L`industrie des soins du sabot a fait plus de progrès ces dix

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L`industrie des soins du sabot a fait plus de progrès ces dix
Article publié en Anglais dans The Horse Hoof, numéro 40, novembre 2010 ( http://www.thehorseshoof.com ) et
disponible aussi sur le site de Pete Ramey ( http://www.hoofrehab.com ).
L'industrie des soins du sabot a fait plus de progrès ces dix dernières années que durant le siècle
dernier voire même le dernier millénaire. Une affirmation forte, mais que je pense être vraie. Je
pense fortement aussi que les chevaux peuvent remercier les praticiens du parage naturel
(directement ou indirectement) pour presque tous ces rapides changements.
Les changements les plus spectaculaires concernent le domaine de la fourbure : il est devenu
subitement très rare d'entendre un vétérinaire, ou un maréchal ferrant, conseiller de remonter les
talons d'un cheval fourbu. De sorte que l'on n'entends plus dire « une rotation de dix degrés est un
seuil de non retour »… Vous vous en rappelez ? C'était il n'y a pas si longtemps non ? La gestion de
l'alimentation et de l'environnement des chevaux fourbus est devenue la norme. L'exercice pour les
chevaux fourbus est devenu normal. Vous rappelez-vous lorsque « replacer P3 ayant subi une
rotation sur un plan normal par rapport au sol et ensuite développer un pied sain autour de la
position correcte de la phalange » était une idée radicale ? J'ai failli être lapidé pour ça, c'est
maintenant considéré comme une évidence. Presque tous les fabricants d'aliments offrent désormais
une alimentation « pauvre en amidon » (ou tout au moins le prétendent sur l'emballage). Presque
tous les vétérinaires empêchent l'accès à l'herbe pour les chevaux fourbus, de moins en moins
terminent enfermés dans un box. Presque tout le monde semble être conscient de la présence de
sucres dans l'herbe et de plus en plus de professionnels identifient les signes précurseurs de la
fourbure avant que cela ne soit trop tard. Un support axial est fourni, les tissus enflammés sont
soulagés de la charge. Il ne reste plus grand monde, voire personne, pensant encore que la
fourchette peut ou devrait soutenir P3. Des plaques en plastique ou en mousse sont collées ou
placées sous les pieds fourbus par les maréchaux et vétérinaires un peu partout et ils réussissent à
développer des parois saines.
De même, le vétérinaire ou maréchal moyen voit le syndrome naviculaire d'une toute nouvelle
façon. Il y a des exceptions régionales ou individuelles bien sûr, mais les talons rehaussés pour les
chevaux naviculaires sont tout aussi durs à trouver. Il y a à peine trois ans, c'était encore la norme.
De plus en plus de professionnels conventionnels parlent de prévention et de renforcement des
structures internes du pied. Plus personne ne pense que le syndrome naviculaire est une maladie, et
très peu de vétérinaires le considère désormais comme un verdict fatal. Il y a eu trop de cas
couronnés de succès de naviculaires pieds nus ou équipés d'hipposandales.
Les chercheurs vétérinaires étudient désormais les chevaux féraux, l'effet de l'alimentation sur les
sabots, les analyses de fourrage, l'usage du pieds nus dans la rééducation des chevaux fourbus, les
différents systèmes de répartition des charges des chevaux fourbus, le développement interne du
pied des chevaux vivants, les mouvements sur différentes surfaces, la relation des lacunes latérales
avec la structure interne du pied et la réhabilitation à long terme des chevaux naviculaires. La
plupart des maréchaux sont plutôt contents de proposer en option un parage pieds nus. Il semble
qu'il y a seulement trois ou quatre ans la plupart des maréchaux s'énervaient dès qu'ils entendaient
parler d'un cheval pieds nus. On voit de plus en plus des chevaux pieds nus et portant des
hipposandales dans les compétitions, et ils se débrouillent plutôt bien. Tout ceci est très bien pour
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les chevaux et a été alimenté par l'influence du Parage Naturel. La plupart de nos idées radicales
sont désormais communes.
Qu'en est-il du « Pareur Pieds Nus »? Certains ne seront pas d'accord mais je pense qu'il y a dix ans
les pareurs pieds nus devaient se contenter du marché des fourbus chroniques. Il y a dix ans je pense
aussi que nous étions le seul espoir pour la plupart des chevaux naviculaires. Long en pince, talons
fuyants, talons serrés, soles fines, fourchettes fragiles, seimes, corne cassante, maladie de la ligne
blanche... Tout ceci traité efficacement par des changements de régime alimentaire,
d'environnement et un parage pieds nus régulier. Mais les maréchaux ont étudié notre travail,
analysé nos cas d'études et matériaux pédagogiques et nombre d'entre eux sont désormais capables
de faire ce que nous faisons.
