hristo - Christophoros
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hristo - Christophoros
Le journal d’information des légionnaires du Christ et du mouvement Regnum Christi - Année 9 - Numéro 44 - Février 2015 hristo Le sacerdoce ministériel É d i t o r i a l Chers amis, En ce premier numéro de Christophoros de 2015, année de la vie consacrée, je souhaiterais partager avec vous la joie des ordinations de 35 prêtres légionnaires le 13 décembre dernier à Rome. Parmi eux se trouve le P. Blaise Patier, ancien élève de Père Andreas Schöggl, l’École Apostolique de Méry-sur-Marne dont provincial vous découvrez le nouveau visage sur la quatrième de couverture. Avec ce numéro, je vous invite à approfondir un peu plus les différentes dimensions de notre vocation de prêtre qui nous appelle à être à votre service. Prière pour les Vocations Comme nous l’apprend le catéchisme, Jésus-Christ est le seul prêtre de la Nouvelle Alliance. Toute l’Église, Corps Mystique du Christ, participe au sacerdoce du Christ qui en est la Tête. Par instruction divine, il existe deux manières, essentiellement différentes, de participer au même et unique sacerdoce du Christ. Les deux sont indispensables pour que l’Église exerce ce sacerdoce, parce qu’elles sont ordonnées réciproquement l’une à l’autre. Ô Père, fais se lever parmi les chrétiens de nombreuses et saintes vocations au sacerdoce, qui maintiennent la foi vivante et gardent une mémoire pleine de gratitude de ton Fils Jésus, par la prédication de sa Parole et l’administration des Sacrements, par lesquels tu renouvelles continuellement tes fidèles. Le sacerdoce commun est la participation au sacerdoce du Christ qui est habituel à tous les fidèles chrétiens. Par lui, tous les membres de l’Église (laïcs et clercs, séculiers et religieux) peuvent offrir des offrandes agréables à Dieu grâce à leur vie sainte et par là sanctifier le monde. Le sacerdoce ministériel est la participation au sacerdoce du Christ exclusive à ceux qui ont reçu le sacrement de l’Ordre dans les degrés de l’épiscopat et de la prêtrise. Évêques et prêtres s’identifient ainsi au Christ Tête et Pasteur de l’Église ; aussi sont-ils investis d’une grâce spécifique qui leur donne le pouvoir de sanctifier, enseigner et guider les fidèles dans la communion de l’Église. Donne-nous de saints ministres de ton autel, qui soient d’attentifs et fervents gardiens de l’Eucharistie, sacrement du don suprême du Christ pour la rédemption du monde. C’est pourquoi le sacerdoce ministériel est ordonné au sacerdoce commun parce qu’il est au service de la vie de la grâce de tous les fidèles chrétiens et c’est précisément dans ce service ou ministère qu’il trouve sa raison d’être. Le chrétien a besoin, de son côté, du ministre prêtre pour que ses œuvres bonnes soient unies au Christ et par lui présentées à Dieu le Père par le sacrifice eucharistique. Appelle des ministres de ta miséricorde, qui dispensent la joie de ton pardon par le sacrement de la Réconciliation. Au sein de notre congrégation, nous, pères légionnaires, sommes appelés au service de tous les fidèles chrétiens de manières très différentes. A travers le monde, quatre légionnaires du Christ ont été ordonnés évêques et près de 1000 au sacerdoce. Nous travaillons, par exemple, dans l’enseignement comme le P. Nicolas Bossu qui donne des cours de théologie au séminaire à Rome et qui vient de soutenir sa thèse sur la signification de la prophétie des « ossements desséchés ». Il a pu approfondir ce sujet au sein de notre communauté en Terre Sainte. Ou le P. François Garreau qui guidera l’École de Méry-sur-Marne vers son nouvel avenir. Elle sera ouverte à tout garçon désireux d’étudier dans une communauté catholique qui place le Christ au centre. Les prêtres sont appelés à s’adresser aux jeunes dans leur langage. Nous pouvons tous beaucoup apprendre du bel exemple du prêtre que Grégory Turpin a rencontré sur le chemin auquel Dieu l’a invité et qui lui permet de toucher tant de personnes grâce à son chant. Ô Père, fais que l’Église accueille avec joie les nombreuses inspirations de l’Esprit de ton Fils et, qu’en étant docile à ses enseignements, elle prenne soin des vocations au ministère sacerdotal et à la vie consacrée. Soutiens les évêques, les prêtres, les diacres, les personnes consacrées et tous les baptisés dans le Christ, afin qu’ils accomplissent fidèlement leur mission, au service de l’Évangile. Nous te le demandons par le Christ notre Seigneur. Amen Benoît XVI Page de couverture : Le Cardinal Velasio De Paolis impose les mains au P. Blaise Patier lors des ordinations sacerdotales à Rome le 13 décembre dernier. Ci-dessus : Les candidats, dont le Fr. Blaise (deuxième à droite), lors des ordinations sacerdotales du 13 décembre 2014 à Rome. © L. van Merris -2- hristophoros Nous, prêtres, sommes aussi des fils et des frères, et nos familles continuent à nous apporter beaucoup, tout au long de notre ministère. Au sein de notre famille spirituelle, un certain nombre de pères légionnaires ont une sœur consacrée, comme le P. Gonzalo Franco, nouveau prêtre, dont la sœur María José nous parle de son expérience d’unité au sein des différentes branches de notre Mouvement et d’enrichissement grâce à l’écoute mutuelle dans une attitude d’humilité. Le P. Jacques Philippe souligne encore l’importance de cette vertu. Humbles, nous vivons tous l’expérience de joie profonde qu’est la rencontre avec notre Créateur. S omma i r e 2 _ éditorial Père Andreas Schöggl 4 _ Ordinations Ordinations sacerdotales à Rome le 13 décembre 2014 Père Thomas Brenti 5 _ Ordinations Le rituel de l’ordination 7 _ Ordinations Mon frère prêtre Interview avec María José Franco 8 _ Jeunes La place du chrétien dans le monde artistique Témoignage de Grégory Turpin 10 _ Théologie Le P. Nicolas Bossu nouveau docteur en théologie Père Thomas Brenti 13 _ Annonces Camps de Pâques et Fête des familles 14 _ Spiritualité L’expérience de Dieu – source d’humilité Père Jacques Philippe 16 _ École de Méry Une nouvelle école pour nos familles Père François Garreau hristophoros -3- o r d i n at i o n s volonté du Christ. « C’est le moment de la moisson après le long travail de semailles », disait également le Cardinal De Paolis dans son homélie. de l’Église et de la réponse à l’envoi de Jésus à aller « dans le monde entier ». Ordinations sacerdotales à Rome Ils sont nombreux à avoir découvert leur vocation grâce à leur participation aux missions d’évangélisation et aux groupes de jeunes de Regnum Christi. Quelque 2000 fidèles, parents, proches et amis des