iii- bref diagnostic de la région nord

Transcription

iii- bref diagnostic de la région nord
1
RÉPUBLIQUE D’HAÏTI
MINISTÈRE DE L'ÉCONOMIE ET DES FINANCES
PROGRAMME DE REMISE EN ÉTAT
DE L'INFRASTRUCTURE ÉCONOMIQUE DE BASE
PRÊT BID 1493/SF-HA
UNITÉ TECHNIQUE D'EXÉCUTION
PROPOSITION D’UN CADRE POUR LE DÉVELOPPEMENT DES
INFRASTRUCTURES DANS LA RÉGION NORD D’ HAITI
Mai 2007
2
TABLE DES MATIÈRES
I. INTRODUCTION _________________________________________________ 4
II- PRÉSENTATION DE LA RÉGION NORD ____________________________ 5
2.1- Topographie et pluviométrie contrastées___________________________________ 5
2.1.1- Localisation géographique _____________________________________________________ 5
2.1.2- La Topographie _____________________________________________________________ 5
2.1.3- La pluviométrie _____________________________________________________________ 8
2.2 - Une agriculture en crise ______________________________________________ 14
2.3 – Un développement urbain régional mal équilibré __________________________ 15
2.4 – Absence de planification urbaine et vulnérabilité des populations _____________ 17
III – ORIENTATIONS RETENUES ___________________________________ 21
3.1 – Décongestionner le Cap-Haïtien ________________________________________ 21
3.2 – Redonner au Cap-Haïtien sa vocation touristique __________________________ 22
3.2.1- Réhabiliter et réaménager le centre historique du Cap-Haïtien ________________________ 22
3.2.2- Réhabiliter le boulevard et récupérer le front de mer _______________________________ 23
3.2.3- Favoriser le renouvellement urbain par la construction d’un nouveau centre ville moderne _ 24
3.3 – Faire du Cap-Haïtien un centre universitaire et de culture __________________ 26
3.4 – Relancer le tourisme en diversifiant l’offre _______________________________ 26
3.4.1- Mettre en valeur les sites naturels, historiques et culturels aux environs du Cap-Haïtien. ____ 26
3.4.2- Restaurer les monuments historiques de la région et réhabiliter les voies d’accès. _________ 27
3.4.3- Promouvoir une nouvelle image de la région ______________________________________ 28
3.4.4- Maintien du tissu industriel entre Carrefour La Mort et Petite Anse ____________________ 29
3.5 – Contrecarrer le phénomène de l’urbanisation sauvage à Ouanaminthe_________ 30
3.6- Faire de Fort-Liberté un pôle industriel __________________________________ 33
3.6.1- Fort-Liberté, une région déprimée ______________________________________________ 33
3.6.2- Un pôle industriel pour un développement territorial plus équilibré ____________________ 33
3.6.3- Le développement industriel, un choix à faire _____________________________________ 34
3.6.4- Des filières industrielles à promouvoir ___________________________________________ 36
a) Développement d’une zone franche industrielle à Phaéton ______________________________ 36
b) Développement de l’agro industrie _________________________________________________ 36
c) Installations pour la production du bio éthanol et biodiesel à des fins énergétiques ___________ 37
3.7.1- Développement d’une zone portuaire dans la baie de Fort-Liberté _____________________ 40
3.7.2- Construction d’une marina ____________________________________________________ 40
3.7.3- Chantier naval et carénage ____________________________________________________ 40
3.9- Production énergétique _______________________________________________ 41
3.10- Mettre en valeur la plaine de Madrasse et celle de Maribaroux _______________ 43
3.10.1- Construction de l’aéroport du Nord à Madrasse ___________________________________ 43
3.10.2- Mise en valeur de la plaine de Maribaroux_______________________________________ 43
3.11- Planifier le développement urbain de Fort-Liberté _________________________ 45
3.11.1- La réhabilitation de l’ancienne ville ____________________________________________ 45
3
3.11.2- Remise en état des infrastructures de services ____________________________________ 45
3.11.3- Envisager un plan d’extension pour Fort-Liberté par la construction d’une nouvelle ville __ 46
IV. CONCLUSION ________________________________________________ 47
4
I. INTRODUCTION
Instabilité politique et mauvaise gouvernance chroniques ont conduit à la
dégradation de l’environnement haïtien, à la destruction des infrastructures de
base du pays et à la détérioration des conditions de vie de la population. Haïti
affiche l’un des plus forts taux de croissance démographique de l’Amérique
Latine et de la Caraïbe et connaît une situation de crise généralisée qui se traduit
sur le plan spatial par un chaos. En milieu urbain comme en milieu rural, les
conditions d’habiter se dégradent considérablement et les ressources naturelles
sont exploitées de manière irrationnelle. Dans les dix départements
géographiques du pays, les structures urbaines traditionnelles éclatent pour se
transformer en bidonvilles, tandis qu’en milieu rural l’érosion consécutive à la
déforestation des terrains de montagne conduit à la crise de l’économie agricole
et à la décapitalisation du monde rural.
La région Nord d’Haïti n’échappe pas à cette problématique de crise. Dans le
contexte actuel caractérisé par la relance des projets de développement dans
tous les domaines, le développement des régions doit s’appuyer sur des
schémas qui associent l’aménagement du territoire, le développement des
infrastructures et la création d’un cadre pour faciliter les investissements.
Cette réflexion élaborée par l’UTE sur la proposition d’un cadre pour le
développement des infrastructures dans les départements du Nord et du NordEst constitue une contribution qui permettra de mieux orienter les actions dans
cette région. Elle se situe dans la perspective de constitution de pôles
économiques régionaux, indispensables à un développement équilibré du
territoire.
5
II- PRÉSENTATION DE LA RÉGION NORD
2.1- Topographie et pluviométrie contrastées
2.1.1- Localisation géographique
Les départements du Nord et du Nord-Est sont situés dans la partie
septentrionale du pays. Ils représentent 13.73% du territoire national, soit une
superficie de 3 741.46 km2 (2 109.04 km2 pour le département du Nord et
1 632.42 km2 pour le Nord-Est). Ils sont bornés au Nord par l’Océan Atlantique,
au sud par les départements du Centre et de l’Artibonite, à l’Ouest par le
département du Nord-Ouest et à l’Est par la République Dominicaine avec
laquelle ils partagent 74 kilomètres de frontière.
2.1.2- La Topographie
La région est dominée par le Massif du Nord disposé en diagonale se
prolongeant en République Dominicaine par la Cordillera Central auxquels sont
adossées la Vallée du Cibao (République Dominicaine) et la Plaine du Nord en
Haïti (voir carte # 1 topographie de la région).
La plaine du Nord est une zone alluviale constituée durant le Quaternaire par les
éboulis déposés successivement durant les temps géologiques, grâce à l’érosion
progressive des montagnes environnantes. Elle est drainée en effet par un
ensemble de rivières dont les plus importantes sont : La Rivière du Limbé, la
Grande Rivière du Nord, la Rivière de Trou du Nord, la Rivière Jassa, la Rivière
Lamatry et la Rivière du Massacre. Quelques unes d’entre elles sont utilisées à
des fins agricoles, mais elles sont globalement sous exploitées. Leur mise en
valeur permettrait d’irriguer certaines contrées sèches de la région où les pertes
de récoltes sont fréquentes et aussi de résoudre des problèmes énergétiques
par la construction de centrales hydro électriques.
Ce potentiel hydrique est de nos jours mis à l’épreuve à cause du déboisement
intensif opéré dans les bassins versants des principales rivières de la région.
Plus de 40% du territoire de la région est constitué de pentes inférieures à 5%.
Cela est rare dans un pays comme Haïti où le relief représente souvent un
handicap majeur au développement de l’agriculture. Dans la région de Paulette
et de Madrasse, les études réalisées prouvent que les sols ont une bonne
aptitude au développement intensif de cultures irriguées, notamment les
graminées et les oléagineux. Le sorgho y est déjà cultivé en pluvial de façon
isolée ; une expérience de production de tournesol conduite en 1982 par la
famille Cassis s’était révélée concluante.
Cet atout peut être exploité pour la culture de sorgho sucré en grande quantité
pour la production d’éthanol à des fins énergétiques. Dans le contexte actuel
6
caractérisé par une flambée des prix du pétrole au niveau mondial, l’éthanol
constitue une alternative à ne pas négliger.
La basse plaine est malheureusement inadéquatement exploitée faute d’une
maîtrise effective des ressources hydriques de la région et d’une mise en valeur
adéquate des espaces. Une étude réalisée dans le Nord-Est sur la mise en
valeur des terres de l’État montre qu’il est possible d’utiliser les rivières de la
région pour l’irrigation et pour produire de l’énergie électrique.
Dans la plaine de Maribaroux, un élevage extensif (bovins, caprins) est pratiqué.
Tenant compte de l’énorme potentiel que renferme cette plaine du point de vue
agricole et pastoral, sa mise en valeur permettra de pratiquer un élevage intensif
qui contribuera à l’essor économique de la région.
7
Carte # 1, La topographie de la région Nord D’Haïti
8
2.1.3- La pluviométrie
La pluviométrie varie d’une région à l’autre suivant l’altitude ou suivant les
expositions aux vents dominants. A Dondon, Camp Coq dans les hauteurs de
Limbé (département du Nord), à Vallières, Carice, Mont Organisé (département
du Nord-Est), les précipitations annuelles peuvent atteindre jusqu’à 2 500 mm,
elles chutent cependant à moins de 1000 mm dans les zones de Fort-Liberté et
de Ferrier. (Voir carte # 2 de la pluviométrie).
La zone de basse altitude de tout le département du Nord-Est est semi aride.
L’essentiel des précipitations utiles se produit entre Mai et Décembre sur deux
périodes principales : Mai – Juin et Septembre – Octobre – Novembre. Un déficit
hydrique marqué caractérise la première de ces deux saisons pluvieuses,
rendant indispensable une irrigation de complément. Une année sur deux (2)
l’irrigation est indispensable toute l’année pour garantir une production agricole
régulière et intensive.
