Océan Indien
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Océan Indien
Marie-France Milleliri-Kayser ■ ■ ■ ■ Océan Indien ■ Symboles Distance entre l’aéroport et le centre-ville Temps de trajet Prix du trajet en bus Prix de la course en taxi Introduction 8 Restaurants LK LK LK LK Très bonne table. Prix élevés LK LK LK Bonne table. Prix abordables LK LK Table simple. Bon marché nPartir Avant de partir n 10 Le b.a.-ba de l’ABC n 12 nDes îles, une histoire, des hommes © Les Guides Mondéos Titres de la collection : Afrique du Sud, Algérie, Allemagne, Alsace, Amsterdam, Amsterdam et les Pays-Bas, Andalousie, Angleterre et pays de Galles, Antilles françaises, Argentine, Arménie, Asie centrale, Australie, Autriche, Baléares, Barcelone, Belgique, Berlin/Munich/Bavière, Birmanie (Myanmar), Brésil, Budapest et la Hongrie, Bulgarie, Cambodge/Laos, Canada, Canaries, Cap-Vert, Caraïbes, Chili, Chine, Chypre, Corse, Costa Rica/Panamá, Crète, Croatie, Cuba, Danemark/Copenhague, Dubaï/Oman, Ecosse, Egypte, Equateur et les Îles Galápagos, Espagne, Etats-Unis Est, Etats-Unis Ouest, Finlande/Laponie, Florence et Toscane, Floride/Louisiane/Texas et Bahamas, Guatemala, Grèce et les îles, Iles Anglo-Normandes, Ile Maurice, Inde/Népal, Inde du Nord, Inde du Sud, Indonésie, Irlande, Islande, Israël, Istanbul, Italie du Nord, Italie du Sud, Japon, Jordanie/Syrie/Liban, Kenya/Tanzanie/Zanzibar, La Réunion, Libye, Lisbonne, Londres, Madagascar, Madère et les Açores, Madrid, Malaisie et Singapour, Malte, Maroc, Marrakech, Mauritanie, Mexique et Guatemala, Monténégro, Moscou et Saint-Pétersbourg, New York, Norvège, Océan Indien, Paris, Pays baltes, Pérou/Bolivie, Plongée aux Maldives, Plongée en mer Rouge, Pologne, Portugal, Prague, Prague et la République tchèque, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Québec et Ontario, République dominicaine, Rome, Roumanie, Sardaigne, Sénégal, Seychelles, Sicile, Sri Lanka/Maldives, Suède, Tahiti et Polynésie française, Thaïlande, Tunisie, Turquie, Venise, Vienne, Vietnam… Crédit photos : Agence VISA : Antoine Lorgnier, Wilfried Louvet, Roland Benard, Michel Thersiquel, Alex Folley, Frédéric Vasseur, Michel Megret/ACSI, Tony Steinhardt/ACSI. Office du tourisme des Seychelles, Office du tourisme de l’île Maurice, Sophie et Patrick de Wilde, Digital Stock, Slides Pro. Collection de documents anciens : Armel de Wismes. P. 8 Affiches Evasion par F. Camard, Duncan Actes Sud. Coll. de l’auteur. Kodak. Cartographie : GEOgraphisme, Les Editions Mondéos. Conception graphique : Thierry Renard L’auteur et l’éditeur dégagent toute responsabilité sur les marques citées dans la rubrique « Santé ». Demandez conseil à votre pharmacien. Le contenu des annonces publicitaires insérées dans ce guide n’engage en rien la responsabilité de l’éditeur. Les erreurs ou omissions involontaires qui auraient pu subsister dans ce guide, malgré nos soins et les contrôles de l’équipe de rédaction, ne sauraient engager la responsabilité de l’éditeur. © LES EDITIONS MONDEOS 4 bis, rue du Dahomey, 75011 Paris – Tél. : 01 55 25 49 90 – Fax : 01 55 25 49 99 E-mail : [email protected] – Internet : www.mondeos.com Les Editions Mondéos et les Guides Mondéos sont des marques déposées. Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays. 2e trimestre 2011 – ISSN : 1292-1602 Imprimé dans l’U.E. Géographie, faune et flore n 20 Les clés du passé n 24 Repères chronologiques n 29 Personnages célèbres n 31 Regards actuels n 33 nSe déplacer d’île en île La Réunion n 38 Ile Maurice n 63 Sommaire nCarnet d’adresses La Réunion n 86 Ile Maurice n 89 Cartes n 94 Index n 96 « Bonzour » ! (Bienvenue !) Iles d’escales sur la Route des épices, la Réunion et l’île Maurice, si proches et si différentes, ont su attirer des aventuriers venus de France. Ils y ont construit des villes, comme Mahé de La Bourdonnais, écumé les mers, comme Surcouf, réussi à y planter des épices, comme Poivre. Tout en y laissant une part de leur cœur. Car aucune de ces îles ne peut laisser indifférent. La vie y est pleine de petits bonheurs, aussi douce que la caresse de l’alizé, aussi goûteuse qu’un fruit gorgé de soleil, aussi nonchalante qu’une de ces belles plantes exotiques qui foisonnent au bord des chemins. S urgie du feu d’un volcan, la Réunion a gardé une part de mystère. Pour en savourer toute la beauté, il faut se perdre dans sa nature exubérante, escalader ses pitons, arpenter ses sentiers odorants, toiser son volcan qui éternue avec panache. Mer, sable et soleil : le tableau est campé, éclatant de couleurs et de douceur, pour l’île Maurice, sa petite sœur des Mascareignes. Jadis escale de corsaires, elle arbore des plages farineuses et des lagons couleur turquoise, aussi inattendus que le sourire et la grâce de ses habitantes. Eclats de poussière éparpillés dans l’océan, les îles sont si belles qu’on les croirait irréelles. Elles ont des allures de paradis terrestre avec leurs cocotiers touffus et leurs eaux cristallines peuplées de poissons multicolores. Partir Avant de partir 10 ■ Le b.a.-ba de l’ABC 12 La saison idéale pour voyager en février, celle de la mer ne descend jamais en dessous de 22 °C. La saison des pluies se situe entre ans toutes les îles de l’océan janvier et avril. Il pleut toutefois très Indien, les saisons sont souvent dans la région de Curepipe, inversées par rapport à l’hémis- plus fraîche et nuageuse. phère Nord. L’hiver tropical, de mai à novembre, est plus frais et Boucler sa valise sec. De décembre à avril, l’été est révoir des vêtements légers en revanche chaud et pluvieux. Le en coton, des maillots de soleil se couche généralement tôt et très vite : il fait nuit noire bain, des tenues décontractées et vers 18 h en hiver et 19 h 30 en des shorts pour la journée au bord été. Une petite période cyclonique de la mer, ainsi que des sandales se situe entre janvier et février. en plastique pour marcher sur la Les Seychelles sont relativement plage. Pour le soir, quelques tenues d’été (on s’habille pour dîner dans préservées. les hôtels de Maurice, mais cela nLa Réunion va rarement jusqu’à la cravate) et L’hiver tropical, de mai à novembre, un lainage car la climatisation est est idéal pour randonner. Les tem- fraîche. Un petit sac à dos est utile pératures varient de 15 à 25 °C, dans la journée pour les promemais peuvent descendre jusqu’à nades et randonnées, ainsi que des 0 °C dans la plaine des Cafres et au chaussures de sport. volcan, la nuit. L’été, il fait de 26 à A la Réunion, de bonnes chaussures 34 °C. Généralement, le temps est de marche et un coupe-vent seront beau le matin. Les départs pour les les bienvenus pour les excursions excursions ont toujours lieu très tôt en montagne (ne pas oublier que car le ciel devient facilement nua- la température fraîchit rapidement geux l’après-midi. avec l’altitude). Si l’on fait une croisière ou une randonnée de plusieurs nMaurice jours, prévoir un sac de voyage Il y fait plus doux. La température souple. Ne pas oublier une lampe oscille entre 24 °C en juillet et 31 °C de poche. D P 10 I l n’y a aucun risque particulier dans ces destinations de l’océan Indien. Toutefois, pour réussir ses vacances, quelques règles de base sont à observer et sont valables quels que soient les pays visités. Vérifier que ses rappels de diphtérie, tétanos, polio sont à jour. Se faire vacciner contre l’hépatite A, une maladie que l’on contracte en consommant de l’eau ou des aliments souillés et éventuellement l’hépatite B (transmission par voie sexuelle ou sanguine). En randonnée, emporter des lingettes désinfectantes. Pour se préserver de la « tourista », boire de l’eau capsulée, éviter les glaçons, les fruits non pelés, les crustacés, les viandes et légumes crus. Pour traiter les symptômes de diarrhée aiguë, prévoir un antidiarrhéique qui permettra, en complément d’un régime réhydratant, d’éliminer rapidement la gêne occasionnée. Ne pas marcher pieds nus sur la plage (coraux) ni dans les cours d’eau (bilharziose). L’ épidémie de Chikungunya a touché de plein fouet La Réunion en 2005. Deux ans plus tard, les actions de démoustication ont porté leur fruit puisque le moustique a totalement disparu de l’île. L’hypothèse d’un éventuel vaccin n’est donc plus à l’ordre du jour, mais il est conseillé de se protéger à la tombée de la nuit, en se couvrant de manches longues et de spray antimoustique. Il n’y a aucun risque de paludisme à Maurice, à Rodrigues et à la Réunion. Maurice et La Réunion sont réputées dans tout l’océan Indien pour la qualité de leurs infrastructures médicales. Les pharmacies sont bien approvisionnées à Maurice et il est facile de consulter un médecin. Devises et budget vacances A Maurice, la monnaie locale est la roupie mauricienne (Rs). Tous les hôtels possèdent un bureau de change et acceptent les cartes de paiement. A la Réunion, la monnaie locale est l’euro (€).Les cartes de paiement sont acceptées partout, mais attention, en ville les « gabiers » (distributeurs) sont souvent à sec le week-end. Dans les hauts, il est préférable d’avoir des espèces, les distributeurs étant plus rares. Il est possible de régler en carte bancaire dans la majorité des commerces, et à quelques exceptions près en chèque. Les marchés sont un ravissement pour les yeux et le palais 11 Avant de partir Partir Avant de partir Santé Achats et artisanat L ’artisanat local est très développé dans l’océan Indien. Sur les marchés de la Réunion, on peut trouver fruits (dont l’ananas Victoria « Label Rouge » toute l’année), condiments, toutes sortes d’épices, vanille, Bourbon de la Réunion, thés, tisanes, plantes médicinales, huiles et essences de fleurs, parfums, rhums vieux et liqueurs, vanneries, produits du bois, poteries, lampes, bijoux, soies peintes, Boutique de vannerie, à Maurice. verreries décorées, vêtements à l’inspiration souriante, nappes brodées de Madagascar aux motifs naïfs, DVD, CD de Séga ou Maloya. A Maurice, on achètera tee-shirts, pulls et tous vêtements fabriqués dans la zone franche dans les boutiques de Floréal et de Curepipe, épices, vanneries, saris, paréos, maquettes de bateaux, timbres et diamants, thé à la vanille, essence d’ylang-ylang, quelques objets en bois de noix de coco en provenance de Rodrigues. excellente eau gazeuse, ainsi qu’un vin plutôt corsé… n peut faire ses achats hors A Maurice, on appréciera la bière taxes en débarquant à Mau- du pays et des vins sud-africains rice, car Plaisance est un des rares ainsi que de délicieuses tisanes. aéroports à avoir une boutique duty free à l’arrivée et une autre au Dodo départ. ette sorte de gros dindon aux Cuisine et boissons pattes courtes et au gros bec recourbé, incapable de voler, vivait a table créole est un précieux sur l’île Maurice jusqu’à la fin du mélange de cuisines africaine, xviie siècle. L’espèce a été décimée asiatique et indienne. Le plat natio- par les premiers habitants de l’île, nal réunionnais est, sans conteste, le et le dodo est devenu l’emblème de « cari », à base de poisson, poulet, Maurice. canard, porc, cabri, cuisiné avec de l’ail, de l’oignon, de la tomate et du Électricité curcuma. On le présente avec du riz la Réunion : 220 volts, prises gluant, des grains (lentilles ou harifrançaises. A Maurice : 220 cots rouges), des brèdes (légumes) et un rougail (sauce épicée que l’on sert volts, avec un adaptateur pour à part). Le chouchou (christophine) prises anglo-saxonnes (les hôtels se décline de toutes les manières : en louent, mais il est conseillé d’en gratin, soufflé et gâteau. A Maurice, apporter). les recettes s’inspirent de l’Asie : samossas, vindaye, sauce à base de Filaos gingembre, d’ail et de safran, crêpes ne variété de pin, longiligne à la cannelle. et très résistant, qui pousse Au dessert, on se régale de glaces et de toutes sortes de fruits succulents sur le sable, en bordure de plage, et (mangues, petits ananas sucrés, résiste aux assauts du vent. goyaves, litchis, cœurs de bœuf, jamalac, énormes pamplemousses, Hébergement plusieurs variétés de bananes…). la Réunion, on trouve une nBoissons large variété d’hébergement, Ici comme aux Antilles, le rhum des grands hôtels de luxe (en bord est roi, qu’il soit arrangé (aux lit- de mer) à la petite hôtellerie famichis, à la vanille, à l’ananas…) ou liale (dans les Hauts). Pour tous pur (dans une petite fiole appelée les hébergements et loisirs dans « pile plate », bientôt supprimée de les Hauts, se renseigner auprès la vente). Et puis il y a l’incontour- de votre représentant local, qui nable Dodo, appelée généralement pourra effectuer les réservations et « Bière Bourbon » par les touristes. vous conseiller dans les itinéraires Enfin, outre les délicieux jus de à suivre. Maurice s’est fait une fruits frais proposés sur les mar- spécialité des grands complexes chés, la ville de Cilaos produit une luxueux. O C L A U A 12 13 Le b.a.-ba de l’ABC Partir Le b.a.-ba de l’ABC Arrivée A la Réunion et à Maurice : + 3 h l’hiver, + 2 h l’été. Horaires d’ouverture A la Réunion, les boutiques ouvrent de 8 h 30 à 12 h et de 14 h 30 à 18 h ; à Maurice, de 9 h à 17 h, ainsi que le samedi matin. Attention, dans toutes les îles, les banques ferment tôt l’après-midi. Informations touristiques I nformations abondantes auprès des offices de tourisme et syndicats d’initiative à la Réunion. En composant le 152, les visiteurs en séjour à Maurice ont au bout du fil un opérateur qui les renseigne en anglais ou en français, 7 jours sur 7, 24 h/24, sur l’hébergement, la restauration, les loisirs, les sites de shopping, la vie culturelle, les discothèques. Une communication locale coûte 2 Rs. Jours fériés – La Réunion : mêmes fêtes qu’en France métropolitaine, avec en plus la commémoration de l’Abolition de l’esclavage (appelée « fête caf’ »), le 20 décembre. – Maurice : 2 janvier, l’anniversaire de l’Indépendance (12 mars) et les cérémonies religieuses, dont les dates varient d’année en année (en janvier/février, Thaipoosam Cavadee et la fête du Printemps ; en février, Maha Shivaratree ; en mars, Ougadi ; l’Aïd el-Fitr, à la fin du Ramadan ; en septembre, Ganesh Chaturti, et en octobre/novembre, Divali). Langue O n parle toujours le français dans toutes les îles de l’océan Indien, même si la langue officielle est l’anglais pour Maurice. Le créole reste toutefois la langue commune de la population locale, tant à la Réunion qu’à Maurice. Il diffère un peu d’une île à l’autre. Légendes L es îles regorgent de légendes : celles des pirates et des corartout, le 1er janvier, le 1er mai, saires comme Olivier Vasseur, la Toussaint et Noël sont dit aussi La Buse, dont la tombe chômés. au cimetière de Saint-Paul, à la P 14 Marchés L ieux d ’échanges et de rencontres, ils jouent un rôle important dans l’océan Indien. – La Réunion : les principaux ont lieu à Saint-Paul, Saint-Pierre et Saint-Denis, avec 16 autres secondaires. – Maurice : Mahébourg, Curepipe, Rivière du Rempart, Quatre-Bornes. – Rodrigues : Port-Mathurin. Mariage O métropolitains, qui arrivent avec un ou deux jours de retard, on trouve trois quotidiens locaux : le Journal de l’île, le Quotidien et Témoignages. Sur le petit écran, trois chaînes se concurrencent : RFO (publique) que les Créoles appellent Télé Réunion, Antenne Réunion (privée) qui reprend en partie les programmes de TF1, et enfin Tempo. Sur les ondes, la lutte est la même entre RFO (appelée cette fois « Radio Réunion ») et Free-Dom, l’incontournable libre antenne : c’est le pouls de La Réunion, la radio des coups de gueule et des coups de cœur, celle qu’il faut appeler si vous perdez votre chien, ou si l’on vous vole votre porte-monnaie. Elle rapproche les gens seuls, la nuit et donne la parole à tous, au risque d’être taxée de populiste. Lancée il y a 30 ans en 1981, comme toutes les radios libres du pays, Free Dom remplit aujourd’hui une véritable mission de service public. A Maurice : sept quotidiens locaux dans toutes les langues parlées de l’île ; le Mauricien est en français. Les journaux français et anglais ont deux jours de retard. Informations en anglais, français et créole à la radio. Télévision : programmes locaux et étrangers, et émissions de la Réunion. Météo n peut décider de se marier à our la Réunion et ses Maurice. Les formalités sont 122 microclimats comptabiliassez simples. Il faut simplement s’y prendre suffisamment tôt. Cer- sés par Météo France, les randontains voyagistes spécialistes des îles neurs peuvent appeler le 32 50 ou consulter www.meteo.re pour la s’occupent de tout. météo de l’île et la météo marine. Médias Vous pouvez également y retrouver des images et informations sur les la Réunion, outre la plupart cyclones. Point cyclone : 08 97 65 des quotidiens et magazines 01 01. P A 15 Le b.a.-ba de l’ABC Heure locale Réunion, est toujours fleurie. Les légendes de la Réunion racontent surtout les exploits des esclaves mar rons, comme Dimitile, Cimendef (« celui qui ne courbe pas la tête ») ou Anchaing, qui avaient fui leur vie de misère en se réfugiant dans les coins les plus inaccessibles de l’île. Les créoles croient également beaucoup aux démons, et sacrifient régulièrement des poules noires. Les Réunionnais sont très superstitieux. Parmi les croyances les plus répandues : il ne faut pas répondre à une voix dans la nuit, car cela peut être un zombie, ou il ne faut pas balayer sa maison après le coucher du soleil car cela porte malheur, ou encore il ne faut pas faire un compliment sur une coiffure sous peine de faire tomber les cheveux. cun. A Maurice, le service et les taxes gouvernementales ne sont ieux vaut acheter ses pelli- jamais compris dans les prix praticules avant le départ, pour qués dans les restaurants. les payer moins cher. Le soleil est très violent dans la journée, ce qui Randonnée donne des photos souvent trop a Réunion est idéale pour contrastées. les amateurs de randonnées. Poids et mesures Il n’est pas nécessaire d’être un champion : 1 000 km de sentiers ien que le système décimal soit balisés, dont deux G.R. (sentiers en vigueur à Maurice, on utilise de grande randonnée) et des itinéencore indifféremment les miles et raires si variés que chacun y troules kilomètres, les livres anglaises et vera son bonheur. Veillez toutefois les kilogrammes. à respecter certaines consignes de huit onces : 227 grammes sécurité incontournables, notamune livre : 454 grammes ment pendant la saison des pluies. un mile : 1,61 kilomètre Allo Sentiers, serveur téléphonique une pinte : 0,57 litre accessible au 02 62 37 38 39 offre un état des itinéraires en temps réel, Poste et régulièrement actualisé par l’Office communications National des Forêts. Quelques sentiers existent à Maua Poste fonctionne très bien. On rice. On marche beaucoup à pied peut poster son courrier dans à Rodrigues. les hôtels. M L B L nLa Réunion Pour appeler la Réunion depuis la France, la numérotation est la même qu’en France métropolitaine. Les mobiles locaux commencent par 0692 ou 0693. Dans les halls des grands hôtels, des cabines téléphoniques fonctionnent avec des cartes, comme en métropole. nMaurice Depuis la France, 00 230 + numéro du correspondant. Pour appeler vers la France, composer le 00 33 suivi du numéro de son correspondant sans le 0. Pourboires I Sécurité C omme partout, si l ’on fait preuve de bon sens, on n’aura pas de problème particulier à redouter, sinon des imprudences. Ne pas oublier d’utiliser le coffre-fort de l’hôtel et ne rien garder de précieux sur soi ou dans sa chambre. Porter une banane et garder son appareil photo devant soi. Attention, à la Réunion, dans certains endroits de l’île la baignade est fortement déconseillée à cause des forts courants et l’absence de barrière corallienne. l’esclavage, il subit aujourd’hui les inf luences contemporaines. De nombreux orchestres donnent des spectacles plusieurs fois par semaine dans la plupart des hôtels. A Rodrigues, il s’accompagne du tambour. Sports L a R éu n ion : r a ndon né e s pédestres, équestres et aquatiques, en VTT, en Quad-bike, en 4 x 4 ou Hummer, tennis, parapente, paraplane, ULM, escalade, canyoning, rafting et cano-raft, kayak de mer, jet-ski, golf, surf, kite-surf, planche à voile, ski nautique, pêche au gros, plongée. Maurice : pêche au gros ou à la palangrotte, golf, ski nautique, surf, planche à voile, catamaran. Vélo et randonnées pédestres, pêche et plongée à Rodrigues. vigueur en métropole. Le réseau routier est en très bon état, mais se compose essentiellement de petites routes de montagne à l’intérieur de l’île, pentues et sinueuses. La voiture est un signe extérieur de richesse et on ne compte pas les grosses cylindrées. Malgré la belle route littorale, les embouteillages sont fréquents sur Saint-Denis en semaine aux heures de pointe. Locations de voitures aux mêmes conditions qu’en métropole (11 loueurs sont représentés à l’aéroport). Nombreux taxis. Six lignes de bus sillonnent régulièrement l’île. nIle Maurice La conduite est à gauche, avec priorité à droite. Les locations de voitures sont assez chères. Le réseau d’autobus (les « tatas » mauriciens) fonctionne moyennement bien aux heures de sortie des bureaux. Tous les hôtels proposent un serTransports intérieurs vice taxi. A Rodrigues, un service de bus sillonne l’île (gare routière nLa Réunion entre Port-Mathurin et Anse-auxLa conduite est à droite, et la signa- Anglais). En revanche, il n’y a pas de lisation routière identique à celle en taxi à l’aéroport de Pointe-Corail. Séga L e séga est très vivace dans ls ne sont pas obligatoires, mais l’océan Indien. Dérivé de la laissés à l’appréciation de cha- musique africaine de l’époque de 16 17 Le b.a.