SAUNA et HAMMAM - Syndicat Professionnel des Activités de SPA
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SAUNA et HAMMAM - Syndicat Professionnel des Activités de SPA
Organisation SAUNA et HAMMAM Par Jean-Jacques Gauthier Amphorm Consulting INTRODUCTION : Les bains de vapeur parfumés, les salles de sudation, les espaces de chaleur sèche ou humide étaient d’usage courant chez les Grecs et les Romains. Textes, fresques, vestiges, ou ruines en sont les témoins. Le hammam et le sauna s’inscrivent dans la tradition du bain : bains de chaleur sèche ou humide aux cotés des bains avec immersion. Hérodote (482-425 av JC, « père de l’histoire chez les Grecs ») évoque, au VI siècle avant J-C, le bain de vapeur comme une pratique connue de tout le monde (certainement suite à son expédition en Asie). Actuellement sauna et hammam se retrouvent dans de nombreux lieux de bien-être, de wellness et de santé : centres nautiques ou aqualudiques, centre de fitness ou de forme, thalassothérapie, établissements thermaux ou thermo-ludiques, spas. (Rappel des définitions des différents établissements) Ces lieux, à l’origine, attachés à l’hygiène corporelle de l’individu voir aux rituels religieux ou familiaux sont donc aujourd’hui associés à la détente et au bien-être voir à la santé (médecine douce, alternative). Au delà de l’espace collectif, hammam et sauna colonisent maintenant la sphère privée. Effet de mode, retour vers certaines traditions, nouveaux besoins ?!? Sauna et hammam Spas : organisation 1/13 Organisation LE HAMMAM : Etymologiquement « source de chaleur ». Historique : Dérivé des thermes Romains. Le hammam est un emprunt des Arabes aux bains publics que les Romains avaient exportés dans tous les territoires conquis (dont l’Arabie). Le hammam également appelé « bain maure » en référence à l’Espagne arabe, et bain turc par les occidentaux, est un lieu de vapeur développé et adapté par les Orientaux mus par un concept religieux (en opposition aux réalisations des Latins plus tournés vers le plaisir des corps et le loisir des peuples). Le hammam s’est développé dans l’empire Ottomam, dans les pays du Maghreb, et dans certains pays du Moyen-Orient comme la Syrie. Lieu d’importance, le hammam est un pilier dans l’organisation de la cité musulmane (vie sociale et religieuse) et va de pair avec l’expansion de l’Islam. Compter le nombre de hammams dans une cité musulmane permettait d’en évaluer sa richesse. Au cours de l’histoire, les sultans de l’Orient ont rivalisé dans la construction de hammams toujours plus fastueux. Les plus beaux se trouvent encore actuellement en Syrie (la ville d’Alep en compta pas moins de 160 - certains sont inscrits aujourd’hui au Patrimoine Artistique de l’Humanité). L’hygiène et la propreté sont des incontournables de la foi musulmane : pureté physique et ablutions quotidiennes sont exigées avant les prières rituelles (le hammam est très souvent placé à proximité de la mosquée – son entrée ne doit pas lui faire directement face). Prescription de Mahomet : « la prière est la clef du paradis et la propreté la clef de la prière » Le hammam est un des éléments constitutifs de la cité musulmane à mi-chemin entre le sacré et le profane (nécessaire au croyant pour sa pratique mais en aucun cas lieu de culte). Jusqu’au XII siècle, les bains publics du monde arabe étaient interdits aux femmes ; c’est aux écrits d’Avicenne (980 – 1037, médecin, savant et philosophe persan) que revient le mérite d’avoir permis l’accès des hammams aux femmes (mères, épouses, filles) ; le hammam est pour lui le « médecin muet » ou plus simplement un excellent moyen de prévenir ou de guérir bon nombre de maladies. Sauna et hammam Spas : organisation 2/13 Organisation Architecture et conception : L’architecture du hammam reprend, à ses débuts, la disposition des bains grecs et des thermes romains. Sa conception est traditionnelle : une salle de déshabillage et de repos (communiquant souvent avec des latrines) et trois salles concomitantes de chaleurs progressives. Une première salle à température ambiante, une seconde tiède et une troisième chaude comportant des alcôves avec banquettes destinées aux soins (gommage, massages etc..). Les trois salles de chaleur croissante étaient déjà décrites dans les établissements de la Rome antique : tepidarium - caldarium - laconium et souvent associées à une piscine d’eau fraîche le frigidarium, à un espace sportif, la palaestra et à un lieu de réflexion, de discussion, l’exaedra. Le sol est recouvert de marbre ; un feu allumé au dessous le chauffe et la vapeur est produite par l’eau que l’on jette sur le marbre. On trouve aussi des systèmes de chauffage (canalisations de poteries encastrées – conduit de fumée partant du foyer) à partir d’une chaufferie placée en annexe de l’établissement. Les murs souvent épais (pour conserver la chaleur) sont traditionnellement recouverts de Tadelakt (Tadelack) ; revêtement à la chaux de la famille des stucs – enduit teinté dans la masse avec des pigments naturels – superposition de couches fines lissées au fur et à mesure puis polie au galet de rivière (tadelack signifie caresser) – finition fine et brillante (savon noir et œuf sur l’enduit final), reflet miroir – grande résistance à l’humidité. Des Zelliges, mosaïques à motifs en céramiques découpées et bicolores en provenance du Maroc (fabriquées avec l’argile de Fès), tapissent sol et vasques. L’éclairage est doux pour donner une lumière diffuse ; très souvent l’éclairage est dispensé par des « culs-de-bouteilles » incrustés dans les coupoles et les voûtes en motifs géométriques. Fonctionnement : Hommes et femmes ne doivent pas se croiser au hammam ; s’il n’existe pas deux lieux séparés, les heures du jour sont plutôt réservées aux femmes (pour pouvoir s’occuper de la maison le soir venu) et les hommes s’y rendent plutôt le soir. Le hammam, dans la tradition, n’est jamais mixte. Les jeunes garçons (avant la puberté – « avant que leurs yeux ne révèlent une étincelle de curiosité coquine ! ») sont acceptés avec les femmes. La nudité intégrale est un des interdits ; une serviette légère - la Fouta – se noue à la taille et recouvre le bas ventre et le sexe (des alcôves ou des petites loges sont réservées pour la toilette intime). Traditionnellement il faut trois Foutas : une pour les cheveux, une pour le corps et une à usage de pagne. Dès l’enfance, on apprend les codes et les rites du hammam ; les petites filles y accompagnent leurs mères et leurs grandes mères. Sauna et hammam Spas : organisation 3/13 Organisation Sudation, épilation, savonnage, shampoing, teinture, rinçage, gommage, ponçage, massage, onction d’huiles, application d’henné, soins du visage, des mains, des pieds : véritable centre de remise en forme ou institut de beauté, le hammam est une parenthèse de bien-être et de liberté dans la vie quotidienne. Une ou deux heures pour les hommes mais une bonne demi-journée pour les femmes où repos, conversations, échanges, et thé à la menthe viennent s’ajouter aux rituels et aux soins. Le hammam est aussi le lieu de moments d’exception tels que la préparation au mariage pour les jeunes filles. Le hammam a été parfois appelé le « café des femmes » dans un contexte ou les femmes subissaient de nombreuses contraintes nées de la religion, des mœurs, du patriarcat ou des systèmes familiaux. Avec la montée du fondamentalisme dans certains pays arabes, le hammam redevient un peu ce qu’il était hier : un lieu de défoulement, de soins de soi, de plaisirs permis … de soupape de sécurité psychologique. Le hammam n’est pas uniquement un lieu collectif d’hygiène et de soins mais un subtil équilibrant social et psychologique. Le hammam revigore la chair et l’esprit, il apaise les corps et donc les âmes. Le déroulement d’une séance de hammam est variable selon le temps disponible et les objectifs recherchés. Actuellement et sous nos latitudes, une séance de hammam peut se résumer au descriptif suivant : séjour de courte durée dans la salle tiède puis dans la salle chaude ; gommage du corps (avec savon noir) dans la salle tiède ; rinçage abondant du corps si possible à l’eau froide ; deux ou trois périodes dans la salle chaude de 10 à 20 minutes entrecoupées de douche froide et temps de repos, allongé dans une salle à température ambiante avec boisson (thé à la menthe). On peut à l’issue du hammam se faire masser avec une huile (noyau d’abricot, sésame, olive parfumée à l’essence de roses ou à la fleur d’oranger) pour parfaire la détente, mieux éliminer les toxines et nourrir la peau. S’hydrater abondamment durant toute la durée de la séance. Sauna et hammam Spas : organisation 4/13 Organisation LE SAUNA : Nom d’origine fino-lapone qui veut dire la « suée ». Nom masculin ou féminin Historique : La pratique du bain de vapeur remonte certainement à la préhistoire. Les premiers saunas dateraient d’environ 2 000 ans et seraient originaires de l’Asie centrale d’où ils auraient gagné la Russie puis l’Europe du nord. Hérodote, grec d’Asie mineure (grand voyageur), décrit vers 425 avant JC les coutumes du bain de vapeur (sorte de sauna rudimentaire) observées dans une région de l’actuelle Russie, chez les Scythes (cavaliers nomades des steppes, originaires d’Asie centrale). Dès le début de l’ère chrétienne, les saunas se développent au départ de la Russie vers la Mongolie, la Laponie et la Scandinavie. Mais la localisation du sauna ne se limite aux pays glacés ; les Celtes en feront l’usage. Dès le VI siècle, on passe en Finlande de l’installation de fortune à une pièce construite en rondins de bois : le savusauna (sauna chauffé à la fumée). Les saunas sont utilisés pour certains rites (à l’origine culte du feu), pour remédier à certaines maladies ou plus simplement pour rendre moins rudes les conditions de vie de ces contrées froides et très souvent obscures. On peut penser que le sauna était associé, à l’origine, à certains rites chamaniques pour faire communiquer la terre des hommes et le monde des esprits. La cure de chaleur fait sortir le mal du corps et simultanément purge l’âme ; un double effet thérapeutique ! Les mythes et légendes des peuples du nord relatent un univers habité d’êtres mystérieux : en Finlande, on croyait que le génie de la terre se tenait sous le sauna et que des fées venaient s’y régénérer en l’absence des humains. L’ancêtre du sauna actuel est donc le sauna à fumée (savusauna). Le poêle est formé d’un tas de pierres de plusieurs centaines de kilos sous lequel on établit un feu de bois vif (aulne ou bouleau écorcé) pendant plusieurs heures. La fumée envahit la salle et s’échappe par une petite cheminée (une fine couche de suie recouvre les parois du sauna et lui confère un parfum très caractéristique). On évacue les cendres et les braises, on ventile en ouvrant la porte en grand. On referme ensuite l’ensemble (y compris la cheminée) et si le tas de pierres est important, le sauna pourra fonctionner plusieurs heures : les hommes précèdent