Mariage, dot scolaire et position sociale - Epsilon

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Mariage, dot scolaire et position sociale - Epsilon
Monsieur François de Singly
Mariage, dot scolaire et position sociale
In: Economie et statistique, N°142, Mars 1982. Baisse des mariages en 1981 / L'évolution des consommations /
Echanges extérieurs / Apprécier une dévaluation. pp. 7-20.
Citer ce document / Cite this document :
de Singly François. Mariage, dot scolaire et position sociale. In: Economie et statistique, N°142, Mars 1982. Baisse des
mariages en 1981 / L'évolution des consommations / Echanges extérieurs / Apprécier une dévaluation. pp. 7-20.
doi : 10.3406/estat.1982.4590
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/estat_0336-1454_1982_num_142_1_4590
Résumé
L'histoire professionnelle d'un individu n'est pas indépendante de son histoire matrimoniale. Avec des
données nationales portant sur les personnes de 34 à 52 ans (c'est-à-dire ayant dépassé l'âge au
mariage « normal »), on étudie d'une part la variation de la position sociale selon le sexe et l'état
matrimonial, d'autre part la variation du rendement professionnel du diplôme selon le sexe et l'état
matrimonial. L'accès à la position de cadre supérieur est plus important pour les hommes mariés (9,8
%) et les femmes célibataires (7,5%) que pour les hommes célibataires (3,0%) et les femmes mariées
(2,8%). Cet accès inégal se retrouve à niveau scolaire équivalent. Parmi les actifs occupés ayant fait
des études supérieures courtes, les hommes mariés ont une fois et demie plus de chances que les
hommes célibataires, les femmes célibataires trois fois plus de chances que les femmes mariées de
devenir cadres supérieurs. Les avantages pour les hommes et les handicaps pour les femmes,
associés à la vie domestique, apparaissent d'autant plus grands que le niveau de diplôme est plus
faible.
Abstract
Marriage, Educational Background, and Social Position - The professional standing of an individual is
not indépendant of his or her marital status. Using national data bearing on persons aged from 34 to 52
(that is, over the « normal » marriage age), the article studies, on the one hand, the variation of social
position according to sex and marital status, and, on the other hand, the variation of educational
background and professional position attained in terms of sex and marital status. Access to the position
of executive is more frequent for married men (9.8 %) and single women (7.5 %) than for single men
(3.0 %) and married women (2.8 %). This unequal access is found even among individuals of equivalent
educational background. Among that portion of the working population having received a university
education, married men's chance of becoming an executive is one and a half times that of single men,
while single women's chance of becoming executives is 3 times that of married women. The advantages
of men and the disadvantages of women — stemming from the demands of .home life — appear all the
greater as the level of education is lower.
Resumen
Matrimomo, dote escolar y posición social - La historia profesional de un individuo no es independiente
de su historia matrimonial. Con datos nacronales que estriban en personas de 34 a 52 anos (es decir
las que superan la edad « normal » para contraer matrimonio) se estudia, por un lado, la variación de la
posición social según sexo y estado matrimonial y, por el otro, la variation del rendimiento profesional
del diploma según sexo y estado matrimonial. El acceso a la posición de cuadro superior es más
importante para los hombres casados (un 9,8 %) y las mujeres solteras (un 7,5 %) que para los solteros
(un 3 %) y las casadas (un 2,8 %). Este acceso desigual se situa a nivel escolar équivalente. Entre, los
activos ocupados que cursaron estudios superiores cortos, los hombres casados tienen una vez y
media más oportunidades que los solteros y las solteras très veces más oportunidades que las casadas
de llegar a cuadros superiores. Las ventajas para los varones y las desventajas para las mujeres,
vinculadas con la vida doméstica, aparecen cuanto más importantes que el nivel de diploma es menos
elevado.
SOCIÉTÉ
Mariage,
et
dot
position
scolaire
sociale
par François
Le fait d'être marié ou d'être célibataire n'est indé
pendant
ni du diplôme que l'on possède, ni de la
position sociale que l'on occupe. Dans la société
française, les paysans sont plus souvent célibataires,
les cadres sont plus souvent mariés. En revanche,
chez les femmes, c'est parmi les cadres que le célibat
est le plus fréquent.
En outre, la liaison entre état matrimonial et ren
dement
des études est étroite- Mesurée par la pro
babilité
d'être cadre avec un diplôme donné, la ren
tabilité
des études est la plus élevée pour les hommes
mariés, la plus faible pour les femmes mariées. De
ce point de vue, on pourrait dire, pour faire image,
que se marier est un avantage pour les hommes et
un handicap pour les femmes.
Ces différents éléments, présentés et interprétés dans
l'article, enrichissent l'analyse du lien entre études
et position sociale, comme ils renseignent sur le
fonctionnement et la pluralité de l'institution domest
ique.
de
Singly*
sion, en effet, en précise le contenu et le sens social : par
exemple 4 % des ingénieurs et 47 % des professeurs sont
des femmes. L'accès aux différentes catégories sociopro
fessionnelles
est très variable suivant le sexe; certains
auteurs estiment même qu'il y a tendanciellement deux
marchés du travail, l'un pour les hommes, l'autre pour les
femmes.
Le marché du travail
et l'institution familiale
Si tenir compte du sexe des individus constitue, dans
l'ordre de la connaissance, un progrès par rapport à l'omis
sionantérieure, cela comporte néanmoins un danger, celui
de proposer une explication tautologique : les différences
sexuelles renvoient au sexe des individus. Une fois consta
tée
l'inégalité des chances d'accès à telle profession ou la
relégation dans telle autre selon le sexe, on risque en effet
d'en conclure à une discrimination explicite sur le marché
du travail en fonction du sexe. Le propos de cet article est
de montrer que pour rendre compte de la différenciation
sexuelle sur le marché du travail — considérée sous deux
aspects, d'abord l'accès aux professions, puis le rendement
professionnel du diplôme — il est nécessaire d'introduire
dans l'analyse un autre élément, le rapport à l'institution
En France comme aux États-Unis, la division du travail
entre spécialistes a été telle que longtemps certains étu matrimoniale. On estime que c'est par le mariage, saisi
sous les aspects de la sélection matrimoniale et du foncdiaient
le marché du travail et d'autres le fonctionnement
des unités familiales. Les premiers centraient le plus fr
équemment
leur attention sur les hommes et les seconds
n'interrogeaient que des femmes. Le développement du
travail féminin, le mouvement social de « libération des
* François de Singly enseigne la sociologie . à l'Université
femmes » ont contribué à rendre caduque cette séparation, de Nantes.
et à la prise en compte des femmes dans les études sur la
Les nombres entre crochets, [], renvoient à la bibliographie
stratification sociale. Le taux de féminisation d'une
en fin d'article.
2 677003 P 84
tionnement domestique, que le destin professionnel des
hommes et des femmes se différencie fortement 1.
