Saint-Genest-Lerpt, Roche-la-Molière, Villars
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Saint-Genest-Lerpt, Roche-la-Molière, Villars
Saint-Genest-Lerpt, Roche-la-Molière, Villars Saint-Genest-Lerpt, Roche-la-Molière, Villars Saint-Etienne - Saint-Victor-sur-Loire découvrir, s’évader, respirer... Les grandes étapes 1 2 3 A B C 4 5 6 7 8 9 10 11 12 La Place Jean Jaurès La Place Jacquard Les crassiers de Michon Le Parc de Pinelon Le quartier de Côte Chaude Le vallon du Rieudelet Saint-Genest-Lerpt Le ruisseau du Lizeron La station d’épuration Roche-la-Molière La ferme Carrin Les Gorges de la Loire Niveaux de lecture du topoguide • • • • cheminement du sentier : texte en italique thème abordé : texte principal sur fond tramé élément remarquable : «info +» sur fond de couleur référence thématique à l’eau : rubrique «au fil de l’eau» Des panneaux informatifs sont disposés tout au long du sentier. Ils reprennent les explications qui sont développées de façon plus exhaustive dans ce topo-guide. Agréables promenades et bonnes découvertes à tous... Présentation des itinéraires ............................... p 4 Découvrir, le cœur de ville ................................ p p p p p p 7 8 10 14 16 18 p p p p p p p p 19 20 22 24 26 28 29 30 p p p p p p p 31 32 33 34 36 38 39 Saint-Etienne, place au cœur de ville Activités d’hier, ville d’aujourd’hui Traditions et coutumes autour de la ville Derrière la végétation, les vestiges du passé Des sites marqués par l’histoire S’évader, de la ville à la campagne .................... Des vallons aux communes rurales L’eau, au service de l’homme L’eau, de la ville à la nature Des roches meulières à Roche-la-Molière Le cycle de l’eau La zone humide L’arbre et la rivière Respirer, côté nature ......................................... Les derniers paysages ouverts Vivre côté campagne Paysages de vallon Les rives enchantées Village en bord de Loire En direction de l’Océan Informations pratiques ...................................... p 40 Le sentier principal Découvrir, le cœur de ville Le départ se situe sur la place Jean Jaurès, au centre ville de Saint-Etienne. Le début du parcours traverse les paysages urbains du centre pour arriver au quartier de Côte Chaude. S’évader, de la ville à la campagne Après le parc Pinelon, le sentier parcourt les paysages ruraux du vallon de Rieudelet avant d’arriver dans le centre de Saint-Genest-Lerpt. La traversée de ce village permet de découvrir des éléments remarquables du patrimoine bâti tels que l’église et la chapelle. L’itinéraire continue en direction de Roche-la-Molière dans les espaces ouverts de la campagne stéphanoise. Puis, après la station d’épuration, il longe le ruisseau du Lizeron dans un vallon étroit à la végétation luxuriante. Respirer, côté nature En fin de parcours, on pénètre sur le territoire de la Réserve Naturelle Volontaire des Gorges de la Loire, remarquable par ses paysages et son patrimoine naturel. Le sentier est balisé en bleu et agrémenté de panneaux thématiques. Longueur : 12,2 Km Temps : 3 heures 45 minutes de marche Difficulté : tous niveaux. Cependant des chaussures de marche sont recommandées surtout à partir de Saint-Genest-Lerpt. Retour à Saint-Etienne, depuis Saint-Victor-sur-Loire, par les transports en commun : STAS 04 77 33 31 35 4 La boucle de Villars Le départ de la boucle se situe au centre ville de Villars à coté de l’église. La liaison avec le sentier principal s’établit au niveau du quartier de Côte Chaude. Ce parcours permet à la fois de traverser des zones urbanisées, des zones rurales et naturelles et de découvrir des éléments du patrimoine minier. Longueur : 7,5 Km Temps : 2h30 de marche Difficulté : tous niveaux Balisage : jaune La boucle du chasseur On peut emprunter cette boucle à Saint-Genest-Lerpt près de l’église, au bord de la départementale N°8, près du lieu dit «le Chasseur». Elle est commune au sentier principal entre l’église de Saint-Genest-Lerpt et la ferme des Rieux. La boucle parcourt des paysages ruraux et traverse des milieux naturels le long du ruisseau de Grangent. Longueur : 10 Km Temps : 3 heures de marche Difficulté : tous niveaux Balisage : jaune Les boucles de Roche-la-Molière Pour les deux boucles, le départ se situe près du château de Roche-la-Molière. La boucle Est rejoint le sentier de Saint-Genest-Lerpt à la ferme des Rieux. Elle traverse le village de Roche-la-Molière et les paysages de vallons campagnards. La boucle Ouest, quant à elle, rejoint le sentier principal après les Rieux sur une portion qui suit le Lizeron. Son parcours dans le village est plus court. Longueur : Boucle Est : 6,5 km / Boucle Ouest : 6 km Temps : 2 heures de marche pour chaque boucle Difficulté : tous niveaux Balisage : jaune 5 SAINT-ETIENNE METROPOLE Une communauté d’agglomération ... Seconde agglomération de Rhône-Alpes, Saint-Etienne Métropole conjugue les atouts d’une situation stratégique et d’un poids démographique et économique qui la situent parmi les dix plus importantes agglomérations françaises. A la confluence de trois vallées (Ondaine, Gier et Furan), au pied du Parc Naturel Régional du Pilat et des Gorges de la Loire, le territoire de la communauté d’agglomération offre un environnement naturel d’une qualité et d’une diversité remarquable, qu’il est nécessaire de préserver. ... pour des projets concrets Saint-Etienne Métropole s’est engagée dans l’aménagement d’un sentier reliant le cœur de la ville centre, Saint-Etienne, et Saint-Victor-sur-Loire, en passant par Saint-Genest-Lerpt et Roche-la-Molière. En ce sens, elle répond à la volonté de ses communes adhérentes, désireuses de travailler ensemble sur un projet respectueux de l’environnement et à l’usage de promeneurs curieux. L’édition de ce topo-guide et la mise en place de panneaux informatifs visent à recenser et valoriser les richesses environnementales et patrimoniales de ce premier parcours «métropolitain». 6 Façonnées au fil des ans par les activités et les inspirations humaines, les villes sont comme des livres ouverts... Chaque élément architectural, chaque trace ou vestige du temps passé compose la calligraphie d’une histoire toute particulière et révèle l’intimité de ceux qui occupèrent les lieux. Il faut savoir déceler ces empreintes indélébiles, ces chuchotements à peine perceptibles et pourtant à jamais gravés dans la pierre d’un porche ou les pavés d’une ruelle... Oui, il faut savoir s’arrêter et découvrir le long des rues et des places, ce léger battement venu du fond des temps : ce cœur de ville. 7 Saint-Etienne… au fil de l’eau Nous sommes au départ du sentier, sur la place Jean Jaurès en plein cœur de la ville de Saint-Etienne. En remontant la rue Praire, à l’extrémité Nord-Ouest de la place, on rejoindra la Place Jacquard, prochaine étape du parcours. Les jets d’eau signalent déjà la part que prendra l’élément liquide tout au long de ce parcours. L’eau agrémente le paysage urbain, elle met en valeur les bâtiments voisins, tels que l’Hôtel de ville et la Préfecture. Ceux-ci témoignent de l’essor de Saint-Etienne qui, dès le début du XIXème siècle, s’est propulsée dans le rang des dix grands centres urbains de France. Canalisé et invisible aujourd’hui, le Furan, rivière qui traverse la ville du Sud vers le Nord, passe le long de la place en direction de Carnot. 