SANS COMBATTRE - Archives de Poil à gratter
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Numéro 1 - Mai 2014 Poil à gratter n°1 GÉOPOLITIQUE SUN TZU ET LA GUERRE SANS COMBATTRE P.8 OU LA RUSSIE EN CRIMÉE ÉCONOMIE LE TRAITÉ DE LISBONNE, CE CONTRAT QUI MÉRITE D’ÊTRE LU. P.17 SANTÉ LES ESCLAVES DU SOIN P.6 En Francs ou en Euros contribuez à la vie de Poil à Gratter ! - Poil à gratter - n°1 Page 2? Page ?3 EDITO Poil à gratter - n°1 A l’inconnu(e) qui tient entre ses mains ce journal… Toi qui tient entre tes mains ce numéro de « Poil à Gratter ! », sache que nous te vénérons, nous te sanctifions et nous faisons chaque soir des messes vaudou à ta gloire pour que la vie te réserve bonheur et réussite. Car oui cher lecteur inconnu : tu es notre Dieu ! Et si tu es une lectrice, tu es pour nous encore audessus de Dieu, car nous sommes à la majorité qualifiée une équipe de mâles, avec des poils, des aisselles qui puent et des chaussettes sales qui traînent sous notre lit. Nos petites hormones masculines guidant instinctivement notre vénération auprès des Vénus de ce Monde, Dieu restera un subalterne face à toi chère lectrice. Seule Manon, notre douce et jolie infographiste qui n’a donc ni poils ni aisselles qui puent, ne voudra pas mettre une lectrice au-dessus d’un lecteur dans la hiérarchie bien comprise des divinités. Cela du fait d’une hétérosexualité aussi sectaire qu’affligeante, mais rassure toi Ô noble lectrice, elle est bien la seule à ne pas te déifier avec le respect qui s’impose dans la fine équipe ! Mais trêve de flatterie, détaillons le menu de ce mois-ci : Tout d’abord, une petite mise en abîme avec les brèves du net ! Encore une fois, on vous a sorti quelques photomontages ou tweets qui nous auront fait sourire pour illustrer en images la décadence de ce monde. Les internautes sont fous, et nous ne pouvons pas nous empêcher de vous transmettre une peu de leur folie ! Puis on attaque sévère avec un article du Professeur Pougala, géopolitologue Africain qui va nous donner une leçon de stratégie militaire selon Vladimir Poutine, qui semble avoir été influencé par un certain Sun Tzu. Ce dossier très bien détaillé et sourcé, va te permettre de t’initier à la « real geopolitique » très loin des sophismes médiatiques expliquant que les gentils sont les « démocraties » occidentales, et le gros vilain méchant, la vilaine tyrannie Russe. Si bien sûr tu as peur d’apprendre chère lectrice, cher lecteur, qu’en fait nous ne serions ni en démocratie, ni forcément très gentils par ce qu’occidentaux, nous te laissons toujours le libre choix de la soupe de TF1, France Télévision, Radio France, RTL, Europe 1, Médiapart, Libération, etc, etc. Mais nous faisons confiance à ton sens critique, ton amour irrépressible pour la vérité, aussi dérangeante qu’elle puisse être. Nous sommes certains que chaque jour tu te demandes si tu ne vas pas jeter ton téléviseur aux ordures si ce n’est déjà fait. « Poil à Gratter ! » nous le confessons, souhaite t’y encourager vivement ! Après quoi, nous te proposons de découper une jolie petite lettre populaire à M. Hollande, et lui envoyer directement par la poste. Ça lui fera plaisir, il a besoin d’un peuple souverain pour le conseiller et il est en ce moment un peu perdu. Puis nous continuerons avec un dossier pédagogique sur les conséquences de l’interdiction de réguler les mouvements de capitaux, interdiction qui nous est imposée par le Traité de Lisbonne. Ce sera aussi l’occasion de découvrir un parti politique qui n’a pas accès aux médias, alors qu’il fait preuve de pédagogie à la population. Il ne sera pas le seul qu’on te fera découvrir dans « Poil à Gratter ! » Toujours dans le registre de l’économie, un autre article qui fera apparaître comment notre société actuelle fait du travailleur une simple machine productive, au lieu de le considérer comme un être humain. Un article enfin qui nous a été gentiment confié par « Le Cercle des Volontaires », média web indépendant, sur la dégradation de la qualité des services de soins dans les hôpitaux. On espère que ce « Poil à Gratter ! » va éveiller tes petits neurones et te transformer en Che Guevara de salon, dans tes prochaines soirées entre amis ! En te souhaitant une agréable lecture, OURS Directeurs de publication : Ugo Ledoux et Sylvain Baron Distribution : Jérémy Domercq Responsable Marketing : Sami Dief Graphiste : Manon David Gestion site web : Amine Benguesmia "Poil à Gratter !" imprimé à 1000 exemplaires par : Les éditions de l'Ormée 25 route de Maron, 33370 Fargues St Hilaire Site internet : poilagratter.info Contact : [email protected] Téléphone : 06 48 66 93 68 N° d’ISSN : 2272-9348 - N° RNA : w332016226 - Date de dépot légal : 03 avril 2014 - Tiré à 300 exemplaires LES BRÈVES DU NET Les militants UMP ont souhaité se montrer prévenants s'agissant du cirque électoral et médiatique autour de M. Juppé à Bordeaux. Poil à gratter - n°1 Page 4? Les errements diplomatiques de Fabius sur Tweeter : C'était le 18 mars dernier. D'abord, très gentiment il nous rappelle que la France collabore avec les U.S.A comme elle le faisait avec l'Allemagne durant l'occupation. Fabius, tempête, menace, avant tout d'un coup de se rappeler que trop chatouiller les Russes, ça peut coûter des emplois avec l'affaire des porte-hélicoptère Mistral. Peut-être Fabius devrait-il lâcher Tweeter, s'intéresser aux intérêts bien compris de la France en dépit des ingérences Etats-Uniennes en Ukraine, et prendre quelques cours de géopolitique... ▼ Plutôt que démissionner, Normal 1er a finalement choisi un remaniement ministériel après la raclée des municipales. En exclusivité, « Poil à Gratter ! » vous révèle sa nouvelle équipe. En février 2011, Jean-Marc Ayrault faisait sur Tweeter une déclaration prémonitoire Au carnaval de Cologne le 3 Mars dernier, les Allemands ont souhaité mieux imager le couple Franco-Allemand. Normal 1er sait parfaitement où placer ses priorités. En témoigne l’ascenseur social qu'il défend. Une allégorie du droit international selon des normes qui plairaient à Fabius : être vassalisé aux U.S.A via l’UE, financer le terrorisme dans les pays arabes ou en Amérique du Sud, puis bombarder pour apporter paix des bisounours et charia démocratique. Pour soutenir Fabius, envoie lui une petite lettre et parle lui de la Charte de l’ONU sur l’auto-détermination des peuples. Page 5? ORNI FAIT SON CINÉMA Poil à gratter - n°1 CARTEL UN FILM DE RIDLEY SCOTT Ce mois-ci, nous allons évoquer le film Cartel (1) On ne va pas vous rapporter ce que le “monde” en dit: on va plus loin. Ridley Scott s’attaque donc, au cartel, au trafic de drogue à la frontière américano-mexicaine. C e film tourne autour d’un Avocat jamais nommé qui décide de rentrer dans le monde du Cartel. S’il rentre dans cet univers, c’est certes pour régler ses dettes, mais c’est surtout par cupidité. C’est un citoyen lambda qui pense tout savoir sur ce monde mais le connait-il vraiment? L’adage de Socrate “ Je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien” lui semble inconnu. Puisque sa vie est une réussite, il n’est pas dans ses habitudes de se remettre en question. Il croit n’avoir besoin de personne, jusqu’à ce que tout bascule. Une minuscucle décision peut-elle engendrer une catastrophe? Sa cupidité mènera-t-elle à sa perte? Et son entourage? Laura, fiancée de l’Avocat, est sûrement celle qui a le plus confiance en tout ce qui l’entoure. N’ayant aucun doute, tout l’incite à croire que l’Avocat dit vrai, bien que celui-ci lui cache son implication dans le Cartel. Elle ne serait de toute façon pas armée pour lutter. Elle a besoin d’aimer et sa naïveté sera dûrement mise à l’épreuve. Westray et Reiner font partie de ce monde sans scrupules. Ils dirigent ou du moins croient diriger et jouent ce jeu dangereux depuis des lustres. Ils mettent l’Avocat en garde, mais sont également assaillis de doutes et de craintes. Ils redoutent le jour où ils devront quitter cette spirale infernale. Cette vague de peur prendra-t-elle fin? Ont-ils pris assez de temps pour réfléchir aux conséquences de leurs actes? Malkina, la compagne de Reiner, symbolise la confiance dès le début, mais ne doit-on pas remettre en cause ceux, à qui nous accordons trop vite notre confiance? Devons-nous continuer à croire ce que l’on nous dit ou suivre notre intuition, notre bon sens? Qui joue au plus fort? Qui dirige leur vie? Qui dirige la nôtre? Le film nous fera prendre en compte qu’il n’est pas aisé de savoir qui mène la danse dans ce monde. Chaque personnage nous renvoie à nos questionnements et à ce dont nous devons nous méfier. L’Avocat nous éclaire sur notre manque de recul par rapport à quelque chose qui semble fonctionner depuis longtemps. Laura, sur notre naïveté. Westray et Reiner, sur notre incapacité à prendre un temps de réflexion pour chaque acte. Et Malkina, finalement, sur l’assurance et la sécurité qui nous tranquillisent. Toutes les questions levées par le film pourraient être soulevées par quiconque serait soucieux de trouver la vérité dans un monde où triche, complot et corruption sont monnaie courante. “La vérité n’a pas de température” dit Malkina. Quant à nous, préférons-nous être dirigés ou être notre propre guide? Je vous réfère à la médiatisation de masse. On nous parle d’une “vérité”. Est-elle la même pour tous? Devons-nous accepter cette “vérité” des puissants et de leurs alliés médiatiques contre nos principes et valeurs? Partageons-nous la même vision du monde? Ridley Scott a voulu nous faire comprendre les conséquences d’une décision, aussi futile soit-elle. Il a également voulu nous mettre en garde: cupidité, naïveté, violence, peur... peuvent, ensemble ou séparement, conduire à une perte de sens et une descente aux enfers. “On ne vous dit pas ce que vous auriez dû faire ou ne pas faire. La frontière de la compréhension: celle de la vie qui ne vous ramènera jamais en arrière. Vous êtes le monde que vous avez créé et quand vous cessez d’exister, le monde que vous avez créé cessera d’exister.”