Donc, qu'est-ce que le futur réserve aux praticiens du parage naturel ? Je pense que cela dépend de
chaque praticien. Nous avons forgé un nouveau monde du sabot, mais saurons-nous nous adapter ?
Vous savez presque tous ce que je pense des hipposandales, bandes de fibre de verre, semelles et
résines. Pendant des années j'ai répété par monts et par vaux que ce sont des outils que tout pareur
doit avoir en stock, à tout moment sous la main dans leur camion. Il y a de nombreuses exceptions
et particularités, mais tous les chevaux ne peuvent pas être travaillés pieds nus. Toutes les
disciplines équestres ne sont pas sûres pour n'importe quel cheval pieds nus. Parfois à cause du
terrain, parfois à cause de la pathologie, parfois le régime alimentaire ou occasionnellement un
patrimoine génétique sont en cause, cela peut être temporaire, ou non. Est-ce que ces chevaux ont
besoin d'une sole ou d'une fourchette n'entrant pas en contact avec le sol ? Ont-ils besoin de subir
une charge périphérique ? Ont-ils besoin d'être privés d'une flexion verticale de la boite cornée ?
Ont-ils besoin d'être ferrés ? Non, je le pense plus que jamais, mais ils ont besoin d'une chose ! Je
n'ai pas encore vu de situation ou j'ai ressenti que les soins étaient plus efficaces avec un fer, mais je
dois bien dire que j'ai vu de nombreux chevaux qui sont mieux ferrés que pieds nus. Il doit y avoir
un juste milieu entre ces deux extrêmes. Et nous revenons donc à ma maxime surannée : « Le
besoin de protéger le sabot sera nécessaire tant que le cheval est domestiqué, mais la protection du
21ème Siècle sera une hipposandale. » C'est ici, à mon avis, que chaque praticien du pieds nus a le
choix entre disparaître ou non. Les gars et les filles, vous devez avoir une gamme complète
d'hipposandales en stock (ou alors disponible rapidement) et vous devez insister auprès de vos
clients pour qu'ils les utilisent lorsqu'elles sont nécessaires. Ceci pour le bien-être du cheval et la
survie de notre métier.
Je suis de tout cœur du côté des Praticiens du Parage Naturel, je veux que vous réussissiez. Mais ces
derniers mois j'ai fait venir trois chevaux naviculaires différents et un cheval fourbu dans des
écuries pas loin de chez moi. Les quatre étaient déjà pieds nus et étaient bien parés et ce
régulièrement. Deux de ces chevaux avaient déjà des hipposandales. J'ai pour l'un d'entre eux
rajouté des semelles à l'équation, pour l'autre j'ai recommandé de parer de façon plus rapprochée.
Ces deux chevaux étaient suivis par des maréchaux traditionnels, et j'étais plutôt satisfait du travail
qui avait été fait et de la protection nécessaire qui avait été fournie. Les problèmes de ces chevaux
étaient causés principalement par leur régime alimentaire. Ces deux visites se sont transformées en
séminaires sur la nutrition.
Les deux autres chevaux sont arrivés pieds nus sans hipposandales. Ils étaient suivis par des
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praticiens du pieds nus professionnels qui n'avaient pas d'hipposandales en stock. Ils avaient indiqué
aux propriétaires des chevaux qu'ils pouvaient commander les hipposandales auprès du fabricant
« s'ils sentaient qu'ils en avaient besoin ». Mais le propriétaire moyen ne sait pas ajuster des
hipposandales, il n'est d'ailleurs pas qualifié non plus pour déterminer les besoins du pied d'un
cheval ! Chaque pareur avait réalisé un très bon parage, les questions alimentaires étaient bien
gérées, mais les deux chevaux souffraient de problèmes dûs à leurs mouvements, les deux posaient
en pince ce qui causait régulièrement des problèmes de sole trop fine, de séparation du podophylle
et du kéraphylle et donc des boiteries constantes. En fin de compte, ces deux clients sont venus me
voir pour que je pose des hipposandales. Cela m'a inquiété et je me suis posé des questions sur le
futur des praticiens du parage naturel.