futurs prêtres et du mouvement Regnum Christi ont participé à la célébration. Nous rendons grâce pour ces nouveaux prêtres pour l’Église qui sont envoyés en mission dans les différents pays où le mouvement Regnum Christi est présent ! sacerdotales sont toujours une raison de confiance dans l’avenir, une raison d’espérance (…) d’autant plus que ces ordinations se situent à un moment de particulière importance dans la vie de cet institut. Ces trois dernières années l’institut, suivant les instructions et directives du Saint Père lui-même, a fait face et parcouru un chemin de renouveau de sa propre histoire et de sa vie. » Le Cardinal a également rappelé aux candidats que le sacerdoce mène à une intimité particulière avec JésusChrist. « Le secret le plus profond de cette vocation nous est révélé par Jésus lui-même dans l’Évangile que nous venons d’entendre. C’est lui qui vous a appelés. Il vous a appelés parce qu’il vous aime. Votre vocation est celle de l’amour, du plus grand amour, le don de votre propre vie. C’est une vocation d’amitié avec Jésus ». Le P. Blaise bénit sa famille après l’ordination Première messe du P. Blaise ©L. van Merris e samedi 13 décembre 2014, 35 frères ont été ordonnés prêtres par le Cardinal Velasio De Paolis à la basilique SaintJean-de-Latran à Rome. Les 35 nouveaux prêtres ont entre 30 et 40 ans et ils viennent de France, Espagne, Allemagne, Hongrie, États-Unis (9), Mexique (12), Guatemala, Colombie (3), Brésil (3), Australie et Nouvelle-Zélande. Le père Blaise a été envoyé en mission au noviciat de la congrégation à Monterrey. Nous sommes heureux que la France puisse continuer à envoyer des missionnaires, de la même manière qu’elle en reçoit de plusieurs pays du monde. Les missionnaires sont un signe de la catholicité ©L. van Merris L le 13 décembre 2014 Sa mère, ses frères et sœurs et d’autres membres de la famille sont venus l’entourer pour son ordination et sa première messe, ainsi que de nombreux prêtres de la communauté qui l’ont connu et accompagné pendant son parcours de formation, ainsi que ses frères séminaristes. ©L. van Merris Lors de sa première homélie, le lendemain, en l’église Saint-Louis-des-Français de Rome, le jeune père Blaise a fait allusion à la présence de Dieu au milieu de la souffrance. L’année dernière, au chevet de son père, il demandait au Seigneur de l’accueillir très vite au Ciel en vertu de son futur sacerdoce. Une année jour pour jour après le douloureux départ de son père, il célébrait sa première messe et prononçait cette première homélie. Première homélie du P. Blaise Les futurs prêtres ont souhaité qu’en préparation de la célébration, l’assemblée récite la prière de sainte Thérèse de Lisieux pour la sanctification des prêtres : « Ô Jésus, Éternel souverain Prêtre, gardez vos prêtres sous la protection de votre Sacré-Cœur, où personne ne peut leur faire de mal. Gardez sans tache leurs mains consacrées, qui touchent chaque jour votre Corps sacré. Gardez pures leurs lèvres, qui sont empourprées de votre Précieux Sang. Gardez pur et détaché leur cœur, qui est marqué du sceau sublime de votre glorieux Sacerdoce. Faites-les grandir dans l’amour et la fidélité envers vous ; protégez-les de la contamination de l’esprit du monde. Donnez-leur avec le pouvoir de changer le pain et le vin, le pouvoir de changer les cœurs. Bénissez leurs travaux par des fruits abondants, donnez-leur un jour la couronne de la Vie éternelle. Ainsi soit-il ». P. Thomas Brenti, LC Le rituel de l’ordination L es ordinations sont célébrées au cours d’une messe solennelle, présidée par l’évêque, à laquelle participent activement les fidèles. L’ordination a lieu après avoir écouté et médité la Parole de Dieu. L’imposition des mains et la prière d’ordination sont les éléments essentiels d’une ordination. Ils sont entourés de rites préparatoires et d’autres, explicatifs. L’appel du candidat « Que celui qui va être ordonné prêtre s’avance… » « Me voici » L’évêque dit alors : « Avec l’aide du Seigneur Jésus-Christ, notre Dieu et notre Sauveur, nous les choisissons pour l’ordre des prêtres ». Devant l’évêque et les fidèles rassemblés, le candidat exprime sa volonté d’exercer sa charge en conformité avec la pensée du Christ et de l’Église, sous la conduite de l’évêque. Il le signifie en mettant ses mains dans celles de l’évêque et promet de vivre en communion avec lui et ses successeurs, dans le respect et l’obéissance. Le P. Blaise Patier, nouveau prêtre Le Cardinal De Paolis lors de son homélie Le Cardinal De Paolis, qui a été de juin 2010 à février 2014 délégué du Pape pour la Légion du Christ et le mouvement Regnum Christi, a présidé la cérémonie d’ordination. Il a exprimé sa joie pour ces ordinations qui ont lieu à la fin du processus de révision des constitutions des légionnaires du Christ qu’il a guidé. « Les ordinations -4- hristophoros ©L. van Merris 1 Le frère Blaise Patier a été ordonné prêtre à Rome avec 34 autres confrères de notre communauté des légionnaires du Christ. Le frère - maintenant « père » - Blaise est français, originaire de Brive-la-Gaillarde. C’est très tôt, dès l’enfance, qu’il a entendu l’appel du Seigneur à le suivre. Si vingt ans après, le rêve d’un enfant est devenu réalité, ce rêve représentait donc la hristophoros -5- O r d i n at i o n s Mon frère prêtre La Litanie des saints Tous implorent la grâce de Dieu pour l’ordinand. L’appel adressé à l’ordinand dépasse ses propres forces : c’est en se laissant investir par le Seigneur qu’il pourra vraiment accomplir sa mission. C’est pourquoi la force de l’Esprit est demandée pour lui et avec lui, cette force qui a guidé tant de saints et de saintes à travers l’histoire. 2 L’imposition des mains de l’évêque et la prière consécratoire Le candidat reçoit le don de l’Esprit Saint pour la charge qui lui est conférée. Répétant les gestes déjà adoptés par les premières communautés chrétiennes, l’évêque puis les prêtres imposent les mains : geste de bénédiction et de prière silencieuse, geste pour rappeler et manifester sur l’ordinand la puissance de l’Esprit Saint. L’imposition des mains signifie la mission confiée par le Christ, mission qui se transmet par les mains des Apôtres et de leurs successeurs : « Père tout puissant, donne à tes serviteurs que voici, d’entrer dans l’ordre des prêtres… ». Vient ensuite la prière consécratoire. 3 Aussitôt après la prière d’ordination, on revêt l’ordonné de l’étole presbytérale et de la chasuble, pour que soit manifesté extérieurement le ministère qu’il devra accomplir dans la liturgie. 