(1) (1) Cartel réalisé par Ridley Scott avec Michael Fassebender, Brad Pitt, Cameron Diaz, Penélope Cruz et Javier Bardem. (sortie 2013) Michael Fassbender, Penélope Cruz, Cameron Diaz, Javier Bardem, Brad Pitt... SANTÉ Poil à gratter - n°1 Page 6? LES ESCLAVES DU SOIN Vu par Amélie Carlier Suite à l’annonce du décès le 15 février dernier d’une dame de 61 ans à l’hôpital Cochin (Paris, 14ème), où l’on ne s’est aperçu de sa mort qu’à 21h alors que cette dernière avait été placée en « zone de surveillance » vers 17h, de vives réactions m’ont envahies ! Le choc, la colère mais surtout l’incompréhension. Comment cela peut-il encore arriver de nos jours ? Je me suis penchée sur le sujet pour trouver la réponse à cette question… J Les infirmiers : cibles privilégiées du burn-out. ’ai la chance, enfin je ne sais pas si l’on peut appeler cela de la chance, d’avoir un proche qui travaille dans un hôpital civil et militaire de la région parisienne. J’ai donc un petit aperçu, voire des remontées d’informations de ce qu’il se passe dans le milieu hospitalier. Bien sûr, pour des raisons de confidentialité et pour éviter les représailles à son encontre, je ne peux citer ni le nom de l’hôpital ni ceux de ses salariés… Mais tous les faits relayés ici sont relatifs à cette même structure. et entretenir les équipements (machines, outillages, véhicules relatifs à son domaine d’activité), surveiller l’état de santé des personnes, etc. Cependant, en y regardant de plus près, au-delà de sa fonction première qui devrait se « résumer » à transporter les patients, un brancardier employé aux urgences de cet hôpital de la région parisienne, se doit également de chercher du sang, d’apporter des bilans sanguins, de ramener les résultats, se charger des bouteilles d’oxygène et d’apporter les traitements de chimiothérapie, etc., et tout cela dans un hôpital qui ne comprend pas qu’un seul service mais environ 19 ! Je vais d’abord commencer par les conditions de travail du personnel médical car celles-ci sont directement liées à la façon dont les patients sont suivis et traités. Les conditions de travail y sont dures, très dures et le personnel se fait de plus en plus rare. Dans les bonnes journées, 4 brancardiers sont planifiés, dans les pires, un seul doit tout assurer à lui seul… Imaginez-vous la situation, une seule personne pour 19 services ! La nuit, les services sont moins animés que durant la journée : moins de personnel présent, donc beaucoup plus de travail pour le personnel programmé. Un brancardier est affecté à tout l’hôpital alors que selon l’article R4543-19 du code du travail, un travailleur isolé doit pouvoir signaler la moindre situation de détresse et être secouru dans les meilleurs délais. Comment un brancardier s’occupant la nuit de 19 services peut-il « signaler sa détresse » et « être secouru dans les meilleurs délais » alors qu’il est seul ? Et que les services sont beaucoup plus désertés que pendant la journée ? Dans cet hôpital, les civils et les militaires travaillent ensemble. Comme nous le savons tous, un militaire s’engage pour servir son pays ; il n’a aucune attribution et aucun temps de travail défini. A contrario, un civil signe un contrat avec des tâches et un temps de labeur spécifiques, et tout cela sous « l’étroite » réglementation du code du travail. Ce qui est surprenant, c’est d’apprendre qu’un civil travaille de la même façon qu’un militaire, et que de ce fait, le code du travail est largement négligé « pour le bon fonctionnement de l’hôpital ». L’on demande aux civils, au même titre qu’aux militaires, d’être polyvalents, mais leur temps de travail n’est pas respecté. À titre d’exemple : à partir de six heures de service, une trêve d’au moins 20 minutes est obligatoire (Code du travail, art. L. 3121-33). Oubliez-la, un employé planifié de 12h30 à 19h45 n’a, en réalité, aucune pause ! Revenons maintenant à cette polyvalence exigée. Si nous prenons l’exemple du poste de brancardier – et que nous consultons la fiche des métiers sur le site du ministère des affaires sociales et de la santé - cette fonction consiste à transporter, accompagner, assurer l’acheminement des patients au sein d’un établissement de soins mais aussi à accueillir, installer le patient, aménager son environnement (confort et sécurité), nettoyer De plus, les brancardiers sont équipés d’un téléphone de fonction qui permet à tous les services de l’hôpital de les joindre pour leur attribuer des tâches : amener un patient à la radio, un autre au scanner, les envoyer chercher du sang et amener les résultats des analyses, apporter un traitement de chimio, etc. Si tous les brancardiers sont déjà affectés à une mission et que le téléphone continue de sonner pour d’autres impératifs plus urgents, comment peuvent-ils se rendre à de multiples endroits et effectuer ces tâches le plus rapidement possible ? Les requêtes étant toutes plus urgentes les unes que les autres, il leur est évidemment impossible de toutes les honorer ! Une situation qui génère moult tensions entre les collègues et dégrade plus encore les conditions de travail déjà difficiles du personnel soignant. Maintenant que nous avons évoqué ces différents points concernant les conditions de travail des em- Page ?7 SANTÉ Poil à gratter - n°1 ployés, penchons-nous sur le sort des patients. Restons avec l’exemple de notre brancardier censé transporter le patient, surveiller son état de santé, et se charger, seul, de toutes les tâches susmentionnées pour 19 services à la fois… Même en se pliant en quatre pour faire de son mieux, cela relève de l’impossible ! Résultat : le patient est forcément négligé et mal suivi. Nous ne sommes pas sans savoir que le temps d’attente aux urgences est de plus en plus long. Cela n’est pas uniquement la faute du (manque de) personnel mais également celle de certains « malades » qui se rendent souvent aux urgences pour n’importe quel bobo bénin, accaparant ainsi la disponibilité du personnel soignant (pour « presque rien » dans certains cas), au détriment du sort d’autres patients en situation d’urgence véritable ! L’attente se fait ressentir aux urgences mais comme dans nombre de services, les couloirs ou recoins de l’hôpital appelés plus professionnellement « zones de surveillance » sont submergés… Les patients, qu’ils soient jeunes ou vieux, sont forcément délaissés, alors que certains auraient besoin d’une attention accrue, notamment les enfants et les personnes âgées, souvent plus fragiles que les autres… Comment peut-on laisser attendre un monsieur de 90 ans tout seul dans un couloir durant six heures pour une simple radio, sans aucun moyen de s’hydrater ou de simplement se rendre aux toilettes ? On le laissera se déféquer dessus sans même s’en apercevoir. Heureusement qu’un brancardier, passé par là, s’en sera rendu compte et aura pu lui venir en aide. Une situation bien évidemment inadmissible pour les patients comme pour le personnel ! Si cette problématique et cette surcharge de travail s’appliquent à un brancardier, inutile de préciser qu’elles touchent tous les services de l’hôpital, submergés de travail tandis que le nombre de patients ne cesse d’augmenter. La raison en est simple : pour exister (dans notre système ultra-marchand), un hôpital doit être rentable et qu’est-ce qui assure sa rentabilité ? Le nombre de patients ! De l’infirmière au médecin en passant par le chirurgien, tous sont débordés de travail et se doivent d’être toujours plus efficaces, productifs, attentifs et irréprochables (j’entends par là le fait de ne pas fauter). Car rappelons-le, des vies humaines sont entre leurs mains. Étant-donné que le nombre de patients ne diminue pas, comment le personnel, en sous-effectif, peut-il assurer son travail convenablement et accomplir toutes les tâches requises sans commettre de fautes ? Une confusion de prescription médicamenteuse par une infirmière, un patient emmené par erreur à une IRM… Autant de loupés plus ou moins bénins (et réels, en l’occurrence) dans ces deux cas de figure qui auraient pu avoir des conséquences bien plus graves… Un logiciel de production de traitement nommé « Urqual », installé pour la fluidité du travail et toujours plus de productivité, permet le suivi informatique des patients tout au long de leur séjour aux urgences, mais celui-ci commet des erreurs d’administration de traitement, ce qui peut être très dangereux ! Tout cela parce que l’hôpital, pour rester ouvert, doit être rentable et de ce fait, accepter toujours plus de malades en proposant du multi service, un peu comme une banque. En plus des urgences et des soins classiques d’un hôpital, ce dernier s’ouvre à la chirurgie esthétique pour ramener plus d’argent… À n’y rien comprendre… Des hôpitaux spécifiques sont pourtant prévus à cet effet, mais non, l’appel du gain semble toujours prioritaire ! Il ne faut pas nier et surtout bien mettre en évidence le fait que le personnel est parfaitement conscient de cette situation. Il ne cesse d’en alerter sa hiérarchie qui préfère reste muette face à ces appels à l’aide ou lui répond de façon formelle « qu’elle le sait bien, mais qu’elle ne peut rien y faire » ! Comment un brancardier s’occupant la nuit de 19 services peut-il « signaler sa détresse » et « être secouru dans les meilleurs délais » alors qu’il est seul ? Un Colonel médecin des urgences a fait faire un audit de l’hôpital à ses frais, pour mettre en exergue les dysfonctionnements de l’hôpital. Une fois réalisé, il a confié ses conclusions alarmantes au Général, chef des urgences. Ce-dernier n’a certainement pas du apprécier cette démarche puisque le médecin attend toujours la réponse de son supérieur… Il est en effet très mal vu d’oser révéler les problèmes d’une institution ! Nous savons désormais que le nerf de la guerre est l’argent et que s’il n’y a pas plus de recrutement, c’est bienentendu pour cette même raison ! Pourtant, l’armée a plus d’un tour dans son sac et est capable de trouver des bras nécessaires afin de palier au manque d’effectifs. L’armée dispose en effet de petits contrats appelés VSSA (Volontaire du Service de Santé des Armées), permettant l’embauche de nouveaux militaires pour un salaire des plus précaires, aux environs de 750 euros par mois avec logis inclus (précisons que le logement est une simple chambre). Évidemment, il s’agit d’un contrat à temps plein ! Mais qui aurait envie d’aller travailler dans un hôpital dans des conditions aussi mauvaises pour 750 euros par mois ? L’armée dispose également de nombreux militaires, plus ou moins occupés dans leurs casernes… Ne serait-il pas judicieux de faire des ordres de mission et de les envoyer dans les hôpitaux dont le manque de personnel est clairement ressenti ? Cela renforcerait les équipes et ne coûterait pas un centime à l’institution ! Cette suggestion a d’ailleurs été soumise par un employé à son chef de service, qui n’a pu que l’approuver sans pouvoir l’appliquer ! Pour exister (dans notre système ultra-marchand), un hôpital doit être rentable et qu’est-ce qui assure sa rentabilité ? Le nombre de patients ! Pourquoi cette situation persiste malgré les solutions apportées ? Pourquoi le système de santé ne change-til pas malgré l’augmentation des scandales médicaux ? Quand les chefs de service et/ou les directeurs des centres hospitaliers ne subiront plus les pressions des hauts fonctionnaires de notre système médical, et que ceux-ci comprendront qu’on ne peut pas à la fois avoir comme objectif de faire du profit et de traiter les patients humainement, alors les choses changeront. Vous pouvez retrouver cet article et bien d’autres sur le média indépendant «Le Cercle des Volontaires» à l’adresse suivante : www.cercledesvolontaires.fr RÉFLEXION LIBRE Poil à gratter - n°1 Page 8? IL PARAÎT QUE LE TRAVAIL, C’EST LA SANTÉ... Par Ugo Ledoux Nous vivons dans une société très violente, y compris dans le Monde du travail. On nous impose d’être toujours plus formatés, malléables et corvéables à merci. Mais comment les grandes entreprises parviennent à obtenir de nous autant de servilité ? C e n’est qu’à partir de la fin des années 80 que la définition du Travail évolua, ou plutôt muta en « capital humain », nécessitant au même titre que le « capital physique, technique et financier » d’être optimisé de façon à en tirer la meilleure rentabilité. En apparence la gestion de ces « ressources humaines » par les manageurs se présente comme : ultra-performante sur le plan économique, libérale sur le plan politique, favorisant la réalisation de soi sur le plan individuel. Le meilleur des mondes donc… Mais comme les salariés de France Télécom ont une passion morbide pour le saut en hauteur, et que mes parents m’ont appris à ne pas me fier aux apparences, je vais avec vous chers lecteurs, gratter un peu cette couche superficielle bien luisante et pleine de syllogismes pour comprendre ce qui se trouve derrière. Commençons alors par rendre visite à votre service de ressources humaines, si par chance, il n’a pas encore été délocalisé au Siège. Votre service des ressources humaines, autrefois appelé « Direction du personnel », a pour objectif de gérer le « capital humain » de l’entreprise. Alors que dans les années 60, un salarié recevait ses missions de la part de sa direction du personnel et gagnait son salaire en