2 8 1 La Place Jean Jaurès 1 La place Jean Jaurès fut dessinée en 1792 et inaugurée en 1801. Elle porta le nom de Marengo avant de devenir Place Jean Jaurès en 1919. Ce site, haut lieu d’animations, a été entièrement réhabilité au cours de l’année 2000. L’axe de la Grand’Rue qui traverse la ville du Nord au Sud sur 6 kilomètres, avec son célèbre tramway, coupe la place en deux et dessine la colonne vertébrale spécifique de l’urbanisme stéphanois. Cet axe dessert ainsi la plupart des places et carrefours de la ville dont le plan architectural fût conçu par l’architecte Dalgabio sur le principe des villes romaines construites selon un plan en damiers. La Cathédrale Saint-Charles Sa construction débute en 1912, d’après les plans de l’architecte Bossan. Interrompue pendant les années de guerre, elle sera achevée en 1923 avec la bénédiction de l’archevêque de Lyon. Deux tours devaient, en principe, s’élever audessus de l’édifice de style néogothique. Finalement, en raison de difficultés financières, une seule tour fut construite. L’édifice sera promu au rang de cathédrale lors de la création du diocèse de Saint-Etienne en 1971. Diverses roches faisant référence à la géologie régionale ont été utilisées lors de sa construction. Un assemblage novateur de granit gris, de grès blanc et de pierre rose produit une alternance de couleurs qui souligne les arches en ogive et les petites colonnes de la façade. …place au cœur de ville Depuis la place Jacquard, on remonte ensuite la rue Buisson. L’amateur y appréciera le bâtiment remarquable de l’école d’architecture (seconde moitié du 19ème siècle) avant de rejoindre le boulevard urbain, étape suivante du parcours. La Place Jacquard Ecole d’Architecture La Place Jacquard constitue un des centres animés de la ville. Un marché s’y tient chaque semaine. De nombreux agriculteurs des communes voisines y vendent leurs productions. Citons également l’ancien bâtiment de la Condition des Soies, fleuron de l’industrie rubanière, datant de 1910 (17 rue d’Arcole, au Sud de la place) où l’on vérifiait notamment que 2 cette dernière ne soit pas trop chargée en humidité. Si la ville a donné le nom de l’inventeur lyonnais à une de ses places, c’est en raison de ce qui fut à l’époque l’originalité et la force de l’outillage stéphanois : «la synthèse typiquement stéphanoise de la mécanique Jacquard et du métier à barre (1815)». Joseph-Marie Jacquard (1752 - 1834) fut l’inventeur lyonnais du métier portant son nom. La particularité du métier Jacquard est de faire mouvoir chaque lisse, donc chaque fil de chaîne individuellement, ce qui ouvre toutes les possibilités de décor. L’industrie des rubans ou «passementerie» s’est considérablement développée à Saint-Etienne dès l’apparition des premiers métiers à tisser mécaniques vers 1760. L’invention du métier Jacquard permettra de diversifier énormément la production des soies. Une des étapes de la fabrication de la soie consistait à préparer le fil avant le tissage. Appelée moulinage, cette opération utilisait l’eau courante des nombreux cours d’eau de la région dont celle du Furan. Elle fut remplacée par la vapeur puis par les moteurs électriques. au fil de l’eau 9 Activités d’hier... Le paysage urbain évolue au fur et à mesure que l’on s’éloigne du centre. On pressent le rôle de l’industrie et des moyens de transport qui lui sont liés. Le pont de chemin de fer, sous lequel le promeneur doit passer, évoque les traces des anciennes activités industrielles qui entraînèrent l’essor de la ville. Industrie et transport ème Jusqu’au XVII siècle, la houille était exploitée sur place et transportée à proximité avec des charrettes tirées par des chevaux ou des mulets. A partir du XVIIIème siècle, l’utilisation du charbon s’est répandue partout en France. Dès lors, le transport terrestre lent, coûteux et difficile fut remplacé par le transport sur la Loire. Le charbon était acheminé des mines vers les ports de SaintJust-sur-Loire et Saint-Rambert par des chars. Certains étaient traînés par des bœufs et contenaient environ 600 kg de charbon. Le conducteur était appelé bouvier et par la suite voiturier. Arrivé à destination, le charbon était chargé dans les «rambertes», longues barques à fond plat qui descendaient 10 le fleuve pour arriver jusqu’à Roanne où on utilisait le combustible pour les verreries et les fours à chaux. Une partie était dirigée vers Paris où les besoins en chauffage domestique étaient considérables. L’autre partie arrivait jusqu’à Nantes pour répondre à la forte demande des industriels. A l’arrivée, les bateaux étaient détruits et le bois vendu sur place pour le chauffage. En effet, le retour des rambertes était trop difficile et trop coûteux. Ces embarcations doivent leur nom à la ville de Saint-Rambert où elles étaient construites. ... ville d’aujourd’hui La première ligne de chemin de fer Avec l’invention de la locomotive à vapeur, pendant la première moitié du XIXème siècle, le rail va progressivement remplacer la route, et la locomotive, les bœufs et les chevaux. Le transport par voie d’eau quant à lui perdurera jusqu’au dernier quart du siècle. La Loire, difficilement navigable jusqu’à Roanne, et la concurrence du chemin de fer, auront finalement raison de ce mode de transport. En effet, en 1827, sous la conduite de l’ingénieur des mines Beaunier, fut réalisée la première ligne de chemin de fer française. Ouverte le 1er octobre 1828, elle reliait Saint-Etienne au port d'Andrézieux afin de faciliter l’acheminement du charbon jusqu’à la Loire. Une autre ligne fût ouverte en 1834 entre Saint-Etienne et Lyon. Les premières voies ferrées, reconstruites par la suite, restèrent les seules de la région durant un quart de siècle. Puis, le réseau se développa aussi bien dans la région que dans le reste de la France. Les Musées d’aujourd’hui En plus du Musée de la Mine, plusieurs Musées rendent aujourd’hui hommage aux activités et aux inventions du passé. On peut citer le Musée des Amis du vieux SaintEtienne où se trouve un des plus anciens billets de chemin de fer du monde. Ce billet date de 1834 pour la ligne Saint-Etienne - Lyon construite en 1832. Le Musée d’Art et d’Industrie ainsi que le Musée des transports urbains sont également autant de clins d’œil à ce qui fut l’histoire de la région stéphanoise. Fours à cokes 11 Activités d’hier ... au fil de l’eau Les rues Saint Joseph et Charles Floquet montent en ligne droite vers le crêt de Côte Chaude. Les traces de la mine se devinent à gauche du parcours : deux terrils, les crassiers de Michon, y surplombent le Musée de la Mine. La force de l’eau peut avoir des effets néfastes sur les sols instables des terrils. L’écoulement de l’eau de pluie entraîne avec elle les particules du sol et peut provoquer des glissements de terrain. Pour limiter l’érosion et améliorer l’intérêt paysager des lieux, des Robiniers faux Acacias, ont été plantés sur les crassiers. Ces arbres, d’origine nord américaine, de nos jours fort répandus en France, sont souvent utilisés à cet effet. Les crassiers de Michon 3 Les rejets d’exploitation de la mine sont amassés à l’extérieur des puits et forment les terrils. On les appelle crassiers dans la Loire bien que ce terme soit plus approprié à un amas de scories provenant des chaudières. Certains de ces terrils sont peu visibles car ils ont été étalés à flanc de colline. Cependant, deux terrils parfaitement coniques marquent aujourd’hui encore le paysage stéphanois. Ils sont le résultat de l’exploitation du Puits Couriot. 12 L’exploitation du charbon au Puits Couriot La Société Anonyme des Mines de la Loire initie en 1919 le creusement d’un puits de 727 mètres : le Puits Couriot. L’objectif est d’atteindre les couches les plus profondes pour répondre à la demande croissante de charbon. Le nouveau puits bénéficiera des dernières innovations techniques : chevalement en métal de 38 mètres de hauteur, moyen de ventilation et d’évacuation des eaux, remontée massive et rapide du charbon. A partir de 1936, Couriot sera le premier puits entièrement électrifié du bassin. L’adoption de la technique du foudroyage, visant à faire tomber les galeries après l’exploitation du charbon, explique en partie l’érection des deux crassiers de Michon. Le puits Couriot atteind son apogée en 1948 avec plus de 1500 mineurs et 3000 tonnes de charbon extraites quotidiennement. Face à la concurrence des minerais étrangers et des nouvelles énergies, l’exploitation fermera ses portes en 1973. … ville d’aujourd’hui L’exploitation du charbon Dans le bassin houiller stéphanois situé entre Firminy, Rive-de-Gier et la Fouillouse, la houille fut extraite très tôt, car les couches affleuraient sur les pentes et à la base du sol. Des documents témoignent de l’exploitation du charbon dès le début du XIVème siècle à Roche-la-Molière. La houille joua un rôle primordial dans le développement industriel de la région stéphanoise jusqu’au début des années 1960. Elle lui donna son originalité et fournit un combustible de qualité à l’industrie métallurgique. Des carrières furent d’abord creusées dans les couches de charbon qui affleuraient à la surface du sol. Puis le charbon fut exploité par des galeries souterraines inclinées, appelées «fendues». On creusa les premiers puits verticaux vers la fin du XVIIIème siècle. Ils étaient équipés d’un manège entraîné par des chevaux qui permettait la remontée des hommes, du charbon et de l’eau. L’extraction houillère connut une expansion continue jusqu’au début des années 1870 avec une production de 4 millions de tonnes en 1873. La production entra alors dans une relative stabilité avec une forte évolution des techniques et de la rentabilité. 