4 Onction des mains L’évêque répand ensuite dans les paumes des mains du nouveau prêtre l’huile sainte, mêlée de parfum que l’on appelle le saint Chrême. Cette onction signifie le don de l’Esprit-Saint qui fortifie le prêtre « pour sanctifier le peuple chrétien ». 5 Le baiser de paix En donnant un baiser fraternel au nouveau prêtre, l’évêque scelle l’acceptation de celui-ci comme son ministre. Les autres prêtres font de même et manifestent ainsi qu’ils sont en communion de ministère, membre d’un même ordre. 7 Remise du calice Enfin, le nouveau prêtre reçoit le pain et le vin, qui deviendront dans l’eucharistie le Corps et le Sang du Christ. L’évêque leur dit alors : « Ayez conscience de ce que vous ferez, imitez dans votre vie ce que vous accomplirez par ces rites et conformez-vous au mystère de la croix du Seigneur…. ». 6 Concélébration Dans la liturgie eucharistique qui suit, le nouveau prêtre exerce pour la première fois son ministère en concélébrant avec l’évêque et les autres prêtres. 8 Texte : portail de la liturgie catholique, Conférence des évêques de France -6- hristophoros A u sein de notre famille spirituelle Regnum Christi, plusieurs consacrées ont des frères qui sont prêtres légionnaires. Maria José Franco est la sœur du P. Gonzalo, ordonné le 13 décembre dernier à Rome. Elle a répondu à nos questions sur cette expérience. Avez-vous un souvenir particulier de la messe d’ordination ? Quand j’ai vu mon frère entrer en procession, je savais que mon frère sortirait différent de cette messe, qu’il continuerait à être le même mais qu’il ne serait pas tout à fait le même.. Avoir un frère prêtre, cela change-t-il quelque chose dans la famille ? Mon frère a eu 18 ans de formation puisqu’il a commencé au petit séminaire ; ainsi, pour nous, son ordination est un moment que nous avons attendu pendant des années. Pourtant depuis son ordination nous avons pu ressentir Dieu de façon très proche et personnelle. On a la grâce d’avoir les sacrements et par conséquent de ressentir la présence de Dieu de façon très forte. La vocation de mon frère n’a pas été facile ; au début j’étais furieuse contre Dieu de l’avoir pris, mais aujourd’hui je comprends qu’il ne l’a pas pris et qu’il a choisi ma famille pour y faire sentir sa présence de manière spéciale. Avez-vous découvert un autre aspect de la prêtrise au contact de votre frère ? Bien des fois nous tendons à idéaliser les prêtres ou à penser à eux comme s’ils étaient en dehors du monde. Alors voir son frère vêtu en prêtre, ce frère avec qui on a joué, avec qui on s’est battu, avec qui on a fait des bêtises, implique un acte de foi. C’est pourquoi le mystère qui fait du prêtre un « alter Christus » (autre Christ) est une nouvelle façon de voir les prêtres. Aussi bien dans leur humanité que dans cette transformation qui leur vient de Dieu. À ce moment de l’histoire du mouvement Regnum Christi, vous redécouvrez cette grande famille spirituelle à laquelle vous appartenez et qui comporte plusieurs états de vie et des vocations différentes. Trouvez-vous que le fait d’avoir un frère légionnaire resserre les liens que vous avez entre votre branche, les consacrées de Regnum Christi, et celles des légionnaires du Christ ? Absolument. Un nouveau prêtre est un don pour l’Église, mais aussi pour le Mouvement. Mon frère a décidé de célébrer sa première messe au siège de la direction générale des consacrées parce qu’il désirait partager avec La famille Franco avec María José à gauche du P. Gonzalo les consacrées la joie de son ordination, les sentant sœurs dans leur charisme mutuel. Pour moi, personnellement, avoir un frère légionnaire a rendu depuis toujours ma relation avec eux très proche. Cela m’a permis de les considérer comme des frères ; des personnes avec des qualités et des défauts qui rapprochent de Dieu mais qui ont aussi besoin les uns des autres. D’ailleurs je connaissais les légionnaires bien des années avant les consacrées. J’ai aussi ressenti un lien spécial avec mon frère car nous sommes unis par la vocation et l’engagement à Dieu. Je pense que cela me rend plus consciente de ma relation avec les légionnaires et cela renforce ma vocation et mon engagement à Dieu. Quelle mission pensez-vous avoir, en tant que consacrée, envers les prêtres ? La première chose qui me vient à l’esprit, c’est la prière à leur intention. Nous avons besoin de prêtres et j’ose dire qu’ils ont besoin de nous pour accomplir ensemble la mission, eux en tant que ministres et nous en tant qu’âmes consacrées. Il y a quelques temps mon frère m’a appelée. Il voulait un conseil sur la marche à suivre dans une situation donnée. Cela m’a révélé une attitude très humble de sa part mais aussi très sensée. Cela lui a fait connaître mon opinion et l’a aidé à voir les choses d’une façon différente et savoir ainsi comment procéder. Il est sûr que nous nous complétons ; il me dit de ne pas trop suivre ma sensibilité féminine et je lui dis d’être un peu plus sensible avec les autres. Nous continuons donc à apprendre. De quoi aimeriez-vous remercier votre frère et vos autres frères légionnaires ? Je remercie mon frère de son oui. Cela n’a pas été le oui d’un jour mais il l’a répété jour après jour avec la grâce de Dieu. Son ordination n’est pas une arrivée mais un « lancement » dans son engagement au Christ et aux âmes. Et je le remercie de m’avoir toujours accompagnée sur mon chemin vers Dieu ; d’abord comme frère puis comme ami, et à présent comme prêtre, ministre des sacrements. Quant aux prêtres, je les remercie d’apporter le Christ à ce monde. Il y a quelques jours nous célébrions la venue du Christ dans ce monde, pour laquelle on peut remercier Marie et Joseph. Dieu appelle des personnes pour se rendre présentes parmi les hommes. Les prêtres sont les moyens par lesquels le Christ se rend présent parmi nous par excellence, car ils sont les ministres de ses grâces au travers des sacrements. hristophoros -7- JEUNES C Témoignage de Grégory Turpin (I) existait mais je n’avais pas compris l’importance pour moi de m’engager. Ce que je ne savais pas, c’est que Dieu voulait le meilleur pour moi. Le milieu artistique est peutêtre l’un des milieux les plus difficiles pour affirmer sa foi ; non pas qu’il n’y ait pas de chrétiens dans le monde de l’art mais parce que c’est souvent un monde d’apparence et que dévoiler sa foi, c’est dévoiler quelque chose d’intime. Il faut dire aussi que c’est un peu le lieu de tous les excès. Ensuite, j’ai été invité à un concert de Pierre Éliane, prêtre, chanteur et musicien qui a mis en musique des textes de sainte Thérèse. À 14 