Médiathèque 19 avril 2009
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Médiathèque 19 avril 2009
MEDIATHEQUE ST DENIS LE 19 AVRIL 2009 SCENE I SCENE II SCENE III LETTRE A PENDRE TANPIRKIPE LA MAISTRANCE SCENE IV SCENE V PERE A SA FILLE ALORS ELLE A CRAQUE LETTRE A DIEU INTERNET.LOVE SCENE VI SCENE VII SCENE VIII SCENE IX SCENE X SCENE XI SCENE XII SCENE XIII SCENE XIV SCENE XV SCENE XVI SCENE XVII BOR’LA MER LE MARSEILLAIS LETTRE A BERNARD FALLAIT PAS … CHERE VIVELLE T’EN FAIS PAS TI PERE VIOLEUR LA SIRENE MA CUILLERE LETTRE SECRETE A MON VOISIN BEURTY MONIK-IGUET MARTINE RIVIGUET FABIEN GUYLENE GAELANEMATHIEU LAURA SOULJOUDANEMAX MAX REYNALDO GUYLENE-SYLVIA MARTINE S VALERIE MARTINE S GUYLENE REYNALDO LAURA SYLVIA GUYLENE Scène I- LETTRE A PENDRE. Beurty Beurty : Lettre à pendre. Réaction à la libération de la femme. Scène II- Tanpirkipé. MONIK Monik : Marmay alé laba ! Arrivée des lavandières avec leurs ballots de linge + savon+ battoirs. On dispose les ballots de linge sur scène et dans le public. Monik, énervée, tracassée, bat son linge, puis va étendre un drap. Elle crie : « Marmay, alé laba, artourn lakaz, alé rod mon savon, mon bwat boniskx, di out papa mèt manyok, lo ri o fé, mèt manzé o fé, di ali arèt grat son fès dovan télé. Nout vant sora kré kan nou va rantré, nou nora paltan amizé ! Monik : Momon, Kansa ou la dépalé? Kansa ou la palank out kèr rant out malizé èk lamour ou té vé done anou? Ou wa momon, mwin la fine gran soman lo bann mo mi sar larg si papyé la noré zamé sort dann mon boush : ou noré talos amwin, ou noré fé rant lo modi mo dann mon gozyé... Iguèt : Monik : Way! Akoz ou grafine amwin komsa? Mwin la pa fé riyin! Eskiz! Mwin té vé pa fé mal aou! Mi ashèv, mwin na bonpé zafèr pou di. Martine chante : « Maman, quand ma poupée grandira, je veux qu'elle te ressemble... » Monik, par-dessus le chant : Kan mi té ékout Dalida shanté po son momon, mi té mazine aou : mwin noré voulu rosanm aou! Détrwa marmay -amwin anndan!- lavé pa fé shap out zoli moulir, out rin d'gèp, out sourir té krisp in pé tazantan... Iguèt : Té, la pli i tomb kosa? Mwin lé trampé! Bon, mi wa ou lé pa la èk mwin! Monik : Mwin lavé pa kompri out léspri té apré shaviré... Dousman dousman, sank mi aperswa, ou la kit an plan lo gayar in ti fanm té i ri, té i zwé èk nou, té i bingn son pyé dann la rivyèr du Mât... Out gran sové koulèr zamblon mir té vol dann van kan ou té sa asiz bord'mèr! Mon ti momon... Iguèt : Monik : Mwin lavé di aou té pli zoli! Ou plèr? Akoz sa? Pars... pars mon ti momon la pi la! Mon ti momon, ousa ou la parti? Kisa i lé lo vilin madam i tap anou tanpirkipé? I mèt anou aznou si gro sèl dann lèr midi? I tir son kolèr si nou? Iguèt : In, asé pléré! Ma rosanm in sèrpiyèr si out vid tout larm out kor si mwin! Ou la zamé maziné lo bann koudbwa, lo bann totosman out momon la gingné pou swagn tout son bann valal èl tousèl? Monik : I di in momon i dwa èm son zanfan. I lir sa dann liv! Iguèt : Ou la pa byin lir dawar! Koman ou pé èm in moun si inn ti zig lamour persone la zamé done aou? Monik : Momon, Mi koné na pi riyin po fé : sabouk la soufrans a dévir a ou, la anvway aou dan in not péi, la angarot aou, la amar aou... Fo zis ou koné, momon séri, out fi i sa ésèy rès tèrla minm, dann solèy la vi, dann van la vi... Out fi ki èm aou. Tanpirkipé! Martine, chanteuse : Dalida : Il venait d'avoir dix-huit ans ... Scène III- Aveu d'amour. Martine Valérie à Martine : T'es libre ! Tu peux pas comprendre, t'as jamais aimé ... Martine : Homme venu de la Maistrance, (Iguèt : plaisirs d’amour) avec toi, j’ai perdu ma décence. Iguèt : Plaisir d’amour … Au port, nos regards se sont croisés ; sous le lit du vent nous nous sommes aimés. Restent en moi, ces images de tangage, et dans mon corps, je n’ai pu tourner la page. Sous tes caresses mon corps a dit oui ; embouqué dans ma fleur de lys Roulis, tempo de feu dans nos émois. Capelé, ton mât, pour un festin de choix. Déferlantes de vagues, chaleur tropicale, désirs, plaisirs de femelle et de mâle. Envers- endroits, va et vient, plus rien ne nous retient. Nous oscillons vers les salves blanches. J’ai fermé les yeux sur ma débauche. Vents et mer diminuent de violence. Et vient l’aurore. Ecoute mon silence. Prince des mers, vis en moi l’âme ! Le chant de nous deux, l’amour du monde Goutte de la mer : ……………..Myriam Elle laisse tomber une lettre que Guylène récupère. Scène IV- Lettre d’un père à sa fille. Martine, Guylène, Fabien, Iguèt. Guylène : Maman koué la fé. Martine : Vwala nena in lét ke out papa la anvwayé mè kwé mi té vé pa donne a ou a koz …. Guylène lit le début de la lettre, Fabien enchaîne, leurs voix se superposent par moments, Fabien continue seul, Guylène reprend par intermittence, puis Iguète chante La Rivière Tanié sur : « ne sois pas méchante … » Guylène puis Fabien : Ta mère t'a sûrement parlé de moi, peut-être plus en mal qu'en bien, mais je ne le sais pas, j'arrête. Je profite d'une embellie sur le navire pour me confier à toi, j'ai depuis longtemps rompu le sabaye qui m'amarrait à vous. Pourquoi partir ? Abandonner ? Fuir ? Non je n'ai pas fui. Pourquoi te parler alors ? Petite fille, écoute-moi, ton père, ne sois pas méchante ou avare de sentiments, apprends tout comme il faut pour démailler ton esprit de jeune fille. Bien sûr, ne sois pas trop gentille non plus, ne te confie pas au premier matelot, prends plaisir dans chaque chose de la vie mais ne sois pas insouciante à l'extrême au point de rompre le boute de ta vie. Choisis ton homme comme on choisit un navire pour une longue traversée, le mât droit et fort et file dans le vent, mais attention, ne dévie pas de l'ardent chemin. Excuse-moi, petite fille, je suis peut-être trop franc, trop rapide, je le vois à mes mots, je me trompe peut-être mais j'ai peur de t'arraisonner de … Es- tu grande ? De quelle couleur sont tes yeux ? Manges-tu bien ? Es-tu heureuse? As-tu? Faistu? Pleures-tu? Penses-tu? J'arrête de te torturer, sois fille avant d'être femme, mère, vis, jouis, aime, crie, vogue comme l'oiseau de mer sans amer. Mais attention ! Ne te perds pas comme un bateau fou, une marie salope. Qu'est ce que tu racontes ? Tous ces mots me perdent. Comment moi qui ne te connais pas, petite fille, j'ose te dire cela, moi père de pacotille d'écoutille, et bien parce que dans cet océan de vie, tu es comme un fanal, un phoscar, une bouée… Mais je le lis bien, à te dé palanquer, je mets trop de poids sur tes frêles épaules. Ne m'écoute pas, non, vis ta vie et fais comme tu sais si bien le faire, petite fille vis, vis sans moi. Ton papa que tu ne connais pas. Scène V- Au bord de la mer. Gaëlane et Mathieu Au bord d’la mer, Peur de le perdre Sa dignité, Pas supporté Refrain (bis) Alors elle a craqué, Deux passés éloignés. elle désespère il s’en est allé, Partie avec l’autre, d’être rabaissé, il s’en est allé d’être rabaissé pas su réconcilier Deux histoires insensées. Elle s’ laisse aller jusqu’à c’qu’elle aussi Ne puisse plus se supporter, se supporter. Dans le courant de la vague qui rejette son elle, Le sable s’émiette com’les paroles de son