L'institution domestique n'a pas le même sens pour les
hommes et pour les femmes. Cette proposition, démontrée
par Durkheim dans son ouvrage Le Suicide, a été oubliée
trop longtemps. Seule pourtant, elle permet de préciser
certaines des médiations par lesquelles la variable « sexe »
a des effets dans l'univers social. Si cette variable semble
les engendrer c'est parce que les hommes et les femmes,
en majorité mariés, ne subissent pas de ce fait les mêmes
contraintes. C'est pourquoi il apparaît nécessaire pour
l'étude des carrières professionnelles, non seulement de
distinguer les hommes et les femmes, mais aussi les hommes
célibataires et les hommes mariés, les femmes célibataires „
et les femmes mariées. S'il est vrai que le mariage n'a pas
la même signification sociale pour les hommes et pour les
femmes, la comparaison de ces deux catégories, différen
ciéesselon l'état matrimonial, doit faire apparaître des
variations dans les destinées professionnelles non seulement
en fonction du sexe mais également en fonction du statut
matrimonial 2.
riance des structures socioprofessionnelles selon l'apparte
nance
ou la non-appartenance à l'institution matrimoniale
devrait être observée. Si la probabilité d'être marié était
indépendante de la position professionnelle, la réparti
tionsocioprofessionnelle des femmes célibataires devrait
être identique à celle des femmes mariées, tout comme la
répartition des hommes célibataires devrait être identique
à celle des hommes mariés.
Sélection matrimoniale
et fonctionnement domestique
Or l'introduction du critère « célibat ou mariage » dément
ces hypothèses (tableau 1). Après 34 ans, les hommes qui
sont restés célibataires ne sont pas établis dans les mêmes
professions que ceux qui ont contracté mariage. En parti
culier, les hommes mariés sont moins nombreux à exercer
une profession agricole que les célibataires [4]. Cette exclu
sion des agriculteurs du mariage résulte notamment des
contraintes du métier pour le conjoint et donc de la désaf
Un homme célibataire et un homme marié, une femme
célibataire et une femme mariée ont-ils des chances iden fection des femmes pour une telle alliance.
tiques d'occuper telle ou telle position professionnelle?
Dans l'univers du salariat une autre association entre
Un homme célibataire et un homme marié de même niveau
marché du travail et marché du mariage se manifeste; les
scolaire, une femme célibataire et une femme mariée de
hommes mariés occupent plus souvent des positions
même niveau scolaire ont-ils des chances identiques d'occumoyennes et supérieures que les célibataires et sont moins
cuper telle ou telle position professionnelle?
fréquemment ouvriers, en particulier manœuvres.
Le statut social d'un individu — repéré par sa catégorie
Pour répondre à ces deux questions sur l'interaction entre
socioprofessionnelle
— s'entrelace avec son destin matri
les marchés du travail et du mariage selon le sexe et le
monial.
Le
mariage
contemporain, mariage d'amour pour
diplôme, on dispose de l'enquête sur la formation et la
qualification professionnelle de 1970 dite enquête FQP [16]. les historiens, peut être interprété pour les hommes comme
un privilège puisqu'il est plus fréquent parmi ceux qui
On a sélectionné dans l'échantillon interrogé l'ensemble
des individus ayant entre 35 et 52 ans. La limite inférieure sont les plus « favorisés » selon le critère de la hiérarchie
socioprofessionnelle (tableau 2). Le taux de célibat progresse
a été retenue pour que la majorité des individus > qui se
en effet de 3 % pour les cadres supérieurs à 5 % pour les
marient le soient : en effet le taux de célibat à l'âge de
cadres moyens, à 8 % pour les employés et à près de 9 %
35 ans diffère peu du taux observé pour les 40-49 ans
pour
les ouvriers (plus précisément 7 % pour les ouvriers
(tranche d'âge considérée comme celle du « célibat défi
qualifiés,
9 % pour les ouvriers spécialisés et 18 % pour
nitif » [1]). On évite ainsi, par le choix de la classe des 35les
manœuvres).
52 ans, que la comparaison entre célibataires et mariés ne
se superpose à une comparaison selon l'âge. Dans cet
La variation des taux de célibat masculin par catégorie
ensemble, on a retenu les individus actifs occupés des deux
socioprofessionnelle ne renvoie pas uniquement à cette
sexes. Après redressements et extrapolation, les données
double dimension : métier agricole et position hiérarchique.
représentent 5 287 000 hommes et 2 914 000 femmes. La
sélection des individus actifs s'effectue différemment sui
vant le sexe, l'état matrimonial et le diplôme. Les individus
de 35-52 ans interrogés par l'enquête FQP étaient actifs
à 98 % pour les hommes, à 82 % pour les femmes cél
ibataires
et à 48 % pour les femmes mariées. L'objet de cette
1. Même la part du destin professionnel qui dépend des
étude n'est pas d'expliquer les raisons de l'engagement formes
de la scolarisation renvoie à l'institution domestique
professionnel des femmes mariées [2; 3], mais il importe par la médiation,
par exemple, des stratégies éducatives diffé
de connaître la part que représente le . groupe des actifs
renciées
selon le sexe des enfants.
dans l'ensemble des individus en fonction des critères de
2. On remarquera que le développement récent de la cohabi
l'étude. Le taux d'activité des femmes mariées le plus
tation
[i5] rendra, si celle-ci devient non plus un état transitoire
proche, à la fois, du taux d'activité des femmes célibataires
mais un état permanent, les études plus complexes avec le risque
et du taux des hommes mariés est observé au niveau de
de classer les « cohabitants » avec les célibataires. Étant donné
diplôme le plus élevé.
Vâge des individus de l'échantillon utilisé ici, la cohabitation
est rare et ce risque est limité. D'autre part on ne soulèvera pas
Si l'accès au mariage et l'accès au marché du travail
dans cet article le problème du veuvage, du divorce, du remariage,
obéissaient à deux logiques entièrement autonomes,
et de leurs effets par rapport à la carrière professionnelle.-
Tableau 1
Structure socioprofessionnelle des hommes et des femmes selon qu'ils sont célibataires ou mariés *
Catégories socioprofessionnelles
Célibataires
0.1
3,8
0,6
3,0
,
Agriculteurs exploitants
Salariés agricoles
Industriels
Artisans
Gros commerçants
Petits commerçants
Patrons de l'industrie et du commerce
0,5
0.5
0,2
1,7
Instituteurs
Services médicaux et sociaux
Techniciens
Cadres administratifs moyens
Cadres moyens
1.7
0
2,0
1,8
,
,
,
5,9
0.6
1.4
13.2
14,0
11,5
,
Contremaîtres
Ouvriers qualifiés
Ouvriers spécialisés
Manœuvres
Ouvriers
,
Professions libérales
Professeurs
Ingénieurs
Cadres administratifs supérieurs
Cadres supérieurs
Employés bureau
Employés commerce
Employés
Femmes
Hommes
Gens de maison
Femmes de ménage
Autres personnes de service
Personnels de service
0
0
1.2
Divers
Ensemble
22,7
9,4
7.6
3,0
5,4
6,4
41,4
1.2
Mariés
0,8
4,3
1.6
4,1
1,1
0.9
2,1
5,7
1,3
0,3
4.9
4.4
5,7
1,7
4,8
17,4
14,0
5,0
0
0
1,4
Célibataires
10,8
2,3
10,8
9,8
11,0
7,5
43,0
1.4
0,1
1,1
0,2
3,0
0,5
3,8
0,2
3,0
2,7
4,2
0,7
12,7
20,6
5,4
1.0
2,9
6,8
7,8
1,7
6.3
7,3
5,4
2,3
4,3
7,5
20,3
26
18.6
15.3
Mariées
0
1,8
0,6
13.5
19,6
0.7
15,9
0.4
1,2
0
1,2
4,1
1,7
0,4
4,8
15,8
3,4
0.4
3,0
8.0
6.8
1,7
4,7
6,0
2,8
11.0
19,2
18,3
12,4
2,9
3.4
0.4
0,2
100,0
100,0
100,0
100,0
* Divorcés et veufs exclus.