ans, ce genre de concert ne me tentait pas vraiment. Mais pendant la soirée, j’ai été frappé par la qualité musicale du chanteur. J’ai ensuite acheté ses CD et appris les poèmes par cœur. C’est ainsi que j’ai commencé à prier. J’ai grandi et j’ai découvert Thérèse. Elle m’a aidé à avancer, à trouver ma voie. C’était beaucoup plus simple que je ne pouvais l’imaginer. Thérèse nous montre cette voie de la confiance, de l’abandon à un Dieu, qui nous aime infiniment. Tout cela était à ma portée. Faire confiance était à ma portée. M’abandonner était à ma portée. Deux événements ont été frappants pendant mon adolescence. Les reliques de sainte Thérèse ont quitté Lisieux pour la première fois en 1994 et elles sont venues dans mon diocèse en Ariège, aussi improbable que cela puisse paraître ! Sur 120 000 habitants du diocèse, 20 000 personnes se sont déplacées pour vénérer ces reliques. © www.jbbonavia.fr La place du chrétien dans le monde artistique ’est un prêtre qui a conduit et accompagné Grégory Turpin sur son chemin toujours plus proche de Dieu. Christophoros remercie le chanteur pour son témoignage que nous présentons ici et dans le prochain numéro. Je ne suis pas issu d’une famille pratiquante, je suis né dans le sud de la France en Ariège dans un petit village de 300 habitants, avec 6 bars. Cela donne l’ambiance des week-ends ! Je suis né dans une famille populaire où l’on n’avait pas beaucoup accès à la culture. Lorsque je suis arrivé en sixième dans un collège catholique, j’ai tout de suite remarqué un jeune prêtre en col romain et en blouson en cuir, qui roulait dans une belle voiture et jouait de la guitare électrique. Juste pour le provoquer un peu, j’ai sympathisé avec lui. Ce prêtre avait vu que j’étais extrêmement timide et que j’avais du mal à me faire des amis en classe. En fait, il m’a invité à venir jouer de la guitare à la messe tous les samedis soirs. Et petit à petit, je suis allé à la messe toutes les semaines. Je ne m’en rendais pas compte que j’étais frappé par ce que j’entendais, par ce que je voyais, je n’avais pas de difficultés à croire que Dieu Et j’ai cheminé ainsi jusqu’à la veille de mes 18 ans lorsque j’annonce à mon père, qui avait organisé un grand anniversaire-surprise avec une centaine d’invités, que je rentre au carmel ! J’entre donc au carmel, en tant que postulant et je devais prendre le nom de frère Jean Grégory. J’y ai probablement vécu l’une des plus belles années de ma vie. Pourquoi ? Parce que tout me plaisait : la vie de prière, l’oraison, ce cœur à cœur avec le Christ, la vie avec les frères, même faire la vaisselle, tout était merveilleux.(...) s Grégory Turpin : son nouvel album mpia, Pari in à l’Oly ncert le 6 ju En co Vous trouverez la suite de ce témoignage dans le prochain numéro de Christophoros. Les plus beaux chants chrétiens d’hier et d’aujourd’hui Sa carrière musicale et son engagement spirituel sont indissociables. Pour son troisième album, “Mes racines – Les plus beaux chants chrétiens d’hier et d’aujourd’hui”, Grégory Turpin nous emmène au cœur de sa foi, ses racines. -8- hristophoros © www.jbbonavia.fr Au fil des 14 titres qui composent cet album, on découvre, dans une ambiance résolument folk et intime, le répertoire musical de son chemin de vie. Les arrangements - très actuels et respectueux des compositions d’origine - associés au talent du jeune artiste, redonnent de l’éclat à ces chants universels, connus et aimés par toutes les générations. Vous trouverez dans l’album l’Alléluia de Taizé, Douce nuit, le Psaume de la création, Trouver en ma vie ta présence, Les anges dans nos campagnes, Laudate dominum… Plus d’informations sur : www.gregoryturpin.com hristophoros -9- La Révélation est accomplie dans le Christ dont le mystère est proclamé définitivement par les apôtres et les évangélistes. En même temps, l’Église continue à pénétrer ce mystère, sous le guide de l’Esprit Saint qui « enseignera tout » (Jean 14,26). C’est ainsi que la compréhension des dogmes peut continuer à se développer, fidèle à l’unique et définitive Révélation du Christ. © Stéphane Mahot Le P. Nicolas a cherché à démontrer que, si le passage où le prophète Ézékiel contemple des ossements desséchés se recouvrir de chair, puis revivre, se rapporte en premier lieu, et selon l’intention explicite de l’hagiographe 1, au retour de l’exil du peuple d’Israël, il vise aussi dans la Révélation la résurrection des hommes par le Christ, sous l’action de l’Esprit Saint, résurrection finale qui est la destinée ultime de l’Église. La vision d’Ézéchiel dans la vallée des ossements desséchés (détail), Rouen, Musée des Antiquités. Le P. Nicolas Bossu nouveau docteur en théologie « Ces ossements vivront-ils ? » L e père Nicolas Bossu a soutenu sa thèse de doctorat en théologie biblique le 15 décembre 2014, près l’Université pontificale de St Thomas (« Angelicum », université romaine de l’Ordre Dominicain). Le travail du père Nicolas a porté sur la lecture en perspective eschatologique d’un passage du livre d’Ézékiel où le prophète voit au milieu d’une vallée des ossements desséchés reprendre vie. Il s’agissait d’identifier dans ce passage de l’Ancien Testament, à partir d’une analyse exégétique et à la suite d’autres passages de l’Écriture et d’Origène (théologien du IIIe siècle considéré comme un fondateur de la science biblique), une prophétie de la résurrection des hommes que le Christ allait apporter, de la Parousie, destinée ultime de l’Église. Le père Nicolas est religieux de la congrégation des légionnaires du Christ où il est entré en 1999 après - 10 - hristophoros (Ézékiel 37) des études d’ingénieur à l’École Polytechnique. Ordonné prêtre en 2009, il a reçu pour mission de se spécialiser en théologie biblique pour en être professeur à l’Athénée Regina Apostolorum de Rome, université pontificale tenue par la congrégation. Il a terminé la licence canonique (master) à l’Université Grégorienne en 2011, puis a travaillé sur son doctorat à l’École Biblique de Jérusalem et dans différentes bibliothèques romaines. Il est le premier prêtre légionnaire du Christ français à devenir docteur en théologie. La théologie, harmonie entre la raison et la foi, est une étude rigoureuse qui s’appuie sur une méthode qui lui est propre. Elle part du principe de foi que Dieu a montré aux hommes son visage dans la Révélation contenue dans les Écritures, interprétées authentiquement et transmises fidèlement dans l’Église avec, au sommet, le Christ, Parole suprême. Les théologiens étudient ainsi avec sincérité et sérieux ce que le Seigneur a dit