3 Suite aux nouveaux objectifs de production définis en 1960 par le ministre de l’Industrie, la fermeture du bassin est planifiée pour 1973 mais retardée d’année en année. C‘est en 1981 que le bassin houiller stéphanois sera définitivement condamné. Le Musée de la Mine Pour se replonger dans l’époque où l’activité économique de la ville se fondait largement sur l’exploitation du charbon, une visite au Musée de la Mine installé au Puits Couriot s’impose. Cet ancien site d’extraction minière produisait 3000 tonnes de charbon par jour et employait 1500 mineurs. Au fil de 50 minutes d’aventure souterraine et de visites des installations de surface, on y retrouve l’ambiance de la mine : ses rythmes, ses bruits, ses machines... 13 Traditions et coutumes ... Du haut de la rue Floquet, en descendant le boulevard du Maréchal de Lattre, le sentier emprunte un escalier qui conduit à un lotissement. Il le traverse par la rue de la Plaisance pour aboutir à la rue de la Roche du Geai. Le paysage urbain fait place aux zones résidentielles périphériques. Puis à gauche, la rue des Potagers conduit vers les jardins ouvriers et le Parc de Pinelon. Logement collectif et individuel A partir des années 1950, on assiste à une poussée démographique urbaine dans la région stéphanoise. De plus, la crise du logement liée aux destructions pendant la guerre se poursuit. La reprise économique attire à nouveau les habitants des communes rurales. Pour faire face à ces nouveaux besoins, de grands immeubles collectifs sont édifiés en terrain vierge, à la périphérie de la ville. Ces tours et ces barres vont considérablement modifier le paysage stéphanois. Apparaissent aussi les premières 14 zones industrielles et les nouvelles routes et autoroutes. Le déclin économique des années 1970 entraînera une stagnation démographique. De plus, les nouvelles exigences des stéphanois les poussent vers les communes de la périphérie. Dans la plaine du Forez et tout autour de la couronne stéphanoise, un vaste territoire s’urbanise en habitat individuel sous forme de lotissements. Cet exode péri-urbain se fait aux dépens des centres urbains et des logements collectifs qui perdent de leur attrait. La Roche du Geai On ne connaît pas de manière certaine l’origine du nom de la Roche du Geai. Elle évoque cet oiseau commun dans nos bois et bosquets. Perché dans les hauteurs des arbres, il salue le visiteur d’un criaillement caractéristique prévenant ainsi toute la forêt de l’arrivée d’intrus. Ses réserves de nourritures (graines, glands et fruits) enfouies dans le sol et qu’il lui arrive d’oublier, donnent parfois naissance aux végétaux dont elles sont issues. ... autour de la ville Les habitations du quartier de Côte Chaude laissent la place aux jardins ouvriers qui s’ouvrent sur des espaces plus naturels. Les jardins ouvriers Les jardins familiaux sont emblématiques du paysage stéphanois et de son histoire. C’est le Père jésuite Volpette qui lança l’expérience des jardins ouvriers en 1894. A cette période de forte crise industrielle et plus tard, pendant les deux guerres mondiales, ces jardins ont permis un apport alimentaire indispensable pour les familles les plus démunies. Ils apportaient aussi une bouffée d’oxygène aux mineurs qui oubliaient, un instant, la mine et leurs conditions de vie difficiles. On recense actuellement 3600 parcelles, totalisant 90 hectares, gérées par 2 organismes : les Jardins Volpette et la Fédération des Jardins Familiaux de la Loire. Depuis 1985, la ville a entrepris une restructuration complète des jardins afin d’en améliorer l’esthétique. Quand un Stéphanois loue un jardin (entre 50 et 250 F/an), il signe un code de bonne conduite qui varie selon les associations. Il doit cultiver avec soin son terrain et ne doit surtout pas vendre le fruit de sa récolte. Il doit, en outre, participer aux corvées collectives. Le père Volpette. Félix Volpette est né en Auvergne en 1856. Jésuite au Collège Saint-Michel de Saint-Etienne, il adapta au contexte stéphanois l’idée d’une femme de drapier sedanais qui offrait un lopin de terre et des semences de légumes aux ouvriers de son mari. Les jardins ouvriers étaient nés... au fil de l’eau L’eau est un facteur essentiel de la réussite d’un jardin. Les jardiniers la récupéraient sur place et la stockaient à proximité dans des dizaines de bidons et autres baignoires qui encombraient les jardins. Depuis, des conduites d’eau ont été aménagées, facilitant l’approvisionnement quotidien. 15 Derrière la végétation ... Le parcours s’extrait à présent de l’agglomération stéphanoise et traverse le vallon boisé du Parc de Pinelon. Une végétation plus spontanée se dessine alors au gré des chemins ruraux. Ce secteur offre des vues sur les jardins ouvriers et le vallon du Rieudelet que l’on traversera par la suite. Le Parc de Pinelon 16 Sur le versant Ouest de Côte Chaude entre Saint-Etienne et Saint-Genest-Lerpt, le Parc de Pinelon est le cadet des parcs stéphanois. Inauguré en 1992, ses 12 hectares sont composés d’une petite forêt dont les premières plantations ont plus de 20 ans mais également d’un jardin et d’une prairie traversée par un ruisseau. Ce parc illustre parfaitement la richesse de la faune et la flore présentes aux portes des villes. On pourra y découvrir aussi bien le Bouleau que le Chêne Rouge d’Amérique ou l’Aubépine. La présence de cette végétation permet d’abriter de nombreux passereaux comme le Chardonneret ou le Rouge Gorge mais il n’est pas rare également d’y surprendre le Faucon Crécerelle, féroce chasseur au vol particulièrement rapide, en quête de sa proie favorite, le campagnol, petit rongeur brun-roux qui occupe les milieux ouverts du parc. 4 4 Faucon Crécerelle Le Bouleau Le Bouleau fait partie des nombreux peuplements naturels et forme des monocultures souvent étendues. Il est l’arbre des grandes plaines du Nord de l’Europe, devient buisson dans la toundra et nain en altitude. L’espèce la plus connue chez nous est le Bouleau Véruqueux appelé aussi Bouleau Blanc. Ses feuilles triangulaires ont une double et fine dentelure. Ses fleurs poussent avec les feuilles et ses fruits sont de petits cônes cylindriques et pendants. Son écorce caractéristique est blanche, lisse puis noirâtre, couverte de bandes horizontales et souvent profondément fissurée. Les feuilles de Bouleau, aux vertus diurétiques, entrent dans la composition des tisanes. Le goudron de Bouleau,obtenu par distillation sèche, est très utilisé pour les soins dermatologiques. ... les vestiges du passé En bas du Parc et dans la partie amont du vallon, on devine, parmi la végétation l’ancien puits Rambaud. La vie des mineurs On distingue les mineurs «de fond», travaillant sous terre, des ouvriers «de jour» restant en surface. Le travail des mineurs de fond était dur et dangereux. Il fallait supporter le bruit, la chaleur, l’humidité et la poussière des galeries. Ces conditions extrêmement pénibles amenaient parfois les mineurs à se dévêtir pour résister à la chaleur suffocante. Outre le risque lié à la présence importante de poches à grisou, il fallait veiller au bon état des galeries. Enfin, le risque de silicose lié à la poussière