L`éco-construction est en plein devenir et le Limousin a de beaux

Transcription

L`éco-construction est en plein devenir et le Limousin a de beaux
Le journal de la Région Limousin N° 95 DÉCEMBRE 2011
territoires
parcours
en limousin et pas ailleurs
Bijou, la
madeleine au
secours du
patrimoine
Julien
Mercier,
Ce jeune limougeaud
s’est distingué
aux Olympiades des Métiers.
Il est le 4e meilleur
imprimeur au monde. TER, les
raisons de
la discorde
p. 5
www.region-limousin.fr
La célèbre madeleine a noué
un partenariat unique avec
la Fondation du patrimoine.
Alors que les nouveaux horaires
sortent dans le mécontentement
et sans concertation avec la
Région, une nouvelle convention
est en négociation avec la SNCF.
Lire en page 7
p. 2
culture
les dix choix de
la rédaction p. 14
belim.fr
Le nouveau site 100% jeunes Limousins
vient de sortir. Il répertorie tout ce que la
Région fait pour ses jeunes. p. 4
ÉCO
CONSTRUISEZ
EN LIMOUSIN
© LMB
L’éco-construction est en plein devenir et le Limousin a de
beaux atouts à faire valoir. Bois, nouveaux matériaux, techniques anciennes remises au goût du jour… les initiatives se
multiplient et la Région pousse au développement de cette
filière prometteuse.
Lire page 8
en limousin et pas ailleurs
© EMMANUELLE MAYER
Bio
Cul noir
et préparé dans
un laboratoire sur
place, le boudin du
Gaec Chatoux
est un produit
100 % local.
Internet Sur le site
callune.fr, on peut se faire
livrer son jambon de porc
cul noir en 24 heures dans
toute la France.
Une ferme, 3 possibilités
Visite guidée Du Gaec Chatoux-Pichon à Callune.fr en passant par la ferme
des Nautas, petit tour d’horizon des entreprises de la famille Chatoux.
Pigerolles. 80 habitants sur
le Plateau de Millevaches.
C’est là que Danielle et François Chatoux, 62 ans, ont installé leurs entreprises. Oui, plusieurs, 3 au total :
le Gaec Chatoux-Pichon (élevage),
la Ferme des Nautas (sarl de transformation et commercialisation) et
Callune.fr (sarl de vente en ligne de
produits du terroir Limousin). Autant dire que dans ce bout du monde,
on s’active ! François est revenu en
Limousin en 1978, date où il s’est
installé après ses études d’ingénieur
agronome. Au début des années
2000, François et Danielle avaient
chacun leur exploitation agricole. Lui
à Faux-La-Montagne - dont il a été
maire- et elle à Pigerolles, où elle est
née. Ils faisaient également ferme-
auberge. Quand Danielle a pris
sa retraite, ils ont fusionné les deux
exploitations auxquelles se sont
joints leurs deux fils ainsi qu’un
associé, créant ainsi le Gaec Chatoux-Pichon. Les 4 associés élèvent
en bio 130 vaches limousines, 80
brebis et une quinzaine de truies
de race cul-noir. « Nous allons également créer un élevage de 400 porcs
roses, en bio, sur paille. Le bâtiment
est en train d’être construit ». Du
travail en perspective pour les 3
salariés de la Ferme des Nautas,
l’outil de commercialisation du
Gaec. Équipés de charlottes et de
sur-chaussures, nous pénétrons dans
le laboratoire. Dans cet espace glacé,
d’une propreté clinique, Florent Chatoux travaille les boudins tandis que
le boucher découpe ses carcasses.
Dans les frigos, des morceaux de
viande sous-vide prêts à être vendus.
Dans le séchoir, des jambons qui
font saliver. Au fond, le stock de
Callune.fr. Créée voilà 3 ans, cette
société a innové en proposant des
produits du Limousin en vente sur
internet, dont de la viande fraîche,
avec un système d’emballage et d’expédition sophistiqué. « C’était notre
originalité, mais depuis d’autres se
sont mis sur ce créneau ». Quant au
public visé, les touristes venus en
vacances dans la région et la diaspora
limousine, ils ne sont pas faciles à
repérer. « Il nous faudrait acheter des
fichiers de clients potentiels, avoir un
webmaster chargé de gérer la communication et le référencement. Mais
l’entreprise n’a pas les moyens pour
le moment » Il faut dire qu’acheter
d’avance les denrées à la quinzaine
de producteurs locaux réunis dans
le projet, les emballer et les envoyer
coûte cher. « Nous avions sous-estimé
les difficultés liées au transport. Avec
des denrées périssables, un jour de
retard et on perd tout, sans être
remboursé sur le prix du contenu ! ».
Mais qu’importe si Callune.fr, avec
ses quelques colis par semaine, n’a
pas eu le développement escompté,
les Chatoux ont plus d’une corde à
leur arc. Ils sont ainsi investis dans
le GIE Talents de Creuse avec une
trentaine d’autres producteurs. Leur
boutique ouverte en 2008 sur l’Aire
des Monts de Guéret est un vrai
succès commercial !
n
Bijou mécène du patrimoine
DU GÂTEAU L’entreprise phare de la pâtisserie régionale
a passé un accord unique avec la Fondation du patrimoine.
Depuis 160 ans, les madeleines Bijou ont su imposer le petit gâteau en Limousin, bien
loin de ses origines meusiennes.
Aujourd’hui, la célèbre entreprise
de Saint-Yrieix-la-Perche produit 15
tonnes de madeleines et pâtisseries
par jour. Elle emploie 140 salariés et
est devenue un élément majeur de
patrimoine local. On se souviendra
peut-être de «L’hommage aux madeleines Bijou», petit film produit par
un jeune limougeaud. La danse en
tutu rose dans les rues de Limoges
sur l’air du Beau Danube bleu de
Strauss et « pops » des sachets de
2
madeleines avait rencontré un franc
succès sur la toile (chercher « valse
des madeleines » sur You Tube).
Utilisant cette image bien ancrée,
Bijou a décidé de s’associer à la
Fondation du patrimoine pour une
nouvelle forme de mécénat. Une
édition limitée de 30 000 boîtes
métalliques a vu le jour, décorée par
deux artistes choisis sur concours,
Annick Redor et Dominique Monneraux. Pour chacune des boîtes
vendues dans la France entière au
prix de 6,90 euros, un euro est reversé à la Fondation du Patrimoine
pour l’aider à soutenir des projets
La lettre du limousin N° 95 DÉCEMBRE 2011
publics et associatifs dans la région
d’achat du produit-partage.
n
Succès
Des armées de
madeleines
pour sauver le
patrimoine.
© Bijou
Éditorial
Id Bio, santé et beauté
PROTÉINES Depuis plus de 10 ans, la petite entreprise
a fait un beau chemin. Elle vient d’inaugurer ses nouveaux
bâtiments.
La santé et la beauté, c’est
leur domaine. Id Bio fabrique les ingrédients des cosmétiques et ceux qui servent dans le
domaine du diagnostic médical.
Créée en 1993 et implantée sur la
technopôle Ester depuis 1996, Id Bio
s’est spécialisé dans l’extraction et la
purification de protéines végétales
et animales. Sa force : le renouvellement. L’entreprise monte sans
cesse des projets de développement
sur de nouveaux produits et de
nouvelles technologies. Pour JeanPierre Picot, PDG, le succès d’Id Bio
tient aussi à la « chance d’être dans
une petite région où l’on est très accompagné ». Id Bio réalise 40 % de
son chiffre d’affaires à l’export, une
performance plutôt rare dans la
région. L’entreprise a été récompensée par le prix de la vitalité en 2008.
Membre du Pôle de compétence
« Biotechnologies et Santé », elle a
réussi à obtenir la difficile certification ISO 14001 en mars dernier
et finissait d’installer sa nouvelle
unité de production dans la foulée
inaugurée à l’automne par le président de Région. C’est au titre de sa
politique « contrat de croissance »
qui accompagne le développement
des entreprises que la Région avait
participé à l’équipement de cette
nouvelle unité. Id Bio emploie
aujourd’hui 25 personnes.
n
jean-paul
denanot
Spécialistes
De nouveaux
procédés,
de nouveaux
produits, c’est la
clé du succès
d’Id Bio.
président
du conseil
régional
du limousin
Du « vouloir
bien faire »
à l’excellence
En parcourant les différents
articles de cette dernière
Lettre du Limousin, il m’a paru
qu’une sorte de fil conducteur
les reliait l’un à l’autre.
Et ce fil conducteur a pour
valeur la « juste mesure ».
Que nous disent en effet ces
articles consacrés au centième
anniversaire de la création du lycée
des métiers du bâtiment à Felletin, à
l’éco-construction, ou encore à la réussite
couronnée à Londres de cet élève du lycée
Maryse Bastié (section imprimerie) dans
le cadre des Olympiades des Métiers, si ce
n’est la force de ce trait du caractère limousin
qu’est la volonté de faire et de bien faire qui
détermine la qualité des talents de notre
région ? Ce trait dessine l’identité limousine,
celle des hommes et des femmes d’ici, tirant
de cette terre et de ses ressources leurs arts
et leurs manières dans l’application en toute
chose.
Je retrouve cette constante inscrite en filigrane
dans le Portrait identitaire du Limousin réalisé
cette année par le cabinet Comanaging.
De toute évidence, plus qu’ailleurs, le rythme
des activités de l’Homme Limousin et de ses
savoir-faire (ils disent son histoire, fondent
son patrimoine et définissent sont économie),
est dicté par la nature de notre région,
son sol et ses ressources, son air et ses
saisons, son environnement. C’est l’ambiance
que ces éléments, tous ensemble, créent
qui autorise cette capacité singulière
à « vouloir bien faire » des Limousins,
étudiants, apprentis, chercheurs, créateurs,
entrepreneurs, éleveurs… Et du vouloir bien
faire à l’excellence, il n’y a qu’un pas.
n
LA RÉGION EN ACTION
Budget régional
15 décembre. Une session
annuelle consacrée au budget
2012 placée sous le signe de la
contrainte. La Région améliore
l’efficacité de ses dépenses
ce qui lui permet d’augmenter
ses investissements pour soutenir
la commande publique en cette
période de crise.
Cette croissance traduit la
volonté de l’exécutif de soutenir
le développement des
entreprises du Limousin et
par conséquent de l’emploi.
500 SAS « Orientation
active pour l’emploi
des jeunes ».
2012. Initié par la Région et mis
en oeuvre par les missions
locales, le SAS propose aux
jeunes sans emploi depuis plus
d’un an un accompagnement
en bref
complet. Pendant 3 mois, un ensemble de services leur est proposé pour les remobiliser sur leur
projet professionnel et favoriser
leur insertion dans la vie active :
découverte des métiers, stages,
formations,travail individuel et
collectif... Expérimenté début
2011, il est généralisé dans toute
la région depuis novembre.
Skylab pour Ikéa
Bonne nouvelle pour SaintLaurent-sur-Gorre : l’entreprise
Skylab a décroché un contrat
de fabrication de la totalité des
cadres en bois de décoration
pour Ikéa. La Région va accompagner cet important projet
industriel créateur d’emplois
par une aide à l’investissement
matériel et une aide au
recrutement de quatre cadres.
L’entreprise devrait rapide-
2011-2015. Un contrat pour développer
et valoriser l’apprentissage.
La Région Limousin et l’État viennent de
signer ce contrat d’objectifs et de moyens
qui a notamment pour ambition de créer
620 places supplémentaires en centre de
formation d’apprentis pour atteindre
les 6000 apprentis en région à l’horizon 2015.
Les deux partenaires disposent pour cela
d’un budget de 6 millions d’euros par an
chacun.
ment doubler ses effectifs
en recrutant 40 personnes
supplémentaires. On parle d’une
centaine de créations à terme.
Un Fonds de
Co-investissement
Limousin
La moitié des sommes
récoltées grâce à l’emprunt
régional auxquels les Limousins
ont contribué massivement,
a été affecté à un fonds de
co-investissement Limousin
(FCI Limousin). Doté d’un capital
de 17 millions d’euros, il va
permettre de renforcer les fonds
propres des entreprises
limousines et répond à la
volonté de la Région d’investir
dans les PME régionales.
Ce sont les élus de la Région,
majoritaires au Conseil de
direction du Fonds qui
décideront de son utilisation.
Un comité d’investissement
ouvert au secteur bancaire
et au monde économique
(entreprises, salariés) sera
garant de l’objectivité
des affectations.