amour perdu. Emportée par le courant de l’amour, Vomi amer, reflux passé, Sur les galets de sa passion. Son corps s’est échoué, rejeté, régurgité, Sentiments picorés Par ce rapace à femmes Hé ! PAPANGUE. Refrain (bis) Alors elle a craqué, Deux passés éloignés. Il y avait tant Entre les deux, Les gens la com à une vague qui s’emporte et puis Bouleversée, pas su réconcilier Deux histoires insensées. de points communs cet homme et elle, cet homme et elle paraient souvent vient d’on n’sait où, vient d’on ne sait où te laisse là tout’ chiffonnée, toute chiffonnée. Lui, on le compare souvent à un requin car elles sont toutes ses proies: il les préfère petites et se sentant perdues Refrain (bis) Alors elle a craqué, Deux passés éloignés. pas su réconcilier Deux histoires insensées. Ca lui a laissé Un goût amer, Un goût de mort Mais pourquoi l’a-t-elle laissé l’emporter ? Elle aurait dû résister Il aurait dû l’aider, Il ne pensait pas qu’elle le ferait mais aujourd’hui elle s’en est allée Dans l’écho des vagues qui frappent les rochers, ses mots résonnent de haine encore. Elle aurait encore aimé respirer son amour mais seuls, ses poumons se remplissent d’eau. Son cœur si pur est devenu si sombre que même plusieurs soleils ne peuvent plus l’éclairer. Refrain (bis) Alors elle a craqué, Deux passés éloignés. pas su réconcilier Deux histoires insensées. Comment un seul homme a pu faire ça ? Refrain (bis) Alors elle a craqué, Deux passés éloignés. pas su réconcilier Deux histoires insensées. Scène VI- LETTRE A DIEU. Laura Laura / Guylène. Chant Martine, Monik. Paréos-jeux à deux. Plie on déplie au milieu du public : Laura : Cher Dieu, Je suis comme un embrun d’océan, poussière liquide huée par le vent, arrachée à la crête des lames, jetée dans un néant gris-bleu. Comme un embrun d’océan, je ne sais pas me déhaler, vivre et bouger sans jamais larguer mes amarres. Jour après jour je me démaille au travers des pires tempêtes. Où sont les eaux dormantes ? Ma vie en noir, en brun, en rouge aussi. Flaque de sang sur la mer, l’astre des jours qui se couche. J’ai peur. Peur des mille soleils à l’envers des nuages suspendus, demain, ils vont se lever, me brûler, m’incendier. Je sens déjà leurs rayons ardents me lécher la peau. Je suis comme un embrun d’océan, je suis faite d’eau vive. Au moment de piquer l’heure où je redeviens poussière, le vent infini me ramène au balancement de la mer, 180° Sud, à l’abordage, videlle-moi, videlle-moi encore, raccommode-moi à l’intérieur. Scène VII. La femme et la mer. Souljoudane et Max Martine, Monik, Laura, Valérie, Martine Un jeune garçon (Souljoudane) amène le savon/ou la boîte de Bonux. Martine1 : Ki sa i lé joli garsonla ? Martine 2 : coup de sifflet (interjection) Laura : Kwé li fé donk ? Monik : Toultan lé sur internet; Talèr li fé lamour sur internet. Sa mèm son zafér. La femme et la mer Soujoudane et Mathieu. Scène VIII- BOR D’MER- MAX Eau ma mère, Sous mes ongles usés dans la tourmente Frottant le sol flottant Je l’entends qui monte Mon cœur macère de douleur Se resserre comme un étau Sa voix de brume résonne dans ma tête abrutie Elle tempête en fêtard Tangue tangue sous l’effet Robotisé tel un mât desséché Sa face béante scrute mon corps garni de bleu Je sens bien que le naufrage n’est pas loin Sauvages, maquereaux, maniaques, tels sont mes sentiments Je me trouve roulé dans la braise Comme sur une épave abandonnée ou Sur un navire sans gouvernail Sa carcasse devient faible, massive, sans scrupules Crachant le fuel Ramant sans cesse dans sa