Source : Enquête FQP de 1970. INSEE.
Champ ; Actifs occupés de 35 à 52 ans.
SOCIÉTÉ
3.
L'hétérogénéité de la structure sociale des femmes selon
leur état matrimonial se voit également avec netteté. Que
l'on rapproche la distribution socioprofessionnelle des
mariées et des célibataires ou que l'on compare des taux de
célibat par catégorie sociale, deux grandes conclusions se
dégagent. Tout d'abord, certaines professions semblent
inaccessibles aux femmes qui n'ont pas contracté mariage :
3 % des femmes ayant le statut d'indépendantes contre
14 % des autres femmes actives sont célibataires. Outre
ce clivage, la seconde caractéristique de la différenciation
socioprofessionnelle des femmes réside dans la relation
entre position hiérarchique et accès au mariage : le céli
bat féminin est d'autant plus important que la position est
élevée. Le taux de célibat progresse des ouvrières (10 %)
aux employées (14 %), cadres moyens (18 %) et cadres
supérieurs (24 %). Chez les femmes, se marier est donc
moins fréquemment associé avec le fait d'occuper une posi
tion de cadre qu'avec le fait d'être ouvrière. Dans le cas
particulier des femmes professeurs, où les « avantages »
du métier — en particulier les vacances scolaires — sont
souvent mis en avant pour expliquer le taux de féminisation,
on constate que le célibat est assez fréquent : le poids des
professeurs parmi les femmes célibataires est plus important
que le poids des professeurs parmi les femmes mariées.
Aux postes de cadres :
les hommes mariés
et les femmes célibataires
En comparant selon les sexes les relations entre accès
au marché du travail et accès au marché du mariage, on
remarque que certaines sont divergentes. En particulier,
sont salariés et occupent des postes élevés, les femmes
célibataires plus que les femmes mariées, les hommes mariés
plus que les célibataires.
La révision d'un constat global sur la différenciation
sexuelle sur le marché du travail est donc nécessaire. Ainsi,
le fait que les femmes aient un moindre accès à la position
de cadre et en particulier de cadre supérieur que les hommes
— puisque dans cet échantillon 3 % des femmes actives
occupées sont cadres supérieurs contre 9 % des hommes
actifs occupés — masque un très fort contraste selon le
destin matrimonial : les femmes célibataires s'approprient
de meilleures positions professionnelles que les hommes
célibataires, les femmes mariées de moins bonnes positions
que les hommes mariés. Près de 28 % des femmes cél
ibataires
sont cadres moyens ou supérieurs contre 8 % des
10
Tableau 2
Le taux de célibat des hommes et des femmes
selon la catégorie socioprofessionnelle
En %
Taux
de
célibat
HOMMES
9,0
Ensemble.
dont :
Professions
agricoles
Autres
professions
Salariés agricoles
Agriculteurs exploitants
.
A l'intérieur de chaque catégorie sociale aussi, s'observe
la diversité de l'ampleur du célibat : ainsi parmi les « cadres
supérieurs », 1 % des ingénieurs et 5 % des professeurs
sont célibataires, parmi les « cadres moyens », 4 % des
techniciens et 11 % des instituteurs sont célibataires.
L'exercice du métier d'enseignant est plus fréquemment
associé chez les hommes au célibat que l'exercice d'une
profession de technicien ou d'ingénieur. Cela traduit-il un
rapport spécifique des enseignants vis-à-vis de l'institution
familiale?
Ouvriers
Employés
Patrons de l'industrie et du commerce.
Cadres moyens
Cadres supérieurs
Ensemble.
Professions
indépendantes
8,6
7,8
6,5
4,6
2,9
%
Taux
de
célibat
FEMMES
dont :
Professions
salariées
27,9
17,3
10,4
Salariés agricoles.
25,2
Cadres supérieurs.
Cadres moyens. . .
Employés
Ouvriers
24,0
18,0
13,7
9,6
Agriculteurs exploitants
Patrons de l'industrie et du commerce.
3,3
3,2
Source : Enquête FQP de 1970, INSEE.
Champ : Actifs occupés de 35 à 52 ans.
hommes célibataires; 14 % des femmes mariées sont cadres
contre 21 % des hommes mariés. En classant les hommes et
les femmes en fonction de leur probabilité d'accès aux
postes de cadres (moyens et supérieurs), on obtient l'ordre
suivant : femmes célibataires, hommes mariés, femmes
mariées et hommes célibataires. En ne considérant que la
probabilité d'occuper un poste de cadre supérieur, les
hommes mariés devancent alors les femmes célibataires
(respectivement 9,8 % et 7,5 %), les hommes célibataires
et les femmes mariées ayant une , probabilité plus faible
(respectivement 3,0 % et 2,8 %).
Destin matrimonial et destin professionnel s'unissent
donc de manière opposée chez les hommes et chez les
femmes. Sans préjuger d'un schéma causal qui attribuerait
aux effets du mariage cette inégalité professionnelle ou au
contraire aux effets de l'appartenance professionnelle l'iné
galité des chances de se marier, il est certain que les deux
phénomènes sont très fortement liés. Deux remarques per
mettront
de mieux comprendre l'inversion de la relation
entre état matrimonial et occupation d'un poste de cadre
supérieur entre les hommes et les femmes.
La première remarque concerne le mariage comme
« norme sociale ». Les deux propositions — les femmes cél
ibataires
appartiennent davantage au groupe des cadres
supérieurs que les femmes mariées, les hommes mariés
davantage que les hommes célibataires — ne peuvent être
tenues pour équivalentes. En effet, pour la génération concer
née
par l'enquête, le mariage constitue la norme sociale :
90 % des femmes et 81 % des hommes de 35 à 52 ans
sont mariés. C'est par rapport à ce fait social du mariage,
forme dominante de l'organisation de la vie privée, que les
deux propositions précédentes doivent être interprétées. Ce
sont les hommes mariés, majorité du groupe masculin, qui
ont le plus de chance d'être cadres supérieurs alors que > ce
sont les femmes célibataires, minorité du groupe féminin,
qui disposent des chances professionnelles les plus fortes.
La forme « normale » de la vie privée est plus fréquemment
associée chez les hommes et moins fréquemment chez les
femmes à une position élevée dans la hiérarchie profes
sionnelle.