-ba de l’ABC Photographie Usages et politesse Varangue R C especter les coutumes locales, ’est ainsi que l’on appelle la ne pas choquer les gens avec véranda qui court autour des des tenues débraillées ou trop maisons créoles. dénudées en dehors des plages. Se couvrir les bras et les jambes avant d’entrer dans les lieux de culte. Vacances H iver austral : de mi-juillet à mi-août. La Réunion Un baptême de l’air en ULM (20 min) Un baptême de l’air en delta et parapente Bière Dodo Une journée à thème à Cilaos en compagnie d’un guide PEI Une journée de randonnée en VTT accompagnée Bus de Saint-Denis à Saint-Gilles Bus de l’aéroport Roland-Garros à Saint-Denis Un repas Une bouteille « pile plate » de rhum charrette Un baptême de plongée sous-marine 46 € 6 € 7 € 11 à 26 € 6 € 30 € Ile Maurice Un repas dans un restaurant local 3 min de communication téléphonique vers l’Europe Une course de 30 min en taxi Un aller-retour en bateau à Rodrigues Un repas au restaurant Une excursion sur l’île aux Cocos Un forfait 5 plongées sous-marines 125 Rs/5 € 250 Rs/10 € 388 Rs/15 € 2 700 Rs/106 € 195 à 775 Rs/13 à 52 € 450 Rs/18 € 3 500 Rs/138 € 40 € 18 à 79 € 1 € 43 € Combien ça coûte ? Des îles, une histoire, des hommes Géographie, faune et flore 20 Les clés du passé 24 ■ Repères chronologiques 29 Personnages célèbres 31 ■ Regards actuels 33 18 Géographie, faune et flore origines volcaniques, le relief de l’île s’orSEYCHELLES ganise donc autour TANZANIE du massif déchiqueté ZAMBIE COMORES et effondré du piton MALAWI MER DES MASCAREIGNES de s Neige s aya nt do n n é n a i s s a n c e MOZAMBIQUE ILE MADAGASCAR ZIMBABWE RODRIGUES à t roi s i m men s e s ILE MAURICE c i rque s (Sa l a z ie, ILE DE LA RÉUNION Ci l a o s, M a f ate), AFRIQUE bordés de hauts remDU SUD MER DE MADAGASCAR parts et hérissés de OCÉAN INDIEN pics vertigineux, le tout classé au Patrimoine mondial de La réunion l’Unesco en 2007. Les seules voies naturelles qui relient ces mondes n Géographie intérieurs de l’île à la côte ont été A près de 10 000 km de Paris, l’île de formées par les rivières. Monde de la Réunion dresse sa silhouette vol- luxuriance végétale entrecoupée de canique au-dessus des flots indigo cascades géantes et de rivières, tande l’océan Indien, quelque 800 km tôt discrètes tantôt tumultueuses à l’est des côtes de Madagascar et à en fonction de la saison, la monun peu plus de 200 km au nord du tagne réunionnaise forme natureltropique du Capricorne. Née de lement l’essentiel du relief de l’île. deux événements volcaniques de Le massif de la Fournaise, aride et grande envergure initiés il y a plus désolé en comparaison du précéde trois millions d’années, l’île a fait dent, complète ce relief d’altitude surgir des flots un premier mas- entouré de hautes plaines étroites sif volcanique qui culmine de nos et d’une mince bande côtière de jours à 3 069 m au faîte du piton quelque 240 km de développement des Neiges, le plus haut sommet de où se concentre l’essentiel de la vie tout l’archipel des Mascareignes. Il y économique, culturelle et tourisa 380 000 ans, un deuxième volcan tique de l’île. Le littoral, trop jeune s’est formé dans le sud-est de l’île, pour avoir eu le temps de s’entourer le piton de la Fournaise (2 632 m), d’une barrière continue de corail, qui demeure l’un des systèmes les offre près de 35 km de plages sur plus actifs de la planète. Ses érup- sa côte ouest et offre plus généraletions régulières et sans danger pour ment un visage de falaises de basalte la population locale permettent sombres, battues par les flots et d’assister à un spectacle véritable- entrecoupées de criques de galets et ment fantastique. Dominé par ses de plages de sable noir. AFRIQUE 20 n Flore Carte d’identité de la Réunion Si la canne à sucre forme une ceinture quasi ininterrompue autour de l’île, la végétation naturelle et sau- Situation vage domine, de par la prééminence Ile française du sud-ouest de l’océan Indien des hauts reliefs, et forme un cou- Statut Département d’outre-mer et région vert végétal d’une densité et d’une Superficie 2 512 km2 variété remarquables. La forêt origi- Dépendances nelle y est encore bien représentée Les îles Eparses :Tromelin, Europa, Juan et fait le bonheur des botanistes de Nova, Les Glorieuses, Bassas da India qui peuvent y admirer les fameux Population 780 000 habitants tamarins des hauts. Parsemé çà Groupes ethniques principaux et là d’espèces odorantes comme le Créoles (40 %), Indiens (30 %), Noirs (10 %), vétiver et les géraniums des hauts, Chinois (7 %), Métropolitains (7 %), Malgaches, le reste de la végétation de moyenne Mahorais et Comoriens (6 %) altitude offre un savoureux mélange Préfecture Saint-Denis de fougères arborescentes, de cryptomerias, d’orchidées, de man- Représentativité Un conseil général, un conseil régional, trois guiers sauvages, de camphriers, de sénateurs, cinq députés poivriers sauvages, d’eucalyptus, de bois noirs et bois de fer, sans oublier Langues Français, créole les bambous qui forment à eux seuls Monnaie Euro de véritables mini-forêts. Plus haut, Religions principales une végétation arbustive de rhodo- Catholicisme, hindouisme, bouddhisme, islam dendrons, de genêts et d’ajoncs part Ressources principales à l’assaut des sommets et du vol- Tourisme, canne à sucre, sucre, rhum et pêche can. Sur la côte, filaos, cocotiers et lataniers de Bourbon endémiques Les champs de lave offrent donnent la réplique aux splendides des motifs de concrétion uniques. flamboyants qui rougissent au cœur de l’été austral. n Faune Côté faune, la Réunion est nettement moins riche, et ce sont essentiellement les oiseaux qui dominent le paysage. Si le dodo blanc, à l’image de son lointain cousin le dodo mauricien, a depuis longtemps disparu, les oiseaux indigènes sont encore largement représentés avec le tec-tec, le gobe-mouche de paradis repérable à sa tête violette, ou encore le busard de Maillard, ou papangue, qui tournoie au-dessus des ravines. Les oiseaux de mer sont nombreux et le plus célèbre d’entre eux, le pailleen-queue, est même devenu l’oiseau 21 emblématique de l’île. Parmi les espèces « terrestres », citons le cerf de Java, le sanglier, la chauve-souris, le gecko, mais aussi le tangue, ou tenrec, un insectivore qui rappelle le hérisson, et le caméléon, qui sont désormais protégés. Au-delà des côtes, les fonds de l’océan regorgent de capucins-carêmes, capitaines et autres rouges (mérous réunionnais), sans oublier la faune des récifs coralliens, les requins, les tortues marines et cétacés : dauphins (dont certains sont sédentaires dans la Baie de Saint-Paul), baleines à bosses passant très près des côtes pour s’accoupler ou mettre bas de juin à octobre. Ile Maurice A u cœur de l’océan Indien, l’île Maurice forme, avec l’île de la Réunion et l’île Rodrigues, l’archipel des Mascareignes. Elle annonce 63 km du nord au sud et 47 km d’est en ouest. Un confetti de 1 865 km2, Carte d’identité de l’île Maurice Nom République mauricienne Capitale Port Louis Superficie 1 865 km2 Population 1 281 700 habitants Densité 628 habitants/km2 Nature du régime République constitutionnelle, démocratie parlementaire Chef de l’Etat Aneerood Jugnauth Langue officielle Anglais Religions Hindouisme 52 %, catholicisme 28,3 %, islam 16,6 % Monnaie Roupie mauricienne (Rs) Ressources principales Industrie sucrière et textile, tourisme, finances internationales PNB (2008) 6 812 dollars par habitant 22 avec 330 km de côtes. Sur le 21e parallèle, Maurice flirte avec le tropique du Capricorne, à 210 km de la Réunion, 900 km de Madagascar et moins de 2 000 km du continent africain. Sa petite sœur, Rodrigues, est ancrée à 560 km à l’est de ses côtes. Nées des profondeurs de l’eau, ces terres-là sont l’œuvre du volcanisme. Voilà huit millions d’années, leurs premiers volcans surgirent au-dessus des flots, sous l’effet des soubresauts brûlants du noyau terrestre. La lave jaillit deux ou trois millions d’années durant. Puis se figèrent les pics mauriciens. Une longue période d’érosion les sculpta et les rabota. Aujourd’hui, le sommet le plus élevé, le piton de la Rivière Noire, culmine à 828 m, suivi du Pieter Both (821 m) et du Pouce (812 m). Plantées en corolle, ces montagnes de basalte aux arêtes vives délimitent le haut plateau central de l’île, qui n’excède pas 600 m d’altitude. Ruisseaux et rivières le sillonnent, se ruant en des vallées et gorges verdoyantes. Sur leurs cours se multiplient les cascades, souvent les cascades, souvent spectaculaires, telles les chutes de Tamarin ou de Chamarel. Les dernières éruptions volcaniques (100 000 ans) ont enrichi les plaines du Nord et de l’Est, devenues terres agricoles fertiles. Le Sud, lui, recèle les derniers hectares de forêt indigène. Autour de l’ île, des barrières de corail apaisent la fureur des vagues. Elles dessinent des lagons d’émeraude qui, de Grand Baie à Belle Mare, baignent de splendides plages de sable blanc. n Un jardin extraordinaire La forêt vierge, qui couvrait l’ensemble de l’île, a été détruite par les premiers colons. Teck, palissandre, ébène : les fameux « bois des îles » furent soit utilisés sur place, soit exportés pour la fabrication de meubles précieux. Au xviie siècle, la plantation de la canne à sucre accéléra la déforestation. De nos jours, moins de 1 % de la surface du pays conserve ses essences originelles, dûment protégées par le gouvernement au sud-ouest du pays. Pourtant, Maurice est le contraire d’une terre dénudée. C’est qu’elle a été régulièrement reboisée, notamment dans ses parties les plus montagneuses, avec des eucalyptus, des camphriers, des takamakas, des acajous, mais aussi des conifères. Fougères arborescentes et lianes à crochets, bambous aussi, s’entremêlent dans les secteurs les plus humides, tandis que flamboyants, tamariniers, jambosiers et autres bougainvillées embellissent routes, villes et villages. La côte, elle, apparaît comme le domaine privilégié des cocotiers, mais aussi et surtout des filaos. Végétation luxuriante, qui fait de l’île un jardin extraordinaire. Papayes, mangues, litchis, goyaves, avocats… Les fruits abondent toute l’année. Quant aux fleurs, elles sont indissociables de la carte postale mauricienne, des anthuriums rouges aux jacarandas mauves et des lys aux orchidées. n Le ciel et la mer O i s e au devenu my t h ique, le dodo a disparu de l’île à la fin du xvii e siècle, comme son proche cousin le solitaire de Rodrigues. Au cours des siècles suivants, de nombreuses autres espèces d’oiseaux autochtones ont vu s’éclaircir leurs rangs. De nos jours, on aperçoit encore la crécerelle, l’oiseau du paradis, le pigeon rose, Depuis quelques années, se dessine un fort mouvement écologique pour défendre la flore. le coq des bois et, beaucoup plus fréquemment, le martin, l’oiseau à lunettes, le serin, le bengali et surtout le condé, qui picore volontiers dans les assiettes. Le littoral, lui, offre le merveilleux spectacle du paille-en-queue, mais aussi des goélettes, pétrels, fous et autres hirondelles. La faune terrestre est essentiellement constituée d’espèces importées par les Néerlandais au xviie siècle pour la chasse et la viande, comme le cerf de Java, le sanglier et le lièvre. Les tortues géantes, terrestres ou marines, ont été exterminées. Les lézards, eux, abondent. Quant aux rares serpents, ils ne sont pas venimeux. Sous la surface de l’océan, la vie animale demeure intense, même si le développement touristique de l’île en menace, aujourd’hui, l’équilibre. Poissons-perroquets, poissons-clowns et poissons-trompettes dans le lagon, espadons, marlins et barracudas au large, plus les oursins, coraux, étoiles de mer, anémones… A Maurice, la vie sous-marine est une fête. 23 Une histoire Femmes engagées à la récolte du café. Les clés du passé n L’ère de la prospérité (1720-1789) ’était un petit bout de lave perdu dans l’océan Indien. Une nature extravagante y a composé des paysages somptueux. Aujourd’hui, c’est un morceau de France, où toutes les ethnies du monde se sont mêlées… Sans ports, mais fertile, Bourbon devient un jardin où se ravitaillent les pirates. Les planteurs se lancent dans la culture du café, avec des esclaves africains ou malgaches. En 1735, le breton Mahé de La Bourdonnais est nommé gouverneur des îles de l’océan Indien. Il installe son administration sur l’île voisine de Maurice, mieux pourvue en ports, et transforme Bourbon en « gardemanger ». Sous son autorité, la Réunion prospère, se dote de routes, d’entrepôts et d’une nouvelle capitale, Saint-Denis. Mais la réussite du gouverneur Mahé de La Bourdonnais fait des jaloux et il est rappelé à Paris. Le ministre Choiseul rachète les îles de l’océan Indien à la Compagnie des Indes et les fait administrer par des gouverneurs nommés par le roi. Bourbon s’enrichit et s’embourgeoise. Tandis que l’intendant Pierre Poivre fait pousser des épices, l’amiral Suffren, en mer, mène la vie dure aux Anglais. n Les premiers explorateurs (1518-1662) n De la Révolution Bien que l’amiral portugais Pedro Mascarenhas y aborde vers 1513, l’île reste inhabitée très longtemps. Un Français, Salomon Goubert, en prend possession, en 1638, au nom du roi de France. Il l’appelle Mascarin. En 1642, le Saint-Louis, un navire de la Compagnie française de l’Orient vient y apposer les armes royales au lieu-dit La Possession. Puis, on y exile douze soldats mutins, pour s’en débarrasser. Trois ans plus tard, ils sont toujours vivants. L’île est habitable. On lui donne alors un nom plus prestigieux, Bourbon. En vingt-cinq ans seulement, Bourbon va changer deux fois de nom : elle devient île de la Réunion à la Révolution puis, sous le Consulat, est rebaptisée île Bonaparte. Des cyclones terribles ravagent les plantations et la disette s’installe. La population blanche la plus démunie s’installe dans les Hauts. C’est alors que les Anglais, en guerre contre Napoléon, occupent l’île. En juillet 1810, ils s’emparent de Saint-Denis, après une bataille de quatre jours. n La colonisation (1663-1720) n La fin de l’esclavage (1814-1848) En 1663, la Compagnie des Indes orientales reçoit la mission de coloniser les Mascareignes. Le premier commandant officiel, Etienne Regnault, débarque à Bourbon, avec vingt volontaires français. Au fil des années, des colons arrivent d’Europe et de Madagascar. Faute de femmes blanches, ils épousent des Malgaches et des Indiennes de Goa. Le métissage commence. Sur 47 000 habitants, 36 000 sont des esclaves, durement traités, qui s’enfuient de plus en plus nombreux vers les cirques de Cilaos, Salazie et Mafate. On les appelle les « marrons ». Sous l’occupation anglaise, une grande révolte est cruellement réprimée. En 1814, le traité de Paris rend Bourbon aux Français. Elle retrouve sa prospérité grâce à la canne à sucre et à la vanille, une nouvelle culture La Réunion C 24 à l’occupation anglaise (1789-1814) 25 Les clés du passé De hardis marins s’étaient emparés de ces îles aux trésors rencontrées sur la Route des épices. Après avoir connu la colonisation et l’esclavage, elles ont fait l’apprentissage de la démocratie. Une est restée française, les autres ont préféré l’indépendance. n L’arrivée des travailleurs « engagés » (1848-1945) Saint Expédit Ce saint, représenté en tenue de soldat romain à pied, jouit d’une grande popularité à la Réunion. Quelques heures après le passage d’Ando, le premier cyclone du millénaire, ses oratoires ont été couverts de fleurs et de cierges. Les Réunionnais ont l’habitude d’avoir recours à saint Expédit pour toutes sortes de situations : un mariage, l’achat d’une maison, éclaircir une situation confuse, obtenir la guérison d’un simple mal de tête. On ne connaît pas vraiment l’origine de ce culte. La légende raconte que, comme il n’y avait pas de saint patron sur l’île, des religieux avaient demandé au Vatican les reliques d’un saint. Le paquet est arrivé, avec des reliques, mais très abîmé. Seule subsistait une unique mention : « Espedito ». Les religieux ne comprenaient pas l’italien. Ils ont cru que c’était le nom du saint ! 26 Une série de cyclones meurtriers s’abat sur l’île. Ruinés, de nombreux « petits Blancs » quittent la côte pour les terres encore vierges des Hauts. Pour remplacer les esclaves, les planteurs engagent massivement des Indiens malabars. Des Chinois s’installent comme commerçants. Sous le second Empire, l’économie de l’île est florissante. Le gouverneur Delisle fait construire des routes et des ponts pour améliorer les communications dans l’île. Mais, alors que la Réunion est devenue un des fleurons des colonies, la betterave sucrière vient concurrencer la canne à sucre et porte un coup mortel aux exportations, déjà mises à mal par la production des nouvelles colonies françaises des Antilles. Pire, les plantations sont touchées par le phylloxéra de la canne et, pour couronner le tout, l’ouverture du canal de Suez modifie la route des navires vers les Indes. On développe la culture du géranium dans les Hauts et on inaugure une ligne de chemin de fer entre Saint-Benoît et Saint-Pierre. Pendant la Première Guerre mondiale, 10 000 Réunionnais s’engagent. Mille d’entre eux mourront pour la France. En 1940, le gouverneur de l’île s’étant rallié au gouvernement de Vichy, la Réunion est victime du blocus anglais. n Un département français (1946-1990) En 1945, ravagée par plusieurs cyclones et des épidémies de choléra, la Réunion fait figure de colonie à l’abandon. Le 19 mars 1946, elle devient un département français administré par un préfet. On recrute des fonctionnaires, les routes sont améliorées. Les plantations sont peu à peu abandonnées au profit du secteur tertiaire. Dans les années 1960, l’ île choisit d ’élire comme député Michel Debré, Premier ministre du général de Gaulle. Sous son action, la Réunion se modernise, mais l’économie est de plus en plus défaillante, et les aides de la métropole deviennent indispensables. En 1982, juste un an après la naissance de la première radio libre, Freedom, l’ île obtient le statut de région et reçoit l’aide financière de la métropole. n La marche du progrès (1990-2000) Après une brève période d’agitation sociale au début des années 1990, l’égalité sociale est rétablie entre les DOM et la Métropole : notamment au niveau des prestations sociales et familiales. En ce début de troisième millénaire, la Réunion doit faire face à des problèmes de chômage au sein d’une population dont 60 % ont moins de 30 ans. Ile Maurice E n hommage à sa beauté marine, les Français l’avaient appelée île de France. Elle doit son nom actuel aux Hollandais, mais n’a pas renoncé à la langue de Voltaire. n Les premiers habitants (1502-1507) Dîna Arobin, ainsi la baptisent les marins arabes, au x e siècle ! Sans s’y arrêter, car ses premiers habitants sont des Portugais qui débarquent en 1516 pour y chasser le dodo, un oiseau étrange, au gros bec crochu. n Une île hollandaise (1598-1658) Les Hollandais s’y installent et la rebaptisent Mauritius, du nom de leur prince Maurice de Nassau. Mais, découragés par une succession de cyclones violents, ils quittent l’île en 1658. n La colonisation française (1715-1789) En 1715, Mauritius est toujours déserte lorsque le Français Dufresne d’Arsel en prend possession et la rebaptise île de France. Dès 1721, des colons arrivent avec des esclaves et y vivotent. L’arrivée du breton Mahé de La Bourdonnais, en 1735, va tout changer. Le nouveau gouverneur des îles Bourbon et de France développe la colonisation, organise la traite des esclaves et établit la capitale à Port-Louis. L’île de France compte 18 000 habitants et devient un port aussi important que Batavia, Madras ou Bombay. Les corsaires, en particulier Surcouf, contribuent à sa 27 Les clés du passé pleine de promesses depuis qu’un esclave, Edmond Albius, a réussi à la féconder artificiellement. En 1848, l’abolition de l’esclavage libère plus de 60 000 esclaves. Et Bourbon retrouve son nom d’île de la Réunion. richesse. En France, Bernardin de Saint-Pierre publie Paul et Virginie, un tragique roman d’amour dont il a eu l’idée pendant un séjour dans l’île. n Le blocus britannique (1789-1810) En 1789, les Anglais s’emparent successivement des Seychelles, puis de la Réunion et de Rodrigues. En 1810, Napoléon remporte la seule bataille navale de son règne, à Grand Port. Les Anglais débarquent par surprise à Cap Malheureux : 16 000 soldats donnent l’assaut à l’île de France, qui capitule. n Anglaise par la loi, française par le cœur (1810-1834) En 1814, le traité de Paris cède Maurice, Rodrigues et les Seychelles à l’Angleterre. L’île retrouve son ancien nom de Mauritius. Les Anglais garantissent aux colons le respect de leurs « propriétés, lois, coutumes et religions ». Un certain nombre de lois édictées par le code Napoléon restent en vigueur. Le français demeure la langue des Mauriciens. Dans les plantations, la canne à sucre supplante peu à peu les autres cultures. n La liberté (1835-1869) L’abolition de l’esclavage touche 100 000 esclaves. Pour les remplacer, les planteurs embauchent des Indiens. Engagés théoriquement pour trois ans, bien peu repartent et, dès 1861, ils représentent les deux tiers de la population. n La marche vers l’indépendance (1869-1967) Mais l’économie mauricienne ne peut survivre à la crise de la betterave sucrière, amplifiée par le percement du canal de Suez. Des revendications politiques émergent, et l’Angleterre se décide à entamer la décolonisation, en 1957. Maurice sort de son sous-développement. Le Parti mauricien social démocrate (PMSD) voit le jour. De leur côté, les hindous s’allient aux musulmans pour revendiquer l’indépendance. Maurice est dotée d’un parlement, tout en restant une colonie britannique jusqu’en 1967. n La démocratie (1968) En 1968, Maurice devient indépendante, mais continue à faire partie du Commonwealth. Le chef du Parti travailliste, sir Seewoosagur Ramgoolam, devient Premier ministre et démarre le redressement économique. Maurice se lance dans le tourisme. La vie politique de l’île est très tourmentée jusqu’en 1990, date à laquelle les deux principaux partis politiques, le MMM (Mouvement militant mauricien) de Paul Béranger et le MSM (Mouvement socialiste militant) de Aneerood Jugnauth, s’allient et gagnent les élections législatives. En 1992, la république de Maurice est proclamée. Elle demeure au sein du Commonwealth. Le gouvernement, formé par Aneerood Jugnauth chute en 1995 suite à une accumulation de scandales politico-financiers. n Une jeune république En 2003, Aneerod Jugnauth est à nouveau élu président de la République. Paul Béranger, puis Navin Ramgoolam, sont successivement nommés au poste de Premier ministre. 28 La Réunion Repères chronologiques 3 millions d’années av. J.-C. : jaillissement du piton des Neiges. 500 000 ans av. J.-C. : effondrement du massif du piton des Neiges et formation des cirques. 380 000 ans av. J.-C. : naissance du piton de la Fournaise. Moyen Age : découverte de l’île par les Arabes. Ils la nomment Dina Margabin. 1507-1512 : découverte des Mascareignes par les Portugais qui nomment ainsi l’archipel en l’honneur de l’un de leurs grands capitaines Pedro Mascarenhas. 1638 : première prise de possession de l’île par la France et Salomon Goubert. Elle prend le nom de Mascarin. Saint-Paul devient la première capitale de l’île. 1646 : arrivée des premiers colons exilés en provenance de Madagascar. 1649 : deuxième prise de possession par Etienne de Flacourt, gouverneur de Fort-Dauphin. L’île prend le nom de Bourbon. 1665 : début de la colonisation véritable par Etienne Régnault et un groupe de 20 colons. Création de Sainte-Suzanne. 1669 : création de Saint-Denis. 1669 : introduction de la culture du café. 1735 : Mahé de La Bourdonnais devient gouverneur général des Mascareignes et Saint-Denis la capitale de l’île Bourbon à la place de Saint-Paul. 1767 : le pouvoir royal remplace celui de la Compagnie des Indes, Pierre Poivre est nommé intendant général des Mascareignes. 1770-1810 : grande époque du café Bourbon. 1793 : l’île prend pour la première fois le nom de Réunion sous la Convention. 1794 : première loi sur l’abolition de l’esclavage sans réelle application. Apparition de la canne à sucre qui remplace peu à peu le café. 1810 : la Réunion tombe aux mains des Anglais. 1815 : l’île est rendue au roi de France et reprend le nom de Bourbon. Séparation définitive avec l’île de France qui prend définitivement le nom d’île Maurice. 1819 : introduction de la vanille. 1841 : découverte du procédé de fécondation artificielle de la vanille par Edmond Albius. 1848 : abolition définitive de l’esclavage ; l’île reprend le nom de la Réunion. 1863 : crise sucrière. 1887 : création de la ville du Port. 1918 : mort de Roland Garros dans le ciel de France. 1929 : première liaison aérienne avec la France. 1946 : l’île de la Réunion devient département français d’outre-mer. 1958 : création du PCR (Parti communiste réunionnais) par Raymond Vergès. 1975 : remplacement du franc CFA par le franc français. 1982 : la Réunion devient une région française. 1991 : émeutes du Chaudron. 1996 : alignement du Smic sur celui de la métropole. 2002 : passage à l’euro. 2005 : épidémie de Chikungunya. Un Réunionnais sur trois est touché. 2007 : création du parc national de La Réunion (le 9e de France). 