Correction Franais
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Correction Franais
CORRECTION DNB METROPOLE SESSION 2013 FRANÇAIS QUESTIONS (15 POINTS) 1. « […] ce continent où les crasseux comme nous étaient les bienvenus. » (ligne 13-14) a) De quel continent s'agit-il ? C’est le continent Américain, plusieurs indications le prouvent : « nous nous sommes tournés vers l’Amérique », « la baie de New York », « Ellis Island », « les immeubles de Manhattan ». b) Qui est désigné par l'expression « les crasseux » ? Que pensez-vous de cette formulation ? L'expression « les crasseux » reprend les expressions « Miséreux d'Europe » ou « les crèvela-faim ». Ce sont les émigrants pauvres venus d'Europe qui espèrent changer de vie en Amérique. L’expression est péjorative, dépréciative, négative : elle renforce l’idée de leur condition de pauvres, capables de voler une couverture par exemple. Cela montre une forme de réalisme, de lucidité mais aussi d’autodérision de la part de la narratrice. 2. En vous appuyant précisément sur le texte, expliquez ce que les personnages attendent de ce nouveau pays. Les personnages espèrent et rêvent de commencer une nouvelle vie. Ils souhaitent repartir à zéro dans un lieu où tout sera différent, même « les couleurs, les odeurs, les lois, les hommes. » Ils pensent qu’ils seront mieux traités dans ce nouveau monde qui est « plus grand » pour les accueillir. Ils auront donc tous une place, tous une chance dans un monde « plus doux ». On notera les comparatifs de supériorité. C'est l’image du « rêve américain » qu’ils entretiennent tout au long du trajet en bateau. 3. a) Par quels sentiments successifs passent les personnages aux différentes étapes du voyage ? Illustrez votre réponse par des éléments précis du texte. Les personnages éprouvent des sentiments variés : la peur et la douleur : ils pleurent au départ du bateau, ils se tiennent par la main pour ne pas se perdre et craignent « les mains vicieuses » ; l'espoir et la joie les envahissent en songeant au renouveau américain : « espérant dans des rêves étranges », « une agitation frénétique »... Ils éprouvent aussi une forme d’excitation « de joie et d'impatience ». b) Pourquoi le « sentiment » évoqué à la ligne 29 est-il qualifié d' « étrange » ? Le sentiment évoque peut paraître « étrange » car ils sont dans l’attente : ils ne savent pas encore ce qui les attend. De plus, ce sentiment est en opposition avec les circonstances : ils sont à la fois tous « étrangers » et en même temps, ils ont tous le même espoir et se sentent « à (leur) place ». On notera l’utilisation des deux mots de la même famille : « étrangers » et « étrange ». 4. « Le paquebot se dirigeait lentement vers la petite île d'Ellis Island. La joie de ce jour, don Salvatore, je ne l'oublierai jamais. Nous dansions et criions. » (lignes 18 à 20) : identifiez les deux temps utilisés et justifiez l'emploi de chacun. L'imparfait de l'indicatif est employé : « se dirigeait », « dansions », « criions ». C’est le temps dominant. Il est utilisé ici pour marquer le passé et évoquer une action qui a duré. L’adverbe « lentement » confirme cette valeur durative. Le verbe « oublierai » est au futur de l’indicatif. Il est employé pour faire référence au moment présent, celui de l’énonciation, celui où la narratrice écrit (comme dans un discours direct). 5. « Miséreux d'Europe au regard affamé. Familles entières ou gamins esseulés. » (ligne 4) : a) Quelles remarques grammaticale pouvez-vous faire sur la construction de ces deux phrases ? Ces deux phrases ne contiennent pas de verbes conjugués : ce sont des phrases nominales. Elles sont construites sur des groupes nominaux : ce sont des phrases nominales. b) Quel effet produisent-elles sur le lecteur ? Ces deux phrases semblent lapidaires pour décrire les personnages. Cela exacerbe la dureté de la réalité et met en valeur la détresse de ces gens qui abandonnent tout pour un nouvel espoir. Ces phrases permettent aussi, par la brutalité d’écriture, de favoriser la compassion du lecteur. 