retour, aujourd’hui, il est utilisé comme un facteur de production autour de projets. Pour la petite anecdote, dans les années 60, le mot le plus utilisé dans les livres de management était le mot « hiérarchie », désormais, le mot le plus utilisé est le mot « projet » ! Par le plus grand des hasards, les objectifs que vous devez accomplir dans votre entreprise ont le même but que ceux recherchés par votre patron, c’est-à-dire une meilleure rentabilité et une profitabilité accrue. Les individus ont, à première vue, la liberté d’accomplir leurs objectifs en organisant leur travail à leur guise, néanmoins, par un intérêt morbide pour la croissance sans fin (on y reviendra), les objectifs fixés par les directions, augmentent chaque année, aliénant ainsi les individus à l’objet de leur travail. La réussite et la performance deviennent une obligation. Les règles ont été fixées : il faut gagner sinon on est éliminé. Les salariés, autrefois dirigés par une hiérarchie sont désormais motivés autour d’objectifs chiffrés et de projets. Alors que d’apparence ils ont plus de liberté pour accomplir leurs objectifs, ils doivent toutefois être flexibles, mobiles et disponibles n’importe quand. Cet esclave des temps modernes n’a pas encore perdu sa liberté physique, mais il en perd de sa liberté psychique. Mais là, vous-vous dites : A quel moment s’est t’on fait avoir ? En premier lieu, cela s’explique par l’alibi de la guerre économique, et comme nous le savons, dans chaque guerre, il y a des victimes, en l’occurrence, les 99% de la population. La guerre économique qu’est-ce que c’est ? C’est bataille pour la croissance économique et la compétitivité du « fleuron de nos entreprises françaises » si chère à M.Montebourg. Dans l’idéologie ambiante, croissance = abondance = emploi = bonheur pour tous. Mes parents (encore eux) m’avaient pourtant dit dans leurs paroles pleines de sagesse : « L’argent ne fait pas le bonheur »… A méditer. Revenons donc à cette recherche de la croissance, créatrice de bonheur. Pour reprendre le dernier coup de génie de notre gouvernement de « gauche » : le pacte de responsabilité. Notre gouvernement propose au Medef une baisse de prélèvements de 100 milliards d’euros se décomposant en 50 milliards sur le coût du travail et 50 milliards sur les impôts contre une création de un million d’emploi. Nb : La seule que l’on n’ait pas essayée est de faire confiance aux entreprises pour créer de l’emploi. Ce n’est pas comme si l’an dernier le pacte de compétitivité était lui aussi censé créer de l’emploi. Lorsque l’on parle de baisser le coût du travail, on parle de baisser votre salaire total, c’est-à-dire la somme de ce que paie votre patron à l’État et votre salaire brut. En appelant cotisation patronale, charge sociale ou coût du travail, il est plus simple de faire accepter des décisions inacceptables : Diminution du financement des caisses de retraites, désindexation des salaires sur le coût de la vie (inflation), baisse du financement des caisses de la Sécurité Sociale La guerre économique est d’autant renforcée par l’impossibilité économique qu’à la France de réguler Page 9? RÉFLEXION LIBRE Poil à gratter - n°1 les mouvements de capitaux (du fait de l’article 63 du traité de fonctionnement de l’Union européenne), mettant ainsi en concurrence un travailleur français ayant une protection sociale décente, avec un salarié chinois ou polonais, travaillant à la chaîne. Ainsi, face à un contexte hostile et hyper concurrentiel où chacun veut être meilleur que son voisin, la mobilisation et le sacrifice individuel et collectif est inévitable et nécessaire pour se battre dans cette guerre économique. Le second facteur est l’individualisation et la dépolitisation de la Société. La plupart des salariés, par nécessité d’être le meilleur et par peur de se retrouver au chômage et de faire partie des inactifs de la Société, sont rentrés en compétition les uns contre les autres. La destruction du lien social isole les individus, les rendant moins soudés contre le pouvoir managérial financier et plus docile aux entreprises, cela par besoin de reconnaissance. D’autre part, la Politique se dépolitilise progressivement en devenant une simple affaire de gestion cherchant à : accroître le chiffre d’affaire national (PIB), contrôler les prix (inflation), gérer la masse salariale (chômage) et augmenter la compétitivité (balance commerciale). Alors que le sens du mot Politique est d’organiser au mieux le bien commun dans la cité, l’optimisation actuelle de la gestion financière d’un pays se fait au détriment d’une privatisation de la Société, augmentant ainsi les inégalités sociales entre les individus. Les mouvements de grève et de contestation se produisent généralement lors « des plans sociaux » (ça donnerait presque envie d’en avoir un), lorsqu’il est déjà trop tard. Enfin, la pouvoir managérial arrive à obtenir le consentement général par l’utilisation de la langue de bois et de la généralisation de l’utilisation des outils des gestion par les entreprises (exemple : tableau de bord). Ces outils de gestion, d’apparence neutres, arrivent à être considérés comme justes par les salariés en se présentant comme une science mathématique. Cependant, cette justice n’est pas impartiale car elle ne prend en compte que la dimension économique, excluant les autres (sociale, écologique, psychologique…). La croissance économique se fait souvent au dépend du stress au travail, de la destruction de l’environnement, de la souffrance animale, et cetera. Le consentement est assuré par l’utilisation d’un parler creux comme le tableau ci dessous l’illustre à la perfection : Le principe est simple, vous prenez n’importe quel mot dans chaque colonne et vous l’associez avec n’importe quel mot de la colonne suivante. Cette nécessité de croissance et d’activité constante nous empêche de réfléchir au sens de nos actes. En s’arrêtant de courir, peut-être nous rendrions-nous compte de la vacuité et de l’inanité de cette quête à l’abondance. John Lennon disait : “Quand je suis allé à l’école, ils m’ont demandé ce que je voulais être quand je serais grand. J’ai répondu «heureux». Ils m’ont dit que je n’avais pas compris la question, j’ai répondu qu’ils n’avaient pas compris la vie.” Entre travailler plus pour gagner plus, et travailler moins pour vivre mieux, j’ai déjà fait mon choix. Et vous ? En appelant cotisation patronale, charge sociale ou coût du travail, il est plus simple de faire accepter des décisions inacceptables patients ! GÉOPOLITIQUE Poil à gratter - n°1 Page 10 ? GAGNER LA GUERRE SELON SUN TZU : OU Jean-Paul Pougala est un géopolitologue Camerounais qui fait un remarquable travail d'éducation populaire tant en Afrique qu'en Europe, sur diverses problématiques qui touchent le Monde et l'Afrique en particulier. Il a accepté pour « Poil à Gratter ! » de nous laisser publier son analyse très fine sur la stratégie de Vladimir Poutine en Ukraine. Si ce dernier homme n'est pas exempt de critiques, on peut lui reconnaître néanmoins son grand talent de stratège militaire et de diplomate. Nous allons voir comment ici... Q Sun Tzu, auteur de l'ouvrage de stratégie militaire le plus ancien connu : L'Art de la guerre. u’enseigne t’on dans les écoles de stratégie militaire ? Installez-vous bien dans votre fauteuil. Je vais vous amener avec moi dans un voyage sur les bancs d'une école de stratégie militaire comme si vous y étiez. Nous allons étudier la crise ukrainienne en nous servant d'un livre de stratégie militaire largement utilisé dans la formation des militaires russes et chinois. Mais aussi dans certaines écoles de commerce dans le monde. Ce livre d'appelle : "l'art de la guerre" écrit par le penseur et stratège militaire chinois Sun Tzu (544–à 496 avant notre ère). L'idée centrale du modèle de stratégie militaire de Sun Tzu est d'utiliser la ruse pour amener l'ennemi à déposer les armes et se rendre avant même d'avoir commencé à combattre. En d'autres termes, pour Sun Tzu, le meilleur stratège militaire est celui qui gagne une guerre sans avoir besoin de la combattre, tout simplement en jouant sur la ruse, les bluffs, les fausses informations distillées au bon moment pour désorienter l'ennemi, en donnant de faux espoirs à l'ennemi au début des hostilités avant de le désillusionner complètement à la fin. Analysons maintenant la crise ukrainienne en étude de cas, comme on le fait dans les écoles militaires. Nous allons nous servir des 10 principales stratégies préconisées par Sun Tzu pour gagner une guerre sans combattre, pour savoir, en Ukraine, qui a le plus de chance de gagner le bras de fer en cours entre les Etats-Unis d'Amérique et la Russie. 1 - « Quand vous êtes capable, feignez l’incapacité. Quand vous agissez, feignez l’inactivité. Quand vous êtes proche, feignez l’éloignement. Quand vous êtes loin, feignez la proximité. » Lorsque vous avez identifié les projets de l'ennemi, pour vous battre, vous devez constamment lui donner l'impression d'aller à contre-courant de l'attitude belliqueuse qu'il attendrait de vous en pareille circonstance. Ainsi, vous devez savoir vous rendre invisible dans votre contre-offensive, savoir mentir et surtout, ne donner à l'ennemi aucune chance de vous situer ou de situer votre vraie réaction face à son intention guerrière, que vous devez constamment feindre de ne pas savoir. Dans ce dossier, l'objectif des Occidentaux est celui de partir d'un accord d'association entre l'Ukraine et l'Union Européenne pour arriver à l'objectif de l'adhésion pure et simple de l'Ukraine à l'UE. Mais surtout, de faire adhérer l'Ukraine à l'Otan afin de la couper complètement de la Russie et donc, de ne plus renouveler la location de la base marine de Sébastopol en Crimée à la marine russe, c'est-à-dire, de priver la Russie de toute possibilité d'intervention rapide en mer Méditerranée en cas de guerre avec l'Otan, comme les récentes opérations d'intimidation dans les ports syriens lorsque le président Hollande voulait bombarder le pays, et en Egypte lorsqu’à la chute du président Morsi, les USA menaçaient ce dernier pays de sanctions sur les fournitures militaires. . Le président Yanukovych qui est l'homme de Moscou a feint ne rien comprendre quant aux conséquences néfastes de la signature des accords d'association. Et s'est arrêté à la dernière minute. Et c'est à ce moment que les Occidentaux entrent en jeu, en inventant la révolution populaire. Selon la télévision Euronews une conversation interceptée entre le Ministre Estonien des affaires étrangères Urmas Paet et madame Catherine Ashton, la cheffe de la diplomatie européenne, les 88 morts de la place de l'indépendance ne sont pas l'œuvre du président Yanukovych mais des paramilitaires de l'opposition, commandités par les membres de l'actuelle coalition au pouvoir à Kiev pour porter un coup fatal à la présidence hostile à l'Union Européenne et à l'Otan. Mais comment en est-on si sûr ? Voici à propos, ce que déclare Euronews : "Un ou plusieurs snipers ayant tiré sur les manifestants d’Euromaïdan s‘étaient installés dans le siège de la banque Page 11 ? GÉOPOLITIQUE Poil à gratter - n°1 SANS COMBATTRE LA RUSSIE EN CRIMÉE d’Ukraine, à Kiev. Les enquêteurs y ont découvert des douilles correspondantes aux balles retrouvées dans les corps des victimes. Ce sont par ailleurs les mêmes balles qui ont servi pour attaquer les forces de police anti-émeute et les opposants." Total : 88 morts. Devant tout cela, la Russie sait tout ce qui se passe, mais fait semblant d'être invisible, inaudible, absente. Et laisse faire. Ce qui l'intéresse, c'est reprendre toute la péninsule de la Crimée, mais sans combattre. Comment y parvenir? Ce sont les Occidentaux qui vont lui donner un coup de main, en jouant à une partie d'échec, sans jamais tenir compte des pions que l'adversaire est en train de pousser, lui aussi, mais en cachette. Et pour cela, c'est la deuxième stratégie de Sun Tzu qui va nous apporter plus d'éclaircissement sur le comportement du président Poutine de Russie dans cette crise. entrées dans le piège du président Poutine : ils ont clairement fait leur choix de camp. Par leurs actions et leurs propos, ils ont signé sans s’en rendre compte la paternité des manifestations sur la place de l'Indépendance à Kiev. Cette signature sera ensuite utilisée par la Russie pour discréditer les interlocuteurs occidentaux dans la suite des évènements qui semblent complètement imprévus par les deux camps, mais jusqu'à quel point? Nous allons voir dans la prochaine stratégie qui privilégie le résultat final recherché aux multiples pseudos victoires temporaires. 