Actuellement les plaines sèches non irriguées du Nord-Est sont abandonnées au
profit des montagnes humides et semi humides où se pratique une agriculture
traditionnelle qui se tourne essentiellement vers une production agricole de
subsistance et de grappillage.
A titre d’illustration, nous présentons dans les pages qui suivent, les cartes
thématiques de la pluviométrie, des pentes et de l’occupation des sols :
Carte # 2, pluviométrie annuelle en mm
9
Carte # 3, classification des pentes du Nord et du Nord-Est d’Haïti
10
Carte # 4, occupation des sols du Nord et du Nord-Est d’Haïti
11
12
Les cartes # 3 et # 4 traitent respectivement de la thématique des pentes et de
l’occupation des sols dans les départements du Nord et du Nord-Est. Sur la carte
# 3, les pentes faibles (comprises entre 0 – 5%) sont représentées par la couleur
vert pâle tandis que les pentes fortes et très fortes (supérieures à 12%) sont
représentées par les couleurs rose pâle et rose foncé.
Constat : L’analyse de ces deux cartes permet de constater que les terrains de
la région sont inadéquatement exploités. Une bonne partie des terrains du
département du Nord-Est se trouvant dans la zone de basse altitude de faible
pente est abandonnée. Ces terrains sont actuellement colonisés par une
végétation xérophytique constituée de bayahondes de strates arbustives ou par
de la savane herbacée, clairement représentée par la couleur verte sur la carte
#4 de l’occupation des sols. Cette occupation des sols très répandue dans les
plaines sèches du département du Nord-Est est constatée dans les zones de
Fort-Liberté, Dérac, Ferrier, Meillac, Terrier Rouge et Trou du Nord. Par contre,
les activités agricoles sont largement dominantes dans les zones montagneuses
de forte pente aux environs de Pilate, Limbé, Bas-Limbé, Grande Rivière du
Nord, Bahon, Ranquitte etc. (Voir cartes # 3 et # 4).
Les activités agricoles dominées par les cultures sarclées favorisent le
déboisement et la fragilisation des sols des terrains de montagne. Une telle
situation entraîne l’érosion massive des sols, met ainsi en péril leur fertilité et les
ressources en eau souterraine et de surface de la région (carte # 5, risque
d’érosion).
Des mesures agri environnementales doivent être adoptées en vue de favoriser
une occupation des sols basée sur la promotion de la culture d’espèces fruitières
et aussi de la culture du café, du cacao. Des structures anti-érosives
(mécaniques ou végétales) doivent être installées au niveau des bassins
versants à restaurer en vue de garantir l’efficacité des actions. De telles mesures
permettront de restaurer les terrains de montagne très pentus.
13
Carte # 5, risque d’érosion
14
2.2 - Une agriculture en crise
Jusqu’aux environs des années 70, le café constituait le fer de lance de
l’économie de la région. Des villes comme Borgne, Pilate, Limbé Dondon.
(Département du Nord), Mont Organisé et Carice (Département du Nord-Est) se
distinguaient par la production d’un café de qualité et représentaient à l’époque
les principaux centres de spéculation. Cependant, la baisse des cours du café
sur le marché mondial suite à l’entrée en scène du Brésil et d’autres producteurs
a porté un coup dur à l’économie de la région. Cette crise a entraîné la fermeture
des centres de traitement de café et la reconversion des anciennes plantations.
Depuis la fin des années 80, la crise politique qui a sévi dans le pays n’a pas
permis que se fassent des investissements (irrigation, mécanisation, etc.) qui
pourraient améliorer la productivité. De plus, la libéralisation 1 des marchés
agricoles appliquée à partir de 1995 a eu des effets pervers sur la production
locale. Cette situation a entraîné une perte considérable de revenus pour les
paysans et donc une baisse sensible de leur pouvoir d’achat.
Cette décapitalisation du monde rural a provoqué un exode massif des paysans
vers la République Dominicaine et les principaux centres urbains de la région
particulièrement Cap-Haïtien et Ouanaminthe. Cet exode massif de ces ruraux
vers les centres urbains régionaux non préparés à les accueillir a entraîné
l’anarchie urbaine et la bidonvilisation.
La libéralisation de l’économie consiste dans la baisse des tarifs douaniers à
l’importation et l’ouverture à la concurrence de la production locale.
1
15
2.3 – Un développement urbain régional mal équilibré
Deux communes absorbent le gros de la croissance urbaine : Cap-Haïtien d’une
part et Ouanaminthe de l’autre. L’explosion du commerce frontalier a eu un effet
accélérateur sur cette croissance. La population de ces villes a doublé entre
1995 et 2003 (77.319 habitants pour Ouanaminthe et 345 738 habitants pour
le Cap-Haïtien).
Sur le plan spatial, la superficie de la
ville du Cap est passée de 1,22 km²
en 1960 à 12,39km² en 2002 tandis
que celle de Ouanaminthe est
passée de 0,33km² à 2,67km² pour
la même période (Voir cartes 6 et 7).
Carte # 6, croissance spatiale urbaine au
Cap-Haïtien entre 1960 et 2002
Carte # 7, croissance spatiale
Ouanaminthe entre 1960 et 2002
urbaine
Ces deux villes vont connaître une nouvelle augmentation de population avec la
reconstruction de l’axe routier Cap / Dajabon. Si aucune mesure n’est prise pour
inverser les tendances actuelles à l’urbanisation anarchique, cette nouvelle
augmentation de population risque de créer une situation urbaine encore plus
catastrophique à Ouanaminthe et au Cap-Haïtien.
à
16
A Fort-Liberté, la situation est différente. Situé un peu en retrait par rapport à la
Route Nationale # 6 (RN6) par laquelle transite l’essentiel du commerce
transfrontalier de la région nord, il n’a pas su tirer profit de ces activités
d’échange. Dépourvu d’activités économiques substantielles, Fort-Liberté
s’apparente à une ville morte. Cette situation influe sur son développement
spatial. Fort-Liberté est l’une des villes les moins étalées d’Haïti. En 1960 la ville
de Fort-Liberté avait la même taille que celle de Ouanaminthe; 0.31 km² pour
Fort-Liberté contre 0.33 km² pour la ville de Ouanaminthe. En quarante deux ans
(42 ans), la ville de Fort-Liberté a connu une croissance moindre que sa voisine,
passant de 0.31 km² en 1960 à 1.28 km² en 2002 (Voir carte # 8 ci-dessous).
Légende
Zone urbaine en 1960
Zone urbaine en 2002
Mer
Echelle 1 : 10, 000
Décembre 2006
Cité
Dam
Prêt BID 1493/SF-HA
¹
Sources: Orthophoto de l'UTSIG 2002 et carte
topographique de 1960, du SGC
e
ille
ev
de
e
La
glis
r
me
ntr
Ce
rd
Bo
otre
os
St J
'E
Ti l
N
Cité
eph
Vic
e
toir
A
Cité
a
rch
nge
vran
Déli
ée
an c
L'Av
tte
Laure
ce
Dufou
r
Sicard
Cité M
Nebe
Ainsi, elle est deux fois
plus petite que la ville
de
Ouanaminthe,
deuxième
ville
du
département du NordEst du point de vue
administratif et neuf
fois et demie plus
petite que la ville du
Cap-Haïtien
(FortLiberté :
1.28 km2
contre 12.39 km2 pour
le Cap-Haïtien)
une
autre ville régionale du
même rang que FortLiberté du point de vue
administratif (chef-lieu
de département).
ax
r
Carte # 8, croissance spatiale urbaine à Fort-Liberté entre 1960
et 2002
En l’absence d’activités économiques substantielles, la ville subit peu de
pression démographique et est de ce fait relativement protégée du phénomène
de la bidonvilisation à outrance que confrontent les deux plus grandes villes de la
région, Cap-Haïtien et Ouanaminthe.-Toutefois,-l’absence de planification
urbaine à Fort-Liberté conduit à l’émergence de nouveaux quartiers qui par leur
17
configuration tendent à dégrader le tissu urbain colonial. Ces quartiers sont
localisés à l’entrée de la ville comme : Sicard, Neber, Cité Max implantés dans
une zone non viabilisée; sur le littoral comme :Bord de mer, Cité Archange à
l’Est, Cité Notre Dame, Cité Estudiantine au Nord construits dans des zones
marécageuses et donc à risques (voir carte # 8).
2.4 – Absence de planification urbaine et vulnérabilité des populations
De façon générale, le développement urbain en Haïti s’effectue dans un contexte
de crise généralisée marquée par une instabilité politique chronique provoquant
la faillite de l’État central et des collectivités territoriales. L’État étant incapable
d’accompagner ce développement en assurant la desserte en services de base
(collecte et élimination des déchets, assainissement, drainage, accès à l’eau
potable et à l’électricité, etc.) ou en faisant appliquer les normes d’urbanisme, la
croissance démographique rapide non planifiée se traduit sur le plan spatial par
une urbanisation sauvage mettant à rude épreuve les flancs de coteaux des
montagnes environnantes (voir image satellite suivante), les milieux naturels, le
littoral, les espaces agricoles et les lieux attractifs de la région.
Image satellite Google 2006 : vue des constructions
anarchiques développées à flancs de coteaux des
montagnes du Cap-Haïtien
Au-Cap-Haïtien,
des
espaces
autrefois occupés par les mangroves
sont de nos jours envahis par des
constructions anarchiques. Cette
situation est illustrée par la carte # 9
de la ville du Cap : la couleur rose
saumon correspond à la tache
urbaine actuelle tandis que la couleur
bleue tramée correspond aux zones
de mangroves dans les années 60 et
70, aux environs du Bassin Rodo, de
l’aéroport du Cap-Haitien-et-------vers-Petite-Anse.
La-couleur bleue se superpose à la
couleur
rose
saumon.
Ce
chevauchement correspond aux zones de mangroves colonisées actuellement
par l’urbanisation anarchique, situation qui fragilise une frange de plus en plus
importante de la population exposée à des conditions de vie précaire et aux
risques naturels.