En réalité, il n'aurait pas été nécessaire d'avoir tout un stock d'hipposandales dans ces cas là. Cela
m'étonnerait que les maréchaux mentionnés précédemment se déplacent avec tout un stock, ils se
sont justes adaptés à la situation à laquelle ils devaient faire face. Si ces deux pareurs avaient eu
avec eux un kit à 100$ de bandages, bandes en fibre de verre, résines et semelles, ils auraient pu
concevoir une solution temporaire dès le premier jour. Puis les hipposandales auraient pu être
commandées et ajustées n'importe quand sous 2-3 semaines. Ce n'est pas une question financière
mais plutôt un manque de compréhension fondamental : la possibilité de se mouvoir correctement
est primordiale pour la bonne santé du pied et sa convalescence.
Je ne pourrai jamais assez le répéter : si un cheval n'est pas à 100% lorsqu'il est pieds nus, il est de
notre responsabilité de faire quelque chose si nous le pouvons. Sinon, je vous promet que le client
ira voir ailleurs et il le devrait. La stimulation et la possibilité de se mouvoir correctement grâce aux
hipposandales équipées de semelles est souvent la meilleure solutions aux problèmes. Si la monte
pieds nus est votre objectif, les hipposandales sont souvent la façon la plus rapide d'y arriver. Un par
un, les maréchaux et les vétérinaires adoptent cette méthode. Maintenant c'est à vous !
Le Maréchal Ferrant du 21ème Siècle
J'ai sans doute la vue trop basse pour prédire les 90 prochaines années donc contentons nous de
parler des 20 prochaines. En compétition plus précisément, vous verrez des chevaux avec des fers
aux pieds, certains avec des fers synthétiques, de nombreux chevaux pieds nus et une quantité sans
précédents de chevaux avec des hipposandales. Cela dépendra de la discipline et des choix faits par
les vainqueurs (cela dépendra aussi de la capacité des fabricants d'hipposandales à enfin proposer
différentes sculptures de semelles performantes pour s'adapter à différents terrains). Les experts de
chaque discipline de soins des pieds seront nécessaires pour s'occuper des chevaux de compétition,
donc les spécialistes dans chaque domaine sont là pour longtemps, autant faire avec.
Cependant, pour le travail de rééducation et pour les soins des sabots généraux d'écuries en écuries,
le changement se produit beaucoup plus rapidement. C'est d'autant plus facile à décrire pour moi car
je le vois déjà se produire. Les outils sont meilleurs et les clients plus informés. Lorsque les choses
se passent mal, les maréchaux et les vétérinaires utilisent ces mêmes outils qu'ils trouvaient
ridicules il y a dix ans. Le praticien moderne devra avoir avec lui une gamme complète
d'hipposandales (si possible différents modèles) et savoir les modifier afin de les adapter à chaque
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pied. Ils sauront comment rajouter des semelles et les façonner pour convenir aux différentes
pathologies et disciplines équestres. Les résines, matériaux pour plâtrer, de quoi prendre un
moulage, un assortiment de plaques, semelles et de bandages devront se trouver en permanence
dans le véhicule du praticien. Tout ces praticiens modernes proposeront le parage pieds nus en
option pour lequel ils seront, espérons-le, expérimentés et compétents. Certains de ces praticiens
proposeront du travail de forge et du ferrage, d'autres non. Certains proposeront la pose de ferrures
synthétiques, d'autres non. Mais en ce qui concerne le travail de rééducation, le fossé entre le monde
du pieds nus et du fer est en train de sérieusement diminuer. Je prédit qu'avec le temps, façonner un
fer ou non ne sera plus la question. D'autres questions plus importantes seront posées par les
vétérinaires et les propriétaires de chevaux : Pouvez-vous préformer des hipposandales qui
fonctionnent bien sur ce cheval ? Avez-vous le savoir et l'expérience pour gérer cette situation ?
Avez-vous les outils pour gérer cette situation ? Etes-vous prêts à poser une semelle et protéger en
post-op ? Avez-vous une solution pour que je puisse monter mon cheval naviculaire ce weekend ?
L'exercice ne serait-il pas bon pour elle ?
Ce que je veux dire avec tout ceci, c'est que je pense qu'au 21ème siècle, deux groupes de praticiens
du sabot vont (et devraient) disparaître. Le premier est celui des « poseurs de fers » qui « n'ont pas
besoins de tous ces trucs fantaisistes ». Il (ou elle) pense que chaque pied doit être ferré, sinon le
pied n'est pas bien soigné. Il pense que la sole et la fourchette ne doivent pas toucher le sol.