dans l’Écriture et comment l’Église l’a entendu. La thèse de doctorat a pour titre « Fils d’homme, ces os vivront-ils ? » (Ézékiel 37,3) – La prophétie des ossements desséchés et ses relectures eschatologiques chrétiennes (Matthieu 27, Apocalypse 11, Origène), dans la perspective de l’herméneutique philosophique et de la théologie catholique contemporaines. Sa valeur réside d’une part dans l’étendue pluridisciplinaire du travail. D’après le « censeur » de la thèse, le P. Gonçalves, O.P., un des trois membres de jury qui joue pourtant le rôle de l’avocat du diable et décèle les lacunes du travail : « il n’est pas courant de trouver quelqu’un qui maîtrise aussi bien l’exégèse de l’Ancien Testament, que le Nouveau Testament, Qumran, les écrits des Pères de l’Église, l’herméneutique philosophique, la théologie. Vous avez fait correctement, de façon sûre, claire, solide, l’ensemble du travail dans les différentes disciplines ». La théologie biblique est une discipline difficile puisque, si la théologie réfléchit avec l’Église, la théologie biblique doit s’attacher principalement aux textes : mais la Tradition de l’Église fait le pont entre les deux. Dans son étude pluridisciplinaire, puisque la méthode doit s’adapter à l’objet, le P. Nicolas a cherché à employer la méthode correspondante à chaque point de vue. D’autre part, alors que le passage d’Ézékiel 37 avait été depuis longtemps absent du Magistère et des textes liturgiques qui évoquent la résurrection finale, l’étude du P. Nicolas suscite une redécouverte de la portée eschatologique de la prophétie des ossements qui revivent. Finalement, l’utilisation de la méthode herméneutique invite à faire l’expérience de l’écoute des métaphores bibliques qui invitent à une conversion intérieure profonde. La thèse de doctorat commence (première partie) par étudier attentivement le chapitre 37 du Livre d’Ézékiel dans la version en hébreu (le « texte masorétique ») et dans la version grecque des Septante pour en tirer le message central et la manière dont le passage a été Le P. Nicolas lors de sa soutenance de thèse reçu dans les différentes communautés juives. Un des manuscrits retrouvés à Qumran 2, le « Pseudo-Ézékiel », montre que la communauté essénienne, dès le IIe siècle avant Jésus-Christ, voyait en Ézékiel 37 une prophétie de la rétribution finale des justes. Successivement (deuxième partie), l’évangile selon saint Matthieu (27,52) reprend clairement, juste après le moment où Jésus rend l’esprit, le relèvement des corps décrit par Ézékiel. Il confirme ainsi la foi en la résurrection finale et y ajoute l’élément déterminant qui la rend possible : la résurrection du Christ (« Les tombeaux s’ouvrirent ; les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent »). L’auteur de l’Apocalypse (chapitre 11), qui a sous les yeux les disciples de Jésus qui sont morts pour leur foi en lui, ajoute que les destinataires de la résurrection seront non seulement chacun des fidèles du Christ, mais l’Église, Corps du Christ, nouvelle Jérusalem. Tout en étant dans l’attente de la Parousie, ils vivent déjà cette résurrection aujourd’hui et provoquent, par leur configuration au Christ, la conversion des nations. C’est cette même construction de sens opérée par la Révélation dans l’Église qui est reprise par Origène et, avec lui, par plusieurs Pères de l’Église, prédicateurs des premiers siècles qui ont reçu l’Écriture Sainte et l’ont transmise dans les cultures où ils étaient envoyés en mission. Origène exhorte les chrétiens dans la foi eschatologique : à la résurrection finale, nous formerons tous un seul Corps uni dans la charité. Il opère une sorte d’illustration de la théologie paulinienne sur l’eschatologie. « Une première conclusion originale de notre thèse consiste à relever une ‘construction de sens’ entre ces trois relectures d’Ézékiel 37 : chacune se présente hristophoros - 11 - (ici, Ézékiel 37), le mystère pascal (mort et résurrection de Jésus), la proclamation apostolique de la foi et sa réception de la première communauté chrétienne, l’Écriture nouvelle (dont Matthieu 27 et Apocalypse 11) et la théologie ecclésiale (Origène) (cf. résumé écrit, p. 5-6). Dans ce processus, c’est l’Esprit Saint qui agit surnaturellement dans l’Église, sujet de la foi. comme une étape de réflexion sur l’eschatologie qui assume la précédente, la dépasse et prépare la suivante. Ainsi, l’interprétation de Matthieu présuppose le phénomène ‘d’eschatologisation’ de la prophétie, témoignée par le Pseudo-Ézékiel, et ajoute son accomplissement dans le Christ ; l’Apocalypse présuppose, à son tour, cet aspect christologique et l’étend à la vie de l’Église ; finalement, Origène présuppose toutes ces élaborations théologiques pour appliquer Ézékiel 37 à la consommation finale » (résumé écrit du doctorat, p. 4). Un « objet historique » particulier a été ainsi été formé : la foi ecclésiale en la résurrection finale qui se développe au fil de la Révélation chrétienne. C’est cet « objet historique » que la thèse étudie dans une troisième partie, d’un point de vue philosophique (l’herméneutique de Paul Ricœur) et d’un point de vue théologique (Joseph Ratzinger). L’herméneutique de Paul Ricœur fournit trois concepts clés pour l’interprétation d’une comparaison poétique, d’une métaphore : la métaphore comporte une forme narrative qui frappe par son extravagance (chez Ézékiel, des ossements qui reprennent chair et revivent), conduisant le lecteur à un processus métaphorique pour reconfigurer son propre monde intérieur. Ceci s’accomplit en fonction d’un qualificateur (le retour de l’exil pour Ezékiel, le Règne de Dieu pour Jésus). Ainsi, quand le chrétien cherche sincèrement et dans une démarche spirituelle le sens d’une parabole (qui est une forme de métaphore), il entre librement dans un processus de conversion intérieure. Les trois textes étudiés témoignent d’un travail herméneutique suscité par la nature même de l’oracle, effectué par une communauté croyante qui prend le risque d’être reconfigurée par ses écritures fondatrices (cf. résumé écrit, p. 5). L’approche herméneutique a pourtant des limites car, s’attachant principalement au sens donné par le sujet (une personne ou une communauté) qui interprète, elle ignore ou, tout du moins, amoindrit la réalité de l’événement historique : dans notre cas, l’événement de la résurrection du Christ. L’insuffisance est complétée par la perspective théologique. La thèse tire des écrits de Joseph Ratzinger une description de l’articulation entre l’Écriture ancienne - 12 - hristophoros Le père Nicolas