6. Pensez-vous que Domonico a raison en murmurant « La vie commence. » (ligne 9) ? Développez votre réponse en quelques lignes. Vous prendrez appui sur le texte et éventuellement votre culture personnelle. Domenico a raison de penser que « la vie commence ». « Miséreux » en Europe, pour eux, les Etats-Unis sont une opportunité de changer de vie et de vivre heureux. Pour eux, « le monde entier était là ». Ils ont fait rêver des générations d’immigrants et certains sont devenus des images de réussite. On sait également que beaucoup d’autres sont morts à Ellis Island sans jamais entrer définitivement aux Etats-Unis. L’île servait de centre d’isolement et de mise en quarantaine aux malades qui pouvaient même être renvoyés dans leur pays d’origine. REECRITURE (4 POINTS) « Comme tous les autres, nous nous sommes tenus par la main pour ne pas nous perdre dans la foule. Comme tous les autres, la première nuit, nous n'avons pu trouver le sommeil, craignant que des mains vicieuses ne nous dérobent la couverture que nous nous partagions. » Réécrivez les phrases suivantes, en remplaçant les pronoms de la première personne du pluriel (nous) par la troisième personne du pluriel (ils). Vous ferez toutes les modifications nécessaires. « Comme tous les autres, ils se sont tenus par la main pour ne pas se perdre dans la foule. Comme tous les autres, la première nuit, ils n'ont pu trouver le sommeil, craignant que des mains vicieuses ne leur dérobent la couverture qu'ils se partageaient. » DICTEE (6 POINTS) Tous les émigrants n'étaient pas obligés de passer par Ellis Island. Ceux qui avaient suffisamment d'argent pour voyager en première ou en deuxième classe étaient rapidement inspectés à bord par un médecin et un officier d'état civil et débarquaient sans problèmes. Le gouvernement fédéral estimait que ces émigrants auraient de quoi subvenir à leurs besoins et ne risqueraient pas d'être à la charge de l'Etat. Les émigrants qui devaient passer par Ellis étaient ceux qui voyageaient en troisième classe [...] dans de grands dortoirs non seulement sans fenêtres mais pratiquement sans aération et sans lumière, où deux mille passagers s'entassaient sur des paillasses superposées. Georges PEREC, Ellis Island, 1980 Barème : -0.5 pour toute faute de grammaire (a/à…), de conjugaison ou d’accord (obligés…) -0.25 pour toute faute d’orthographe (émigrants : 1 m, officier : 2 f…) -0.25 pour un lot de 4 erreurs de majuscule, ponctuation, accent (sur les e : émigrants) ou césure de mot (mot mal coupé à une syllabe avec un tiret). REDACTION (15 POINTS) SUJET N°1 : Imaginez la suite de ce texte, dans laquelle la narratrice raconte les premiers jours des personnages à New-York. Votre texte fera au moins deux pages (soit une cinquantaine de lignes). Les mots clés à repérer : - « la suite de ce texte » : il faut donc garder le même narrateur (et donc la narratrice : « je ») et les mêmes temps (narration sur le présent n’énonciation : passé composé et imparfait pour raconter les événements passés). - « les premiers jours » : il faut donc raconter les événements à partir du débarquement à Ellis Island. On peut se servir du texte de la dictée pour s’inspirer : le sort des 3èmes classe, la quarantaine, les conditions d’accueil… - « New-York » : et les années 1900/1950. Attention aux anachronismes ! Il faudra aussi se souvenir que la narratrice vient d’Italie. Quelques éléments pour la rédaction : - le passage à Ellis Island, les conditions d’accueil des 3èmes classe, la quarantaine, peutêtre la déception / désillusion des personnages… Ex : « Nous, les « crasseux », avons dû passer une nuit et deux journées entières dans un dortoir sans fenêtre ni aération. Nous étions en quarantaine, pour vérifier que nous n’apportions pas d’Italie quelques maladies indésirables. On nous soumit à une série de questions pour vérifier que nous ne serions pas à la charge de l’Etat qui nous accueillait. Notre attente fut longue et pénible et s'acheva après un examen médical. Pour d’autres, rendus malades par le voyage, l’attente allait encore plus longue et difficile. » - l’arrivée en ville : description sans doute à éviter si vous ne connaissez pas la ville de New York à cette époque, pour ne pas créer d’anachronismes. La Statue de la Liberté est en place depuis 1886 donc il est possible d’en parler. - le premier contact avec d’autres habitants de la ville, selon la classe sociale : soit un bon