2009 : Ouverture de route des Tamarins, une magnifique route express reliant SaintPaul à l’Etang-Salé. 2010 : pitons, cirques et remparts (40 % du territoire) inscrits au Patrimoine mondial de l’Unesco 29 La Réunion Personnages célèbres nFrançois Mahé de La Bourdonnais (1699-1753) de Mallarmé, il fit partie du petit groupe qui veilla le corps de Victor Hugo le 22 mai 1885 à l’Arc de Triomphe. Gouverneur des Mascareignes à partir de 1735, il sera pendant plus nRoland Garros de dix ans l’artisan du premier (1888-1918) grand développement de la Réunion. Figure légendaire de l’aviation. nPierre Poivre Né à Saint-Denis, détenteur de (1719-1786) plusieurs records d’altitude, Botaniste aventurier, passionné vainqueur de la première traversée par la course aux épices, il est de la Méditerranée et inventeur du nommé intendant général des tir à travers l’hélice, il a disparu Mascareignes en 1767 et développe en 1918 dans le ciel de France au la culture des épices à la Réunion. cours d’un combat aérien. nSarda Garriga nMichel Debré Commissaire général de la République qui fut responsable de la mise en application de l’abolition de l’esclavage. Homme politique français, ancien ministre du général de Gaulle et député de la Réunion de 1963 à 1988. nCharles-Marie Leconte nRaymond Barre Poète né à Saint-Paul, auteur entre autres œuvres des Poèmes antiques et des Poèmes barbares et héritier du fauteuil de Victor Hugo à l’Académie française. Homme politique français et ancien Premier ministre né à SaintDenis. nEdmond Albius Fils de Raymond Vergès, fondateur du PCR (Part communiste réunionnais). Avocat médiatique qui s’illustra notamment en défendant Klaus Barbie et le terroriste Carlos. (1808-1877) de Lisle (1818-1894) (1829-1880) (1912-1996) (1924-2007) nJacques Vergès (né en 1924) Esclave de Sainte-Suzanne qui mit au point la technique permettant la fécondation artificielle de la vanille d’un simple geste de la main. Il ne tira malheureusement aucun bénéfice de sa découverte et mourut nValérie Bègue (née en 1985) dans la misère, délaissé par les planteurs et la société réunionnaise. Miss France 2008, cette jeune fille se sera accrochée à son diadème nLéon Dierx malgré la diffusion de photos (1838-1912) compromettantes et la rumeur Maître incontesté de la poésie liant son élection à la volonté de parnassienne né à Saint-Denis. relancer le tourisme à La Réunion Elu Prince des poètes à la mort après le chikungunya ! 30 Ile Maurice Repères chronologiques 1000 av. J.-C. : selon certains historiens, les Phéniciens pourraient avoir visité l’île Maurice. 1502 : connue des commerçants arabes, Maurice figure pour la première fois sur une carte marine. 1511 : les Portugais découvrent l’île, qu’ils nomment l’Ilha do Cirne. 1538 : Diego Rodrigues aborde Rodrigues, à laquelle il donne son nom. 1598 : les Néerlandais prennent possession de Cirne, qu’ils rebaptisent Mauritzius en l’honneur de leur prince Maurice de Nassau. 1639 : les Néerlandais introduisent le cerf de Java et la culture de la canne à sucre. 1710 : départ définitif de la petite colonie néerlandaise. 1715 : les Français prennent possession de Maurice, qu’ils baptisent Isle de France. 1721 : la colonisation française débute avec l’arrivée de Garnier Dufougeray. 1735 : Mahé de La Bourdonnais est nommé gouverneur de l’île, fonction qu’il exerce jusqu’en 1 746. 1748 : les Britanniques tentent de débarquer, sans succès. 1765 : la Compagnie des Indes, qui connaît des difficultés financières, vend l’île au roi de France. 1768 : Bernardin de SaintPierre débarque à Maurice, qu’il immortalise dans son roman Paul et Virginie. 1794 : une nouvelle tentative de débarquement britannique est repoussée. 1810 : victoire navale napoléonienne sur les Britanniques à Grand Port, suivie d’une victoire britannique. 1813 : publication d’un ordre d’abolition de l’esclavage. 1814 : le traité de Paris fait de Maurice une nouvelle possession britannique. L’île prend le nom de Mauritius. 1835 : l’abolition de l’esclavage devient effective. 1862 : introduction du chemin de fer dans l’île. 1877 : apparition de la roupie. 1936 : le docteur Maurice Curé lance le Parti travailliste. 1959 : la Constitution instaure le suffrage universel. 1968 : Maurice acquiert son indépendance, Rodrigues devenant la 21e circonscription de l’Etat mauricien. Seewoosagur Ramgoolam est nommé Premier ministre pour treize ans. 1982 : Aneerood Jugnauth devient Premier ministre. 1992 : proclamation de la république. Cassam Uteem est élu président de la République. 1995 : Navin Ramgoolam devient Premier ministre. 1999 : graves émeutes à la suite de la mort controversée, en prison, d’un célèbre chanteur de la communauté minoritaire créole : Kaya. 2000 : Aneerood Jugnauth redevient Premier ministre. 2003 et 2008 : Aneerood Jugnauth est élu président de la République. 2010 : deuxième mandat de Premier ministre pour Ramgoolam. 31 nBertrand François Mahé de La Bourdonnais (1699-1753) nRobert Surcouf (1773-1827) Marin français hors pair, embarqué dès l’âge de treize A l’origine de l’essor de Port Louis ans et capitaine à vingt. Comme et de l’île Maurice en général, ce corsaire, il est indissociable de Malouin est la tête de proue de l’épopée mauricienne, pour la présence française à Maurice. avoir arraisonné des dizaines de Il s’illustra aussi lors de la guerre navires britanniques. Cet homme franco-britannique aux Indes. audacieux, qui commença sa Déchu de son titre de gouverneur, carrière comme négrier pour il revint néanmoins vivre sur l’Isle les planteurs de l’île Bourbon et de France en simple particulier, la poursuivit comme « roi des avant d’être emprisonné à la corsaires » jusqu’à la chute de Bastille, accusé par Dupleix d’avoir l’Empire, accumula une fortune trahi les intérêts de la Compagnie considérable. des Indes. nPierre Poivre (1719-1786) nRobert Farquhar (1776-1830) Sans doute le plus grand administrateur britannique de Maurice. Il sut y imposer la présence britannique sans provoquer de heurts, en respectant scrupuleusement les convictions de chacun. Administrateur et voyageur français né à Lyon, il s’employa, avec un succès relatif, à acclimater de nombreuses épices à Maurice et à la Réunion. Il est à l’origine du magnifique jardin botanique des Pamplemousses, une des gloires du nSir tourisme mauricien. nJacques Henri Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814) Seewoosagur Ramgoolam (1900-1985) D’origine indienne, il accomplit de brillantes études en GrandeBretagne, avant de prendre la Ingénieur de formation, cet tête du Parti travailliste et de écrivain français, ami de Jeanhâter la marche de l’île vers Jacques Rousseau, contribua à faire l’indépendance. connaître l’île Maurice en Europe, Premier ministre de son pays à travers un roman à succès, pendant treize ans, il est considéré inspiré du naufrage du Saintcomme le « père » de la nation Géran : Paul et Virginie, qui chante mauricienne. Son nom a été donné le bonheur de deux adolescents à de nombreuses rues, mais aussi à sous les filaos des Mascareignes. l’aéroport. Une histoire Ile Maurice Personnages célèbres Regards actuels Bien que leur économie s’organise doucement, les îles de l’océan Indien veulent garder vivaces leurs traditions, et la Réunion et Maurice revendiquent leur culture créole. La Réunion n Economie L’île n’a aucune ressource minière et les investissements industriels se limitent aux secteurs du sucre et du bâtiment. L’essentiel des emplois est procuré par le secteur tertiaire et l’administration. Le chômage touche près de 75 000 personnes et un Réunionnais sur quatre vit du RMI. Les allocations familiales améliorent l’ordinaire de pas mal de familles. Quatre usines traitent la canne à sucre, dont 250 000 tonnes sont exportées chaque année. La mélasse est utilisée pour fabriquer du rhum. Autres productions : la vanille Bourbon, le géranium rosat et le vétiver. Plutôt maigre, l’artisanat utilise les ressources locales : dentelle de Cilaos, vanneries, rotin, écaille des tortues marines. Le tourisme est en expansion régulière : l’île a appris à mieux vendre ses Hauts verts et sa nature sauvage. Mais elle reste encore sous-développée par rapport à sa voisine Maurice. n Institutions politiques et administratives D’abord département français d’outremer, la Réunion est devenue une région en 1992. n Population 40 % de la population a moins de 20 ans et toutes les ethnies se sont mélangées au fil du temps, pour donner toutes les couleurs de peau possibles. Des fleurs et des sourires. 32 Plusieurs religions cohabitent. Si les Réunionnais sont majoritairement catholiques (plus de 90 % de la population), ils ont aussi gardé la religion de leurs ancêtres. Les Tamouls ne voient aucun inconvénient à être, à la fois, catholiques et hindouistes. De même, les Chinois se sont convertis mais continuent à honorer Confucius ou Bouddha. On voit partout de petites chapelles fleuries, dédiées à la Vierge ou à saint Expédit, des temples tamouls, des pagodes, des mosquées. Les musulmans représentent 5 % de la population. n Vie sociale Le niveau de vie fluctue en fonction du statut social et non de la couleur de la peau. Malgré tout, tout le monde ou presque a sa voiture, et de monstrueux embouteillages bloquent fréquemment les rues de Saint-Denis. Un conseil : ne dites pas « en France » mais « en métropole » lorsque vous parlez du pays. Et ne comptez pas trop sur les sorties nocturnes : on se couche tôt sur l’île et il y a peu d’animation, le soir, en dehors des grands hôtels. n Fêtes et coutumes Les jours fériés sont les mêmes qu’en métropole, avec, en plus, la commémoration de l’Abolition de l’esclavage, le 20 décembre et l’Immaculée Conception, le 8 décembre. S’y ajoutent les fêtes religieuses tamoules, musulmanes ou chinoises, et de charmantes fêtes locales, comme celle du Chouchou, en mai, à Salazie, du Goyavier, en juillet, à La Plaine-desPalmistes, ou des Lentilles, à Cilaos, en novembre. n Art et culture Un tel pays ne pouvait qu’inspirer les romanciers et les poètes : parmi tous ceux qui ont chanté leur pays natal, Leconte de Lisle et Léon Dierx sont les plus connus. Les auteurs plus contemporains s’inspirent volontiers de leur culture créole, à l’image d’Eugène Dayot (1810-1852), le précurseur, Jean Toussaint (Seyé-Guetté, 1964) ou, plus récemment, Daniel Vaxelaire (L’Affranchi, 1983). Musique Très vivace, elle s’exprime de multiples façons : l’Afrique a teinté les quadrilles des colons blancs pour donner le séga, la danse créole par excellence. La veine africaine est présente dans le maloya, lancinante musique des esclaves rythmée par le « rouleur », un gros tambour grave, à la fois forme de musique, chant et danse inscrit au Patrimoine immatériel de l’Humanité par l’Unesco en 2009. Longtemps interdit par la censure, le maloya a servi un temps de contestation politique. Et tous les touristes apprennent les chansonnettes de Georges Fourcade, Daniel Hoareau et Jacqueline Farreyrol. Parmi les nombreux talents contemporains, les productions théâtro-musicales du Théâtre Vollard s’exportent régulièrement à Paris, où viennent se produire aussi les musiciens-chanteurs Danyel Waro (maloya traditionnel de la Réunion), Leïlla Négrau (mabo rock fusion), Eric Triton (blues créolisé), Davy Sicard (mayola world music fusion)… 34 Maurice n Economie Troisième exportateur mondial de pulls de laine, Maurice fabrique aussi du textile, des articles de cuir et des jouets. Ce n’est pas pour rien que la petite île a été baptisée « le Tigre de l’océan Indien ». Avec un salaire moyen de 200 €, le coût de la main-d’œuvre commence à souffrir de la concurrence des pays plus pauvres et les industriels se délocalisent sur Madagascar. La production de canne à sucre assure l’essentiel des ressources de l’agriculture. L’ île a subi en 1999 une des pires sécheresses de son histoire, et la récolte sucrière en a pâti. Or, le sucre est l’un des Marais salants à Maurice. secteurs qui génèrent le plus d’emplois (37 000 employés). Le port franc de Saint-Louis devient de plus en plus un centre de négoce entre l’Afrique et l’Asie. Quant au tourisme, c’est l’un des piliers de l’économie, en constante augmentation. Mais il est sous surveillance : les charters sont toujours interdits et les écologistes surveillent de plus en plus près les installations d’hôtels dans des sites protégés. n Institutions politiques et administratives L’île Maurice a obtenu le statut de république le 12 mars 1992, devenant ainsi totalement indépendante. n Population Aujourd’hui, la population de l’île s’élève à 1 281 700 âmes. C’est l’île la plus peuplée de l’océan Indien. Plusieurs communautés cohabitent, sans trop se mélanger : les hindous (52 %) sont majoritaires, devant les Franco-Créoles et les descendants des colons français (27 %). S’y ajoutent des musulmans de l’Inde (16 %), des Chinois (3 %) et un peu plus d’un millier de réfugiés des Tchagos. n Religion Quatre grandes religions coexistent : hindouiste (plus de 50 %), chrétienne (25 %), musulmane (17 %), bouddhiste. La majorité des Rodriguais sont catholiques. n Vie sociale A Maurice aussi, on se couche tôt. Mais chaque hôtel a son orchestre et ses danseuses aux robes fleuries qui donnent des spectacles parfaitement huilés. 35 Regards actuels n Religions n Fêtes et coutumes Pas moins de 13 jours fériés officiels sur l’île : le 1er et le 2 janvier, on fête le Nouvel An, le 12 mars, l’Indépendance, le 1er mai, la fête du Travail, le 1er novembre, la Toussaint, et le 25 décembre, Noël. Il faut ajouter aussi les fêtes religieuses tamoules et le pèlerinage du père Désiré Laval, qui a lieu le 9 septembre à Port-Louis. A Rodrigues, on tue le cochon pour la banané le 31 décembre et les festivités durent une semaine entière. Fêtes religieuses tamoules Chaque année, pour la quatorzième nuit après la pleine lune de février, les tamouls convergent vers le lac de Grand-Bassin pour le pèlerinage sacré de Maha Shivaratree. La fête de Pandialé (décembre-janvier, Pâques et juillet) donne lieu aux fameuses « marches sur le feu » (les pénitents doivent traverser un brasier, pieds nus). La fête du Cavadee (Thaipoosam, janvier-février) est la plus spectaculaire : après un jeûne de dix jours, les pèlerins marchent vers leurs temples en portant le Cavadee, une arche de bois richement fleurie qui symbolise les montagnes sacrées. Ils se plantent des aiguilles dans les joues ou la langue, et marchent sur des braises. Le Divali, ou fête de la Lumière (novembre), célèbre la victoire du dieu Rama sur le roi démon Ravan et symbolise la victoire du bien sur le mal. Les fidèles allument un grand nombre de bougies et de guirlandes dans leurs maisons. Holi (en février), la fête des Couleurs, est aussi celle de la joie : tout le monde s’asperge d’eau colorée. Ganesh Chaturti (août ou septembre) célèbre la naissance de Ganesh, la divinité à tête d’éléphant. n Art et culture Si les danses indiennes font partie du folklore local, Maurice revendique fortement, tout comme la Réunion, sa culture créole. Dans ses légendes, d’abord. La plus connue est tirée de l’histoire tragique de Paul et Virginie, les deux amants du roman de Bernardin de Saint-Pierre, histoire traduite dans toutes les langues ethniques de l’île. Dans sa littérature populaire et son folklore, aussi, avec les contes, les chansons et les sirandanes (devinettes) remises à la mode par J.-M.G. Le Clézio. Et également, dans sa musique, avec le séga, que les Mauriciens ont l’habitude de pratiquer sur la plage. Fortement rythmé par le son sourd des « ravanes », ces tambours plats en peau de chèvre, il s’accompagne de la « maravane », un hochet en bois empli de graines, et de « triangles » métalliques. Les ségas du chanteur Ti Frère sont parmi les plus connus. Le séggae mêle des rythmes issus de danses africaines, de reggae jamaïcain et de traditions créoles. Ce style plus moderne a été mis à la mode par Kaya, très populaire en raison de ses prises de position en faveur de la légalisation de certaines drogues. Sa mort en 1999, à la suite d’une arrestation policière, a donné lieu à de graves émeutes dans l’île. 36 Se déplacer La Réunion 38 ■ Ile Maurice 63 U Saint-Denis 14 km Aéroport Saint-Denis Roland-Garros E 10 min 18 € Car jaune 4 € n 1668, Etienne Regnault, le nouveau gouverneur de l’île Bourbon, s’installe près d’une petite rivière, à laquelle il a donné le nom de son bateau, Saint-Denis. Une agglomération grandit peu à peu autour de sa maison. En 1738, le gouverneur Mahé de La Bourbonnais décide d’y établir un port et d’en faire la capitale de l’île Bourbon, à la place de Saint-Paul. Aujourd’hui, Saint-Denis est toujours la première ville de la Réunion, le siège de la préfecture et du conseil régional. Une petite ville de France, avec sa cathédrale, ses terrasses de café, ses panneaux de signalisation, ses bureaux de poste et ses embouteillages. Avec un charme particulier, que lui confèrent ses maisons créoles, ses bâtisses coloniales, ses jardins verdoyants, ses boutiques tenues par les Chinois et les Z’arabes, son temple tamoul et sa mosquée. Une ville qui grouille le jour et devient brutalement déserte, à la nuit. A la place Sarda-Garriga démarre la promenade du Barachois, en front de mer, avec ses vieux canons pointés vers le large et sa statue de Roland Garros, enfant du pays. C’est dans le vieux centre-ville que les empreintes de l’histoire sont encore visibles. Témoin privilégié, Mahé de La Bourdonnais, gouverneur des îles Bourbon et de France, dont la statue fait 38 nDu Barachois au Jardin de l’Etat n peu plus haut sur la gauche en remontant l’avenue de la Victoire, la place Leconte-de-Lisle célèbre elle aussi, par une statue, un autre enfant du pays. Peu après, sur la place de la Cathédrale, s’élèvent depuis 1850 une modeste construction de style toscan et une fontaine qui évoque les grandes orientations de l’île : l’agriculture, la navigation, la justice et l’industrie. L’édifice religieux vaut surtout par son Chemin de croix dont les stations s’illustrent des principales villes de l’île. En face se trouve l’ancienne université de Saint-Denis, édifiée sur les ruines du premier collège de l’île, le collège Saint-Cyprien. Place de la Victoire La colonne qui s’élève au centre de la place de la Victoire rend hommage aux Réunionnais morts au champ d’honneur et termine l’avenue de la Victoire qui devient alors rue de Paris. Rue de Paris C’est assurément celle qui mérite le plus que l’on s’y promène à pied tant les vestiges architecturaux y sont nombreux. Passé l’ancien Arrêtez-vous boire un verre à l’une des terrasses qui bordent le Barachois. Le dimanche, c’est encore plus sympathique : la circulation est interdite et tout Saint-Denis se promène le long du bord de mer. Les cases créoles symboles du patrimoine culturel C’est sans doute LE coup de cœur architectural de Saint-Denis. Par dizaines, les cases, plus ou moins grandes mais souvent délabrées (seule une douzaine est classée Monument historique), se concentrent essentiellement dans « le vieux carré créole » compris entre les rues du Général-de-Gaulle, Félix Guyon, Lacaussade et Jules Oivier. Symbole ancestral de la culture créole, la case est bâtie sur un modèle unique : des barreaux (grilles) derrière lesquels on aperçoit un joli jardin, prolongé par une varangue, cette véranda ouverte ornée de lambrequins importés d’Inde. Un conseil, si vous ne voulez pas passer à côté de la case où naquit Raymond Barre ou celle du clan Vergès, munissez-vous de l’ouvrage collectif Cases Créoles de La Réunion, chez Flammarion, 2001. 39 La Réunion Intense dans ses paysages, la Réunion est bleue comme la mer, verte comme ses Hauts mystérieux et ses prairies embrumées, noire comme la lave de ses falaises, rouge comme le feu de son volcan qui ne dort jamais. Tout à la fois violente, avec ses pitons altiers, ses cascades vigoureuses et ses cyclones, et douce de ses parfums de vanille et de vétiver. le guide ! Suivez Se déplacer La Réunion face à la préfecture, un ancien magasin de la Compagnie des Indes. Autour de l’université, de la cathédrale et de l’hôtel de ville, se sont concentrées les plus belles boutiques de Saint-Denis. La grande mosquée n’est pas loin, on aperçoit son haut minaret au-dessus des toits. Et c’est dans la rue Juliette-Dodu et la rue de Paris que les maisons créoles ouvrent leurs varangues sur des jardins exubérants. Pour « bat’un p’tit carré » (faire un petit tour), il faut aller jusqu’à la rue Sainte-Anne, voir les deux pagodes chinoises et, rue Général-Leclerc, visiter le temple tamoul avant de pousser jusqu’aux petit et grand marchés (tlj de 6 h à 18 h), le premier pour son ambiance, ses étals parfumés et ses fruits et légumes, le second car il regorge de vanneries et de produits d’artisanat. SAINT-DENIS OCÉAN INDIEN 0 ois ch a r a eB Rue aen n onthyo Rue d u Cou vent u R. d d de la Source B ou leva R. Saint -Jacqu es te Ga rro s Mar ie SaintJacques de Gaulle énéral du G Rue Dec Rue M lerc Rue Jacob lon Féne Rue a So urce de l Rue Rue Philibert Cana l Rue d u Sain Aéroport Lec ès Quai Est de Ru e oland r Bois des Nèfles rd de la P r va r Rue des Limites Eglise de l'Assomption Rue du Général de Gaulle Jardin de l'Etat R. Suffren Muséum d'histoire naturelle Rue Bertin hal Rue d'Ap r R ont eaum de B réc uil R Ma ontre ue S du Rue ie -Mar ainte gr ue M la Dig ue s Garro ste Rue R r Musée Léon Dierx oland Rue R Rue Olivie Ru aris Bd L acaus sade Jules st Rue Pagodes chinoises e Ann tee Sain Bo ule va r Temple d La nc tamoul a l Est Rue rc Marché Lecle couvert chal Maré u d on Guy Rue Félix Rue de P Le Brûlé 40 Grande mosquée r eu Past Bo ul e Au cœur de Saint-Denis, le jardin de l’Etat. Rue de nie mpag la Co Rue Q u ai O u e Rivière Sain t- D enis r Ru -- Musée Léon-Dierx e Rue d Hôtel de ville Aube tel toire nt Po Jules an Cha u ed Cathédrale Ste-Marie la Vic Université nais rdon a Bou Rue L e de 26, rue de Paris, tél. : 02 62 41 75 50. Ouvert tlj sauf lundi de 9 h 30 à 17 h 30. Entrée libre. www.cg974.fr/culture/artotheque Cette splendide maison créole, qui accueille des expositions temporaires de peintures ou de photos, offre la possibilité de louer des œuvres d’art ou des livres de valeur pour un temps donné. Unique dans l’hémisphère Sud, elle fait naturellement la promotion des artistes réunionnais. e ffr Jo rd nod va s Gou ul e harle Bo Rue C Dodu Rue Je u Aven Préfecture Gare routière de M Rue J. Rue acé G. M ard v e ul Bo lin ice Mou de N R. duà Vent Rue Place de Palais la Préfecture Rontaunay -- Artothèque 28, rue de Paris. Ouvert du mardi au dimanche de 9 h 30 à 17 h 30. Entrée payante, gratuite le 1er dimanche du mois. www.cg974.fr/culture/leon-dierx Installé dans un ancien bâtiment de l’évêché, ce musée d’art moderne accueille une collection exceptionnelle de peintures, sculptures et gravures de la seconde moitié du xix e siècle, léguée par un célèbre marchand de tableaux d’origine réunionnaise, Ambroise Vollard. Des pièces de Renoir, Gauguin, Chagall y côtoient des œuvres de Bourdelle, Rouault ou Berthe Morisot. Pointe des Jardins Rue L On ne manquera pas de marquer un arrêt au no 15 de la rue de Paris, une élégante maison vert pâle qui abrite aujourd’hui les bureaux du Service départemental d’architecture et du patrimoine (SDAP). Cette villa Raymond Barre a en effet appartenu à l’ancien Premier ministre après avoir été la maison natale de Léon Dierx. Au no 18, on peut admirer toute la finesse d’un guétali qui permettait d’observer sans être vu. L’archevêché trône un peu plus loin au no 42. La rue de Paris se termine par la place de Metz derrière laquelle s’étale la magnificence végétale d’un vaste jardin. 