18
Carte # 9, l’impact de l’urbanisation sur le milieu naturel au Cap-Haïtien
19
Image satellite Google 2006 : vue des constructions anarchiques développées dans une zone à
risque autour de la Rivière du haut du Cap, Bassin Rodo
L’image satellite de Google ci-dessus présente le Bassin Rodo, une partie de
Petite Anse. L’urbanisation de ces terrains marécageux sans la réalisation des
travaux de drainage et d’assèchement des mares, conduit à rendre plus
précaires les conditions de vie des populations habitant ces milieux malsains.
Sur l’image satellite, les taches vertes correspondent à des flaques d’eau
stagnantes et corrompues.
En arrière plan de l’image, la grande tache grisâtre correspond à un résidu de
mangroves. Cet endroit correspond à un milieu réceptif de dépôt de sédiments et
de boue déposée à chaque crue et aussi des ordures ménagères déversées par
la population environnante. Ces quartiers sont fréquemment inondés.
La même situation chaotique est constatée à Ouanaminthe, ville frontalière du
Nord-Est où l’absence de planification a conduit à l’urbanisation des espaces
naturels / agricoles non viabilisés et de zones à risques.
20
La
photographie
aérienne ci-contre met
en évidence un quartier
de
la
ville
de
Ouanaminthe construit
dans un lagon asséché.
Ce quartier qui se
développe
en
aval
comme en amont de ce
lagon
ne
laisse
presque plus d’exutoire
à l’écoulement des
eaux pluviales.
Photographie aérienne # 1; vue d’une zone de stagnation
naturelle des eaux à Ouanaminthe, DR, UTSIG / MPCE 2003
Photographie # 1; vue partielle d’un quartier de Ouanaminthe
durant les inondations de sept 2003, DR, RECEF
Ce quartier ainsi que
d’autres présentant des
situations
similaires
sont inondés à chaque
pluie en créant des
situations de désarroi
dans la ville comme en
témoigne
la
photo
panoramique ci-contre.
21
III – ORIENTATIONS RETENUES
3.1 – Décongestionner le Cap-Haïtien
Le peu d’infrastructures et les principales activités économiques qui existent
dans la région Nord sont concentrés dans la zone du Cap. Cette dernière
regroupe les meilleures écoles et les centres hospitaliers les mieux pourvus de la
région. A cause du niveau de sous équipement généralisé et du taux de
chômage élevé qui caractérisent la région, la ville du Cap-Haïtien se constitue en
pôle d’attraction et draine une population de plus en plus importante. Cette
grande concentration de population a eu pour effet la dégradation du paysage
urbain et a conduit à la disparition progressive du cachet historique et patrimonial
du Cap. Une telle situation est incompatible avec la vocation touristique attachée
depuis très longtemps à la métropole du Nord.
Pour faire face à cet état de chose, trois orientations sont retenues :
a) Attirer la population excédentaire vers un nouveau bassin de vie et
d’emplois par la construction d’un nouveau pôle régional autour de FortLiberté tout en réorganisant les petites villes secondaires,
b) Engager des travaux de rénovation urbaine au Cap-Haïtien afin de
restaurer son potentiel touristique,
c) Aménager la ville de Ouanaminthe, porte d’entrée du pays par la
République Dominicaine.
Cette approche est basée sur une meilleure répartition des infrastructures de
base et des activités économiques en fonction de la vocation des espaces. Elle
garantira un développement plus harmonieux et plus équilibré du territoire.
22
3.2 – Redonner au Cap-Haïtien sa vocation touristique
Depuis la période coloniale, la ville du Cap-Haïtien s’est distinguée par ses
activités culturelles, son architecture, ses lieux de promenade, atouts qui lui ont
valu d’être considérée à l’époque comme le Paris des Antilles. Cette commune
renferme en plus de son patrimoine architectural un ensemble de sites naturels,
historiques et culturels parmi les plus importants d’Haïti. Cette richesse
patrimoniale a permis au Cap-Haïtien de jouir à partir de la 2ème moitié du XXème
siècle d’une place intéressante dans le domaine du tourisme et de bénéficier
d’une grande rentrée de devises et dynamiser son économie. Aujourd’hui les
richesses patrimoniales du Nord sont en train d’être vandalisées.
Un effort de redressement est nécessaire en vue de sauver ce patrimoine et
redonner à la ville du Cap-Haïtien son ancienne vocation. La relance du tourisme
dans le nord aura un effet d’entraînement sur les autres secteurs de l’économie.
Pour y parvenir, les actions suivantes doivent être envisagées.
3.2.1- Réhabiliter et réaménager le centre historique du Cap-Haïtien
Il conviendra de mettre en place un vaste
programme pour l’amélioration de l’habitat
ancien au centre ville. La première phase de
cette opération consistera en l’identification
des maisons anciennes ayant une valeur
patrimoniale et architecturale qui doivent
être réhabilitées.
Photographie #2; Maison ancienne du
centre
historique
méritant
d’être
protégée
Parallèlement à cette opération, un décret
visant la préservation du patrimoine bâti doit
être adopté. Ce décret visera à empêcher
toute modification physique et architecturale au niveau du patrimoine sans
l’assentiment de l’organisme chargé de la sauvegarde et de la préservation du
patrimoine (ISPAN). Un mécanisme financier doit être envisagé permettant de
financer les opérations d’amélioration et de rénovation de l’habitat ancien. Des
travaux de réfection de chaussées, de trottoirs et du réseau de drainage doivent
être entrepris afin de renforcer les efforts visant la restauration complète du
patrimoine bâti. Le centre ville historique réhabilité hébergera des musées, des
galeries d’art, des boutiques de souvenirs, des centres de loisirs,-des
restaurants, une salle de théâtre etc. Certaines rues du centre historique seront
converties en rues piétonnes afin de faciliter la libre circulation des piétons et des
touristes.
Afin de promouvoir la mixité des fonctions au niveau du centre ville, le commerce
sera encouragé dans certains quartiers. Cependant, ce commerce sera pratiqué
suivant des normes définies par la Municipalité de concert avec l’ISPAN afin
d’éviter toutes formes de pratiques visant à dégrader le patrimoine urbain
23
restauré. Il sera nécessaire de confiner les activités du marché central et d’éviter
toutes formes de pratiques consistant à convertir les rues en marché.
3.2.2- Réhabiliter le boulevard et récupérer le front de mer
Le boulevard du bord de mer du Cap-Haïtien est depuis toujours un lieu de
promenade. C’était le premier point d’arrivée des touristes dans la métropole du
Nord. Ce boulevard de bord de mer qui représentait un objet de fierté pour les
Capois est converti par endroit en dépotoir. Les palplanches métalliques qui
protègent le boulevard sont partiellement détruites.
De plus, le port marchand hébergé par ce secteur crée un ensemble d’activités
polluantes de nature à dégrader la zone et génère aussi une circulation intense
de poids lourds à travers les rues étroites du Cap-Haïtien. Pour remédier à cette
situation et redonner à cette zone sa vocation antérieure, il convient de transférer
ces activités marchandes vers un endroit plus approprié et aménagé à cet effet.
Le port actuel du Cap sera aménagé en port touristique et de plaisance. Le front
de mer sera nettoyé, dragué et le boulevard réhabilité. L’ancien port marchand
pourra alors être reconverti en espace de loisirs et accueillir toutes sortes de
manifestations festives et culturelles.
Des aménagements importants doivent être effectués au niveau du boulevard.
Ces aménagements permettront de remplacer les structures métalliques de
protection, remettre en état la chaussée et le réseau de drainage. Plus au nord
vers Picolet, une route revêtue doit être construite dans la continuité du
boulevard afin de rendre accessible les plages de Rival ainsi que les monuments
historiques répertoriés dans la zone (Fort Picolet la Place Magny). Ces derniers
doivent être restaurés et convertis en centres d’attraction de la ville. Le bord de
mer de Rival est actuellement dans un piteux état, des travaux de démolition
doivent être entrepris afin de le libérer des constructions anarchiques et restaurer
le fort. Cette zone qui offre des vues superbes sur la baie du Cap peut être
aménagée et convertie en zone de promenade, de baignade et de loisir (voir
illustration photographique #3 et #4).
Plus
au sud vers
le pont
Hyppolite,
permettront
defort
raccorder
Photographie
#3; Vue
partielle
du bord les
de aménagements
Photographie #4;
Les ruines du
Picolet,
lemer
boulevard
Bòplan
Pont.
En effet, au
du laboulevard,
niveau
de
de Riva etàenLòt
arrière
le boulevard
nonsud
loin de
localité Rival,au
au Nord
de la
du Carénage, UTE janvier 2007
Ville du Cap, UTE Janvier 2007
24
l’embouchure de la Rivière du Haut du Cap, la communication entre les deux
rives est interrompue depuis l’effondrement du pont Hyppolite. Pour garantir une
circulation fluide et assurer la continuité du boulevard, il est proposé la
construction d’un nouveau pont non loin de l’ancien et un futur boulevard deux
fois deux voies (2 X 2 voies) à l’entrée Est de la ville. Toutefois, l’intersection doit
être bien traitée et un plan de circulation doit être établi.
Amélioration du cadre bâti dans la périphérie du boulevard. En vue de
garantir une meilleure qualité paysagère dans la périphérie du boulevard, un
programme d’amélioration de l’habitat sera envisagé. Ce programme définira un
plan architectural et un canevas auxquels devront se référer les opérateurs pour
l’amélioration de l’habitat du secteur et aussi le type d’usage permis pour les
immeubles restaurés. Dans le secteur de Lòt Bò Pont, un bidonville en pleine
expansion sur le littoral, dégrade le paysage et pollue le milieu marin. Un
programme de résorption de l’habitat insalubre sera envisagé.
La zone périphérique du boulevard sera déclarée zone d’intérêt touristique, la
municipalité construira des allées vertes aménagées pour les promenades à pied
et à vélo. Le secteur privé sera invité à faire des investissements afin d’implanter
sur le côté sud du boulevard des cafés terrasse, des boutiques de souvenirs, des
restaurants, des hôtels avec vue sur mer. La zone littorale de Lòt Bò Pont sera
convertie en parc de bord de mer avec espace vert et piste pour randonnée
pédestre et à vélo.