Théoriquement il peut ajouter une plaque ou modifier un fer mais dans la pratique il continue à
utiliser les mêmes vieilles techniques pour chaque cheval ou presque. Si cela ne se passe pas bien, il
rejette la faute sur le vétérinaire ou sur le mauvais patrimoine génétique du cheval. Il pare et ferre
comme son grand-père le faisait, et pense que toute cette façon de penser New Age n'est qu'une
lubie passagère et qu'il n'y a rien de nouveau qui vaille la peine de se pencher dessus. Il a tort et
véhicule une mauvaise image, nuisible à tous les maréchaux ferrants.
L'autre professionnel qui va (et devrait) disparaître est à mon avis le pareur qui adopte la même
attitude que le poseur de fers décrit ci-dessus. Il (ou elle) dit qu'il est trop coûteux de stocker une
gamme complète d'hipposandales. Il n'essaye jamais de préformer, ajouter une semelle, caler,
équilibrer, réparer ou modifier une hipposandale qui pose problème. Pour lui les bandes en fibre de
verre sont trop compliquées et les semelles font pourrir le pied. Les résines sont coûteuses et
sèchent trop vite. Il pense qu'il n'a pas besoin de tous ces trucs, les chevaux dont il s'occupe n'en ont
pas besoin. En théorie il est en faveur de l'utilisation des hipposandales par ses clients mais il ne fait
rien pour faciliter leur usage ni n'insiste là-dessus. « Laissez-lui plus de temps... », il pense qu'il
peut remettre en état les chevaux aussi bien que n'importe qui avec simplement sa rénette et sa râpe.
Il a également tort et véhicule une mauvaise image, nuisible à tous les pareurs.
Lorsque ces deux extrêmes auront disparu il sera difficile de faire la différence entre « eux » et
« nous ». Les défenseurs du fer verront de moins en moins d'utilité à l'acier, alors que des
alternatives plus saines continuent de se développer (s'il n'y avait pas eu de réaction contre les
« pareurs » cela se serait déjà produit depuis longtemps et ce de façon plus importante). Je sais que
l'on peut facilement concevoir une hipposandale qui assure une meilleure traction qu'une bande de
métal (ce qui est déjà le cas sur la roche, la terre et le bitume, mais doit sérieusement être développé
pour la boue, l'herbe et les pistes de courses). Lorsque cela se produira, les meilleurs compétiteurs
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dans tous les sports les utiliseront. Les «Pareurs » les adapteront tout comme les « Poseurs de
Fers ». Au 21ème siècle, je crois que la connaissance et la technologie nous réuniront tous.
Je n'aurait jamais osé rêver que les idées de la communauté du pieds nus sur les soins du sabot, le
développement et la rééducation soient aussi largement répandues et ce aussi rapidement, mais, en
tant que groupe, nous n'obtenons pas autant de reconnaissance que cela pour ces changements. J'en
suis venu à croire que cela est dû au nombre de praticiens qui n'ont pas utilisé les hipposandales et
les semelles à leur avantage maximum au fil des ans. Je sais que je parle à une minorité, mais il y a
encore trop de cas de propriétaires abandonnant à mi-parcours et cherchant une protection pour leur
chevaux en cours de soins. Même dans les cas où la protection n'a pas d'effet sur la rééducation, les
propriétaires se sentent rassurés si elle est là, et les vétérinaires aussi. Cela a empêcher de nombreux
vétérinaires à adopter nos principes dans leur ensemble en choisissant plutôt quelques éléments
qu'ils adaptent à leur propre pratique.
Que peut-on y faire ? Apprécier la performance des chevaux pieds nus et ne jamais oublier le
pouvoir de guérison de l'usure naturelle, de la stimulation, du parage pertinent et du temps. Utilisez
ceci tous les jour car vous ne trouverez pas de meilleur outil. Mais devenez aussi ce professionnel
équipé, posez des hipposandales à vos nouveaux clients dès le premier jour. Pensez aux questions
d'adaptation de l'hipposandale. Protégez, soutenez et placez des plaques aux chevaux boiteux dès le
premier jour à moins que votre parage les rendent mieux et sains. Et très vite vous vous trouverez
au centre du monde du parage et non à la marge. Vos vieux détracteurs ont déjà fait la moitié du
chemin.
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