3 - « Pour le bon stratège, l’essentiel est dans la victoire, non pas dans les opérations prolongées » C'est à dire que pour un bon stratège militaire, ce qui compte ce sont les éléments pris dans leur glo2 - « Une armée victorieuse l’est avant même de balité, c'est le résultat final de l'ensemble des opélivrer bataille. Une armée vaincue se lance d’abord dans rations et non des petites victoires sporadiques au la bataille et ensuite recherche la victoire. » quotidien. Nous sommes partis des objectifs des uns et des autres : à terme, l'Occident veut l'adhésion de Selon ce principe, Sun Tzu nous explique qu'en l'Ukraine à l'Otan, afin de priver la Russie de son accès guerre, on n'attaque que lorsqu'on est certain à la Méditerranée. Alors que la Russie veut tout simde gagner. Sinon, on attend le temps qu'il fau- plement annexer la Crimée pour éloigner une telle dra que la situation tourne à notre avantage. éventualité. La Crimée est en effet le seul accès de la Sur la place Maïdan de Kiev, la capitale de l'Ukraine, Russie en mer chaude. ont défilé durant la révolte, de nombreux politiciens Ailleurs, au nord, c'est la mer froide et si l'Occident occidentaux, comme le Sénateur américain Mc Caïn déclenche une guerre contre la Russie en hiver, tous le 15 décembre 2013, pour soutenir et encourager la ses bateaux sont bloqués dans des eaux gelées de la foule en colère, une colère bien entretenue et guidée. Baltique ou de la mer du Nord. Ce serait donc une déLe 19 février, nos manifestants dits pacifistes vont faite même avant de combattre. Dans les opérations lancer un assaut sur la police. A la fin des émeutes, il qui vont se succéder à Kiev jusqu'au renversement du y a 26 morts dont 9 policiers. Et voici ce que déclare président, c'est l'Occident qui semble avoir les meille président Obama depuis le Mexique où il se trouve leures cartes en main, puisque c'est lui qui dicte le en visite officielle : "Je veux être très clair, nous allons tempo des événements, jusqu'au choix des nouveaux observer de près les développements des prochains dirigeants, reconnus à la vitesse de la lumière. Même jours en Ukraine et nous attendons du gouvernement s'ils viennent à peine de renverser un gouvernement ukrainien qu'il fasse montre de retenue, qu'il n'ait pas démocratiquement choisi par le peuple, qu'importe, la recours à la violence face à des manifestants paci- démocratie est un gros mensonge qui vit au dépend de fiques". Plus tard dans l'avion de retour du Mexique, ceux qui y croient. Surtout que les élections normales selon une dépêche de l’AFP, c’est au tour de Ben étaient prévues dans un an. Et dans les négociations, Rhodes, Conseiller spécial du Président Obama DE le président Yanukovych avait accepté d'anticiper ces faire un point presse dans Air Force One pour affir- élections. Et cela n'a pas suffi au tempo occidental mer ceci : "Nous sommes opposés à la violence, d'où qui l'a fait renverser à peine 24h après la signature de qu'elle vienne, mais c'est le gouvernement qui doit cet accord avec l'opposition. Là, c'est l'Occident qui retirer les membres de la police anti-émeute, décré- s'installe dans les opérations prolongées. Moscou est ter une trêve et entamer des discussions dignes de muet. Le président Poutine est coincé à Sotchi pour foi avec l'opposition (…) Il est évident que les Ukrai- les jeux Olympiques d'hiver. C'est la suite des évèneniens estiment que leur gouvernement ne répond ments qui nous fera comprendre que ce mutisme était pas à leurs aspirations légitimes à l'heure actuelle". bien calculé. Apparemment, ce qui l'intéressait, c'était Ces 3 personnalités américaines sont dès lors déjà la victoire finale et non les opérations intermédiaires. Sur la place Maïdan de Kiev, la capitale de l’Ukraine, ont défilé durant la révolte, de nombreux politiciens occidentaux, comme le Sénateur américain Mc Caïn le 15 décembre 2013, pour soutenir et encourager la foule en colère, une colère bien entretenue et guidée GÉOPOLITIQUE Poil à gratter - n°1 Page 12 ? toute liberté et secret, l'invasion de la Crimée. 5 - « Le bon stratège est si subtil qu’il n’a plus de forme visible. Le bon stratège est si discret qu’il en est inaudible. Ainsi il se rend maître du destin de l’ennemi. » Illustration : www.visant.fr le conseiller spécial du président Poutine, déclare : Autant que nous sachions, Madame Victoria Nuland a menacé les oligarques ukrainiens de les placer sur une liste noire américaine si le président Yanukovych ne cède pas le pouvoir à l’opposition. Cela n’a rien à voir avec le droit international. (…) Il semble que les Etats-Unis misent sur un coup d’Etat. (…) Le bon stratège doit être insaisissable pour l’’ennemi. Il doit communiquer le moins possible et pratiquer la rétention de l'information. Et lorsqu'il communique, c'est pour transmettre à l'ennemi une information inexploitable ou fausse. En Crimée, lorsque le président Poutine fait la seule conférence de presse, le 5/03/2013 admise aux seuls journalistes russes, il jure sur la tête de son arrière grand père qu'il n'a pas de troupes en Crimée. Et que les militaires qu'on voit sans insigne sur l'uniforme, sont en effet, des forces d'Auto-défense locales. Vu de l'Occident, il s'agit d'un mensonge. Mais à bien y regarder, le président Poutine est juste en train de les rouler dans la farine. Et il leur fournit une information capitale qui n'est pas comprise par les stratèges occidentaux. En effet, lorsqu'il nie qu'il n'y a pas de militaires russes, donc étrangers en Crimée, il est en ce moment en train de leur dire qu'officiellement, la Crimée est déjà russe et à ce titre, les forces 4 - « Celui qui pousse l’ennemi à se déplacer, en lui faisant présentes en Crimée ne peuvent pas être considérées miroiter une opportunité s’assure la supériorité. » sous l'optique d'une invasion, mais d'une force qui est déjà chez elle, dans sa nation, dans sa république, Pour Sun Tzu, vous devez toujours pousser l'ennemi d'où l'appellation de Forces d'Auto-défense locales. dans une plus forte mobilité, afin de l'orienter vers là Ce message subliminal n'a malheureusement pas été où vous voulez le conduire, pour le finir. Le 6 Février convenablement analysé et compris par les "stratèges" 2014, c'est la secrétaire d'Etat américaine adjointe, Occidentaux qui au lieu de se pencher immédiateVictoria Nuland, qui arrive à Kiev et rencontre les ment sur le cas de la Crimée, ont continué comme trois principaux dirigeants de l'opposition Ukrai- d'habitude à faire de la figuration à parler de la désesnienne : Oleg Tiagnybok, Vitali Klitschko et Arseni calade de la tension de la partie russe alors que cette Iatseniouk, qui deviendra Premier Ministre par la dernière venait de leur signifier qu’elle était déjà passuite. Le lendemain, dans un entretien au quotidien sée à la deuxième mi-temps du match qu’ils avaient Kommersant Ukraine, le conseiller spécial du prési- invité à jouer la Russie. A Paris, on a transformé une dent Poutine, Sergueï Glaziev déclare : "Autant que conférence dédiée au Liban en une conférence de nous sachions, Madame Victoria Nuland a menacé sanctions contre la Russie..., si elle n'est pas suffisamles oligarques ukrainiens de les placer sur une liste ment gentille et retirer ses militaire de la Crimée pour noire américaine si le président Yanukovych ne cède rentrer dans leur base. pas le pouvoir à l'opposition. Cela n'a rien à voir avec Le lendemain à Rome, on a transformé une conféle droit international. (…) Il semble que les Etats-Unis rence pour parler du chaos laissé par l'OTAN en Limisent sur un coup d'Etat. (…) les Américains dépen- bye, en un débat pour expliquer à l'opinion publique sent 20 millions de dollars par semaine pour financer européenne que l'Europe comptait quand même pour l'opposition et les rebelles, y compris pour les armer". quelque chose. Pour commenter la visite du sénateur américaine Mc On a continué d'organiser des conférences inutiles, à Cain sur la place de l'indépendance le 15 décembre aller et venir entre les capitales européennes et Kiev, 2013, Alexeï Pouchkov, député au Parlement russe (la alors que le barycentre de la crise s'était déplacé deDouma) déclare au quotidien ukrainien, Kievski Tele- puis des lustres de Kiev en Crimée. Même un minigraf, ceci : "Les représentants de l'Union européenne sommet extraordinaire sur l'Ukraine est organisé à et des Etats-Unis sont directement impliqués dans le Bruxelles le 6/03/2013 et c'est en pleine réunion que bras de fer politique en Ukraine. (…) Veulent-ils y éta- le président Poutine va envoyer aux participants un blir un nouveau régime colonial ?" Nous constatons petit cadeau, c'est la dépêche qui tombe sur les télésdéjà à ce niveau que la Russie joue la parfaite diver- cripteurs à 12h de Bruxelles et qui dit que le Parlement sion. Ayant poussé les occidentaux à être plus mobiles de la Crimée a voté à l'unanimité le rattachement de la et de se rendre plusieurs fois à Kiev, alors qu'ils ne Crimée à la Russie et qu'un référendum pour valider bougent pas d'un millimètre depuis Moscou, ils arri- ce choix sera organisé à peine 10 jours plus tard. vent à contraindre les américains à choisir une priorité : le changement de pouvoir à Kiev. C'est dans ce 6 - « Remporter cent victoires après cent batailles n’est piège que les Russes vont les y conduire et les occuper pas le plus habile. Le plus habile consiste à vaincre sans un bon bout de temps, pendant qu'ils peaufinent en combat. » Page 13 ? GÉOPOLITIQUE Poil à gratter - n°1 Un bon stratège n'est pas violent, il n'humilie pas son adversaire. Il amène son adversaire à se transformer pour reconnaître son infériorité. Ainsi, il n'a plus besoin de combattre. En Crimée, les forces spéciales russes sont arrivées dans une tenue sans étiquette et ont encerclé toutes les bases militaires ukrainiennes, mais sans les contraindre de quitter la base. Le problème est que les habituels occupants de ces bases ne pouvaient plus être libres d'entrer et de sortir. Il fallait alors choisir : ou attendre stoïquement que les événements à Kiev permettent un miracle de déloger les russes, ou bien se rendre. Beaucoup ont préféré se rendre sans même tenter de se défendre. De toutes les façons, ils n'étaient pas attaqués. Au même moment, sans même attendre le référendum, à l'aéroport de Sébastopol, la pression psychologique est montée d'un cran : tous les vols pour Kiev ont été dès le vote du parlement de Crimée, programmés comme des vols internationaux. La monnaie ukrainienne progressivement sortie de la circulation et remplacée par le rouble russe. C'est la première fois dans l'histoire qu'on assiste à un sans faute dans l'application des théories de Sun Tzu : Gagner sans combattre. Les Etats-Unis n'y ont vu que du feu. 7 - « Jadis, les guerriers habiles commençaient par se rendre invincibles, puis attendaient le moment où l’ennemi serait vulnérable. L’invincibilité réside en soi-même. La vulnérabilité réside en l’ennemi. » Un vrai stratège joue sur le timing pour gagner toutes ses batailles. Il redouble de ruse pour ne pas être affecté par les menaces ou les actions belliqueuses de l'ennemi. Ainsi, il devient d'abord invincible. Mais cela ne suffit pas. Il faut ensuite gagner. Pour cela, un bon stratège doit savoir attendre le moment où ses ennemis sont affaiblis pour passer à l'action et leur donner le coup de grâce. Une fois sécurisée l'annexion de la Crimée, la Russie sait que l'opération en ellemême va drastiquement affaiblir le coté occidental dans la suite des opérations. Mais alors que ces derniers croient par erreur que le Président Poutine va s'arrêter à la Crimée, ils se trompent. Il sait qu'il a déstabilisé pendant longtemps ses adversaires incapables de prendre des initiatives novatrices. Le président Obama a annoncé une série de sanctions d'abord sur les visas. On a l'impression qu'il s'agit d'une blague de mauvais goût. En 1994, tu as contrains l'Ukraine à se débarrasser de l'armement nucléaire en lui promettant que s'elle est attaquée, tu viendrais à son secours. Et maintenant qu'on démembre son territoire, tu menaces de ne pas donner des visas ? De qui te moques-tu ? En réalité, le Président Obama ne peut pas faire grand chose. En ce moment c'est le président russe qui est le seul maître du jeu. Il a toutes les bonnes cartes en main. Il fait ce qu'il veut, quand il veut et comme il l'entend. Le pire est que les gesticulations des occidentaux, trahissent au fond leur impuissance. D'abord parce qu'ils n'ont pas d'argent pour mener la moindre guerre contre une puissance comme la Rus- sie, mais aussi parce que la moindre sanction économique se retournerait immédiatement contre eux. Par exemple, selon une information publiée par le journal économique français Challenge du 7 mars 2014, à la seule menace du président Obama de geler les avoir russes, la Banque Centrale de Russie a déplacé dans la seule journée du jeudi 6 mars 2014, une somme gigantesque de plusieurs dizaines de milliards de dollars des comptes bancaires détenus aux Etats-Unis vers la Russie et les paradis fiscaux. Ce genre d'opérations, si elle continue, dans le moyen terme, peut causer un véritable séisme bancaire et financier aux Etats-Unis. C'est la classique histoire de l'arroseur arrosé. Toujours Vendredi 7 mars 2014, c'est l'Agence Bloomberg qui fait d'autres analyses et prévisions. Selon elle, au 1er septembre 2013, la Russie détenait dans les banques de 44 pays la somme de 160 milliards de dollars, alors qu'à la même date, 24 pays avaient déposé dans les banques russes, la somme de 242 milliards de dollars. Les pays occidentaux peuvent geler jusqu'à 160 milliards de dollars d'argent russe. Et la Russie peut geler jusqu'à 242 milliards de dollars d'argent des occidentaux. Selon Bloomberg, depuis Washington, qui a plus à y perdre serait la France dont les banques ont investi 50 milliards de dollars en Russie, suivie par les Etats-Unis dont les banques ont investi pour 35 milliards de dollars dans le plus vaste pays du monde, la Russie, avec ses 17 millions de km2. Le pire, nous vient de la bouche du conseiller du président russe Sergueï Glaziev, rapporté par la même Agence Bloomberg : "En cas de sanctions américaines, la Russie serait obligée de renoncer au dollar au profit d'autres monnaies et de créer son propre système de paiement. (…) Si les Etats-Unis gèlent les avoirs d'entreprises publiques et d'investisseurs privés russes, Moscou recommandera à tout le monde de vendre les titres du Trésor américain. En outre, les sanctions, si elles sont infligées, amèneront la Russie à renoncer au remboursement des prêts octroyés par les banques américaines." La Au 1er septembre 2013, la Russie détenait dans les banques de 44 pays la somme de 160 milliards de dollars, alors qu’à la même date, 24 pays avaient déposé dans les banques russes, la somme de 242 milliards de dollars. Les pays occidentaux peuvent geler jusqu’à 160 milliards de dollars d’argent russe. Et la Russie peut geler jusqu’à 242 milliards de dollars d’argent des occidentaux. GÉOPOLITIQUE Poil à gratter - n°1 Page 14 ? cains ont répété en Irak et en Afghanistan les mêmes recettes ruineuses du Vietnam, la Russie a évité de répéter en Ukraine ses tactiques sur la Géorgie. Car il est évident que si en Géorgie, les alliés américains, n’étaient pas préparés, rien ne dit qu'une nouvelle fois, on les trouverait aussi passifs parce que surpris. En effet, on nous annonce que les F16 américains sont partis vers les ciels estoniens et polonais. Aujourd'hui, personne ne sait quelle stratégie Poutine a préparé pour les régions russophones de l'Est de l'Ukraine. 10 - « Qui connaît l’autre et se connaît lui-même, peut livrer 100 batailles sans jamais être en péril. Qui ne connaît pas l’autre mais se connaît lui-même, pour chaque victoire, connaîtra une défaite. Qui ne connaît ni l’autre ni lui-même, perdra inéluctablement toutes les batailles. » Les zones qui intéressent la Russie sont les régions où l’on parle russe, où les populations sont russes, donc avec une parfaite maîtrise même sociologique de la part de la Russie. Ce qui n’est pas le cas des USA qui en Ukraine comme en Afghanistan ou en Irak, donnent toujours l’impression de s’engager sur des éventuels théâtres de guerres sans jamais maîtriser le terrain. messe est dite. La Russie est invincible et a même identifié le point de faiblesse de l'ennemi. On peut dès lors parier qu'après la Crimée, elle sait qu'elle pourra annexer d'abord les anciens territoires géorgiens de l'Abkhazie et de l'Ossétie, avant d'avaler toutes les régions de l'est ukrainien russophones qui avaient voté pour le président Yanukovych aux dernières élections présidentielles. Sans oublier bien sûr la région séparatiste de Transnistrie en Moldavie, à la frontière avec l'Ukraine, là aussi à majorité russe et qui demande depuis son indépendance proclamée en 1992, son rattachement à la Russie. Et là nous arrivons à l'autre stratégie de Sun Tzu. 8 - « Pour avancer irrésistiblement, attaquez les points faibles de l’ennemi. Pour battre en retraite sans être rattrapé, soyez plus rapide que votre ennemi. » Pour avancer, il faut éviter le corps à corps avec l'ennemi et se limiter à le toucher uniquement dans ses parties non protégées. Et pour des replis stratégiques, il faut se mettre dans les coins qui échappent au contrôle ou à la connaissance de l'ennemi. Depuis la guerre éclair du mois d'Août 2008 contre l'allié des Etats-Unis d’Amérique, la Géorgie de Saakachvili, les territoires conquis sont le point faible de l'Occident. 9 - « Ne répétez pas les mêmes tactiques victorieuses, mais adaptez-vous aux circonstances chaque fois particulières. ». Il faut toujours adapter les tactiques et les stratégies aux situations nouvelles. Ce n'est pas parce qu'une solution a marché hier qu'elle marchera toujours. Si on répète les tactiques victorieuses du passé, on court le risque de trouver un ennemi plus aguerri, qui aura passé du temps à étudier et à faire face à votre stratégie. Pour un bon stratège, chaque situation est unique et mérite une stratégie unique. Alors que les Améri- Le bon stratège doit toujours avoir en tête trois soucis : bien maîtriser l'environnement, le terrain de la bataille, connaître l'ennemi dans ses détails et se connaître lui-même pour surtout déceler avant l'ennemi ses propres faiblesses. Pour faire partie des stratèges des services secrets russes, il faut bien parler plusieurs langues donc l'anglais. Au même moment, tous les textes et communications entre les membres du FSB sont exclusivement codés en russe. A la CIA, il existe un département Russie qui ne peut pas faire le poids face à l'imposante stratégie russe de maîtrise de l'anglais par tous ses espions. Et donc, de connaitre les Américains dans leurs plus petits détails. Il existe aussi un réseau composé par des Russes américains qui, avec le passeport US, accèdent à tous les postes de l'administration américaine. C'est ce qui explique que pour le président russe, on a l'impression que rien de ce que dit son homologue américain ne le surprend ou ne l'émeut. Sur le plan de l'environnement, la Russie, c'est 17 millions de km2, les USA, la moitié. Alors que les Américains en Russie sont concentrés dans quelques grandes villes de l'Ouest, les Russes aux Etats-Unis d’Amérique sont répartis sur tout son territoire. Ils sont devenus des Américains à tous les effets. Il suffit pour Moscou d'étudier leurs comportements pour savoir tout des Américains. Pour revenir à l’Ukraine, les zones qui intéressent la Russie sont les régions où l’on parle russe, où les populations sont russes, donc avec une parfaite maîtrise même sociologique de la part de la Russie. Ce qui n'est pas le cas des USA qui en Ukraine comme en Afghanistan ou en Irak, donnent toujours l'impression de s'engager sur des éventuels théâtres de guerres sans jamais maîtriser le terrain, n'importe où sur la planète comme s'il s'agissait d'un jeu vidéo où il suffirait de remplacer une carte par une autre et continuer à appuyer sur la gâchette au maximum. Ce qui a porté à des guerres inutiles qui ont littéralement ruiné les Etats-Unis d'Amérique. Et le président Poutine a bien compris que de l'autre côté, il y a une véritable navigation à vue, du dossier iranien et syrien hier et à celui ukrainien aujourd'hui. Au final, devant le désarroi du président américain avec ses menaces rhétoriques et sa totale incapacité Page 15 ? GÉOPOLITIQUE Poil à gratter - n°1 à placer la moindre initiative dans le dossier ukrainien, s'il y a un maître du monde aujourd'hui sur le plan de stratégie militaire, ce maître s'appelle Vladimir Poutine. Il connait son ennemi, les Etats-Unis d’Amérique, il connait bien le terrain, l'Ukraine et il connait la nouvelle force de son pays, les nouveaux moyens militaires du pays, depuis la guerre en Libye. Le président Obama, de son côté, donne l'impression de ne comprendre ni son homologue russe, de ne pas connaitre la complexité ukrainienne, sinon, il n'aurait pas suggéré à ceux qu'ils ont mis au pouvoir à Kiev comme première action, de supprimer la langue russe. Et pire, il semble ne pas connaitre ses propres faiblesses, d'un pays ruiné et qui ne pourra rien offrir à 47 pays africains qu'on invite à Washington, juste pour mimer les rencontres tous les deux ans entre les dirigeants africains et chinois. QUELLES LEÇONS POUR L’AFRIQUE ? Le 22 Janvier 2014 dernier, la Maison Blanche, par communiqué, nous annonce que le président Obama a invité à Washington 47 chefs d'Etat Africains. Il a pris soin d'en exclure trois, la Centrafrique, l’Egypte et la Guinée Bissau, accusés d'être arrivés au pouvoir sans passer par les urnes, mais par des coups d'Etat. Comment expliquer qu'en Ukraine, c'est plutôt l'administration américaine qui tente de forcer la main à la Russie pour reconnaître le nouveau pouvoir à Kiev, lui aussi issu d'un coup d'Etat ? Un coup d'Etat en Europe est-il différent d'un coup d'Etat en Afrique ? Le 17 février 2008, le Kosovo déclare unilatéralement son indépendance de la Serbie. Les Occidentaux applaudissent. La Serbie porte l'affaire à la Cour Internationale de Justice (CIJ), organe judiciaire des Nations-Unies, qui tranche et valide la sécession du Kosovo par sa décision du 22 juillet 2010 en ces termes : « La déclaration d'indépendance du Kosovo n'a violé ni le droit international général, ni