Ces travaux rendront attractive la ville du Cap et contribueront à la relance du
tourisme.
3.2.3- Favoriser le renouvellement urbain par la construction d’un nouveau
centre ville moderne
La construction d’un nouveau centre ville moderne constitue un des piliers
importants d’un programme de renouvellement urbain qui doit être envisagé. Ce
centre ville sera développé autour de la piste de l’aéroport désaffecté qui sera
transféré à Madrasse dans le but de favoriser un développement territorial
harmonieux. Cette piste d’atterrissage sera convertie en boulevard d’entrée du
nouveau Cap-Haïtien. Celui-ci débouchera au nord sur la route du front de mer
et sera connecté au sud à une rocade qui fera la jonction entre Carrefour
Madeline et le Haut du Cap, gérée par des bretelles. Plus au sud une autre
rocade connectera le Carrefour La Mort situé à l’Est de la ville au carrefour
Plaine du Nord situé à l’Ouest. Le tronçon de la RN6 entre Carrefour La Mort et
l’entrée est du Cap-Haïtien sera mis en état et augmenté à deux fois deux voies.
Au carrefour du Pont Neuf la route sera divisée en deux branches à sens unique.
Ce système de rocade est conçu de manière à permettre aux véhicules désireux
de se rendre vers une destination différente du centre ville de circuler sans y
entrer afin d’éviter les embouteillages tant à Barrière Bouteille qu’à Lòt Bò Pont.
25
Aux extrémités de la première rocade, deux gares routières seront construites,
ces gares assureront la distribution du service de transport entre les communes
de la partie Est et celles de la zone ouest. Au niveau urbain, un service de
transport en commun bien structuré sera envisagé, ces véhicules de transport
feront le lien entre le centre ville et les gares qui serviront de terminus.
Ce centre ville développé autour de l’aéroport désaffecté aura une fonction
administrative, commerciale et résidentielle. Il sera envisagé d’y reloger dans des
conditions décentes ceux qui auront été délogés dans le cadre des démolitions
nécessaires à la reconquête du front de mer. Les constructions en hauteur
seront encouragées afin d’éviter l’étalement urbain excessif. Une loi sur la
copropriété doit toutefois être adoptée en urgence afin d’attirer des
investissements importants dans le secteur de l’immobilier en Haïti. Un nouveau
marché moderne y sera construit, l’actuel marché du centre ville sera rénové,
toutefois la municipalité aura pour obligation d’empêcher toutes formes de
débordements des activités commerciales dans les rues avoisinantes . Ce
transfert de fonction de la ville historique à la nouvelle ville favorisera le
désengorgement de l’espace urbain capois sans la dépouiller des fonctions
vitales.
En plus de la mixité des fonctions à promouvoir au niveau du nouveau centre
ville, il conviendra d’encourager la mixité de l’habitat en assurant une offre
suffisante de logements à la population et en particulier celle venant du Bassin
Rodo et du quartier de Petite Anse après leur résorption.
La construction de cette nouvelle ville se fera par étapes suivant un plan local
d’urbanisme respectueux de l’environnement. La première étape devrait
permettre de construire jusqu’à la première rocade. Sitôt cet espace saturé, la
municipalité ouvrirait à l’urbanisation la zone qui s’étend jusqu’à la deuxième
rocade.
26
3.3 – Faire du Cap-Haïtien un centre universitaire et de culture
Dans le but de conforter le développement proposé pour la région Nord, CapHaïtien fera office de pôle universitaire. L’université du Nord regroupera des
facultés, des centres d’enseignement et des écoles supérieures de qualité qui
permettront à la jeunesse de la région d’avoir des formations de standing
international dans plusieurs domaines. Toutefois, une attention particulièrement
sera donnée aux professions liées au tourisme et au développement artistique.
3.4 – Relancer le tourisme en diversifiant l’offre
3.4.1- Mettre en valeur les sites naturels, historiques et culturels aux environs du
Cap-Haïtien.
Dans le cadre de la relance du tourisme dans le nord, il conviendra d’adopter
une stratégie basée sur la diversification de l’offre touristique. En plus du
patrimoine bâti dont l’attraction touristique ne peut être niée, il sera envisagé de
mettre en valeur les principaux sites attractifs répertoriés dans la région. Cette
région a hérité d’un patrimoine historique extraordinaire et d’une riche culture.
Elle renferme un ensemble de sites naturels, historiques et culturels (plages,
monuments historiques, lieux sacrés, patrimoine), certains d’entre eux classés
par l’UNESCO au titre de patrimoine culturel mondial. Ces sites par leur beauté,
leur caractère intrinsèque et la légende qu’ils charrient ont fait de la région la
destination touristique la mieux classée d’Haïti.
Toutefois, ces sites sont de nos jours dans un piteux état et d’autres sont
inaccessibles du fait du délabrement des routes.
La mise en valeur de ce patrimoine permettra d’offrir aux touristes des produits
très diversifiés et de relancer le tourisme dans la région. En référence à la
diversité des sites et à la gamme de produits existants, différents types de
tourisme peuvent être envisagés :
-
Le tourisme balnéaire avec comme produit phare Labadie et des sites
complémentaires comme Pass Kannòt et Chouchou Bay,
Le tourisme historique avec le parc historique de Milot comme produit
phare et les autres monuments historiques comme produits
complémentaires,
Le tourisme religieux avec les sites sacrés et religieux
Des actions d’envergure doivent être envisagées en ce sens.
27
3.4.2- Restaurer les monuments historiques de la région et réhabiliter les voies
d’accès.
Aujourd’hui les sites historiques sont dans un piteux état, c ertains sont en ruine,
d’autres sont menacés de disparition. Ces sites symbolisant les moments forts
de notre histoire doivent être restaurés pour devenir source de richesse et
d’entrée de devises pour la région.
Photographie #5; Vue du palais
de Sans Souci, Milot
Photographie
#6;
Vue
de
l’ancienne cathédrale de Milot
Photographie #7; Vue de la
Citadelle La Ferrière
Dans le cadre de la restauration des sites historiques, il conviendra de mettre en
place des outils de gestion du parc historique de Milot. Une délimitation claire et
précise doit être établie. Dans les limites ainsi définies certaines pratiques seront
prohibées, un système règlementaire sera mis en place en vue de définir les
types d’actions qui y seront permises.
Quant aux sites naturels et religieux, certains d’entre eux commencent à perdre
de leur éclat. Ainsi, des travaux de nettoyage et d’aménagement doivent être
effectués en vue de les remettre en état.
Ces actions seront renforcées par un programme très soutenu de réhabilitation
de routes de pénétration donnant accès aux différents sites touristiques
répertoriés dans la région. Les zones touristiques une fois reliées entre elles par
un réseau routier maillé vont accélérer le développement touristique de la
région. De plus un accord doit intervenir entre les autorités haïtiennes et les
responsables de la Royal Caribbean pour que les touristes qui se rendent à
Labadie puissent visiter les sites touristiques du Nord, notamment la Citadelle La
Ferrière et le palais Sans Souci.
28
Pour concrétiser ce projet, le
Ministre actuel du Tourisme qui
mise beaucoup sur ce produit
phare pour lancer le tourisme dans
la région propose la mise en place
d’un axe Labadie – Citadelle. Dans
le cadre de ce projet il est prévu la
construction d’un embarcadère
dans la baie de l’Acul et la
construction d’une route de type
colonial reliant la baie de l’Acul à
Milot.
Photographie #8; Vue partielle de la plage de
Labadie, UTE Janvier 2007
De plus, d’autres voies d’accès doivent être construites dans le cadre du vaste
programme de relance du tourisme afin de faciliter l’accès aux sites. Ce sont :
a) Le tronçon Carrefour La Mort / Milot pour faciliter l’accès au parc
historique de la Citadelle et du palais de Sans Souci,
b) Le revêtement de la route Limbé / Borgne afin de rendre accessibles
les plages de Chouchou Bay, de Pass Kannot,
c) Les rocades de Carrefour Madeline / Haut du Cap et celle de Carrefour
La Mort / Plaine du Nord (passerelle RN 1 – RN3 et RN1 – RN6) afin
de faciliter les déplacements d’Est en Ouest dans la région
métropolitaine du Cap-Haïtien sans transiter par le centre ville.
3.4.3- Promouvoir une nouvelle image de la région
Actuellement l’image d’Haïti est très dégradée au niveau mondial et faire revenir
les touristes est une tâche très laborieuse. Il conviendra de travailler ardemment
à l’installation d’un climat de paix et de sécurité dans la région afin d’attirer les
investissements. Ce climat sécuritaire une fois établi permettra de présenter la
région au niveau international comme une zone de paix où il fait bon vivre.
Des actions de lobbying doivent être menées au niveau international afin de
faire la promotion de la région comme une destination touristique par excellence.
Les lieux attractifs restaurés seront présentés sur les cartes postales, à la télé et
dans les revues.
L’image de la zone comme zone de paix une fois promue, il conviendra
d’engager des agences publicitaires spécialisées qui présenteront la gamme de
produits touristiques à travers des publicités de grande envergure afin de faire
29
figurer la région sur la carte touristique mondiale. La Jamaïque a adopté la
stratégie de placer sur la carte du tourisme international une seule destination
touristique, Montego Bay. Très appréciée, cette destination touristique a joué un
rôle catalyseur en faveur des autres sites du pays. L’expérience jamaïcaine peut
être utilisée chez nous dans le cadre de la relance du tourisme en Haïti.
Cette relance peut se faire progressivement. Tenant compte de l’état de
dénuement général du pays et de l’état déplorable des infrastructures, la
stratégie consiste à compter dans un premier temps sur une clientèle moins
exigeante. Cette clientèle peut être recherchée au niveau de la diaspora
haïtienne, l’une des sources de devises les plus importantes du pays par rapport
au volume de transferts d’argent (soit 1.6 milliards de dollars US pour l’année
2006). Ils sont nombreux les Haïtiens de la diaspora qui manifestent leur
engouement à visiter Haïti ou à investir dans le pays sitôt la paix revenue. La
relance du tourisme à partir de la diaspora permettra d’injecter dans l’économie
haïtienne des capitaux qui serviront à investir dans l’hôtellerie, les infrastructures
de base, bref des structures essentielles qui constituent la condition sine qua
non à l’épanouissement d’un tourisme de haut de gamme.