médiocrité J’implore le ciel en me demandant Vers quel horizon je voyage Eau, ma mère amère Peux-tu me sauver Dis-moi si tu as déjà connu des galères Afin que je me cale dans mes souffrances Sauve-moi avant que je me jette à l’eau Scène IX- JP le marseillais St-Paul le 7 mars 09 Comment ça pète, le frère ! Eh, t’as vu ? Je sais déjà parler créole ! Faut dire que c’est fastoche : c’est du français déformé, quoi ! Enfin, faut pas t’en faire : tu verras, vaut mieux parler comme on a l’habitude. (Ô Putingue) Les nanas, elles préfèrent ! Parce que, mon gars, ici tu peux les mener en bateau tant que tu veux ! (hé congue !) Même si t’as qu’un rafiot, ça marche ! L’important, c’est que tu viennes de France et que tu sois plutôt blanc : ici, ils disent que c’est la bonne couleur ! Bonne mère ! Tu sais bien comment faut ramer chez nous pour en accoster une ? T’as pas le temps de passer à l’abordage que tu te drosses contre de sacrés écueils ! Depuis qu’elles ont brûlé leur sous-tif en 68, t’as plus une laize pour tosser tranquille ! Entre leurs sautes d’humeur et leurs coups de semonce, t’as plus qu’à attendre l’embellie ou alors tu vires de bord ! Ici, elles se barrent pas, les marie- salope ! Leurs yeux ardents jaugent ton beaupré, te décapellent la vergue et cinglent ton sang ! Leur paréo ne cache rien de leur carène, et leurs chattes sont parées à te mettre le grappin dessus ! Scène X : LETTRE A BERNARD Guylène-Sylvia. Guylène : Saint-Paul le 20 décembre 2008 Cher Bernard, Car cher tu m'as coûté, Mais cher tu ne m'es plu, Cerbère Dans ma chair, déboutée, carchérisée Faux vélique belliqueux bourlingueur Tes cordages ont amarré mon corps sage Et démaillé, écorché mes corsages Mon mât déviré, ma voile déchirée et ma chaloupe auloffée sabordée Longtemps rivés à tes côtés, ont dérivé Dépareillés, défarlangués. Je ne suis plus ton pareil, ni ton appareil Appareille donc, mets les voiles ! Poisson pourri des Saloniques Harangue ailleurs que sous ma varangue ! Abattée, j'escarpe ta manœuvre dormante Je barre encore tes souks en missouk Je pare tes manœuvres infâmes Et mon videlle raccommode tes mortels accrocs Largue mes amarres, gueulard, lar-gue moi ! Je chape et rechape ! De nouveau, eau vive primitive Je vogue et nage en mer profonde Reine sirène sereine Mon rêne a le dos d'une baleine Où refuge je barre babord tribord Bateau ivre d'amour, Flamme au vent, je tangue. Sylvia : Eh connard ! Pirate raté, courtaud mal aisé Boucanier de pacotille Requin des îles Ta diarrhée verbale De sale banlieue sale Inonde éclabousse Il y a autant d'amour chez toi que chez une hyène La hai-ne !! Je ne veux même pas être ton amie Je te dois quoi, qu'est-ce que je te dois? Donneur de leçon Je dois être reconnaissante ? Ah oui, de quoi ? De me baratiner, de me traiter de nulle, de molle, de déficiente, de folle, de malade, de salope ? De me rabaisser, de me menacer, de me tromper, de me frapper, de me pisser dessus, de me cracher dessus? Ouais, je te remercie bien bas ! Connard ! Scène XI. Fallait pas … Scène XII. Lettre à une amie qui a perdu son mari. Valérie. Les filles : Qu’est ce qui t’arrive Valérie ? Valérie : Ah, la, la ! Si vous saviez ! Quand j’ai entendu l’annonce des décès à la radio ce matin, ça m’a bouleversée en repensant à la lettre que j’ai écrite à une amie. Voulez-vous que je vous la lise ? Drap noir à étendre. Valérie accroche des brassards noirs au drap et elle se retourne pour lire son texte. Musique triste style bandonéon. Valérie : Ma chère Vivelle (lettre à une amie qui a perdu son