Les archives des TPI en Limousin
Le transfert des archives des tribunaux
pénaux internationaux en Limousin va
bientôt débuter. Ce vaste projet de création
d’un centre de ressources est porté par
l’Université de Limoges. L’objectif est de faire
connaître l’activité des juridictions pénales
internationales, d’exploiter leurs travaux
et de valoriser ce patrimoine culturel unique.
Il s’agit d’offrir un soutien technologique
à ces juridictions : de sites Internet et
collections d’archives audiovisuelles pour
assurer la pérennité de leur travail.
N° 95 DÉCEMBRE 2011 La lettre du limousin
3
actualités
Be Lim
sur les réseaux sociaux
Être jeune en Limousin
Sur Facebook :
www.facebook.com/BeLim.JeunesLimousins
Sur Twitter : twitter.com/belim
L’application mobile Be Lim sur I Phone, Blackberry,
Androïd… pour recevoir directement des actualités,
sur les événements à venir (concours, concerts, aides
régionales…), des accès vers des vidéos, le site Be Lim
et sa page Facebook…
ACTIONS belim.fr est tout jeune mais il a pris un bon départ.
Le site internet lancé par la Région regroupe tout ce qu’elle
fait pour les jeunes de 16 à 30 ans.
La salle était comble au
concert de The Dø co-organisé par la Région pour le lancement
de Belim. Pour l’occasion, elle avait
fait gagner 400 places à des jeunes
de 16 à 30 ans. En quelques jours,
le nouveau site a rencontré une
belle adhésion de son public. Les
jeunes Limousins semblaient être
en mal d’information et de sites qui
leur ressemblent, ce que Belim leur
offre enfin.
L’objectif du site ? Montrer qu’il
fait bon avoir de 16 à 30 ans en Limousin ! Études, formation, emploi,
logement, transports, loisirs,
culture... Dans tous ces domaines,
la Région a mis en place de nombreuses actions au service des
jeunes pour faciliter leur insertion
dans la vie professionnelle et leur
épanouissement. Cela va de la gratuité des manuels scolaires, les allocations d’équipement pour les
lycéens et apprentis aux réductions
sur les TER ou le SAS vers le pre-
mier emploi dans le domaine de
l’insertion professionnelle.
C’est pour que les principaux intéressés connaissent mieux les multiples
aides qui leurs sont destinées que la
Région Limousin a créé « Be Lim ».
Plus qu’un site Internet, c’est une
marque qui regroupe l’ensemble des
dispositifs en faveur des 16-30 ans.
Il traduit l’ensemble de ses actions
pour offrir une vraie accessibilité
aux dispositifs. La Région a regroupé
sur le site tous ses services et aides
mis en œuvre pour la jeunesse. Une
entrée par profil permet à chacun
de se repérer facilement.
La jeunesse, premier
investissement d’avenir
Avec la charte d’engagement en
faveur de la jeunesse adoptée le 16
décembre 2010 en séance plénière,
la Région a réaffirmé sa volonté
de faire de la politique envers les
jeunes une priorité. Les jeunes sont
particulièrement touchés par les
comprendre
Énergies
et habitat :
moins
et mieux
dépenser
Engagement La Région vient d’enrichir sa poli-
tique environnementale en ajoutant un important
volet sur la maitrise de l’énergie à son soutien aux
énergies renouvelables. Pour mieux lutter contre le
changement climatique et réduire les émissions de
gaz à effets de serre, elle sort un nouveau dispositif
« Énergie Habitat » plus efficace et plus juste.
4
La lettre du limousin N° 95 DÉCEMBRE 2011
difficultés économiques actuelles.
C’est pourquoi la Région investit
une part très importante de ses
moyens pour qu’ils puissent faire
les meilleurs choix pour leur avenir,
de l’orientation jusqu’à l’insertion
professionnelle. Cela concerne aussi
bien l’accompagnement éducatif
des lycéens que des formations de
qualité et l’accès à un enseignement
supérieur diversifié. Des dispositifs
spécifiques existent également pour
celles et ceux n’ayant pu accéder à
une qualification.
Au-delà de ces services, il s’agit de
miser sur les jeunes. En s’appuyant
sur Be Lim, la Région Limousin
souhaite montrer aux jeunes qu’ils
peuvent s’épanouir, se former en
région et monter des projets. Be Lim
les accompagne pour « bien vivre
leur jeunesse ». Be Lim a ainsi pour
vocation de créer un véritable sentiment d’appartenance et de fierté,
celui d’être jeune en Limousin. n
En
chiffres
Le Limousin
et les jeunes
1/3
du budget
de la Région
Limousin est
consacré
aux jeunes
Une
centaine
de dispositifs
sont proposés
aux 16-30 ans
Une année au
rythme de Be Lim !
Depuis septembre 2011 : les chéquiers de réduction
pour les loisirs « Cheq’up » sont à disposition.
> Vachement Jeune, le festival :
concerts : fin mars 2012.
La Région est
à l’initiative
de près de
50 %
des dispositifs
proposés
aux 16-30 ans
> Les 8 et 9 décembre 2011 :
Congrès de l’Association des Régions de France
à Arcachon : Jeunesse en Région.
Mais aussi 110 projets pour les jeunes, les activités
du conseil régional des jeunes, les olympiades des
métiers (voir page suivante)…
www.BeLim.fr
Le contexte
Depuis 2005, la Région
a mis en place une
politique en faveur de l’amélio­
ration de l’habitat privé.
En parallèle, elle s’est engagée
fortement dans la lutte contre
le changement climatique
et la réduction des émissions
des Gaz à Effets de Serre en
apportant des aides aux particuliers sur les énergies renouvelables (chèques « énergie –
renouvelable »). Aujourd’hui,
elle a décidé avec ses partenaires de revoir les dispositifs
existants en faveur des parti­
culiers en les remplaçant par
un dispositif unique « Énergie
Habitat ». L’objectif prioritaire
est l’amélioration significative
de la performance énergétique
des logements des particuliers.
Les objectifs d'Énergie habitat…
• Encourager
la maîtrise
de l'énergie
• Soutenir
la production
d’énergies
renouvelables
Près de
P
3 000
projets
p
accompagnés
acco
és
en 5 ans.
e
…et
et du « Grenelle II »
– 20 %
d'émissions de gaz
à effet de serre
+ 20 %
23 %
d'efficacité énergétique
d’énergies
des bâtiments
renouvelables
La réflexion
L
Soutenir la production
d’énergies renouvelables et encourager la maîtrise
de l’énergie par une meilleure
performance énergétique des
bâtiments, ce sont les objectifs
que veut porter la Région avec
« Énergie – Habitat ».
Ils sont largement partagés
par ses partenaires qui interviennent dans le secteur.
Pour que les aides profitent
à ceux qui en ont réellement
besoin, la Région et ses partenaires ont également intégré
une dimension sociale dans
leur appui aux projets des particuliers. Énergie – Habitat doit
être une•étape
pourde la perf
Aidesimportante
à l'amélioration
énergétique
(isolation,
chauffage u
répondre
aux défis de
l’adaptades énergies renouvelables,
tion au changement
climatique. ventila
jusqu’à 5 000 €.
parcours
Le marathonien de l’imprimerie
Étudiant en imprimerie Julien Mercier, 20 ans, est arrivé 4e mondial aux Olympiades
des métiers, une compétition qui récompense les meilleurs jeunes dans leur filière professionnelle.
Son père est imprimeur mais Julien
se défend d’avoir voulu suivre la voie
paternelle. Le déclic, il l’a eu en visitant
le lycée Maryse Bastié à Limoges.
« J’étais venu aux portes ouvertes
pour me renseigner sur la filière électronique et quand j’ai vu toutes les
machines d’imprimerie, cela m’a fasciné ». Il entre en BEP puis enchaîne
naturellement avec un Bac pro.
Francis Massias, son professeur, passionné par le métier, propose alors
à Julien et deux copains de participer
aux Olympiades des métiers. « On
s’est dit pourquoi pas ? On va essayer
d’aller le plus loin possible » raconte le
jeune homme. Si pour la coiffure ou
la taille de pierre, on imagine assez
bien les épreuves, en imprimerie, de
quoi s’agit-il ? « L’imprimerie, c’est un
métier manuel, de haute précision,
on doit faire des réglages minutieux
sur les machines, vérifier sans cesse...
L’épreuve des sélections régionales :
réaliser une impression quadri couleur sur une presse dite « une couleur ».
C’est-à-dire qu’il faut faire passer sa
feuille 4 fois ». Sélectionné, Julien
concourt à la compétition nationale.
« On était 15 sur deux jours et demi. Il
fallait faire une quadri dans un temps
très court, puis une quadri recto-verso
sur une presse « deux couleurs », avec
la coupe et le pliage ». Il sort vainqueur et rejoint... l’équipe de France
des métiers, rien de moins !
Immédiatement, des entreprises lui
proposent de réaliser son apprentissage de BTS en alternance chez
elles. « Les Olympiades, c’est comme
une compétition sportive ! D’ailleurs,
avant les épreuves internationales,
nous avons été préparés comme des
sportifs de haut niveau. Nous avons
reçu une formation d’élite en imprimerie pendant 5 semaines, puis nous
avons passé 3 semaines ensemble
pour nous préparer mentalement et
physiquement ».
Les épreuves ont eu lieu à Londres,
début octobre. Des jeunes venus de
50 pays, une pression au maximum.
« Là où, pour le Bac, on a 4 h pour
réaliser le travail, aux Olympiades,
L’action
objectifs d'Énergie habitat…
Le nouveau dispositif
Soutenir
• Encourager
• Énergie propose un « Pla
ack
» incluant
la maîtrise
production
le finance­
ment de diagnostics
énergé­tiques
de l'énergie
d’énergies
des logements, le financement
de travaux
renouvelables
d’iso­lations préconisés ou encore de système
de chauffage utilisant des énergies renouvelables.
Le but est d’obtenir un gain énergétique de 40 %.
Énergie – Habitat, plus équitable, est sous
condition P
de ressources
pour favoriser
Près
de
les ménages les plus modestes.
3Pays,
000communautés de communes
Ce sont les
projets
p
ou PNR qui
le mettront en œuvre directement.
accompagnés
acco
és locale va permettre
Cette animation
directe
e
en 5 ans.
aux propriétaires
en difficultés économiques
de mettre à niveau énergétique leur logement et
leur
conditions de
…et
etassurer
du «des
Grenelle
II vie
» plus dignes. n
– 20 %
ssions de gaz
et de serre
+ 20 %
23 %
d'efficacité énergétique
d’énergies
des bâtiments
renouvelables
Expérience
Julien Mercier,
le jeune médaillé
en service de
nuit chez Centre
Impression
à Feytiat.
c’est la même chose mais en 1 h 30 ! »
Son objectif : entrer dans le top 5.
Il arrive 4e ex aequo. Une reconnaissance mondiale, qui fait de lui l’un
des meilleurs apprenti-imprimeur.
Aujourd’hui, il suit son BTS à Angoulême et travaille comme apprenti à
Limoges. « Grâce aux Olympiades, j’ai
beaucoup progressé tant en qualité
qu’en rapidité. J’ai aussi rencontré des
imprimeurs d’autres pays, découvert
des techniques de travail, c’est une
aventure formidable ! ». Plus tard il
se voit chef d’atelier dans une imprimerie de beaux ouvrages. À moins
qu’il n’intègre une école d’ingénieur
en packaging... Gageons que ce jeune
homme plein de talent aura le privilège du choix !
n
initiatives
Les Olympiades des Métiers
Les Olympiades des Métiers ou Worldskills Competition sont
un concours ouvert aux jeunes professionnels de moins de 22 ans.
L’objectif : promouvoir les métiers et montrer qu’ils apportent
une contribution essentielle au succès économique des pays et
à l’accomplissement des individus. Près de 300 jeunes Limousins
y participent, répartis dans 40 métiers différents. Ils doivent réaliser
un ouvrage en un temps déterminé. Ces métiers couvrent aussi bien
l’industrie que le bâtiment, l’artisanat, les services, l’agriculture,
l’informatique… Les inscriptions pour les prochaines sélections régionales
sont ouvertes depuis le 21 octobre. Ces sélections se tiendront du 26 au
29 mars 2012. Elles visent à constituer une équipe limousine pour les
finales nationales qui se dérouleront du 22 au 24 novembre 2012 à
Clermont-Ferrand. La finale mondiale, quant à elle, rassemblera
n
1000 jeunes du 2 au 7 juillet 2013 à Leipzig, en Allemagne.
Le nouveau dispositif régional
«Énergie-Habitat»
• Diagnostic thermique
pris en charge à 100 %
par la Région, pour
les particuliers
sollicitant des aides
aux travaux.