3.4.4- Maintien du tissu industriel entre Carrefour La Mort et Petite Anse
Un tissu industriel subsiste au Sud-est du Cap-Haitien dans le secteur délimité
par la Route nationale No 6 (RN6), la Route nationale No 3 (RN3) et le quartier
de Petite Anse. Ce secteur pourrait continuer à accueillir certaines activités
industrielles, activités qui permettront d’absorber une partie de la main d’œuvre
non occupée dans le secteur des services.
30
3.5 – Contrecarrer le phénomène de l’urbanisation sauvage à Ouanaminthe
Ouanaminthe, ville frontalière, est après Malpasse le deuxième point important
de transit dans le cadre du commerce transfrontalier entre la République d’Haïti
et la République Dominicaine. Cette ville est après le Cap-Haïtien, la ville la plus
dynamique de la région Nord. Elle s’est développée à la faveur de
l’intensification des échanges transfrontaliers.
Grâce à son poste frontalier, Ouanaminthe se confirme comme le carrefour
incontournable par lequel s’effectue la distribution de produits dominicains en
direction des départements de la région nord d’Haïti à savoir le Nord-Est, le
Nord, le Nord-Ouest et une partie du département du Centre. Ce rôle important
dans le trafic transfrontalier permet à Ouanaminthe de se constituer en pôle
commercial régional. En tant que tel, il exerce une forte influence sur la région,
attirant sans cesse un nombre important de migrants, de femmes ou d’hommes
d’affaires à la recherche d’opportunités. Ils sont nombreux les commerçants
petits et grands venant de différentes régions du pays qui installent leur comptoir
à Ouanaminthe afin de tirer parti du commerce transfrontalier. Ainsi, la ville
déborde de son noyau initial et se transforme en un vaste bidonville.
Outre les activités commerciales, Ouanaminthe est actuellement une zone très
convoitée pour des projets de zone franche industrielle. En 2002, le Grupo M
installe ses usines au nord de la ville, dans la plaine de Maribaroux. Ce projet a
fait couler beaucoup d’encre et s’est heurté à l’opposition des agriculteurs de la
région et des syndicalistes arguant que cette plaine si fertile, à vocation agricole,
ne se prête pas à de telles activités. Les observations de terrain ont montré que
les usines du Grupo M occupent une toute petite partie de la Plaine de
Maribaroux, un coin de terre entre la Rivière Massacre et la ligne frontalière.
Cependant, quoique la plaine renferme une bonne potentialité, celle-ci est sous
exploitée et n’est pas réellement mise en valeur. Une agriculture pluviale y est
pratiquée et les pertes de récoltes sont fréquentes durant les sécheresses.
Actuellement, le gouvernement serait en pourparlers avec certains investisseurs
qui nourrissent l’idée de s’implanter dans la région. Ce nouveau rôle, bassin de
réception de zone franche, que les autorités entendent donner à Ouanaminthe,
en dépit de l’utilisation de terres agricoles qu’il implique, risque de créer dans
cette cité une situation démographique encore plus explosive et d’intensifier le
chaos.
31
Photographie # 2; vue aérienne de la ville de la ville de Ouanaminthe en vis-à-vis à la ville de Dajabon de
République Dominicaine, DR, UTSIG / MPCE 2003
La photographie aérienne ci-dessus met en vis-à-vis les villes de Ouanaminthe
et de Dajabon, séparées par la Rivière du Massacre.
La trame urbaine à droite de la rivière représente la ville de Dajabon. Cette ville
présente une trame urbaine structurée du centre jusqu’à la périphérie, constituée
par des rues bien réparties spatialement.
En face, en rive gauche de la Rivière du Massacre, s’étale la ville de
Ouanaminthe. Cette ville s’accroît dans tous les sens et s’apparente à un
véritable désordre spatial, un vaste bidonville. Le noyau urbain central est
construit autour de trois axes routiers, les nouveaux quartiers périphériques sont
parcourus par des corridors en terre battue disposés de manière aléatoire. Deux
fois par semaine, un marché binational se tient à Dajabon, activité qui génère à
Ouanaminthe une circulation bruyante et chaotique.
En tant que porte d’entrée du pays par la République Dominicaine, des
aménagements très importants doivent être effectués et des investissements
32
lourds consentis en vue de doter Ouanaminthe d’un réseau d’infrastructures qui
lui permettra de devenir une vraie ville.
Ces aménagements doivent permettre de doter la ville d’une trame viaire
cohérente afin de faciliter les déplacements. De plus, il conviendra d’aménager
deux rocades, l’une au nord, l’autre au sud, permettant de contourner la ville afin
d’éviter le trafic marchand au centre ville, le libérant ainsi du trafic des poids
lourds. La rocade nord est une des composantes du contrat d’exécution de
travaux relatifs à la réalisation de la route Cap / Ouanaminthe par la compagnie
italienne « GHELLA ». Par contre, le gouvernement actuel doit trouver les
ressources nécessaires à la réalisation de la rocade sud.
Ces rocades doivent servir de limite au-delà desquelles toute urbanisation
devrait être proscrite pendant une période à déterminer.
33
3.6- Faire de Fort-Liberté un pôle industriel
3.6.1- Fort-Liberté, une région déprimée
Depuis la cessation des activités de la Plantation Dauphin et de certaines unités
de transformation dans le Nord, le commerce transfrontalier s’affirme comme
l’activité économique de premier ordre. Ce commerce axé en majeure partie sur
la contrebande fait tourner l’économie des différentes villes de la région et en
particulier, Cap-Haïtien et Ouanaminthe. Cependant la concentration excessive
de telles activités dans ces deux villes y a entraîné une situation démographique
explosive et un développement urbain chaotique. Par contre, les autres villes de
la région telles que Fort-Liberté, chef-lieu du département du Nord-Est d’Haïti,
Trou du Nord, Terrier Rouge, Ferrier etc. sont délaissées et sont à la traîne de
ces deux pôles économiques précités. Certaines d’entre elles se convertissent
en villes de bord de route ou de transit du commerce transfrontalier, d’autres
s’apparentent à des villes mortes. Ces villes sont réduites à leur plus simple
expression sans perspectives d’avenir pour les jeunes et sans espoir pour les
moins jeunes. Une partie de la population émigre vers la République
Dominicaine, le Cap-Haïtien, Ouanaminthe ou vers Port-au-Prince à la recherche
d’un minimum d’insertion sociale (emploi, éducation..).
Entre Terrier Rouge et Duhaut, quartier situé à l’entrée de Ouanaminthe,
s’étalent de grandes étendues de plaines semi-arides s’apparentant à un désert
humain. Ce secteur est dépourvu d’activités économiques substantielles, peu
d’agriculture est remarquée et l’habitat est y dispersé.
Dans le but de favoriser un développement territorial harmonieux, il est envisagé
d’entreprendre des actions qui visent la revitalisation de la région en proposant
des stratégies susceptibles de relancer l’économie et d’aboutir à un nouvel
équilibre spatial. Ces actions passent :
-
Par la construction d’un nouveau pôle régional autour de Fort-Liberté qui
offrira de nouvelles alternatives économiques viables à la région,
-
Par la mise en place de projets structurants qui donneront forme au
territoire dans une logique de développement régional plus équilibré.
3.6.2- Un pôle industriel pour un développement territorial plus équilibré
La constitution d’un pôle de développement dans la région de Fort-Liberté
donnera lieu à un nouveau bassin de vie et d’emplois capable d’attirer et de fixer
une masse importante de population dans cette région. Cette approche
permettra aussi de désencombrer les agglomérations du Cap et de Ouanaminthe
déjà dégradées par la bidonvilisation. Les espaces délaissés dans ces deux
villes seront récupérés et aménagés. Au Cap-Haïtien, les opérations
d’aménagement permettront à cette ville de renouer avec sa tradition touristique
34
tandis que la ville de Ouanaminthe gardera sa vocation commerciale. De plus
dans le but de favoriser une diversification des activités économiques et une
ouverture de la région de Fort-Liberté à la République Dominicaine, il est
conseillé d’entreprendre la construction d’une route reliant carrefour Chivry à
Pepillo Salcedo. Cette route sera empruntée par les touristes venant de la
République Dominicaine et ceux sortant d’Haïti, dans le cadre d’un
développement touristique binational.
Ces actions sont conçues dans l’idée de rendre vivables les différentes villes de
la région et d’aboutir à une meilleure répartition des activités économiques
régionales en fonction de la vocation et des potentialités de chaque zone.
3.6.3- Le développement industriel, un choix à faire
La région de Fort-Liberté a été depuis la deuxième moitié du XXème siècle une
zone de prédilection pour l’implantation des activités industrielles. Vers les
années 70 une compagnie américaine a mis en place une fameuse exploitation
connue sous le nom de plantation Dauphin. L’exploitation et le traitement du sisal
constituaient la principale activité industrielle de la zone sur laquelle reposait
l’économie de la région. Les traces de cette activité industrielle sont toujours
présentes dans le paysage comme en témoignent les ruines des anciennes
usines observées sur le terrain, les grands réservoirs encore présents au fort La
Bouque et les maisonnettes en ruine de Dérac.
De nos jours, les vastes étendues de terres laissées en abandon par la
compagnie Dauphin suscitent l’intérêt de nombreux groupes industriels tels que
Brandt, Laroche, Hong Kong Karibe et autres. Le Plan Directeur du Tourisme
élaboré dans le cadre du projet « route 2004 » considère Fort-Liberté comme
zone prioritaire. Un développement touristique de grande envergure est planifié
pour cette région. Dans le cadre de ce plan, il est prévu la mise en place d’une
grande station balnéaire et la construction de 10 000 chambres d’hôtels de haut
standing, de terrains de golf, de marina etc.