250 m Rue Mazagran -- Maisons créoles asparin R ue G hôtel de ville, sur la droite, de nombreuses maisons créoles resplendissent au fond de jardins luxuriants, protégés par des grandes grilles ou offertes à l’admiration des amoureux de la « case créole ». Ce merveilleux patrimoine culturel de la ville appartient encore pour partie à de bienheureux propriétaires privés, mais de nombreuses bâtisses ont aussi été sauvées de l’abandon par des institutions publiques ou privées qui les ont restaurées avec brio. ov ide nc e 41 Jardin de l’Etat Suivez Place de Metz. Ouvert tlj de 6 h à 19 h, 18 h Au soleil couchant, d’avril à octobre. Entrée libre. Visite guidée gratuite. www.cg974.fr/culture/jardin-etat installez-vous Il tombait en désuétude, le voilà enfin réhaconfortablement à la « Ti’case en paille », bilité. Après plus d’un an de travaux, le Jarun bar en terrasse sur din de l’Etat fait peau neuve. Créé à la fin du la plage de Saint-Paul, xviiie siècle par la Compagnie des Indes orienpour guetter l’éventuel tales et baptisé par la suite Jardin du Roy, il passage du « rayon vert » sur la mer. servit durant de nombreuses années de dépôt aux planteurs ainsi qu’au célèbre Pierre Poivre – à qui un buste rend hommage – qui y entreposa des plants rapportés de ses nombreux voyages. Si les arbres fruitiers qui alimentaient à une certaine époque l’ensemble de l’île ont aujourd’hui presque entièrement disparu, le jardin s’enorgueillit tout de même d’une collection remarquable d’essences exotiques, parmi lesquelles on peut citer des acajous du Sénégal, des ficus banians, des arbres à saucisses, des baobabs, des palmiers colonnes, formant une splendide allée et, les plus étonnants de tous, trois majestueux talipots, des arbres centenaires dont la particularité est de ne fleurir qu’une seule fois dans leur vie et de mourir ensuite. -- Muséum d’histoire naturelle 1, rue Poivre, tél. : 02 62 20 02 19. Ouvert tlj sauf lundi de 9 h 30 à 17 h 30. Entrée payante, gratuite le 1er dimanche du mois. Situé dans le Jardin de l’Etat, l’ancien conseil colonial à l’architecture élégante abrite aujourd’hui des minéraux de l’île et des collections de lémuriens de Madagascar, d’oiseaux et de poissons de l’océan Indien, et notamment un exemplaire du fameux cœlacanthe, le poisson fossile retrouvé vivant dans les eaux profondes des Comores. On peut aussi y observer des spécimens d’espèces disparues, typiques de la région comme le célèbre dodo. nLes environs Saint-Denis est entouré de montagnes sur trois côtés et jusqu’en 1963, date à laquelle a été tracée la route littorale, il n’y avait pas d’autre accès que la route en lacet qui grimpait vers La Montagne, d’agréables balcons pleins de fraîcheur, aux noms évocateurs. Vers le nord, on rejoint le sentier botanique de La Providence, idéal pour de tranquilles randonnées en famille, ou Le Brûlé, point de départ des excursions vers Cascade Maniquet et La Roche-Ecrite (2 277 m), à 4 bonnes heures de marche. La vue est imprenable sur les cirques de Salazie, de Mafate, avec, en toile de fond, le piton des Neiges et le rempart du Maïdo. Vers l’ouest, la végétation est moins luxuriante, mais on se régale de points de vue magnifiques jusqu’à La Montagne (5 km) et au Colorado (à 10 km), aménagé en zone de loisirs. De là, on peut redescendre vers La Possession. La côte sous le Vent L 42 es premiers habitants ont débarqué sur cette côte protégée des vents qui depuis s’est équipée d’agréables stations balnéaires. nSaint-Paul A 25 km à l’ouest de Saint-Denis. Seule échancrure naturelle de la côte, SaintPaul avait reçu des marins le surnom de « baie du meilleur ancrage ». C’est d’ailleurs ici que se sont installés les premiers arrivants, et Saint-Paul a été la capitale de l’île Bourbon jusqu’à ce que Mahé de La Bourdonnais lui préfère Saint-Denis. La ville possède encore quelques jolies maisons coloniales, et son marché est un des plus pittoresques de l’île. La route qui conduit au centre-ville n’est autre que la Chaussée Royale, construite en 1769. La façade de l’ancienne école franco-chinoise s’inspire de l’architecture indo-portugaise. On peut aller pique-niquer sur le front de mer à la grotte des Premiers-Français ou sur la plage de sable noir. Un détour s’impose au cimetière marin, pour rêver un peu devant les tombes fleuries de Leconte de Lisle, né à Saint-Paul, et d’Olivier Vasseur dit La Buse, un fameux pirate dont le trésor ne fut jamais retrouvé, ainsi qu’au très sympathique marché forain qui s’installe sur le front de mer le vendredi de 6 h à 17 h 30 et le samedi de 6 h à 12 h. nBoucan-Canot A 5 km de Saint-Paul. C’est ici la Réunion des plages blondes et des sports nautiques. Boucan-Canot est très à la mode et les Réunionnais s’y retrouvent volontiers. Les rouleaux sont tentants pour les amateurs de surf, mais de forts courants rendent la mer dangereuse. nSaint-Gilles-les-Bains A 35 km à l’ouest de Saint-Denis. Des plages très belles, tout près des grands hôtels qui ont reçu le label « Pavillon bleu d’Europe » en 2000. Le Port de plaisance est le rendez-vous des amateurs de pêche au gros, plongée, jet-ski, balades en bateaux-bulles, catamarans, safari-dauphins ou baleines (de juin à octobre). Roches-Noires est si populaire que les locaux l’ont rebaptisée SaintTrop’. L’Ermitage, plus familiale, est protégée par une large barrière de corail. Mais il faut se méfier des coraux, très coupants. La Réunion le guide ! Saint-Paul, capitale mondiale du géranium Cultivé à la Réunion depuis 1870, le géranium rosa, en fait un pélargonium, doit son succès à ses feuilles poilues que l’on récolte tous les deux mois. Elles sont distillées dans un alambic artisanal, souvent composé d’un vieux chaudron rouillé sous un toit de paille, et dont on peut apercevoir les colonnes de fumée grimper dans le ciel dans les Hauts de Saint-Paul. Chaque cuisson comporte 300 à 400 kg de feuilles et de tiges trempées dans de l’eau qui, une fois la vapeur distillée, produisent environ 50 cl d’huile. 43 Garder infos Un extraordinaire jardin botanique, composé par Philippe Kaufmant, un ingénieur agronome qui a réussi à y acclimater plus de 700 espèces : plantes médicinales, plantes aquatiques, plantes sacrées de la religion hindouiste et épices. Il embaume de mille parfums. L’aquarium de la Réunion Port de Pêche de Plaisance. Ouvert du mardi au dimanche de 10 h à 18 h 30 (la billetterie ferme à 17 h 30). Entrée payante. www.aquariumdelareunion.com Emotion, rêve et spectacle sont au rendezvous dans ce tout récent centre de découverte du milieu marin réunionnais. Pentes volcaniques, lagons, récifs coralliens, grand large… le parcours, qui chemine à travers tous les paysages sous-marins de l’île, permet d’admirer également requins, barracudas, langoustes, mérous, murènes et autres poissons-clowns. nSaint-Gilles-les-Hauts A 2,5 km de Saint-Gilles. Musée historique de Villèle Domaine Panon-Desbassyns. Ouvert tlj sauf lundi de 9 h 30 à 12 h 30 et de 13 h 30 à 17 h 30. Entrée payante. www.cg974.fr/culture/villele Madame Desbassyns était une riche Créole qui exploitait l’un des plus grands domaines de l’île au xviiie siècle. Elle régnait d’une main de fer sur près de 400 esclaves. De nombreuses légendes de l’île l’évoquent souvent. Le musée de Villèle est l’ancienne demeure de sa famille, rachetée par la région, qui y a rassemblé une collection de meubles et d’objets évoquant la vie d’une plantation à l’époque de l’esclavage et de l’âge d’or de la canne à sucre, notamment les ruines de la sucrerie et l’hôpital des esclaves. On peut pousser jusqu’à la Chapelle pointue, où repose madame Desbassyns. nLe piton du Maïdo A une quarantaine de km à l’est de Saint-Gilles. Avant d’arriver à Saint-Gilles-les-Hauts, prendre à gauche la route du Maïdo (RF8). 44 Le Trou-de-Fer est accessible à pied ou en hélicoptère uniquement. A partir de Saint-Gilles, la route passe par La PetiteFrance, puis Le Guillaume et monte vers les pentes du Maïdo (qui signifie « terre brûlée » en malgache). On laisse le véhicule au parc de stationnement pour aller jusqu’au Belvédère (2 200 m). L’excursion doit se faire tôt le matin pour profiter de la vue. Le cirque de Mafate s’étale juste en dessous avec un dénivelé de plus de 2 000 m, très impressionnant. Au sud, le sommet du Grand-Bénare (2 896 m), à l’est, le Gros-Morne (2 992 m) et le piton des Neiges (3 070 m), au nord-est, le Cimendef (2 227 m) et La Roche-Ecrite (2 277 m). nRelais du Maïdo ou Parc de la luge Route de Maïdo, La Petite-France, tél. : 02 62 32 40 32 ; www.lugereunion.fr ; Ouvert du mercredi au dimanche de 9 h 30 à 17 h. Entrée payante. Luge d’été et très beau parcours de randonnée en VTT. nSaint-Leu A 16 km au sud de Saint-Gilles. La plage accueille un des spots les plus courus du monde et les surfeurs viennent du monde entier pour participer aux compétitions qui y sont organisées. Attention, la mer est dangereuse. C’est également un des plus beaux spots de plongée. Le Jardin naturel Route nationale 1, Pointe au Sel. Horaires d’ouverture, se renseigner au 02 62 24 71 30 ou 06 92 43 59 60. Entrée payante. Point de vue exceptionnel sur la côte de Saint-Leu, ses plantations de palmiers, ses succulentes et ses cactus. Un parcours naturel explique pourquoi les plantes endémiques sont importantes pour la préservation du milieu naturel. On peut aussi acheter des plantes tropicales. le guide ! Des combats de coqs sont organisés au village de L’Eperon, devant les temples tamouls. L’attroupement et les cris passionnés des parieurs vous signaleront rapidement le lieu des combats qui sont aussi cruels que sanglants 45 La Réunion Cette excursion sans danger procure un maximum d’émotions. Les deux compagnies d’hélicoptère spécialisées dans les survols de l’île l’ont inclus dans leurs excursions. On part de l’altiport de L’Eperon, à SaintPaul, pour survoler l’intérieur des terres jusqu’à la forêt de Belouve, dans le cirque de Salazie. Il faut 10 minutes pour arriver près du Troude-Fer, une gorge étroite et profonde où les eaux des torrents se déversent dans un bruit assourdissant. L’hélicoptère pénètre dans un étroit ravin, qui débouche au fond de la gorge. Tel un insecte minuscule, l’appareil tourne sur lui-même pour faire admirer à ses passagers les cascades vertigineuses qui se déversent avec force au fond de cet entonnoir rocheux, puis il remonte doucement jusqu’au sommet. Le jardin d’Eden Suivez Le Trou-de-Fer en hélicoptère Le spot de Saint-Leu est l’un des plus courus au monde. Quelles fleurs métitent autant leur nom que les « oiseaux de paradis » ? La chapelle miraculeuse de Notre-Dame-de-la-Salette Kélonia 46 rue du Général de Gaulle. Ouvert tlj de 9 h à 18 h. www.kelonia.org Rénovée en 2006, la ferme corail n’a pas changé que de nom. Totalement restructuré, ce centre d’études des tortues marines offre une véritable plongée dans la vie de ces reptiles qui peuplent encore certains spots de La Réunion. nLe Trou du Souffleur niveaux différents. Au premier étage du musée, une ravissante boutique de bonbons dispose d’un assortiment de douceurs à faire saliver petits et grands. nL’Etang-Salé A 15 km au sud de Saint-Leu. Le rendez-vous des surfeurs, entre la barrière de corail et la longue plage de sable noir bordée de filaos. La plage est agréable mais dangereuse en raison de courants violents qui imposent de se baigner dans la zone surveillée. A la sortie de la ville, la côte rocheuse se creuse d’une énorme crevasse où la mer s’engouffre avec violence. La Pointe au Sel (pointe de Bretagne), sur la route qui relie Saint-Leu à l’Etang-salé. A la sortie de La Saline-les-Bains, le sable blanc disparaît pour laisser la place à d’impressionnantes falaises de roc noir. Il ne faut pas manquer d’aller jusqu’au lieu-dit le Trou-du-Souffleur. Les vagues heurtent le rocher avec violence et s’engouffrent dans les cavités de la falaise pour ressortir sous forme d’un énorme geyser, très impressionnant. nL’Etang-Salé-les-Hauts nLe conservatoire botanique de Mascarin A 20 km au sud de Saint-Leu. C’est ici que se termine la côte sous le Vent. On entre dans le territoire de la canne à sucre. Elle recouvre d’ailleurs à perte de vue la plaine où l’on cultivait autrefois le café. Saint-Louis est la ville industrielle de l’île avec son usine sucrière et son Centre artisanal du bois. De Empruntez la tranquille Saint-Louis, la route suit la rivière Saintroute des Hauts au Etienne et monte vers Cilaos. nLe Muséum agricole et industriel Stella-Matutina A 2 km de Saint-Leu, en direction de Saint-Louis. 6 allée des Flamboyants, tél. : 02 62 34 20 43. Ouvert du mardi au dimanche de 9 h 30 à 17 h 30. Entrée payante. Le Muséum agricole et industriel a la forme d’un immense vaisseau de verre perché sur la colline de la Pointe au Sel. En fait, c’est une ancienne usine sucrière reconvertie en musée qui raconte d’une manière très pédagogique l’histoire de la canne à sucre sur 5 000 m2 d’exposition et quatre 46 nSaint-Louis le guide ! L’usine sucrière du Gol A 2 km au nord de Saint-Louis (D11), tél. : 02 62 26 10 02. Visites tlj de 8 h à 18 h, sur rendezvous. Entrée payante. Une des dernières usines sucrières de l’île. Très pédagogique, la visite permet de se Suivez A 7 km de Saint-Leu. Domaine des Colimaçons, RD 12. Ouvert du mardi au dimanche de 9 h à 17 h. Entrée payante. www.cbnm.org Une visite incontournable pour qui veut se familiariser avec la flore locale car les botanistes s’emploient à y faire revivre plus de 4 000 espèces de plantes dont un grand nombre sont endémiques de l’île. A 2 km vers l’est (D11). C’est sur les hauteurs que le village s’est d’abord installé, avant l’arrivée du chemin de fer. Il vit de la culture de la canne à sucre et de la fabrication de chaises cannées et des fameuses capelines en fibre de latanier. La route qui conduit au littoral longe un très beau parcours de golf. départ de La Salineles-Bains. Au lieu-dit la « Souris chaude », coupez à gauche pour rejoindre la D3 jusqu’à Trois-Bassins. Vous aurez accès à de superbes panoramas. 47 La Réunion Derr ière l’église pr incipale de Saint-Leu. Les Réunionnais vouent un véritable culte à Notre-Dame-de-laSalette. Les mariées viennent y déposer leur bouquet et le pèlerinage de la Nativité de la Vierge, le 19 septembre, est très suivi. Les eaux qui entourent la Réunion foisonnent de poissons et sont très courues des amateurs de pêche au gros. Le marlin bleu, dont tous les pêcheurs au gros rêvent de s’emparer, a l’habitude d’emprunter des courants migratoires qui passent dans les eaux réunionnaises. Dès la sortie du port, les fonds plongent brutalement à plus de 3 000 m. La côte sous le Vent au large de Saint-Gilles reste le repère favori des poissons à rostre, alors que les marlins bleus préfèrent la côte au Vent, au large de Saint-Pierre. La meilleure saison est celle de l’été austral, pendant les premiers mois de l’année. Tous les ans, des concours sont organisés, avec, à la clé, des prix alléchants pour les plus chanceux des pêcheurs. familiariser avec les diverses étapes de la fabrication du sucre. nEntre-Deux A 12 km au nord de Saint-Louis. Plusieurs sentiers de randonnées démarrent de ce joli village de caractère à l’architecture créole préservée, aux cases et jardins colorés, et conduisent à la crête du Dimitile et à Grand-Bassin. Par la D20 et le village des Hauts de Saint-Louis, on arrive à la Fenêtre (col) des Makes, d’où la vue plonge sur le cirque de Cilaos. Près du parking, un panneau présente les nombreux sentiers qui émaillent la forêt domaniale des Makes, notamment vers le piton du Petit-Mapou. nL’observatoire astronomique des Makes A 13 km au nord de Saint-Louis. 18, rue G. Bizet, Les Makes, La Rivière Saint-Louis, tél. : 02 62 37 86 83. Visite guidée tlj à 9 h 30. Entrée payante. Les scientifiques viennent d’Europe observer le ciel de l’océan Indien au moyen de télescopes puissants et modernes. L’observatoire est ouvert au public. La côte sud 8 km Aéroport 15 min Saint-Pierre Pierrefonds 15 € S auvage, elle est marquée par le volcan de la Fournaise. Ses falaises noires sculptées par la lave plongent dans la mer. nSaint-Pierre Suivez le guide ! En sortant de SaintPierre, faites une halte pour pique-niquer sous les banians du ravissant village de Terre-Sainte. 48 Le charme des maisons coloniales. De toutes les villes de l’île, c’est Saint-Pierre qui est la plus coloniale. Gaie et colorée, elle a aussi le charme du bord de mer, avec sa longue plage dorée. L’hôtel de ville était, à l’époque de la Compagnie des Indes, un grenier où l’on entreposait le café et le blé. Le temple tamoul de la Ravine-Blanche, à l’entrée ouest de la ville, est le plus beau et le plus grand de l’île (il se visite à condition de ne pas porter de short, de chaussures et d’objets de cuir, les photos sont interdites). Il ne faut pas manquer le port sur la petite presqu’ île de Terre-Sainte, la mosquée, le marché couvert, ainsi qu’au cimetière, la tombe de Sitarane, un sorcier aux pouvoirs maléfiques. Plus au sud, on peut se baigner sans crainte sur la plage de Manapany. Grand’Anse est une plage de sable blanc bordée de cocotiers mais de forts courants et l’absence de barrière corallienne ne permettent pas la baignade, sauf au bassin de roches volcaniques qui abrite des courants marins. A Rivière-Langevin, c‘est le sud sauvage, avec de hautes falaises noires où la mer s’écrase avec violence. Une route impressionnante remonte le lit de la vallée, vers l’arrière-pays verdoyant du Tampon, d’Entre-Deux ou des Hauts de Petite-Ile. Ici, on cultive le vétiver et la route est bordée d’avocatiers. Les villages de Montvert-les-Hauts et des Lianes sont entourés de champs de vétiver dont les racines sont ensuite distillées à l’usine de Manapany-les-Hauts. L’essence obtenue est utilisée pour la fabrication de parfums. nSaint-Joseph A 18 km au sud de Saint-Pierre. La capitale du sud sauvage est un centre agricole historique qui doit son développement initial à l’introduction du giroflier et du muscadier. La ville est aujourd’hui plutôt réputée pour son curcuma, le safran du pays, produit à la Plaine-des-Grègues et pour son vétiver. La route s’engage vers les Hauts entre la rivière des Remparts et la rivière Langevin dont on a une vue imprenable depuis les deux points de vue du Serré. Elle conduit jusqu’au village de Grand-Coude à 1 300 m d’altitude, dominé par la haute stature du morne Langevin (2 315 m), une des dernières plantations de thé de l’île. Le labyrinthe en Champ Thé Rue Emile Mussard, Grand Coude, Saint-Joseph, tél. : 06 92 60 18 88.Ouvert samedi de 14 h à 17 h et dimanche de 9 h à 17 h et la semaine sur réservation. Un labyrinthe ludique à travers les cultures (thé, lianes, brèdes…), mené tambour battant par Johnny Guichard. 49 La Réunion Au pays du marlin bleu 1986 puis de 2007. Une promenade a été aménagée jusqu’à la mer. On entre ici dans le domaine du volcan « le Grand-Brûlé ». nLe Grand Brûlé 14, rue du Rond, Plaine-des-Grègues, tél. : 02 62 37 54 66. Ouvert du lundi au dimanche de 9 h à 12 h et de 13 h 30 à 17 h. www.maisonducurcuma.fr Mémé Rivière et sa famille présentent le processus de transformation du curcuma qui occupe une place de choix dans la cuisine réunionnaise. Ils proposent des dégustations ainsi que des produits agrémentés de recettes. nSaint-Philippe A 40 km à l’est de Saint-Pierre. Le long de la route, un petit village tranquille, où l’on vit de la pêche, de la culture des épices, de la canne à sucre et de la vanille. Vers l’intérieur, c’est la forêt immense, étagée en quatre zones bien distinctes : d’abord les vacoas, puis les filaos, les « bois de couleur », et les « palmistes rouges des Hauts ». Les sentiers botaniques : balisés, ils partent des routes forestières de Basse-Vallée, du Baril ou de Mare-Longue et sont l’occasion d’un vrai cours pratique de botanique. Le jardin des Épices et des Parfums 7, Chemin forestier de Mare-Longue. Visites guidées sur réservation au 02 62 37 06 36. Entrée payante. http://jardin.ep.fontaine.pagesperso-orange.fr Une vraie forêt de plus de 5 ha où des dizaines d’espèces endémiques ont été rassemblées. Il faut se laisser guider par les odeurs des épices : safran, clou de girofle, quatre-épices, gingembre, cannelle, poivre, noix muscade, et vanille. En saison, dégustation des fruits du jardin. nLa plaine des Grègues A une trentaine de kilomètres au sud-est de Saint-Pierre. Par Le Tampon (à 10 km au nord-est de Saint-Pierre), une grosse agglomération enrichie par la culture du géranium. En prenant la direction Bérive (D3), une petite route tortueuse rejoint la plaine des Grègues, où l’on cultive le safran « pays » (curcuma), utilisé pour le cari réunionnais. Au Grand-Brûlé, poussez jusqu’à la Vierge au Parasol, censée protéger les habitants des coulées de lave du volcan. Chaque 15 août, des milliers de pèlerins viennent déposer à ses pieds ex-voto et fleurs. A 12 km de Saint-Philippe. Après Saint-Philippe, la route pénètre dans la zone littorale la plus sauvage de l’île, dominée par la majesté inquiétante du volcan. Invisible, elle est dans un premier temps presque ensevelie sous une végétation dense qui semble vouloir phagocyter le ruban d’asphalte. La présence du géant assoupi est néanmoins palpable à chaque virage. Les prémices apparaissent aux abords du village de Takamaka, qui a été entièrement évacué lors de l’éruption de 1986. Les coulées de lave du piton de la Fournaise eurent, cette année-là, la fâcheuse idée de se répandre hors de l’enclos qui les canalise le plus souvent. Le Grand-Brûlé, inhabité, est le déversoir principal du volcan et offre un large panel de coulées toutes plus différentes les unes des autres. La coulée de 1986 La pointe de la Table témoigne de cette éruption majeure qui rajouta, à ce niveau de la côte, quelque 30 ha de superficie à l’île en se déversant dans l’océan. La lutte homérique entre le feu et l’eau a fait s’élever pendant des jours un panache de vapeur de plusieurs centaines de mètres de hauteur. Un site d’information détaille, non loin du puits Arabe, un ouvrage français du xviiie siècle creusé directement dans la lave ancienne, l’évacuation des 500 habitants de Takamaka avant que la lave ne se fige à seulement 300 m des maisons. Un peu plus loin, avant le village du Tremblet, les restes de la coulée principale de 1986 ayant traversé la route pour se rendre à la mer commencent tout juste à être colonisés par des mousses et des lichens. Leur hauteur en dit long sur l’importance de cette éruption, qui est expliquée sur des panneaux disposés de part et d’autre de la route. Les quelques rares maisons qui osent, dans cette région, défier la fougue du volcan ont, ce jour-là, eu très chaud. nDe Saint-Philippe à Piton-Sainte-Rose A la sortie de Saint-Philippe, on peut voir les récentes coulées de lave du Tremblet et de la Pointe de la Table, témoignages des éruptions de 50 Vente de poissons sur le bord de la route. 51 La Réunion Maison du curcuma le guide ! Suivez La canne à sucre est partout sur la côte au Vent. nSainte-Rose A 35 km au nord de Saint-Philippe. Au-delà du rempart de Bois-Blanc, la nature reprend peu à peu ses droits et la végétation redevient dense aux abords de la route. Après la désolation du Grand Brûlé, le premier écrin de douceur a pour nom l’anse des Cascades. Ce site verdoyant du bord de mer est entouré de hautes falaises d’où se déversent de majestueuses et rafraîchissantes cascades dans sa partie sud. Sous les grands arbres, dont d’étonnants « palmiers aux pieds d’éléphants », et entre les petits ruisseaux qui naissent de ces cascades, l’endroit est idéal pour un pique-nique et une après-midi de détente. C’est l’un des grands rendez-vous dominicaux pour les Réunionnais de la côte est qui viennent y préparer leurs caris de poissons sur de grands barbecues. Piton-Sainte-Rose A 30 km au nord de Saint-Philippe. En 1977, le volcan est sorti de l’Enclos, l’immense cuvette où il avait jusque-là contenu ses éruptions. Les habitants ont pu s’enfuir, mais la lave a recouvert le hameau. Elle a complètement encerclé la petite église de PitonSainte-Rose et s’est arrêtée – miraculeusement – à sa porte. L’église a été rebaptisée Notre-Dame-des-Laves. Le sentier de randonnée part du petit port, au pied du monument Corbett, et longe la mer sur trois kilomètres, au milieu des vacoas et des filaos, jusqu’au lieu-dit Guyane. Les champs de lave noire témoignent des éruptions les plus récentes. 