n’a pas quitté les bancs de l’école depuis 36 ans… (à part son service militaire et son stage apostolique comme religieux de la congrégation). Merci, père Nicolas, pour votre travail caché pendant ces dernières années et pour les nombreuses heures de cours passées et à venir aux séminaristes de Rome ! P. Thomas Brenti, LC Le père Thomas Brenti est curé de la paroisse du Sacré-Cœur et supérieur de la communauté des pères à Bordeaux. Originaire de Nouan-le-Fuzelier (41), il est entré au sein de la congrégation en 1997 et a été ordonné prêtre en 2008. Il a été envoyé en mission à Bordeaux après son ordination. D ans nos camps et séjours, nous cherchons à favoriser des amitiés porteuses, une vie de prière et de sacrements, une formation solide et des activités missionnaires permettant l’expérience de la foi au quotidien. Nous offrons une palette de découvertes culturelles et d’activités ludiques, sportives et en pleine nature. Notre projet éducatif cherche à développer les aspects humains et chrétiens de la personnalité dans quatre directions : vers une personnalité épanouie, vers une amitié solide avec Jésus, vers une capacité de réflexion et de prise de décision mûre, vers une ouverture aux autres et l’aide au prochain. Séjours pour garçons Séjour pour filles • 26 avril - 2 mai : Camp « Multi-sports » Bad Münstereifel, Allemagne 15 garçons de 10 à 15 ans Multi-sports (VTT, baseball, foot, etc), piscine, visites culturelles, journée Parc Phantasialand, temps de formation et de prière 240 € (transport compris) Contact : P. Chad Everts - [email protected] • 27 avril - 04 mai : Camp « Sur les pas de Karol » Cracovie, Czestochowa, Wadowice, Auschwitz, Pologne 24 filles de 11 à 15 ans (de la cinquième à la troisième) Une aventure spirituelle et culturelle, dans un esprit convivial, pour découvrir un saint du XXe siècle, son pays et son histoire. Visite de Wadowice, la ville natale de saint Jean Paul II, de Cracovie, des camps de concentration à Auschwitz, du sanctuaire de Czestochowa et du sanctuaire de la Divine Miséricorde. Randonnée dans la montagne du Tétras 450 € environ (transport non compris) Contact : Renata Denogean - [email protected] • 30 avril - 3 mai : Mini-camp « Multi-sports » Cagnicourt, (Pas-de-Calais, près de Douai) 20 garçons de 9 à 16 ans Multi-sports (foot, baseball, tir à l’arc, etc), grands jeux,veillées, temps de formation et de prière 45 € (transport non compris) Contact : Baudouin Laloux - [email protected] • 23 - 25 mai : Tournoi de l’Amitié Méry-sur-Marne, Seine-et-Marne 70 garçons de 9 à16 ans Foot, temps de partage inter-ECyD, prière 35 € (transport non compris) Contacts : Paris : P. Chad Everts - [email protected] Lille : Baudouin Laloux - [email protected] Méry-sur-Marne et Malestroit : Fr. Melchior Poisson [email protected] Bordeaux : P. Raymond Jubinville - [email protected] Autres : Baudouin Laloux - [email protected] Séjour pour familles • 18 - 25 avril : Chemin de Saint-Jacques Destination Rocamadour, France à partir de 20 personnes 7 jours de marche sur le chemin de saint Jacques de Compostelle Prix à déterminer (transport compris) Contact : P. Chad Everts - [email protected] Mission des jeunes • Week-end des Rameaux Paroisse de Pierrefitte (93) Mission en soutien de la communauté catholique de Pierrefitte : veillée, actions de charité,... Contact : Sabine Laxague, [email protected] Pour en savoir plus Retrouvez tous les camps 2015 sur : www.regnumchristi.fr Rubrique JEUNES 1. Les hagiographes sont les personnes humaines qui ont consigné dans l’Écriture Sainte la Révélation qu’ils avaient reçue du Seigneur. En théologie, on dit que les Écritures ont pour auteur premier le Seigneur et pour auteur secondaire les hagiographes. 2. En 1947, un berger parti à la recherche de ses chèvres perdues dans une grotte y retrouve des manuscrits enroulés dans plusieurs jarres de terre cuite. Ils y avaient été enfouis au 1er siècle après Jésus-Christ par des membres de la communauté essénienne, dispersée à l’écrasement des rébellions juives par le gouverneur romain. Ils contenaient de très anciens textes : des écrits correspondant à des textes de l’Ancien Testament connus par ailleurs et d’autres textes spirituels issus de cette communauté juive. Camps et séjours de Pâques Venez vivre une ambiance d’amitié dans un esprit chrétien ! ©A.Whitman Le P. Nicolas célèbre l’Eucharistie en Terre Sainte Le P. Nicolas conclut ainsi : « Nous avons voulu montrer la valeur de l’interprétation eschatologique de la prophétie des ossements desséchés. Elle est pleinement conforme à la nature littéraire de l’oracle et elle a été effectuée dans un courant du judaïsme avant le Christ. Deux auteurs chrétiens inspirés l’ont ‘consacrée’. Origène est représentatif des Pères : aucun d’eux ne se rapporte à Ézékiel 37 dans son sens historique. Elle constitue donc à plein titre un élément de la Tradition, perdu dans le cours des siècles, qui pourrait alimenter à nouveau l’espérance eschatologique du Peuple de Dieu. Le Pape Benoît XVI semble avoir exprimé cette possibilité dans une homélie : ‘A la lumière du mystère pascal du Christ, la vision des ossements desséchés prend la valeur d’une parabole universelle sur le genre humain, pérégrinant dans l’exil terrestre et soumis au joug de la mort. La Parole divine, incarnée en Jésus, vient habiter dans le monde qui, à plusieurs points de vue, est une vallée désolée ; elle est pleinement solidaire avec les hommes et elle leur porte l’annonce joyeuse de la vie éternelle. Cette annonce d’espérance est proclamée du plus profond de l’outretombe, alors qu’est ouverte définitivement la route qui conduit à la Terre promise’ (Homélie de Benoît XVI lors d’une messe pour les cardinaux défunts le 4 novembre 2006) » (Conclusion du résumé écrit, p. 6). Annonces Fête des familles de Regnum Christi du 31 juillet au 2 août 2015 à Lourdes Réservez la date et venez nombreux ! Au programme : Vendredi : Veillée festive avec la communauté du Cenacolo Samedi : Conférence spirituelle du Père François-Marie Léthel, ocd, La grotte de Lourdes enseignant à la faculté théologique pontificale Teresianum à Rome et spécialiste de la théologie des saints, en particulier de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Vous trouverez le programme plus détaillé dans le prochain Christophoros Fête des familles 2014 à Lisieux hristophoros elle nous appauvrit tout autant, nous faisant prendre conscience de nos limites. L’expérience de Dieu – source d’humilité Troisième partie de la conférence du P. Jacques Philippe sur l’humilité (cf. Christophoros 41 et 42) L a première source de l’humilité – qui est valable pour tout le monde – c’est l’expérience de la vie. Ce n’est cependant pas automatique. Que la pauvreté matérielle, humaine, l’épreuve, la souffrance, la fragilité deviennent humilité, douceur, paix, ne va pas de soi. Cela est possible, mais cela suppose un certain chemin intérieur d’acceptation, de confiance, d’espérance, et demande que l’on apprenne à compter totalement sur Dieu et sur lui seul. Ce travail intérieur est nécessaire pour passer de la pauvreté comme état de fait à la pauvreté comme attitude de cœur, à la vraie pauvreté spirituelle. Et nous devons rendre grâce à Dieu pour tout ce qui nous appauvrit, nous humilie, pour tout ce qui nous rend petits et faibles. Il existe une autre source d’humilité, bien plus profonde et bien plus belle, qui est le Saint Esprit lui-même, qui est l’expérience de Dieu. Si Moïse était « l’homme le plus humble que la terre ait jamais porté », c’est qu’il connaissait Dieu bien plus profondément que d’autres personnes. Il a passé quarante jours sur le Mont Sinaï, en parlant avec Dieu, sans manger ni boire, se nourrissant de la présence de Dieu et parlant avec le Seigneur face à face, comme un ami avec son ami. Je crois que c’est sans doute cela la source la plus profonde de l’humilité de Moïse, son expérience de - 14 - hristophoros Dieu. En effet, plus l’homme connaît vraiment Dieu, plus il devient petit, plus il devient humble et plus il devient doux. Je suis convaincu – mais c’est toute la tradition de l’Église qui le reconnaît – que l’un des critères les plus certains de l’authenticité d’une expérience de Dieu est l’humilité. Une véritable expérience de Dieu, une véritable rencontre avec Dieu, nous rend humbles parce que, connaissant qui est Dieu, on mesure la différence entre le Créateur et la créature. Qu’est-ce que l’homme face au mystère de Dieu ? Dans le très beau chapitre 6 du livre d’Isaïe (la vocation du prophète), celui-ci voit Dieu dans le Temple, dans toute sa gloire, sa majesté, avec les portes qui tremblent à la voix des séraphins qui crient : « Kaddosh, kaddosh ! Il est Saint le Seigneur ». Isaïe dit alors : « Malheur à moi car j’ai vu le Seigneur, je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures ». Tout de suite, il se rend compte de son péché, de sa petitesse, de sa misère face à la grandeur et la sainteté de Dieu. On peut voir la même réaction chez Pierre après la pêche miraculeuse : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un pécheur » (Lc 5,8). C’est une sorte de crainte, de tremblement devant la grandeur, la sainteté, la toute-puissance de Dieu qui fait que l’homme se découvre limité et pécheur. L’homme se connaît en vérité face au mystère de Dieu et dans la lumière de Dieu. Le chemin de la prière est un chemin d’humilité, un chemin de pauvreté. La prière nous enrichit, mais Il n’y a pas de véritable expérience de Dieu qui ne conduise à l’humilité et à la douceur. En Dieu, il y a une puissance extraordinaire mais aussi une infinie douceur, une infinie tendresse qui se communiquent peu à peu à l’homme. L’homme devient humble lorsqu’il rencontre Dieu car il voit la grandeur de Dieu – il se connaît lui-même en vérité face à Dieu – mais aussi parce qu’il expérimente combien Dieu est humble et combien Dieu s’abaisse à parler avec son serviteur. Dieu s’humilie, comme l’Enfant de la crèche, le Christ en croix ou dans l’Eucharistie. Il n’y a que Dieu qui puisse vraiment s’abaisser. D’où l’homme pourrait-il s’abaisser ? Pense-t-il être quelque chose ? Il n’y a que Dieu qui soit vraiment humble, il se penche sur le petit et sur le pauvre avec une douceur, une humilité, une tendresse extraordinaire. Il y a un très beau passage de saint Jean de la Croix où il parle de la découverte que fait l’âme, dans la vie mystique, de l’amour de Dieu dans toutes ses dimensions. Elle se découvre aimée selon chacun des attributs de Dieu. « Dieu est puissant, il t’aime avec puissance, Dieu est généreux, il t’aime avec générosité, Dieu est sage, il t’aime avec sagesse… Dieu est la vertu de la souveraine humilité, il t’aime avec une souveraine humilité et avec une souveraine estime pour toi ». (Vive Flamme, couplet 3, vers 3). Qui aurait pu penser cela de Dieu ? Personne. L’humilité de Dieu dépasse tout ce que l’on peut imaginer. C’est très beau et nous ne pouvons devenir vraiment humbles qu’en revêtant l’humilité de Dieu. « Revêtez-vous d’humilité et de douceur dans vos relations les uns avec les autres » (Eph 4) nous dit saint Paul. Ce sont des choses que l’on ne peut pas trouver en soi-même, on ne peut les trouver qu’en Dieu : la vraie douceur, la vraie humilité, la vraie bonté, la vraie capacité de se pencher sur l’autre, la vraie tendresse, comme le Pape nous y invite tellement. Pour aller aux périphéries, il nous faut beaucoup d’humilité, de douceur, de patience. Les périphéries, ce ne sont pas forcément des endroits très drôles, mais, avec Jésus, tout est possible. Avec l’humilité, la douceur, la paix de Dieu, tout est possible. Mais il faut s’en laisser revêtir. Tout est grâce. Il ne faut pas conquérir, il ne faut pas fabriquer, il ne faut pas inventer, il faut revêtir, il faut recevoir. Recevoir Dieu lui-même. C’est cela le cœur de la vie chrétienne : tout est gratuit, il s’agit de recevoir Dieu. Recevoir le mystère de Dieu qui nous transforme, qui change notre cœur, qui le rend doux, humble et paisible comme le cœur même de Jésus. Je voudrais évoquer un deuxième passage de l’Ancien Testament, situé dans un contexte tout à fait différent. Il s’agit du livre du prophète Sophonie, chapitre 3, 1120. Comme beaucoup de textes prophétiques, c’est un passage où Dieu dénonce le péché d’Israël. Mais à la fin, il y a une promesse d’espérance, de restauration pour Jérusalem. C’est absolument magnifique et nous pouvons y lire ces paroles : « Pousse des cris de joie, fille de Sion, réjouis-toi, Israël, le Seigneur a levé la sentence qui pesait sur toi. Le Seigneur est au milieu de toi comme un héros sauveur, il dansera pour toi avec des cris de joie ! » Dans ce dernier chapitre, qui annonce une intervention de Dieu pour purifier Jérusalem, il y a un passage très significatif où l’on trouve aussi cette notion de pauvreté que j’évoquais plus haut. Voici ce que dit le prophète : « Ce jour-là - dans les temps messianiques, quand le Seigneur interviendra pour son peuple - tu n’auras plus honte de tous tes méfaits et de tous tes crimes commis contre moi ». Tu n’auras plus honte de ton péché et de ton infidélité, du mal que