Aides
• Aides
aux travaux
pour les …
… propriétaires
occupants,
conditionnées
à l’atteinte
d’un gain
énergétique
de 40 %*.
(sous conditions
de ressources).
… propriétaires
bailleurs,
conditionnées à
l’obtention d’une
étiquette C pour
le logement*.
Aides
• Aides à l'amélioration de la performance
énergétique (isolation, chauffage utilisant
des énergies renouvelables, ventilation…)
jusqu’à 5 000 €.
• Des bonus cumulables
de 500 € pour l’utilisation
d’éco-matériaux ou de bois
d’origine française.
*validé par
le diagnostic
énergétique
N° 95 DÉCEMBRE 2011 La lettre du limousin
5
territoires
Excellence
Le LMB
entretient sa
réputation
et soigne ses
formations.
Résultat : des
élèves venus
de toute la
France.
Le LMB a 100 ans !
CULTURE Reconnu dans toute la France comme
une école d’excellence, le Lycée des Métiers du
Bâtiment de Felletin propose à ses élèves des outils
derniers cris pour développer leurs talents.
© LMB
En chiffres
700
jeunes
180
emplois
10%
de filles
5
filières
professionnelles
Ici, on monte des murs, on Créée en 1911 pour former au bâtiment valorise la tradition des maçons
assemble des charpentes, et à la taille de pierre et de diamants, de la Creuse, qui migraient chaque
on taille des pierres et on travaille le cette « École pratique d’industrie » année pour bâtir Paris, fort de leur
métal en conditions réelles. Et pour
se détendre, les jeunes bénéficient
de multiples équipements qui font
rêver : piscine, tennis, dojo, salle de
musculation, de relaxation, petit cinéma, sans compter les nombreuses
activités. Plus qu’un internat, c’est un
Toute l’année se sont succédés des événements
véritable campus et même un outil
pour célébrer l’anniversaire du LMB : spectacles, visites,
de développement local, avec 700
publication d’ouvrages, bal, exposition de tapisseries sur
jeunes résidents sur la commune et
le thème des bâtisseurs, film « Le centenaire du LMB »,
180 emplois. « C’est un lycée où l’essans oublier l’inauguration du belvédère à Felletin,
prit de communauté est très fort. Les
qui permet d’embrasser du regard tout le lycée. La ville
jeunes sont fiers d’appartenir à cette mais aussi l’association Les Maçons de La Creuse, Télé
école, et les anciens élèves encore
Millevaches ou encore La Scène nationale d’Aubusson
plus ! » explique Marjolaine Dumonont contribué à placer 2011 sous le signe du LMB.
tant, chargée de communication.
Les manifestations
du centenaire
L’eau en photo
Concours À vos boîtiers !
Depuis deux ans, la communauté de communes et
l’office de tourisme intercommunal
de Bourganeuf-Royère de Vassivière
organise « L’Eau dans tous ses états »,
une manifestation qui montre l’eau
sous toutes ses formes et valorise le
patrimoine naturel assez exceptionnel
de ce territoire traversé par de cours
d’eau, sources, cascades et lacs.
Pour prolonger l’édition 2011, les organisateurs ont lancé un concours
photographique, intitulé « l’eau en
mouvement ». C’est cette eau en perpétuel mouvement qu’ils invitent à
photographier. Trois thèmes sont proposés : les cascades, les paysages d’eau
(rivières, étangs, zones humides) et
enfin les usages de l’eau (aménagements divers, le patrimoine lié à l’eau).
6
Les enfants peuvent participer. Une
catégorie leur est dédiée (-15 ans).
Les candidats doivent déposer leurs
photographies avant le 22 février 2012
à l’Office de Tourisme (3 photos par
participant maximum).
Règlement et bulletin de participation
disponibles sur Internet ou à l’Office
de Tourisme à Bourganeuf ou à
Royère de Vassivière.
n
Renseignements
Office de Tourisme Intercommunal
Eaux, Tours de Bourganeuf et
Royère de Vassivière
Place du Champ de Foire
BP 42 - 23400 Bourganeuf
Tél. 05 55 64 12 20
[email protected]
www.ot-bourganeuf.com ou
http://www.ot-bourganeuf.com/
dotclear/
La lettre du limousin N° 95 DÉCEMBRE 2011
savoir-faire reconnu. Certains d’entre
eux, devenus entrepreneurs à la
capitale, ont d’ailleurs contribué à
la naissance de cette école en obte­
nant le soutien de la profession.
Ainsi, dans les années 20, sous
un nouveau nom « L’école
des Métiers du Bâtiment », un vivier
d’ouvriers et de techniciens qualifiés
pour les professionnels parisiens du
bâtiment en assurent le fonctionnement avec l’État. Elle élargit son
domaine de formation aux travaux
publics et au travail du métal.
Dans les années 40, devant son succès, les partenaires professionnels
de Paris élaborent avec la municipalité de Felletin un projet d’établissement pouvant accueillir 1000
élèves. C’est le début d’une aven­ture
qui dure 20 ans pendant lesquels
les élèves apprentis vont bâtir leur
école. La colline des Granges se couvre
d’infrastructures uniques en France
pour héberger, nourrir et former les
jeunes. Dans les années 60, ils sont
près de 1000 à venir étudier ici !
Désormais à la charge de la Région,
l’école, devenue Lycée des métiers
du bâtiment en 1997, s’est dotée d’un
partenariat avec les professionnels
Limousins du bâtiment. Son nou­
veau défi : prendre le virage de notre
époque, qui voit ses matériaux et ses
méthodes de construction évoluer
vers plus d’écologie et de technologie.
Puisse ce centenaire ouvrir la voie
d’un avenir prometteur !
n
© OT Bourganeuf
© Charlotte Rapp
QUATRE questions à...
Jean-Paul Denanot
président du conseil régional
du Limousin
En chiffres
54
millions
d’euros
par an
dans les
transports
ferroviaires
7%
c’est
l’augmentation
du nombre
de circulations
de trains
SOUHAITÉE
par la Région
17
millions
d’euros,
c’est le
surcoût
demandé
par la SNCF
Pour faire rouler les trains
TER La Région et la SNCF sont en pleine négociation pour
conclure le nouvel accord sur les TER. « Plus de trains »
demande la Région, « oui, mais plus cher » réclame la SNCF.
« Pas si simple » rétorquent les experts. Explications.
À la fin de cette année 2011,
le contrat qui lie la Région
avec la SNCF pour faire rouler les TER
devait prendre fin. Depuis plusieurs
mois, les deux partenaires sont en
discussion pour passer une nouvelle
convention. La Région souhaite développer encore l’offre des transports
régionaux, elle en a fait un axe fort
de ses politiques d’aménagement
du territoire et l’augmentation cons­
tante du nombre de voyageurs montre
que le besoin existe en Limousin. Le
constat est simple : plus on déve­loppe
l’offre, plus il y a des voyageurs.
Mais le coût annuel du nouveau
contrat annoncé par la SNCF répon­
dant à cette attente régionale affiche
une augmentation de près de 25 %
par rapport à l’ancienne convention
(17 millions d’euros). Et impossible
pour la Région d’obtenir des expli­
cations claires sur cette hausse,
disproportionnée par rapport aux
nouveaux objectifs qui fixaient 7 %
de circulations en plus. Elle a donc
demandé une évaluation chiffrée à
un bureau d’étude indépendant qui
a fait apparaître que la hausse était
loin d’être justifiée. Après quelques
échanges entre le président de la
SNCF Guillaume Pépy et le président
de Région, les négociations ont pu
reprendre sur de meilleures bases.
La négociation ne pourra pas aboutir avant le 31 décembre prochain
comme il était prévu initialement.
Pour autant, il n’y a aucun risque
d’interruption du service. À charge
pour la Région de payer chaque mois
1/12 de la Convention actuelle. La
nouvelle Convention sera négociée
dans les mois qui viennent et cela se
fera dans la transparence, sur tous
les postes de dépenses.
n
« C’est un besoin de transparence
de la SNCF que nous exigeons. »
La Région fait le choix du
TER mais pas à n’importe
quel prix. Elle veut savoir
exactement comment est
utilisé l’argent public pour
le meilleur service aux usagers.
Dans sa négociation avec la SNCF
pour le renouvellement de la
convention qui fixe ce qu’elle lui
verse chaque année, la Région
demande la clarté dans les tarifs
que propose la société nationale.
Quelle est la position de la Région
sur le TER ?
Nous avons fait des efforts sans précédent de rénovation des voies. Seul du
matériel neuf ou rénové circule sur nos
lignes. Il y a un mouvement vers les transports collectifs qui va s’accentuer encore.
Il faut le suivre et même le devancer. Les
transports en commun sont les solutions
évidentes face au réchauffement climatique et à l’augmentation programmée du
prix du pétrole.
Ce choix, comment le traduisez-vous ?
Nous devons augmenter l’offre de trans­
port. À chaque fois que nous l’avons fait,
le public a suivi. Entre Brive et Tulle ou
Limoges et Poitiers, par exemple, où les
circulations ont presque doublé, ce sont
autant de véhicules qui ne circulent plus.
La Région Limousin a fait le choix du TER
principalement par le rail depuis qu’elle a
pris la compétence des transports
régio­naux. Ce choix est plus que jamais
pertinent mais pas à n’importe quel prix !
aux exploitations agricoles pour la création de
petites unités de méthanisation.
Pour lutter contre l’émission de gaz à effet de
serre produits sur les exploitations
agricoles, tout en renforçant leur
modèle économique, la méthanisation apparaît comme une solution
prometteuse. Elle permet de traiter
les rejets de l’agriculture mais aussi
de gérer les apports organiques
dont les fermes ont besoin. La méthanisation est une dégradation
par des micro-organismes de la
matière organique comme les effluents d’élevage ou les résidus de
cultures. Le produit de la méthanisation est un « digestat », riche en
matière organique susceptible d’être
épandu sur des terres agricoles. Le
biogaz produit lors du processus est
une énergie qui peut être valorisée
sous différentes formes : électricité,
chaleur ou carburant. L’objectif de
l’appel est de créer de petites unités
de méthanisation viables à l’échelle
d’une ferme ou d’un groupement
d’exploitations. Dépôt des candidatures avant le 16 décembre pour une
réalisation dès le second semestre
2012. La phase d’études sera entièrement prise en charge par Action
Climat, le partenariat État, Région,
ADEME. Pour l’investissement, la
subvention est plafonnée à 70 %
des dépenses.
n
Quelles ont été vos exigences ?
Nous avons demandé un effort de
transparence à la SNCF. En nous appuyant
sur le devis d’un cabinet d’étude,
nous avons donc reculé la signature
de la convention pour mener avec elle
une véritable négociation et obtenir
une bonne qualité de service pour
un prix qui soit juste et justifié. Et pour
le cadencement, qui aurait pu être
un véritable progrès, il doit répondre
aux besoins des usagers et non pas
aux exigences techniques de la SNCF ! n
Tout savoir
sur les nouveaux horaires
Les horaires des trains « grandes lignes Téoz et Intercités » sont
désormais disponibles et consultables auprès des agents de la SNCF
en gare, sur internet à www.sncf.com ou par téléphone au 3635
(0,34 euro la minute). Pour les TER Limousins, rendez-vous en gare ou
sur www.ter-sncf.coml/limousin ou www.mobilimousin.fr ou
encore par téléphone au : 0 825 87 23 19 Contact TER Limousin
(0, 19 euro la minute) et 0800 87 23 19 Mobilimousin
(appel gratuit depuis un poste fixe).
Ces horaires, pour certains d’entre eux n’ont pas été validés par la Région.
La négociation se poursuit !
en bref
Méthanisation à la ferme
énergie La Région Limousin lance un appel
À l’heure d’une nouvelle négociation
pour faire rouler les TER,
remettez-vous en cause le partenariat
avec la SNCF ?
Non, pour nous, le partenaire naturel pour
faire rouler les TER, c’est la SNCF.
Nous avons simplement bousculé
un peu le déroulement de nos
négociations. Deux dossiers sont arrivés
au même moment : le cadencement
et une nouvelle convention pour
les TER. Dans les premières réunions,
le cadencement nous a été imposé,
comme dans les autres régions,un
peu cavalièrement sans véritable
concertation, déconnecté des attentes
et des besoins des usagers. Et pour la
nouvelle négociation de la convention
d’exploitation, le devis que présentait
la SNCF était en hausse de 17 millions
d’euros sans justification. Nous ne
pouvons tout de même pas engager de
l’argent public sur de telles sommes sans
savoir comment il est employé !