inhalée était important. Au début du XXème siècle, un poste de travail durait 8 heures (6h-14h, 14h-22h ou 22h-6h) avec 30 minutes de pause-repas. Ces rudes conditions de travail renforçaient la solidarité et la fraternité entre mineurs. Ces liens étroits les unissaient aussi hors de la mine. Il était habituel de se retrouver au café pour se détendre après sa journée de travail. Au-delà de sa nationalité, que l’on soit Polonais, Français ou Algérien, on était avant tout fier d’être mineur. Puits Rambaud Pour répondre à la demande croissante de charbon, les puits ont été creusés de plus en plus profondément dans le sous-sol. Mais cette exploitation a posé des problèmes : les filons s’étendant sous de nombreuses propriétés, il a fallu construire et aérer de solides galeries. De plus, la région stéphanoise étant un véritable château d’eau, ce sous-sol regorgeait d’eau qui, lors de l’exploitation minière, envahissait les galeries, gênant l’extraction et rendant le travail difficile. Le progrès technique, avec notamment l’utilisation de la machine à vapeur qui actionnait les pompes pour l’évacuation de l’eau, permit peu à peu de résoudre ces problèmes. au fil de l’eau 17 Des sites marqués par l’histoire Après la traversée du parc Pinelon, le parcours remonte le chemin du Rousset. On aperçoit alors, accroché au crêt de Côte Chaude, un ancien quartier de passementiers. 5 Le quartier de Côte Chaude La structure urbaine du quartier de Côte Chaude porte la marque de son histoire industrielle. La mine a été un facteur important de sa transformation. Les premières habitations sont apparues dans cet ancien secteur rural lors de l’installation des ouvriers à proximité des puits. Les cavités et talus, peu avenants, du quartier sont le résultat de l’exploitation du charbon. D’anciennes cités minières telles que Chavassieux, quartier Gaillard, témoignent de l’urbanisation tout au long du XIXème siècle. 18 5 La passementerie a été la deuxième activité importante du quartier. On observe encore des immeubles typiques de passementiers accrochés en bandes successives, suivant les courbes de niveau. Ces édifices se reconnaissent par leurs hautes fenêtres, permettant à la lumière de pénétrer dans les ateliers hauts de plafond qui accueillaient les métiers à tisser. Une amicale pour un quartier L’Amicale Laïque de Côte Chaude est née le 23 avril 1903. Elle se nommait «Avenir des anciens élèves de Côte Chaude». Sa vocation première était de préparer les jeunes gens au service militaire. Mais, outre le perfectionnement physique (gymnastique et sports), on proposait également aux sociétaires des activités artistiques, littéraires ou musicales. Cette association a fortement participé à la vie du quartier et elle propose toujours, aujourd’hui, différentes activités sportives et culturelles aux jeunes de Côte Chaude. Ce sont le plus souvent en ces lieux de transition, où l’on quitte la ville pour atteindre les premiers chemins de traverse, que l’on prend la mesure d’une véritable évasion. Pas encore assez loin de la ville pour être certain de lui avoir échappé, pas tout à fait conscient de la part de nature sauvage qui nous attend, on demeure dans cet état de curiosité aiguisée où chaque foulée constitue la promesse d’une proche frontière à franchir. 19 Des vallons ... Le chemin du Rousset aboutit dans le vallon du Rieudelet où les paysages ruraux dominent. On découvre sur les collines, au loin, le village de Saint-Genest-Lerpt. Le vallon du Rieudelet 6 Les exploitations agricoles sont entourées de grandes prairies. Elles sont pâturées par le bétail ou fauchées pour constituer les réserves hivernales de fourrage sous forme de foin, ou plus souvent aujourd’hui, d’ensilage. Sur les talus du vallon, d’anciens murets de pierres soutiennent des terrasses. Les paysages ruraux doivent beaucoup à l’agriculture. Celle-ci les a fortement modelés et continue à le faire. 20 Le progrès technique et la mécanisation sont à l’origine de la dernière grande mutation du paysage. L’apparition de machines de plus en plus performantes et imposantes a impliqué d’adapter l’espace en permettant le passage des engins. Haies, murets et chemins en ont fait les frais et ont cédé la place à un paysage plus uniforme. au fil de l’eau Dans le vallon du Rieudelet, des prairies humides où l’eau affleure côtoient d’autres zones plus sèches, exploitées par l’homme de manière différente. Elles ont été asséchées par des drainages pour faciliter leur exploitation notamment en prairies de fauche. L’ensilage Les pratiques agricoles ont énormément évolué depuis quelques décennies. Tout le monde a connu les foins que l’on fauchait, séchait et engrangeait à chaque début d’été. Dans nos régions cette pratique tend à disparaître au profit de l’ensilage. Le procédé consiste à faucher et broyer l’herbe verte encore humide puis à la conserver en tas à proximité de l’exploitation dans des monticules couverts d’une bâche noire. Cette herbe est distribuée au bétail au fil des besoins. Les vaches apprécient particulièrement cette nourriture fermentée qui a l’avantage, pour l’agriculteur, d’augmenter la production laitière. Quartier de Côte-Chaude vue du Rieudelet ... aux communes rurales 7 6 Après le Bois des Sœurs, le parcours aboutit à un carrefour et prend la direction de Saint-Genest-Lerpt. En passant sous le pont de la rocade, on rejoint ainsi le centre de la dernière commune traversée. Après la place de la mairie, on emprunte la rue Gambetta pour aboutir sur la place de l’église où se dresse la chapelle de Notre-Dame-de-Pitié. Saint-Genest-Lerpt Avec environ 6000 habitants, les Lerptiens, Saint-Genest-Lerpt fait partie des communes qui ont développé, à la périphérie de Saint-Etienne, une qualité de vie et un cadre champêtre qui permettent de cumuler les avantages de la ville et de la campagne. Animée par ses nombreux commerces, réputée pour son centre équestre, c’est une commune qui regarde résolument vers l’avenir, un œil côté ville, l’autre côté campagne. 7 Le pèlerinage de Notre-Dame-de-Pitié Chaque année, du 14 au 21 septembre, se perpétue à Saint-Genest-Lerpt, le pèlerinage de Notre-Dame-de-Pitié. Selon la légende, une dame, vêtue de blanc, apparut à une bergère. Elle lui demanda que l’on bâtisse une chapelle Notre-Dame-de-Pitié afin de conjurer l’épidémie de peste. Effectivement, une fois la chapelle construite la maladie disparut. Le premier pèlerinage, sous forme de Procession, eu lieu en 1753. Il réunit encore aujourd’hui de nombreuses personnes, malgré quelques périodes d’interruptions. 21 L’eau ... au service Derrière l’église, à droite, la rue du Buisson puis un chemin bordé d’arbres nous conduisent vers la vallée du Lizeron. Les paysages ruraux s’imposent à nouveau. Des prairies, cette fois pâturées par des moutons, alternent avec des talus embroussaillés ou boisés. Le ruisseau du Lizeron 8 Le Lizeron prend sa source en amont du lieu-dit «la Chapelle». Il se situe non loin du parcours, à sa gauche, à la sortie du village de Saint-Genest-Lerpt. A cet endroit, il a pour nom ruisseau de la Chiorarie. Ce n’est qu’à sa confluence avec le ruisseau de Pirafoy qu’il prend le nom de Lizeron. Il reçoit trois principaux affluents sur sa rive gauche : le Pommaraise, le Pêchier et le Rosay. Après avoir parcouru environ 7 km, la rivière se jettera en rive droite de la Loire. Son bassin versant s’étend sur une surface de 22 km2. Très urbanisé en amont, il est plus rural près de Roche-la-Molière et forestier à l’approche de Saint-Victor-sur-Loire. Les moulins sur le Lizeron Dans la région stéphanoise la force motrice de l’eau fut très tôt utilisée. Des moulins furent installés sur la plupart des rivières et ruisseaux. En 1860, trois moulins à grain étaient en activité sur le Lizeron. Ils se situaient en fin de parcours du Lizeron, là où la présence de l’eau est la plus marquée et la force motrice plus importante. Soumis aux aléas du ruisseau, les moulins souffraient plus particulièrement de la variation du débit du cours d’eau. Ainsi, pour y remédier et pour optimiser