52 Route nationale 2, Bellevue, tél. portable : 06 92 87 21 47. Ouvert tlj de 9 h 30 à 17 h. Entrée payante. Une bananeraie de 6 ha qui propose un circuit thématique autour de la culture de la banane, son histoire, le mûrissage. La côte au Vent C le guide ! Assister à l’office à l’église Sainte-Anne est un moment très émouvant. De ravissantes petites filles créoles aux robes du dimanche bien empesées entonnent les cantiques à pleine voix. ’est un jardin parfumé, généreusement arrosé par les petites pluies fines venues de l’océan ; le domaine de l’incontournable canne à sucre. Les Tamouls y ont construit leurs temples. nSainte-Anne A 15 km au nord de Sainte-Rose. En venant de Sainte-Rose, la route passe sur un pont suspendu orné de grandes arches de pierre et surplombant la rivière : la vue est splendide. Par le village de Petit Saint-Pierre, on rejoint ensuite Sainte-Anne au milieu des champs de canne à sucre. En prenant la direction de Saint-Benoît, il faut s’arrêter à l’église Sainte-Anne, qui servit de décor au film de François Truffaut La Sirène du Mississippi. Classée monument historique, elle est décorée de fresques et de sculptures naïves très colorées, étonnantes. nSaint-Benoît A 8 km au nord de Sainte-Anne. Sur cette terre fertile s’épanouissent des vergers de manguiers, de litchis, d’ananas, d’orangers, de mandariniers, des bananeraies et des cocoteraies, jusqu’au piton des Neiges. La ville s’est installée au débouché de la rivière des Marsouins, qui descend du site de Takamaka. D’ici, on peut aussi rejoindre la plaine des Palmistes. nBras-Panon A 7 km au nord de Saint-Benoît. Bras-Panon est le royaume de la vanille depuis qu’un jeune esclave, Edmond Albius, découvrit comment féconder artificiellement la fleur du vanillier. Au débouché de la rivière des Roches, un cordon littoral forme un bassin où l’on pratique le kayak et la planche à voile. La coopérative de Vanille de Bras-Panon 21, Route nationale, tél. : 02 62 51 70 12. Ouvert du lundi au vendredi de 8 h à 12 h et de 13 h 30 à 17 h, le samedi de 9 h à 12 h et de 13 h 30 à 17 h. Entrée payante. Une coopérative où l’on peut se familiariser avec la culture de la vanille, grâce à une visite commentée de l’atelier et la projection le guide ! Régalez-vous d’une baignade dans les eaux fraîches du Bassin-Bleu, à la sortie du joli village fleuri de Petit Saint-Pierre. 53 La Réunion Dégustez au petit restaurant de l’anse des Cascades la fameuse « salade du millionnaire » à base de cœurs de palmiers. Bananaland Suivez le guide ! Suivez Juste après le village du Tremblet, le long du rempart de l’enclos Foucquet, la coulée spectaculaire d’avril 2007 a déversé près de 160 000 000 m3 de lave en un mois. Celle-ci a coupé la route littorale sur une largeur d’1,5 km avec jusqu’à 60 mètres d’épaisseur de lave et agrandi l’île de 35 hectares. Suivez La coulée de 2007 La vanille, une liane apprivoisée Une case créole transformée en musée du passé avec des milliers de témoignages rassemblés au cours de trente ans de fouille tant aux puces de Saint-Ouen, en métropole, que dans les greniers de la Réunion : ustensiles d’autrefois, horloges anciennes, machines à coudre, postes de radio… d’un film. Une boutique propose des produits régionaux et de l’artisanat local. nSainte-Suzanne de Takamaka A 15 km au sud- ouest de Saint-Benoît. Le long de la rivière des Marsouins monte la très belle route vers Takamaka. En voiture, la plate-forme se trouve à 522 m au-dessus de la rivière et de la centrale électrique, constr uite sous terre. De toutes les parois, l’eau suinte et les ruisseaux se déversent dans le barrage de Takamaka-I, qui est à l’amont de cinq cascades : l’Arc-en-Ciel, Surplomb, Petit et Grand-Gingembre, et Petit-Cimetière. Une deuxième centrale, Takamaka-II, a dû être construite. EDF a ouvert des sentiers qui permettent d’accéder à pied aux barrages, aux cascades, de descendre jusqu’au fond de la vallée et d’atteindre les bassins sauvages. nSaint-André A 18 km au nord de Saint-Benoît. On y arrive après le spectaculaire pont qui franchit la rivière du Mât. Toute la région embaume la vanille. De juillet à novembre, cette douce odeur est concurrencée par le fort parfum du sucre chaud qui s’envole des sucreries de Bois-Rouge et Beaufonds. De belles maisons blanches rappellent que les colons ont construit leur richesse avec ces immenses champs de canne à sucre. Au milieu de cet « océan » apparaissent les taches colorées des temples tamouls, construits par les travailleurs engagés venus remplacer les esclaves dans les plantations. le guide ! Suivez En traversant le pont de la rivière des Roches, guettez, à l’embouchure de la rivière, les pêcheurs de bichiques, le « caviar » réunionnais, qu’ils recueillent dans leurs nasses tressées. 54 Le domaine du Grand-Hazier 97441 Sainte-Suzanne, tél. : 02 62 52 32 81. Visites sur réservation (une semaine à l’avance). Entrée payante. Une vieille demeure créole typique et son jardin, inscrite à l’inventaire des Monuments historiques. Il abrite également une vanilleraie (visite guidée tlj sauf dimanche de 9 h à 12 h et de 14 h à 17 h, tél. : 02 62 23 07 26). Les Plaines A ussi vertes que les Bas sont bleus, les Plaines occupent le centre de l’île entre les trois cirques et le piton de la Fournaise. Le long d’une route en lacet, les plantations de canne à sucre laissent place aux cultures maraîchères, puis à de luxuriantes fougères et aux fuchsias sauvages. A la hauteur du Tampon, les panneaux baptisent tous les hameaux avec des indications kilométriques : le Onzième, le Douzième… Bourg-Murat est le VingtSeptième, ce qui signifie tout simplement qu’il est à 27 km de Saint-Pierre. Les temples tamouls Ils sont visibles le long de la route. Les plus intéressants sont ceux du Colosse, à ChampBorne à 4 km à l’est de Saint-André, et du Petit-Bazar, sur la nationale 2. Le musée Dan’Tan Lontan 2028, Chemin du Centre, tél. : 02 62 58 47 89. Ouvert du mardi au dimanche de 9 h à 17 h. Entrée payante. Les Tamouls ont érigé leurs temples dans la région de Sainte-Suzanne. 55 La Réunion nLes chutes A 10 km au nord de Saint-André. C’est un petit village verdoyant et calme, avec un phare qui signale les fonds côtiers et une cascade, pompeusement baptisée Niagara (à 2 km), au pied de laquelle une aire de pique-nique a été aménagée. Il est également possible de pratiquer l’escalade le long des parois en arc de cercle jusqu’au sommet de la cascade. nLa plaine des Cafres A 72 km au nord des plages de Saint-Gilles. A la plaine des Cafres (1 600 m), il y a des vaches, comme en Normandie, et des ajoncs, comme en Bretagne. Et du brouillard et des sapins, comme dans les Vosges. Des esclaves africains, les Cafres, se sont cachés ici pour fuir leurs maîtres et ont donné leur nom à cet endroit où autrefois poussait une forêt de tamarins. On y élève toujours des chevaux ariégeois merens. Les excursions vers le volcan partent du village de Bourg-Murat. nLa Maison du volcan Route nationale 3, Bourg-Murat, tél. : 02 62 59 00 26. Ouvert tlj de 9 h à 17 h 30. Entrée payante. www.maisonduvolcan.fr Ce musée vivant et moderne est le site le plus visité de la Réunion. Vidéos et montages diapo racontent d’une manière très didactique la tectonique des plaques, la lave, et la formation de la Réunion, avec, en fond sonore, les grondements du volcan. nLe piton des Neiges (3 069 m) A 10 km environ à l’est de Cilaos. La pente raide et les forts dénivelés en réservent l’ascension aux randonneurs bien entraînés. Il faut prévoir deux jours de marche, avec une nuit en gîte. On part de Cilaos, et on rejoint le gîte de la caverne Dufour en passant par le belvédère de la Découverte. Depuis la station météo installée au piton des Neiges, on découvre le Grand-Bénare, l’îlet à Cordes, La Roche-Ecrite, Mafate et le volcan. nLa plaine des Palmistes A 90 km au nord-est des plages de Saint-Gilles. A 1 100 m d’altitude, elle sépare à l’est le piton de la Fournaise du piton des Neiges. La région était autrefois plantée de palmistes, d’où son nom. Elle est campagnarde et fraîche, et les habitants de la côte y ont fait construire de petites maisons de week-end où ils viennent « chan56 ger d’air ». On y cultive encore un peu le thé dans de petites plantations, et on y cueille en saison (en hiver) les goyaviers, de délicieuses baies rouges acidulées, qui ne poussent que sur l’île. De nombreux sentiers conduisent à des balades somptueuses. Par le col de Bébour, on accède à la forêt de Bélouve, qui paraît s’étendre à l’infini. Au milieu de la végétation primitive poussent les cryptomerias, des arums blancs par milliers et des fougères arborescentes. Une route forestière part vers Hell-Bourg. le guide ! Empruntez le chemin de terre qui part du premier hameau de maison de la plaine des Palmistes sur 100 m, puis le sentier. Une fois franchies les ravines sèches, vous arriverez à la cascade Biberon (240 m de chute). La balade prend 1 h aller-retour. nLe piton de la Fournaise A 68 km au sud-est de la plaine des Palmistes. Toujours actif, le volcan culmine à 2 631 m d’altitude. Le volcan se réveille tous les ans et son accès est très attentivement surveillé pour éviter tout risque d’accident. Après Bourg-Murat (27e km), on emprunte la route forestière qui mène au Nez-de-Bœuf où il faut s’arrêter pour admirer un point de vue exceptionnel sur la vallée de la rivière des Remparts. En contournant la vallée par la route, on peut admirer le cratère Comerson profond de 180 m, résultat d’une explosion, phénomène rare sur un volcan effusif. A partir du pas des Sables, la route n’est plus goudronnée. Les landes laissent place au décor lunaire, ocre et gris de la plaine des Sables. Vingt minutes plus tard, on arrive au Pas de Bellecombe (2 350 m) qui permet de dominer la caldeira en contrebas aux abords de l’enclos Foucquet, rempart naturel protecteur de la Fournaise. Une maquette permet de repérer les différentes caldeiras et les cratères striés de coulées de lave grises. Il n’y a pas d’autre possibilité pour rejoindre le volcan que de garer sa voiture et de continuer à pied. Les cratères Bory et Dolomieu culminent à 2 632 m et sont accessibles à pieds (marche moyenne de haute montagne d’une durée de 5 h env. A/R). Plus facile, le survol du Volcan en hélicoptère ravira petits et grands. Le piton de la Fournaise se réveille régulièrement. 57 La Réunion A 10 km au nord de Saint-Pierre. A partir d’ici, une route étroite et sinueuse remplace la large route à 4 voies. Avec ses cases fleuries enfouies sous la verdure, Le Tampon est le point de départ de randonnées vers le piton de la Fournaise par BourgMurat et le Nez-de-Bœuf et, de l’autre côté, vers l’îlet de Bois-Court. La plupart de ces terres appartenaient au comte Gabriel Le Coat de Kerveguen, un aristocrate ruiné venu de France au xix e siècle pour essayer de redorer le blason de sa famille. Il fit fortune avec des plantations de girofliers et devint rapidement l’un des plus gros propriétaires terriens de l’île. En 1859, il eut l’idée de faire venir d’Europe des pièces d’argent allemandes démonétisées qu’il utilisa pour payer les Tamouls travaillant sur ses exploitations. Un « kerveguen » équivalait à un franc de l’époque. Cette monnaie resta en circulation jusqu’en 1880, date à laquelle l’administration française l’interdit. Le comte de Kerveguen dut rembourser toutes les pièces en circulation, ce qui causa la ruine rapide de sa famille. Suivez nLe Tampon le guide ! Suivez Allez en voiture jusqu’à la RocheMerveilleuse (à 2 km de Cilaos, route escarpée). Le point de vue y est fantastique car on domine la totalité du cirque, à 1 400 m d’altitude, avec le piton des Neiges derrière soi. 58 Longtemps inaccessibles, ils ont été le refuge des esclaves marrons qui s’enfuyaient des plantations. Au xix e siècle, des paysans blancs, devenus trop pauvres pour continuer à vivre sur les côtes, sont venus s’installer, s’adaptant comme ils pouvaient aux rudes conditions climatiques et géographiques. Sur les hauteurs poussent de somptueuses forêts de chênes et de cryptomerias. Les cirques sont le cœur habité du tout nouveau Parc National créé le 5 mars 2007 à La Réunion. nCilaos A 38 km au nord de Saint-Louis. Des trois cirques, Cilaos est le plus impressionnant. Enchâssé entre de hauts sommets, il s’étale sur 100 km2. Au bout d’une route en lacet spectaculaire, en flanc de falaise le long de la rivière SaintEtienne, puis traversant d’étroits tunnels en épingle à cheveux, on arrive à Cilaos, enchâssée entre la haute masse du piton des Neiges (3 069 m) et celle du Grand-Bénare (2 896 m). Quatre cents virages ponctuent la route qui grimpe de Rivière Saint-Louis à Cilaos. D’étroits passages imposent une conduite prudente. A la fin du siècle dernier, les colons s’y faisaient conduire en chaises à porteurs pour profiter de ses eaux thermales réputées. Autres spécialités du lieu : les lentilles, un redoutable vin sucré et des broderies fines, dont la réputation a franchi les limites de l’île. Enfin, on ne manquera pas de se promener dans les rues de la petite ville, pour admirer les maisons créoles avec leurs varangues et leurs toits ornés de lambrequins dentelés… en tôle peinte. La Maison de la broderie 4, rue des Ecoles, tél. : 02 62 31 77 48. Ouvert tlj de 9 h 30 à 12 h et de 14 h à 17 h, 12 h le dimanche et jours fériés. Une association de brodeuses y perpétue la tradition des « jours de Cilaos », un art inculqué au siècle dernier à des religieuses bretonnes par Angèle MacAuliffe, fille d’un médecin qui travaillait aux thermes. On peut y admirer, et y acheter, des ouvrages très raffinés. La Maison du Tourisme le guide ! Un circuit de canyoning dans les cascades de Gobert et de MiniFleurs-Jaunes procure d’intenses émotions. Les randonnées (de 3 h à un jour) alternent descentes en rappel, petites marches et baignades, en toute sécurité pour débutants ou confirmés. 2 bis, rue Victor MacAuliffe, tél. : 02 62 31 71 71 ; fax : 02 62 31 78 18. Cette antenne d’information est née de la fusion du Pays d’accueil de Cilaos, de la Maison de la Montagne et de l’Office de tourisme ; elle diffuse une série de brochures intelligentes et pratiques qui listent toutes les activités liées à la montagne, parcours de canyoning, randonnées pédestres, en VTT, et donnent des adresses de gîtes, de guides accompagnateurs et de nombreux conseils pratiques. Depuis la Maison de la montagne, un sentier facile descend jusqu’aux anciens thermes, puis conduit au site de la cascade de Bras-Rouge (4 km). nSalazie A 17 km au sud-ouest de Saint-André (1 bonne heure de route). Le second des grands cirques de la Réunion est un vaste jardin où poussent à foison chouchoux (christophines), bananes et cresson. La route traverse une série de gorges, où dévalent de somptueuses cascades : Pisse-en-l’Air, qui arrose curieusement la route, l’interminable Voile-de-la-Mariée, visible de loin, et, plus secrètes, Ravine-Blanche, Brasde-Caverne, Rivière-Mazerin. Salazie a été longtemps inhabité, jusqu’à ce que des esclaves marrons s’y réfugient. Parmi eux, Anchaing s’était évadé avec sa femme Héva pour se réfugier au sommet d’un piton, le piton d’Anchaing, d’où il pouvait L’établissement thermal Irénée-Accot Route de Bras-Sec, tél. : 02 62 31 72 27. Les sources thermales avaient disparu après un cyclone dans les années 1930. Trois d’entre elles ont été retrouvées et sont exploitées. Les eaux pétillantes et chaudes sont efficaces contre les rhumatismes et les anémies. Le Voilede-la-Mariée (cirque de Salazie). 59 La Réunion Il n’y a pas de sentiers sur le volcan. Il faut suivre les pierres peintes en blanc qui servent à se repérer. Les excursions doivent se faire tôt le matin, car le brouillard est fréquent l’après-midi et la température peut alors descendre très vite jusqu’à zéro degré. Il faut toujours emporter un vêtement chaud et imperméable, ainsi que de l’eau. Et avoir aux pieds de bonnes chaussures, car le sol n’est pas plan et la marche devient vite pénible. Pour profiter pleinement de l’excursion, l’idéal est de partir avec un guide expérimenté. Un sentier de 13,4 km part de l’enclos Fouquet (20 min de descente). Les plus courageux peuvent excursionner dans la mer de lave jusqu’au cratère Dolomieu (5 à 6 h de promenade). Attention, le volcan se réveille ponctuellement et ces incursions dans son territoire ne sont pas toujours autorisées. Les cirques Suivez Comment marcher sur le volcan La Vierge noire de Rivièredes-Pluies Sur le territoire de SainteMarie, derrière l’église de Rivière-des-Pluies, une Vierge noire en bois sur un socle blanc disparaît presque sous les fleurs rouges des bougainvillées. La légende raconte qu’un esclave marron pourchassé par les chasseurs blancs avait taillé dans du bois noir une statuette de la Vierge. Il s’était réfugié dans une forêt inextricable de bougainvillées. La Vierge l’avait protégé en faisant repousser les lianes de plus en plus drues au fur et à mesure que les poursuivants les taillaient. La bougainvillée fleurit toujours dans la grotte qui abrite une statue de la petite Vierge noire. Chaque année, un imposant pèlerinage attire des milliers de fidèles, le 15 août. Les jeunes époux viennent aussi y déposer le bouquet de la mariée après la cérémonie. 60 nMafate 8 km de sentier pédestre à partir du col des Bœufs. Sauvage et mystérieux, Mafate est encore inaccessible par la route. Le cirque tiendrait son nom d’un chef malgache nommé Mafate, qui régnait sur une troupe d’esclaves marrons devenus hors-la-loi. Le cirque, dont les sommets dépassent souvent 2 000 mètres, occupe 95 km 2, mais est peu peuplé : seulement 700 habitants, les descendants de colons blancs. Trop pauvres pour rester sur la côte, ils sont venus exploiter de maigres parcelles, se regroupant dans de petits villages isolés, les îlets (prononcer îlettes). La vie y est rude et l’illettrisme courant, car l’école ne fonctionne pas tous les jours ; le facteur et l’infirmière se rendent d’un village à l’autre, à pied, par de rudes sentiers. En revanche, l’essentiel du ravitaillement est assuré par des hélicoptères. On parle de plus en plus d’un projet de route entre Salazie et le village de La Nouvelle. Six sentiers de randonnée (plusieurs heures de marche) conduisent à Mafate. Il faut simplement être en bonne condition physique car la route est longue et sportive. Inaccessible par la route, le cirque de Mafate réserve ses merveilles aux randonneurs. nLes îlets le guide ! Un paysage de bout du monde, sans routes, En mai, ne manquez pas sans fils électriques, mais avec des panneaux la fête du Chouchou solaires qui équipent les quelques maisons à Hell-Bourg. disséminées sur des hauteurs. Les villageois L’occasion de déguster sont accueillants, mais un peu méfiants à toutes sortes de plats préparés avec ce l’égard des étrangers. Les enfants sont, en légume que l’on appelle revanche, beaucoup moins farouches. aussi christophine. La Nouvelle (à 8 km du col des Bœufs, 2 h de marche) est habitée par 24 familles. Le village possède une église, deux épiceries où l’on peut trouver les denrées les plus courantes et un restaurant près de la grande prairie où se posent les hélicoptères. C’est le plus fréquenté des îlets, surtout le week-end. On peut, en trois heures de marche, rejoindre le tout petit îlet de Marla, le plus élevé en altitude (1 645 m) et qui compte une dizaine de cases. Il est dominé à l’ouest par le Grand-Bénare et à l’est par les Trois-Salazes. Grand-Place (10 km, 5 h d’Aurère), plus important, compte plusieurs hameaux, une église et une épicerie. Aurère (3 h de marche de La Nouvelle) possède également une épicerie, ainsi qu’une coopérative et une maison forestière. C’est un des îlets les plus anciens de Mafate. 61 La Réunion Suivez Sur le GR qui traverse le cirque vers le col de Fourche et Mafate, un sentier en lacets sur la droite conduit au piton d’Anchaing, d’où le point de vue est remarquable sur Salazie. surveiller tous les environs. Ils y vécurent longtemps et eurent de nombreux enfants. Hélas, un chasseur d’esclaves finit par les retrouver ! Salazie, c’est aussi le nom d’un petit village avec une église parée de deux tours crénelées où le temps s’écoule doucement. A La Mare-à-Poule-d’Eau, les petits colons blancs s’étaient lancés dans la culture du riz. La route conduit à Hell-Bourg, un gros village aux maisons coquettes et aux jardins fleuris, réputé pour la qualité de son accueil. On peut y pêcher la truite dans un parc piscicole, déguster le « chouchou » cuisiné de mille manières ou s’élancer vers les hauteurs à partir de sentiers. A découvrir, la visite guidée de la Maison Folio, classée monument historique. Le canyon de Trou Blanc, le plus aquatique de l’île se fait à la journée avec des guides expérimentés au départ de Hell-Bourg. Suivez le guide ! A vec quelque 1 000 km de sentiers balisés et entretenus par l’Office national des forêts, la Réunion est idéale pour les amateurs de marche à pied. Il n’est pas nécessaire d’être un champion pour en profiter. Tous les sentiers sont balisés. Un conseil : réserver à l’avance les nuits dans les refuges et étudier la météo avant de partir. Les centres d’informations Montagnes et Sentiers, situés à Saint-Denis, près de l’aéroport, et à Cilaos, diffusent toutes sortes d’informations concernant les hébergements, l’état des sentiers, les différentes possibilités d’itinéraires et tous les autres loisirs en montagne (VTT, canyoning, escalade, parapente, canot, raft, etc.). Toute une série de balades faciles ont été regroupées dans le guide des Sentiers Marmailles, en particulier pour les enfants et les seniors, accompagnées ou non par des guides PEI (Patrimoine, Environnement, Ile), spécialement formés pour faire apprécier la promenade d’une manière plus écologique et culturelle que sportive. Pour les sportifs accomplis, deux sentiers de grande randonnée parcourent l’île avec des étapes dans les gîtes de montagne. Le GR R1 fait le tour du piton des Neiges en passant par Salazie, Cilaos, Mafate (une soixantaine de kilomètres en 6 ou 7 étapes). On peut partir d’Hell-Bourg ou de plusieurs autres accès depuis Cilaos. nLe piton des Neiges La pente raide et les forts dénivelés réservent l’ascension du piton des Neiges (3 069 m) aux randonneurs bien entraînés. Il faut compter deux bonnes journées de marche, avec une nuit en gîte. On part de Cilaos, 62 et on rejoint le gîte de la caverne Dufour en passant par le belvédère de la Découverte. Depuis la station météo installée au piton des Neiges, on découvre le Grand-Bénare, l’îlet à Cordes, La Roche-Ecrite, Mafate et le volcan. Plus long (150 km), le GR R2 traverse l’île du nord au sud, en passant par Mafate et Cilaos. Compter une quinzaine de jours de marche pour le parcourir en entier et une douzaine d’étapes. La traversée est plus facile depuis Saint-Denis mais on peut également partir de SaintPhilippe, au sud. Certains dénivelés sont importants et peuvent décourager les randonneurs moins expérimentés. Qu’ils soient rassurés, il est possible de composer sa randonnée à partir de certaines étapes. nMafate Pour accéder à Mafate, on peut emprunter le col de La Fourche (9 h), ou Le Bord-Martin pour arriver à La Nouvelle (3 h). Passer par le piton du Maïdo et Roche-Plate, ou longer la rivière des Galets, par Sans-Souci jusqu’à Roche-Plate (6 h) par le sentier de la Canalisation des orangers. Il est possible aussi d’organiser une excursion dans le Cirque de Mafate avec guide et transport. 