Valorisation Comment utiliser au
mieux les rejets de nos exploitations,
une solution : la méthanisation.
Wif 2012
En préfiguration du festival international
du Webdesign 2012, la 1re soirée
« PechaKucha » est organisée à Limoges
le 8 décembre à 20 h au bar le Cube
(20, rue des Combes à Limoges).
Ces soirées offrent la possibilité aux porteurs
de projets numériques de partager leur
vision créatrice. PechaKucha est ouvert
aux graphistes, aux designers industriels,
aux architectes, aux stylistes, aux designers
numériques, aux artistes, aux étudiants.
Au programme de la soirée, une dizaine
de projets présentés par leurs auteurs
dans un format très simple : 20 images
de 20 secondes pour convaincre.
www.webdesign-festival.com
N° 95 DÉCEMBRE 2011 La lettre du limousin
7
© Battement d’ailes
Éco-construction :
une filière d’avenir
au travail ! Pour réduire sa facture énergétique, le Limousin
mise sur l’éco-construction. artisans à former, matériaux
locaux à produire, filière à organiser et habitants à soutenir,
les chantiers ne manquent pas !
L
8
es temps changent. Le modèle de
la maison grosse consommatrice
de fuel à l’isolation approximative a vécu. Dans l’esprit du public
comme dans celui des constructeurs, l’ère est à des bâtiments
confortables, sains et consommant
peu d’énergie. Cela tombe bien,
l’éco-construction a un immense
potentiel dans notre région. « C’est
vraiment par ce biais que l’on peut réussir à réduire nos émissions de gaz à effet de serre et nos consom­
mations d’énergie » explique Ève
Guillemot, responsable du Pôle Écoconstruction, centre de ressources
régional porté par Ester Techno­
pôle. En effet, le Limousin peut se
targuer de produire plusieurs
éco-matériaux : du bois en quantité,
bien-sûr, mais aussi du chanvre et de
la laine de mouton pour l’isolation.
Nous avons également des pôles de
compétitivité qui s’investissent dans
La lettre du limousin N° 95 DÉCEMBRE 2011
ce domaine, comme le Pôle Domotique, pour tout ce qui concerne la
régulation des appareils électriques par exemple, ou le Pôle
Européen de la Céramique,
qui travaille notamment sur la
fabrication de matériaux composites
à base de chanvre, lin, argile et chaux.
Autre atout de la région : la présence
de plusieurs centres de formations
en éco-construction. Le Battement
d’Ailes (Cornil), Bâti et Savoir-Faire
en Limousin (Felletin) et le Centre
Hanneman (Lavaveix les Mines)
sont ainsi des outils précieux car il
y a un manque de formation aux
techniques écologiques chez les professionnels. « Il y a surtout un déficit
de formation énorme sur le bâti ancien : les maçons ne travaillent plus
la pierre et les architectes l’abordent
à peine. Or les solutions conventionnelles sont inadaptées au bâti ancien. Par exemple, mettre du ciment
sur un mur humide en pierres ne fera
qu’empirer la situation ! Il est crucial
de savoir rénover correctement ce
bâti, car il représente la majorité
des logements d’ici à 2050 » explique
Jocelyne Ortolan, gérante du centre
Hanneman. Un avis partagé par
l’association Bâti et Savoir-Faire en
Limousin, centre de ressources sur
le patrimoine bâti, son histoire et
son entretien. « Nous nous battons
pour que les critères de diagnostic de
performance énergique prennent en
considération certains éléments négligés comme l’inertie, et éviter ainsi
les bilans désastreux. Pas question de
construire comme il y a trois siècles,
mais en revanche, les techniques
traditionnelles avaient ceci d’écologique qu’elles prenaient en compte la
pente, l’orientation, l’environnement
et construisaient avec ce qu’il y avait
alentours. C’était une architecture de
récolte, avec très peu d’énergie grise
(ce qu’un matériau nécessite comme
énergie). C’est cela qui mérite d’être
développé à nouveau » précise
Charlotte Cornevin, chef de projet.
Le souci, pour le moment, c’est que
les matériaux locaux ne sont pas toujours accessibles. Si de plus en plus
d’artisans se fournissent en bois
local (comme la Scop des Ateliers,
voir encadré), pour le reste, il est
encore difficile de trouver des professionnels qui travaillent avec des
matériaux locaux. « Oui nous avons
du potentiel dans le chanvre, la
laine, la pierre et la terre crue, mais
pour le moment, l’offre réduite ne
permet pas de répondre aux besoins
des professionnels » estime Jocelyne
Ortolan. Même constat au Pôle Écoconstruction : « La Laine est est en
train de se structurer en filière au
niveau Limousin et Massif Central,
mais pour qu’il y ait d’avantage de
production d’isolant en laine, il faut
étudier davantage ses performances.
Quant au chanvre, il faut relancer
sa culture » soutient Ève Guillemot.
Transition écologique
Promouvoir l’éco-construction, c’est
aussi impulser une dynamique en
construisant ou en rénovant les
bâtiments publics de manière respectueuse de l’environnement. « Si
l’école ou la mairie utilise des matériaux naturels et des techniques
écologiques, les gens le verront, en
auront envie, les artisans s’y mettront davantage et cela fera boule de
neige » pense Jocelyne Ortolan. C’est
aussi l’avis de la Région, qui a lancé
l’année dernière avec l’Ademe un
appel à projet pour l’éco-rénovation
de bâtiments tertiaires. Parmi les
premiers à en bénéficier : la fédération du bâtiment de la Creuse et
l’école de Saint-Viance. Cet appel à
projet apporte une aide financière
1
TROIS QUESTIONS À…
Jean-Bernard Damiens
Vice-président délégué
au développement durable,
au cadre de vie et à l’environnement
« Il est important pour une
collectivité comme la nôtre
de montrer l’exemple. »
À l’heure où
la législa­tion oblige
désormais à
construire des
bâtiments basse
consommation et à
diminuer la consommation
énergétique des bâtiments
anciens, tout le monde ne faitil pas de l’éco-construction ?
1.
La très belle
réalisation
bioclimatique
de Battement
d’ailes, à la fois
gîte, bureaux,
centre de
formation et
restaurant.
2.
Un chantier de
construction de
mur traditionnel
en pierre pour
tous publics par
l’association Bâti
et Savoir-Faire.
Non car l’éco-construction concerne
aussi bien la consommation énergétique des bâtiments que le choix des
matériaux, qui doivent être sains et si
possible d’origine locale. Il faut tenir
compte de ce qu’on appelle l’énergie
grise des matériaux, c’est-à-dire
la quantité d’énergie qu’il a fallu
pour les fabriquer. Entre la laine
de mouton du troupeau d’à côté et
la plaque de polystyrène, l’énergie
grise est sans commune mesure.
Quel peut-être le rôle
des collectivités ?
Il est important pour une collectivité comme la nôtre de montrer
l’exemple. Ainsi la nouvelle maison
des sports de Limoges, Gaïa, est
exemplaire comme éco-rénovation.
Pour aller dans ce sens, nous avons
lancé un appel à projet pour la réhabilitation écologique de bâtiments
tertiaires (cf texte principal). La Région est également présente au sein
du Pôle Éco-construction pour coordonner la filière et promouvoir l’offre
locale, elle accompagne les acteurs,
soutient les formations, cofinance les
Points Info Énergie...
L’éco-construction est-elle
vraiment accessible à tous ?
En tout cas elle doit l’être ! C’est pourquoi nous proposons un nouveau dispositif « Énergie-habitat » qui permet
aux ménages modestes d’être aidés
dans les travaux d’amélioration de
leur maison. Nous avons également
réorienté notre programme d’aide au
logement social dans le sens de la
maîtrise de l’énergie car ce n’est pas
normal que ce soit les plus pauvres
qui paient les plus grosses factures. n
© Emmanuelle Mayer
2
3.
À l’intérieur d’une
grange rénovée :
mur en pierre avec
chanvre et chaux,
poêle à bois…
pour un aspect
final très cosy.
© Bâti et savoir-faire
3
Promouvoir l’écoconstruction
c’est impulser
une dynamique. »
mais permet aussi de mutualiser
l’expérience pour qu’elle soit reproductible. En effet, « on s’aperçoit
que l’éco-construction n’est pas assez
présente dans les bâtiments publics
à cause d’une méconnaissance des
élus et des maîtres d’œuvre. Il faut
travailler sur les cahiers des charges
des appel d’offres publics pour qu’ils
intègrent l’éco-construction » estime
Ève Guillemot. Pour les particuliers
propriétaires, la Région propose
un nouveau dispositif Énergie-Habitat, qui aide les ménages les plus
modestes à rénover écologiquement leur maison (voir encadré
et p 4-5). Ce dispositif incitatif devrait entraîner les professionnels
à s’ouvrir davantage à l’écologie
et permettre à l’offre locale de se
diversifier. « Lorsque nous tenons
un stand dans des manifestations
grand public, on sent bien que les
gens sont sensibles à la question,
qu’ils veulent pouvoir trouver des
professionnels qui mettent en œuvre
des solutions écologiques. » constate
Jocelyne. Pour leur donner des clés,
l’association Bâti et Savoir-Faire
organise des animations, des conférences grand public et, chaque année, une « semaine des matériaux
naturels », avec plusieurs événements et formations. En 2010 c’était
la pierre sèche, en 2011 la terre crue.
L’année prochaine, ce sera la paille,
qui vient d’obtenir sa certification.
On le voit, les initiatives fourmillent,
et le Pôle Éco-construction coordonne et organise toute cette énergie. Un annuaire en ligne est déjà
disponible sur son site. La Région,
elle, aide particuliers et collectivités
à passer à l’acte tout en soutenant
les acteurs. En pleine élaboration de
son « Schéma régional air énergie »,
elle va se donner encore davantage
de moyens pour atteindre les objectifs
de 2020 : 20 % d’énergies renouve­
lables, moins 20 % de consommation
d’énergie et moins 20 % d’émissions
de gaz à effet de serre. Le Limousin
compte bien réussir sa transition
écologique et l’éco-construction sera
un de ses grands chantiers !
n
Contacts
Pôle Éco-construction :
www.ecoconstruction-limousin.com
05 55 42 60 00
Centre d’éco-construction
Hanneman : www.hanneman.fr
05 55 81 32 03
Bâti et Savoir-Faire en Limousin :
www.batietsavoirfaire.fr
05 55 83 29 55
La Région vous aide
à éco-rénover votre maison
Le nouveau dispositif « Énergie-Habitat », sous conditions de ressources, met
à disposition des particuliers sollicitant des aides aux travaux, un prestataire qui réalisera un diagnostic thermique aboutissant à des préconisations
détaillées et chiffrées. Le dispositif comprend également des aides pour les
travaux, conditionnées à l’atteinte d’un gain énergétique de 40 % (validé par
le diagnostic énergétique). Ces aides concernent tous les postes permettant
une amélioration de la performance énergétique : isolation, énergies renouvelables, ventilation, système de régulation. Enfin, l’usage d’éco-matériaux
donne droit à d’importantes bonifications.
Voir le dispositif en détail dans la rubrique comprendre p 4-5.
N° 95 DÉCEMBRE 2011 La lettre du limousin
9
DOSSIER
© battement d’ailes
© Bâti et savoir-faire
Douglas et mélèze
du Limousin,
ouate de cellulose,
chaux, chanvre…
L’association
montre l’exemple
avec ce bâtiment
très naturel.
RÉCIT UN CHANTIER AU BATTEMENT D’AILES
Un BÂTIMENT BIOCLIMATIQUE
S
ur les hauteurs, à une quinzaine de kilomètres de
Tulle, le Battement d’ailes
est un centre agroécologique géré de manière associative
par des salariés et des administrateurs bénévoles. Pour l’accueil de ses
formations et la réalisation de ses
projets, l’équipe a décidé de construire
un bâtiment de 300 m2 avec salle
d’accueil, gîtes, bureaux et restaurant, aujourd’hui pratiquement terminé « Peu de bâtiments tombant
sous la législation des bâtiments recevant du public vont aussi loin dans la conception écologique » explique
Marceau Bourdarias, arboriste et
administrateur de l’association. Bioclimatique, ce bâtiment tire partie
de l’orientation et de la pente, ses
façades sud sont vitrées pour absorber la chaleur, avec des débords de
toit qui protègent de la surchauffe
l’été. La partie nord possède très peu
d’ouvertures, avec des pièces non
chauf­fées (réserves) qui jouent le rôle
d’espaces « tampons ». À l’intérieur
de la coque en bois, des murs maçonnés, à forte inertie, pour pouvoir
stocker la chaleur. Côté matériaux, le
bois (douglas et mélèze exploités et
sciés en Limousin) tient la vedette
mais il y a également des isolants
en ouate de cellulose, fibre de bois,
des cloisons en briques ou fermacell
(plaque de plâtre écologique), des
enduits en chaux-chanvre, et un peu
de béton. Trop selon Marceau, mais
il a fallu composer avec les normes
des bâtiments recevant du public.
