle façon de concevoir et vivre l’action sociale au plus près des bénéficiaires, élus et associations. Des engagements tenus. Dans le même temps, les élus communistes ont souligné le respect des engagements pris par la gauche pour le département. Cela se traduit par le maintien de la gratuité des transports scolaires quand tant de Départements reviennent dessus, l’augmentation de 5 % des bourses versées aux collégiens, l’aide à l’investissement pour les EHPAD, le maintien d’un fonds de soutien à la vie associative, sportive et culturelle. Enfin, ce budget garantit le niveau d’investissement, véritable soutien à l’emploi, alors que de nombreux Départements baissent ce niveau. Nous inscrivons ce budget dans des perspectives nationales avec une étape de la décentralisation et une réforme de la fiscalité locale. Ambition, perspective et volontarisme sont les maîtres mots de notre action. Bien sûr, l’impasse budgétaire demeure avec des dépenses contraintes qui augmentent et des recettes qui stagnent ou baissent. D’où la nécessité de mener la bataille ensemble, élus, citoyens, pour redonner toute sa place à la dépense publique, utile à tous. Contact : 02 48 27 69 84 mail : [email protected] [email protected] Tél. : 02 48 27 81 71 www.pcf-fdg-cg18.fr La troisième ambition est l’aménagement du territoire. Nous irriguons les cantons de nos services publics et maintenons un niveau important d’aides aux communes et à leurs habitants. Sans Étiquette au Conseil général du Cher « Budget 2013 : de faux espoirs ! » Le budget 2013 a été débattu le 4 février. Si la situation critique du Conseil général est identique à 2012, le ton a changé : pas de résistance, les critiques à l’encontre de l’État n’existent plus, pas de réclamation des 180 millions de dette dus par l’État ! Nous serions dans un budget de transition et d’espoir. Quel espoir ? Car aujourd’hui les fondamentaux sont toujours les mêmes : • une dette passée de 110 millions d’€ en 2003 à 234 millions d’€ en 2013, soit + 124 M€ en 10 ans, soit + 100 % d’augmentation, • une hausse continue des impôts : après 8 % en 2012, de nouveau 3 %, soit près de 60 % en 10 ans en taux cumulé. Les dotations de l’État, elles, sont en baisse : 77,8 millions d’€ en 2013 contre 78,55 millions d’€ en 2012 : un désengagement de l’État plus important malgré le changement attendu. Mais quel changement ? Avec le précédent gouvernement, les socialistes n’avaient pas de mots assez durs pour protester contre le gel des dotations. Aujourd’hui c’est une baisse de dotations, en cumulé, de plus de 7 milliards d’€, une augmentation du RSA socle de 10 % et seulement une augmentation du SMIC de 0,3 %. Quel encouragement à travailler ! Comme quoi l’objectivité politique est à géométrie variable. Le Cher se trouve dans une situation critique : chômage à 10,3 %, population qui diminue sur le long terme… : comment en sommes-nous arrivés là et comment inverser cette tendance infernale ? 1) S’inspirer de ce qui a réussi dans d’autres départements. Si comparaison n’est pas forcément raison, il existe des gestions différentes qui conduisent à d’autres résultats. 2) Faire du développement économique la priorité du Conseil général ! Nous ne pouvions voter un tel budget qui augmente encore une fois les impôts de 3 %… + 60 % depuis 2004. Groupe Avenir pour le Cher, mail : [email protected] Tél. : 02 48 27 80 69 c h er m a g a z i ne| n°41 | m a r s - av r i l 2 013 23 pour bâtir le Cher de demain Participez aux réunions publiques SANCOINS - Lundi 18 mars à 18 h centre Oscar Méténier VAILLY-SUR-SAULDRE - Mercredi 20 mars à 18 h centre socio-culturel VIERZON - Lundi 25 mars à 18 h salle Madeleine Sologne SAINT-AMAND-MONTROND - Jeudi 4 avril à 18 h salle des Carmes à l’Hôtel de Ville BOURGES - Mercredi 10 avril à 18 h salle du Duc Jean à l’Hôtel du Département www.cg18.fr Pour plus d’informations : www.cher2021.fr Conception PAO - Direction de la communication Cg18- Crédit photo : Thierry Martrou - Février 2013 MAINTENANT LA PAROLE EST À VOUS