Mariage et ascension sociale
La théorie de l'appropriation maritale de la force de tra
vail de l'épouse, selon laquelle le coût du mariage est assumé
par les femmes et le bénéfice par les hommes, rend égal
ement compte de cette relation [7; 8]. En effet, les femmes
qui, par leur existence professionnelle disposent de ressources
économiques importantes, peuvent choisir de ne pas se
marier, et inversement les hommes qui disposent de faibles
ressources se marient plus difficilement, n'offrant qu'une
petite contrepartie aux services demandés à leurs épouses
éventuelles. Le célibat féminin — c'est-à-dire notamment
pour une femme la non-prise en charge des travaux domest
iques relatifs à la vie conjugale et familiale — constitue
l'expression d'un luxe possible; le célibat masculin —
c'est-à-dire pour un homme l'impossibilité d'avoir recours
aux services domestiques, non salariés, d'une femme —
l'expression d'une pauvreté sociale. Toutes les enquêtes
sur les budgets-temps établissent que les contraintes du
fonctionnement domestique sont inégales pour les
conjoints [9]. Cette inégalité a un double effet : d'une part
contribuer à dévaloriser auprès d'une partie des femmes
l'institution du mariage 4, d'autre part limiter objectiv
ement
les possibilités de carrière professionnelle pour les
femmes mariées chargées du travail domestique. Les
résultats d'une enquête américaine s'intègrent dans cette
seconde perspective [10]. En comparant le niveau profes
sionnel des hommes, des femmes célibataires, des femmes
mariées sans enfant, des femmes mariées avec un ou deux
enfants, des femmes mariées avec trois enfants ou plus en
début de carrière et cinq ans après, les auteurs ont constaté
que le prestige professionnel s'élève fortement pour les
hommes, plus faiblement pour les femmes célibataires et
les femmes mariées sans enfant, et diminue pour les femmes
mariées et avec des charges familiales. Ainsi, la différence
entre hommes et femmes ne provient pas d'un effet « en
soi » de la variable « sexe », mais résulte pour une bonne
part des effets divergents de l'institution domestique selon
le sexe.
La secondé remarque concerne la sélection matrimoniale
et son rôle dans les processus de mobilité sociale. Des socio
logues estiment que le mariage des femmes s'opère, tendanciellement, « de bas en haut » 3, c'est-à-dire qu'il se solde
par une mobilité ascendante pour les femmes [5; 6]. Les
femmes essaient de contracter un mariage qui leur per Le mariage,
mette une ascension sociale parce qu'elles ont moins de
privilège ou handicap ?
chances, étant donnée la division traditionnelle du travail
entre les sexes, de réaliser une ascension par le biais de
Pour affiner l'analyse de la relation entre les deux marchés,
leur activité professionnelle. A cette division traditionnelle
il
convient de distinguer deux facteurs qui sont dans la
correspondraient donc deux formes de la mobilité sociale,
réalité
indissociables par le jeu des anticipations et des
les femmes l'effectuant plutôt sur le marché du mariage,
représentations
: la sélection matrimoniale et le fonctio
les hommes plutôt sur le marché du travail. Dans le cadre
nnement domestique. On pourrait très bien concevoir que
d'une telle explication, l'inversion des taux de célibat selon
les différences constatées entre les structures socioprofes
les sexes et la hiérarchie socioprofessionnelle devient
compréhensible. Moins les hommes ont des positions sociales sionnellesne dépendissent que du processus de sélection
élevées (et les avantages sociaux afférents), moins ils risquent matrimoniale (quelle que soit la forme sous laquelle celle-ci
d'être sélectionnés sur le marché du mariage, les choisir
impliquant pour les femmes un mariage sans ascension.
Plus les femmes ont des positions sociales élevées et moins
elles risquent de trouver des hommes leur assurant cette
mobilité ascendante par le mariage. Accès au mariage et
3. Pour des données sur la mobilité féminine par le mariage
accès à une position élevée dans la hiérarchie professionnelle
en France, voir [11] et [17].
apparaissent compatibles pour les hommes et relativement
4. Soit l'institution du mariage, soit au moins les mariages
incompatibles pour les femmes. Le mariage n'ayant pas le les plus « coûteux » c'est-à-dire ceux qui exigent de la femme
même sens pour les uns et les autres, la relation entre les non seulement le travail domestique mais aussi la participation
deux marchés s'inverse.
au travail professionnel de l'homme.
SOCIÉTÉ 11
. Le fait que les hommes mariés et les femmes célibataires
soient davantage cadres que les hommes célibataires et les
femmes mariées ne résulte-t-il alors que d'une sélection
différentielle sur le marché du mariage? Si cela était vrai,
l'évolution professionnelle devrait être la même pour toutes
les femmes mariées quel que soit le niveau de leurs charges
familiales. Or les résultats donnés plus haut montrent le
contraire [10]. La sélection sur le marché du mariage ne
constitue pas la seule variable influente : les contraintes
liées à la vie conjugale et familiale doivent également être
considérées. C'est pour cela que le niveau de diplôme est
introduit dans l'analyse. En maintenant constant ce niveau,
on met provisoirement entre parenthèses la sélection matri
moniale (c'est-à-dire la variation de l'accès au mariage selon
le sexe et le diplôme) et on peut répondre à ces deux ques
tions : deux individus de même sexe, de même niveau sco
laire mais de statut matrimonial différent occupent-ils le
même niveau professionnel? Le fait d'être marié constituet-il un handicap ou un avantage pour la carrière profession
nelle?
Il faut comparer, à niveau scolaire équivalent, la
structure socioprofessionnelle des femmes mariées à celle
des femmes célibataires, la structure socioprofessionnelle
des hommes mariés à celles des hommes célibataires.
La valeur du diplôme
sur le marché du travail
Le diplôme confère à son détenteur une valeur qui dépend
non seulement de l'état du marché sur lequel il est placé
mais également des caractéristiques sociales de son proprié
taire[11]. Deux individus ayant le même diplôme mais
d'origine sociale différente obtiennent des salaires inégaux.
Les titulaires d'un CAP fils de paysans n'ont-ils pas une
rémunération moins élevée que celle des titulaires du
même diplôme fils d'ouvriers? Les travaux de sociologie
de l'éducation et de la mobilité sociale ont montré égal
ement que le rendement professionnel du diplôme est diffé
rent pour les femmes et pour les hommes : la conversion
des diplômes en revenus monétaires et en statuts sociopro12
fessionnels est moins favorable pour les premières que pour
les seconds [6].
Cette différence globale entre le rendement des diplômes
sur le marché du travail résulte-t-elle seulement des effets
de l'identité sexuelle engendrés par une socialisation diffé
rente des hommes et des femmes (éducation, images de la
répartition traditionnelle des rôles, etc.) et par une discr
imination
au moment du placement professionnel [12; 13] ?
Ne traduit-elle pas également les effets de l'appartenance
matrimoniale, effets eux-mêmes divergents selon les sexes?
Si, dotés d'un même diplôme, les hommes et les femmes
n'en obtiennent pas le même rendement, n'est-ce pas, en
particulier, parce que le mariage produit des conséquences
différentes pour les deux conjoints? L'étude du rendement
professionnel du diplôme doit inclure le statut matrimonial,
renvoyant à une théorie de l'institution domestique selon
laquelle l'entrée dans le mariage opère des transformations
dans les intérêts et les contraintes des membres du groupe
conjugal 5. Le mariage marque si fortement les individus
(et les images que ces individus ont sur le marché du tra
vail) que le rendement professionnel des richesses scolaires
détenues par les époux en est affecté.