« Ces normes vont à l’encontre de l’éco- construction et cela a été très difficile de trouver des solutions non-polluantes. Un exemple : nous avons mis
des parements en bois à l’intérieur,
sains et respirants... et on se retrouve obligé d’y ajouter un vernis ignifugeant ! » déplore le jeune homme
devenu expert en la matière. Autre
difficulté rencontrée : faire travailler
tous les acteurs ensemble : architecte,
économiste chargé du budget, bureau d’étude sur la structure (chargé
de faire des préconisations sur les
dimensions, les éléments porteurs
et structurels) et bureau d’étude
thermique (en charge du chauffage,
de l’eau et de la VMC). « Déjà, en
général, ce n’est pas le donneur
d’ordre qui choisi les bureaux
d’études mais l’architecte. Ensuite, les différents bureaux
d’études ne travaillent pas ensemble donc peuvent se trouver en incohérence ». Sans compter que,
ces personnes étant rémunérées au
pourcentage du prix du bâtiment,
elles n’incitent pas vraiment à l’économie. Étape suivante : réunir des artisans autour du projet. « Nous avons
choisi ceux qui comprennent notre
philosophie et qui travaillent avec
des matériaux locaux comme Au Fil
du Bois par exemple ». Fort de son
expérience, le Battement d’ailes
souhaite aider les collectivités pour
leurs chantiers publics, leur donner
les clés pour comprendre les méca­
nismes de construction des bâtiments recevant du public et les
conseiller sur la manière de gérer
la conception et le suivi de chantier.
Avec ce projet de formation, le Battement d’ailes souhaite aussi s’engager
en faveur de bâtiments publics vraiment écologiques. « Quand je vois tel
bâtiment supposément écologique
mais avec de l’aluminium partout,
des ponts thermiques énormes et
pas un morceau de bois du Limousin,
cela me pose question. Il y a vraiment des aberrations ! »
n
Contact : www.lebattementdailes.
org / 05 55 26 49 98
© Emmanuelle Mayer
EXIGENCES L’ÉCO-CONSTRUCTION COMME SPÉCIFICITÉ
UN BUREAU
D’ÉTUDES ÉCOLO
U
ne Scic (société coopérative d’intérêt collectif)
est une entreprise qui
permet de rassembler dif­férents types de personnes
parmi les sociétaires : des salariés,
des particuliers, des entre­prises et
des institutions. Ainsi dans la Scic
L’Arban, on retrouve aussi bien le
conseil général de la Creuse que le
centre Hanneman, des archi­tectes
ou le parc de Millevaches ! Créée en
mars dernier, la Scic L’Arban, à Faux
la montagne (23), a deux missions :
opérateur immobilier à vocation
so­ciale, c’est-à-dire qu’elle fait cons­
truire ou réhabilite des bâtiments
pour en faire des logements sociaux,
et bu­reau d’études en urbanisme,
pour assister des projets de collecti­
vités comme l’aménagement d’un
bourg, la réhabilitation de bâti-
10
ments publics, la réalisation d’un Gioux afin de définir des projets
PLU... Avec une spécificité forte : d’amé­nagement et de réhabilital’éco-construction. « En tant qu’opé- tion ». n
rateur, nous préférons utiliser les maté­riaux naturels et locaux. Quand Contact : 05 55 64 58 29
[email protected]
nous sommes prestataires, cela dépend du commanditaire mais nous
essayons toujours d’être le plus écologique possible. C’est ce que nous
avons fait avec la commune de
Faux la Montagne dans la rédaction du cahier des charges du projet d’éco­quartier, qui va assez loin dans
ses exigences écologiques » explique
Stéphane Grasser, son directeur.
Autre originalité de L’Arban : sa
méthode de fonctionnement : « pluLa Scop des
tôt qu’un positionnement en ex­pert,
ateliers :
nous préférons la méthode colla­
un savoir-faire
borative. Nous avons ainsi animé collecté
des groupes de travail pour la comaux 4 coins
mune de Gentioux et pour celle de
du monde.
La lettre du limousin N° 95 DÉCEMBRE 2011
Un chemin pavé
dans la plus pure
tradition
des maçons
de la Creuse.
L’avis de...
Marceau Bourdarias
administrateur et formateur
au Battement d’Ailes
« Construire avec le territoire»
« Nous n’avons pas
commandé un bâtiment avec
un seuil précis de consommation,
parce que notre raisonnement est
différent. On ne fait pas du « horssol », c’est-à-dire un bâtiment
qui pourrait être construit partout
avec les mêmes caractéristiques,
mais un projet de développement
local. Pour moi l’éco-construction
c’est la prise en compte de
l’environnement, du site et des
compétences locales.
Donc notre démarche c’est
plutôt : de quoi avons-nous
besoin ? De quoi sont capables
les artisans, architectes et
bureaux d’études locaux ? Avec
quels moyens ? Quels matériaux
disponibles avons-nous autour
de nous ? Faire un bâtiment le
plus écologique et performant
possible avec les moyens du
bord, voilà ma définition de
l’éco-construction. Par exemple,
si nos voisins sont des petits
agriculteurs qui diversifient
leur activité avec la vente de
plaquettes de bois broyé, je
préfère opter pour un chauffage
à plaquettes plutôt que de
construire une maison passive
(sans chauffage) avec des
matériaux introuvables.
De même, le prix d’un matériau
local est peut-être plus cher
que s’il vient de loin, mais en se
fournissant dans les entreprises
locales, on enrichit le territoire,
et à terme, on y gagne sur
de nombreux aspects. Il faut
sortir des schémas de pensée
habituels. Comme disait Einstein,
nous ne résoudrons pas les
problèmes avec les modes de
pensée qui les ont engendrés. » n
© EMMANELLE MAYER
© EMMANELLE MAYER
L’ÉQUIPE La Scop des Ateliers, à Felletin,
c’est l’histoire de Jean, Arnaud, Antonin
et Mathieu.
DES MAISONS
AMÉRICAINES
EN BOIS DU LIMOUSIN
L
a Scop des Ateliers, c’est
4 copains qui travaillaient
dans le bâti­ment depuis
10 ans et qui ont eu envie
de monter leur entreprise. « On
formait une équipe, on travaillait
ensemble, pendant 4 ans, nous
sommes allés travailler au Mexique
et aux États-Unis, sur des chantiers
de construction bois une partie de
l’année ». Une vie un peu bohème...
et puis l’envie de se poser chez eux,
en Creuse, et d’y créer une entreprise qui soit leur outil de travail
commun et le moyen de valoriser
leurs expériences sur les maisons à
ossature bois. Le statut coopératif
tombe sous le sens. Quant au bois,
il leur semble évident de se fournir dans la région. « 90 % du bois
que nous travaillons provient de
scieries locales ». La Scop propose
la mise hors d’eau et d’air, c’est-àdire la struc­ture, la charpente, les
fenêtres et portes, la toiture, ainsi
que les éléments intérieurs comme
les planchers et les escaliers. Elle
peut également faire l’isolation
(qu’ils privilégient en ouate de
cellu­lose ou fibre de bois, plus
sains) et la finition. Leur spécialité :
l’ossature à l’américaine et la réalisation de panneaux préfabriqués
en atelier. « Une technique moderne,
mais on peut aussi faire la char-pente
traditionnelle “ poteaux-poutre ” ». Après un an d’existence seulement,
leur carnet de commandes est déjà
bien rempli ! n
Contact : 05 55 66 08 14
www.scopdesateliers.com
N° 95 DÉCEMBRE 2011 La lettre du limousin
11
politique
LES cinq tribunes des groupes du conseil régional
parti
socialiste
groupe présidé par
Gérard Vandenbroucke
conseillers régionaux
Sylvie Achard
Sylvie AucouturierVaugelade
Gérard Audouze
Catherine Beaubatie
Patricia Bordas
Stéphane Cambou
Christèle Coursat
Nathalie Delcouderc-Juillard
Jean-Paul Denanot
Shamira Kasri
Alain Lagarde
Catherine L’Official
Armelle Martin
Gilles Pallier
Philippe Reilhac
Michèle Reliat
Jean-Marie Rougier
Bernard Roux
Andréa Soyer
Claude Trémouille
Priorité emploi
La crise est là, durable, que
les « beaux discours », « belles
postures » et autres gesticulations
de nos gouvernants actuels n’ont
su ni prévoir ni endiguer. Crise
bancaire d’abord, crise financière,
économique et sociale ensuite,
crise de la dette des États, en
particulier européens… la crise et
ses conséquences, une très faible
croissance, une précarisation
accrue, une explosion du chômage, entraînées par la diminution de l’activité et la multiplication des défaillances d’entreprises.
Les populations, notamment
les plus démunies, les classes
moyennes aussi, ont été frappées
de plein fouet… situation que
vont durcir et aggraver encore les
plans de « rigueur », les « efforts »
supplémentaires imposés aujourd’hui par la droite au pouvoir.
Le Limousin, sans doute moins
touché que d’autres régions,
n’a pas été épargné pour autant.
C’est dans ce contexte que,
conscient, qui plus est, des
nouvelles entraves financières
imposées par l’État aux régions,
le Conseil Régional, soucieux
d’efficacité, adapte résolument
ses dispositifs de soutien à l’économie et à l’emploi et élabore
une nouvelle Stratégie, un nouveau Schéma de Développement
économique (SRDE).
Il s’appuie sur trois évidences :
• pas de développement économique possible sans des infrastructures, notamment infrastructures de communication rapides,
efficaces et sûres, sans des outils
de formation réactifs, adaptés et
proches, sans des services de qualité présents sur tout le territoire ;
• pas de développement économique durable sans respect et protection de l’environnement d’une
part, justice sociale d’autre part ;
• pas de développement économique performant sans partenariats solides et confiants associant
entreprises et collectivités ou
entreprises entre elles.
Fruit d’un très long travail, notre
Schéma de Développement
Économique a été élaboré, dans
un souci de pragmatisme et
d’efficacité, en associant une
analyse préalable sans concession
du tissu économique régional,
une prise en compte effective des
réalités de terrain, la concertation
la plus large possible, la contractualisation la plus confiante et
la plus précise qui soit…
La Région s’engage ainsi résolument aux côtés des entreprises
qui doivent elles aussi s’engager :
des conventions pluriannuelles
préciseront la complémentarité
de leurs actions, définiront
les conditions de leur mise
en œuvre, fixeront des objectifs
réalistes, notamment en terme
d’emplois, prévoiront aussi
les modalités d’évaluation.
Si elle est appréhendée dans
un contexte de crise économique,
la contractualisation avec
les entreprises tiendra très attentivement compte des enjeux
environnementaux (défi climatique, rareté des ressources,
ancrage local…) et sociaux.
Les aides économiques, indivi­
duelles ou collectives, seront
ainsi octroyées et modulées, afin
d’éviter « les effets d’aubaine », en
application de critères d’éligibilité
et de conditionnalité renforcés.
Cette démarche, qu’un jugement
hâtif pourrait assimiler à une
contrainte, doit au contraire être
considérée comme un outil d’aide
à la décision, synonyme d’investissement sur l’avenir, fondement
d’une vraie construction stratégique bénéfique à tous, salariés,
dirigeants et acteurs économiques
au sens large.
Ce Schéma définit enfin les outils
que la Région se donne : avances
remboursables, prioritairement
mobilisées, mais aussi subventions, co-investissement ou investissement direct.
Très vigilante quant à l’utilisa­tion
de ses ressources financières,
la Région est également très
attentive à l’équilibre, tant sur
le plan des territoires que des
secteurs d’intervention.
Expression d’une volonté
politique forte, notre stratégie
de développement économique
est au service des entreprises et
de l’emploi dans la perspective
d’une croissance réelle, le retour
sur investissement devant
bénéficier à l’ensemble des
acteurs, en premier chef,
aux salariés qui devront
désormais être informés des aides
fournies à leur entreprise.
La confiance passe nécessairement par la transparence.
Si le rôle de l’entreprise est bien
de créer de la richesse, cette
richesse doit en effet être équitablement répartie. Le Conseil
Régional demandera ainsi
à être informé de la politique
de distribution de dividendes
afin de vérifier le juste retour
de ses aides financières.