l’utilisation 22 de l’eau, on a établi des «seuils» dont on voit encore la trace aujourd’hui. Ils servaient de petits réservoirs d’eau et permettaient de créer une pente pour augmenter la force motrice. Ces moulins étaient destinés à moudre les grains de céréales et fournissaient de la farine. Contrairement à ce que l’on a pu croire, les meules utilisées dans ces moulins n’étaient probablement pas les meules de grès exploitées à Roche-la-Molière. En effet, ce grès est friable et on aurait retrouvé des morceaux de pierres dans la farine. au fil de l’eau Aujourd’hui très influencée par les rejets domestiques et industriels, la qualité des eaux du Lizeron devait être excellente par le passé. Au XIIème siècle, le Lizeron était une frayère (lieu de ponte) à Saumon, de même qu’une rivière réputée pour ses écrevisses. A cette époque, l’eau des rivières était déjà utilisée pour moudre le grain. Sur le Lizeron, les quelques traces de cette activité subsistent au lieu-dit «cité du Moulin». de l’homme En suivant le chemin de terre, on passe sur le site de l’ancienne mine Belun, remarquable, grâce aux vestiges d’un pont de voie ferrée à droite du sentier. Des restes de charbon subsistent également le long du talus. L’utilisation de l’eau dans la mine Le charbon extrait du sol ne pouvait pas être utilisé directement pour le chauffage. En effet, il contenait encore 30 à 40 % de stériles, de la roche non combustible. Il devait être trié. Ce travail était d’abord effectué par des femmes, les clapeuses, qui séparaient à la main le charbon des roches stériles. Puis elles lavaient les blocs de charbon dans l’eau pour les débarrasser des fines particules de poussière. Dans de nombreux cas, l’eau chargée de ces poussières de schistes et de charbon retournait dans les cours d’eau. Par la suite, des lavoirs furent installés. Le charbon passait d’abord par la sole, grande plaque circulaire dont la vitesse de rotation assurait le tri des gros blocs. Ces grosses pierres étaient éliminées à la main sous les ordres du chef de triage surnommé le Guinche. Puis, on séparait le charbon de petit calibre du gros (d’un diamètre supérieur à 10 mm) à l’aide d’un crible. Ce dernier était dirigé vers le lavoir, succession de grands bacs oscillants dans lesquels on plongeait le minerai. Le charbon, plus léger, surnageait alors que les schistes plus denses se retrouvaient au fond d’où ils étaient évacués vers le crassier. 8 au fil de l’eau L’extraction du charbon a considérablement influencé le régime des cours d’eau. En effet, à l’aplomb des exploitations minières, ils étaient canalisés. Il s’agissait d’éviter qu’ils disparaissent dans le sous-sol par le biais des fractures créées par les travaux, et noient les galeries de mine. Ainsi, le Pommaraise, le Pêchier et le Lizeron (jusqu’aux Rieux) à proximité de l’ancienne mine Belun, ont un lit artificialisé. 23 L’eau, de la ville… Après la mine Belun, le chemin de terre rejoint une petite route goudronnée, dont l’accès est barré par de grosses pierres. Le parcours emprunte cette route vers la droite et passe en surplomb de la station d’épuration de Roche-la-Molière. La station d’épuration L’eau est une ressource fragile qu’il faut préserver. Toute dégradation de sa qualité se répercute sur l’environnement. Afin de limiter les rejets d’eaux usées directement dans le milieu naturel, les communes se sont équipées de stations d’épuration. Celle de Roche-la-Molière effectue un traitement biologique des eaux 24 9 9 usées, domestiques et industrielles. Un traitement chimique par ajout de chlorure ferrique permet également d’éliminer 80 % des phosphates. Entièrement rénovée en 1996, passant ainsi d’une capacité de 5000 à 16500 Equivalents Habitants, elle devrait recevoir, en plus des eaux usées de Roche-la-Molière, les eaux usées d’une partie de Saint-Genest-Lerpt. Les stations d’épuration ne sont pas toutes identiques (l’équipement peut être différent, ainsi que les méthodes de traitement) mais elles fonctionnent selon le même principe. …à la nature au fil de l’eau Une directive européenne de 1991 impose la collecte et le traitement des eaux usées des agglomérations de plus de 2000 Equivalents-habitants (rejets domestiques et industriels confondus) au plus tard le 31 décembre 2005. Mais il faut savoir que les stations d’épuration ne gèrent pas tous les déchets. Certaines matières (peinture, huile de vidange,...) doivent être amenées vers des lieux spécialisés comme les déchetteries ou les centres de récupération. Le fonctionnement d’une station d’épuration Les eaux usées passent tout d’abord par un dégrillage, un désablage et un deshuilage. Ces opérations visent à éliminer les gros résidus, les sables et les graisses qui se trouvent dans l’eau. Celle-ci reste ensuite 2 heures dans un bassin de décantation où les particules en suspension vont se déposer. L’eau circulera dans un bassin d’aération où se trouvent de nombreux micro-organismes. Ceux-ci ont pour rôle de digérer la pollution «dissoute» et ont besoin d’oxygène qui leur est apporté soit par un brassage mécanique, soit par une insufflation d’air dans ce bassin d’aération. Plus loin, sont récupérés le dépôt obtenu lors de la décantation et les boues d’épuration. Elles seront séchées puis principalement stockées en décharge ou encore utilisées comme engrais ou combustible. A sa sortie, l’eau est épurée en moyenne à 80% et rejoint le milieu naturel. 25 Des roches meulières ... Après la station d’épuration, le paysage laisse la place à un espace où la forêt commence à s’imposer. On emprunte alors sur la gauche un chemin menant au lieu dit «Les Rieux». A la base du talus boisé, un panneau indique l’emplacement de l’extraction des meules, plus haut dans la pente. L’exploitation des meules 26 L’exploitation de meules de grès semble avoir eu cours depuis le XIVème siècle jusqu’à la fin du XIXème. Celle-ci était étroitement liée à la fabrication des armes et de la petite quincaillerie. A Roche-la-Molière on fait mention, au XVIIème siècle, de couteliers et d’armuriers, tous deux utilisateurs de meules. Tout porte à croire que cette activité a été sporadique et effectuée par le même personnel que celui qui travaillait dans les carrières de charbon ou de pierre pour la construction. Le grès utilisé se situe géologiquement audessus (ou en parallèle) des couches de charbon. On trouve à Roche-la-Molière les traces de plusieurs exploitations de meules de grès, notamment à proximité du château de Roche, au lieu-dit «la Côte chez nous». L’industrie métallurgique Cette industrie s’est développée parallèlement à l’exploitation de la houille. En effet, elle utilisait le charbon pour chauffer les lopins de fer. Outre, l’abondance de cette énergie, les carrières de la région fournissaient des pierres excellentes pour le polissage et l’aiguisage des métaux et les nombreuses rivières permettaient de mettre en mouvement les soufflets de forge. On distinguait deux niveaux d’activité métallurgique : - la grande métallurgie mise en place au XIXème siècle avec la sidérurgie, la première transformation des métaux, la fonderie, la grosse chaudronnerie, - la petite métallurgie regroupant la fabrication d’articles métalliques de toutes sortes, la quincaillerie, la coutellerie, la serrurerie, la clouterie, l’armurerie et plus récemment la fabrique de cycles. ... à Roche-la-Molière Etymologie d’un village Les historiens du XIXème ont rapproché Roche-la-Molière de molière désignant un lieu d’exploitation de meules ou de pierres à construction. En fait, la ville tire son nom du château qui est resté, jusqu’au XVIIIème siècle, seul sur son éminence de grès, sans village à sa base. La Roche-Molière ou Roche-la-Molière désigne cette table rocheuse sur laquelle, avant le XIIème siècle, le château a été construit. 