les femmes et ensuite viennent les enfants ou les personnes fragiles qui profitent d’une chaleur plus douce. Sauna et hammam Spas : organisation 5/13 Organisation Ce type de sauna (à fumée) se retrouve dans certaines exploitations agricoles anciennes ou sont réinstallés actuellement dans de nombreux centres de loisirs. Le sauna va s’institutionnaliser et se développer en Russie, Mongolie, Finlande, Laponie, Norvège et Suède mais en fonction des lieux, les modes d’emploi vont parfois se différencier. Le bagna Russe conjugue grande toilette, délassement et cure de santé. En fonction du foyer ouvert ou fermé (avec conduit de cheminée pour évacuer la fumée) on parlera de « bagna noir » ou de « bagna blanc ». Le bagna se prend généralement le samedi après la semaine de travail. Même si les temps ont changé, le bagna reste indissociable du mode de vie Russe. Le sauna finlandais est une tradition sociale et familiale (on construisait la cabane du sauna avant même la maison d’habitation) et un élément capital dans les relations entre les individus. Autrefois, certaines négociations politiques et économiques se déroulaient au sauna. Pour des questions d’hygiène (facilité d’entretien) les accouchements avaient lieu dans les saunas. Dans les maisons de campagne, il est courant de se baigner dans la rivière ou le lac voisin pour remplacer la douche et ce, quelle que soit la saison ; en hiver on creuse un trou dans la glace. On compte aujourd’hui environ 2 millions de saunas pour 5,2 millions de Finlandais (environ 1 par foyer). Le sauna est présent partout : maisons particulières, entreprises, hôtels, bateaux, administration, Sénat, Palais présidentiel. Le plus grand sauna du pays se trouve à l’école navale de Finlande à Suomunlinna. Architecture et conception : Actuellement, le sauna se présente sous la forme d’une petite cabane de bois, d’une cabine en bois ou d’une pièce recouverte de bois dans laquelle on établit une température variant entre 70 et 100°C (voire plus !). Des bancs sont disposés à différentes hauteurs pour permettre un effet sauna avec différentes plages de température (chaleur plus élevée sur les banquettes supérieures). Le sauna finlandais est souvent une cabine fabriquée à base d’épicéa du pays ; le climat rigoureux ralentit la croissance des arbres et confère à ce bois une dureté, une densité et une stabilité remarquables. On trouve dans la fabrication des saunas de l’Epicéa du nord, de l’Hemlock Canadien, du Tremble ou du Peuplier. Pour les banquettes, on recouvre une structure de base en Epicéa de parements en bois dépourvus de nœuds (ou d’éclats) et qui présentent par ailleurs une très faible conductibilité thermique. Les parois de la cabine sont constituées de lambis (laine de roches + film d’aluminium) ou de bois massif et de préférence sans nœuds. Sauna et hammam Spas : organisation 6/13 Organisation Sur le sol on dispose très souvent des caillebotis en bois tendre ou en synthétique (hygiène - législation). Le chauffage est actuellement généré, dans la majorité des installations, par un poêle (kiuas en finnois) à résistance électrique sur lequel sont disposées des roches volcaniques : il doit concilier fiabilité et économie. Un manteau de protection extérieur équipe le poêle pour éviter les risques de brûlures (souvent renforcé par un protège four en bois). La montée en température doit être rapide ; le réglage s’effectue par une sonde placée à l’intérieur de la cabine. L’éclairage est souvent de faible intensité. Par mesure de sécurité, les portes de sauna s’ouvrent toujours vers l’extérieur. En cas d’utilisation publique du sauna, celui ci doit répondre aux normes « de passage pour personne à mobilité réduite ». Fonctionnement : Le sauna est chauffé par un poêle à bois ou électrique nommé « kiuas » sur lequel sont disposées des pierres à sauna ( kiuaskivi) ; ces pierres sont souvent d’origine volcanique (diabase, gabbro, olivine, péridotite, pierre ollaire). Une fois les pierres chauffées, on les asperge d’une louche d’eau (additionner d’huiles essentielles de pin ou d’eucalyptus), produisant ainsi une bouffée de vapeur (löyly). Cette opération ne doit pas être renouvelée trop souvent pour garder au sauna un taux d’hygrométrie très bas (3 à 20% d’humidité). Ce faible taux permet de supporter des températures voisines de 100°C sans difficulté. On pénètre dans le sauna avec un corps propre (douche chaude avant le sauna) et sec, muni d’une serviette (propre et sèche !) que l’on place sur les banquettes pour s’isoler du bois. On alterne des périodes de sauna et de repos (à l’extérieur) entrecoupées d’une douche ou d’un bain froid (voire glacé). Classiquement, ces périodes sont de même durées ; on conseille 3 répétitions. Ex : sur une heure, 3 périodes de 10mn à 12 mn de sauna en alternance avec 3 périodes de 10mn à 12mn de repos allongé au calme, avec douche froide (ou immersion dans un bain froid – eau voisine de 0°C) à chaque sortie du sauna suivie d’un séchage du corps ; durant le repos (position allongée – jambes légèrement surélevées) on enveloppe le corps dans un peignoir sec ou une couverture et on s’hydrate abondamment (eau de préférence). Le dernier temps de repos sera un peu plus long (20mn). On commence son bain de sauna sur les banquettes les plus basses souvent en position allongée (pour minimiser l’effet de chaleur parfois oppressante lors des premières Sauna et hammam Spas : organisation 7/13 Organisation expériences) et pour ensuite monter sur les banquettes supérieures et se placer en position assise. La perte d’eau par transpiration peut être d’un litre par heure et la température corporelle peut monter jusqu’à 40 degrés. La chaleur est d’autant plus forte que l’on se place en position haute ; l’air chaud monte. La sensation de chaleur est d’autant plus forte que l’on asperge d’eau les pierres du poêle (löwly) ; l’air chargé d’humidité a tendance à brûler les muqueuses des voies aériennes supérieu res et cet air est donc plus difficile à supporter. C’est le niveau d’hygrométrie qui monte, pas la température. Durant le bain de chaleur on peut aussi se flageller légèrement à l’aide de jeunes rameaux de bouleau (sorte de martinet semi-rigide appellé vihta ou vasta) pour stimuler la circulation sanguine. On utilise aussi le venik , bouquet de branches feuillues, pour masser et stimuler le corps : un véritable coup de fo uet. On peut aussi jeter sur les pierres (ou dans le feu pour le bagna) des plantes odoriférantes pour en inhaler les parfums susceptibles d’améliorer certaines affections (bronchites, rhumatismes, allergies). Généralement le bain de sauna est un moment de calme et de sérénité Dans le sauna, la nudité est de rigueur ; le contraire est considéré comme antihygiénique. Par contre on utilise systématiquement une serviette que l’on place sur les banquettes pour des questions d’hygiène. Le port de bijoux et de lunettes est à proscrire pour éviter de se brûler. Indications : Sauna et Hammam étaient, à l’origine, des techniques destinées à améliorer l’hygiène corporelle. Le sauna, de par sa chaleur très forte, était un excellent moyen d’éliminer tous les parasites présents sur le corps (puces, poux, morpions…). Le hammam permettait de nettoyer la peau en profondeur de façon régulière. Aujourd’hui leur utilisation est dictée par la nécessité de bien-être, le besoin de ressourcement, de récupération ou de détente. Sauna et hammam concourent d’une part à améliorer l’élimination des toxines fonction de « nettoyage » et de « régénération » - et d’autre part, à doper le métabolisme - fonction de « stimulation » -. Sauna et hammam Spas : organisation 8/13 Organisation Les indications sont donc nombreuses et souvent communes aux deux modes de présentation - bains de chaleur humide ou bains de chaleur sèche : calmer les nerfs, éliminer ou diminuer le stress, détendre l’organisme ; éliminer la fatigue, lutter contre le surmenage ; stimuler la circulation sanguine et améliorer les échanges ; éliminer les toxines de l’organisme (acide lactique, urée etc..) ; combattre courbatures ou tension musculaire ; améliorer certains états douloureux (rhumatismes) et enrayer certaines pathologies hivernales (rhumes, rhino., bronchites..) ; renforcer le système de défenses naturelles de l’organisme ; améliorer le sommeil ; assouplir et nettoyer la peau ; Contre-indications : Les contre-indications au sauna ou au hammam sont souvent de même nature ; à noter néanmoins que la montée en température moins importante du hammam semble moins pénalisante. En cas de doute, un avis médical s’impose. Médicaments : La prise de diurétiques, barbituriques ou béta-bloquants sont à éviter. Il faut signaler une possibilité de modifications des effets des médicaments sous l’action d’une forte chaleur. Enfants et personnes âgées Pour les enfants : on note une immaturité du système de thermorégulation. La température centrale peut augmenter beaucoup plus rapidement que chez l’adulte du fait de la mauvaise régulation de la température corporelle principalement par la transpiration. Une étude sur des nourrissons (Allemagne – 2002 – bébés de 3 à 14 mois) a montré une parfaite adaptation cardiaque et thermique lors de bains de sauna de courte durée (3mn). La consultation d’un pédiatre est néanmoins souhaitable. Sauna et hammam Spas : organisation 9/13 Organisation Pour les seniors : la capacité à maintenir une température corporelle stable diminue avec l’âge : la vascularisation est moins performante et on observe une diminution de la fonction des glandes sudoripares. Le gériatre est à même de conseiller les personnes âgées en fonction de leurs pathologies et de leur vécu. On a pour habitude de dire que la pratique du sauna ou du hammam ne pose aucun problème de l’enfance à la vieillesse pour des sujets en bonne santé ; les Finlandais et les Maghrébins ont une pratique familiale et intergénérationnelle du sauna et du hammam : les jeunes enfants sont souvent initiés par les grands parents. Des questions d’accoutumance, d’habitude et d’expérience sont à prendre en compte (et ce, quel que soit l’âge) notamment pour accorder la pratique aux enfants ou aux seniors. Etat de l’appareil cardiovasculaire Une extrême prudence est recommandée pour les personnes qui souffrent d’hyper ou hypotension, d’insuffisance cardiaque, de troubles du rythme, de varices, de problèmes coronariens (ou sous prise de médicaments pour une pathologie cardiaque) ou encore ayant été récemment victimes d’un infarctus du myocarde. Par contre une pathologie cardiaque bien stabilisée et bien traitée peut ne pas présenter de contre-indication. Le stress dû à la chaleur a pour conséquence une augmentation du débit cardiaque (transfert de la chaleur interne vers l’environnement extérieur – la peau et le système ventilatoire) et donc du rythme cardiaque (possibilité d’augmentation de 30 battements par minute, par degré d’augmentation corporelle). Alcool et drogues Sous l’effet de la drogue ou de l’alcool, les