la résolution 1244 du Conseil de sécurité, ni le cadre constitutionnel ». En revanche, la CIJ ajoute qu'elle n'est « pas tenue par la question qui lui est posée de prendre parti sur le point de savoir si le droit international conférait au Kosovo un droit positif de déclarer unilatéralement son indépendance. La Cour n'est pas chargée de dire si le Kosovo a accédé à la qualité d'Etat ». Le ministre français des Affaires étrangères d’alors Bernard Kouchner va se féliciter de la décision de la CIJ en ces termes : « L'indépendance du Kosovo est irréversible (...) Cet avis affirme clairement que la déclaration d'indépendance du Kosovo n'est contraire ni au droit international, ni à la résolution 1244, comme la France l'avait toujours soutenu, et je m'en réjouis ». Question : Pourquoi l'Occident se réjouit d'alimenter les sécessions au Kosovo, au Sud Soudan, et fait semblant de jouer aux fervents défenseurs du droit international et de l'intangibilité des frontières pour l'Ukraine ? En quoi la Crimée en Ukraine est différente du Sud Soudan ou du Kosovo? La réponse est que cette équation à géométrie variable est le fond de commerce de certains pays, les mêmes qui se sont arrogés le droit de faire les gendarmes du monde pour partager les bons et les mauvais points aux candidats naïfs à la démocratie, pour bien les spolier. Contrairement à ce qui se passe régulièrement en Afrique, de l'Erythrée au Sud Soudan, la Russie n'a pas aidé la Crimée à déclarer son indépendance, mais plutôt à la rejoindre dans un ensemble déjà grand. Toute nouvelle indépendance affaiblit le pays qui perd un morceau de sa terre. Mais fragilise aussi le nouvel Etat non viable. Les mêmes qui se battent aujourd'hui contre l'éclatement de l'Ukraine sont les mêmes qui œuvrent en sous-main pour démembrer le Mali, ce sont les mêmes qui financent les rebellions dans l'Est de la RDC pour demain créer une nouvelle république dans le Kivu. La Russie n'a pas fini de surprendre les Américains. Quel message voulaient envoyer les Russes aux Américains lorsqu'ils ont fait coïncider la date de la fin des Jeux Paralympiques d'hiver de Sotchi le 16 mars 2014 et le référendum pour valider l'annexion de la Crimée à la Russie ? A la différence de la Russie, les Africains sont grossièrement prévisibles dans toutes leurs stratégies par leurs ennemis occidentaux. Encore faut-il qu'ils soient capables de comprendre que l'Occident est l'ennemi de l'Afrique. Il existe en Afrique un vrai retard culturel et intellectuel de la population, pour déjà être capable de comprendre qu'il lui faut instaurer un rapport de force avec l'Occident dans lequel ses propres points de vue seraient pris en considération. Mais on ne peut pas y parvenir dans un rapport classique de mendicité institutionnalisée où celui qui tend la main pour recevoir est toujours celui qui obéit à l'autre. Voilà pourquoi il n'existe à ce jour dans aucun pays africain un seul projet sérieux pour espionner l'Occident. Les africains croient par erreur qu'ils sont les amis des européens et ne se posent jamais la question de savoir comment ils sont vus aux yeux des européens : de simples esclaves, même si très lettrés. Les chaines de télévision en Occident pourrons donner l'impression de haïr le président Poutine ou la Russie, mais il reste un élément que personne ne peut mettre en doute, quelque soient leurs relations dans le futur, ils sont condamnés à respecter la Russie. Ils ont déjà commencé à le faire, pour preuve, la façon dont tous tergiversent pour des pseudo-sanctions qui n'arrivent jamais. Et c'est dans ce rapport de respect que je suis paradoxalement optimiste pour le futur des relations entre ces deux ennemis d'aujourd'hui. Je ne peux pas en dire de même pour l'Afrique. Pour qu'on nous respecte, nous devons cesser de tendre la main, c'est une condition incontournable avant même de parler de stratégie militaire ou d'espionnage des européens par les africains. Vous pouvez retrouver toutes les analyses du Professeur Pougala sur son site internet : http://pougala.org/ Le président Obama a invité à Washington 47 chefs d’Etat Africains. Il a pris soin d’en exclure trois, la Centrafrique, l’Egypte et la Guinée Bissau, accusés d’être arrivés au pouvoir sans passer par les urnes, mais par des coups d’Etat. Comment expliquer qu’en Ukraine, c’est plutôt l’administration américaine qui tente de forcer la main à la Russie pour reconnaître le nouveau pouvoir à Kiev, lui aussi issu d’un coup d’Etat ? ÇA SE PASSE PRÈS D’CHEZ TOI Poil à gratter - n°1 Page 16 ? LE BOCAL LOCAL Ce mois-ci, « Poil à Gratter ! » ouvre ses pages à Stéphanie Dartigue qui est à l'origine d'un projet associatif aussi original qu'intelligent : Le Bocal Local ! PaG : Pouvez vous nous présenter ce projet ? S.D : L'idée est de réduire les gaspillages « potager » des particuliers en redistribuant le surplus à des personnes en difficultés ou en les transformant. En parallèle, l'association permettra à des personnes en rupture de se réinsérer, de se former et de reprendre goût au lien social. d'entretien ou de capacités physiques pour le faire. - L'épanouissement humain : Grâce aux visites régulières et aux entretiens qui seraient confiés à l'association, les personnes isolées et seules retrouveront un contact et un dialogue, de même pour les employés en insertion qui pourront se former, reprendre goût au dialogue et au contact humain. PaG : Où en est l’initiative ? Qu'entendons-nous par gaspillages "potager" ? Des potagers ou arbres fruitiers laissés à l'abandon par manque de temps ou de capacités, ou encore des productions trop importantes pour le ménage. Le Bocal Local, au travers de différents services proposés, permettra de continuer à profiter de sa production personnelle, tout en faisant un geste pour l'économie solidaire et locale dans un souci de développement durable. PaG : D’où vient l’idée ? S.D : D'un constat simple, je voyais sur mon trajet quotidien des arbres recouverts de fruits qui au fur et à mesure des jours pourrissaient sur place. Par ailleurs, la surproduction de certains potagers pousse les gens à donner voire à mettre directement dans le bac à compost. PaG : Dans quelles mesures ce projet s’inscrit-il dans une démarche de développement durable ? S.D : Le Bocal Local s'inscrit dans les objectifs Agenda 21, plan d'action ratifié par 173 chefs d’État lors du Sommet de la Terre à Rio en 1992. Notre projet promeut donc : - La solidarité territoriale et générationnelle : Territoriale, car le surplus sera destiné à une consommation locale, et générationnelle car nous permettront aux personnes âgées et ou seules et isolées qui ne sont plus en mesure d'entretenir seules leur potager de continuer à en profiter avec l'aide d'un de nos employés, qui lui sera dans une phase de réinsertion. - La production responsable : l'objectif est également d'utiliser des méthodes de production limitant l'usage d'engrais ou de pesticides industriels, en proposant des alternatives naturelles. Les personnes qui bénéficieraient de ces services seraient donc sensibilisées à une culture biologique des fruits et légumes. De plus, cela permettrait de valoriser des cultures déjà existantes sans que cela ne pourrisse sur pied faute de temps, S.D : Les récentes échéances électorales ont quelque peu freiné le processus. Un questionnaire est actuellement en ligne pour apprécier au mieux la faisabilité sur notre Communauté de Communes des Coteaux Bordelais, et tous les foyers l’ont reçu grâce au bulletin d’information trimestriel qui a été distribué fin janvier dans les boîtes aux lettres. La réflexion est actuellement axée sur le choix du statut juridique le plus adapté à ce projet, afin que d’ici la fin de l’année au plus tard, l’association voit le jour ! PaG : Dans l’idéal, à quoi ressemblera le projet d’ici quelques années ? S.D : J'espère un effet boule de neige et que d'autres CDC ou communautés urbaines, développent ce projet auprès de leurs administrés. Qu'au-delà de l'aide à l'entretien du potager et/ou des arbres fruitiers, la possibilité de transformation du surplus de production soit rapidement effective et puisse ainsi rejoindre l'action d'autres associations (soupes fraîches, conserves de légumes ou de fruits...). J'espère également une prise de conscience et peutêtre une mise à disposition de terrains/parcelles non constructibles par les communes, sur lesquelles on pourrait envisager la création d'un potager associatif/participatif. Ce dernier pourrait alors alimenter les cuisines communales pour les cantines ou le portage des repas, tout en état un outil pédagogique pour les écoles voisines. Vous pouvez retrouver le questionnaire en ligne à l'adresse suivante : http://fr.surveymonkey.com/s/ZVX8SRZ Le Bocal Local est aussi sur Facebook et vous pouvez contacter Stéphanie à l’adresse suivante : [email protected]. Lettre à découper et à envoyer à Mr François Hollande LA LETTRE AU PRÉSIDENT Cher François, Nous t'écrivons par ce que nous sommes un peu fatigués de constater ta volonté inébranlable de démanteler notre pays, et nos acquis sociaux. Commençons d'abord par le traité TAFTA que tu négocies dans notre dos, alors qu'à aucun moment, tu n'avais précisé tes intentions à ce sujet dans ton programme pestilentiel. Voila donc que tu laisses de petits fonctionnaires européens payés la bagatelle de 20.000 € par mois avec NOS impôts, négocier avec les États-Unis un traité de libre échange qui va : 1) Abolir toutes les régulations douanières et réglementaires existantes, notamment sur les produits agricoles, OGM ou pas. 2) Permettre aux U.S.A d’inonder le marché Français de produits américains au détriment de l'emploi en France, du fait que l'euro s'échange à plus de 1,30 $ au moins. Explique nous comment tu comptes permettre à la France d'équilibrer sa balance commerciale avec les U.S.A avec un taux de change aussi défavorable pour nos entreprises qui souhaiteraient exporter ? 3) Mettre en place un « organe de règlements des différents », sorte de tribunal privé qui permettra aux multinationales d'attaquer et spolier les États, si ces derniers s'opposent à leurs petits commerces afin de préserver les intérêts de leurs populations. 4) Et toutes les négociations se font via les « Christmas lists » confiées par des groupes de lobbyings aux Commissaires en charge de faire avancer le bébé dans leur sens. Cela dans le secret le plus total contrairement à ce que prévoit l'article 15 du Traité sur le Fonctionnement de l'Union Européenne, qui dispose dans son alinéa 3, un droit d'accès aux documents de toutes les institutions européennes, et cela dans la langue du pays du requérant. Les U.S.A refusant que ces négociations soient rendues publiques, en te conduisant comme un larbin, tu nous empêches de connaître à quelle sauce nous allons être mangés plus précisément. Le seul document ayant fuité, se trouve être rédigé en Anglais. Nous savons avec quelle langue tu penses, mais nous aimerions tout savoir et en Français s'il te plaît. Alors cher François, nous exigeons souverainement que tu fasses cesser immédiatement ces négo- ciations puisqu'elles n'étaient pas prévues dans ton programme. Tu ne nous as pas consulté sur ce séisme économique majeur que tes patrons Américains nous préparent. Nous refusons donc après la forfaiture de Lisbonne et du M.E.S, de nous prostituer toujours plus à d'autres intérêts que les nôtres. Ensuite, oserions nous te rappeler, à toi, le Young French Leader de la French American Fondation, que les U.S.A ne sont pas à proprement parlé les amis de la France, quand bien même ils ont la délicatesse de ne pas faire de notre pays un autre Irak ou un autre Afghanistan. Ils ont raison, nous avons de quoi répondre. Il n'empêche qu'un « ami » n'espionne en général pas son meilleur copain. Et en France, on D3126-2 du Code de la Défense, dispose que la D.G.S.E a notamment pour mission de contraindre ce genre d'indiscrétions. Nous ne parlons pas là du Code Civil ou du Code du Commerce, mais bien du Code de la Défense. Ce qui signifie que lorsqu'un jeune garçon du nom de Edward Snowden, révèle au monde entier que des millions de données de communications téléphoniques des Français sont captées et analysées par la N.S.A, tu aurais dû logiquement interpréter l'article 5 de notre Constitution avec la réaction suivante : 1) Accorder immédiatement l'asile politique à Edward Snowden, afin de faciliter méchamment le travail de la D.G.S.E pour empêcher que tes patrons Américains, continuent d'espionner sans vergogne nos télécommunications. Nous sommes certains que nos militaires et agents du contreespionnage Français, auraient été ravis d'écouter ce jeune garçon. 