10 10 C’est sa forme en pain de sucre qui lui a valu son nom de molière : table rocheuse. Le château de Roche-la-Molière La commune de Roche-la-Molière se situe sur le passage reliant le Vivarais à la Plaine du Forez. Le château féodal dont l’histoire débute en 1173 est bâti sur une saillie rocheuse encore visible aujourd’hui qui rappelle sa vocation de site stratégique de défense. D’illustres familles seront propriétaires du château au cours des siècles (Lavieu, d’Augerolles) jusqu’aux Capponi, banquiers florentins qui, par mariage, deviendront Seigneurs de Roche-la-Molière. Ils légueront à la ville deux peintures classées aujourd’hui monuments historiques et feront réaliser de nombreux travaux d’embellissement du château. En 1772, la demeure sera rachetée par Jacques Neyron, marchand de rubans à Saint-Etienne qui en restera propriétaire jusqu’en 1950, date à laquelle la ville de Roche-la-Molière en fait l’acquisition, permettant ainsi à la Société d’histoire d’organiser des visites de ce site remarquable. 27 Le cycle de l’eau L’eau dans tous ses états Lorsque l’eau «s’échappe» de la mer, de l’océan ou des rivières sous forme de vapeur, elle se condense en nuage, sous l’effet de la température qui baisse. Elle retombe ensuite lors des précipitations sous forme liquide ou solide et rejoint un cours d’eau ou s’infiltre dans le sol. Entre océan et nuage, rivière et nappe souterraine, l’eau voyage sans jamais qu'une seule goutte ne s’échappe. Cette eau est utilisée, récupérée par les hommes, la faune et la flore ou s’infiltre directement dans le sol où elle alimente les nappes et autres sources souterraines. Le parcours traverse à présent un petit bois par un chemin de terre. Il se rapproche du Lizeron qu’il suivra jusqu’à Saint-Victor-sur-Loire. au fil de l’eau Le couvert forestier réduit les écoulements d’eau. Les arbres absorbent une partie de l’eau pour leur fonctionnement et la rejettent par transpiration; jusqu’à cent litres par jour pour un arbre adulte. La forêt favorise également l’infiltration de l’eau en profondeur dans le sol, limitant ainsi les écoulements superficiels, donc les crues des rivières. évapotranspiration précipitations condensation ruissellement infiltration nappe phréatique 28 La zone humide A la sortie du bois, le chemin de terre débouche sur une roselière située à gauche du sentier. La Roselière Associée à l’eau stagnante, la roselière constitue une zone de transition pour la faune et la flore. Elle est composée de plantes aquatiques, représentées essentiellement par des Roseaux (Phragmites ou Massettes). Si l’eau est un peu plus profonde, on trouvera d’autres plantes aquatiques comme les Nénuphars, les Renoncules ou les Lentilles d’eau. Entourée de milieux différents comme la forêt, la roselière ajoute au paysage une note souvent insolite. On peut y rencontrer divers reptiles et amphibiens, comme la Couleuvre à collier ou la Grenouille rousse. Les oiseaux y sont également fortement représentés : certaines Fauvettes aquatiques et Hérons y nichent lorsqu’elle est assez grande. Du fait de la diversité animale et végétale qu’elle engendre, la roselière présente un grand intérêt pédagogique mais demeure un milieu fragile qu’il est nécessaire de protéger. A l’emplacement actuel de la roselière se situait autrefois une retenue d’eau utilisée comme bassin de décantation des poussières de charbon pour l’exploitation de la «mourre». L’exploitation de la mourre Il s’agissait de laisser décanter les poussières issues du lavage de charbon dans une retenue d’eau en les laissant se déposer dans des grands bassins placés à proximité des puits d’extraction. Mais l’eau, qui était ensuite évacuée par le canal, contenait encore du charbon. Les agriculteurs riverains étaient alors autorisés à recueillir cette poussière de charbon qu’on appelait la mourre. Ils faisaient dériver l’eau du canal dans des bassins aménagés. Des planches en constituaient le fond et les bords. Lorsque le bassin était plein, on laissait le temps au charbon de se déposer au fond par gravité. Ensuite, on «barrait» l’eau du canal pour l’empêcher d’arriver, et on faisait évacuer l’eau des bassins. Il restait au fond du bassin une espèce de boue épaisse qui séchait peu à peu. On chargeait alors cette mourre ou «schlamms» à la pelle dans des tombereaux pour la vendre comme combustible dans des buanderies ou à des particuliers. 29 L’arbre et la rivière… Le parcours passe devant une station relais de gaz. Puis, avant d’arriver à la RD25 qu’il faudra traverser, on peut observer une bande boisée qui borde le cours d’eau : la ripisylve. La ripisylve Le terme de ripisylve qui se traduit littéralement comme «bois de rives» ne s’applique qu’aux peuplements forestiers en bordure des cours d’eau. Elle peut être plus ou moins étendue. Il est souvent préférable qu’elle soit entretenue par l’homme car sa dégradation peut entraîner des problèmes, notamment des érosions de berges et des inondations. La ripisylve est composée d’arbres tolérant très bien l’eau comme le Saule et l’Aulne. Lorsque ces deux espèces sont dominantes, comme c’est le cas au bord du Lizeron, on parle d’une Aulnaie-saulaie. Ce milieu naturel est fortement influencé par le cours d’eau et subit, tout autant que lui, Un site fertile Cette zone a un rôle essentiel dans le fonctionnement du cours d’eau. Grâce aux végétaux qui la composent et à leurs racines (notamment celles des arbres), elle renforce les berges et les protège de l’érosion. Sans la présence de cette végétation, les berges seraient rapidement détruites et le cours d’eau n’aurait plus aucune protection contre les perturbations extérieures. Associée aux berges de la rivière, la ripisylve offre un abri ou un site de reproduction pour diverses espèces animales. Par exemple, le Tarin des Aulnes ou encore le Martin-Pêcheur qui creuse des galeries dans les berges du Lizeron et y installe son nid dans le sol. C’est aussi pour lui un site idéal de pêche où il peut trouver de nombreux perchoirs (branches, grosses racines) au bord de l’eau. Les mêmes racines, mais sous-marines cette fois, offrent aux poissons un lieu de protection bien caché contre les prédateurs. Sans la ripisylve, de nombreuses espèces animales et végétales pourraient disparaître de la rivière. L’homme a ici un rôle important à jouer puisque son intervention, notamment par l’entretien des berges et l’élagage des arbres, participe à la protection de ces milieux. 30 Tarin des Aulnes des perturbations. Lorsque la ripisylve est représentée par un massif boisé d’une surface importante, on la nomme forêt alluviale. D’un point de vue paysager, la ripisylve limite la monotonie d’un milieu parfois trop aménagé et laisse ainsi la place à une évolution naturelle du milieu aquatique. au fil de l’eau De nombreuses plantes contribuent à maintenir la qualité de l’eau de la rivière. En effet, les végétaux qui la composent, consomment les nitrates et fixent les phosphates. Ce phénomène d’autoépuration permet à la rivière d’accueillir un maximum de vie aquatique. Dans la troisième partie du sentier, la nature reprend ses droits et l’on se sent comme aspiré par l’étroit vallon, prometteur de mille rencontres et découvertes. Les rives enchantées des Gorges de la Loire ne sont plus très loin et l’on a beau tenter de retenir son souffle, l’appel du Milan noir et des genêts en fleurs sera le plus fort... Il ne reste alors qu’à respirer à pleins poumons et à pénétrer, tous les sens aux aguets, dans cet univers, côté nature. 