Les promoteurs de ce plan se basent sur la beauté du site, sur le potentiel
foncier de la région permettant de développer des villages touristiques, sur les
richesses patrimoniales (monuments historiques, architecture coloniale) et le
potentiel balnéaire. « Le beau rivage atlantique proposant la balnéarité classique
d’une plage tropicale ; grand linéaire de sable clair descendant vers les fonds
coralliens très purs, précise le Plan Directeur Tourisme Cf rapport final 2 juin
1996 »
Concernant le potentiel balnéaire de Fort-Liberté : Les nombreuses missions
effectuées dans la zone prouvent le contraire. La zone côtière est ponctuée de
marécages, de mangroves et de marais salants. Il n’existe pas dans la région de
plages de grande valeur capables d’attirer les touristes. L’unique plage qui
existe, se trouve dans la baie de Mancenille, en face de Pepillo Salcedo à une
35
quinzaine de kilomètres de Fort-Liberté et est partagée avec la République
Dominicaine. Comment attirer les investisseurs à concrétiser un projet construit
autour d’un potentiel qui n’existe pas ?
Concernant les richesses patrimoniales : La ville de Fort-Liberté fut
construite vers 1731 au XVIIIème sur ordre de Louis XV, Roi de France. Elle
surplombe une magnifique baie protégée par de multiples forts dont le plus
impressionnant est le Fort St Joseph.
Aujourd’hui, les richesses patrimoniales de Fort-Liberté sont mises à rude
épreuve. En dépit des travaux de préservation effectués par l'ISPAN au milieu
des années 1990, le fort St Joseph est actuellement dans un piteux état. Les
boulets et canons ont été emportés. Les pierres taillées à Nantes qui ont pavé
ses allées n’existent quasiment plus.
Au centre ville les anciennes maisons dont l’architecture remonte à l’époque
coloniale sont menacées de ruine.
De ce point de vue, Fort-Liberté ne renferme pas assez d’attractions touristiques
ni de produits phares capables d’attirer un nombre imposant de touristes et qui
pourrait justifier la construction de 10 000 chambres d’hôtels. La région du Cap
avec son patrimoine bâti, ses monuments historiques classés patrimoine culturel
mondial de l’UNESCO, ses sites religieux, ses belles plages (Labadie, Chouchou
Bay, Pass Kanòt, Cormier) est un grand concurrent régional en matière de
développement touristique et risque de faire échouer le projet touristique de FortLiberté, d’autant plus que le Gouvernement actuel accorde la priorité au
Département du Nord en matière de développement touristique. Toutefois, FortLiberté pourrait être considéré comme une zone de transit pour les touristes
venant de la République Dominicaine. Un tourisme de court séjour peut aussi
être envisagé dans la mesure où les monuments historiques (en particulier le
Fort Saint Joseph, les forts la Bouque et la Chaux) et le patrimoine bâti sont
restaurés. Quelques hôtels pourront être construits et un port de plaisance
pourra être aménagé. Une partie de la baie de Fort-liberté sera mise à profit pour
des activités nautiques.
Toutefois, la relance économique de la région est à rechercher dans un autre
domaine plutôt que dans le tourisme. Le développement industriel constitue
l’orientation à prendre. En effet, la région se prête à un tel développement, elle
renferme un capital foncier important et des investisseurs manifestent déjà un
certain engouement pour investir dans la zone.
Des mesures importantes doivent être adoptées par les autorités compétentes
du pays afin de faciliter les investissements dans la région. Celles-ci doivent
d’abord définir les orientations stratégiques en matière de développement
industriel, de production de l’énergie et de construction d’infrastructures.
Des mesures incitatives d’ordre fiscal doivent être envisagées afin d’aménager
36
un cadre règlementaire approprié de nature à encourager des investissements
privés dans la zone. Une révision du cadastre doit être effectuée afin
d’inventorier le statut du foncier puis passer des contrats de bail avec des
compagnies privées intéressées à s’implanter dans la zone. Ces derniers doivent
toutefois contenir des échéanciers précis selon lesquels les investissements
projetés seront réalisés. Trop souvent en effet, certaines compagnies signent
des contrats de bail avec l’Etat, s’approprient d’une grande quantité de terres
dans la région pour finalement les laissent en jachère.
De plus, un plan de protection environnementale doit être envisagé. Les
installations industrielles qui seront implantées dans la zone risquent d’avoir un
effet néfaste sur l’environnement plus particulièrement sur la baie et
l’écosystème marin. Ainsi, un
système d’assainissement et une station
d’épuration doivent être construits afin d’éviter toute forme de pollution par les
eaux usées provenant des industries et l’augmentation de ces dernières du fait
de l’augmentation de l’agglomération.
3.6.4- Des filières industrielles à promouvoir
En terme d’orientation pour le développement industriel, trois grandes filières
industrielles peuvent être mise en oeuvre :
a) Développement d’une zone franche industrielle à Phaéton
En 2002, le projet d’implantation d’une zone franche dans la plaine de
Maribaroux à Ouanaminthe s’est heurté à l’opposition de nombreux agriculteurs
et de syndicalistes haïtiens arguant que cette plaine si fertile, à vocation agricole,
ne se prête pas à de telles activités. Ce projet si ambitieux au départ s’est limité
à l’installation de quelques unités d’industries textiles du Grupo M produisant
des biens destinés à l’exportation. Aucun plan d’extension n’est envisagé
jusqu’ici, étant donné que ce projet n’a pas fait l’unanimité au sein de tous les
acteurs de la région.
La zone de Phaéton, semble être le site idéal pour l’implantation d’une zone
franche industrielle. Cette zone au climat semi aride et dépourvue de potentialité
agricole correspond au site de l’ancienne plantation Dauphin. L’implantation
d’une zone franche sur ce site permettra de produire des biens destinés à
l’exportation et génèrera des emplois.
b) Développement de l’agro industrie
Les expériences du passé ont montré qu’il est risqué de construire l’économie
d’une région autour d’une activité économique unique. La diversification des
activités économiques est l’une des orientations à retenir dans le cadre de la
promotion du développement industriel autour de la région de Fort-Liberté. En
plus de la zone franche industrielle, l’agro industrie constitue une option
37
importante. Elle permettra de produire des biens alimentaires destinés à la
consommation locale.
L’importation des produits alimentaires représente une part importante du
volume total des importations du pays dans le cadre des échanges commerciaux
entre Haïti et l’extérieur qui s’avèrent de plus en plus déficitaires. Cette agro
industrie contribuera à la substitution partielle à l’importation de certains produits
alimentaires et aura un impact positif sur l’économie nationale en diminuant les
pressions sur la balance des paiements. Cette industrie de transformation sera
alimentée par les denrées agricoles produites dans la région. L’une des activités
agricoles de base de la région étant l’élevage, l’agro industrie pourra être axée
sur la transformation des produits tirés de l’élevage. On pourra installer dans le
parc industriel des laiteries, des beurreries, des fromageries, des tanneries etc.
Toutefois, il conviendra de restructurer l’élevage en vue de garantir de meilleurs
rendements. Dans le cadre de cette restructuration, l’assistance technique de
certains pays comme l’Argentine ayant beaucoup d’expérience dans l’élevage
bovin pourra être sollicitée. En outre, il conviendra d’affecter une partie du
territoire régional à la production fourragère destinée à l’alimentation du cheptel.
La Plaine de Maribaroux semble être l’endroit indiqué pour la mise en œuvre du
projet élevage.
c) Installations pour la production du bio éthanol et biodiesel à des fins
énergétiques
La réduction de la dépendance du pays à l’égard des produits pétroliers importés
doit être l’une des préoccupations majeures de l’État haïtien dans un contexte
marqué par la flambée des prix du pétrole au niveau international et l’épuisement
d’ici un siècle de cette ressource. Aussi, il est impératif de développer des
solutions alternatives en promouvant l’utilisation de biocarburants. Grâce à une
politique volontariste, le Brésil² 2 est à l’heure actuelle le pays le plus avancé dans
le domaine de la production du bioéthanol carburant. En septembre 2005, une
voiture sur trois commercialisées au Brésil (32%) était déjà bi-combustible,
contre 4,3% seulement en 2002. 40% de l’essence utilisée dans ce pays est
constitué d’éthanol, cette démarche permet au Brésil de limiter sa facture
pétrolière et de réduire sa facture pétrolière.
2
Le Brésil est le troisième producteur mondial de bioéthanol. Il a commencé à produire
ce carburant de remplacement il y a 30 ans. Aujourd'hui, dans ce pays, selon la FAO, un
million de voitures utilisent du carburant produit à partir de cannes à sucre et 1,5 million
d'agriculteurs cultivent la canne à sucre pour la transformer en carburant. La plupart des
nouvelles voitures construites au Brésil ont des moteurs capables de fonctionner à
l'essence, au bioéthanol ou avec un mélange des deux.
38
En Haïti, la mise en place dans la région de Fort-Liberté de distilleries destinées
à la production du bioéthanol, d’une usine de déshydratation et d’usines de
production de biodiesel est une démarche à promouvoir dans le cadre du
développement industriel proposé pour cette région. Cette production sera
assurée par des usines qui traiteront des matières premières (sorgho sucré,
canne à sucre, jatropha, ricin) qui peuvent être produites dans la région. Cette
industrie exige en effet, une production intensive de matières premières
agricoles destinées à l’alimentation de la machinerie. Ainsi, des superficies
importantes de terre de la région pourront être consacrées à de telles
productions. Un plan bien conçu en matière de développement agricole doit être
élaboré pour la région afin d’éviter une concurrence entre la culture des terres
pour des récoltes vivrières et leur culture pour des récoltes énergétiques.
Une zone bien aménagée doit être prévue au niveau de la zone industrielle tant
pour le stockage du biocarburant produit que pour les produits pétroliers
importés de l’étranger. Ce site doit être placé dans un endroit stratégique avec
une ouverture sur l’océan atlantique permettant son approvisionnement par
bateau et l’expédition de marchandises vers d’autres régions. De plus, il doit être
tenu un peu à l’écart des installations industrielles afin d’éviter tout risque
d’accident technologique.