2) Sortir immédiatement la France de l'Organisation Terroriste de l'Atlantique Nord (OTAN), car on ne peut être en même temps allié militaire et cible des agressions d'un même pays. C'est totalement incompatible. En outre, cela expose la France à la colère de toutes les Nations agressées ou déstabilisées par tes patrons américains, et elles sont de plus en plus nombreuses. 3) Interrompre immédiatement les négociations TAFTA dont nous t'avons parlé plus haut, mais aussi appliquer des sanctions commerciales et diplomatiques envers les U.S.A, afin que M. Obama et ses copains s'occupent un peu plus de leurs affaires, et beaucoup moins des nôtres. Malheureusement, tu n'es pas un Président de la République mais un larbin. On peut même dire que tes actions ou au contraire ton manque évident de réactivité, s'apparentent à la violation de l'article 411-5 du Code Pénal qui dispose que : Le fait d'entretenir des intelligences avec une puissance étrangère, avec une entreprise ou organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou avec leurs agents, lorsqu'il est de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation, est puni de dix ans d'emprisonnement et de 150 000 euros d'amende. Conscient que tu n'as ni l'étoffe, ni les compétences pour gérer le pays, nous pensons que ces quelques rappels à la loi pourront suffire à mieux aiguiller ta politique étrangère et économique désormais. Pour faire ce que valoir de Droit Souverain, Le peuple Français Lettre à découper et envoyer dans une enveloppe non affranchie à : Mr François Hollande Palais de l’Élysée 55 rue du Faubourg St Honoré 75008 Paris Lettre à découper et à envoyer à Mr François Hollande considère l'espionnage d'une puissance étrangère comme une agression militaire, puisque l'article Page 19 ? ÉCONOMIE Poil à gratter - n°1 LE TRAITÉ DE LISBONNE, CE CONTRAT QUI MÉRITE D’ÊTRE LU. D’après Raphaël Bahègne Tout le monde se souvient : François Hollande voulait renégocier les traités européens. Il ne l’a pas fait pour une raison simple. Un traité c’est exactement comme un contrat, si on veut négocier il faut le faire avant, une fois signé on n’ergote plus, on applique le contrat. C eci étant dit, quelqu’un sait-il ce que notre cher président voulait renégocier ? Quelqu’un saitil ce qui pose problème dans ce contrat (j’utilise ce terme pour plus de clarté) ? Cela on n’en parle jamais, comme si on se contentait de la bande annonce alors que le film est sorti depuis plus de sept ans. Dans le contrat, le Traité sur le Fonctionnement de l’Union Européenne (TFUE), il y a notamment l’article 63 (anciennement 50 du TCE refusé par référendum en 2005), il est très simple, très court, très loin des diarrhées verbales de nos experts économistes de plateaux télé. Il dit : « Toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites » [1], son deuxième alinéa fait de même pour les paiements. Ô surprise, c’est limpide. Notez bien que contrairement à ses petits frères ; les articles 45, 34-35 et 77, respectivement libre circulation dans l’union, des travailleurs, des biens et des personnes ; celui-ci s’applique également entre les pays de l’union et les pays tiers. Concrètement il est donc interdit d’empêcher une délocalisation aussi bien vers le Maroc, la Pologne ou la Chine, interdit d’empêcher un milliardaire Qatari de s’offrir le bassin d’Arcachon, ou interdit encore de taxer les produits fabriqués par des enfants en provenance de pays du tiers monde. En revanche les pays hors de l’Union sont libres de taxer nos produits tous azimuts. Si d’aventure vous passez aux États-Unis essayez d’acheter un camembert pour voir ! Pour ceux qui penseraient que ces articles ne seraient que quelques mots théoriques sur un bout de papier dont tout le monde se contrefiche dans les faits, sachez que la cour européenne de justice distribue régulièrement des amendes à tous les pays qui osent s’écarter des dits traités. Une des plus belles, reste celle de 10 millions d’euros infligée à la France en 2007 pour avoir tardé à transposer en droit français une directive sur les OGM visant à « protéger la santé humaine et l’environnement ainsi qu’à faciliter la libre circulation des marchandises » [2], traduisez : visant à interdire le contrôle de la circulation des OGM et protéger la santé humaine. Oui vous avez bien lu ! Difficile de faire plus bel oxymore. Il n’est pas nécessaire d’avoir un master d’économie ou d’écouter BFMTV pour comprendre que cette iniquité commerciale est une des causes principales de notre marasme. Imaginez un instant un match de boxe dans lequel un des deux combattants a le droit de parer les coups mais a interdiction d’en porter alors que son adversaire est libre de faire les deux. Mais comment parler de l’article 63 sans parler du 32 et surtout de son premier alinéa : « de la nécessité de promouvoir les échanges commerciaux entres les États membres et les pays tiers » [3]. Donc, non seulement nous sommes forcément perdants dans ces échanges asymétriques mais en plus ils sont encouragés. Il faut le lire pour le croire je le concède ! C’est pourquoi j’encourage tout le monde à lire le TFUE qui se trouve facilement sur internet. Je n’ai parlé jusqu’à présent que des échanges avec les pays tiers, qui de par leur caractère asymétrique sont l’exemple le plus flagrant de la débilité complète du TFUE. Je vais maintenant dire deux mots sur le libre échange de capitaux, travailleurs, biens et services dans l’Union. De prime abord cela parait plus acceptable car les règles de ces échanges sont symétriques. Et pourtant, étrangement, ces échanges se font quasiment toujours dans le même sens. Oui je vous dévoile un scoop : les usines françaises se délocalisent en Pologne et pourtant aucune usine polonaise ne vient s’installer en France. La raiConcrètement il est donc son est simple : le coût du travail. De même, un nombre incalculable de sociétés sont allées interdit d’empêcher se domicilier en Irlande avec son taux d’impo- une délocalisation aussi sition un tiers plus bas que chez tous les autres bien vers le Maroc, la pays européens. Qu’à cela ne tienne, harmo- Pologne ou la Chine nisons le coût du travail dans l’Union ! Et puis tant qu’on y est, harmonisons aussi l’impôt sur les sociétés ! Théoriquement c’est imparable. Cependant, cela n’arrivera pas car comme je le mentionnais au début de cet article, les contrats sont signés. ÉCONOMIE Poil à gratter - n°1 vons renégocier le contrat, mais mon petit doigt me dit que l’Irlande et la Pologne pour ne citer que ces pays, ne seront pas très coopératifs sur les points qui les concernent. Un peu comme la loi sur la taxe des transactions financières (personnellement je n’y ai pas cru un seul instant) qui ne verra jamais le jour, car, sans parler de la pression des lobbys, les États ne trouveront jamais d’accord entre Les usines françaises se eux. Actuellement, ce sont l’Autriche et le délocalisent en Pologne Luxembourg qui freinent des quatre fers. Illustration : www.leplacide.com et pourtant aucune usine polonaise ne vient s’installer en France. La raison est simple : le coût du travail. D’autre part, si cette harmonisation advenait malgré tout (au hasard sous la contrainte) elle se traduirait par un nivellement par le bas pour les travailleurs (rappelons que le smic en Allemagne n’existe pratiquement pas) et un nivellement par le haut pour les multinationales. Certains me diront, comment le sais-tu, vile Cassandre ? C’est simple, ce sont les conséquences du libre échange depuis qu’il existe. Pour résumer, la tendance générale des articles du TFUE est d’interdire tout contrôle sur la circulation de biens, de personnes, de capitaux et de services. Je vous invite donc à réfléchir au sens que vous attribuez au mot contrôle dans les deux propositions suivantes : j’effectue un dérapage contrôlé ; j’ai un Page 20 ? contrôle de mathématiques. Le gouvernement et les plateaux télé, dans un joli concert, aiment à débattre sur le meilleur moyen de maquiller les conséquences de ces articles. J’ai rejoins l’UPR (l’Union Populaire Républicaine) car on y discute des causes. Causes qui ne sont ni occultes, ni compliquées. Elles sont écrites en quelques phrases dans des documents officiels, tel que le TFUE, que tout le monde peut consulter. Si de-ci, de-là, certains hommes politiques « classiques » effleurent parfois ces causes, tous se laissent distraire par des sujets secondaires et surtout aucun n’en tire les conclusions qui s’imposent. A savoir, la construction européenne est viciée dans sa base, dans sa constitution et je ne parle ici que de l’aspect économique des choses. Il convient donc d’utiliser sa clause de sortie qu’est l’article 50 du Traité sur l’Union Européenne (T.U.E). C’est au nom de cette nécessité, que François Asselineau a créé l’UPR en 2007. Dès lors, chaque État retrouvera ses prérogatives et pourra coopérer sereinement sans contraintes. Le programme de ce parti politique, se limite à Page 21 ? ÉCONOMIE Poil à gratter - n°1 des points essentiels qui font consensus pour l’immense majorité des français de « droite » comme de « gauche ». Quasiment tous ces points essentiels sont subordonnés à la condition de sortir de l’UE, car les traités interdisent explicitement qu’on y apporte une réponse adéquate. Par exemple, quand un politicien nous dit qu’il va lutter contre les délocalisations, il n’en a pas le pouvoir en vertu de l’article 63 comme nous l’avons vu. C’est la raison pour laquelle Arnaud Montebourg est condamné à uniquement battre des bras (et faire la couverture des magazines). Si l’on veut se donner les moyens de lutter contre les délocalisations, la seule réponse crédible est dans un premier temps de mettre fin au contrat qui nous l’interdit, ce qui peut se faire légalement via l’article 50 du Traité sur l’Union Européenne. Pour ceux qui sont effrayés à l’idée de la sortie de l’UE, l’UPR ne propose rien de nouveau, ni d’extrême. Il ne s’agit pas de fermer les frontières ou de couper les ponts avec nos voisins. Il s’agit seulement de retrouver la maîtrise de notre destinée comme c’était le cas durant les trente glorieuses par exemple. A cette époque (pas si lointaine) si une entreprise française voulait se délocaliser ou une entreprise étrangère s’implanter en France, elles devaient demander l’autorisation au ministère des finances. Si celui-ci jugeait que c’était dans l’intérêt des français et de la France, il donnait volontiers son autorisation. De la même manière, en restaurant notre monnaie nationale et par-là même la maîtrise de notre taux de change, nous retrouverions un outil indispensable à l’équilibre de notre économie. Les exemples pourraient