réactions du corps à l’augmentation de température peuvent ne pas être adaptées. La prise d’alcool entraîne principalement une chute de la tension artérielle (hypotension), une augmentation de la fréquence cardiaque, parfois des arythmies ; ces éléments se surajoutent au stress thermique et peuvent causer des problèmes, voire dans de rares cas un phénomène de « mort subite ». Contrairement à la croyance populaire, le bain de sauna n’est pas un bon moyen de solutionner les « gueules de bois ». Affections médicales chroniques, maladies associées à une altération de la transpiration Certaines maladies neurologiques, le Parkinson, les Scléroses en plaques, les tumeurs du système nerveux central, le diabète (avec neuropathie) sont souvent associées à des troubles de la transpiration et de la sudation et sont donc des contre-indications. Sauna et hammam Spas : organisation 10/13 Organisation Hémophilie Toutes les personnes sujettes aux saignements doivent éviter les fortes chaleurs. Fièvre Un état fébrile avec montée thermique et une contre indication à la prise d’un sauna ou d’un hammam. Grossesse et menstruation Durant la grossesse la prise de précaution est de rigueur et l’avis du gynécologue recommandé. Il peut y avoir un risque fœtal en cas de montée anormale de la température centrale du corps de la maman. Pour certains auteurs, le sauna n’est en rien contre-indiqué pendant la grossesse. Durant la période des règles, la chaleur au niveau de la partie basse de l’abdomen et du dos peut entraîner une augmentation du flux menstruel. Certaines femmes utilisent ce procédé pour soulager leurs douleurs d’autres, au contraire, évitent le sauna pendant cette période du cycle. Inflammations Les pathologies en périodes inflammatoires, les blessures et plaies, les infections dentaires récentes contre-indiquent la pratique du sauna ou du hammam. Par contre certains préconisent le sauna (chaleur sèche) en cas de douleurs rhumatismales en dehors des épisodes inflammatoires. Implants et prothèses Les prothèses, les broches, les implants (silicone) les pacemakers sont parfois retenus dans les contre-indications ; il est utile de demander avis aux médecins compétents. Les utilitaires : Les gants : Plusieurs types de gants sont utilisés au hammam (parfois au sauna), pour nettoyer, lisser gommer, ou exfolier la peau (en affinent le grain et en stimulent le renouvellement des cellules) ainsi que pour améliorer la circulation du sang et faciliter l’élimination des toxines. Leur utilisation contribue à redonner à la peau douceur, souplesse, élasticité, meilleure hydratation et à lutter contre un vieillissement cellulaire prématuré. Le Crocheté en fil de coton : un gant de toilette utilisé au quotidien, très doux, pour le corps mais surtout pour le visage (l’équivalent de notre gant en éponge). Sauna et hammam Spas : organisation 11/13 Organisation Le Loofa : fibre végétale (extrait de la courge) utilisé pour se nettoyer la peau au quotidien car très peu abrasif. Se présente en pains naturels ou sous forme de gants. Le Kassa (ou Kessa) : gant en crêpe anglaise traditionnellement utilisé au hammam pour les gommages et l’exfoliation des cellules mortes de la peau ; utilisé très souvent après application de savon noir. Le Sisal : fibre végétale d’une grande longévité à la fois très résistante et très souple ; se présente en gant ou en pelote. Le Poil de chèvre (tissage mixte) : un gant rugueux qui produit un vigoureux exfoliant, et s’utilise pour lutter contre les capitons cellulitiques. Le Crin : une fibre naturelle très « abrasive » qui produit un massage énergique et rubéfiant. S’utilise sur peau sèche voire légèrement humide. Se présente sous forme de gant ou de sangle. On peut l’utiliser à la suite du sauna pour éliminer les peaux mortes que la chaleur aura permis de décoller. Le savon noir : Originaire du Maroc de la région d’Essaouira (sud du pays, façade Atlantique). Savon de couleur noire (ou marron foncé) entièrement naturel, présenté généralement sous forme de pâte de gommage sans grain, végétale et huileuse. Ce savon est obtenu à partir d’un mélange d’huile (d’olive) et d’olives noires broyées et macérées dans du sel et de la potasse. Ce savon est reconnu pour ses propriétés hydratantes, calmantes et adoucissantes ; il mousse très peu, il est riche en vitamine E et il convient à tous les types de peau. Le savon noir est le produit d’excellence pour préparer la peau à l’exfoliation des cellules mortes en la laissant douce, souple et satinée. Longtemps, le savon noir n’a été utilisé que dans l’enceinte des hammams pour le rituel du gommage. Utilisation au hammam : humidifier la peau ou séjourner quelque temps dans la salle chaude – émulsionner le savon noir sur l’ensemble du corps (éviter le contact avec les yeux) – laisser agir une dizaine de minutes – rincer – procéder au gommage à l’aide du gant de kassa en faisant des mouvements amples et appuyés pour extraire toutes les impuretés de la peau – se rincer une nouvelle fois, si possible à l’eau froide. Notions de thermorégulation : La thermorégulation est le mécanisme qui permet à notre organisme de conserver une température constante (environ 37,5°C - résultat de production et déperdition de chaleur). Le centre de contrôle de la thermorégulation se situe dans l’hypothalamus (noyau préoptique – thermostat physiologique). Des thermorécepteurs au niveau de la Sauna et hammam Spas : organisation 12/13 Organisation peau ou à l’intérieur de notre corps (récepteurs centraux) renseignent en permanence l’hypothalamus sur notre température. Notre organisme est qualifié d’homéotherme car notre température interne ne varie pas (ou peu – moins de 1°c) avec les variations de température extérieure. La vie humaine est le résultat de réactions chimiques (ex : au niveau de la cellule) et de phénomènes physiques (ex : l’osmose) très influencés par les variations de température. La régulation de la température se fait essentiellement à travers la peau. L’agent régulateur de température du corps humain est le sang (un organe ayant dépassé la température acceptable recevra du sang plus frais en provenance de la peau, ou la température est plus basse si le milieu ambiant est suffisamment frais). Si la thermorégulation ne parvient pas à garder la température centrale dans les normes on parlera d’hypothermie (T° < à la normale) ou d’hyperthermie (T°> à la normale). Les échanges de chaleur dans notre organisme se font par : rayonnement : perte de chaleur sous forme d’ondes infrarouges (ex : le radiateur) ; conduction : transfert de chaleur entre deux objets en contact (ex : le bain) ; convection : mouvement d’air en fonction de la température (ex : l’air chaud monte) ; évaporation : élimination de chaleur par vaporisation (ex : la sueur). Les mécanismes de régulation de la température corporelle sont : pour réchauffer vasoconstriction des vaisseaux sanguins périphériques – le sang reste dans les régions profondes du corps et évite la peau (risque de gelures) ; augmentation du métabolisme (noradrénaline) frissons (fabrication de chaleur par augmentation de l’activité musculaire) ; libération de thyroxine (mécanisme lent – lors d’un changement de saison). pour refroidir : ouverture des vaisseaux sanguins de la peau ; augmentation de la transpiration (évaporation de la sueur) ; réduction de l’activité port de vêtements amples et de couleur blanche Sauna et hammam Spas : organisation 13/13 Organisation SAUNA et HAMMAM Par Jean-Jacques Gauthier Amphorm Consulting INTRODUCTION : Les bains de vapeur parfumés, les salles de sudation, les espaces de chaleur sèche ou humide étaient d’usage courant chez les Grecs et les Romains. Textes, fresques, vestiges, ou ruines en sont les témoins. Le hammam et le sauna s’inscrivent dans la tradition du bain : bains de chaleur sèche ou humide aux cotés des bains avec immersion. Hérodote (482-425 av JC, « père de l’histoire chez les Grecs ») évoque, au VI siècle avant J-C, le bain de vapeur comme une pratique connue de tout le monde (certainement suite à son expédition en Asie). Actuellement sauna et hammam se retrouvent dans de nombreux lieux de bien-être, de wellness et de santé : centres nautiques ou aqualudiques, centre de fitness ou de forme, thalassothérapie, établissements thermaux ou thermo-ludiques, spas. (Rappel des définitions des différents établissements) Ces lieux, à l’origine, attachés à l’hygiène corporelle de l’individu voir aux rituels religieux ou familiaux sont donc aujourd’hui associés à la détente et au bien-être voir à la santé (médecine douce, alternative). Au delà de l’espace collectif, hammam et sauna colonisent maintenant la sphère privée. Effet de mode, retour vers certaines traditions, nouveaux besoins ?!? Sauna et hammam Spas : organisation 1/13 Organisation LE HAMMAM : Etymologiquement « source de chaleur ». Historique : Dérivé des thermes Romains. Le hammam est un emprunt des Arabes aux bains publics que les Romains avaient exportés dans tous les territoires conquis (dont l’Arabie). Le hammam également appelé « bain maure » en référence à l’Espagne arabe, et bain turc par les occidentaux, est un lieu de vapeur développé et adapté par les Orientaux mus par un concept religieux (en opposition aux réalisations des Latins plus tournés vers le plaisir des corps et le loisir des peuples). Le hammam s’est développé dans l’empire Ottomam, dans les pays du Maghreb, et dans certains pays du Moyen-Orient comme la Syrie. Lieu d’importance, le hammam est un pilier dans l’organisation de la cité musulmane (vie sociale et religieuse) et va de pair avec l’expansion de l’Islam. Compter le nombre de hammams dans une cité musulmane permettait d’en évaluer sa richesse. Au cours de l’histoire, les sultans de l’Orient ont rivalisé dans la construction de hammams toujours plus fastueux. Les plus beaux se trouvent encore actuellement en Syrie (la ville d’Alep en compta pas moins de 160 - certains sont inscrits aujourd’hui au Patrimoine Artistique de l’Humanité). L’hygiène et la propreté sont des incontournables de la foi musulmane : pureté physique et ablutions quotidiennes sont exigées avant les prières rituelles (le hammam est très souvent placé à proximité de la mosquée – son entrée ne doit pas lui faire directement face). Prescription de Mahomet : « la prière est la clef du paradis et la propreté la clef de la prière » Le hammam est un des éléments constitutifs de la cité musulmane à mi-chemin entre le sacré et le profane (nécessaire au croyant pour sa pratique mais en aucun cas lieu de culte). Jusqu’au XII siècle, les bains publics du monde arabe étaient interdits aux femmes ; c’est aux écrits d’Avicenne (980 – 1037, médecin, savant et philosophe persan) que revient le mérite d’avoir permis l’accès des hammams aux femmes (mères, épouses, filles) ; le hammam est pour lui le « médecin muet » ou plus simplement un excellent moyen de prévenir ou de guérir bon nombre de maladies. Sauna et hammam Spas : organisation 2/13 