La comparaison de la relation entre titre scolaire et
catégorie socioprofessionnelle selon le sexe et l'état matri
monial des individus permet d'apprécier les effets du
mariage. L'échantillon est le même que précédemment,
les personnes actives occupées de 35 à 52 ans. On tient
compte d'une variable supplémentaire, le montant de la
dot scolaire, lequel est approché par le diplôme le plus élevé
obtenu. Un code en six niveaux distingue les individus
sans diplôme, ceux qui ont le seul certificat d'études pri
maires,
ceux qui possèdent le certificat d'aptitude profes
sionnelle ou le BEPC, les bacheliers, ceux qui ont un diplôme
supérieur au baccalauréat nécessitant une ou deux années
d'études supérieures, ceux enfin qui ont un diplôme supé
rieur au baccalauréat nécessitant au moins trois années
d'études supérieures.
On peut alors saisir les effets de la vie conjugale indépe
ndamment des effets liés à la sélection matrimoniale (par la
comparaison des hommes et des femmes célibataires et
mariés à niveau scolaire équivalent), et approcher la varia
tiondes effets de la vie conjugale selon le niveau de diplôme.
En effet, l'appartenance à un groupe conjugal n'engendre
pas nécessairement les mêmes phénomènes quel que soit
le montant des richesses scolaires des conjoints. Le crois
ement des variables sexe, état matrimonial, diplôme et caté
gorie socioprofessionnelle, en saisissant certaines consé
quences du mariage, permet de mieux connaître l'institu
tion
matrimoniale. A la limite, si les effets du mariage
varient non seulement entre hommes et femmes, mais pour
un sexe entre les niveaux de diplôme, on sera en droit de
conclure à une pluralité de l'institution domestique au-delà
•
est vécue par les individus). En effet, si les femmes céliba
taires de plus de trente-quatre ans occupent de meilleures
positions que les femmes mariées, elles ont également de
meilleurs diplômes : 17 % parmi les premières et 9 %
parmi les secondes ont au moins le baccalauréat. Il en est
de même pour les hommes : si les hommes mariés accèdent
à des positions supérieures à celles des hommes célibataires,
ils possèdent aussi plus fréquemment un diplôme : 54 %
des seconds et 36 % des premiers n'en ont aucun. Quand
on classe les quatre groupes en fonction du poids de ceux
qui ont au moins le baccalauréat, on obtient la hiérarchie
suivante : femmes célibataires (17 %), hommes mariés
(11 %), femmes mariées (9 %) et hommes célibataires
(7 %). Si, quels que soient le sexe et l'état matrimonial,
le rendement du diplôme était le même sur le marché du
travail, on obtiendrait une différenciation des * structures
socioprofessionnelles selon le sexe et l'état matrimonial
provoquée par l'accès inégal au mariage selon le diplôme
et le sexe.
5. Cette partie reprend certains éléments d'une communicat
ion
faite au séminaire sur les tendances de la recherche dans
le domaine de la stratification et de la mobilité sociale en
avril 1981 à l'Association internationale de Sociologie.
des apparences de la similitude juridique. C'est la catégorie
socioprofessionnelle qui a été choisie comme indicateur du
rendement professionnel du diplôme; pour compléter
l'analyse des coûts et des bénéfices professionnels du mar
iage, il serait nécessaire de prendre ultérieurement l'indi
cateur « salaire ».
Le rendement du diplôme
Les variations dans les positions professionnelles des
individus en fonction de leur sexe, de leur état matrimonial
et de leur diplôme sont sensibles (tableau 3).
Selon un indice simple — la somme des différences abso
lues entre deux structures socioprofessionnelles terme à
terme — les oppositions entre les destins professionnels
des hommes célibataires et ceux des hommes mariés atte
ignent le même niveau que les oppositions entre les destins
professionnels des femmes célibataires et ceux des femmes
mariées. Les divergences quant au rendement professionnel
du diplôme selon leur état matrimonial ont la même ampleur,
tous diplômes confondus, chez les hommes et chez les
femmes.
Cette ressemblance masque une opposition importante.
Alors que les structures socioprofessionnelles des hommes
mariés et des hommes célibataires les moins dissemblables
sont celles qui correspondent au niveau CAP et CEP,
pour les femmes au contraire c'est à ce niveau que la dif
férenciation
professionnelle entre célibataires et mariées est
la plus grande. La variable « état matrimonial » introduit,'
semble-t-il, de plus fortes différences entre les hommes
quand ils ont poursuivi des études supérieurs courtes et
entre les femmes quand elles les ont au contraire arrêtées
à la fin du primaire. La disparité provoquée par le mariage
n'est pas uniforme, elle varie en fonction du niveau sco
laire et du sexe des individus.
Quel est le destin professionnel des individus sans diplôme ?
44 % des hommes célibataires et 20 % des hommes
mariés, 20 % des femmes célibataires et 30 % des femmes
mariées sont agriculteurs. Les hommes mariés, sans diplôme,
sont par contre plus souvent ouvriers (61 % contre 45 %)
et les femmes célibataires plus souvent personnels de ser
vice (31 % contre 19 %). Si les classes populaires compren
nent
l'ensemble des ouvriers, personnels de service et la
majorité des agriculteurs, on perçoit que la structure interne
de ces classes diverge nettement selon le sexe et l'état matri
monial : la production agricole pour les hommes célibataires
et les femmes mariées, la production industrielle pour les
hommes mariés, le service et l'entretien pour les femmes
célibataires. Cette relation entre mariage et place dans la
production pour les individus sans diplôme renvoie aussi
à leurs origines sociales. La majorité des hommes céliba
taires et paysans et des femmes mariées agricultrices sont
originaires de familles paysannes.
Enfin, la probabilité d'être employé augmente chez les
hommes célibataires avec le diplôme : 4 % pour ceux
sans diplôme, 9 % pour ceux qui ont le CEP, 11 % pour
ceux qui ont le CAP et 19 % pour les bacheliers. Cette
progression ne se retrouve ni chez les hommes mariés —
la probabilité la plus forte d'être employé se rencontre
chez ceux qui ont le CEP — ni chez les femmes mariées
ou célibataires — la probabilité la plus forte se rencontre
chez celles qui ont le CAP. Pour l'accès à la catégorie des
employés, l'écart le plus grand s'observe entre les hommes
célibataires et les hommes mariés au niveau du baccalauréat,
entre les femmes célibataires et les femmes mariées au
niveau dû CEP, entre les hommes et les femmes célibataires
ou entre les hommes et les femmes mariées au niveau du
CAP.
Mariage et prix d'accès
au poste de cadre
A partir d'éléments théoriques et empiriques sur l'inst
itution familiale, on peut énoncer quatre hypothèses sur les
suites du mariage, susceptibles d'être observées sur le mar
ché du travail.
En premier lieu, les hommes mariés auront un meilleur
rendement de leur diplôme que les hommes célibataires.
On prévoit que le rendement professionnel de la dot sco
laire des hommes mariés dépasse celui des hommes céli
bataires,
dans la mesure où les premiers bénéficient d'une
décharge des travaux d'entretien par l'appropriation de la
force de travail de leurs épouses.
Ensuite les femmes célibataires auront un meilleur rende
ment de leur diplôme que les femmes mariées, ceci parce
que ces dernières doivent assumer les travaux domestiques
d'entretien et d'éducation [14], fréquemment interrompre
leurs activités professionnelles et donc accorder une moindre
importance à leur carrière professionnelle.
Troisième hypothèse, les hommes mariés auront un meil
leur rendement de leur diplôme que les femmes mariées.