5 h aller/retour de randonnée facile permettent d’aller découvrir le village de Cayenne, dans le nord du Cirque de Mafate. Ou encore, de Cilaos, par la spectaculaire « route de l’Ilet-à-Cordes », passer par le col du Taïbit jusqu’au Marla, et La Nouvelle (3 h, 6 km). On peut également, mais la randonnée est plus difficile, emprunter l’itinéraire qui démarre de La Possession, par Dos-d’Ane, Cap-Noir jusqu’au hameau des Deux-Bras (2 h). Se déplacer A pied, le long des sentiers Ile Maurice Un jardin parfumé, entouré d’un lagon aux eaux turquoise et de plages somptueuses : telle est Maurice, douce dans ses paysages comme dans le sourire de son peuple « arc-en-ciel », délicieusement francophone. Port-Louis C e sont les Français qui, en hommage à Louis XV, ont baptisé ce port de commerce Port-Louis. Plus tard, Mahé de La Bourdonnais en fait l’étape obligée de tous les navires croisant dans les Mascareignes et le corsaire Surcouf y établit son quartier général pendant la guerre contre les Anglais. La capitale de Maurice est aujourd’hui une petite ville coloniale très active, protégée des vents par les montagnes qui la bordent. Partout, dans le port moderne, dans les rues tracées au cordeau, où de surprenants buildings modernes côtoient les vieilles maisons de bois que les cyclones et les incendies ont épargnées, l’animation est frénétique et bruyante, avec des embouteillages chaotiques et des cohortes de gens pressés qui filent vers leur autobus ou leur voiture. Au soir, pourtant, les rues se vident brutalement, et la ville s’assoupit. Deux montagnes dominent la Les pêcheurs débarquent sur la plage leurs filets débordant de poissons. 63 La Pa ix Ed S tr im Du Ink Bo ee b k New Quay St. erm t ur Pla ur e o Si b g ce f rW on an A d'A ve illi S S t t n ree am ree La Citadelle rm ue Jum . Rogers Bassin t t t es Ne lS ma wt M2 House oê hM 0 250 m Caudan ul N Hôtel du on S osq Fort Rao t r ee Gouverneur ue Adélaïde t t e Str tre Mauritius ee Ha t Théâtre e S Institute tch re ssé Municipal a u S Str u a ir C q S S h ee e a Ko .A C ba ri t o t s en nte top Jardin de la Vic i lm Hôtel g S ol Compagnie eS S tr tre Cathédrale de ville des Indes e t 2 et ree et M Saint-Louis Musée de la t Cour Mg eet Photographie Ch Suprême rG Str r u P e o o rch Po nin en Dr pe ud Str itch Eu He Str riè ee gè dK nn ee t ne re Lor t ess Ed Str La yS ith ure ee tre Ca nt t et Pagode Se ve Str ba ll S St ee chinoise sto Lo Église t t Lam r e uis Soon po et Immaculée lS Sh Str Cathédrale Caserne centrale tre a Conception ee ke Saint-James et t spe St St t are e D e Ge r e t S S n t F o s D'E re e is S rèr rge ntre éan eF t tre Str cast Orl éli et Champs de Mars eau ee xd Afa x t S e tree n Ta Va t nk W Vo loi Vis Dr en S sS lcy hn .R tree tre Po uK ou t et ug ge D'A c h n tS e et Signal r t t tre ra ois Te St. Mausolée du Mountain ma e S tre t comte de Malartic y S St. et t. t ee Str re Dio St. t ee Str s D'E ist Tru m r ida Ep tai ng PORT LOUIS In Co t ee Str hin e S rt ibe Gu my Re illa fe St. et tre rS llie O L Fe t. eS ivr my et tre sS he sro c re Mè De re rth e t et rea u St. ev ck rra Ba sS t. Pre sid en t e nK Joh dy nn e Str e et 2 M et tre rS ha arq u F dS t. ar et tre éS G tes ar sch De Les Mauriciens adorent les jeux de hasard. 64 La B Ch ree t Q St. t tre nS ue e ar qu Ba aie t thé le Se yS lem Mè t. eS yal Ro ua r ee Str me 'Ho m t ree s St ape m Jem Po Dr Ed o PORT Gé Sir t tre e m ola go am S. R t ee Str An Riv Jummah qu ièr eti Mosque eS Jum lS t t. ree ma Pa Co t ste hM rde ur o rie s S q t ree Str ue Marché ee t Str t ee central t y g Vir Da et Str e off ro Sir d L au re nt St Musée de la Poste u Bo t. Lort S p de Cham t. gS sin tul See La e Str ile N Poste centrale ine up h t ee Str az et Caudan Waterfront tre is S na rdo n et . up Da Suivez t ee La ville a beaucoup changé depuis le xviiie siècle, mais le site demeure grandiose. Succès oblige, Port Louis, siège du gouvernement et centre névralgique de l’île, collectionne les embouteillages, les trottoirs encombrés et les difficultés de stationnement. A la lenteur chantante du parler créole répond, aujourd’hui, une agitation de tous les instants. Au premier abord, cette grosse bourgade trépidante, souvent étouffante à cause de la pollution et de l’absence de vent, s’avère peu séduisante, d’autant que eet Str Str nUn développement anarchique an m ker le ville, le Piéter-Both (823 m d’altitude), chapeauté par un rocher en équilibre instable, et la montagne du Pouce (800 m). Surveillant Au marché de Portle port, la statue de Mahé de La BourdonLouis, régalez-vous de nais ponctue l’extrémité de la longue place délicieux dholl puri et des samoussas, vendus d’Armes. Cette large avenue ombragée de par les marchands palmiers conduit à l’Hôtel du Gouverneambulants et que l’on ment, un vieux bâtiment colonial en parfait déguste sans façons, état de conservation dont la cour d’honneur avec ses doigts. accueille une statue de la reine Victoria. La cathédrale Saint-Louis, aux deux tours carrées, abrite les tombeaux de madame Mahé de La Bourdonnais et de son fils. Tout près se dressent les fortifications en pierre de la citadelle, l’ancien fort Adélaïde, d’où l’on a une très belle vue sur Port-Louis. On aperçoit la bâtisse verte et blanche de la mosquée Jummah, en plein quartier des affaires (visites tous les matins sauf le vendredi). A proximité, le Caudan Waterfront, construit sur l’emplacement des anciens docks fourmillant de boutiques tout ce qu’il y a de plus chic, contraste avec le pittoresque quartier chinois. Ce dernier déborde d’échoppes colorées et de restaurants, et compte trois grandes pagodes où des cierges brûlent en permanence devant les autels qui croulent sous les offrandes. Derrière le quartier des grossistes, le marché central (le Bazar), déploie ses étals débordants de légumes, de fruits, d’épices odorantes et de plantes médicinales, au milieu d’une foule compacte qui s’interpelle, marchande, discute, dans une invraisemblable et sympathique cacophonie. rne il le guide ! eet Str 65 nPlace d’Armes Au pied de la statue de Mahé de La Bourdonnais, qui règne sur l’esplanade, s’ouvre la vieille ville. A l’ombre arachnéenne de ses grands palmiers, c’est l’endroit le plus dégagé, le plus lumineux, le plus aéré de Port Louis. Autour de son bassin central, les vieux Mauriciens bavardent de rien et prennent des paris sur tout. Sur Duke of Edinburgh Avenue, qui longe l’esplanade sur la gauche, il faut lever le nez pour admirer les vieilles maisons créoles, devenues le siège de banques ou de compagnies aériennes. Elles comptent parmi les mieux conservées de la cité. Musée d’Histoire naturelle (Mauritius Institute) Chaussée Street. Ouvert lundi, mardi, jeudi et vendredi de 9 h à 16 h, samedi de 9 h à 12 h. Entrée libre. Un musée d’Histoire naturelle sans joie, mais non sans surprise. Inauguré en 1842, il réunit, dans une ambiance d ’ époque, une collection d’oiseaux, de poissons et de mammifères naturalisés qui offre un aperçu très complet de la faune locale. La sélection de coquillages ne manque pas d’attraits. Quant à l’énorme crâne de cachalot et au spécimen de tortue verte géante, ils laissent pantois. C’est pourtant un oiseau naturalisé qui leur vole le devant de la scène : le dodo, emblème de l’ île Maurice, dont l’espèce s’est éteinte au xvii e siècle. D’autres oiseaux empaillés, aujourd’hui disparus, sont aussi au rendez-vous de ce lieu de curiosités, comme le perroquet monarque ou l’étourneau de Bourbon. A l’étage, riche bibliothèque consacrée à la faune et à la flore locales. nChamp de Mars Le musée d’Histoire naturelle enferme Pope Hennessy Street. quelques trésors, notamment un dodo. Pope Hennessy Street, avec ses quelques maisons coloniales en bois qui comptent parmi les mieux conservées de la cité, conduit à cette vaste enclave verdoyante dessinée par le très britannique colonel Draper en 1812. D’abord Si vous êtes à Maurice terrain d’entraînement militaire et aire de au moment de la saison hippique, entre duel préférée de l’aristocratie, c’est, de nos juin et novembre, ne jours, un hippodrome très fréquenté de ratez pas les courses juin à novembre. Il est le plus ancien de tout au Champ-de-Mars, l’hémisphère Sud. Il abrite le prestigieux chaque samedi : entre Mauritius Turf Club, qui regroupe les descenles parieurs et les dants des colons, mais aussi des éléments passionnés, le spectacle de la bourgeoisie indienne et chinoise que est aussi dans les passionnent les courses de chevaux. Il faut tribunes ! profiter du très beau point de vue qu’il offre sur la ville. Ses immenses pistes sont cernées par la montagne. Les compétitions s’y déroulent dans une ambiance survoltée : le spectacle est aussi dans les tribunes et mérite le déplacement ! Toutes différences ethniques Au sud de la ville, Saint et sociales disparaissent dans l’effervescence George Street aligne quelques jolies maisons des paris. Bookmakers, parieurs, membres créoles, certaines du Mauritius Turf Club, palefreniers, propriéavec de petits jardins taires de chevaux, sont gagnés par une même romantiques fièvre. A l’entrée du paddock, la foule est en le guide ! Le chapeau de paille est aux jeunes Mauriciens ce que le melon est aux vieux Londoniens. 66 Suivez le guide ! 67 Ile Maurice Suivez son architecture contemporaine manque visiblement de fil conducteur. Année après Sur les docks, année, les buildings y masquent davantage les dernières vieilles maisons de bois et, aux l’Aapravasi Ghat, lieu heures de travail, elle apparaît surpeuplée : de débarquement des travailleurs indiens au la population y passe de 150 000 à 220 000 xixe siècle, fait son personnes. A condition de s’y déplacer à entrée au Patrimoine pied, la capitale mauricienne distille pourmondial de l’Unesco. tant cet envoûtement propre aux cités tropicales qui, même modernisées, cultivent les anachronismes réjouissants et les parfums des jardins anciens. Heureusement, la gentillesse port-louisienne gomme rapidement les travers d’une ville trop vite montée en graine. Ses rues en damier facilitent l’orientation du promeneur qui, entre la place d’Armes et le minaret de la mosquée moderne, dispose de deux excellents points de repère. Aucun risque de s’y perdre. Suivez le guide ! le guide ! Suivez Le long du champ de Mars, à l’angle de Corneille Street et de Doctor Eugène Laurent Street, se dresse la plus grande pagode de la cité : Lam Soon Tin How. délire. Sur les pelouses se dressent deux monuments : une statue du roi Edouard VII et le mausolée du comte de Malartic, gouverneur français mort en 1800. Hors saison, le champ de Mars retrouve sa vocation première : l’armée et la police y effectuent leurs manœuvres. Il accueille aussi des rassemblements religieux et des réunions politiques. L’indépendance de l’île Maurice y fut proclamée en 1968. Dans les environs nLa tombe du Père Laval nLe domaine des Pailles A 5 km de Port-Louis par l’autoroute en direction de Curepipe, tél. : 230 212 42 25. Entrée gratuite. Visites guidées payantes tlj de 9 h 30 à 17 h. Plusieurs restaurants ouverts le soir. Un domaine colonial a été reconstitué sur ce vaste complexe, avec un moulin, un manège, un jardin d’épices et des restaurants. On peut s’y Les couchers de soleil à Maurice : une palette de lumières somptueuse. promener à pied, en calèche ou aller en 4 x 4 jusqu’à la réserve voisine admirer les cerfs en liberté. nLa maison Euréka Moka, tél. : 230 433 49 51. Ouvert tlj de 9 h à 17 h, dimanche jusqu’à 15 h 30. Entrée payante. C’est l’ancienne demeure coloniale de la famille Le Clézio. Très belle, elle ne compte pas moins de cent neuf fenêtres ouvertes sur une varangue et un jardin à la française. Son propriétaire l’a aménagée en lieu d’accueil pour des réceptions privées. On peut aussi y déjeuner de spécialités créoles. nLe château du Réduit Après Moka, sur l’A7, en direction de Rose Hill. Ouvert un seul jour par an, le premier dimanche de septembre (renseignements sur place). Un magnifique château colonial, entouré d’un parc à la française, qui fut la résidence des gouverneurs de l’île à partir de 1770. Le président de la République de Maurice y a installé ses bureaux. La côte nord D es plages paresseuses et tranquilles, et des îles minuscules peuplées d’oiseaux. nRoute du paradis De Port Louis à Grand Gaube, la petite route côtière suit d’assez près le lagon d’un vert éclatant. Les ondulations de l’océan et les étendues de sable sans frontières ne sont pas toujours visibles pour autant. C’est qu’au cours de ces dernières années complexes hôteliers, bungalows de luxe, commerces de toutes sortes ont poussé dru sur un littoral dont le prix au mètre carré laisse rêveur. Flamboyants, bougainvillées, jambosiers, jacarandas : l’abondance d’une végétation fleurie, qui appartient traditionnellement au quotidien mauricien, fait oublier le béton. Elle transforme les bas-côtés en autant de massifs colorés et parfumés. Fréquentée et étroite, la route litto68 69 Ile Maurice Chapelle Sainte-Croix, à 3 km de Port-Louis, vers le nord-est. Ouvert tlj de 6 h 30 à 18 h. Exposition et magasin ouverts de 8 h 30 à 16 h 45, 10 h à 16 h 15 le dimanche et les jours fériés. Au quartier Sainte-Croix se trouve la tombe de ce missionnaire français que les Mauriciens ont surnommé « l’apôtre des Noirs ». Canonisé en 1979, le Père Laval fait l’objet d’un véritable culte sur l’île. Près de la chapelle, un petit bâtiment présente une exposition sur la vie de ce prêtre, célébré chaque année par un pèlerinage très suivi, le 9 septembre. le guide ! Suivez La marche sousmarine est une bonne alternative pour ceux que la plongée effraie. Equipé d’un casque sur les épaules alimenté en oxygène et lesté d’une ceinture de plomb vous observerez les poissons en toute sécurité. rale exige une attention soutenue au volant. Elle conduit au paradis sur terre, celui du ciel peut attendre. Les baies oubliées et les petits villages de pêcheurs reprennent leurs droits à partir du cap Nord, secteur moins riche en plages spectaculaires. De courtes incursions dans les terres restituent à l’île son rythme d’hier, au milieu des champs de canne à sucre que ponctuent les tumulus de lave, ces « pyramides créoles » dont les pierres sont arrachées à la terre par les agriculteurs, puis regroupées en tas pyramidaux. Lovée dans son immense lagon, Rodrigues, peu développée, est une terre de quiétude. A 10 km au nord de Port-Louis. La baie est belle, mais très dangereuse. Piéter Both, gouverneur des Indes néerlandaises, s’y noya pendant le naufrage de son bateau. Elle a inspiré Bernardin de Saint-Pierre qui y a situé le naufrage du Saint-Géran… et la mort de Virginie. L’île Ronde et Coin de Mire sont des réserves naturelles où vivent nombre d’oiseaux, comme le paille-en-queue mais aussi des lapins, et un grand lézard, le gecko. nGrand’Baie et les plages nLe jardin de Pamplemousses A 25 km au nord de Port-Louis. Ombragées de cocotiers, de filaos et de bougainvillées, les plages de Grand’Baie sont devenues un des hauts lieux touristiques de Maurice. On y trouve toutes les boutiques de mode, les restaurants et les boîtes branchées de l’île. Les plages se succèdent, avec tout ce qu’il faut de grands hôtels et d’activités nautiques pour satisfaire les vacanciers, de Pointe aux Piments, où l’on aperçoit encore, dans les jardins de l’hôtel Maritim, les ruines de l’ancien Arsenal français, détruit en 1774, jusqu’à Cap Malheureux, un petit village qui vit tranquillement de la pêche. Ce sont des charpentiers de marine qui ont conçu sa jolie petite église au toit de bardeaux rouges, où les Mauriciens chantent volontiers des gospels à l’occasion de la messe dominicale. A Grand-Gaube, des tumulus de lave noire émaillent les champs de canne à sucre. Des promenades en bateau sont organisées vers l’île Plate. A 12 km au nord-est de Port-Louis. Ouvert tlj de 9 h à 17 h 30. Entrée payante. Communément appelé jardin de Pamplemousses, il porte en réalité le nom de Jardin botanique sir Seewoosagur Ramgoolam, en hommage au « père de la Patrie mauricienne ». Entouré d’une grille en fer forgé très ouvragée, le château Mon Plaisir était la propriété de Mahé de La Bourdonnais, qui y avait fait planter un potager. C’est là que Pierre Poivre fit ses premiers essais pour faire pousser des épices. Le botaniste Céré eut ensuite la charge du jardin, et l’enrichit de canneliers, de girofliers et d’essences rares. On peut s’y promener entre les arbres du voyageur, les badamiers, les arbres à muscade, les poivriers et les palmiers qui ombragent ses allées. Le jardin recèle en particulier des palmiers talipots, qui fleurissent une seule fois tous les cinquante ans avant de mourir, d’énormes acajous, des camphriers et un bassin aux nénuphars géants. Le château est actuellement utilisé par le gouvernement pour des réceptions officielles. Dans le village, on peut encore apercevoir l’emplacement de l’ancien marché aux esclaves ; un ancien cimetière abrite la tombe d’Emeline de Carcenac de Bragard, qui fut la « dame créole » de Baudelaire, et celle de l’abbé Buonavita, aumônier de Napoléon Ier. nTrou-aux-Biches et Mont-Choisy Posée au bord de l’eau, la petite église au toit de bardeaux rouges de Cap Malheureux. 70 A 10 km au sud-est de Grand’Baie. Très touristique et bordée de grands hôtels, la belle plage blonde et tranquille de Trou-aux-Biches touche la grande Anse de Mont-Choisy, où les familles se donnent rendez-vous le week-end, à l’ombre des filaos. Tout au bout de la baie, Pointe aux Canonniers servit de camp militaire aux colons français. Il reste encore quelques vestiges dans le jardin de l’hôtel Les Canonniers, dont un phare qui resta en service jusqu’en 1932. 71 Ile Maurice nLa baie du Tombeau I Prévoyez une journée consacrée aux plaisirs balnéaires sur l’île des Deux-Cocos. Nombre de bateaux font la navette toute la journée. Sur place, la plage publique est sublime et les fonds marins, exceptionnels. ls sont nombreux à parsemer les 200 km2 du lagon rodriguais. Certains, telle l’île au Sable, sont des réserves naturelles interdites au public à moins de démarches administratives compliquées. D’autres accueillent les émules de Robinson Crusoé, comme l’île aux Crabes, l’île Paille-en-Queue ou, surtout, l’île Hermitage, d’une beauté naturelle préservée à 25 min de traversée de Port Sud-Est et à 90 min de Petite Butte. L’île aux Cocos, avec son parfum de retour au paradis, est celle qu’il ne faut pas manquer. nMahébourg A 5 km de l’aéroport de Plaisance. C’est à Mahé de La Bourdonnais que cette petite ville coloniale pleine de charme, nichée au fond de la baie de Grand Port, doit son nom. Le lieu est pétri d’histoire et résonne encore des canonnades napoléoniennes. Cette bataille, la seule gagnée par les Français contre les Anglais, figure au fronton de l’Arc de Triomphe, à Paris. Un immense pont enjambe la rivière La Chaux qui sépare la ville en deux. De l’autre côté, c’est la Ville Noire, qui était autrefois un repère de sorciers. Les hôtels se sont installés du côté de la Pointe d’Esny et Blue Bay, deux des plus belles plages de Maurice. La couleur de l’eau va du turquoise au bleu marine et les fonds marins sont parmi les plus préservés de l’île. Depuis la tour crénelée de la cathédrale, on peut admirer le panorama alentour, avec les hameaux de pêcheurs qui ponctuent la côte et le lagon d’une pureté incomparable. Le Musée national d’histoire mauricien Royal Road. Ouvert tlj sauf le mardi de 9 h à 17 h. Entrée libre. Installé dans une vieille demeure coloniale, l’ancien Musée naval vient d’être totalement rénové et a été rebaptisé. Il raconte les événements des siècles passés et notamment les Si vous êtes à Mahébourg un lundi, batailles navales qui opposèrent les Français et les Anglais à l’île de la Passe. Avec ne ratez sous aucun quelques témoignages, comme les cloches de prétexte l’ambiance joyeuse et bon enfant bord des voiliers naufragés, les documents de la foire aux Tissus, à racontant le naufrage du Saint-Géran sur l’île la Pointe Canon, en d’Ambre et le pistolet de Surcouf. Il aborde dehors de la ville. aussi des pans de l’histoire de l’île, dont l’es- Suivez le guide ! 72 Maurice s’est fait une spécialité de la fabrication de maquettes de bateaux. clavage ou l’occupation hollandaise. Les documents sont présentés en créole, français et anglais. Le musée est également accessible aux aveugles par une présentation en braille, à chaque point de lecture. nVieux Grand Port A 7 km environ au nord de Mahébourg. Une vieille tour de guet hollandaise et une colonne commémorative rappellent l’arrivée des Hollandais en 1598. C’est ici qu’ils débarquèrent pour la première fois et qu’ils s’établirent 40 ans plus tard. C’est également à cet endroit que choisirent de s’installer les premiers colons français, en 1722. nDomaine de Ylang-Ylang Anse Jonchée, à 3 km au nord de Vieux Grand Port. Ouvert tlj de 9 h à 17 h. Entrée payante. Outre un très beau point de vue sur la baie de Grand Port, le circuit qui parcourt le domaine permet de découvrir les plantations d’ylang-ylang. On peut également visiter la distillerie où la fleur est ensuite transformée en huile essentielle (visite payante). Le domaine de l’Ylang-Ylang cultive et distille aussi la citronnelle, le vétiver et la baie rose (pink pepper). Très symbolique de l’île Maurice, cette entreprise très artisanale est actuellement fermée au public, mais tout porte à croire que les visiteurs pourront à nouveau suivre ses sentiers qui serpentent parmi de nombreuses essences locales : l’arbre du Visitez la biscuiterie voyageur, le goyavier, l’ébénier ou le bois Raut à Ville Noire macaque, par exemple. Ce lieu paradisiaque pour connaître les offre aussi une vue panoramique sur la baie secrets de la fabrication de Vieux Grand Port et ses îlots, comme sur artisanale des fameux les collines verdoyantes et les pics arides qui gâteaux au manioc l’entourent. C’est dans l’anse qu’il domine préparés selon les recettes d’autrefois. qu’en 1810, les Français remportèrent la plus Vous pourrez les grande victoire navale de l’épopée napodéguster à la fin de la léonienne ; un seul bateau anglais en sortit visite. indemne. le guide ! 73 Ile Maurice Ilots le guide ! Suivez A 4 km de Trou-aux-Biches, à l’entrée du village de Triolet. Se visite à condition de ne porter ni chaussures, ni cuir. Ce temple hindou, à l’architecture colorée typique, est très vénéré à Maurice. Les autels débordent des offrandes déposées par les pèlerins. Suivez nLe temple de Triolet Bons mots de la cuisine mauricienne Entre poésie et bizarrerie, les noms des ustensiles de cuisine propres à Maurice mettent en appétit. Si les jeunes les délaissent, leurs parents, eux, y restent souvent fidèles, à la campagne comme à la ville. C’est sur la roche à cari, pierre de forme plate et carrée, que sont écrasés les épices et les condiments. Riz et lentilles sont triés dans le van, un vaste panier en fibre d’aloès tressé. Plat en aluminium léger, le dekti sert à la cuisson du riz familial. Et c’est dans le wok, récipient creux en fonte, et dans la caraille, poêle au fond bombé, fabriquée elle aussi en fonte, que sont réalisées toutes les fritures, surtout par la population d’origine chinoise. 