La production de l’éthanol et du biodiesel dans la région favorisera de nouveaux
investissements, la réduction des importations de produits pétroliers et le
développement éventuel d’une nouvelle filière d’exportation.
39
3.7- Mettre en valeur la baie de Fort-Liberté
De par sa configuration a baie de Fort-Liberté constitue l’une des baies les mieux
protégées de la région caribéenne. Cette baie au bleu d’azur ayant l’allure d’un
grand lac intérieur s’étale sur 8 kilomètres de large d’est en ouest et sur 6
kilomètres de long du nord au sud. Ce plan d’eau intérieur bien protégé des
cyclones et des tempêtes débouche vers le nord sur un chenal de 200 mètres lui
permettant de communiquer avec l’océan Atlantique.
Au niveau de la baie, les tirants d’eau atteignent par endroit jusqu’à 22 mètres en
dessous du niveau de la mer. De plus, sa position géographique, son ouverture
sur les îles caraïbes Nord et de la Floride, sa proximité par rapport à la
République Dominicaine et du Cap-Haïtien pourront lui permettre d’avoir un rôle
stratégique dans le trafic maritime international (voir l’image suivante).
Floride USA
Fort-Liberté
Canal de Panama
Image satellite Google 2007 : vue d’ensemble du bassin caribéen
40
Ces atouts peuvent être mis en valeur dans le cadre d’un plan d’aménagement
en vue de l’exploitation de la baie à des fins économiques. Cette mise en valeur
de la baie permettra de doter la région d’infrastructures portuaires de grande
envergure qui comprendront : un méga port de distribution, un terminal pétrolier,
une marina et un carénage.
3.7.1- Développement d’une zone portuaire dans la baie de Fort-Liberté
La zone industrielle de Fort-Liberté sera confortée par des installations portuaires
de grande envergure. Ce port desservira non seulement la zone industrielle mais
aussi toute la région. Il remplacera valablement le port marchand du Cap-Haïtien
touristique qui sera aménagé en port de croisière. Par ce port, la région aura une
porte ouverte sur le monde et participera activement au commerce international.
Il convient de noter qu’avec la nouvelle route, ce port sera à moins d’une heure
du Cap-Haitien.
3.7.2- Construction d’une marina
La baie de Fort-Liberté de par sa configuration, constitue un endroit sûr pour
mettre à l’abri des bateaux durant les saisons cycloniques. Elle pourra donc être
proposée comme havre aux yachts et petits bateaux de plaisance.
3.7.3- Chantier naval et carénage
Avec l’implantation de la zone franche, la construction du port et de la marina,
Fort-Liberté sera une ville active du point de vue des activités maritimes et
industrielles. Ainsi, il conviendra de promouvoir dans cette région des métiers
axés sur la mise en valeur de la mer. Dans cette perspective, il sera encouragé
la construction d’un chantier naval destiné à construire des bateaux pour le trafic
maritime de notre pays qui compte plus de 15oo kilomètres de côte et aussi un
atelier pour la réparation et l’entretien des bateaux.
41
3.8- Faire de
professionnelle
Fort-Liberté
un
centre
de
formation
technique
et
Dans le but de conforter le développement industriel engagé à Fort-Liberté, la
ville de Fort-Liberté fera office de centre de formation technique et
professionnelle. A ce titre, des écoles techniques et professionnelles seront
mises en place afin de fournir des formations de qualité dans des domaines bien
spécifiques liés à l’industrie, aux techniques du bâtiment, aux métiers de la mer,
au tourisme (construction navale, réparation de bateaux, école de navigation,
technique de la pêche, hôtellerie, restauration, accompagnement de touristes).
En ce sens une coopération pourrait être sollicitée des pays amis ayant une
certaine expérience dans le domaine de la formation professionnelle afin d’aider
à la mise en oeuvre d’un tel projet.
3.9- Production énergétique
La région de Fort-Liberté est irrégulièrement alimentée en électricité depuis le
départ de la compagnie Dauphin en 1982. Quoique des efforts aient été
consentis en 2001 par les pouvoirs publics pour l’acquisition d’une nouvelle
génératrice, l’alimentation de la zone en électricité demeure hypothétique faute
d’approvisionnement en carburant dont les prix s’avèrent de plus en plus élevés
ces derniers temps. Cette situation amène les particuliers à s’équiper de petits
groupes électrogènes ou de petites éoliennes pour satisfaire leurs besoins
propres.
Dans l’optique de promouvoir le développement industriel dans la région, la
recherche de sources énergiques alternatives pour la production électrique
constitue un préalable incontournable en matière de stratégie à adopter afin
d’assurer la fourniture d’énergie de manière continue et d’éviter toute rupture
dans l’approvisionnement.
L’énergie éolienne constitue une réelle opportunité en terme de solution
alternative ainsi qu’un moyen pour faire baisser les coûts de production de
l’énergie.
La région de Fort-Liberté bénéficie de bonnes conditions de vent et possède un
important potentiel d’énergie éolienne qui mérite d’être valorisé. L’Atlas éolien
réalisé par Winergy dans le cadre d’une étude menée dans la région, mentionne
la zone littorale de Fort Liberté comme disposant d’un gisement éolien d’une
vitesse moyenne annuelle de l’ordre de 8 m/s ou 28,8 km/h. En général, les
éoliennes produisent de l’électricité lorsque les vents soufflent à plus de 13 km/h.
La production augmente jusqu’à un maximum d’environ 55 km/h. Lorsque les
vents soufflent à 90 km/h ou plus, la plupart des grosses éoliennes s’arrêtent
pour des raisons de sécurité.
42
Deux sites éoliens peuvent être exploités dans la région de Fort-Liberté pour
l’implantation d’une centrale destinée à produire de l’énergie électrique. Il s’agit,
du tour de la Baie de Fort-Liberté et la côte Est de l’embouchure du chenal
reliant la baie à l’océan.
Cependant, l’énergie éolienne à elle seule ne peut pas résoudre tous les
problèmes énergétiques de la région. Le vent est une source intermittente
d’énergie puisqu’il ne souffle pas toujours à la vitesse requise pour produire de
l’électricité. Ainsi, il conviendrait de coupler l’énergie éolienne à l’énergie
thermique afin de produire de l’énergie en quantité suffisante de manière
régulière. De plus, la centrale électrique moderne qui devra être installée à FortLiberté doit être raccordée au réseau de distribution du Cap-Haïtien afin
d’assurer un meilleur fonctionnement du réseau électrique régional et de
compenser les pertes énergétiques.
43
3.10- Mettre en valeur la plaine de Madrasse et celle de Maribaroux
3.10.1- Construction de l’aéroport du Nord à Madrasse
L’emplacement actuel de l’aéroport du Cap-Haïtien nuit grandement à son
fonctionnement et constitue un handicap majeur à son développement. Dans le
cadre du plan de développement envisagé pour la région nord, il est proposé la
délocalisation de l’aéroport actuel et la construction d’un nouvel aéroport
moderne offrant des vols internationaux et locaux.
Dans le cadre de la recherche d’un site approprié pour la concrétisation de ce
projet, des visites ont été effectuées à Madrasse.
Les conclusions tirées de cette étude préliminaire commanditée par l’OFNAC
(Office National d’Aviation Civile) ont prouvé que le site de Madrasse possède un
ensemble d’avantages permettant d’y construire un aéroport international
pouvant répondre aux normes de l’OACI.
Madrasse est une zone de plaine très étendue, peu bâtie et peu cultivée. Cette
zone ne possède pas d’obstacles physiques et les vents qui y soufflent sont
plutôt favorables à la navigation aérienne. Ce site représente l’endroit idéal de la
région pour l’implantation d’un aéroport international doté d’une piste aux
standards internationaux et d’un aérodrome décent avec des équipements de
navigation sûrs. Le Consultant qui a réalisé cette étude préliminaire a
recommandé à L’OFNAC qu’on fasse le balisage de ce site et des études plus
approfondies en vue de statuer définitivement sur ce projet.
Madrasse est situé à mi-chemin entre Cap-Haïtien (pôle touristique envisagé) et
Fort-Liberté (pôle industriel envisagé). La mise en service du tronçon Cap /
Ouanaminthe suite à sa réhabilitation mettra le nouvel aéroport à 20 minutes du
Cap-Haïtien et 25 minutes de Fort-Liberté. Cet aéroport qui accueillera des
avions de grande capacité desservira toute la région Nord et permettra à celle-ci
d’être autonome en matière de transport aérien. Cette infrastructure apportera un
appui important au développement du tourisme régional et consolidera le
développement industriel dans le Nord-Est.
3.10.2- Mise en valeur de la plaine de Maribaroux
Faute d’une maîtrise effective des ressources hydriques de la région, la vaste
plaine de Maribaroux connue pour sa bonne potentialité agricole (voir carte # 10)
est sous exploitée.
44
Légende
POTENSIALITÉ DES SOLS DE LA RÉGION NORD
Réseau routier !
Potentialité des sols
Route principale
EXCELLENTES
TRES BONNES
Rivière
BONNES
MOYENNES
MEDIOCRES
FAIBLES
! Bas Limbé
Cap Haitien
|
!(
o
Madrasse
Prêt BID 1493/SF-HA
!(
! Terrier Rouge
Ri v
R
Perches
!
ma
try
! Ouanaminthe
!! Dajabon
sa
!(
Desmoulins
Acajou!(
Dosmont!(
i
Acul!( Samedi
Ri
Dilaire!(
r
as
viè
Ri
!(
Mérande
eJ
Petit Bourg de Danda!(
v iè
re C
!
Grand Bassin!(
èr
i vi
!(
La Garène!(
èr
ar e
t
ac
a rt
Dondon
ord
Ca
b
Ri
e
vi è r
Pile
è re
uN
e
he
e C ar acol
vi
uD
vi
T
eti
te
Ri
vi
Ri
èr
! Sainte-Suzanne
P
!
!(
Bourg Dumas
re
ro
Artaud!(
Réforme!(
Gosse Roche!(
Baja!(
!