Organisation Architecture et conception : L’architecture du hammam reprend, à ses débuts, la disposition des bains grecs et des thermes romains. Sa conception est traditionnelle : une salle de déshabillage et de repos (communiquant souvent avec des latrines) et trois salles concomitantes de chaleurs progressives. Une première salle à température ambiante, une seconde tiède et une troisième chaude comportant des alcôves avec banquettes destinées aux soins (gommage, massages etc..). Les trois salles de chaleur croissante étaient déjà décrites dans les établissements de la Rome antique : tepidarium - caldarium - laconium et souvent associées à une piscine d’eau fraîche le frigidarium, à un espace sportif, la palaestra et à un lieu de réflexion, de discussion, l’exaedra. Le sol est recouvert de marbre ; un feu allumé au dessous le chauffe et la vapeur est produite par l’eau que l’on jette sur le marbre. On trouve aussi des systèmes de chauffage (canalisations de poteries encastrées – conduit de fumée partant du foyer) à partir d’une chaufferie placée en annexe de l’établissement. Les murs souvent épais (pour conserver la chaleur) sont traditionnellement recouverts de Tadelakt (Tadelack) ; revêtement à la chaux de la famille des stucs – enduit teinté dans la masse avec des pigments naturels – superposition de couches fines lissées au fur et à mesure puis polie au galet de rivière (tadelack signifie caresser) – finition fine et brillante (savon noir et œuf sur l’enduit final), reflet miroir – grande résistance à l’humidité. Des Zelliges, mosaïques à motifs en céramiques découpées et bicolores en provenance du Maroc (fabriquées avec l’argile de Fès), tapissent sol et vasques. L’éclairage est doux pour donner une lumière diffuse ; très souvent l’éclairage est dispensé par des « culs-de-bouteilles » incrustés dans les coupoles et les voûtes en motifs géométriques. Fonctionnement : Hommes et femmes ne doivent pas se croiser au hammam ; s’il n’existe pas deux lieux séparés, les heures du jour sont plutôt réservées aux femmes (pour pouvoir s’occuper de la maison le soir venu) et les hommes s’y rendent plutôt le soir. Le hammam, dans la tradition, n’est jamais mixte. Les jeunes garçons (avant la puberté – « avant que leurs yeux ne révèlent une étincelle de curiosité coquine ! ») sont acceptés avec les femmes. La nudité intégrale est un des interdits ; une serviette légère - la Fouta – se noue à la taille et recouvre le bas ventre et le sexe (des alcôves ou des petites loges sont réservées pour la toilette intime). Traditionnellement il faut trois Foutas : une pour les cheveux, une pour le corps et une à usage de pagne. Dès l’enfance, on apprend les codes et les rites du hammam ; les petites filles y accompagnent leurs mères et leurs grandes mères. Sauna et hammam Spas : organisation 3/13 Organisation Sudation, épilation, savonnage, shampoing, teinture, rinçage, gommage, ponçage, massage, onction d’huiles, application d’henné, soins du visage, des mains, des pieds : véritable centre de remise en forme ou institut de beauté, le hammam est une parenthèse de bien-être et de liberté dans la vie quotidienne. Une ou deux heures pour les hommes mais une bonne demi-journée pour les femmes où repos, conversations, échanges, et thé à la menthe viennent s’ajouter aux rituels et aux soins. Le hammam est aussi le lieu de moments d’exception tels que la préparation au mariage pour les jeunes filles. Le hammam a été parfois appelé le « café des femmes » dans un contexte ou les femmes subissaient de nombreuses contraintes nées de la religion, des mœurs, du patriarcat ou des systèmes familiaux. Avec la montée du fondamentalisme dans certains pays arabes, le hammam redevient un peu ce qu’il était hier : un lieu de défoulement, de soins de soi, de plaisirs permis … de soupape de sécurité psychologique. Le hammam n’est pas uniquement un lieu collectif d’hygiène et de soins mais un subtil équilibrant social et psychologique. Le hammam revigore la chair et l’esprit, il apaise les corps et donc les âmes. Le déroulement d’une séance de hammam est variable selon le temps disponible et les objectifs recherchés. Actuellement et sous nos latitudes, une séance de hammam peut se résumer au descriptif suivant : séjour de courte durée dans la salle tiède puis dans la salle chaude ; gommage du corps (avec savon noir) dans la salle tiède ; rinçage abondant du corps si possible à l’eau froide ; deux ou trois périodes dans la salle chaude de 10 à 20 minutes entrecoupées de douche froide et temps de repos, allongé dans une salle à température ambiante avec boisson (thé à la menthe). On peut à l’issue du hammam se faire masser avec une huile (noyau d’abricot, sésame, olive parfumée à l’essence de roses ou à la fleur d’oranger) pour parfaire la détente, mieux éliminer les toxines et nourrir la peau. S’hydrater abondamment durant toute la durée de la séance. Sauna et hammam Spas : organisation 4/13 Organisation LE SAUNA : Nom d’origine fino-lapone qui veut dire la « suée ». Nom masculin ou féminin Historique : La pratique du bain de vapeur remonte certainement à la préhistoire. Les premiers saunas dateraient d’environ 2 000 ans et seraient originaires de l’Asie centrale d’où ils auraient gagné la Russie puis l’Europe du nord. Hérodote, grec d’Asie mineure (grand voyageur), décrit vers 425 avant JC les coutumes du bain de vapeur (sorte de sauna rudimentaire) observées dans une région de l’actuelle Russie, chez les Scythes (cavaliers nomades des steppes, originaires d’Asie centrale). Dès le début de l’ère chrétienne, les saunas se développent au départ de la Russie vers la Mongolie, la Laponie et la Scandinavie. Mais la localisation du sauna ne se limite aux pays glacés ; les Celtes en feront l’usage. Dès le VI siècle, on passe en Finlande de l’installation de fortune à une pièce construite en rondins de bois : le savusauna (sauna chauffé à la fumée). Les saunas sont utilisés pour certains rites (à l’origine culte du feu), pour remédier à certaines maladies ou plus simplement pour rendre moins rudes les conditions de vie de ces contrées froides et très souvent obscures. On peut penser que le sauna était associé, à l’origine, à certains rites chamaniques pour faire communiquer la terre des hommes et le monde des esprits. La cure de chaleur fait sortir le mal du corps et simultanément purge l’âme ; un double effet thérapeutique ! Les mythes et légendes des peuples du nord relatent un univers habité d’êtres mystérieux : en Finlande, on croyait que le génie de la terre se tenait sous le sauna et que des fées venaient s’y régénérer en l’absence des humains. L’ancêtre du sauna actuel est donc le sauna à fumée (savusauna). Le poêle est formé d’un tas de pierres de plusieurs centaines de kilos sous lequel on établit un feu de bois vif (aulne ou bouleau écorcé) pendant plusieurs heures. La fumée envahit la salle et s’échappe par une petite cheminée (une fine couche de suie recouvre les parois du sauna et lui confère un parfum très caractéristique). On évacue les cendres et les braises, on ventile en ouvrant la porte en grand. On referme ensuite l’ensemble (y compris la cheminée) et si le tas de pierres est important, le sauna pourra fonctionner plusieurs heures : les hommes précèdent les femmes et ensuite viennent les enfants ou les personnes fragiles qui profitent d’une chaleur plus douce. Sauna et hammam Spas : organisation 5/13 Organisation Ce type de sauna (à fumée) se retrouve dans certaines exploitations agricoles anciennes ou sont réinstallés actuellement dans de nombreux centres de loisirs. Le sauna va s’institutionnaliser et se développer en Russie, Mongolie, Finlande, Laponie, Norvège et Suède mais en fonction des lieux, les modes d’emploi vont parfois se différencier. Le bagna Russe conjugue grande toilette, délassement et cure de santé. En fonction du foyer ouvert ou fermé (avec conduit de cheminée pour évacuer la fumée) on parlera de « bagna noir » ou de « bagna blanc ». Le bagna se prend généralement le samedi après la semaine de travail. Même si les temps ont changé, le bagna reste indissociable du mode de vie Russe. Le sauna finlandais est une tradition sociale et familiale (on construisait la cabane du sauna avant même la maison d’habitation) et un élément capital dans les relations entre les individus. Autrefois, certaines négociations politiques et économiques se déroulaient au sauna. Pour des questions d’hygiène (facilité d’entretien) les accouchements avaient lieu dans les saunas. Dans les maisons de campagne, il est courant de se baigner dans la rivière ou le lac voisin pour remplacer la douche et ce, quelle que soit la saison ; en hiver on creuse un trou dans la glace. On compte aujourd’hui environ 2 millions de saunas pour 5,2 millions de Finlandais (environ 1 par foyer). Le sauna est présent partout : maisons particulières, entreprises, hôtels, bateaux, administration, Sénat, Palais présidentiel. Le plus grand sauna du pays se trouve à l’école navale de Finlande à Suomunlinna. Architecture et conception : Actuellement, le sauna se présente sous la forme d’une petite cabane de bois, d’une cabine en bois ou d’une pièce recouverte de bois dans laquelle on établit une température variant entre 70 et 100°C (voire plus !). Des bancs sont disposés à différentes hauteurs pour permettre un effet sauna avec différentes plages de température (chaleur plus élevée sur les banquettes supérieures). Le sauna finlandais est souvent une cabine fabriquée à base d’épicéa du pays ; le climat rigoureux ralentit la croissance des arbres et confère à ce bois une dureté, une densité et une stabilité remarquables. On trouve dans la fabrication des saunas de l’Epicéa du nord, de l’Hemlock Canadien, du Tremble ou du Peuplier. Pour les banquettes, on recouvre une structure de base en Epicéa de parements en bois dépourvus de nœuds (ou d’éclats) et qui présentent par ailleurs une très faible conductibilité thermique. Les parois de la cabine sont constituées de lambis (laine de roches + film d’aluminium) ou de bois massif et de préférence sans nœuds. Sauna et hammam Spas : organisation 6/13 Organisation Sur le sol on dispose très souvent des caillebotis en bois tendre ou en synthétique (hygiène - législation). Le chauffage est actuellement généré, dans la majorité des installations, par un poêle (kiuas en finnois) à résistance électrique sur lequel sont disposées des roches volcaniques : il doit concilier fiabilité et économie. Un manteau de protection extérieur équipe le poêle pour éviter les risques de brûlures (souvent renforcé par un protège four en bois). La montée en température doit être rapide ; le réglage s’effectue par une sonde placée à l’intérieur de la cabine. L’éclairage est souvent de faible intensité. Par mesure de sécurité, les portes de sauna s’ouvrent toujours vers l’extérieur. En cas d’utilisation publique du sauna, celui ci doit répondre aux normes « de passage pour personne à mobilité réduite ». Fonctionnement : Le sauna est chauffé par un poêle à bois ou électrique nommé « kiuas » sur lequel sont disposées des pierres à sauna ( kiuaskivi) ; ces pierres sont souvent d’origine volcanique (diabase, gabbro, olivine, péridotite, pierre ollaire). Une fois les pierres chauffées, on les asperge d’une louche d’eau (additionner d’huiles essentielles de pin ou d’eucalyptus), produisant ainsi une bouffée de vapeur (löyly). Cette opération ne doit pas être renouvelée trop souvent pour garder au sauna un taux d’hygrométrie très bas (3 à 20% d’humidité). Ce faible taux permet de supporter des températures voisines de 100°C sans difficulté. On pénètre dans le sauna avec un corps propre (douche chaude avant le sauna) et sec, muni d’une serviette (propre et sèche !) que l’on place sur les banquettes pour s’isoler du bois. On alterne des périodes de sauna et de repos (à l’extérieur) entrecoupées d’une douche ou d’un bain froid (voire glacé). Classiquement, ces périodes sont de même durées ; on conseille 3 répétitions. Ex : sur une heure, 3 périodes de 10mn à 12 mn de sauna en alternance avec 3 périodes de 10mn à 12mn de repos allongé au calme, avec douche froide (ou immersion dans un bain froid – eau voisine de 0°C) à chaque sortie du sauna suivie d’un séchage du corps ; durant le repos (position allongée – jambes légèrement surélevées) on enveloppe le corps dans un peignoir sec ou une couverture et on s’hydrate abondamment (eau de préférence). Le dernier temps de repos sera un peu plus long (20mn). On commence son bain de sauna sur les banquettes les plus basses souvent en position allongée (pour minimiser l’effet de chaleur parfois oppressante lors des premières Sauna et hammam Spas : organisation 7/13 Organisation expériences) et pour ensuite monter sur les banquettes supérieures et se placer en position assise. La perte d’eau par transpiration peut être d’un litre par heure et la température corporelle peut monter jusqu’à 40 degrés. La chaleur est d’autant plus forte que l’on se place en position haute ; l’air chaud monte. La sensation de chaleur est d’autant plus forte que l’on asperge d’eau les pierres du poêle (löwly) ; l’air chargé d’humidité a tendance à brûler les muqueuses des voies aériennes supérieu res et cet air est donc plus difficile à supporter. C’est le niveau d’hygrométrie qui monte, pas la température. Durant le bain de chaleur on peut aussi se flageller légèrement à l’aide de jeunes rameaux de bouleau (sorte de martinet semi-rigide appellé vihta ou vasta) pour stimuler la circulation sanguine. On utilise aussi le venik , bouquet de branches feuillues, pour masser et stimuler le corps : un véritable coup de fo uet. On peut aussi jeter sur les pierres (ou dans le feu pour le bagna) des plantes odoriférantes pour en inhaler les parfums susceptibles d’améliorer certaines affections (bronchites, rhumatismes, allergies). Généralement le bain de sauna est un moment de calme et de sérénité Dans le sauna, la nudité est de rigueur ; le contraire est considéré comme antihygiénique. Par contre on utilise systématiquement une serviette que l’on place sur les banquettes pour des questions d’hygiène. Le port de bijoux et de lunettes est à proscrire pour éviter de se brûler. Indications : Sauna et Hammam étaient, à l’origine, des techniques destinées à améliorer l’hygiène corporelle. Le sauna, de par sa chaleur très forte, était un excellent moyen d’éliminer tous les parasites présents sur le corps (puces, poux, morpions…). Le hammam permettait de nettoyer la peau en profondeur de façon régulière. Aujourd’hui leur utilisation est dictée par la nécessité de bien-être, le besoin de ressourcement, de récupération ou de détente. Sauna et hammam concourent d’une part à améliorer l’élimination des toxines fonction de « nettoyage » et de « régénération » - et d’autre part, à doper le métabolisme - fonction de « stimulation » -. Sauna et hammam Spas : organisation 8/13 Organisation Les indications sont donc nombreuses et souvent communes aux deux modes de présentation - bains de chaleur humide ou bains de chaleur sèche : calmer les nerfs, éliminer ou diminuer le stress, détendre l’organisme ; éliminer la fatigue, lutter contre le surmenage ; stimuler la circulation sanguine et améliorer les échanges ; éliminer les toxines de l’organisme (acide lactique, urée etc..) ; combattre courbatures ou tension musculaire ; améliorer certains états douloureux (rhumatismes) et enrayer certaines pathologies hivernales (rhumes, rhino., bronchites..) ; renforcer le système de défenses naturelles de l’organisme ; améliorer le sommeil ; assouplir et nettoyer la peau ; Contre-indications : Les contre-indications au sauna ou au hammam sont souvent de même nature ; à noter néanmoins que la montée en température moins importante du hammam semble moins pénalisante. En cas de doute, un avis médical s’impose. Médicaments : La prise de diurétiques, barbituriques ou béta-bloquants sont à éviter. Il faut signaler une possibilité de modifications des effets des médicaments sous l’action d’une forte chaleur. Enfants et personnes âgées Pour les enfants : on note une immaturité du système de thermorégulation. La température centrale peut augmenter beaucoup plus rapidement que chez l’adulte du fait de la mauvaise régulation de la température corporelle principalement par la transpiration. Une étude sur des nourrissons (Allemagne – 2002 – bébés de 3 à 14 mois) a montré une parfaite adaptation cardiaque et thermique lors de bains de sauna de courte durée (3mn). La consultation d’un pédiatre est néanmoins souhaitable. Sauna et hammam Spas : organisation 9/13 Organisation Pour les seniors : la capacité à maintenir une température corporelle stable diminue avec l’âge : la vascularisation est moins performante et on observe une diminution de la fonction des glandes sudoripares. Le gériatre est à même de conseiller les personnes âgées en fonction de leurs pathologies et de leur vécu. On a pour habitude de dire que la pratique du sauna ou du hammam ne pose aucun problème de l’enfance à la vieillesse pour des sujets en bonne santé ; les Finlandais et les Maghrébins ont une pratique familiale et intergénérationnelle du sauna et du hammam : les jeunes enfants sont souvent initiés par les grands parents. Des questions d’accoutumance, d’habitude et d’expérience sont à prendre en compte (et ce, quel que soit l’âge) notamment pour accorder la pratique aux enfants ou aux seniors. Etat de l’appareil cardiovasculaire Une extrême prudence est recommandée pour les personnes qui souffrent d’hyper ou hypotension, d’insuffisance cardiaque, de troubles du rythme, de varices, de problèmes coronariens (ou sous prise de médicaments pour une pathologie cardiaque) ou encore ayant été récemment victimes d’un infarctus du myocarde. Par contre une pathologie cardiaque bien stabilisée et bien traitée peut ne pas présenter de contre-indication. Le stress dû à la chaleur a pour conséquence une augmentation du débit cardiaque (transfert de la chaleur interne vers l’environnement extérieur – la peau et le système ventilatoire) et donc du rythme cardiaque (possibilité d’augmentation de 30 battements par minute, par degré d’augmentation corporelle). Alcool et drogues Sous l’effet de la drogue ou de l’alcool, les réactions du corps à l’augmentation de température peuvent ne pas être adaptées. La prise d’alcool entraîne principalement une chute de la tension artérielle (hypotension), une augmentation de la fréquence cardiaque, parfois des arythmies ; ces éléments se surajoutent au stress thermique et peuvent causer des problèmes, voire dans de rares cas un phénomène de « mort subite ». Contrairement à la croyance populaire, le bain de sauna n’est pas un bon moyen de solutionner les « gueules de bois ». Affections médicales chroniques, maladies associées à une altération de la transpiration Certaines maladies neurologiques, le Parkinson, les Scléroses en plaques, les tumeurs du système nerveux central, le diabète (avec neuropathie) sont souvent associées à des troubles de la transpiration et de la sudation et sont donc des contre-indications. Sauna et hammam Spas : organisation 10/13 Organisation Hémophilie Toutes les personnes sujettes aux saignements doivent éviter les fortes chaleurs. Fièvre Un état fébrile avec montée thermique et une contre indication à la prise d’un sauna ou d’un hammam. Grossesse et menstruation Durant la grossesse la prise de précaution est de rigueur et l’avis du gynécologue recommandé. Il peut y avoir un risque fœtal en cas de montée anormale de la température centrale du corps de la maman. Pour certains auteurs, le sauna n’est en rien contre-indiqué pendant la grossesse. Durant la période des règles, la chaleur au niveau de la partie basse de l’abdomen et du dos peut entraîner une augmentation du flux menstruel. Certaines femmes utilisent ce procédé pour soulager leurs douleurs d’autres, au contraire, évitent le sauna pendant cette période du cycle. Inflammations Les pathologies en périodes inflammatoires, les blessures et plaies, les infections dentaires récentes contre-indiquent la pratique du sauna ou du hammam. Par contre certains préconisent le sauna (chaleur sèche) en cas de douleurs rhumatismales en dehors des épisodes inflammatoires. Implants et prothèses Les prothèses, les broches, les implants (silicone) les pacemakers sont parfois retenus dans les contre-indications ; il est utile de demander avis aux médecins compétents. Les utilitaires : Les gants : Plusieurs types de gants sont utilisés au hammam (parfois au sauna), pour nettoyer, lisser gommer, ou exfolier la peau (en affinent le grain et en stimulent le renouvellement des cellules) ainsi que pour améliorer la circulation du sang et faciliter l’élimination des toxines. Leur utilisation contribue à redonner à la peau douceur, souplesse, élasticité, meilleure hydratation et à lutter contre un vieillissement cellulaire prématuré. Le Crocheté en fil de coton : un gant de toilette utilisé au quotidien, très doux, pour le corps mais surtout pour le visage (l’équivalent de notre gant en éponge). Sauna et hammam Spas : organisation 11/13 Organisation Le Loofa : fibre végétale (extrait de la courge) utilisé pour se nettoyer la peau au quotidien car très peu abrasif. Se présente en pains naturels ou sous forme de gants. Le Kassa (ou Kessa) : gant en crêpe anglaise traditionnellement utilisé au hammam pour les gommages et l’exfoliation des cellules mortes de la peau ; utilisé très souvent après application de savon noir. Le Sisal : fibre végétale d’une grande longévité à la fois très résistante et très souple ; se présente en gant ou en pelote. Le Poil de chèvre (tissage mixte) : un gant rugueux qui produit un vigoureux exfoliant, et s’utilise pour lutter contre les capitons cellulitiques. Le Crin : une fibre naturelle très « abrasive » qui produit un massage énergique et rubéfiant. S’utilise sur peau sèche voire légèrement humide. Se présente sous forme de gant ou de sangle. On