74 Vieux Grand Port, à 15 km au nord de Mahébourg, tél. : 230 634 50 97. Entre deux murs de canne à sucre, une vallée oubliée au milieu d’une épaisse forêt. Un particulier y a installé un domaine privé, qui a des airs de lodge kenyan, où vivent des cerfs et des sangliers. De nombreuses activités y sont organisées, dont des sorties en mer et des randonnées. nL’usine de thé de Bois Chéri A 3 km de Grand’Bassin. Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30, samedi jusqu’à 14 h 30. Entrée payante. Une visite instructive pour tout savoir sur la culture, la récolte et la production du thé. nTrou-d’Eau-Douce A 30 km au nord de Mahébourg. Ce petit village de pêcheurs est le point de départ pour des excursions en bateau vers l’île aux Cerfs (5 min de la côte), un petit paradis sans voitures, mais malheureusement très fréquenté. Les plages y sont magnifiques et on peut y pratiquer des tas d’activités. La côte ouest L a canne à perte de vue, s’ouvrant sur de profonds lagons tranquilles. Le plateau central est à la fois la région la plus arrosée et la plus peuplée de l’île. De petits villages s’étaient installés le long de la voie Royale qui reliait Port-Louis à Grand Port. Au fur et à mesure de l’expansion des usines sucrières, ils ont grandi et ont fini par se rejoindre jusqu’à former une vaste agglomération qui regorge d’endroits pour faire des emplettes, des magasins d’usines aux boutiques hors taxes. nFlic-en-Flac A 25 km au sud de Port-Louis. Un petit village de pêcheurs, au milieu des plantations de canne à sucre, qui s’organise en station balnéaire, avec des activités diverses à pratiquer au bord de la plage, évidemment superbe ! Le week-end est moins paisible L’intérieur des terres A u centre de l’île alternent les francs reliefs et les plaines résidentielles, dans l’enveloppe verte des champs de canne à sucre et à l’ombre des sommets aiguisés. Les hauts plateaux (de 500 à 700 m d’altitude Le flamboyant porte bien son nom… 75 Ile Maurice nLe domaine du Chasseur le guide ! en moyenne) se peuplèrent au xix e siècle, avec une migration liée au climat insalubre du littoral, et notamment de la capitale, Port Faites, comme les Louis. Des dizaines de milliers de MauMauriciens, vos courses riciens changèrent alors et d’habitats, et au grand marché du quartier d’Arab Town d’habitudes. L’histoire ne se répétant pas, à Rose Hill : l’ambiance c’est aujourd’hui le littoral qui se construit vaut largement et se peuple. Les terres colorées du cœur du le détour. pays ne sont guère évoquées dans les brochures touristiques officielles. La force de frappe économique est en bas, sur ces rivages sablonneux et immaculés que baigne un océan translucide aux ondulations d’émeraude. Il serait pourtant dommage de négliger ces plateaux volcaniques, fidèles reflets de la vie quotidienne des authentiques Mauriciens. Ici ingrate, la nature resplendit ailleurs, comme autour de Moka ou de la mare aux Vacoas. Les commerces offrent beaucoup plus de bonnes opportunités que ceux des secteurs touristiques. Soudain, on oublie les multiples attraits de la côte, et Maurice devient, aussi, une terre de découverte, bruissante et surprenante. Suivez Beaucoup de Mauriciens restent fidèles aux recettes et ustensiles de cuisine traditionnels. le guide ! Suivez Si vous êtes très vigilant en empruntant l’avenue George V, qui fait le tour du Trou-auxCerfs, vous pourrez apercevoir dans le jardin d’une villa une tour Eiffel miniature construite il y a plus de cent ans. 76 nCasela Bird Park Sur la route de Tamarin (à 5 km de Flic-enFlac). Ouvert tlj de 9 h à 17 h, 18 h d’octobre à avril. Entrée payante. Plus de 2 000 oiseaux ont été rassemblés dans un très joli cadre fleuri où vivent également des tortues et des singes. Des flamants roses et des canards ont annexé les vastes plans d’eau qui s’étalent sous les banians géants. nBeau-Bassin et Rose Hill A 10 km au sud de Port-Louis. Les deux villes, très résidentielles, ont été unifiées et ne forment plus qu’une seule agglomération. Rose Hill, qui doit son nom aux couleurs que prend la montagne au lever et au coucher du soleil, est devenu un centre de shopping très couru avec ses centres commerciaux. C’est aussi une ville étudiante très animée et un centre culturel apprécié pour ses galeries d’art et son théâtre. Le jardin de Balfour Ouvert de 10 h à 18 h sauf le mercredi. Il surplombe des chutes verdoyantes et abrite le manoir de la Tour-Blanche, rebaptisé Maison Tha-bor, la maison de retraite de l’archevêché. nCurepipe A 10 km au sud de Rose Hill. On dit qu’il y a à Curepipe deux saisons : la saison des pluies et la saison pluvieuse. Plus froide et humide que le reste de l’île, Curepipe est une ville importante. De nombreuses administrations s’y sont installées et on vient y faire du shopping dans des centres commerciaux particulièrement bien achalandés. On ne sait pas précisément d’où vient son nom, mais la ville a pris son extension au xixe siècle lorsque les habitants de Port-Louis s’y sont réfugiés pour fuir une épidémie de malaria. De cette époque, elle a conservé de belles maisons coloniales en bois, aux toits ornés de lambrequins, plantées au milieu de pelouses verdoyantes, comme l’hôtel de ville. La bibliothèque Carnegie (Royal Road) recèle des tas d’ouvrages sur l’histoire des Mascareignes. Le Jardin botanique sir Seewoosagur Ramgoolam le guide ! Faites-vous conduire par un pêcheur jusqu’à l’île aux Bénitiers L’eau y est transparente, les coraux et les coquillages abondants. Ouvert tlj de 9 h à 17 h 30. Entrée libre (on peut y circuler en voiture). Il est plus petit que celui de Pamplemousses mais très agréable. nLe Trou-aux-Cerfs A 3 km sur les hauteurs de Curepipe. Ancien volcan dont le cratère est maintenant envahi par une végétation dense. Le point de vue est intéressant car on domine une partie de l’île. nTamarin A 15 km au sud de Flic-en-Flac. A l’embouchure de la rivière des Remparts et de la rivière Tamarin, c’est une des stations balnéaires préférées des Mauriciens, qui viennent y faire du surf et de la planche à voile. Attention, cependant, car le ressac est parfois violent et rend la mer dangereuse. A la sortie du village, on peut apercevoir les salines. A Grande Case Royale, au débouché de la route de Chamarel, on aura l’occasion unique d’observer les petits crabes qui grouillent sur la plage de la Rivière des Remparts. Le Sud-Ouest L a houle de l’océan gifle les falaises et la terre déploie un kaléidoscope de couleurs. nRivière-Noire A 10 km au sud de Tamarin. Surmontée par le piton de la Petite-Rivière-Noire, le sommet le plus élevé de Maurice, la région comprise entre Petite La forêt de Macchabée accueille des oiseaux par milliers. 77 Ile Maurice Les artisans de Curepipe se sont spécialisés dans la construction de maquettes de bateaux de pêche et de voiliers. Il y en a pour tous les goûts, de toutes tailles, de tous styles et à tous les prix ! Elles sont extraordinaires et assez onéreuses. On trouve également ces maquettes dans les boutiques artisanales de la rue du Camizard, à Mahébourg, et dans celles, plus chic mais pas forcément plus chères, du Caudan Waterfront à Port-Louis. Pour éviter les (mauvaises) surprises, mieux vaut visiter plusieurs boutiques avant de se décider et se renseigner très précisément sur le prix des taxes à payer ainsi que sur le montant des frais d’expédition. Si l’on souhaite rapporter une maquette, il faut savoir que les compagnies aériennes ne les acceptent pas en bagages accompagnés, et que la maquette sera livrée à l’aéroport dans un emballage approprié à un séjour dans la soute. lorsque les Mauriciens s’y installent avec tente et barbecues, en musique ! Suivez Les maquettes de bateaux nDans les environs La route rejoint, sur le littoral, le village de Baie du Cap puis celui de Bel Ombre, où la côte est protégée par la barrière de corail. Les plages de Riambel et de Pomponnette sont plutôt désertes et tranquilles en semaine. nPlaine de Champagne et Grande-Rivière-Noire est très belle mais marécageuse. Cerfs, singes et cochons y vivent en liberté. De GrandeR iv ière-Noire par tent les bateaux pour pêcher au gros en haute mer. nLa tour Martello Cette tour militaire, construite en 1840 pour protéger l’île contre d’éventuels débarquements, comme en témoigne son canon toujours pointé vers la mer, vient d’être rouverte après neuf ans de travaux de rénovation. Son architecture s’inspire des tours que les Génois avaient implantées sur les côtes corses. L’intérieur n’a pas encore été réaménagé mais on peut grimper jusqu’au sommet pour admirer la côte (belle vue sur le Morne-Brabant). nChamarel A 8 km de Rivière-Noire. Du village de Case Noyale, une route en lacets conduit à ce village à travers les champs de canne à sucre. Un musée à la gloire de Paul et Virginie, les deux héros malheureux du roman de Bernardin de Saint-Pierre, doit s’installer bientôt près de Terres de Couleurs. le guide ! Suivez « Le Pétrin » (à 5 km de Plaine Champagne) est le point de départ de six sentiers de randonnées, plus ou moins faciles, à travers le parc de la RivièreNoire (1 à 5 h de marche).Vous pourrez laisser votre voiture au parking. 78 nTerres de Couleurs A 4 km de Chamarel (départ de l’église SainteAnne). Ouvert tlj de 7 h 30 à 17 h. Entrée payante. Lorsque la forêt a disparu, l’érosion a mis à nu les cendres volcaniques dans cette grande clairière. La terre change de couleur, passant de l’ocre au rouge ou au violet, composant une gamme différente en fonction des heures A 15 km au sud de Chamarel. La traversée de la forêt de Macchabée permet de voir de très vieux arbres précieux. La forêt accueille des espèces rares d’oiseaux. On y rencontre également des ribambelles de macaques gourmands, qui guettent les promeneurs pour obtenir un fruit ou un biscuit. A Black River, un belvédère permet d’admirer la vue sur les gorges de Rivière-Noire. Trois kilomètres plus loin, un autre point de vue donne sur les chutes Alexandra. nGrand-Bassin A 2,5 km à l’ouest du Pétrin. Après le grand réservoir d’eau de la Mare-auxVacoas, on arrive au petit lac de Grand-Bassin, dont les eaux sont, pour les Indiens, aussi sacrées que celles du Gange. C’est un lieu de pèlerinage où ont lieu toute l’année de nombreuses cérémonies. En février, s’y déroule le très impressionnant pèlerinage de Maha Shivaratree, qui signifie Grande Nuit de Shiva. Au sommet du piton Grand-Bassin, un temple blanc est dédié à Hanuman, un dieu possédant une tête de singe sur un corps humain. nSouillac A 25 km au sud de Plaine Magnien. La côte est sauvage. Les badamiers et les banians géants du jardin municipal de Telfair surplombent la mer. Le village de pêcheurs campe sur les hautes falaises du Gri-Gri où les vagues viennent se jeter avec violence. La Roche qui Pleure doit d’ailleurs son nom au ruissellement continu de l’eau qui s’engouffre avec furie dans les interstices des rochers. La pêche au gros Les eaux sont poissonneuses toute l’année. De nombreux clubs proposent des sorties en haute mer où l’on pêche le marlin bleu, mais aussi l’espadon rayé, le requin, l’espadon noir, l’empereur, le thon, la bonite et le barracuda. L’excursion est assez chère (500 Rm environ), mais en vaut la peine. On pêche à la traîne rapide et avec des appâts naturels. Dès que le poisson a mordu à l’hameçon, la lutte s’engage pour le ramener à bord ! Elle peut durer plusieurs heures lorsque la prise est de taille et résiste. Accroché à son siège, le pêcheur doit laisser filer sa ligne puis la ramener doucement, en rusant pour fatiguer sa proie. Les champions du monde entier apprécient particulièrement les eaux poissonneuses qui entourent Maurice et se donnent rendez-vous chaque année au mois de décembre, pour y disputer la 555 Marlin International World Cup. le guide ! Connaissez-vous les « cacapigeon » ? Ce sont de petits morceaux de vermicelle à base de farine, que l’on sert en amusegueule à l’apéritif. C’est délicieux.Tous les marchands de gâteaux mauriciens en vendent. 79 Ile Maurice de la journée. Le site est assez éloigné de l’entrée. Suivez Les nuances des cendres volvaniques à Terres de Couleurs. de la montagne. A ses pieds, des eaux turquoises ourlées de plages où se sont installés des hôtels très chics. Symbole fort de l’île, elle est classée au Patrimoine mondial de l’Humanité de l’Unesco. L’île Rodrigues 10 km 5 min 100 à 300 Rs le guide ! Suivez Une barque, une ou deux lignes… un attirail simple pour une pêche toujours fructueuse. Pour côtoyer le peuple rodriguais, le comprendre aussi, il faut prendre l’autobus, aux arrêts interminables, aux horaires fantaisistes et aux amortisseurs fatigués. nLe musée Robert-Edward-Hart Ouvert du lundi au mercredi de 9 h à 14 h, vendredi de 9 h à 16 h, samedi et dimanche de 9 h à 12 h. Entrée libre. Le poète mauricien Robert Edward Hart habita cette maison qui contient son mobilier et ses œuvres. nLa Vanille, réserve des Mascareignes A 7 km au nord-est de Souillac, tél. : 230 626 25 03. Ouvert tlj de 9 h 30 à 17 h. Entrée payante. Une ferme aux crocodiles a été aménagée dans un parc où coulent des cascades : pas moins d’un millier de sauriens, importés de Madagascar, des sangliers, et des tortues géantes. nRochester Falls A 5 km au nord-ouest de Souillac. En amont de la rivière Savanne, les chutes tombent dans une vasque depuis une hauteur d’une dizaine de mètres. Le lieu est idéal pour une baignade. On se croirait à la Réunion ! nLe Souffleur nMorne-Brabant A 10 km au sud-ouest de Rivière-Noire. C’est une montagne en forme de pain de sucre, qui surveille, du haut de ses 245 m, tout le sud-ouest de l’île. Les esclaves marrons en fuite venaient s’y réfugier et étaient relativement protégés par les flancs abrupts 80 A 650 km au nord-est de Maurice et à 900 km à l’est de la Réunion, Rodrigues est une île de poche, la plus petite des Mascareignes : 18 km de longueur de Pointe Coton à Pointe Mapou, 8 km de largeur de Pointe Jantac à Pointe Poursuite. 18 petits îlots l’entourent. La splendeur de son lagon, deux fois plus grand qu’elle, compense sans mal la modestie de sa surface. Tout le monde s’y déplace à pied, souvent avec une lourde charge sur la tête, dans la grande tradition africaine. C’est qu’à Rodrigues les Noirs, descendants d’esclaves, constituent plus de 85 % de la population (40 000 personnes), essentiellement catholique. le guide ! L’arrivée du Mauritius Pride, deux fois par mois, est « l’événement » à ne pas rater : les Rodriguais traversent toute l’île à pied, dans leurs habits du dimanche pour récupérer leur courrier ou de la marchandise. Suivez Après Savannah (à 12 km à l’est de Souillac), rejoindre le petit village de l’Escalier puis emprunter, sur près de 5 km, le chemin de terre qui conduit à la côte. A marée haute, les vagues s’engouffrent dans les rochers et rejaillissent comme un geyser. nUne île lilliputienne A Rodrigues, les maisons créoles sont enfouies dans la verdure. 81 Ile Maurice L a « Cendrillon » des Mascareignes est plus campagnarde que sa grande sœur. Sa population vit toujours au rythme de l’Afrique, d’où elle est venue, il y a trois siècles. La population, presque entièrement créole et très catholique, vit très simplement de la pêche, de l’agriculture et de l’élevage de porcs et de chèvres. Tout le monde se déplace à pied, souvent avec un lourd paquet sur la tête. La terre est pauvre, l’eau manque et la vie est rude. Mais on chante beaucoup, à pleine voix. Les Noirs, plus de 85 % de la population, descendent d’esclaves africains et malgaches. Ils vivent dans la montagne et cultivent leurs jardins. Les Rouges, descendants des premières familles de colons français métissés, vivent de la pêche sur la côte. Les Chinois et les Indiens, eux, sont plutôt commerçants. Le village de Saint Gabriel abrite la bibliothèque François-Thévaux, don de la France à Rodrigues. Une preuve parmi tant d’autres des liens privilégiés qui unissent les deux pays. La présence anglaise ne les a pas amoindris. De nombreux clubs de football locaux portent des noms français. Et le bicentenaire de la Révolution a été célébré sur l’île avec un faste tout particulier. Aujourd’hui, l’ambassade de France à Maurice s’emploie à renforcer cette entente par des manifestations culturelles régulières. Dans bien des cases, le drapeau français fait partie du décor : c’est, de leurs propres dires, le plus beau cadeau qu’on puisse faire aux Rodriguais. 82 « Il y a ici, écrit Jean-Marie Le Clézio, une impression de lenteur, d’éloignement qui fait penser à l’éternité. » Sa modeste économie se fonde sur l’agriculture, l’élevage et la pêche, dont les productions sont destinées au marché mauricien. Depuis quelques années, l’apiculture a fait sa réapparition avec succès. Elle emploie 150 personnes, et le miel rodriguais rafle les médailles dans les concours internationaux. Sur le plan touristique, la parente pauvre de Maurice, dont les instances dirigeantes semblent peu soucieuses de favoriser le développement, tire sa force de son isolement même. Il pourrait encore s’accentuer avec les projets d’autonomie que caresse l’île. Apre, sauvage, elle offre à ses visiteurs des horizons montagneux intacts, des plages aussi dorées que désertes, des coutumes préservées. Constamment ventée, elle jouit d’un ciel limpide et d’un climat sec. La sécheresse et les cyclones (en 1968 furent enregistrés des vents de 276 km/h) menacent sans cesse cette terre aux tons fauves et aux eaux d’émeraude, qui reste à découvrir. nUn peu d’histoire En 1528, c’est le Portugais Diego Rodrigues qui donne son nom actuel à l’île, d’abord peuplée par une poignée de huguenots chassés de France par la révocation de l’édit de Nantes (1598). Elle se place d’entrée dans l’orbite mauricienne. Rodrigues est longtemps utilisée comme escale de ravitaillement pour les navires cinglant vers Maurice. Les équipages s’y approvisionnent en eau douce et en chair de tortues ; les malheureuses bêtes ne survivront pas au massacre. En 1725, les Français fondent la colonie de Port Mathurin. En 1807, passée aux mains des Britanniques, elle devient la base de l’équipée navale qui, en 1810, les conduit à la conquête de l’Isle de France. A proximité de ses côtes, les nombreuses épaves qui stagnent encore sur le fond témoignent de l’intense activité maritime d’alors. Au cours du xixe siècle croît la population de l’île. La première route n’est tracée qu’en 1930, entre Port-Mathurin et Saint-Gabriel. Et il faut attendre 1955 pour que Rodrigues se dote d’un hôpital. nPort-Mathurin Bordées de jardins discrets, les ruelles de la capitale sont tracées au cordeau à partir du port. Toutes les boutiques de la ville sont rassemblées rue Jenner, mais le marché multicolore du samedi matin est un événement. On y vend, placidement, les productions locales : des légumes, des fruits et un peu d’artisanat, essentiellement de la vannerie, des grands chapeaux de paille ; et les « z’ourites » (les pieuvres) que l’on fait sécher au soleil, ainsi que le poisson. Le dimanche matin, les dames créoles se coiffent de leurs plus beaux chapeaux pour assister à l’office dans l’église Saint-Gabriel, construite en pierre de corail blanc. nL’Anse-aux-Anglais A 2 km de Port-Mathurin. C’est le coin le plus chic de l’île, où les hauts fonctionnaires en poste sur l’île ont leur maison. Rodrigues entretient la légende des trésors cachés. C’est ici que le grand-père de l’écrivain Jean-Marie G. Le Clézio chercha pendant vingt-cinq ans, sans succès, celui du pirate La Buse. Les maisons créoles A l’époque de Mahé de La Bourdonnais, les architectes étaient plutôt rares dans les îles. Aussi, ce sont les charpentiers de marine qui ont été chargés de construire les maisons. Ils ont utilisé les bois de l’île, jouant avec les plus précieux pour composer de très beaux planchers. Les plans étaient assez simples, avec un rez-de-chaussée et un étage dont la ventilation était assurée par des chiensassis. Une porte sur chacune des façades et une batterie de fenêtres ouvraient en rezde-chaussée sur une terrasse couverte tournant autour de la maison, la varangue. Des lattes de bois couvraient le toit, qu’on bordait d’une frise de bois. nPetit tour des villages A Citronelle (à 2 km de Port-Mathurin), on verra la Maison des éleveurs et la Maison du miel, deux coopératives. Au-dessus de Mont-Lubin (à 3 km de PortMathurin, au centre de l’île, direction Pointe Coton), on a un beau point de vue sur l’île depuis le mont Limon, le plus haut sommet de Rodrigues (398 mètres). A Saint-Gabriel (à 5 km de Port-Mathurin), l’imposante église du Sacré-Cœur se remarque, avec sa façade de corail. A Port Sud-Est (à 6 km de Port-Mathurin), on suivra le spectacle des piqueuses d’ourites : coiffées de superbes chapeaux, elles pêchent les poulpes avec de longs harpons. 83 Ile Maurice France et Rodrigues, même combat Plage du Trou d’Argent : la nature dans toute sa virginité… nRandonnées Pointe d’Argent A une quinzaine de kilomètres de Port-Mathurin, sur la côte est de l’île. Prendre le bus jusqu’à Pointe Coton (10 km environ de Port-Mathurin au nord de l’île) et suivre ensuite la côte vers le sud. La promenade est jolie et conduit à d’agréables criques de sable bordées de falaises, de corail blanc : Anse Fumier, Anse Ali, baie de l’Est, jusqu’à Trou d’Argent (1 h de marche), où nagent des poissons-perroquets. La Caverne Patate Vers Pointe Caverne, près du lieu-dit Butte l’Herbe. A 10 km environ de PortMathurin, par la route des Crêtes, Quatre Vents et La Fourche Corail. Visites à 9 h, 11 h, 13 h et 14 h. Entrée payante (billet à prendre au Bureau de l’administration à Port-Mathurin). Une grotte ornée d’étranges sécrétions en forme de lion et de dragon. nL’île des deux-Cocos Au sud-ouest de Rodrigues, à une demi-heure de bateau depuis Pointe Lascars. Une petite île couramment proposée en excursion à la journée dans les hôtels. Idéale pour observer les oiseaux (la mouette blanche, la frégate, le fou et bien d’autres), pêcher les z’ourites (poulpes) et se baigner dans des eaux peu profondes. nL’île aux Crabes 30 min de bateau depuis Pointe Corail. Un minuscule îlot, idéal pour la pêche et la baignade en toute quiétude. 84 Carnet d’adresses La Réunion 86 ■ Ile Maurice 89 Saint-Denis n Restaurants Le Labourdonnais, LK LK LK LK Le First 8, av. de la Victoire, tél. : 02 62 41 68 25. L’un des night-clubs les plus courus de Saint-Denis. 14, rue Amiral-Lacaze, tél. : 02 62 21 44 26. Cuisine gastronomique métropolitaine. Membre de l’association « Saveurs et Senteurs de la Réunion » regroupant des cuisiniers de métier. Le Loft 20, rue Labourdonnais, tél. : 02 62 51 55 48. Une boîte sympa et très animée où l’on fait la fête jusque « grand matin » comme on dit en Créole. Le Reflet des Iles, LK LK LK 27, rue de l’Est, tél. : 02 62 21 73 82. L’une des meilleures adresses de Saint-Denis pour la cuisine créole. De nombreuses spécialités de caris sont à la carte. Il est prudent de réserver. n Shopping n Restaurant dans les Hauts de Saint-Denis Grand Marché 2, rue du Maréchal-Leclerc, tél. : 02 62 21 09 02. Le plus grand choix d’artisanat de l’océan Indien, principalement réunionnais et malgache. Boutique artisanale de l’association Lacaze, Place SardaGarrigua, tél. : 02 62 21 55 47. Le Saint-Bernard, LK LK Ancienne Léproserie de Saint-Bernard, Artisanat réunionnais traditionnel. 