Cette troisième hypothèse se déduit de la première et de la
seconde, le mariage ayant des effets inverses selon le sexe
des conjoints. Les maris tirent plus de bénéfices de leur
épouses du mariage, tout au moins dans le domaine profes
sionnel. Dans le groupe conjugal « traditionnel », les attentes
de la femme vis-à-vis de la réussite professionnelle de son
mari sont plus élevées que les attentes professsionnelles
de l'époux vis-à-vis de la réussite professionnelle de sa
femme.
Enfin, les hommes célibataires auront un meilleur ren
dement
de leur diplôme que les femmes célibataires. Cette
dernière hypothèse s'appuie sur l'argumentation selon
laquelle les femmes ont, indépendamment du mariage, un
handicap professionnel. La discrimination sexuelle atteint
l'ensemble des femmes, même celles qui ne sont pas mariées.
De ces quatre hypothèses, on attend donc un rendement
décroissant des richesses scolaires sur le marché du travail
en passant successivement des hommes mariés aux hommes
célibataires, puis aux femmes célibataires et enfin aux femmes
mariées.
Les probabilités de devenir cadre supérieur pour les
actifs occupés ayant au moins le baccalauréat, et les probab
ilités de devenir cadre moyen ou supérieur pour ceux qui
ont un diplôme inférieur au baccalauréat confirment dans
SOCIÉTÉ
la
Tableau 3
La structure socioprofessionnelle selon le sexe, le diplôme et Vétat matrimonial
En%
teurs
0
2,5
79,2
90.0
20,8
6,3
0
0
0
11,7
83.4
79,0
16.6
9,3
Baccalauréat + deux ans
Hommes :
Célibataires
Mariés
Femmes :
Célibataires
Mariées
27.8
0
0
9.0
28,8
43,1
43,4
44,8
0
0
0
8,9
21,0
6,3
Baccalauréat
Hommes :
Célibataires
Mariés
Femmes :
Célibataires
Mariées
2.3
2.9
29.4
100.0
100,0
0
0
100,0
100,0
0
1,0
0
2,1
100,0
100,0
70,3
83,5
8,7
0
0
1,3
100,0
100,0-
16.5
32.0
40,0
32,0
19,4
7,3
11.0
12,0
0
0,3
3,9
2,7
100,0
100,0
0
9,6
7,9
8,8
64,7
60,5
23,0
13,6
4,4
1,4
0
4,4
0
0
100,0
100,0
7,8
2.7
Agricul
0
4.1
14.5
12.8
5,5
10.0
15,0
21,3
10,8
7,7
43,2
40,3
0
1,1
3,2
4,1
100.0
100,0
2.8
19.1
3.2
3.7
38,6
21,7
42,2
37,7
6,8
6,7
5,3
6,1
1,1
0,9
100,0
100,0
25,1
15.1
11,8
14,3
1,2
4,0
3,6
10,2
9,3
11,8
45,1
37,6
2,9
1.4
1,0
5,6
100,0
100,0
4,8
23.0
8.0
19,2
2,6
0,5
10,4
4,5
35,1
22,3
25,1
19,3
14,0
11,2
0
0
100.0
100,0
44,3
19,6
4,9
7.5
0
1,5
0,7
2,9
3,6
4,0
44,6
61,5
0,7
1,8
1,2
1,2
100.0
100,0
19,4
3,7
12,4
3,0
0,2
1,8
1.4
13,1
9.9
27.6
27,3
30,8
19,4
0.6
0
100,0
100,0
0
1.7
:.
Source : Enquête FQP de 1970, INSEE.
Champ : Actifs occupés de 35 à 52 ans.
6.9
10.8
Commerç
0
0,1
0
0.5
0
0,3
.
0
0,3
, ,
0 '
0
Personnel Autres Ensemble
Employés Ouvriers
de service sions
,
Baccalauréat + trois ans
Hommes :
Célibataires
Mariés
Femmes :
Célibataires
Mariées
CAP
Hommes :
Célibataires
Mariés
Femmes
:
Mariées
Célibataires
Mariées
CEP
Hommes :
Célibataires
Mariés
Femmes :
Célibataires
Mariées
Sans diplôme
Hommes :
Célibataires
Mariés
Femmes :
Célibataires
14
Cadres
supé
Cadres
ants Profes
rieurs
artisans sions moyens
libérales
Tableau 4
Probabilité de devenir cadre .
(moyen ou supérieur), en fonction du diplôme,
du sexe et de Vétat matrimonial...
...pour les personnes n'ayant pas le baccalauréat
Probabilité de devenir cadre
avec :
Sans
CAP
CEP diplôme
Hommes célibataires
Hommes mariés
Femmes célibataires.
Femmes mariées
20,5
31,3^
41,8
25,4
4,8
14,2
13,0
5,0
0,7
4,4
4,8
1.6
Probabilité de devenir cadre
supérieur avec :
Bac + 3 Bac + 2
79,2
90,0
83,4
79,0
28,8
6,3
43,1
21.0
lauréat
Bacca
16,6
32,0
7.9
8,8
Source : Enquête FQP de 1970. INSEE,
Champ : Actifs occupés de 35 à 52 ans.
l'ensemble les hypothèses précédemment énoncées
(tableau 4). En effet, sur les vingt-quatre prévisions (quatre
hypothèses spécifiées selon six niveaux scolaires), dix-neuf
sont validées. La répartition des infirmatîons est inégale
selon les hypothèses. Le fait que les hommes mariés aient
un meilleur rendement que les hommes célibataires, et le
fait que les hommes mariés aient un meilleur rendement
que les femmes mariées sont vérifiées pour tous les niveaux
de diplôme. Le fait que les femmes mariées aient un moindre
rendement que les femmes célibataires reçoit un démenti
et cinq confirmations. En revanche, le fait que les hommes
célibataires aient un meilleur rendement que les femmes
célibataires est inexact puisque pour quatre niveaux de
diplôme sur six on observe l'inverse. Donc, si l'on considère
le critère de l'accès au poste de cadre (moyen ou supérieur),
le seul fait d'être une femme ne semble pas constituer un
handicap décisif. Les femmes qui n'ont pas contracté mariage
obtiennent de leur diplôme un rendement professionnel
plutôt supérieur à celui obtenu par les hommes célibataires.
Ainsi, en ce qui concerne l'accès à un poste de cadre,
le mariage exerce un effet positif pour les hommes et néga2 677003 P 84
démographique
en
1979
par
et Dinh
Nicole
Quang
Guignon
Chi
- Quelle était la population de la France aux 1ers
janvier 1 979 et 1 980 ?
...pour les personnes
ayant au moins le baccalauréat
Hommes célibataires
Hommes mariés
Femmes célibataires
La situation
- Quelles sont les principales caractéristiques de
révolution de la population française ?
- La baisse de la fécondité, observée depuis
1964, s'est-elle poursuivie en 1979 ?
- Comment le nombre de mariages a-t-il évolué
au cours de l'année 1979 ?
- Combien de cas d'interruptions volontaires de
grossesse constate-t-on en France ?
L'ouvrage «La situation démographique en
1979» apporte des éléments de réponse à ces
différentes questions, et à bien d'autres.
Démographes et sociologues trouveront dans ce
rassemblement des données de base des info
rmations
propres à alimenter toute étude future
sur la réalité de la population française.
Les «Collections de l'INSEE », série D «Démog
raphie et emploi » n° 88.
Un volume broché - format 21x29,7 - 84 pages 37 F.