C’est à la mi-décembre que ce
SRDE sera soumis au vote de
notre assemblée. « Trop timide »
diront sans doute quelques-unes,
« trop contraignant » contrediront
probablement quelques autres…
Équilibré et réaliste dirons-nous
simplement, mais volontariste
aussi, attestant avant tout
notre détermination à avancer,
à ne pas subir.
Nous ne nous résignons pas
à la crise.
Conscients des obstacles,
nous agissons en conscience,
dans l’intérêt des Limousins,
de tous les Limousins.
Fruit d’un très long travail,
notre Schéma de Développement Économique a été
élaboré, dans un souci de
pragmatisme et d’efficacité »
La volonté d’équité dicte bien
notre action d’accompagnement
et de développement des
entreprises, chaque euro régional
investi devant faire l’objet
d’un retour sur investissement
utile à tous.
Car c’est cela la politique, faite
de rencontres, d’écoute et de
temps passé, de réflexions et de
décisions… et d’un travail de tous
les instants, d’un travail exigeant,
à jamais inachevé, loin des agitations et fanfaronnades médiatiques, pour que notre Région,
terre vivante, terre de tradition
et d’innovation, soit toujours
pour chacun d’entre nous…
« une chance à saisir ».
n
Pour contacter le groupe du Parti Socialiste tél. : 05 55 45 00 77 - www.socialistes-limousin.fr
union pour
un mouvement
populaire
groupe présidé par
Raymond Archer
conseillers régionaux
Jean-Paul Adenis
Françoise Beziat
Francis Comby
Marie-Claude Lainez
Frédérique Meunier
Michèle Suchaud
Jean-Pierre Tronche
Nathalie Villeneuve-Delage
Vincent Turpinat
Des têtes bien faites
ou bien pleines ?
Aujourd’hui ce qui compte c’est
la communication. Noyé dans
l’avalanche d’informations
rythmées par le sensationnel
et le répétitif l’individu perd
sa lucidité. Il n’a plus la
possibilité de se faire son idée ;
elle lui est serinée.
Récemment, quelqu’un me
demandait de lui expliquer
la notion d’effet de levier ; en fait
il aurait bien souhaité maîtriser
en quelques minutes l’ensemble
de la macroéconomie financière.
C’est la tendance au surf.
Faut-il banaliser les domaines
scientifiques et leur vocabulaire
au point de les vider de leur
substance ? Propos réactionnaire
me direz-vous ?
Expliquons-nous. Je ne sais
ni comment ni pourquoi se
déclenche une crise d’appendicite ou un AVC ni s’il faut
se bourrer de vitamines. On me
dit que les journaux en parlent.
Je pense que malheureusement
plus l’on schématise, plus on
perd en rigueur scientifique.
Je dis cela parce que la mode
est venue d’en appeler sans cesse
à la proximité et à la consultation
populaire suivant le principe
que tout un chacun doit avoir
un avis sur tout. Rien ne doit lui
échapper. Est-ce que le yuan est
sous-évalué ? Faut-il augmenter
les impôts (sans précision) ?
Faut-il rehausser la TVA ?
Instituer une TVA sociale ?
Quelle est la meilleure énergie ?
Y a-t-il trop de départements
ou de régions (dont les 3/4
des Français ignorent les
compétences). En ce moment
dans le concert sur la crise de l
a dette on met la « convergence »
qui a un sens en théorie de
la croissance, à toutes les sauces
médiatiques.
Pour contacter le groupe UMP, tél. : 05 55 45 19 38
12
La lettre du limousin N° 95 DÉCEMBRE 2011
On a inversé la procédure.
C’est la population qui éclaire
l’élu !!! Mascarade et légèreté
qui permettent à certains
groupes organisés de distiller
un flux d’informations et de faire
pression sur la vie démocratique.
On constate d’ailleurs qu’on fait
d’autant plus appel à la proximité que les citoyens s’éloignent
des urnes ; l’abstention n’a
jamais été aussi forte dans
les élections locales.
Pourtant en démocratie la proximité passe par les représentants
du peuple régulièrement élus
qui sont payés pour travailler
et réfléchir puis expliquer
à leurs mandants les mesures
de politique qu’ils votent.
Nous regrettons que les discussions de fond soient
écartées au profit des phrases
valises qui envahissent les débats politiciens.
Il « faut privilégier la jeunesse,
favoriser l’innovation, améliorer
le commerce extérieur, défendre
l’emploi et la formation… »
mais le comment n’est jamais
vraiment traité alors qu’il implique des choix politiques.
Cette responsabilité est laissée
aux conseillers et aux
administratifs.
n
Tout ceci est vécu au Conseil Régional
où l’élu sert de plus en plus à inaugurer
les chrysanthèmes. »
europe
écologie
LES VERTS
groupe présidé par
marc horvat
conseillers régionaux
Jean-Bernard Damiens
Ghilaine Jeannot-Pagès
Le mois de l’économie sociale et solidaire
Entre l’Europe qui ne cesse de
trembler sous les coups des
banques et des spéculateurs
et les signes de plus en plus
évidents de la dégradation climatique, notre région accumule
les indicateurs défavorables.
Récemment montrée du doigt
pour la hauteur du surendette­
ment de ses ménages, la désin­
dustrialisation galopante et la
situation préoccupante de ses
agriculteurs, notre Limousin,
malgré ses indéniables atouts,
se trouve fragilisé. Constat amer
contre lequel des solutions
pourtant existent et restent à
cohorte d’emplois qui en découlerait et ne pas laisser le champ
libre aux grands groupes transnationaux. Cette même coopération reste à promouvoir pour
la cohérence des actions associatives qui œuvrent dans tous les
domaines de notre quotidien, y
compris dans les dénonciations
les plus dérangeantes des travers
de notre société, et ceci
dans le but
Œuvrer pour une réelle
d’apporter
décentralisation de la
des pratiques
production énergétique et
nouvelles.
la cohorte d’emplois qui en
Pesticides,
découlerait et ne pas laisser le champ libre
notre portée, comme promouvoir
la coopération entre entreprises
autour de projets d’innovation,
pour maintenir un tissu
entrepreneurial à la hauteur
des besoins d’emplois, de qualifications, de valeur ajoutée et
de pérennité, œuvrer pour une
réelle décentralisation de la
production énergétique et la
aux grands groupes transnationaux. »
déchets miniers radioactifs,
monoculture, atteintes diverses
à la santé, à la liberté d’expression, au droit du travail, au droit
aux services publics, au droit des
exclus, les sujets ne manquent
pas. Ce mois de l’économie
sociale et solidaire, alternative
économique et sociale crédible,
basée sur l’expertise et les
aspirations citoyennes, sur
la reconnaissance des besoins
mutuels et la démocratie
au quotidien, devrait être source
d’inspiration pour une
gouvernance repensée au profit
de tous.
n
Pour contacter le groupe Europe Écologie Les Verts, tél. : 05 55 45 17 22
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MEL
Un autre choix
groupe présidé par
Comme chaque fin d’année, nous
entrons dans le temps des choix
budgétaires pour la Région.
Notre volonté de poursuivre
une politique en faveur d’un
développement dynamique
et solidaire du Limousin pour
2012 est confrontée au contexte
de grave crise économique et
financière.
Mais, à cette difficulté, s’ajoutent
le lourd handicap des transferts
de compétences, du gel
budgétaire et de la réforme fiscale
Jacqueline LhommeLéoment
Alternative Démocratie SocialistE
conseiller régional
jean daniel
mouvement écologiste limousin
que nous impose l’État.
La 2e décentralisation a fait
basculer des charges non
compensées sur les collectivités
locales. Le gel des dotations et la
réforme fiscale ont poursuivi cet
étranglement tout en consacrant
une vision libérale des territoires
avec la disparition des services
publics.
Les conséquences de cette
politique sont ressenties partout
en France : ghettoïsation des
banlieues ; asphyxie de l’hôpital
public et de l’éducation nationale ;
agonie des territoires ruraux.
Mais cela ne passe pas, comme en
témoigne le récent basculement
du Sénat.
Les élus locaux, comme
l’ensemble de la société française,
demandent un réel changement
de politique pour sortir le pays
de cette ornière. À la Gauche d’y
répondre en 2012.
n
Les élus locaux, comme l’ensemble
de la société française, demandent
un réel changement de politique
pour sortir le pays de cette ornière.
À la Gauche d’y répondre en 2012.
Pour contacter le groupe Alternative démocratie socialiste et Mouvement écologiste Limousin, tél. : 05 55 45 19 45
LIMOUSIN terre
de gauche
Parti communiste français
Parti de gauche
Nouveau parti anticapitaliste
groupe présidé par
Christian Audouin
conseillers régionaux
Stéphane Lajaumont
Véronique Momenteau
Laurence Pache
Joël Ratier
Pascale Rome
Le budget régional doit
favoriser la justice sociale
Artisans ou complices d’une
Europe libérale légitimant
le diktat des marchés financiers,
les dirigeants du vieux continent
imposent des cures d’austérité
sans précédent à leurs peuples.
En France aussi la dette publique
est le prétexte évoqué par Nicolas
Sarkozy et la droite pour tailler
toujours plus dans les dépenses
publiques, réduire le coût du
travail, diminuer la protection
sociale. Loin d’être un remède,
cette politique conduit à
la récession, au chômage de masse
et l’accentuation des inégalités.
Le dogme de 3 % des déficits
publics, les statuts et le rôle de
la Banque centrale européenne
où le traité de Lisbonne ne sont
pas, eux, remis en cause. Il y aurait
pourtant là matière à inverser
les logiques à l’œuvre et remettre
le développement humain au
cœur des priorités des politiques
publiques.
Si, à l’échelon modeste qui est
le leur, les régions ne détiennent
pas toutes les clefs pour ouvrir
une telle perspective, elles peuvent
être une force de résistance
efficace en mettant en œuvre
des mesures visant à plus de
justice sociale.
Augmenter la TIPP
est injuste
C’est en ce sens que les élus
de notre groupe sont intervenus
lors du débat d’orientations
budgétaires pour 2012, réaffir­
mant leurs priorités et proposant
des inflexions significatives
avant le vote du budget définitif
en en décembre. Ils demandent
notamment :
• de revoir à la hausse le budget
d’investissements dans
les établissements publics
secondaires d’éducation,
de mettre en place la gratuité
totale des livres scolaires,
de renoncer à tout financement
en faveur de l’enseignement
privé.
• de créer les conditions de
la gratuité dans les trains
régionaux (TER) pour les
chômeurs, mesure symbolique
de justice sociale qui pourrait être
élargie par la suite aux étudiantslycéens.
• de n’attribuer aucune aide
aux entreprises qui continuent
à rémunérer des actionnaires et
de généraliser sous conditions
le principe de l’avance
remboursable au détriment
de la subvention.
• de renoncer à prélever la part
additionnelle régionale de la TIPP
(taxe intérieure sur les produits
pétroliers) qui sert entre autres à
financer l’hypothétique LGV et
le groupe Vinci, taxe qui après
les augmentations de mutuelles,
du gaz, de l’électricité, va frapper
encore un peu plus les ménages
modestes.
n
N’hésitez pas
à vous inscrire
à la lettre
d’informations
sur www.terredegauche.fr
Pour contacter le groupe Terre de gauche, tél. : 05 55 45 17 26
N° 95 DÉCEMBRE 2011 La lettre du limousin
13
agenda
1
Les compagnies
limousines
ont reçu
un excellent
accueil de
la part des
professionnels.
Théâtre des 7 collines
05 55 26 99 10
www.fraclimousin.fr
La vie sur un fil
Cie au fil du vent
Des rencontres pour
le spectacle vivant
RENCONTRE Cinq régions voisines s’associent pour permettre à leurs artistes
de se faire connaître.