15e km, route de la Montagne, Galerie artisanale tél. : 02 62 23 62 90. Un peu loin du centre-ville, ce res- Centre commercial Carrefour, Saintetaurant propose des plats créoles Clotilde, tél. : 02 62 29 56 66. traditionnels savoureux. Incontour- Splendide boutique présentant une nable pour ses punchs maison, la sélection d’artisanat de qualité et des objets d’art réunionnais. La plus grande variété de l’île. meilleure adresse pour trouver le bon souvenir. n Sortir Consulter les pages agenda du Quotidien et du Journal de l’île, ou pro- Saint-Paul curez-vous l’excellent Kwélafé, un n Restaurant fanzine distribué gratuitement dans L’Auberge Gourmande, LK LK les bars et hôtels de toute l’île. Elles 120, chemin Crescence, annoncent les kabar, les fêtes tra- tél. : 02 62 32 78 20. ditionnelles, les concerts et autres Une ferme-auberge créole offrant spectacles. une cuisine savoureuse dans un cadre convivial. Palaxa Espace Jeumon, 23, rue Léopold-Ramn Shopping baud, tél. : 02 62 20 41 10. Cette ancienne fabrique transfor- Boutique Couleur café, mée en salle de concert offre le plus Marché couvert, tél. : 02 62 22 68 30. souvent des spectacles de musique Grand choix d’artisanat local : paniers, chapeaux, nattes… traditionnelle. 86 Saint-Gilles-les-Bains n Restaurants L’Orangine, LK LK LK LK Discothèque des Roches Noires 151, rue du Général-de-Gaulle, tél. : 02 62 24 53 85. 100 % musique créole et ambiance Restaurant à la carte de l’hôtel Les garantie. Villas du Lagon, 28 rue du Lagon, Le Coco Beach l’Hermitage, tél. : 02 62 70 00 00. Une table de qualité qui mêle les Bd Leconte de Lisle, L’Hermitage, saveurs créoles et la gastronomie tél. : 02 62 33 81 43. française, accompagnées d’une cave Fameux bar branché situé dans un jardin tropical en bordure de lagon, des plus recherchées. Sans parler célèbre pour ses soirées salsa. du cadre idyllique d’une magnifique varangue créole bordée d’une Le Jungle Village somptueuse piscine. 131, avenue du Général-de-Gaulle, tél. : 02 62 33 21 93. La Marmite, LK LK LK Immanquable avec sa décoration 34, bd Leconte-de-Lisle, l’Hermitage, kitch et tape-à-l’oeil, son bar-aquatél. : 02 62 33 31 37. rium et sa musique, assourdissante L’adresse incontournable de Saint- certains soirs. Gilles-les-Bains pour une cuisine créole à la fois traditionnelle et Théâtre de plein air savoureuse. Un conseil : il vaut Route du Théâtre, tél. : 02 62 24 47 71. mieux jeûner le midi pour profi- Coup de cœur (surtout le petit ter pleinement et à volonté de la théâtre) pour écouter des concerts de quinzaine de caris et de rougails grande qualité. De la plage, levez les qui mijotent dans des marmites en yeux vers la falaise et vous découvrirez le nom de l’artiste qui se produit fonte posées sur des feux de bois. dans la semaine, façon Hollywood ! Native, LK LK Place du Marché, tél. : 02 62 33 19 34. Le Loft 1, rue Iles Eparses, tél. : 02 62 24 81 06. Fermé le mardi. Spécialités de poissons dans un La boîte zoreille, par excellence. Musique branchée, déco soignée, décor sympathique. Ambiance « ze place to be » ! jeune. Le P’Tit Zinc, LK LK 58, rue du Général-de-Gaulle, tél. : 02 62. 24 07 50. Une bonne petite adresse pour découvrir une cuisine créole traditionnelle, savoureuse et bon marché. n Sortir Le César Palace 71, avenue de Bourbon, tél. : 02 62 33 00 11. Ouvert vendredi et samedi. C’est LA grande discothèque branchée de Saint-Gilles. n Shopping Village artisanal de l’Eperon Rue Leconte-de-Lisle, village de l’Eperon, tél. : 02 62 22 73 01. Fermé le dimanche et le lundi. Expositon-vente d’artisanat local : poteries, céramiques, tissages en fibres de coco, peintures… Les Ateliers Réunis Boutique de l’hôtel Les Villas du Lagon, 28 rue du Lagon, l’Hermitage, tél. : 02 62 33 97 34. Un bon choix d’artisanat de qualité et de paréos. 87 Carnet d’adresses La Réunion n Sortir L’Appolo Night 15, route du Père-Maître, tél. : 02 62 49 55 01. Tout simplement la plus grande discothèque de l’île. 1, ruelle de la Rivière, tél. : 02 62 34 88 75. Une cuisine créole exceptionnelle dans un cadre agréable et raffiné… Le Chapiteau mais service un peu long. Ravine des Caffres, Montvert-les-Bas, tél. : 02 62 31 00 81. La Rondavelle, LK LK Une discothèque qui fait les belles Front de mer de Saint-Leu. nuits de Saint-Pierre. C’est le rendez-vous incontournable du dimanche soir. Sous ce kiosque, Saint-Joseph sur le front de mer, les places sont prises d’assaut pour siroter une Dodo n Restaurants glacée en écoutant un concert sympa. La Case, LK LK LK 31, rue Leconte-de-Lisle, L’Etang-Salé tél. : 02 62 56 41 66. Fermé le dimanche et le lundi soir. n Restaurant Une des meilleures tables de l’île Chez madame dans le cadre d’une belle maison Sergine Hoareau, LK LK créole. Cuisine recherchée. 231, route du Maniron, l’Etang-Saléles-Hauts, tél. : 02 62 26 41 07. La Castelière, LK LK LK Une table d’hôte dont la réputation 130, chemin Passerelle Langevin, n’est plus à faire, et notamment tél. : 02 62 56 02 94. célèbre pour son cari de poulet aux Une adresse typique pour une cuibrèdes ou ses roulés de viande à la sine traditionnelle. banane verte. Saint-Pierre n Restaurants L’Alizé Plage, LK LK LK Boulevard Hubert-de-Lisle, tél. : 02 62 35 22 21. Une cuisine métissée aux senteurs et aux saveurs de la Réunion. La meilleure adresse du centre-ville. Saint-Philippe n Restaurants Le Cap Méchant, LK LK RN 2, Basse-Vallée, tél. : 02 62 37 00 61. Une bonne table créole dans un cadre sauvage de falaises noires balayées par les embruns des souffleurs. La Marmite du Pêcheur, LK LK RN 2, ravine Ango, tél. : 02 62 37 04 60. Des saveurs créoles tout droit sorties de l’océan Indien. Le Pétrel de Barau, LK LK LK 16, rue Archambaud, tél. : 02 62 35 33 75. Cuisine créole venue de l’océan et des Saint-André Hauts. Une adresse bien sympathique. Chez Gros Louis, LK LK 4, rue François-Isutier, tél. : 02 62 25 66 77. Si le décor est sans charme, la cuisine créole y est savoureuse. 88 n Restaurants Le Beau Rivage, LK LK LK Vieille Eglise, Champs-Borne, tél. : 02 62 48 08 66. Spécialité de cuisine au massalé, notamment un fameux cabri massalé. Plaine des Palmistes n Restaurant La Ferme du Pommeau, LK LK LK Ile Maurice Indicatif téléphonique 230 10, allée des Pois-de-Senteurs, Port Louis tél. : 02 62 51 40 70. Un restaurateur de France au cœur des n Restaurants La Bonne Marmite, LK LK LK plaines servant une cuisine raffinée. 18 Sir William Newton Street, Plaine des Cafres tél. : 212 2403. Son décor créole et ses saveurs exon Restaurants tiques (Mascareignes, Inde, Chine) Le Vieux Bardeau, LK LK LK en font une valeur sûre de la gastroR. Père Favron, Le Tampon, nomie port-louisienne. tél. : 02 62 57 35 12. Excellente table à la cuisine métissée. La Rose des Vents, LK LK LK La Bourdonnais Waterfront Hotel, La Ferme tél. : 202 4000. du Pêcher Gourmand, LK LK Dans un cadre élégant, une cuie 25 km, RN 3, tél. : 02 62 59 29 79. sine recherchée d’inspiration euroUne table savoureuse située dans péenne, que ponctuent quelques une ferme-auberge typique de cette touches créoles. région paysanne de la Réunion. Carri Poulé, LK LK LK Cilaos Duke of Edinburgh Avenue, place d’Armes, tél. : 212 4883. n Restaurant Parfumée de safran, de curcuma, Le Vieux Cep, LK LK LK de cardamome, de cumin, la cui2, rue des Trois-Mares, sine indienne donne ici le meilleur tél. : 02 62 31 84 03. d’elle-même. Ne pas manquer le Savoureuses recettes maison parmi biryani, à base de riz sauté avec des lesquelles le spetit-salé aux lentilles, épices, de viande ou de poisson. arrosé d’un bon cru de Cilaos. Le Courtyard, LK LK n Shopping Coin de Chevreau Street et St-Louis Artisanat Local Street, tél. : 210 0810. 51, rue du Père-Boileau, Une nouvelle adresse avec un décor tél. : 02 62 31 72 68. élégant et une jolie cour loin du Une sélection d ’artisanat sans bruit. Sa cuisine raffinée remet au oublier les célèbres broderies. goût du jour les recettes locales. Lai Min, LK LK 56-58 Royale Street, tél. : 242 0042. Dépaysante, cette table surfe sur les Le Relais des Cimes, LK LK LK préparations à base de porc, de bœuf, Restaurant de l’hôtel le Relais des de crevette et de poisson, qu’accomCimes, rue du Général-de-Gaulle, modent les sauces de soja, d’huître, Hell-Bourg, tél. : 02 62 47 81 58. de gingembre et de citronnelle. Une grande table en plein cœur des cirques qui permet de découvrir La Flore Mauricienne, LK LK une cuisine créole ancestrale. 10, Intendance Street, tél. : 212 2200. Salazie n Restaurant 89 Carnet d’adresses Saint-Leu n Restaurants Saveurs du Monde, LK LK LK n Sortir Latitude 20° La Bourdonnais Waterfront Hotel, tél. : 202 4000. Discothèque dans un endroit élégant et bien fréquenté qui domine le port. Historic Marine ZI Saint-Antoine, Goodlands, tél. : 283 9304. L’un des grands centres de fabrication de maquettes de bateaux. Curepipe n Restaurants La Clé des Champs, LK LK LK LK Floréal, tél. : 686 3458. Dans un environnement frais et Secrets Discothèque cosy, la « nouvelle cuisine » mauriPort Louis Waterfront, tél. : 210 3833. cienne à son sommet. Le rendez-vous préféré de la jeuLa Nouvelle Potinière, LK LK LK nesse locale pour aller danser. Hillcrest Building, Sir Winston ChurCaudan Waterfront chill Street, tél. : 676 2648. Port Louis Waterfront, tél. : 210 3053. A la rencontre des spécialités franCasino classique et élégant. çaises et créoles, l’adresse ne déçoit jamais. L’Amicale Quartier chinois, tél. : 242 3335. LK LK Cercle de jeux chinois très dépay- Le Gaulois, Rue du Docteur Ferrière, sant, où cartes et dés tiennent le tél. : 675 5674. haut du tapis. Simple et amical, ce restaurant offre une bonne cuisine locale à des prix n Shopping Les principales boutiques sont ins- très raisonnables. tallées dans les centres commerciaux Caudan Waterfront, Happy n Sortir World Centre et Paille-en-Queue Casino de Maurice Court : prêt-à-porter, maquettes Victoria Avenue, tél. : 675 5012. de bateaux, librairies, cadeaux, Fréquenté par la clientèle locale. etc. Quelques échoppes artisanales au marché (place d’Armes) et Sir n Shopping William Newton Street. Deux centres commerciaux sont à prospecter en priorité : Manhattan Mizumoto 12 Belmont House, Intendance Street, Shopping Center et Floréal Square. Au centre-ville, nombreuses boutél. : 212 8339. Pour les amateurs de perles de culture. tiques sous les arcades. Beauté de Chine Arc-en-Ciel Sir William Newton Street, tél. : 212 1573. Arcades Currimjee, tél. : 676 3270. Artisanat et souvenirs. Artisanat et souvenirs. Caunhye Bijoux 61 Lord Kitchener Street, tél. : 212 1891. Une attrayante bijouterie hors taxes. 90 Adamas Diamond Boutique Floréal, tél. : 686 5783. Très intéressant pour ses pierres précieuses hors taxes. House of Caustat Chasteauneuf Street, tél. : 676 11 95. Plus célèbre parmi les touristes que parmi les Mauriciens, c’est, depuis longtemps, un des meilleurs tailleurs pour hommes de toute l’île. Trou aux Biches n Restaurants Le Pescatore, LK LK LK LK pas manquer les spécialités de crustacés et de poissons à la vapeur. Don Camillo, LK LK Route côtière, tél. : 263 8540. Du risotto à l’osso buco et au carpaccio, son équipe a acquis une parfaite maîtrise de la cuisine populaire italienne. Charette, LK LK Royal Road, tél. : 263 8976. Au centre de la station, son cœur Royal Road, tél. : 265 6337. En totale communion avec l’océan, balance entre spécialités indiennes par sa situation comme par ses et mets européens. Le tout préparé spécialités recherchées. Une des avec beaucoup de soins. adresses de l’île Maurice qui méritent Aux Quatre Epices, LK LK vraiment le qualificatif de « gastro- Route Royale, tél. : 263 8463. nomiques ». Il bénéficie d’un cadre Ce restaurant séduit avec une cuiromantique néocolonial et d’une jolie sine mauricienne authentique. véranda ouvrant sur l’océan. Sunset Café, LK LK Cocoteraie, LK LK Sunset Boulevard, tél. : 263 9602. Royal Road, tél. : 265 5694. Face à la mer, une adresse déconC’est l’honnêteté même. Entre une tractée, avec des salades, des hot cuisine mauricienne copieuse et dogs, des jus de fruits et de légumes. une addition très raisonnable, ses Service continu toute la journée. atouts sont incontestables. n Sortir Royal Road Le casino de Trou aux Biches, situé sur Royal Road et ouvert jusqu’à 4 h du matin, est un des plus fréquentés de l’île. Grand Baie n Restaurants Le Capitaine, LK LK LK n Sortir La vie nocturne se concentre dans les nombreux hôtels et les trois discothèques du centre de la station : Star Dance (tél. : 263 9188), Kapu Kaï (tél. : 269 1400) et Alchemy Discotheque (tél. : 425 6401). Ouverts tard le soir, des bars comme le Café de la Plage (tél. : 263 7041), le Zanzibar (tél. : 263 8540) ou le Banana Café (tél. : 263 8768), proches du bord de mer, accueillent une clientèle jeune, mauricienne et touristique. Royal Road, tél. : 263 6867. Cette séduisante adresse ne se contente pas de toiser l’océan. Elle en extrait les meilleurs produits, n Shopping poissons mais aussi langoustes. A Grand Baie, surtout sur Royal Palais de Chine, LK LK LK Road, les boutiques de prêt-à-porter Royal Road, tél. : 263 7120. se livrent à une concurrence féroce. Une des tables les plus séduisantes On y trouve des griffes célèbres, de l’île, qui propose une cuisine comme Ralph Lauren, Hugo Boss cantonaise et sichuanaise confec- ou Chipie, qui sortent des ateliers tionnée dans les règles de l’art. Ne mauriciens et dont les prix sont très 91 Carnet d’adresses Il compte parmi les plus anciens restaurants de toute l’île. Fidèle aux spécialités locales, il vaut d’abord pour ses plats de poisson. les senteurs des marmites d’autrefois. Le Panoramour, LK LK LK Anse Jonchée, tél. : 634 5097. Empereur, LK LK A 250 m d’altitude, il vaut autant Route côtière, tél. : 415 1254. Toute simple, toute bonne, une pour sa vue sur l’océan que pour halte avec terrasse où sont servis ses spécialités locales. des plats asiatiques et créoles. Dragon de Chine, LK LK Le Café des Arts, LK LK Trou d’Eau Douce, tél. : 480 0220. Témoin de l’âge d’or du sucre, ce bâtiment industriel a été transformé en restaurant. Il sert une cuisine raffinée et expose des peintures contemporaines. Rue Flamand, tél. : 631 0698. Face au marché, le type même du bistrot mauricien sans façon, qui sert une cuisine familiale d’inspiration locale et européenne. Parfait pour un repas rapide dans l’ambiance du pays. Mahébourg n Restaurants Jardin créole, LK LK LK n Sortir Pointe d’Esny, Blue Bay, tél. : 631 5801. Pas du tout du genre folklorique, cette maison élégante affectionne les tons neutres et les meubles sobres. Un bon goût qu’on retrouve sur la table, avec des spécialités à la fois créoles et françaises préparées avec doigté. Un point de chute gastronomique à ne pas manquer. Café créole Pointe d’Esny, Blue Bay, tél. : 631 5801. C’est le bar du Jardin créole (voir plus haut), lui aussi raffiné et feutré. n Shopping Les rues en damier de Mahébourg, souvent très commerçantes, permettent des achats couleur locale, des épices aux étoffes indiennes. Chaque matin, le marché de la rue Flamand vaut surtout pour ses articles de vannerie. Le lundi, au Domaine du Chasseur, LK LK LK nord de la ville, un autre marché Anse Jonchée, tél. : 634 5097. En pleine forêt, loin de tout, il propose des kilomètres de tissus domine terre et mer, offrant une vue (marchandage de rigueur). Il faut 92 également flâner au National Handicraft Promotion Agency Craft Shop, qui expose de nombreux objets artisanaux. Morne Brabant n Restaurants Encore une bonne petite adresse mauricienne, très fréquentée par les autochtones et qui mêle habilement toutes les cuisines présentes sur l’île. n Shopping Domino Seafood Restaurant, LK LK LK Morne Brabant, tél. : 483 6675. Une table à ne pas manquer, pour profiter de la vue qu’elle offre sur l’île des Bénitiers, autant que pour savourer ses mets très variés, aux couleurs de l’île. Métisse Boutik Route Royale, Flic en Flac, tél. : 453 9221. Pour ses vêtements très tendance. Chamarel, LK LK Chamarel, tél. : 483 6421. Le point de vue sur le Morne Brabant vaudrait, à lui seul, le déplacement. L’honnête cuisine traditionnelle ne déçoit pas. n Restaurants Rodrigues Indicatif téléphonique 831 Restaurant du Quai, LK LK Fisherman Lane, Port Mathurin, tél. : 2840. L’adresse de Rodrigues à découvrir. Elle se cache en bord de mer, derrière une façade modeste. Sa déliSirokan, LK LK cieuse cuisine créole, la gentillesse La Gaulette, tél. : 483 5115. de son accueil et de son service, A l’entrée du village, une petite sa clientèle presque exclusivement table locale restée fidèle à l’esprit locale, en font un lieu authentique bon enfant de l’île. et très dépaysant. Tamarin n Restaurants Pavillon de Jade, LK LK John’s Resto, LK LK Mangue, tél. : 6306. Un gentil restaurant d’inspiration Royal Road, Rivière Noire, tél. : 419 chinoise, avec terrasse. Le soir, il n’est ouvert que sur réservation. 2769. Une cuisine chinoise authentique, servie avec beaucoup de générosité et qu’on déguste dans un cadre plus vrai qu’à Hongkong. Cabanon créole, LK LK Route Royale, La Preneuse, tél. : 483 5783. La petite table locale dont on rêve, toute de gentillesse et de simplicité, dont les spécialités mauriciennes ont le goût de l’authentique et de l’amour du travail bien fait. Le Tropical, LK LK Grande Montagne, tél. : 5860. Une table et maison d’hôtes où Jeannette prépare d’une main sûre le vindaye d’ourite, le carré de porc et le gâteau au manioc. n Sortir La vie nocturne rodriguaise se limite aux animations des quelques hôtels. L’île possède pourtant deux boîtes discos, à voir par curiosité : l’Ebony Night Club de Port MathuChez Joé, Le Bois noir, LK LK rin (tél. : 1640) et l’Hermitage Disco Nénuphar, Flic en Flac, tél. : 453 8820. Club de Mont Lubin (tél. : 4641). 93 Carnet d’adresses intéressants. Grand choix chez FBI, unique sur le lagon. Dans une atmosoù le marchandage est de rigueur. phère apaisante, on déguste d’excellentes préparations de gibier, à base Papyrus de cerf et de sanglier, le tout arrosé Royal Road. de vins sud-africains soigneusement Le grand rendez-vous du lecteur en sélectionnés. Une expérience gourvacances, pour les journaux et les mande à ne pas manquer. magazines comme pour les livres. Phare, LK LK LK Belle Mare Rue Shivananda, tél. : 631 9728. Sans doute la meilleure adresse de n Restaurants Mahébourg, bien tenue et qui fait Chez Manuel, LK LK face à la mer. Quelques plats euroSaint Julien, tél. : 418 3599. Une adresse complice, restée fidèle à la péens. On s’intéressera surtout aux gentillesse proverbiale de l’île comme spécialités mauriciennes, confecà sa cuisine, qui exhale les saveurs et tionnées dans les règles de l’art. B A LA REUNION let s Cirque de Mafate Boucan-Canot Saint-Gilles-les-Bains Grand-Ilet CÔ Salazie TE EN Curepipe è re Tamarin Riv i U S Souillac s 94 Plaisance ille gu 6 An Bel Ombre ILE AUX CERFS ILE AUX FOUQUETS ILE DE LA PASSE ILE AUX AIGRETTES 0 5 km Riambel Saint-Joseph 0 10 km Tableau des distances kilométriques 5 Mahébourg es Manapanyles-Bains Morne-Brabant Saint-Philippe Trou-d’Eau-Douce Vieux Grand Port Bois Chéri ed T Saint-Pierre Grand-Bassin Grande Rivière Noire 744 m Chamarel 2 366 m Piton de la Fournaise Poste de Flacq Mare-aux-Vacoas Mare Longue ièr Pierrefonds Le Tampon E AUX NITIERS rt pa m Re Quatre-Sœurs Riv LE V Piton du Milieu Flic-en-Flac Quatre Bornes T SO 4 La Rose Hill Ferme ine s Pla Cafre des e Sainte-Rose e d s Plain tes is s Palm aine de Bourg- Pl les Bois-Blanc Sab Murat Pas de Bellecombe Entre-Deux Saint-Louis E N L'Etang-Salé Saint-Benoît U Cilaos TE Les Avirons A u ed èr Port Louis Domaine Moka des Pailles ins sou V CÔ Saint-Leu 2 896 m OCÉAN INDIEN LE 3 069 m Grand-Bénare Les Trois-Bassins Piton des Neiges 3 La Saline-les-Bains Grand’Baie Trou-auxBiches Poudre d'Or Triolet vi Ri Bras-Panon Hell-Bourg L'Hermitage-les-Bains ILE D'AMBRE Canonniers 0 à 200 mètres 200 à 500 mètres 500 à 1000 mètres st Ga Mar Saint-Paul ux D Pamplemousses Saint-André u Mât re d viè Rivière des Remparts ea C COIN-DE-MIRE MAURICE Pointe aux Cap Malheureux de l'E Le Brûlé ièr B Sainte-Suzanne Sainte-Marie Le Port La Possession Riv 0 à 200 mètres 200 à 500 mètres 500 à 1 000 mètres 1 000 à 2 000 mètres Supérieur à 2 000 mètres Rivi ère de s Saint-Denis Pointe des Galets 2 A Roland-Garros Ri 1 C Saint-Denis Saint-Gilles Saint-Pierre Aéroport Cilaos Plaine des Cafres 50 90 14 115 132 55 64 75 82 55 104 45 42 64 104 129 154 75 45 129 62 82 42 154 62 - 99 59 171 104 17 100 70 164 102 18 100 100 41 135 73 88 38 90 86 73 Plaine des Palmistes Volcan Hell-Bourg Saint-Philippe 149 150 55 128 99 100 100 88 59 70 100 38 171 164 41 90 104 102 135 86 17 18 73 73 35 60 99 35 135 101 60 135 138 99 101 138 - Grand Baie Pointe Coton Port-Mathurin Pointe du Diable Citronnelle Saint-Gabriel Trou d'Argent Mont Cabris Quatre-Vents La Ferme Plaine Port Sud-Est Mapou 0 5 km Anse aux Anglais es s ist fre lm a a pe C P s is re g ilip es es er rt ille en ur n -Ph -Pi -G -D s e d ine d po Bo t t t t a o n o l c i n n n n r l l a i i i i Cil Aé Pla Sa He Vo Sa Pla Sa Sa 50 90 14 115 132 149 150 55 128 AUX COS Plaine Corail Caverne Patate ILE CRABE RODRIGUES ILE GOMBRANI ILE AU CHAT 95 Index (A1) localisation sur la carte du pays La Réunion Boucan-Canot 43 (A2) Bras-Panon 53 (C2) Coopérative de Vanille de Bras-Panon 53 Cilaos 58 (B3) Etablissement thermal Irénée-Accot 58 Maison de la broderie 59 Maison du Tourisme 59 Conservatoire botanique de Mascarin 46 Côte au Vent 53 Côte sous le Vent 42 Côte sud 48 L’Etang-Salé 47 (A4) L’Etang-Salé-les-Hauts 47 Entre-Deux 48 (B4) Ilets 61 Le Grand Brûlé 51 Le Tampon 56 (B4) Mafate (cirque) 60 Maison du volcan 56 Muséum agricole et industriel Stella-Matutina 46 Observatoire astronomique des Makes 48 Piton de la Fournaise 57 (C4) Piton des Neiges 56 (B3) Piton du Maïdo 44 Plaine des Cafres 56 (B3) Plaine des Grègues 50 Plaine des Palmistes 56 (B3) Relais du Maïdo ou Parc de la luge 45 Saint-André 54 (C2) Musée Dan’Tan Lontan 54 Temples tamouls 54 Saint-Benoît 53 (C3) Saint-Denis 38 (B2) Artothèque 40 Jardin de l’Etat 42 Maisons créoles 40 Musée Léon-Dierx 40 Muséum d’histoire naturelle 42 Place de la Victoire 39 Rue de Paris 39 Saint-Gilles-les-Bains 43 (A3) Aquarium de la Réunion 44 Jardin d’Eden 44 Saint-Gilles-les-Hauts 44 Musée historique de Villèle 44 Saint-Joseph 49 (B4) Labyrinthe en Champ Thé 49 Maison du curcuma 50 Saint-Leu 45 (A3) Chapelle miraculeuse de Notre-Damede-la-Salette 46 Jardin naturel 45 Kélonia 46 Saint-Louis 47 (B4) Usine sucrière du Gol 47 Saint-Paul 43 (A2) Saint-Philippe 50 (C4) Jardin des Épices et des Parfums 50 Saint-Pierre 48 (B4) Sainte-Anne 53 Sainte-Rose 52 (C3) Bananaland 53 Piton-Sainte-Rose 52 Sainte-Suzanne 55 (B2) Domaine du Grand-Hazier 55 Salazie 59 (B2) 54 Takamaka (Chutes de) Trou du Souffleur 46 96 Ile Maurice Baie du Tombeau 70 Beau-Bassin 76 Casela Bird Park 76 Chamarel 78 (A5) Château du Réduit 69 Curepipe 76 (B4) Jardin botanique sir Seewoosagur Ramgoolam 77 Domaine des Pailles 68 (B3) Flic-en-Flac 75 (A4) Grand’Baie et les plages 70 Grand-Bassin 79 Jardin de Balfour 76 Jardin de Pamplemousses 71 La Vanille, réserve des Mascareignes 80 Le Souffleur 80 Le Trou-aux-Cerfs 77 Mahébourg 72 (D5) Domaine de Ylang-Ylang 73 Domaine du Chasseur 74 Musée national d’histoire mauricien 72 Trou-d’Eau-Douce 74 Usine de thé de Bois Chéri 74 Vieux Grand Port 73 Maison Euréka 69 Mont-Choisy 71 Morne-Brabant 80 (A5) Musée Robert-Edward-Hart 80 Plaine de Champagne 79 Pointe d’Argent 84 Port-Louis 63 (B3) Champ de Mars 67 Musée d’Histoire naturelle 66 Place d’Armes 66 Rivière-Noire 77 Rochester Falls 80 Rodrigues 81 Anse-aux-Anglais 83 Caverne Patate 84 (B8) Ile aux Crabes 84 (A8) Ile des deux-Cocos 84 (A7) Port-Mathurin 83 (B6) Rose Hill 76 Route du paradis 69 Souillac 79 (B6) Tamarin 77 (A4) Temple de Triolet 72 (C2) Tombe du Père Laval 68 Tour Martello 78 Trou-aux-Biches 71 (C2) Terres de Couleurs 78