CONSULTATIONS, VENTES :
P 379
Dans les Observations Économiques Régionaux de
l'INSEE (adresses en fin de publication) et chez les librai
resspécialisés.
Institut National de la Statistique et des Études Économiques
SOCIÉTÉ
4
15
Tableau 5
Le rendement monétaire du diplôme de la femme mariée comparé à celui de la femme seule *
'
En francs par an
Femmes mariées salariées vivant
avec leur conjoint,
(Âge moyen)
Femmes seules salariées consti
tuant un ménage d'une seule
(Âge moyen)
Valeur de l'indice 2
Sans
diplôme
CEP
CAP
BEPC
BEPC +
diplôme
technique
Baccalauréat
13.816
(40.2)
16 962
(39.3)
21 660
(33,1)
24 676
(36.8)
25 304
(31,5)
29 974
(35.1)
36 143
(34,5)
20 068
(36.7)
18.482
(52.5)
23 753
(49,8)
30 424
(40.3)
29 603
(45,4) <
33 369
(36.7)
35 630
(36.3)
45 099
(37,5)
27 414
(43,9)
75
71
71
83
76
84
80
73
Études
Ensemble '
supérieures
1. Y compris diplôme non déclaré,
salaire moyen des femmes mariées
1*.. Indice
Ainsi, par exemple, en 1975, les femme ï mariées ayant le baccalauréat ont un
limite ~. saia-ire mOyen des femmes seules *
salaire moyen égal à 84% du salaire moyen des femmes seul es ayant le même diplôme.
* Salaire moyen annuel en i975. Ce tableau est moins probant qu'il y parait de prime abord, notamment parce que les femmes
seules étant en moyenne plus âgées que les femmes mariées (les âges moyens figurent entre parenthèses), les différences de salaires
reflètent pour partie ces différences d'âge moyen, et non les effets du mariage.
Source ; « Données statistiques sur les familles » les Collections de l'INSEE, n° M 86, 1981.
.
tif pour les femmes. Cette conclusion est d'autant moins
contestable que les femmes célibataires ne semblent pas
subir une diminution de leur rendement par rapport aux
hommes célibataires.
L'inégalité des avantages liés au mariage, déduite du re
ndement
du diplôme en termes d'accès aux catégories socio
profes ionnel es,
peut s'observer également avec d'autres
indicateurs, sur d'autres échantillons. Par exemple, en
France, le salaire moyen des épouses salariées est inférieur
au salaire moyen des femmes seules, à niveau de formation
équivalent : en 1975, avec le baccalauréat, le salaire annuel
moyen était de 29 974 F pour les salariées mariées et
35 630 F pour les salariées vivant seules (tableau 5) 6.
L'étude des effets du mariage sur la rentabilité profes
sionnelle
du diplôme, pour être complète, devrait intégrer
d'autres indicateurs que celui des chances d'accès à la posi
tion de cadre. Pour les individus les plus diplômés, il serait
nécessaire de considérer les chances conditionnelles d'accès
aux fractions des classes supérieures. Par exemple, si les
femmes célibataires ayant poursuivi de longues études
supérieures ont plus de chances d'obtenir un poste de cadre
supérieur que les hommes célibataires, elles n'exercent pas
du tout les mêmes professions : 29 % des hommes contre
79 % des femmes célibataires ayant au moins une licence
et qui sont cadres supérieurs sont professeurs; 44 % des
16
premiers et 12 % des secondes sont cadres administratifs.
Pour les individus les moins diplômés, il faudrait préciser
les révélateurs de l'efficacité professionnelle des richesses
scolaires. Avec tel niveau de diplôme, être employé de
bureau ou ouvrier qualifié sont-ils équivalents en référence
au critère du rendement? Peut-on d'ailleurs fournir la même
réponse pour les deux sexes? Pour les ouvriers avec le
CAP, les probabilités d'accès aux fractions supérieures de
la classe ouvrière changent en fonction de l'état matrimonial :
la même chance (de l'ordre des deux tiers) pour les hommes
et les femmes célibataires, une chance plus élevée pour les
hommes mariés (environ quatre cinquièmes) et une chance
plus faible pour les femmes mariées (un tiers).
6. La différence de salaire moyen est importante, le handicap
des épouses salariées étant compris entre 74 %et84% (tableau 5).
Cependant la preuve qu'il s'agit d'un effet du mariage n'est
pas aussi rigoureuse qu'on le souhaiterait. D'une part, parmi
ces femmes seules il n'y a pas que des célibataires; d'autre part,
les femmes mariées sont, en moyenne plus jeunes, que les femmes
seules et la différence de salaire moyen reflète en partie cette
différence d'âge. Aussi ce tableau ne fournit-il qu'une impres
sionqu'il faudrait approfondir.
Surinvestissement professionnel
des hommes mariés
Comment rendre compte de l'inversion des effets de
l'entrée dans le mariage selon le sexe des conjoints? D'une
part, par le sous-investissement professionnel des femmes
mariées repérable par la fréquence des interruptions de la
vie professionnelle, par la moindre quantité d'heures de
travail professionnel; d'autre part, par le surinvestiss
ement
professionnel des hommes mariés. Le fonctionnement
domestique, avec la dévolution plus grande du travail
domestique aux femmes, a son envers fréquemment omis
dans les études sur la famille : l'incitation des époux à
un fort investissement dans le travail professionnel. En
effet, la concurrence entre les groupes familiaux pour le
maintien et l'amélioration de leurs .positions respectives
dans la hiérarchie sociale les contraint à rechercher une
augmentation de leurs ressources monétaires et symboliques,
et oblige les membres chargés traditionnellement de la
fonction d'« approvisionnement monétaire » à tirer le meil
leur parti de leur diplôme sur le marché du travail. Les
maris bénéficient d'une décharge de travail domestique,
mais doivent en contrepartie contribuer au maximum de
leurs possibilités aux revenus du ménage. En rapportant
le temps de travail professionnel des hommes non mariés
à celui des femmes non mariées on obtient l'indice 109;
celui-ci passe à 127 pour les individus mariés et sans enfant
et à 140 pour les individus mariés et avec enfant(s) (tableau 6).
Le temps de travail professionnel des hommes, comparé à
celui des femmes, est donc d'autant plus important que les
individus sont engagés dans une vie conjugale et dans une
vie familiale.
Il faut remarquer que cet accroissement résulte davantage
d'une diminution du temps de travail professionnel des
femmes que d'une augmentation du temps de travail des
hommes. Pour les ménages dont le chef est ouvrier par
Tableau 6
Temps de travail professionnel * selon le sexe,
la situation matrimoniale et familiale
Situations matrimoniale
et familiale
Non marié, sans enfant..
Marié, sans enfant
Marié, avec enfant
* En minutes par jour.
Source ; [14].
Temps
. Indice :
de travail professionnel
temps ,
des hommes
des femmes des hommes temps
actives
actifs . des femmes
377
315
292
410 .'.
400
408
109
127
140
exemple, le temps de travail professionnel moyen des femmes
célibataires est de 372 minutes par jour et celui des femmes
actives mariées et avec charge familiale est de 274 alors que
le temps de travail des actifs non mariés est de 388 et celui
des actifs mariés et avec charge familiale est de 404.