peut l’utiliser à la suite du sauna pour éliminer les peaux mortes que la chaleur aura permis de décoller. Le savon noir : Originaire du Maroc de la région d’Essaouira (sud du pays, façade Atlantique). Savon de couleur noire (ou marron foncé) entièrement naturel, présenté généralement sous forme de pâte de gommage sans grain, végétale et huileuse. Ce savon est obtenu à partir d’un mélange d’huile (d’olive) et d’olives noires broyées et macérées dans du sel et de la potasse. Ce savon est reconnu pour ses propriétés hydratantes, calmantes et adoucissantes ; il mousse très peu, il est riche en vitamine E et il convient à tous les types de peau. Le savon noir est le produit d’excellence pour préparer la peau à l’exfoliation des cellules mortes en la laissant douce, souple et satinée. Longtemps, le savon noir n’a été utilisé que dans l’enceinte des hammams pour le rituel du gommage. Utilisation au hammam : humidifier la peau ou séjourner quelque temps dans la salle chaude – émulsionner le savon noir sur l’ensemble du corps (éviter le contact avec les yeux) – laisser agir une dizaine de minutes – rincer – procéder au gommage à l’aide du gant de kassa en faisant des mouvements amples et appuyés pour extraire toutes les impuretés de la peau – se rincer une nouvelle fois, si possible à l’eau froide. Notions de thermorégulation : La thermorégulation est le mécanisme qui permet à notre organisme de conserver une température constante (environ 37,5°C - résultat de production et déperdition de chaleur). Le centre de contrôle de la thermorégulation se situe dans l’hypothalamus (noyau préoptique – thermostat physiologique). Des thermorécepteurs au niveau de la Sauna et hammam Spas : organisation 12/13 Organisation peau ou à l’intérieur de notre corps (récepteurs centraux) renseignent en permanence l’hypothalamus sur notre température. Notre organisme est qualifié d’homéotherme car notre température interne ne varie pas (ou peu – moins de 1°c) avec les variations de température extérieure. La vie humaine est le résultat de réactions chimiques (ex : au niveau de la cellule) et de phénomènes physiques (ex : l’osmose) très influencés par les variations de température. La régulation de la température se fait essentiellement à travers la peau. L’agent régulateur de température du corps humain est le sang (un organe ayant dépassé la température acceptable recevra du sang plus frais en provenance de la peau, ou la température est plus basse si le milieu ambiant est suffisamment frais). Si la thermorégulation ne parvient pas à garder la température centrale dans les normes on parlera d’hypothermie (T° < à la normale) ou d’hyperthermie (T°> à la normale). Les échanges de chaleur dans notre organisme se font par : rayonnement : perte de chaleur sous forme d’ondes infrarouges (ex : le radiateur) ; conduction : transfert de chaleur entre deux objets en contact (ex : le bain) ; convection : mouvement d’air en fonction de la température (ex : l’air chaud monte) ; évaporation : élimination de chaleur par vaporisation (ex : la sueur). Les mécanismes de régulation de la température corporelle sont : pour réchauffer vasoconstriction des vaisseaux sanguins périphériques – le sang reste dans les régions profondes du corps et évite la peau (risque de gelures) ; augmentation du métabolisme (noradrénaline) frissons (fabrication de chaleur par augmentation de l’activité musculaire) ; libération de thyroxine (mécanisme lent – lors d’un changement de saison). pour refroidir : ouverture des vaisseaux sanguins de la peau ; augmentation de la transpiration (évaporation de la sueur) ; réduction de l’activité port de vêtements amples et de couleur blanche Sauna et hammam Spas : organisation 13/13 Organisation SAUNA et HAMMAM Par Jean-Jacques Gauthier Amphorm Consulting INTRODUCTION : Les bains de vapeur parfumés, les salles de sudation, les espaces de chaleur sèche ou humide étaient d’usage courant chez les Grecs et les Romains. Textes, fresques, vestiges, ou ruines en sont les témoins. Le hammam et le sauna s’inscrivent dans la tradition du bain : bains de chaleur sèche ou humide aux cotés des bains avec immersion. Hérodote (482-425 av JC, « père de l’histoire chez les Grecs ») évoque, au VI siècle avant J-C, le bain de vapeur comme une pratique connue de tout le monde (certainement suite à son expédition en Asie). Actuellement sauna et hammam se retrouvent dans de nombreux lieux de bien-être, de wellness et de santé : centres nautiques ou aqualudiques, centre de fitness ou de forme, thalassothérapie, établissements thermaux ou thermo-ludiques, spas. (Rappel des définitions des différents établissements) Ces lieux, à l’origine, attachés à l’hygiène corporelle de l’individu voir aux rituels religieux ou familiaux sont donc aujourd’hui associés à la détente et au bien-être voir à la santé (médecine douce, alternative). Au delà de l’espace collectif, hammam et sauna colonisent maintenant la sphère privée. Effet de mode, retour vers certaines traditions, nouveaux besoins ?!? Sauna et hammam Spas : organisation 1/13 Organisation LE HAMMAM : Etymologiquement « source de chaleur ». Historique : Dérivé des thermes Romains. Le hammam est un emprunt des Arabes aux bains publics que les Romains avaient exportés dans tous les territoires conquis (dont l’Arabie). Le hammam également appelé « bain maure » en référence à l’Espagne arabe, et bain turc par les occidentaux, est un lieu de vapeur développé et adapté par les Orientaux mus par un concept religieux (en opposition aux réalisations des Latins plus tournés vers le plaisir des corps et le loisir des peuples). Le hammam s’est développé dans l’empire Ottomam, dans les pays du Maghreb, et dans certains pays du Moyen-Orient comme la Syrie. Lieu d’importance, le hammam est un pilier dans l’organisation de la cité musulmane (vie sociale et religieuse) et va de pair avec l’expansion de l’Islam. Compter le nombre de hammams dans une cité musulmane permettait d’en évaluer sa richesse. Au cours de l’histoire, les sultans de l’Orient ont rivalisé dans la construction de hammams toujours plus fastueux. Les plus beaux se trouvent encore actuellement en Syrie (la ville d’Alep en compta pas moins de 160 - certains sont inscrits aujourd’hui au Patrimoine Artistique de l’Humanité). L’hygiène et la propreté sont des incontournables de la foi musulmane : pureté physique et ablutions quotidiennes sont exigées avant les prières rituelles (le hammam est très souvent placé à proximité de la mosquée – son entrée ne doit pas lui faire directement face). Prescription de Mahomet : « la prière est la clef du paradis et la propreté la clef de la prière » Le hammam est un des éléments constitutifs de la cité musulmane à mi-chemin entre le sacré et le profane (nécessaire au croyant pour sa pratique mais en aucun cas lieu de culte). Jusqu’au XII siècle, les bains publics du monde arabe étaient interdits aux femmes ; c’est aux écrits d’Avicenne (980 – 1037, médecin, savant et philosophe persan) que revient le mérite d’avoir permis l’accès des hammams aux femmes (mères, épouses, filles) ; le hammam est pour lui le « médecin muet » ou plus simplement un excellent moyen de prévenir ou de guérir bon nombre de maladies. Sauna et hammam Spas : organisation 2/13 Organisation Architecture et conception : L’architecture du hammam reprend, à ses débuts, la disposition des bains grecs et des thermes romains. Sa conception est traditionnelle : une salle de déshabillage et de repos (communiquant souvent avec des latrines) et trois salles concomitantes de chaleurs progressives. Une première salle à température ambiante, une seconde tiède et une troisième chaude comportant des alcôves avec banquettes destinées aux soins (gommage, massages etc..). Les trois salles de chaleur croissante étaient déjà décrites dans les établissements de la Rome antique : tepidarium - caldarium - laconium et souvent associées à une piscine d’eau fraîche le frigidarium, à un espace sportif, la palaestra et à un lieu de réflexion, de discussion, l’exaedra. Le sol est recouvert de marbre ; un feu allumé au dessous le chauffe et la vapeur est produite par l’eau que l’on jette sur le marbre. On trouve aussi des systèmes de chauffage (canalisations de poteries encastrées – conduit de fumée partant du foyer) à partir d’une chaufferie placée en annexe de l’établissement. Les murs souvent épais (pour conserver la chaleur) sont traditionnellement recouverts de Tadelakt (Tadelack) ; revêtement à la chaux de la famille des stucs – enduit teinté dans la masse avec des pigments naturels – superposition de couches fines lissées au fur et à mesure puis polie au galet de rivière (tadelack signifie caresser) – finition fine et brillante (savon noir et œuf sur l’enduit final), reflet miroir – grande résistance à l’humidité. Des Zelliges, mosaïques à motifs en céramiques découpées et bicolores en provenance du Maroc (fabriquées avec l’argile de Fès), tapissent sol et vasques. L’éclairage est doux pour donner une lumière diffuse ; très souvent l’éclairage est dispensé par des « culs-de-bouteilles » incrustés dans les coupoles et les voûtes en motifs géométriques. Fonctionnement : Hommes et femmes ne doivent pas se croiser au hammam ; s’il n’existe pas deux lieux séparés, les heures du jour sont plutôt réservées aux femmes (pour pouvoir s’occuper de la maison le soir venu) et les hommes s’y rendent plutôt le soir. Le hammam, dans la tradition, n’est jamais mixte. Les jeunes garçons (avant la puberté – « avant que leurs yeux ne révèlent une étincelle de curiosité coquine ! ») sont acceptés avec les femmes. La nudité intégrale est un des interdits ; une serviette légère - la Fouta – se noue à la taille et recouvre le bas ventre et le sexe (des alcôves ou des petites loges sont réservées pour la toilette intime). Traditionnellement il faut trois Foutas : une pour les cheveux, une pour le corps et une à usage de pagne. Dès l’enfance, on apprend les codes et les rites du hammam ; les petites filles y accompagnent leurs mères et leurs grandes mères. Sauna et hammam Spas : organisation 3/13 Organisation Sudation, épilation, savonnage, shampoing, teinture, rinçage, gommage, ponçage, massage, onction d’huiles, application d’henné, soins du visage, des mains, des pieds : véritable centre de remise en forme ou institut de beauté, le hammam est une parenthèse de bien-être et de liberté dans la vie quotidienne. Une ou deux heures pour les hommes mais une bonne demi-journée pour les femmes où repos, conversations, échanges, et thé à la menthe viennent s’ajouter aux rituels et aux soins. Le hammam est aussi le lieu de moments d’exception tels que la préparation au mariage pour les jeunes filles. Le hammam a été parfois appelé le « café des femmes » dans un contexte ou les femmes subissaient de nombreuses contraintes nées de la religion, des mœurs, du patriarcat ou des systèmes familiaux. Avec la montée du fondamentalisme dans certains pays arabes, le hammam redevient un peu