tu as commis, car le Seigneur va te purifier et te guérir. Le prophète annonce une purification radicale du peuple pour en faire un peuple nouveau. Ce qui est essentiellement en cause dans cette purification, c’est l’orgueil humain, qui va être détruit et éliminé, car c’est la racine de tous les péchés. « Ce jour-là, tu n’auras plus honte de tous les méfaits que tu auras commis contre moi car j’écarterai de ton sein tes orgueilleux triomphants. Tu cesseras de te pavaner sur ma montagne sainte. Je ne laisserai subsister en ton sein qu’un peuple humble et modeste et c’est dans le nom du Seigneur que cherchera refuge le reste d’Israël ». Toute forme d’orgueil, de prétention, d’arrogance ou de suffisance humaine sera balayée. Il ne restera qu’une chose, un peuple humble et modeste. Un peuple passé par la souffrance et l’humiliation et qui aura perdu tout orgueil, toute arrogance. Nous trouvons ce thème du « reste d’Israël » chez Isaïe, chez Jérémie et d’autres prophètes. Quelque chose de douloureux et d’éprouvant va arriver, une épreuve va s’abattre sur le peuple : la perte du pouvoir politique, la destruction du Temple, la déportation. Mais en fin de compte avec de grands bienfaits, car ce peuple petit et pauvre trouvera refuge dans le nom du Seigneur. Son refuge, sa sécurité, ce sera Dieu et non pas la puissance des institutions, les qualités ou les forces humaines des personnes ; Dieu et lui seul deviendra le refuge d’Israël. Nous retrouvons souvent cela dans les psaumes : « Dieu, mon rempart, mon refuge, ma sécurité, ma forteresse ». Ce peuple sera humainement appauvri et humilié, mais il sera fort parce qu’il trouvera en Dieu son refuge. Le texte poursuit : « Ils ne commettront plus d’iniquités ». Il n’y aura plus de mal et de péchés, « ils ne diront plus de mensonges », il n’y aura plus de fausses apparences, de différence entre l’extérieur et l’intérieur, chacun sera en vérité. De plus, « ils pourront paître et se reposer sans que personne ne les inquiète. » Ils trouveront en Dieu leur nourriture, ils se reposeront en lui, dans la confiance et dans l’espérance. Ils n’auront plus peur de rien… Voilà donc la pédagogie de Dieu à l’égard d’Israël, et aussi à notre égard. Il permet des choses certainement douloureuses mais avec des fruits très positifs : humilité, petitesse mais aussi force, pureté, vérité, capacité à trouver en Dieu sa nourriture, son courage, sa paix profonde, une paix que personne ne peut ravir. P. Jacques Philippe Le père Jacques Philippe est membre de la Communauté des Béatitudes, auteur de plusieurs ouvrages de spiritualité ; il prêche des retraites en France et à l’étranger. hristophoros ©A.Whitman S P IRIT U A L IT é - 15 - Une nouvelle école pour nos familles D epuis plusieurs mois déjà, nous parlons d’un nouveau projet autour de l’école apostolique de Méry-surMarne. Fondée en 1996 pour accompagner les jeunes en discernement vocationnel, l’école se découvre désormais une deuxième mission : accompagner tous les jeunes garçons vers la plénitude de leur vocation humaine et chrétienne. Nous avons envisagé cette perspective dès la fin de l’année dernière et étudié le projet à partir de septembre. Il a été soumis au gouvernement général de la congrégation qui a donné son accord juste avant les fêtes de Noël. L’évêque de Meaux, Monseigneur Jean-Yves Nahmias, nous encourage vivement sur ce nouveau chemin. Le collège-lycée de l’Immaculée Conception ouvrira donc ses portes en septembre 2015 sous la forme d’une école privée hors-contrat. Cet internat, ouvert aussi aux externes, ne proposera pas seulement un cursus classique débouchant sur un baccalauréat scientifique ou économique. Nous souhaitons créer avec les jeunes un lieu de vie animé par la charité et la confiance. Dans ce lieu de vie, chacun aura sa place et pourra grandir à travers le travail, l’amitié, le sport… De plus, l’école bénéficie d’une situation géographique privilégiée dans une des boucles de la Marne, à une petite heure de Paris. Dans l’enseignement scolaire, les petits effectifs rendent l’apprentissage plus personnalisé et les professeurs sont à même de s’adapter au rythme de la classe. Pour les élèves arrivant en sixième ou en cinquième, nous nous assurerons que les bases du primaire sont bien assimilées. Nous souhaitons également dédier une bonne partie du temps à l’apprentissage des langues grâce à des exercices pratiques au quotidien. Nous développons un partenariat avec d’autres écoles à l’étranger pour donner la possibilité, à ceux qui le souhaitent, de faire un échange linguistique. Dans le contexte actuel, notre école désire être aussi un endroit où chaque jeune puisse approfondir sa foi, à son rythme et dans le respect. Notre statut d’école horscontrat nous permettra de donner une large place aux activités spirituelles spécifiques des temps liturgiques. En outre, la présence de la communauté religieuse sur place aura certainement une grande incidence sur la croissance spirituelle de chaque jeune. Fidèles à notre vocation première, nous souhaitons garder au sein de l’école un foyer pour accompagner les jeunes qui sentent un appel spécifique ou qui se posent la question d’une vocation. Il est bon, en effet, que ces jeunes puissent être accompagnés et qu’ils puissent aussi grandir dans un cadre où la camaraderie forge de véritables amitiés. Nous espérons pouvoir répondre, avec cette nouvelle initiative, aux attentes des familles à la recherche d’un peu d’aide dans l’éducation de leur garçon. Que l’Esprit Saint guide toute l’équipe qui travaille derrière ce projet pour répondre aux besoins de l’Église et de la France. www.cl-immaculeeconception.fr P. François Garreau, LC Directeur de l’Internat Congrégation des légionnaires du Christ de France - Père Andreas Schöggl, LC - 48, Grande-Rue - 77730 Méry-sur-Marne ● Bureau administratif pour la France - 21 rue d’Auteuil - 75016 Paris ● Informations donateurs - email : info@christophoros. com - site : www.regnumchristi.fr - Téléphone : 01 45 27 35 51 ● Directeur de la publication : P. Andreas Schöggl, LC ● Rédactrice en chef : Carina Whitman ● Dépôt légal : à la parution ● ISSN : 1953-0846 ● Crédits photos : p. 1,2,4-7: Ordinations sacerdotales 2013 et 2014 ; © LC Photoservice ; p. 14 © A. Gögele ; p. 11-12 ©LC Photoservice ● Infographie : Diane Suinat ● Imprimeur : CIFEA - Zi des Grives - B0 86 Marigny-saint-Marcel - 74153 Rumilly CEDEX. ● Informatique et Libertés : pour tout droit d’accès et de rectification, s’adresser à la Congrégation des légionnaires du Christ. Collège-Lycée de l’Immaculée Conception