mari) L’annonce du décès de ton mari à la radio m’a fait l’effet d’un tsunami. La mer l’a-t-elle emporté à tout jamais en laissant une fissure béante en chacun de nos cœurs et sans doute un vide insupportable. Virée à bâbord, chavirée à tribord, larguée toute seule sur tes cargues avec tes 4 enfants, place ô clapotis des larmes, tu fais figure de proue inconsolable ! La douleur doit être ancrée au plus profond de toi-même. J’aurais dû ouvrir mes écoutilles à la première étale de marée au lieu de reporter mes congés cette année-là. J’aimais tellement votre banc de corail si pur et si solide. Hélas ! C’est trop tard ! Tu as rejoint les profondeurs des abysses et tu nages maintenant vers des eaux plus limpides. Et moi, qui n’ai pas su, je reste sur le flux et le reflux de mes regrets. Tu es passé de l’autre côté de la rive à présent mais j’espère que nos 2 cœurs sont amarrés pour toujours même si tu n’as jamais pu lire cette lettre mon amie. Scène XIII. T’en fais pas, je vais bien. Martine S Scène XIV- Lettre à un tipère violeur. Guylène-Reynaldo St Denis, le 8 novembre 2005, Voici la lettre que je t’adresse, toi mon bourreau de faux père, un criminel, un diable que je hais de tout mon cœur, responsable principal de mon mal-être et de toutes mes souffrances. Un jour, ma mère, ta victime ou ta complice, m’a accusée de la poignarder dans le dos. Aujourd’hui, je te remets ce poignard, c’est toi le véritable assassin. Au diable, toi, le faux jeton, toi qui as fait semblant d’être mon père, toi qui as ensorcelé ma mère et qui m’as tout volé : ma petite enfance, mon enfance, mon adolescence. Chant : L’aigle noir. Fredonné par Martine. Reynaldo : Chère Maribelle,, 10ème année de détention sur l’île de Makabé ! Suite à ton courrier, ta mère m’a chassé de la maison et m’a traîné en justice. Je suis passé aux aveux devant le juge, pour pédophilie envers toi, adultère pour ta mère, tentatives ou actes incestueux à une de mes filles, maltraitance envers mes propres enfants. Guylène : Enfant, je t’ai obéi aveuglément en t’écoutant sagement, avec confiance et respect alors que tu étais, depuis ma plus tendre enfance, déjà en train de me saigner comme un agneau avec tes gros doigts (j’avais peut-être six ans ou moins?). Reynaldo : Je suis enfermé dans ce pot au noir pour finir le reste de mes jours. Je me soigne mentalement auprès d’un médecin spécialisé. C’est le prix qui servirait à payer mes dettes morales envers ceux que je n’ai pas su aimer, respecter et me guérir de mes pensées malades. Puis plus tard, ton sexe caoutchouteux a élu domicile en moi à la sortie de mon enfance. C’était une nuit noire dans une voiture, tu m’as emmenée me promener soi-disant (je me demande même si ce n’était pas suite à une dispute avec ma mère), c’était cette-nuit là que tu as violé toute mon intimité << j’ai mal, j’ai peur >>, << n’aie pas peur, tout ira bien ! >>Tu me fouillais et me farfouillais, espèce de voleur d’enfant. Tu répétais inlassablement « Laisse-toi faire, je te veux du bien, je sais y faire >>. Tu voulais me faire dire que ça me faisait plaisir, que je ne souffrirai pas plus tard grâce a toi, que je ne cesserai de te remercier de tout le bien que tu m’apportais. Tu te faisais passer tour à tour comme mon médecin, mon gourou, mon précepteur. Mon cul oui ! Salaud ! J’étais uniquement au service de ton cul ! Violeur ! Tu guettais la moindre parcelle de mes réactions, de mes expressions. Soit j’avais très peur de toi, je ne comprenais pas du tout. Soit, je faisais la morte comme si je voulais que ce