ce qu’il était hier : un lieu de défoulement, de soins de soi, de plaisirs permis … de soupape de sécurité psychologique. Le hammam n’est pas uniquement un lieu collectif d’hygiène et de soins mais un subtil équilibrant social et psychologique. Le hammam revigore la chair et l’esprit, il apaise les corps et donc les âmes. Le déroulement d’une séance de hammam est variable selon le temps disponible et les objectifs recherchés. Actuellement et sous nos latitudes, une séance de hammam peut se résumer au descriptif suivant : séjour de courte durée dans la salle tiède puis dans la salle chaude ; gommage du corps (avec savon noir) dans la salle tiède ; rinçage abondant du corps si possible à l’eau froide ; deux ou trois périodes dans la salle chaude de 10 à 20 minutes entrecoupées de douche froide et temps de repos, allongé dans une salle à température ambiante avec boisson (thé à la menthe). On peut à l’issue du hammam se faire masser avec une huile (noyau d’abricot, sésame, olive parfumée à l’essence de roses ou à la fleur d’oranger) pour parfaire la détente, mieux éliminer les toxines et nourrir la peau. S’hydrater abondamment durant toute la durée de la séance. Sauna et hammam Spas : organisation 4/13 Organisation LE SAUNA : Nom d’origine fino-lapone qui veut dire la « suée ». Nom masculin ou féminin Historique : La pratique du bain de vapeur remonte certainement à la préhistoire. Les premiers saunas dateraient d’environ 2 000 ans et seraient originaires de l’Asie centrale d’où ils auraient gagné la Russie puis l’Europe du nord. Hérodote, grec d’Asie mineure (grand voyageur), décrit vers 425 avant JC les coutumes du bain de vapeur (sorte de sauna rudimentaire) observées dans une région de l’actuelle Russie, chez les Scythes (cavaliers nomades des steppes, originaires d’Asie centrale). Dès le début de l’ère chrétienne, les saunas se développent au départ de la Russie vers la Mongolie, la Laponie et la Scandinavie. Mais la localisation du sauna ne se limite aux pays glacés ; les Celtes en feront l’usage. Dès le VI siècle, on passe en Finlande de l’installation de fortune à une pièce construite en rondins de bois : le savusauna (sauna chauffé à la fumée). Les saunas sont utilisés pour certains rites (à l’origine culte du feu), pour remédier à certaines maladies ou plus simplement pour rendre moins rudes les conditions de vie de ces contrées froides et très souvent obscures. On peut penser que le sauna était associé, à l’origine, à certains rites chamaniques pour faire communiquer la terre des hommes et le monde des esprits. La cure de chaleur fait sortir le mal du corps et simultanément purge l’âme ; un double effet thérapeutique ! Les mythes et légendes des peuples du nord relatent un univers habité d’êtres mystérieux : en Finlande, on croyait que le génie de la terre se tenait sous le sauna et que des fées venaient s’y régénérer en l’absence des humains. L’ancêtre du sauna actuel est donc le sauna à fumée (savusauna). Le poêle est formé d’un tas de pierres de plusieurs centaines de kilos sous lequel on établit un feu de bois vif (aulne ou bouleau écorcé) pendant plusieurs heures. La fumée envahit la salle et s’échappe par une petite cheminée (une fine couche de suie recouvre les parois du sauna et lui confère un parfum très caractéristique). On évacue les cendres et les braises, on ventile en ouvrant la porte en grand. On referme ensuite l’ensemble (y compris la cheminée) et si le tas de pierres est important, le sauna pourra fonctionner plusieurs heures : les hommes précèdent les femmes et ensuite viennent les enfants ou les personnes fragiles qui profitent d’une chaleur plus douce. Sauna et hammam Spas : organisation 5/13 Organisation Ce type de sauna (à fumée) se retrouve dans certaines exploitations agricoles anciennes ou sont réinstallés actuellement dans de nombreux centres de loisirs. Le sauna va s’institutionnaliser et se développer en Russie, Mongolie, Finlande, Laponie, Norvège et Suède mais en fonction des lieux, les modes d’emploi vont parfois se différencier. Le bagna Russe conjugue grande toilette, délassement et cure de santé. En fonction du foyer ouvert ou fermé (avec conduit de cheminée pour évacuer la fumée) on parlera de « bagna noir » ou de « bagna blanc ». Le bagna se prend généralement le samedi après la semaine de travail. Même si les temps ont changé, le bagna reste indissociable du mode de vie Russe. Le sauna finlandais est une tradition sociale et familiale (on construisait la cabane du sauna avant même la maison d’habitation) et un élément capital dans les relations entre les individus. Autrefois, certaines négociations politiques et économiques se déroulaient au sauna. Pour des questions d’hygiène (facilité d’entretien) les accouchements avaient lieu dans les saunas. Dans les maisons de campagne, il est courant de se baigner dans la rivière ou le lac voisin pour remplacer la douche et ce, quelle que soit la saison ; en hiver on creuse un trou dans la glace. On compte aujourd’hui environ 2 millions de saunas pour 5,2 millions de Finlandais (environ 1 par foyer). Le sauna est présent partout : maisons particulières, entreprises, hôtels, bateaux, administration, Sénat, Palais présidentiel. Le plus grand sauna du pays se trouve à l’école navale de Finlande à Suomunlinna. Architecture et conception : Actuellement, le sauna se présente sous la forme d’une petite cabane de bois, d’une cabine en bois ou d’une pièce recouverte de bois dans laquelle on établit une température variant entre 70 et 100°C (voire plus !). Des bancs sont disposés à différentes hauteurs pour permettre un effet sauna avec différentes plages de température (chaleur plus élevée sur les banquettes supérieures). Le sauna finlandais est souvent une cabine fabriquée à base d’épicéa du pays ; le climat rigoureux ralentit la croissance des arbres et confère à ce bois une dureté, une densité et une stabilité remarquables. On trouve dans la fabrication des saunas de l’Epicéa du nord, de l’Hemlock Canadien, du Tremble ou du Peuplier. Pour les banquettes, on recouvre une structure de base en Epicéa de parements en bois dépourvus de nœuds (ou d’éclats) et qui présentent par ailleurs une très faible conductibilité thermique. Les parois de la cabine sont constituées de lambis (laine de roches + film d’aluminium) ou de bois massif et de préférence sans nœuds. Sauna et hammam Spas : organisation 6/13 Organisation Sur le sol on dispose très souvent des caillebotis en bois tendre ou en synthétique (hygiène - législation). Le chauffage est actuellement généré, dans la majorité des installations, par un poêle (kiuas en finnois) à résistance électrique sur lequel sont disposées des roches volcaniques : il doit concilier fiabilité et économie. Un manteau de protection extérieur équipe le poêle pour éviter les risques de brûlures (souvent renforcé par un protège four en bois). La montée en température doit être rapide ; le réglage s’effectue par une sonde placée à l’intérieur de la cabine. L’éclairage est souvent de faible intensité. Par mesure de sécurité, les portes de sauna s’ouvrent toujours vers l’extérieur. En cas d’utilisation publique du sauna, celui ci doit répondre aux normes « de passage pour personne à mobilité réduite ». Fonctionnement : Le sauna est chauffé par un poêle à bois ou électrique nommé « kiuas » sur lequel sont disposées des pierres à sauna ( kiuaskivi) ; ces pierres sont souvent d’origine volcanique (diabase, gabbro, olivine, péridotite, pierre ollaire). Une fois les pierres chauffées, on les asperge d’une louche d’eau (additionner d’huiles essentielles de pin ou d’eucalyptus), produisant ainsi une bouffée de vapeur (löyly). Cette opération ne doit pas être renouvelée trop souvent pour garder au sauna un taux d’hygrométrie très bas (3 à 20% d’humidité). Ce faible taux permet de supporter des températures voisines de 100°C sans difficulté. On pénètre dans le sauna avec un corps propre (douche chaude avant le sauna) et sec, muni d’une serviette (propre et sèche !) que l’on place sur les banquettes pour s’isoler du bois. On alterne des périodes de sauna et de repos (à l’extérieur) entrecoupées d’une douche ou d’un bain froid (voire glacé). Classiquement, ces périodes sont de même durées ; on conseille 3 répétitions. Ex : sur une heure, 3 périodes de 10mn à 12 mn de sauna en alternance avec 3 périodes de 10mn à 12mn de repos allongé au calme, avec douche froide (ou immersion dans un bain froid – eau voisine de 0°C) à chaque sortie du sauna suivie d’un séchage du corps ; durant le repos (position allongée – jambes légèrement surélevées) on enveloppe le corps dans un peignoir sec ou une couverture et on s’hydrate abondamment (eau de préférence). Le dernier temps de repos sera un peu plus long (20mn). On commence son bain de sauna sur les banquettes les plus basses souvent en position allongée (pour minimiser l’effet de chaleur parfois oppressante lors des premières Sauna et hammam Spas : organisation 7/13 Organisation expériences) et pour ensuite monter sur les banquettes supérieures et se placer en position assise. La perte d’eau par transpiration peut être d’un litre par heure et la température corporelle peut monter jusqu’à 40 degrés. La chaleur est d’autant plus forte que l’on se place en position haute ; l’air chaud monte. La sensation de chaleur est d’autant plus forte que l’on asperge d’eau les pierres du poêle (löwly) ; l’air chargé d’humidité a tendance à brûler les muqueuses des voies aériennes supérieu res et cet air est donc plus difficile à supporter. C’est le niveau d’hygrométrie qui monte, pas la température. Durant le bain de chaleur on peut aussi se flageller légèrement à l’aide de jeunes rameaux de bouleau (sorte de martinet semi-rigide appellé vihta ou vasta) pour stimuler la circulation sanguine. On utilise aussi le venik , bouquet de branches feuillues, pour masser et stimuler le corps : un véritable coup de fo uet. On peut aussi jeter sur les pierres (ou dans le feu pour le bagna) des plantes odoriférantes pour en inhaler les parfums susceptibles d’améliorer certaines affections (bronchites, rhumatismes, allergies). Généralement le bain de sauna est un moment de calme et de sérénité Dans le sauna, la nudité est de rigueur ; le contraire est considéré comme antihygiénique. Par contre on utilise systématiquement une serviette que l’on place sur les banquettes pour des questions d’hygiène. Le port de bijoux et de lunettes est à proscrire pour éviter de se brûler. Indications : Sauna et Hammam étaient, à l’origine, des techniques destinées à améliorer l’hygiène corporelle. Le sauna, de par sa chaleur très forte, était un excellent moyen d’éliminer tous les parasites présents sur le corps (puces, poux, morpions…). Le hammam permettait de nettoyer la peau en profondeur de façon régulière. Aujourd’hui leur utilisation est dictée par la nécessité de bien-être, le besoin de ressourcement, de récupération ou de détente. Sauna et hammam concourent d’une part à