31 Les derniers paysages ouverts L’itinéraire rejoint la RD 25, enjambe le Lizeron et reprend un chemin à droite. Une des dernières prairies du sentier se présente avant que le vallon ne se resserre et que la végétation ne devienne de plus en plus luxuriante. La prairie La prairie est parfois entrecoupée de zones humides qui accueillent d’autres espèces animales ou végétales. Qu’il s’agisse d’oiseaux ou de mammifères, c’est toujours avec plaisir que l’on 32 découvre ces trésors cachés. Le Héron cendré s’immobilise et espère trouver un petit rongeur, et pourquoi pas une grenouille. Le Chevreuil quant à lui, fin gourmet, recherchera les jeunes pousses et si possible, quelques fruits sauvages. La prairie devient alors un lieu de repos et de bien-être pour tous. En cas de danger, la forêt est toute proche et offre un abri idéal. Avec l’agriculture, l’homme contribue au Le Héron cendré Filiforme, tout en cet oiseau évoque la pêche, jusqu’à son long bec pointu qui rappelle un harpon. C’est en effet essentiellement de poissons et de batraciens (grenouilles) qu’il se nourrit. Il ne dédaigne pourtant pas les petits mammifères et lorsqu’on l’observe, chassant pas à pas dans une prairie, c’est souvent ceux-ci qu’il recherche. Il niche en colonies parfois nombreuses. Chaque matin les adultes partent en quête de nourriture et peuvent parcourir plusieurs dizaines de kilomètres pour trouver leur pitance. maintien de l’équilibre et du fonctionnement naturel de la prairie. Celle-ci permet à l’œil de divaguer au fond du paysage pour en découvrir d’autres éléments. Associée aux divers milieux qui l’entourent, la prairie est source de richesses naturelles et doit être préservée, surtout là ou l’agriculture disparaît. Vivre côté campagne Quelques pierres éparses, un pan de mur, c’est tout ce qui reste de la ferme Carrin, ancienne exploitation agricole située entre Roche-la-Molière et Saint-Victor-sur-Loire, après la traversée de la RD 25. La ferme Carrin 11 La ferme Carrin, propriété des hospices de Saint-Etienne, fut louée à la famille Bertholet pendant cinq générations. Le fermier devait payer le loyer en liquide deux fois dans l’année (le fermage). En 1947, Gabriel Bertholet, désireux d’acquérir une ferme plus petite à Chichivieux décide de laisser l’exploitation. L’association des chasseurs de Roche-la-Molière installe alors son siège social dans une partie des bâtiments de la ferme. Son isolement et son entretien trop lourd entraînent son abandon définitif à partir de 1956. A ce jour, il ne reste qu’un pan de mur de la grange et quelques monceaux de pierres. L’habitat typique A la ferme Carrin, chaque bâtiment, chaque pièce avait une fonction bien définie. La grange, le plus volumineux des bâtiments, démontrait toute l’ingéniosité des fermiers d’antan. Une entrée couverte permettait aux chars à foin de stationner à l’abri des intempéries. En-dessous se trouvait l’écurie, reliée par un escalier et une trappe. La famille se chauffait grâce à une réserve de mourre (résidus de l’exploitation du charbon) située à côté de la grange. Au fond de la grange, côté pré, une fosse récupérait le purin. au fil de l’eau La maison d’habitation, orientée sud-ouest, comportait 4 grandes pièces. On accédait au sous-sol par un escalier raide et étroit à partir de la cour. Sa surface était divisée en trois parties principales : la réserve de pommes de terre, le four à pain allumé tous les dix jours et la boutique utilisée comme atelier de réparation et d’entretien. Dans cet espace, le cultivateur tour à tour forgeron et charpentier, avait à disposition la forge et son gigantesque soufflet, ainsi qu’un grand placard pour les outils, une enclume, un étau d’armurier, une grande meule en grès, un socle de cloutier et à gauche de la porte d’entrée, l’établi du menuisier. Dans la cour, on trouvait le "bâchât", réservoir d’eau alimenté par une source située à une centaine de mètres. Il permettait d’abreuver le bétail et servait aussi à la famille. 11 33 Paysages de ... Ici, le vallon du Lizeron offre un paysage classique composé de prairies de fond de vallon et de pentes raides boisées. Les versants les moins abrupts ont parfois été exploités en terrasses pour différentes cultures dont la vigne, sur les terres exposées au Sud. Le fond de vallon Le fond du vallon de Saint-Victor-surLoire est caractérisé par des prairies entretenues par l’agriculture. Celles-ci, éloignées des exploitations, constituent un pâturage idéal pour les troupeaux de vaches ou génisses qui nécessitent moins de soins. Pourtant cette petite bande de terre traversée par la rivière fut sans doute autrefois cultivée en raison de son 34 sol fertile. Les plantes à fleurs favorisent le butinement de nombreux insectes. On peut ainsi observer le Paon de jour, magnifique papillon coloré. Sur les hautes graminées, il est possible d’apercevoir l’incroyable Mante religieuse ou encore le nid d’herbes sèches d’un petit rongeur. Criquets et Sauterelles Dès le printemps des légions d’insectes envahissent les herbes de la prairie. Parmi ceux-ci Sauterelles et Criquets se laissent facilement observer par les promeneurs. On emploie souvent les deux termes pour le même animal. Pourtant ils désignent des groupes d’insectes très différents. Les Criquets sont végétariens et actifs le jour. Les Sauterelles sont plutôt nocturnes et se nourrissent aussi bien d’insectes que de végétaux. Certaines sont de redoutables carnivores. Pour les différencier il suffit d’observer attentivement la longueur de leurs antennes. Chez les Sauterelles, elles sont plus longues que le corps alors que les Criquets n’en portent que de très courtes. ... vallons C’est une ambiance plus intime qui s’installe au fur et à mesure que le vallon se resserre. La végétation devient plus généreuse, la lumière transperce les différents feuillages et se projette sur le cours d’eau. Sur les pentes boisées, le Chêne et le Pin sylvestre sont bien adaptés aux conditions locales (altitude, sol) et notamment au climat qui subit des influences montagnardes autant que méditerranéennes. Le chemin bordé d’alignements remarquables de grands Chênes invite à la flânerie. La chênaie Le Chêne sessile et le Pin sylvestre sont les deux espèces qui dominent l’ensemble des pentes à l’exposition ensoleillée. Au coeur de l’été, la pinède dégage une odeur de résine agréable. Les Mésanges huppées s’activent autour des «babets», nom local donné aux cônes de pins. Elles y trouvent les graines dont elles sont très friandes. La chênaie quant à elle, représentée ici par le Chêne sessile, abrite une multitude de passereaux (Mésanges, Grimpereaux, Rouge-gorges) colonisant tous les arbres. Les glands sont particulièrement appréciés par le Geai des chênes, d’où son nom. De plus, certains oiseaux peuvent agir efficacement contre les insectes dévastateurs de ces arbres. La Mésange charbonnière (reconnaissable à sa cravate noire) dévore avidement les Chenilles des Les Chênes Certains donnent effectivement raison à la formule «forts comme un Chêne». C’est souvent le cas dans nos régions où les différentes espèces présentes donnent plutôt de grands arbres. Il s’agit essentiellement des Chênes sessile et pédonculé. D’aspect fort semblable, ces arbres peuvent être différenciés par leurs fruits. Chez le premier, les glands sont directement attachés à la branche qui les porte, chez le second une queue plus ou moins longue, le pédoncule, les relie à la branche. Le Chêne sessile préfère les terrains bien exposés et secs. Le Chêne pédonculé s’accommode des terrains plus humides. Le bois de ces deux arbres est fort apprécié des menuisiers. Tordeuses du chêne. Le Pic épeiche, comme tous les autres pics, est pourvu d’un long bec et d’une langue qu’il peut dérouler. Un système très efficace pour aller chercher les insectes sous l’écorce des arbres, notamment celle des résineux. Pic épeiche 35 Les rives enchantées Le parcours se poursuit sur un chemin de pierres longeant le Lizeron. On peut observer, sur le ruisseau, une succession de petits ouvrages en pierres qui créent des chutes d’eau. Plus bas les Gorges de la Loire s’annoncent. Le cours d’eau s’élargit et devient plan d’eau. Peu après, les versants escarpés et rocheux des Gorges plongent dans le fleuve. La Loire est là et Saint-Victor-sur-Loire est maintenant tout proche. Les Gorges de la Loire 12 Les Gorges de la Loire, de Saint-Paul-en-Cornillon jusqu’à la plaine du Forez, constituent un site exceptionnel autant pour ses paysages que pour son patrimoine naturel et culturel. De part et d’autre des Gorges, on peut ainsi découvrir le dolmen des Echandes, le viaduc à haubans du Pertuiset, le bourg de Saint-Victor-sur-Loire, la presqu’île du Chatelet, le hameau des Camaldules, le château d’Essalois, l’île de Grangent. La géologie, le relief et la position géographique des Gorges, à la convergence des climats méditerranéen et continental, expliquent la grande diversité de flore et de faune du site. C’est ainsi que l’on observe des espèces méditerranéennes qui se retrouvent ici en marge de leur aire de répartition. C’est le cas de l’Erable de Montpellier ou du Carabe méridional, un insecte coloré. Le site classé s’étend sur 1500 hectares dans lesquels toute modification de l’aspect des lieux est soumise à autorisation du ministre de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement, ou du Préfet. au fil de l’eau Edifié en 1957, le barrage de Grangent crée un lac de 315 ha, 57 millions de m3 d’eau, sur une longueur de 25 kilomètres et une largeur maximum de 200 mètres. Sa profondeur est de 50 mètres et son altitude de 420 mètres. Le mur est haut de 55 mètres. Le barrage alimente une centrale électrique produisant 106 millions de kWh. Le débit moyen de la Loire est de 60 m3 seconde. Le barrage alimente également le canal du Forez qui irrigue la Plaine. Le lac a permis la création du port de Saint-Victor-sur-Loire. 