supplice s’arrêtât brusquement. Tu as bien profité de ma naïveté, tu as fais de moi ta pauvre victime salie, souillée, coupable, très confuse. Je me sens profondément, trahie, meurtrie, estropiée et cassée. Tout cela s’est passé dans votre chambre de couple, la chambre des enfants pendant les vacances à la maison. Il est arrivé aussi que tu me dises de voir comment tu sautais ma mère et tu me disais : << Tu vas voir et entendre comment elle gémit ta mère. Elle aime çà ! >> . Quand j’étais en pension, tu étais venu de nombreuses fois tout seul pour m’emmener à l’hôtel (comme une pute sauf qu’on me prenait pour ta fille), comme pourboire, tu m’emmenais manger au restaurant. Là, j’étais complètement à ta merci. Je croyais simplement que tu étais un papa qui me rendait visite. Pendant ces moments-là, tu faisais ce que tu voulais de moi sans prendre de précaution, je ne pouvais pas te refuser, j’avais terriblement peur en même temps qu’il restât une seule goutte de ton poison liquide dans mon ventre. Reynaldo : Je me rends compte que je t’ai fait beaucoup souffrir et mes excuses ne serviront pas à éponger tes souffrances… Guylène : Combien de temps a duré ton crime ? Que c’est injuste ! Pourquoi ? Espèce de vampire que tu es ! Suceur d’innocence et de jeunesse pour assouvir uniquement tes désirs. Reynaldo : à compter de ce jour, je respecterai ta volonté et tes choix, je ne ferai plus partie de ceux qui comptent pour toi sur cette terre … Guylène en même temps que Reynaldo : A compter de ce jour, j’aimerais vraiment que tu te rendes compte de tout le mal et toutes les souffrances psychologiques que tu m’as faites. Ca fait 30 ans que mon âme erre au purgatoire Maribelle, une de tes victimes d’autrefois. Martine lance : Nobody knows the trouble …. Scène XV- La sirène. Laura Laura : « Oserais-je te dire l'émotion qui montait en moi comme la mer avant, arrière, vertige (chant par Martine et MoniK, maloya) alors que tu apparaissais et disparaissais engloutie par les flots, parée des milliers de scintillement du soleil sur l'onde. Ta peau bonbon piment émergeait en premier, suivie de ton corps de poisson, dans une gerbe de mer. avant, arrière, vertige Tu chantais des mélodies qui parlaient de marins et de bateaux échoués, ta voix s'envolait vers les papangues, tu chantais comme dans les contes de mon enfance. Je rêvais de t'approcher, de te toucher, chair de femme contre chair de sirène, de sentir glisser sous mes doigts les perles d'eau au creux de ta délicate épaule, de caresser le contour de tes lèvres et recevoir l'éclat mouillé de tes petites dents pointues. avant, arrière, vertige mais tu restais inaccessible, ton regard se perdait bien au-delà de la ligne d'horizon. Tu voulais passionnément revenir au large, loin, très loin de moi, et je t'ai regardée partir, debout sur la jetée. Depuis, je garde la saveur de ton océan salé sur mes joues et sur ma langue. avant, arrière vertige” (ter) SCENE VI. Lettre secrète à mon voisin Guylène arrive en chantant : Ne pleure pas Jeannette … Les autres reprennent en chœur, puis : Guylène : Ne pleure pas Jeannette, nous te marierons. Toute mon fami, mon band zami I demande a mwin : Pou cosa ou lé ankor toute sèl, pourtan ou lé joli, ou lé janti. Roland, sa té in bon marmay sa. E Filip garçon Ti milyin, li té I èm aou. Et Patrice Grotête? Ma fi ou lé dificil mèm, ou lé tro orgéyès”. “Pangar lo tan i défil vit, la solitud lé voras. Mon monmon i di a mwin : Ma fi, inkièt pa ou : toute ti bout fromaz gaté i fini par trouv son ti bout do pin rasi” Grand