L'inégalité des coûts
et des bénéfices du mariage
Si la vie conjugale se traduit, en termes de rentabilité pro
fes ionnel e
des richesses scolaires, plutôt par un coût pour
les femmes et par un bénéfice pour les hommes, un bilan
détaillé par niveau scolaire doit être établi. L'effet du
mariage sur le rendement professionnel du diplôme n'a
pas la même force quel que soit le montant de la dot sco
laire. Les coûts professionnels liés à l'état de mariage sont
estimés pour les femmes à partir de deux indices : d'une
part, le rapport entre la probabilité de devenir cadre supé
rieur (pour les femmes ayant au moins le baccalauréat) ou
cadre (pour les femmes ayant moins que le baccalauréat)
pour une femme mariée active de niveau scolaire donné et
pour une femme célibataire de même niveau. D'autre part,
le rapport entre la même probabilité pour une femme
mariée active de niveau scolaire donné et pour un homme
marié de même niveau.
Selon ces indices, les femmes mariées subissent une
moindre rentabilité par rapport aux femmes célibataires
surtout pour celles qui, soit n'ont aucun diplôme, soit pos
sèdent
le certificat d'études primaires, soit ont poursuivi
des études supérieures courtes (graphique I). Comparative
ment
aux hommes mariés, les femmes mariées ont une
dévalorisation professionnelle plus prononcée quand elles
ont un niveau moyen ou bas (baccalauréat ou études supérieures
courtes dans le premier groupe, certificat d'études ou aucun
diplôme dans le second). Qu'il soit mesuré par rapport
aux hommes mariés ou par rapport aux femmes célibataires,
le handicap féminin associé au mariage garde la même
amplitude pour les titulaires d'un diplôme inférieur au
baccalauréat. En revanche pour les individus ayant au moins
le baccalauréat, ce handicap est beaucoup plus fort par
rapport aux hommes mariés que par rapport aux femmes
célibataires.
Deux indices construits de la même manière permettent
d'approcher les bénéfices professionnels que tirent les
hommes mariés de leur mariage (graphique II). C'est au
niveau non supérieur des deux hiérarchies de diplôme
que l'on observe les plus forts avantages masculins compar
ativement
aux femmes mariées. Par rapport aux hommes
célibataires, les bénéfices- des époux augmentent d'autant
plus que le niveau des diplômes est plus bas. Les hommes
mariés ayant le baccalauréat ont un indice de gain supé
rieur à celui des hommes mariés ayant une. licence; les
hommes mariés sans diplôme ont également un indice supé
rieur à celui des hommes mariés ayant le CAP ou le BEPC.
Lès gains sont d'autre part supérieurs au premier, niveau
de diplôme (jusqu'au baccalauréat)" quand, ils "sont estimés
par rapport aux hommes célibataires, au second niveau
(baccalauréat et au-dessus) qfuand ils sont estimés par rap
port aux femmes mariées.
SOCIÉTÉ
17
• . . mesurés par l'accès à la position de
cadre supérieur pour les femmes ayant
1.2 . au moins le baccalauréat
. . . mesurés par l'accès à la position de
cadre (moyen ou supérieur) pour les
femmes n'ayant pas le baccalauréat.
% Femmes mariées i
% Femmes célibataires Y
1
0,8
0,6
\\
\
V
/
Bac +2
% Femmes mariés
% Hommes mariés
% Femmes mariées
% Femmes célibata
% Hommes
Femmes mariées
mariés
i
I
**\\\«> / /
Bac
CAP
i
Bac +3
\
>y\
>.
0,4
0,2 ■"
\\
CEP
i
Les coûta professionnels
du mariage
pour les femmes *...
Indice
1
Graphique I
..
i
.. .
Sans dipl5r-i3
Niveau du diplôme
* Plus l'indice est inférieur à 1, et plus le coût professionnel du mariage pour
les femmes est grand.
«Confort» du diplôme
et intérêt au mariage
Le rendement professionnel du diplôme est affecté par
la situation matrimoniale des individus assez différemment
selon le montant de leur dot scolaire. Ce sont les hommes
les moins diplômés dans chacun des groupes de niveaux
scolaires qui retirent, du fait de leur mariage, le meilleur
profit de leurs ressources scolaires sur le marché du travail.
Si les intérêts au mariage varient en fonction du sexe, ils
diffèrent également suivant le diplôme. Que signifie cette
dernière variation? Reflète-t-elle une inégalité ' des suites
du mariage? Si le mariage est d'autant plus profitable pour
les hommes que leur diplôme est plus faible, n'est-ce pas
parce que le mariage « joue » dans les interstices de la rela
tion entre titre scolaire et poste professionnel? Plus cette
relation est rigide et moins le fait d'être marié peut influer;
inversement, moins cette relation est fixée et plus l'appar
tenance à un groupe conjugal peut entraîner un effet. La
probabilité de devenir cadre supérieur avec un diplôme
18
d'une grande école est tellement élevée que la variable
« état matrimonial » influera peu. Par contre la probabilité
de devenir cadre supérieur avec le baccalauréat est plus
faible : ceux qui deviennent cadres supérieurs avec un tel
niveau le doivent à d'autres facteurs, notamment à certains
facteurs associés à la vie conjugale (en particulier la décharge
des tâches d'entretien, la contrainte d'assurer « l'avenir »
de sa famille). Le mariage influe d'autant plus favorable
ment
sur la carrière des hommes et d'autant plus défavora
blement sur la carrière des femmes (à l'exception des femmes
ayant le baccalauréat) que la carrière dépend moins de la
dot scolaire. Les rapports entre institution domestique et
marché du travail renvoient aussi aux rapports entre inst
itution scolaire et marché du travail : les premiers sont
d'autant plus étroits que les seconds le sont moins. Le
surinvestissement professionnel pour accéder aux postes
de cadre étant d'autant plus nécessaire que le « confort »
du diplôme est moins grand, les écarts entres les carrières
des hommes mariés et celles des hommes célibataires ou
celles des femmes mariées sont, tendanciellement, d'au
tant plus importants que la certitude d'arriver à la position
Indice
Graphique II
. . . mesurés par l'accès à la position de
cadre supérieur pour les hommes ayant
au moins le baccalauréat.
. . . mesurés par l'accès à la position de
cadre (moyen ou supérieur) pour les
hommes n'ayant pas le baccalauréat.
1 * % Hommes mariés
/ \ % Femmes mariées
/ \
6 ■
Les bénéfices professionnels
du mariage
pour les hommes *...
% Hommes mariés
% Hommes célibataires i
/
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5L
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_*—-**^**^ Hommes mariés
% Hommes célibataires
Bac +3
i
Bac +2
i
Bac
/i yt t %//Femmes
/'
Hommes
1 / ■ mariées
mariés
CAP
CEP
1
Sans diplôme
Niveau de diplôme
* Plus l'indice est supérieur à 1, et plus le bénéfice professionnel du mariage pour
les hommes est grand.
de cadre avec tel diplôme diminue. Le mariage forme un
support positif à la carrière masculine et un support négatif
à la carrière féminine surtout quand sont faibles les assurances
de réussir par les seuls moyens des richesses scolaires.
Inversement, les hommes qui disposent d'un diplôme
aisément monnayable en poste de cadre sont moins sensibles
aux effets d'appartenance à un groupe conjugal. Le mariage
reste donc inégalement une affaire strictement privée.
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