Bahon
r e Du
rd
$
! Vallières
R
! Ranquitte
iv
i èr
Ri
eT
re
u
Ne
Chevalier!(
Ge
Gens de!( Nantes
!
! Capotillo
! Mont Organisé
ra
m
at
o
èr
eG
Godin!(
Nan Garien!(
!(
Colonia Triniteria
!(
Mariano Cestero
iv
i
Dé
RN3
i ère
Grande Savane!(
Terre Salée!(
re
ve
Ri v
!
! Mombin Crochu
RN 3
! La Victoire
v iè
Bois Nago!(
Carice
! Pignon
a
er
Bois Gamelle!(
! Saint - Michel de L'Attalaye
eN
!
Santiago de la Cruz
Deron-Ville!(
! Capotille
nt
es
No
D
ivi è
ns
$
G r an d e R
!
Saint Raphael
Colonia Cabonera
Ferrier
!(
Garot
iè
! Grande Rivière du Nord
Philibert!(
Dérac!(
!(
!
! Milot
! Marmelade
!(
Meillac!(
R
in
Maribaroux
Copey
!(
!(
Grande Saline!(
RN6
tte
e
ud
!
R
Ga
Fort Liberté
Limonade
3
RN
èr
i vi
! Caracol
La
!
Plaine Du Nord
!! Pepillo Salcedo
¹
Pepillo Salcedo
! Quartier Morin
e
RN3
!
Acul du Nord
Janvier 2007
EAU
REPUBLIQUE DOMINICAINE
RN
1
Echelle 1 : 300, 000
TRES LIMITEES
RN1
!
LIMITEES
R
R ivière Goua p e
!(
!(
! Restauracion
Restauracion
Carte # 10, potentialité des sols dans la région de Maribaroux
Une bonne partie de ce territoire est de nos jours abandonnée, laissée en friche
à la merci des peuplements de bayahondes et d’herbes sauvages. Dans d’autres
parties une agriculture de grappillage est pratiquée et l’élevage se fait de
manière extensive. Une mise en valeur de cette plaine est possible. Des études
réalisées dans la région prouvent que les rivières de la zone peuvent être
utilisées à des fins d’irrigation. Des investissements doivent être consentis afin
de doter la zone des infrastructures hydro agricoles permettant d’irriguer, de
drainer et de mettre en valeur une grande partie de la surface cultivable. Cette
mise en valeur agricole de la plaine de Maribaroux peut être orientée vers la
restructuration et l’intensification de l’élevage bovin étant donné que la zone a
déjà une grande tradition dans ce domaine.
45
3.11- Planifier le développement urbain de Fort-Liberté
Le développement de la zone industrielle autour de Fort-Liberté aura à coup sûr
un impact important sur le développement territorial régional. En générant un
grand nombre d’emplois dans la région, le développement industriel favorisera la
fixation de dizaines de milliers d’habitants dans la zone et contribuera à
l’augmentation de la pression démographique. Dans le but d’éviter une
croissance urbaine désordonnée comme c’est le cas des villes du Cap-Haïtien et
de Ouanaminthe, il serait judicieux de mettre en place un plan d’extension et
d’aménagement de la ville. Les actions suivantes doivent êtres envisagées.
3.11.1- La réhabilitation de l’ancienne ville
Ces travaux concernent tant l’aspect physique de la ville que le cadre bâti. Les
travaux de rénovation urbaine permettront de restaurer le centre ville historique
par la réhabilitation des bâtiments anciens ayant une certaine valeur historique et
patrimoniale. De plus, il conviendra de s’attaquer à certaines poches d’inconfort
urbain caractérisées par l’habitat insalubre. Un programme de logements doit
être envisagé. Des travaux de réfection des routes urbaines doivent être
entrepris en vue de rendre la ville attractive et de faciliter la circulation.
Le bord de mer Fort-Liberté est en voie d’être bidonvillisé et dégradé, ainsi un
boulevard de front de mer pourra être construit associé à une zone verte et de
promenade. Dans cette zone seront permises des activités ludiques, de loisirs
ainsi que des activités respectueuses de l’environnement. Cette action permettra
de récupérer ce patrimoine naturel en orientant son usage futur.
3.11.2- Remise en état des infrastructures de services
La remise en état des infrastructures de services constitue un volet important du
plan d’action envisagé pour Fort-Liberté. Ces actions permettront d’améliorer et
de généraliser les services urbains de base. En effet, il conviendra de :
-
réhabiliter et étendre les réseaux d’eau potable et d’électricité,
mettre en place un réseau d’assainissement des eaux usées et de
drainage des eaux pluviales,
mettre en place un système de gestion des déchets,
organiser le système de transport urbain et interurbain
46
3.11.3- Envisager un plan d’extension pour Fort-Liberté par la construction d’une
nouvelle ville
La construction d’une nouvelle ville à Fort-Liberté correspond à la préoccupation
majeure consistant à faire d’elle le second pôle urbain régional. Cette nouvelle
ville se développera un peu à l’ouest dans le continuum de l’ancienne. A cet
endroit, sera développée une nouvelle trame urbaine avec des rues bien
dimensionnées et bien réparties spatialement. Cette ville sera implantée dans
une zone naturelle caractérisée par certaines contraintes physiques (marais,
eaux stagnantes, zone inondable). Ainsi des travaux de drainage et de
viabilisation des terrains à risque seront nécessaires afin d’assécher les marais
et de minimiser les risques d’inondation tout en réservant les zones inondables
indsispensables. Cette ville aura une façade sur la magnifique baie de FortLiberté autour de laquelle sera implanté un immense espace vert. Ce dernier
servira de corridor écologique en assurant l’échange entres les différents
écosystèmes de la région et aussi d’espace de promenade ou de loisir aux
habitants de la région.
Plutôt qu’un marché central avec les problèmes liés à l’encombrement et des
problèmes de circulation comme c’est le cas au Cap-Haïtien et dans les
principales grandes villes d’Haïti, il est préconisé le développement de petits
marchés de quartier qui offriront des services de vente de proximité.
Pour les zones résidentielles il est préconisé la mixité des quartiers (mixité
sociale et de fonction).
En fin de compte, le nouveau Fort-Liberté fera office de centre industriel, et de
centre d’enseignement technique et professionnel lié aux métiers de la mer.
47
IV. CONCLUSION
Lors du diagnostic du territoire, de nombreuses potentialités apparaissent malgré
des contraintes réelles. Ces potentialités méritent d’être valorisées dans une
optique de développement durable. Pour cela, l’Unité Technique d’Exécution
(UTE) vise par ce document à produire un ensemble de réflexions afin de
proposer un cadre pour le développement des infrastructures dans la région
Nord d’Haïti.
De ces réflexions, des pistes de solutions ont été dégagées, axées sur les
préconisations suivantes :
a) Désencombrer les villes du Cap-Haïtien et de Ouanaminthe très
dégradées par la bidonvilisation afin d’entreprendre des travaux
d’aménagement et de rénovation urbaine,
b) Délocaliser et redistribuer les infrastructures et les équipements lourds en
fonction d’une meilleure répartition spatiale,
c) Redéfinir les affectations de territoire sur la base d’une meilleure prise en
compte de la vocation de chaque espace,
Ces préconisations donnent lieu à trois grandes orientations prioritaires en
matière de développement régional
A- La première orientation consiste à redonner à la ville du Cap-Haïtien sa
vocation touristique moyennant des travaux de rénovation urbaine, de
restauration de patrimoine bâti et des actions de remise en état des voies
d’accès aux sites attractifs de la région. Une nouvelle ville sera édifiée à
l’emplacement de l’actuel aéroport transféré à Madrasse. Cette ville sera
dotée d’équipement moderne, d’un réseau routier réhabilité et connecté à
deux rocades permettant de fluidifier la circulation.
(Voir cartes de la ville du Cap-Haitien actuel et futur)
48
49
50
La deuxième orientation consiste à réaménager la ville de Ouanaminthe
actuellement très dégradée par la bidonvilisation, en permettant à cette ville
d’avoir une meilleure image plus conforme à son statut de pôle régional
commercial transfrontalier.
En tant que porte d’entrée du pays par la République Dominicaine, des
aménagements très profonds doivent être effectués et des
investissements importants seront nécessaires en vue de construire des
infrastructures.
Ces aménagements permettront de doter cette ville d’une trame viaire
cohérente afin de faciliter les déplacements. De plus, il conviendra
d’aménager deux rocades l’une au nord de la ville l’autre au sud
permettant de contourner la ville et ainsi dévier le trafic des poids lourds.
(Voir cartes de la ville de Ouanaminthe actuel et futur)
51
52
B- Enfin la troisième orientation consiste à construire autour de Fort-Liberté
un pôle régional qui offrira des alternatives économiques viables à la
région. Ce projet passe nécessairement par l’implantation des installations
industrielles dans la région ainsi que par la mise en place d’un réseau
infrastructurel lourd qui donnera forme au territoire. Dans le cadre de ce
projet, il a été préconisé le transfert de l’aéroport du Cap à Madrasse et la
construction d’un grand port marchand dans la baie de Fort-Liberté. Ce
port pourra accueillir des bateaux de grande capacité, desservira toute la
région et remplacera valablement le port du Cap qui sera aménagé en
port touristique. Quant à l’aéroport international du Nord, il sera construit à
Madrasse. Ce site offre un excellent avantage par le fait qu’il se trouve à
mi-chemin entre le Cap (pôle touristique) et Fort-Liberté (pôle industriel).
La reconstruction de la RN6 réduira encore plus les distances.
(Voir cartes de Fort-liberté actuel et futur)
53
VILLE DE FORT-LIBERTE: ETAT ACTUEL
54
55
Cette réflexion a été produite en vue de favoriser un développement territorial
équilibré basé sur la prise en compte de la vocation des espaces. Elle trouvera
toute sa justification dans la mesure où elle servira aux pouvoirs publics, aux
investisseurs, de support pour mieux orienter les investissements futurs dans la
région. (Voir Carte d’aménagement régional)
56
57