Bois le 1er mai 2008 Cher Marco, Mon videlle raccommode ton absence Les amours passées, Passades d'un jour, d'une nuit N'ont laissé que vagues souvenirs Et aucun possible avenir Car que faire ?? Mon cœur s'accroche à toi, Mon corps te réclame à cors et à cris. Mon Apollon, mon Adonis, Toi si loin et si proche à la fois, Tu paravanes à la crête de mes vagues, Et j'ai le vague à l'âme, Viens mouiller ton ancre dans ma baie béante de toi, Viens t'arrimer à mon rivage, Viens donner du mou à la corde qui tend mon corps Mes nuits solitaires, Mon chou-fleur effervescent Est avide de ta cannelle présence musquée et de ton phare lumineux, Des tempêtes dévastent mes nuits et ravagent mon corps. Tu es comme le nable, ce trou percé au fond de ma quille, Il me vide, il aspire mon énergie, Il va et vient comme le flux et le reflux de la vague Ah Je suis auloffée ! Allez, donc, largue tes putrides amarres nuptiales, Vas-y, Démaille-toi, démarre ton mât Avant que je me perde dans la tempête de mes sentiments, Et de ton éternelle absence. Mon âme, mon désespoir, Mon inaccessible amour Mon voisin. Iguèt : Martine : Monik : Valérie : Iguèt : Guylène : Fé amar son kèr ? Fé bwar a li lo bandèj. Tizane a li. Mèt in ti string, la asé. Li lé koté. Di a li vyin réglé out lantèn. Té li pé rand servis in vwazine tout sèl non. Sa in ga maryé. Li néna zanfan. Kas pa son ménaz. Non sa i fé ryin. Pou shanz in pé, toultan kari kanar. Ben non, c'est seulement un rêve. Je ne fais de mal à personne Scène XVII- Ma cuillèreSylvia A toi, l’être qui passe, Ma cuillère tourne seule dans la tasse de ce café imbuvable que tu m’astreins tous les matins à boire, seule. Il n’y a pas de sensation, pas de volonté dans mon poignet, c’est juste un moulinet qui écrit en ronds concentriques la chanson de ma solitude exaspérante. Tu es passé cette nuit sur mon corps et t’y as laissé comme d’habitude deux trois marques violacées, sombres hématomes sur mes épaules qui me racontent encore la rage qui t’anime quand tu défourailles en moi. J’ai essayé de les cacher ce matin en m’habillant, face au miroir, et j’ai pesté contre toi. T’imagines quand Bernard verra ça tout à l’heure au bureau. Il ne peut pas s’empêcher de détailler mon corps quand je passe devant lui à l’accueil, un véritable crayon optique qui inventorie les cernes d’après-amour sous mes yeux, le nombre de plis (froissés ou mal repassés) de ma jupe, décompte le tempo lascif de mon déhanchement et estime ainsi le nombre d’orgasmes atteints cette nuit. Peut-être et sans doute pense-t-il qu’il pourrait battre aisément ton score. Et j’ai pesté contre moi. Je savoure ce moment où tu me mords parce que c’est là que ton corps s’arcboute, épouse encore plus le mien, que mon sang s’échauffe, irradie à travers nos deux peaux accostées, que tes reins tossent profondément mon bassin, mes mains ripant sur les cordes de la guitare de ton dos. Tu n’étais plus là quand j’ai donné du pied dans le lit, comme tous les matins, à six heures. Les six heures que je déteste, tant ce vide se révèle soudainement en moi. Les suées de la nuit collent encore à ma peau, j’en ressens les effluves jusque dans les oreillers et dans les draps. Je suis incapable de dire si mon ventre est apaisé ou épuisé, si je voudrais recommencer ou au contraire surtout ne rien faire pour garder en moi ton empreinte. De toute façon, t’es parti, pareil à toi-même, vivre une folle vie d’aventure derrière l’ordinateur de ta banque. C’est ta manière d’être indépendant. La Souris Chaude, Lundi de Pâques, Les boules….