Cinq régions voisines, Pays de la
Loire, Bretagne, Limousin, Centre et
Poitou-Charentes se sont associées
pour organiser les Rencontres à
l’Ouest, une manifestation pour la
mobilité des artistes. La seconde
édition s’est déroulée en novembre
dernier à Angers. La Région y accompagnait 3 compagnies. Elles ont
pu présenter leur spectacle ou projet
de spectacle à un parterre de professionnels : diffuseurs, programmateurs, médiateurs, décideurs…
La diffusion des spectacles produits
en région est un problème récurrent
que toutes les compagnies partagent en région. Les programmateurs
préfèrent bien souvent les spectacles des scènes parisiennes qui
irriguent ensuite le reste des salles
de l’hexagone. Avec cette initiative
interrégionale des Rencontres à
l’Ouest, les compagnies peuvent
échanger, non seulement avec les
programmateurs mais aussi avec les
artistes d’autres régions et les différents acteurs culturels. Pour les organisateurs, l’objectif des Rencontres
est « de faire naître des envies,
entre artistes et diffuseurs, de travailler ensemble, en accueil en résidence, en production, en diffusion,
ou pour tout autre forme de coopération et d’accompagnement. »
Pour le Limousin, on a pu voir Makizart - Mon petit guide en Croatie,
un texte à mettre en scène, fruit
d’une écriture à plusieurs mains que
ses auteurs projettent de jouer à travers toute l’Europe. Circo Aereo de
Jani Nuutinen en résidence à Nexon
depuis quelques années proposait
une trilogie de cirque d’objets, trois
spectacles dans un village de trois
chapiteaux. Le finlandais explore
toujours sa thématique d’un cirque
« plus juste », précis et minimaliste.
La Compagnie O’navio, virtuose
de la marionnette proposait « Otto
(autobiographie d’un ours en peluche) ». Offert avant guerre à un
LE BILLET occitan
Écrire le limousin, Escriure lo Lemosin, Eicrire lou limouzi
Chronique de JP. Cavaillé et B. Chrétien
L’occitan limousin s’écrit
depuis le Moyen-Âge
(n’oublions pas les troubadours !).
Mais de bien des façons, et la perplexité des lecteurs est légitime
devant les nombreuses formes
de graphies existantes. C’est que
nous n’avons rien qui ressemble
à une Académie limousine qui
imposerait, via le pouvoir d’État,
une norme graphique commune.
Autrement dit, rien à voir avec le
français, ni avec les autres langues
nationales !
Pour ce qui est des écritures contemporaines de l’oc, il faut distinguer une
graphie qui est acceptée et pratiquée
collectivement, dite « classique » ou
« normalisée », des autres manières
d’écrire, qui sont individuelles, ce
qui ne veut pas dire pour autant sans
intérêt ni pertinence ! Les règles de la
graphie « classique » sont communes
à l’ensemble des régions occitanes, et
s’appliquent – parfois imparfaitement
– aux particularités locales, et donc,
bien sûr, au dialecte limousin. C’est
14
elle qui est utilisée et promue par les
linguistes (Yves Lavalade, etc.) et les
écrivains d’expression limousine (Jan
dau Melhau, Roland Berland, etc.). Elle
est enseignée à Calandreta et dans les
(trop rares) cours d’occitan dispensés
dans la région. Elle est aussi employée
dans la signalisation bilingue. En partie inspirée des troubadours, son plus
grand mérite est sa souplesse, sa capacité d’adaptation aux différents parler.
Elle a aussi la qualité d’être autonome
par rapport au français, mais c’est
là un défaut rédhibitoire pour une
population à laquelle l’école n’a pas
appris à en déchiffrer le code. D’où
la tentation, à notre sens tout à fait
naturelle, d’adopter des graphies partiellement ou complètement calquées
sur la manière d’écrire le français qui,
de surcroît, sont susceptibles (bien
que cela soit souvent une illusion)
de mieux « coller » à la langue parlée.
C’est de cette façon que l’on a surtout
écrit le limousin depuis le début de
l’époque moderne, chacun bricolant, à
partir du français, son propre système.
La lettre du limousin N° 95 DÉCEMBRE 2011
Mais il ne faut pas oublier que quelle
que soit la graphie, une phrase doit
sonner de la même manière à l’oreille !
Par exemple lorsqu’on entend dire
que les noms de lieu sont écrits sur
les panneaux bilingues dans une sorte
d’espagnol ou de languedocien et non
en limousin, cela est bien sûr complètement faux. C’est tout simplement
que la plus grande partie des gens ne
savent pas comment on doit lire, par
exemple devant le panneau d’Aissa
(Aixe sur Vienne) ou de Sent Jan
Ligora (Saint-Jean-Ligoure), et prononcent souvent à la française, là où il faut
entendre quelque chose comme Aïsso
et Sein Dzan Ligouro. C’est là à notre
avis un très gros problème. L’école n’a
pas fait son travail (l’apprentissage
minimal d’une règle orthographique
pour la linga dau país), mais admettons aussi que les occitanistes (qui ont
bon dos) ont manqué de pédagogie
en refusant d’associer, partout ou cela
était possible, la graphie classique à
des exemples de graphie « à la française ». Qu’es ’chabat per uei.
n
jeune allemand de confession juive,
Otto passera de main en main,
tel un relais entre les hommes,
jusqu’à se retrouver dans l’Amérique d’après guerre.
Près de 130 structures étaient représentées dans les Rencontres et les
compagnies limousines ont reçu
un très bon accueil. Pour elles, le
principe de la manifestation a particulièrement bien fonctionné. Elles
ont pu établir des contacts avec un
nombre de professionnels impensables en Limousin. Selon toute
vraisemblance, c’est en Limousin
que devrait être organisée la prochaine édition fin 2012. n
Du 12 au 16 décembre 10 h et 14 h 30
Lorsque survient ce drôle de
personnage, bagages à la main,
sur la scène, le paysage se
transforme : son aire de jeu sera
celle de ce simple fil tendu à
quelques mètres de haut, son
compagnon sera ce pianiste
délicat qui accompagne ses pas.
Et le temps du public sera
suspendu aux évolutions de cette
petite femme sur son fil. Petit
clown tranquille, elle y installera
bagages et balai, étendra son
linge, enfilera ses vêtements,
incarnation d’un désir enfantin.
Sur le fil Johanna Gallard avec
une musique, piano et chant,
de Thierry Bazin.
Fonds régional d’art
contemporain
Limousin Limoges
05 55 77 08 98
www.fraclimousin.fr
Narrative, critique,
libre … Figurations
des années soixante
aux années quatre-vingt
Œuvres des collections du FRAC
et de l’Artothèque du Limousin
Juqu’au 10 mars 2012 Le Frac
Limousin poursuit son investiga­
tion dans le domaine pictural
en s’intéressant à l’évolution de
la peinture figurative, notamment
en France, des années 1960
aux années 1980, à partir de
ses collections du Frac et de celle
de l’Artothèque du Limousin.
L’exposition explore en quoi
un certain nombre d’artistes
se sont intéressés aux images interroger leurs sources, apprécier
leurs méthodes de manipulation
et de détournement - et de poser
la question de leur réponse
indi­viduelle ou collective à un
contexte médiatique en augmen­
tation mais pas encore aussi
saturé qu’aujourd’hui.
Travaillant à partir de l’image
photographique ou cinémato­
graphique, de l’imagerie publi­
citaire, du roman-photo, de la
bande dessinée, les artistes
détournent les significations de
ces représentations pour en
révéler des sens inattendus, sug­
gérer d’autres narrations, montrer
leurs implications politiques.
Limoges
Théâtre Expression 7
05 55 77 37 50
Sex-toys - Cie Max Eyrolle
Du 27 au 30 décembre à 20 h 30
sauf le JEUDI 29 décembre à
18 h 30 Les sex-toys étaient
utilisés dès l’âge des cavernes.
Le saviez-vous ? On a beaucoup
2
livres
et disques
les 10 choix de la rédaction
3
4
Laurent
Bourdelas
Éditions Stock, 2011
L’ivresse
des rimes
entendu parler des trains à vapeur
mais ils sont loin d’avoir fait autant
parler que le sex-toy à vapeur !
Le saviez-vous ? Max Eyrolle
explique ainsi sa dernière
création : « Étant maintenant
tombé dans un monde où le
canard vibrant remplace facile­
ment les débats télévisés, il m’a
semblé d’une importance
capitale de retracer de manière
humoristique la vie au cours des
siècles de ces petits objets de
solitude et de plaisir. Car il faut
l’avouer le passage du godmichet
en granit graissé à l’huile de
mammouth (qui vaut le détour)
au godmichet à roue de plumes
d’oies ou de jeunes pintades de la
Renaissance marque en somme
une formidable révolution
culturelle. Et (vu les résultats)
il serait peut-être temps de
dé­laisser la pensée et de s’occuper
enfin de ce qui nous fait vibrer ! »…
ont pour l’occasion mis leurs
écuries à disposition.
C’est dans ce cadre privilégié, que
seront réunis des artisans uniques
dans leurs domaines, avec un
savoir faire inimitable. La diversité
des ateliers proposés permettra
de découvrir des métiers dont
la caractéristique commune est
la création et la fabrication d’articles uniques à base de matériaux nobles, alliant technicité et
modernité. Cet événement sera
également l’occasion de venir
découvrir les Écuries du Château,
traditionnellement fermées
au public.
Limoges
Théâtre de la Passerelle
05 55 79 26 49
www.lesfrancophonies.com
Le discours de la
servitude volontaire
La Boétie
Du 13 AU 16 Décembre à 20 h 30
Avec Pierre Alexandre Gagnant
Mise en scène : Michel Bruzat.
Le nom de la Boétie est souvent
lié à celui de Montaigne. « Je ne
veux pas que vous le heurtiez, ni
que vous l’ébranliez, ne le soute­
nez plus et vous le verrez, comme
un grand colosse dont on dérobe
la base, tomber de son propre
poids et se briser ». Les deux
hommes, en effet furent amis,
de cette amitié célèbre que
l’auteur des Essais explique le
plus simplement du monde :
« parce que c’était lui, parce que
c’était moi ». Montaigne écrira
« La Boétie (était) le plus grand
homme, à mon avis, de notre
siècle ». D’un bout à l’autre
du Discours, une idée-force
porte l’élan du verbe : La Boétie
dénonce la maladie à laquelle
s’abandonnent les peuples sous
le joug de leurs maîtres et il
s’interroge sur la thérapeutique
qui ferait cesser de tels maux.
Boisseuil
Espace culturel du Crouzy
05 55 06 16 82
Encore vous
Le 17 décembre à 20 h 30 et
le 18 décembre à 15 h Théâtre
musical / La java des Gaspards
La dernière création de la Java
des Gaspards, à l’énergie toujours
communicative. « Vous portez
vos habits du dimanche et des
souliers vernis, nous des chansons de fêtes et nos plus belles
mélodies. Vous semblez favorables, disposés à écouter, disposés à rigoler, nous avons la parole
facile et l’air détourné. Depuis
notre première rencontre,
combien de Noëls passés
ensemble, combien de matinées,
combien de belles soirées ?
La magie des premières fois
toujours retrouvée. Vous n’avez
presque pas changé. C’est encore
vous, c’est enfin vous ».
C’est surtout eux.
Pompadour
Meymac
Abbaye Saint-André
Centre d’art contemporain
05 55 98 52 86
05 55 95 23 30
1er CARROUSEL
DES MÉTIERS D’ART
17 et 18 décembre
Les Commerçants et Artisans
du Pays de
Pompadour ont
décidé de mettre
en place une
manifestation d’envergure pour
promouvoir les métiers d’arts et
un patrimoine architectural hors
du commun. Les haras nationaux
www.cacmeymac.fr
Calendrier de l’Avent
2011 - Ernesto Tatafiore
Jusqu’au 8 janvier Visible
tous les jours, éclairé dès la
tombée de la nuit. Depuis 2005,
l’Abbaye Saint-André - Centre
d’art contemporain de Meymac
participe à l’impatience qui
précède les fêtes de fin d’année
en invitant un artiste de notoriété
internationale à réaliser pour la
façade de l’Abbaye un Calendrier
de l’Avent monumental. Après
Sylvie Fajfrowska en 2005,
Anne Brégeaut en 2006, Virginie
Barré en 2007, Henri Cueco en
2008, Julian Opie en 2009 et
Glen Baxter en 2010, c’est l’artiste
italien Ernesto Tatafiore qui
réalise les 26 images de cette
année. Il imagine une rencontre
ana­chronique entre deux révolu­
tion­naires : le français Robespierre
et le napolitain Masaniello.
Cette histoire à destination
des petits comme des grands sera
à découvrir à partir du 1er décembre.
Chaque jour une fenêtre de
l’Abbaye, transformée en caisson
lumineux, s’illumine avec l’image
du jour qui s’ajoute aux précé­
dentes dans une progression
jusqu’au 25 décembre, où les deux
dernières images apparaissent.
L’ensemble reste ensuite éclairé
et visible par tous, tel un fanal
dans la nuit, jusqu’au 8 janvier.