améliorer l’élimination des toxines fonction de « nettoyage » et de « régénération » - et d’autre part, à doper le métabolisme - fonction de « stimulation » -. Sauna et hammam Spas : organisation 8/13 Organisation Les indications sont donc nombreuses et souvent communes aux deux modes de présentation - bains de chaleur humide ou bains de chaleur sèche : calmer les nerfs, éliminer ou diminuer le stress, détendre l’organisme ; éliminer la fatigue, lutter contre le surmenage ; stimuler la circulation sanguine et améliorer les échanges ; éliminer les toxines de l’organisme (acide lactique, urée etc..) ; combattre courbatures ou tension musculaire ; améliorer certains états douloureux (rhumatismes) et enrayer certaines pathologies hivernales (rhumes, rhino., bronchites..) ; renforcer le système de défenses naturelles de l’organisme ; améliorer le sommeil ; assouplir et nettoyer la peau ; Contre-indications : Les contre-indications au sauna ou au hammam sont souvent de même nature ; à noter néanmoins que la montée en température moins importante du hammam semble moins pénalisante. En cas de doute, un avis médical s’impose. Médicaments : La prise de diurétiques, barbituriques ou béta-bloquants sont à éviter. Il faut signaler une possibilité de modifications des effets des médicaments sous l’action d’une forte chaleur. Enfants et personnes âgées Pour les enfants : on note une immaturité du système de thermorégulation. La température centrale peut augmenter beaucoup plus rapidement que chez l’adulte du fait de la mauvaise régulation de la température corporelle principalement par la transpiration. Une étude sur des nourrissons (Allemagne – 2002 – bébés de 3 à 14 mois) a montré une parfaite adaptation cardiaque et thermique lors de bains de sauna de courte durée (3mn). La consultation d’un pédiatre est néanmoins souhaitable. Sauna et hammam Spas : organisation 9/13 Organisation Pour les seniors : la capacité à maintenir une température corporelle stable diminue avec l’âge : la vascularisation est moins performante et on observe une diminution de la fonction des glandes sudoripares. Le gériatre est à même de conseiller les personnes âgées en fonction de leurs pathologies et de leur vécu. On a pour habitude de dire que la pratique du sauna ou du hammam ne pose aucun problème de l’enfance à la vieillesse pour des sujets en bonne santé ; les Finlandais et les Maghrébins ont une pratique familiale et intergénérationnelle du sauna et du hammam : les jeunes enfants sont souvent initiés par les grands parents. Des questions d’accoutumance, d’habitude et d’expérience sont à prendre en compte (et ce, quel que soit l’âge) notamment pour accorder la pratique aux enfants ou aux seniors. Etat de l’appareil cardiovasculaire Une extrême prudence est recommandée pour les personnes qui souffrent d’hyper ou hypotension, d’insuffisance cardiaque, de troubles du rythme, de varices, de problèmes coronariens (ou sous prise de médicaments pour une pathologie cardiaque) ou encore ayant été récemment victimes d’un infarctus du myocarde. Par contre une pathologie cardiaque bien stabilisée et bien traitée peut ne pas présenter de contre-indication. Le stress dû à la chaleur a pour conséquence une augmentation du débit cardiaque (transfert de la chaleur interne vers l’environnement extérieur – la peau et le système ventilatoire) et donc du rythme cardiaque (possibilité d’augmentation de 30 battements par minute, par degré d’augmentation corporelle). Alcool et drogues Sous l’effet de la drogue ou de l’alcool, les réactions du corps à l’augmentation de température peuvent ne pas être adaptées. La prise d’alcool entraîne principalement une chute de la tension artérielle (hypotension), une augmentation de la fréquence cardiaque, parfois des arythmies ; ces éléments se surajoutent au stress thermique et peuvent causer des problèmes, voire dans de rares cas un phénomène de « mort subite ». Contrairement à la croyance populaire, le bain de sauna n’est pas un bon moyen de solutionner les « gueules de bois ». Affections médicales chroniques, maladies associées à une altération de la transpiration Certaines maladies neurologiques, le Parkinson, les Scléroses en plaques, les tumeurs du système nerveux central, le diabète (avec neuropathie) sont souvent associées à des troubles de la transpiration et de la sudation et sont donc des contre-indications. Sauna et hammam Spas : organisation 10/13 Organisation Hémophilie Toutes les personnes sujettes aux saignements doivent éviter les fortes chaleurs. Fièvre Un état fébrile avec montée thermique et une contre indication à la prise d’un sauna ou d’un hammam. Grossesse et menstruation Durant la grossesse la prise de précaution est de rigueur et l’avis du gynécologue recommandé. Il peut y avoir un risque fœtal en cas de montée anormale de la température centrale du corps de la maman. Pour certains auteurs, le sauna n’est en rien contre-indiqué pendant la grossesse. Durant la période des règles, la chaleur au niveau de la partie basse de l’abdomen et du dos peut entraîner une augmentation du flux menstruel. Certaines femmes utilisent ce procédé pour soulager leurs douleurs d’autres, au contraire, évitent le sauna pendant cette période du cycle. Inflammations Les pathologies en périodes inflammatoires, les blessures et plaies, les infections dentaires récentes contre-indiquent la pratique du sauna ou du hammam. Par contre certains préconisent le sauna (chaleur sèche) en cas de douleurs rhumatismales en dehors des épisodes inflammatoires. Implants et prothèses Les prothèses, les broches, les implants (silicone) les pacemakers sont parfois retenus dans les contre-indications ; il est utile de demander avis aux médecins compétents. Les utilitaires : Les gants : Plusieurs types de gants sont utilisés au hammam (parfois au sauna), pour nettoyer, lisser gommer, ou exfolier la peau (en affinent le grain et en stimulent le renouvellement des cellules) ainsi que pour améliorer la circulation du sang et faciliter l’élimination des toxines. Leur utilisation contribue à redonner à la peau douceur, souplesse, élasticité, meilleure hydratation et à lutter contre un vieillissement cellulaire prématuré. Le Crocheté en fil de coton : un gant de toilette utilisé au quotidien, très doux, pour le corps mais surtout pour le visage (l’équivalent de notre gant en éponge). Sauna et hammam Spas : organisation 11/13 Organisation Le Loofa : fibre végétale (extrait de la courge) utilisé pour se nettoyer la peau au quotidien car très peu abrasif. Se présente en pains naturels ou sous forme de gants. Le Kassa (ou Kessa) : gant en crêpe anglaise traditionnellement utilisé au hammam pour les gommages et l’exfoliation des cellules mortes de la peau ; utilisé très souvent après application de savon noir. Le Sisal : fibre végétale d’une grande longévité à la fois très résistante et très souple ; se présente en gant ou en pelote. Le Poil de chèvre (tissage mixte) : un gant rugueux qui produit un vigoureux exfoliant, et s’utilise pour lutter contre les capitons cellulitiques. Le Crin : une fibre naturelle très « abrasive » qui produit un massage énergique et rubéfiant. S’utilise sur peau sèche voire légèrement humide. Se présente sous forme de gant ou de sangle. On peut l’utiliser à la suite du sauna pour éliminer les peaux mortes que la chaleur aura permis de décoller. Le savon noir : Originaire du Maroc de la région d’Essaouira (sud du pays, façade Atlantique). Savon de couleur noire (ou marron foncé) entièrement naturel, présenté généralement sous forme de pâte de gommage sans grain, végétale et huileuse. Ce savon est obtenu à partir d’un mélange d’huile (d’olive) et d’olives noires broyées et macérées dans du sel et de la potasse. Ce savon est reconnu pour ses propriétés hydratantes, calmantes et adoucissantes ; il mousse très peu, il est riche en vitamine E et il convient à tous les types de peau. Le savon noir est le produit d’excellence pour préparer la peau à l’exfoliation des cellules mortes en la laissant douce, souple et satinée. Longtemps, le savon noir n’a été utilisé que dans l’enceinte des hammams pour le rituel du gommage. Utilisation au hammam : humidifier la peau ou séjourner quelque temps dans la salle chaude – émulsionner le savon noir sur l’ensemble du corps (éviter le contact avec les yeux) – laisser agir une dizaine de minutes – rincer – procéder au gommage à l’aide du gant de kassa en faisant des mouvements amples et appuyés pour extraire toutes les impuretés de la peau – se rincer une nouvelle fois, si possible à l’eau froide. Notions de thermorégulation : La thermorégulation est le mécanisme qui permet à notre organisme de conserver une température constante (environ 37,5°C - résultat de production et déperdition de chaleur). Le centre de contrôle de la thermorégulation se situe dans l’hypothalamus (noyau préoptique – thermostat physiologique). Des thermorécepteurs au niveau de la Sauna et hammam Spas : organisation 12/13 Organisation peau ou à l’intérieur de notre corps (récepteurs centraux) renseignent en permanence l’hypothalamus sur notre température. Notre organisme est qualifié d’homéotherme car notre température interne ne varie pas (ou peu – moins de 1°c) avec les variations de température extérieure. La vie humaine est le résultat de réactions chimiques (ex : au niveau de la cellule) et de phénomènes physiques (ex : l’osmose) très influencés par les variations de température. La régulation de la température se fait essentiellement à travers la peau. L’agent régulateur de température du corps humain est le sang (un organe ayant dépassé la température acceptable recevra du sang plus frais en provenance de la peau, ou la température est plus basse si le milieu ambiant est suffisamment frais). Si la thermorégulation ne parvient pas à garder la température centrale dans les normes on parlera d’hypothermie (T° < à la normale) ou d’hyperthermie (T°> à la normale). Les échanges de chaleur dans notre organisme se font par : rayonnement : perte de chaleur sous forme d’ondes infrarouges (ex : le radiateur) ; conduction : transfert de chaleur entre deux objets en contact (ex : le bain) ; convection : mouvement d’air en fonction de la température (ex : l’air chaud monte) ; évaporation : élimination de chaleur par vaporisation (ex : la sueur). Les mécanismes de régulation de la température corporelle sont : pour réchauffer vasoconstriction des vaisseaux sanguins périphériques – le sang reste dans les régions profondes du corps et évite la peau (risque de gelures) ; augmentation du métabolisme (noradrénaline) frissons (fabrication de chaleur par augmentation de l’activité musculaire) ; libération de thyroxine (mécanisme lent – lors d’un changement de saison). pour refroidir : ouverture des vaisseaux sanguins de la peau ; augmentation de la transpiration (évaporation de la sueur) ; réduction de l’activité port de vêtements amples et de couleur blanche Sauna et hammam Spas : organisation 13/13