contact s’ils trouvent d’autres italiens par exemple (peut-être même retrouver des connaissances), soit un mauvais contact si ce sont des personnages d’un rang plus élevé (mépris, moqueries des nouveaux « crasseux » qui arrivent). Ex : « Nous avons été débarqués de nos canots sans ménagement, littéralement jetés sur le quai. Et là, miraculeusement, nous avons entendu parler italien ! Nous n’en croyions pas nos oreilles. Machinalement nous nous sommes approchés et avons écouté plus précisément la conversation, comme si ces gens étaient devenus de notre famille. » - les premiers besoins : survivre les premiers jours en cherchant de quoi se nourrir, se loger (même provisoirement ou de manière précaire). On peut penser aussi qu’ils ne vont pas rester à New-York mais vont partir vers l’Ouest américain. Ex : « Il a été très difficile de trouver un toit pour s’abriter la première nuit. Nous avions froid, nous avions faim. Nous avions emporté quelques vivres, mais il y avait bien longtemps qu’elles étaient digérées. Nous avons trouvé, dans le recoin d’une ruelle, un tas de cartons et de poubelles. La rue étant étroite, nous étions à l’abri du vent. Nous avons pris quelques cartons que nous avons installés à même le sol et nous nous sommes installés là pour la nuit, serrés les uns contre les autres, nous promettant de trouver mieux pour le lendemain. » Il est impératif de faire vivre le texte en évoquant les émotions et les sentiments de la narratrice selon ses découvertes / rencontres : émerveillement, joie, peur, doute…) SUJET N°2 : Le monde d'aujourd'hui laisse-t-il place, selon vous, à un ailleurs qui fasse rêver ? Vous donnerez votre réponse dans un développement argumenté et organisé. Votre texte fera au moins deux pages (soit une cinquantaine de lignes). Repérer les mots-clés et les expliquer éventuellement en introduction : - le monde d’aujourd’hui : celui qui vous entoure, dans votre quotidien, dans tous les domaines (économique, artistique ( histoire des arts)…) - un ailleurs : il peut être concret géographique, social, culturel… mais aussi personnel - qui fasse rêver : méditer, penser, imaginer, aspirer, convoiter, rechercher… Pas de réponse imposée aux candidats : - oui, il existe encore des ailleurs qui font rêver - non, la modernité a tué les ailleurs qui faisaient rêver. Quelque soit le choix, on n’attend pas une réflexion contradictoire, mais une réflexion argumentée. Une réflexion contradictoire sera toutefois acceptée si elle est bien justifiée. Il faudra une mise en page claire du devoir avec des paragraphes : 1 par idée / argument et des exemples précis, bien développés. Exemples d’arguments : POUR : - on peut citer de nombreux exemples de conquêtes géographiques de peuples qui cherchaient un ailleurs : « la conquête du Nouveau-Monde » par les Espagnols (les conquistadors), la conquête de l’Ouest… - la conquête de l’espace est aussi une manière de rêver d’un ailleurs réel, toujours inexploré… malgré les avancées. - on peut rêver d’un ailleurs grâce à l’imagination : en lisant un roman, en regardant une œuvre d’art… Donner un exemple précis de livre qui fait rêver (un roman d’aventures par exemple) ou décrire une œuvre (surréaliste par exemple) CONTRE : - on peut expliquer que le monde d’aujourd’hui est entièrement exploré et cerné par les satellites et la technologie moderne. Seules restent inexplorées ou mois connues, des terres plutôt hostiles : déserts chauds (Sahara) ou froids (Antarctique). - il y a de moins en moins de place à l’imagination et au rêve dans notre monde : tout le monde met tout en ligne, sur des réseaux sociaux. La communication est telle qu’il n’y a plus de place pour l’imagination. Idem avec les jeux vidéo, la télévision… qui remplacent le rêve. Il faudra penser à utiliser des mots de liaison : De plus, en outre, par ailleurs… pour ajouter une idée sur le même thème. Néanmoins, cependant, toutefois… pour ajouter un argument contraire. Il faudra ménager quelques lignes de conclusion pour justifier votre choix final : oui, il existe toujours un ailleurs qui fait rêver dans notre monde moderne / non, notre monde d’aujourd’hui ne favorise plus le rêve d’un ailleurs.
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