Outre l’originalité du projet par
sa dimension exceptionnelle et
son inscription régulière chaque
année prenant la forme
d’un véritable rendez-vous
en région Limousin, il faut
souligner les conditions de
sa réalisation puisque cette
commande éphé­mère trouve
son financement dans une large
souscription annuelle auprès de
particuliers, de fidèles du Centre,
mais aussi auprès d’entreprises
régionales et nationales, et
de collectivités.
La Fabrique - Guéret
Espace André Lejeune
05 55 52 84 94
www.ville-gueret.fr
Concert du Nouvel An
À Pleine Voix
Le 3 janvier à 20 h 30 Orchestre de
Limoges et du Limousin.
Nous retrouvons pour cette
nou­velle année Jérôme
Kaltenbach, maintenant associé
à l’Opéra-Théâtre de Limoges.
C’est un programme entièrement
consacré à la voix que l’Orchestre
de Limoges et les deux solistes,
Tania Or et Xavier Moreno,
viennent interpréter.
Un programme consacré à la voix
et à l’amour ! Un concert brillant
et festif où se succèdent
les airs chantés d’opéras connus…
Pour embrasser ce programme
à pleine voix, il fallait un couple
de chanteurs habiles à parcourir
toute la gamme du sentiment
amoureux, de l’opéra mozartien
jusqu’à l’opéra bouffe, en passant
par le registre du bel canto.
Le ténor espagnol Xavier Moreno familier des grands rôles verdiens,
pucciniens et straussiens – et la
rayonnante soprano israélienne
Talia Or, qui ne cache pas
sa prédilection pour Mozart,
sont les amants de cette soirée.
La Souterraine
Centre culturel Yves Furet
05 55 63 46 46
7 Weeks plays Dead
of Night
Ciné-concert
Le 13 janvier à 20 h 30 1972 aux
États-Unis, Andy Brooks, un
jeune soldat revient du Vietnam.
Métamorphosé, il ne parle plus,
ne mange plus, reste enfermé
dans sa chambre... pendant
qu’une vague de meurtre terrifie
la région… Dead of Night est
un film injustement oublié malgré
son niveau de réalisation et
d’intensité, d’un impact à la fois
physique, émotionnel et intellec­
tuel, il s’agit également d’un
des premiers films traitant
du trauma­tisme engendré par
la guerre du Vietnam.
Un saisissement macabre
de première catégorie, mais
aussi et surtout un drame
poignant, signé Bob Clark.
Avec ce spectacle, le charis­
matique groupe 7 Weeks se fond
dans l’univers de Bob Clark au
travers de morceaux inédits et
originaux joués en live, explorant
la face la plus sombre, la plus
décharnée mais aussi la plus
mélancolique de sa musique.
Utilisant les dialogues, les brui­
tages, ou seulement les images
tel un clip, le groupe nous offrent
là une alternative aux cinéconcerts de films muets en noir
et blanc, plus courants.
Ussel
Centre culturel municipal
La Carnot
05 55 96 23 63
Le chÂlet
de l’horreur
de la trouille
qui fait peur
Le 19 janvier à 20 h 30 Comédie
policière. Une comédie énigma­
tique et hilarante de Patricia
Levrey sur une mise en scène
de Michel Crémadès.
Cinq personnages croustillants
et machiavéliques (un député
véreux en pleine campagne
électorale accompagné d’un ami
tremblant et lâche, une sulfureuse
bombe sexuelle, une vieille fille
illuminée et un journaliste peu
scrupuleux) répondent à une
mystérieuse invitation et se
retrouvent en pleine montagne,
prisonniers dans un chalet isolé.
Neige, avalanche, hiver, froid,
Brrrr… ! Mais pourquoi les a-t-on
attirés ici ? Ils vont bientôt se
suspecter les uns les autres…
Une comédie policière réfrigérante
interprétée par 5 personnages
irrésistibles. Dans ce châlet de
l’horreur, tantôt on frissonne,
parfois c’est chaud… et même très
chaud, tantôt on meurt… de rire et
c’est un pur bonheur.
1 La vie sur un fil
Théâtre des
7 collines.
2 Figurations
des années
soixante
aux années
quatre-vingt
FRAC Limousin
Limoges.
3 Le châlet
de l’horreur
de la trouille
qui fait peur…
Centre culturel
municipal La
Carnot à Ussel.
4 Sex toys
par la Cie Max
Eyrolle au
Théâtre
Expression 7.
Dans cet essai,
l’auteur étudie
les rapports
entre certains
poètes français
du XIXe siècle et du début du
XXe et le vin ou l’alcool, soit
qu’ils en consomment avec
plus ou moins de retenue,
soit qu’ils s’en inspirent dans
certains de leurs textes, soit
même qu’ils en produisent,
comme les poètes vignerons
Lamartine et Vigny. Au fil de
pages fourmillant d’anecdotes,
on découvre des portraits
d’auteurs majeurs ou moins
connus, le verre à la main :
des romantiques aux poètes
maudits. Le livre est aussi l’occasion de brosser un tableau
de Paris, capitale culturelle,
littéraire et poétique, à travers
ses estaminets et ses cabarets,
comme le célèbre Chat noir.
14 €, 168 pages.
Johann Georg Albrechtsberger
Quatuor Mosaïques, Ensemble baroque
de Limoges, Christophe Coin,
Albin Paulus Gimbardes
Label Laborie Classique
Entre
ciel et
terre
Malgré un
vif regain
d’intérêt
pour les
œuvres d’Albrechtsberger,
ce compositeur reste connu
pour avoir été le maître de
Beethoven. Le style de
composition d’Albrechtsberger
correspond en tout point au
classicisme viennois.
Le présent enregistrement
permet de suivre ce chemine­
ment. Le concerto en mi
majeur enregistré ici est le
dernier et le plus exigeant
de ces concertos. Véritable
curiosité, il utilise un instrument
du folklore, la guimbarde et
réalise l’impossible alliance :
de la musique de cour jouée
sur un instrument de mendiant.
Par Philippe Grandcoing,
Michel C. Kiener, Michel
Métrot, Pascal Texier
Les destins d’un
lycée : Gay-Lussac,
Limoges
Le collège des Jésuites devenu lycée
Gay-Lussac a vu passer entre ses murs,
en 450 ans d’existence, tout ce que la
région a compté de
notables en culottes courtes
et de garçons en mal d’instruction. Un lycée réputé, depuis
les années 1930, pour son
enseignement scientifique.
Les auteurs nous invitent à découvrir les figures marquantes
qui ont façonné l’identité de
l’établissement et son patrimoine longtemps mal en point,
mais aujourd’hui rénové. C’est
aussi l’évolution du système
éducatif français sur quatre
siècles qui est retracée ici.
Bref, tout un pan de la mémoire collective de Limoges.
19 €, 128 pages, Éditions culture et
patrimoine en Limousin, 2011
N° 95 DÉCEMBRE 2011 La lettre du limousin
15
portrait
American
touch
Amy Wells, chercheuse d’origine américaine, 37 ans, a créé une application
pour ordinateurs, smart-phones et autres écrans, permettant de se créer
un parcours touristique sur-mesure en Limousin.
Rencontre avec une femme aux multiples facettes..
© EMMANUELLE MAYER
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Rédacteur en chef
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avec la collaboration des services
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est labellisée Imprim’vert. Elle respecte
un cahier des charges strict sur le recyclage
de ses déchets et la composition
de ses encres. La Lettre du Limousin
est imprimée sur du papier recyclé
avec des encres végétales.
ISSN N° 0151-2587
365 000 exemplaires
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Joyeuse, pulpeuse, entrepreneuse, Amy ressemble
à l’image qu’on se fait d’une Texane.
Sauf qu’à Dallas, sa ville natale,
elle a préféré Limoges, et au rodéo, les belles-lettres. Férue de littérature, elle a soutenu sa thèse en
2008 intitulée « Le genre et la géographie : une approche géocritique
des écrits de femmes de la rive
gauche entre 1903-1941 ». Ou comment les écrivaines américaines
installées à Paris au début du siècle
dernier utilisaient les noms de lieux
pour faire passer des messages sur
la sexualité et le féminisme qu’elles
ne pouvaient exprimer littéralement dans leurs romans. Une thèse
réalisée avec l’université de Texas
Tech et celle de Limoges.
Entre Amy et la France c’est une
histoire d’amour qui date de son
adolescence. À Cedar Hill, dans
la banlieue de Dallas, elle s’ennuie ferme, « il n’y avait même pas
un fast-food ». Alors elle dévore
Hemingway et les auteurs de
l’entre-deux-guerres qui parlent de
la France. « Dans mon fantasme de
jeune fille, les Français étaient plus
chics, plus intelligents, ça faisait rire
mes amis ». À 18 ans, direction Paris
et la Bretagne, un premier voyage
enchanté. Quelques années plus
tard, elle revient, à Lyon cette foisci, pour suivre une année d’étude.
Ambiance Erasmus. Puis retour
en 2003 pour poursuivre sa thèse
16
Pour le moment,
le programme s’appelle
« Mon parcours à moi »
mais une équipe de l’IUT
information-communi­
cation planche sur
un nom plus moderne. »
entamée au Texas et enseigner à
la fac.
Cinq ans plus tard, elle est installée
à Limoges et docteure en études
anglophones. Si sa spécialité est
littéraire, elle n’hésite pas à emprunter à d’autres disciplines comme la
géocritique (analyse des espaces
littéraires) et la géomatique (informatique appliquée à la géographie).
Pour sa thèse, elle a réalisé une
importante base de données informatique qui recense des lieux évoqués dans les œuvres. Forte de cette
expérience, elle s’est dite « pourquoi
pas créer une base de données touristiques que l’on pourrait exploiter
pour le grand public ? » La pluridisciplinarité, elle a ça dans le sang.
C’est pourquoi en plus de sa carrière
universitaire, elle s’est lancée dans
cette entreprise qui mêle tourisme
et technologie. « J’avais participé
à un programme qui aide à valo-
La lettre du limousin N° 95 DÉCEMBRE 2011
riser le savoir universitaire dans le
monde économique et j’avais trouvé
ça formidable. Et j’avais également
découvert l’incubateur de l’Avrul,
qui soutient les créations d’entreprises technologiques issues de la
recherche universitaire et ça m’avait
vraiment donné envie ». Elle monte
le projet de création d’une application pour ordinateurs, tablettes et
smart-phones, à partir d’une base de
données touristiques en Limousin.
Le projet fait son chemin au sein de
son laboratoire de la fac et débouche
sur une collaboration avec le comité
régional du tourisme (CRT).
En octobre 2010, Amy entre à l’in­
cubateur pour développer le projet
et un an plus tard, le logiciel, qui
fonctionne déjà pour les ordinateurs, est en train d’être adapté aux
smart-phones et tablettes numériques. « Nous avons développé des
outils qui permettent de comprendre
les besoins réels d’un touriste en
visite dans la région et de traiter
l’information pour proposer un parcours touristique qui corresponde le
mieux à ses attentes » explique Amy.
Pour le moment, le programme
s’appelle « Mon parcours à moi »
mais une équipe de l’IUT informa-
En savoir plus ?
tion-communication planche sur un
nom plus moderne. Ne reste plus
qu’à trouver des clients qui voudront proposer cette application aux
vacanciers et aux résidents. Alors
seulement, Amy pourra créer son
entreprise et quitter l’incubateur.
« J’ai déjà le nom : The Wells-Worden
Agency, qui associe mon nom à celui
de mon grand-père, créateur d’entreprise. D’ailleurs mon père aussi a
créé sa petite boîte. C’est dans mes
gènes ! ».
Détermination
Avec ses idées qui fusent, son énergie incroyable et sa détermination
à toute épreuve, les seuls freins que
rencontrent Amy viennent du fait
qu’en France, cumuler les casquettes
et les statuts n’est pas chose aisée.
Difficile de travailler à l’université
et de créer une entreprise. Alors
bien que docteure, elle n’est que
simple chargée de cours. Mais la
jolie blonde n’en démord pas, elle
veut être à la fois chercheuse, enseignante et chef d’entreprise. « Il
me semble que l’enseignement, la
recherche et l’entreprise sont liés, les
passerelles entre ces domaines sont
indispensables ! »
n
http://monparcoursamoi.wordpress.com
Bio express
1974
Naissance
à Dallas
SORTIE DU NUMÉRO 96
LE 6 FÉVRIER 2012
1995
Année d’études
françaises
à Lyon
1996
Baccalauréat
(équivalent
Licence)
en études
françaises
+ commerce
à Austin
2008
Thèse d’études
anglophones
de l’Université
de Limoges
et Texas Tech
University
2010
Entrée
à l’incubateur
avec le projet
« Mon parcours
à moi »
Région Limousin
Une chance à saisir