se multiplier à l’infini. L’UPR qui compte actuellement plus de 4400 adhérents va présenter des listes pour les prochaines élections européennes. A première vue, il peut paraître paradoxal de se présenter à la députation européenne avec comme programme de quitter l’UE. Cependant, il n’y pas meilleur moment pour discuter des problèmes insolubles de l’Union que lors de ces élections. Quelle meilleure tribune pour faire valoir notre point de vue que le parlement européen ? C’est dans cette optique que l’UPR aborde Si l’on veut se donner les ces élections. Traditionnellement, c’est lors moyens de lutter contre de ces élections que l’abstention atteint des les délocalisations, la sommets. Les français sentent bien qu’ils seule réponse crédible n’ont pas beaucoup de prise sur la politique est dans un premier de leur pays, alors évidemment la politique européenne parait tellement lointaine ! temps de mettre fin au Dès lors, comment s’étonner de leur désin- contrat qui nous l’intertéressement ? Vu la pantalonnade qu’est la dit, ce qui peut se faire reconnaissance du vote blanc en France, légalement via l’article je trouve l’abstention légitime, cependant 50 du Traité sur l’Union cette fois-ci vous aurez l’occasion d’envoyer Européenne. au parlement européen quelqu’un qui saura faire du bruit et je vous assure que si celui-ci se contentait d’émarger et d’empocher ses émoluments en assurant le minimum de présence, la sanction serait immédiate. Les adhérents de l’UPR sont, pour la plupart, désabusés de la politique et sont méfiants des syndicats de placement. Car oui il faut le dire, la politique européenne qui se trouve plus loin des regards des citoyens est un terrain encore plus propice au copinage que la politique française. Nous sommes conscients que face aux poids lourds médiatiques que sont les partis traditionnels, cette campagne électorale sera rude. Cependant, le système électif bien particulier des européennes nous permet d’espérer créer la surprise. Nous ne pouvons compter à ce titre, que sur votre volonté de découvrir notre programme et nous soutenir... [2] Article de Libération du 9 décembre 2008 Vous pouvez prendre connaissances des analyses et du programme de l’UPR sur leur site internet : www.upr.fr DEVENEZ ADHÉRENT AUX ÉDITIONS DE L'ORMÉE ET CONTRIBUEZ À FAIRE VIVRE POIL À GRATTER ! Notre journal est avant tout une agora populaire, LES FRAIS D'ADHÉSION SONT DE 36 € À L'ANNÉE, ET ENGAGENT L'ASSOCIATION SUR LA LIVRAISON DE 12 NUMÉROS DU JOURNAL. INSCRIPTION, VOIR AU DOS [1] Traité sur le fonctionnement de l’Union Européenne article 63 alinéa 1. avec pour vocation première de faire de la pédagogie à la population sur la réalité de la géopolitique, des traités européens, le fonctionnement de l'économie et du système monétaire, en plus de faire la promotion des initiatives citoyennes ou associatives les plus pertinentes. En adhérant à notre association, vous recevrez chaque mois « Poil à Gratter ! » à domicile et contribuerez à renforcer notre démarche quant à mieux informer la population, du fait que le journal colporté dans l'espace public sera distribué contre libre-participation. [3] Traité sur le fonctionnement de l’Union Européenne article 32 alinéa 1. NOTRE CHARTE EDITORIALE Poil à gratter - n°1 LA CHARTE ÉDITORIALE DE POIL À GRATTER ! PRÉAMBULE : Le journal « Poil à Gratter ! » est un organe de presse associatif. A ce titre, il se revendique pleinement indépendant des prises de positions de chacun des auteurs et responsables politiques ou économiques qui seraient amenés à publier un texte sur notre journal. Les pensées politiques de l'équipe qui pilote le journal depuis son édition jusqu'à sa distribution, sont très diversifiées. A ce titre, bien que notre ligne éditoriale aura une certaine tonalité pouvant remettre en cause un certain nombre de dogmes institutionnels et économiques, nous accepterons les textes les plus pertinents et les mieux sourcés pouvant contrevenir à cette ligne éditoriale, et permettre ainsi d'affiner le débat sur des sujets régulièrement remis en cause par « Poil à Gratter ! ». En une époque où la Liberté d'expression est attaquée autant par les grands médias que les appareils politiques les plus visibles sur les thématiques les plus sensibles, nous nous engageons à conserver notre neutralité journalistique pour permettre la diffusion des idées la plus large que possible. Nous donnons à la liberté d'expression la même définition que celle apportée par la Cour Européenne des droits de l'homme dans un arrêt rendu le 7 décembre 1977 : « La liberté d'expression vaut non seulement pour les « informations » ou « idées » accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent : ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l'esprit d'ouverture sans lesquels, il n'est pas de « société démocratique ». » La seule limite éditoriale à cette idée est que nous ne publierons jamais aucun texte qui appellerait nos lecteurs à un crime xénophobe à l'égard de n'importe quelle communauté. Nous considérons cependant que l'on peut évoquer sans crainte des problématiques communautaires, ou des influences communautaires qui puissent être corporatives, religieuses, sectaires ou partisanes, cela sur les structures économiques et politiques de notre pays ou ailleurs dans le monde, sans que cela soit considéré comme un discours de haine ou « complotiste » à l'égard de l'ensemble d'une communauté citée. Les débats sur l'immigration ne sont pas considérés comme xénophobes, mais bien relatifs à des questions d'ordre démographiques, sociales et économiques. Nul auteur ne devra être inquiété pour ses opinions sur ces sujets sensibles. Nous appelons à ce titre nos lecteurs à toute la retenue et tolérance nécessaire lorsqu'un texte pourrait affecter leur sensibilité partisane, culturelle ou confessionnelle, en gardant à l'esprit que le dit texte n'engage que son auteur et est librement soumis à la critique construite de notre lectorat. Par ce principe directeur de la libre diffusion de toutes les idées et informations, un lecteur BULLETIN D’ADHÉSION CIVILITÉ (M. MME OU MELLE) : .................................................................................... NOM : ........................................................................................................................................ PRÉNOM : ................................................................................................................................ ADRESSE : ................................................................................................................................ COURRIEL : .............................................................................................................................. TÉLÉPHONE : .......................................................................................................................... Je règle l'intégralité de ma cotisation En trois fois sans frais soit 12 € tous les 4 mois MODE DE PAIEMENT : Par chèque Signature obligatoire : Par mandat Par prélèvement (joindre un Rib et une autorisation de prélèvement manuscrite) Page 22 ? Page 23 ? Page 23 ? Poil à gratter - n°1 NOTRE CHARTE EDITORIALE Poil à gratter - n°1 affecté par une publication particulière aura la garantie de trouver dans « Poil à Gratter ! » des analyses divergentes d'autres auteurs, dont certaines pourront être plus en harmonie avec sa pensée propre concernant une question sensible traitée. Nous espérons que cette Charte en cinq points, saura suffire à définir notre identité, nos valeurs fondamentales, et laisser les libertés nécessaires de pouvoir s'imposer sur ce qui n'est pas circonscrit dans le présent texte : Article 4 Tout adhérent de l'association « les éditions de l'Ormée » ou internaute inscrit sur notre site en son nom propre, peut soumettre un article à « Poil à Gratter ! » Aucun article traitant de sujets sociétaux clivants ne seront publiés sur « Poil à Gratter ! ». Les sujets sociétaux expressément censurés sont ceux traitant des lois ou projets de lois relatifs aux minorités (homosexualité, genre, infrastructures religieuses, etc) ou relatifs à des points de vue moraux (IVG, peine de mort, etc) à même de diviser notre lectorat. Les thématiques sur lesquelles « Poil à Gratter ! » s'appuie pour permettre un débat apaisé dans son lectorat, sont d'ordre économiques, géopolitiques, scientifiques, ainsi que diverses thématiques comme la démocratie, la justice, la santé, l'écologie, la spiritualité ou les arts. Si un auteur pense qu'un article traitant d'une question sociétale pourrait cependant ne pas être source de conflits entre des lecteurs se revendiquant comme plutôt « libertaires » et d'autres plus « conservateurs », il peut librement le soumettre à notre lectorat sur notre site internet. L'équipe éditoriale se réserve le droit de censurer l'article malgré tout. Article 2 « Poil à Gratter ! » ne donne aucune actualité sportive. 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L'article refusé de publication sur format papier, pourra cependant être publié sur la version en ligne du journal, afin que notre lectorat puisse juger de la pertinence de notre décision, et que les éditeurs puissent recueillir les critiques nécessaires à la justesse de notre politique éditoriale sur le plus long terme. Article 3 Les auteurs s'engagent à soigner la rédaction de leurs textes autant que possible avant soumission de ceux-ci à notre lectorat sur notre site internet. Cela comprend une attention particulière à éliminer tous types de fautes de grammaire ou d'orthographe, de ne jamais faire usage du langage sms, de toujours sourcer leurs informations à partir de liens consultables et reconnus comme institutionnels (sites officiels, textes de lois, grands journaux Français ou étrangers, blog spécialisés, publications d'entreprises, etc), et de veiller à affiner autant que possible leurs textes dans une prose la plus agréable que possible pour les lecteurs. Si nous apprécions une tonalité caustique dans les textes que nous publierons, liberté totale est donnée aux auteurs de se montrer plus neutres dans la formulation de leurs articles. « Poil à Gratter ! » permet à tous les partisans ou responsables politiques qui respectent l'esprit du Titre 1 de notre Constitution (de la Souveraineté), de défendre leurs idées et leur programme sur notre journal. Aucune propagande politique d'un parti violant les grands principes constitutionnels sur la Souveraineté Nationale et l'indépendance de la Nation, ne pourra être publiée sur notre journal. Cette Souveraineté est reconnue par les initiateurs du projet comme une et inaliénable, et étant le fondement premier de la Démocratie. Les textes soumis par des fédéralistes européens démontrant une véritable pertinence économique et démocratique seront toutefois acceptés, dès lors qu'ils permettront d'amener la contradiction nécessaire à l'auto-détermination des Nations. Les sophismes comme « le repli sur soi », « mondialisation inévitable » ou encore « Europe de la paix » n'ont pas cours sur « Poil à Gratter ! ». Tout texte fédéraliste doit s'assumer sur des motifs techniques et démocratiques, et dans le respect des valeurs patriotiques existantes au sein des Nations Européennes. Les textes considérés comme uniquement prosélytes et non informatifs soumis par des entités politiques à notre rédaction, ne seront pas publiés. LA BULLE DU MOIS Nos remerciements à Laurel pour cette bulle du mois qui nous a arraché un sourire. Vous pouvez retrouver ses dessins sur le site suivant : http://www.bloglaurel.com ou sur sa page facebook : https://www.facebook.com/LaurelComics/info