12 36 La Réserve Naturelle Volontaire En rive droite de la Loire, 312 hectares bénéficient du statut de Réserve Naturelle Volontaire. C’est sur ce site pittoresque que débouche le sentier. Parler de richesse naturelle pour ces lieux n’est pas un vain mot. Difficiles d’accès, parfois baignés de soleil selon l’exposition, gorges et vallons sont devenus un véritable sanctuaire pour la faune et la flore qui se mêlent en une étonnante diversité. L’Erable de Montpellier, reconnaissable grâce à ses petites feuilles à trois lobes, préfère les terrains bien exposés. La richesse faunistique est surtout liée à la présence de plus de 190 espèces d’oiseaux dont 15 espèces de rapaces comme le Circaète Jean-le-Blanc, le Milan royal, le Milan noir ou le Hibou grand-duc. De la taille de la Buse (jusqu’à 1,5 m d’envergure), le Milan noir indique la proximité du fleuve, il s’y nourrit de poissons morts et de charognes. Imposant, le Circaète Jean-le-Blanc est le plus grand rapace diurne de la région. A la belle saison, il chasse souvent sur les versants ensoleillés, tournant sans cesse en planant à la recherche de reptiles, sa nourriture préférée. Il nous quitte donc pendant le repos hivernal de ses proies. Observer la faune Au hasard des promenades, la rencontre avec un Chevreuil, une Mésange noire ou un Pic épeiche n’est pas rare. Pour une meilleure observation il convient d’être discret, de ne pas chercher à trop s’approcher. En s’avançant, le promeneur risque de déranger l’animal et donc de le faire fuir. Pour donner à sa sortie un ton plus naturaliste et avoir la chance de rencontrer quelque animal sauvage, il faut choisir un horaire adapté. Le lever du jour ou le coucher du soleil sont des périodes propices car elles correspondent au moment où les animaux sont généralement en activité, se nourrissant ou se déplaçant. Le début du printemps constitue la saison la plus favorable à l’observation. Après l’hiver les animaux sont plus actifs, plus nombreux aussi avec le retour des migrateurs. On peut les apercevoir plus facilement, la forêt n’a pas encore revêtu son manteau de feuillage. Hibou Grand Duc 37 Village en bord de Loire Saint-Victor-sur-Loire Etape sur la route de Saint-Jacques de Compostelle, Saint-Victor-sur-Loire est construit sur un éperon dominant les Gorges de la Loire. Outre la proximité du port de plaisance en bord de Loire à seulement 15 minutes du centre de la ville de Saint-Etienne, le village est remarquable à plusieurs titres. Son église romane à colonnes datant du XIème siècle est probablement construite sur une chapelle plus ancienne. On y découvre des chapiteaux pré-romans, un autel Louis XIII en bois doré rehaussé de cuir de Cordoue, une «tentation de Saint-Antoine» en bois polychrome. Le château est une forteresse citée au XIIIème siècle, flanquée de tours, propriété de l’Archevêque de Lyon puis des Comtes du Forez. Il devint un fief royal administré par des capitaines châtelains. Parmi eux, la famille Delaroa dont on peut voir la maison à l’entrée du village avec les armoiries. Demeure seigneuriale au XVIème et XVIIème siècle, puis prison, le château fut racheté au XIXème siècle par des religieuses qui le transformèrent en institution pour jeunes filles. De nos jours, c’est un lieu d’accueil, de rencontres, de séminaires avec salles de réunions et d’expositions, parc et théâtre de plein air. Le port de plaisance Saint-Victor-sur-Loire abrite l’un des plus importants ports de plaisance en eaux intérieures de France : plus de 300 bateaux y sont amarrés toute l’année. Il est possible de découvrir les plaisirs de l’eau : dériveurs, planches à voile... 38 En direction de l’Océan ... Le fleuve Loire La Loire est le plus long fleuve de France. On la qualifie souvent de dernier fleuve sauvage d’Europe. Son bassin couvre 115 000 km2. Prenant sa source à 1400 mètres d’altitude au Mont Gerbier-de-Jonc, à la limite de la Haute-Loire et de l’Ardèche, elle parcourt un long périple accidenté dans les Monts du Velay puis vient se reposer pendant 25 kilomètres sur le lac du barrage de Grangent. Héritier de nombreux symboles, de la pucelle d’Orléans aux châteaux de Tourraine, de la complaisante inspiration de Rabelais aux cavaliers de Saumur, de la compagnie des Cigognes au vol des Sternes, le fleuve aura encore plus de 800 kilomètres à parcourir avant de rejoindre son estuaire à Nantes et de se jeter dans l’Atlantique. Il est une véritable invitation au voyage. Tantôt rapide, voire furieux, tantôt apaisé, il abrite tout au long de son chemin des richesses naturelles que nul autre fleuve français n’a conservé. La Loire est difficilement navigable, et ce qui fut un obstacle au développement économique a permis de préserver les richesses naturelles. Ses colères étaient craintes et peuvent l’être encore. Symbole du département qu’il traverse de pont en pont, ce trait bleuté sur les cartes porte maintenant dans son lit et sur ses berges une bonne partie de notre patrimoine naturel. 39 INFOS PRATIQUES INFOS PRATIQUES •Base nautique de Saint-Victor-sur-Loire ……Tél 04 77 90 34 92 •Epures (agence d’urbanisme de la région stéphanoise) ……Tél 04 77 92 84 00 •Mairie de Roche-la-Molière ……Tél 04 77 90 77 00 •Mairie de Saint-Etienne ……Tél 04 77 48 77 48 •Mairie de Saint-Genest-Lerpt ……Tél 04 77 50 51 80 •Mairie de Saint-Victor-sur-Loire……Tél 04 77 90 44 28 •Météo départementale ……Tél 08 36 68 02 42 •Musée d’Art et d’Industrie de Saint-Etienne ……Tél 04 77 33 04 85 •Musée de la Mine de Saint-Etienne ……Tél •Musée de la Mine de Villars ……Tél •Musée des Transports Urbains de l’Agglomération Stéphanoise ……Tél •Musée du vieux Saint Etienne ……Tél •Office de Tourisme de Saint-Etienne ……Tél •Réserve Naturelle des Gorges de la Loire / FRAPNA ……Tél •STAS ……Tél •Syndicat Mixte d’Aménagement des Gorges de la Loire ……Tél Etudes : Géoscop / Sion signalisation Recherche rédactionnelle et iconographique : CPIE des Monts Pilat en relation avec les associations et partenaires locaux Conception et réalisation graphique : TV and CO communication Impression : IPG Edition : Saint-Etienne métropole © avril 2001 40 35 rue Pierre et Dominique Ponchardier BP 23, 42009 Saint-Etienne cedex 2 Tél : 04 77 49 21 49 04 77 43 83 23 04 77 91 11 20 04 7792 82 00 04 77 25 74 32 04 77 49 39 00 04 77 41 46 60 04 77 33 31 35 04 77 43 24 46 Saint-Etienne - Saint-Victor-sur-Loire Découvrir, S’évader, Respirer... Découvrir, le cœur de ville... avec ses clins d’oeil à l’histoire et les traces d’un héritage encore présent, S’évader, de la ville à la campagne... dans des paysages transitoires entre urbain et rural, Respirer, côté nature... à la rencontre du Milan noir parmi les senteurs des Genêts en fleurs... Trois étapes au gré d’un sentier qui entraînera le promeneur de Saint-Etienne à Saint-Victor-sur-Loire en passant par Saint-Genest-Lerpt, Roche-la-Molière et Villars Trois milieux qui se parcourent au fil de l’eau : du Furan sous les pavés de la ville, jusqu'au fleuve Loire enserré dans les Gorges qui portent son nom. Prix de vente