Médiathèque 19 avril 2009

Transcription

Médiathèque 19 avril 2009
MEDIATHEQUE ST DENIS
LE 19 AVRIL 2009
SCENE I
SCENE II
SCENE III
LETTRE A PENDRE
TANPIRKIPE
LA MAISTRANCE
SCENE IV
SCENE V
PERE A SA FILLE
ALORS ELLE A
CRAQUE
LETTRE A DIEU
INTERNET.LOVE
SCENE VI
SCENE VII
SCENE VIII
SCENE IX
SCENE X
SCENE XI
SCENE XII
SCENE XIII
SCENE XIV
SCENE XV
SCENE XVI
SCENE XVII
BOR’LA MER
LE MARSEILLAIS
LETTRE A
BERNARD
FALLAIT PAS …
CHERE VIVELLE
T’EN FAIS PAS
TI PERE VIOLEUR
LA SIRENE
MA CUILLERE
LETTRE SECRETE
A MON VOISIN
BEURTY
MONIK-IGUET
MARTINE RIVIGUET
FABIEN GUYLENE
GAELANEMATHIEU
LAURA
SOULJOUDANEMAX
MAX
REYNALDO
GUYLENE-SYLVIA
MARTINE S
VALERIE
MARTINE S
GUYLENE
REYNALDO
LAURA
SYLVIA
GUYLENE
Scène I- LETTRE A PENDRE. Beurty
Beurty : Lettre à pendre. Réaction à la libération de la femme.
Scène II- Tanpirkipé. MONIK
Monik : Marmay alé laba !
Arrivée des lavandières avec leurs ballots de linge + savon+ battoirs.
On dispose les ballots de linge sur scène et dans le public.
Monik, énervée, tracassée, bat son linge, puis va étendre un drap. Elle crie :
« Marmay, alé laba, artourn lakaz, alé rod mon savon, mon bwat boniskx, di out papa mèt
manyok, lo ri o fé, mèt manzé o fé, di ali arèt grat son fès dovan télé. Nout vant sora kré kan
nou va rantré, nou nora paltan amizé !
Monik :
Momon,
Kansa ou la dépalé? Kansa ou la palank out kèr rant out malizé èk lamour ou té vé done anou?
Ou wa momon, mwin la fine gran soman lo bann mo mi sar larg si papyé la noré zamé sort dann
mon boush : ou noré talos amwin, ou noré fé rant lo modi mo dann mon gozyé...
Iguèt :
Monik :
Way! Akoz ou grafine amwin komsa? Mwin la pa fé riyin!
Eskiz! Mwin té vé pa fé mal aou! Mi ashèv, mwin na bonpé zafèr pou di.
Martine chante : « Maman, quand ma poupée grandira, je veux qu'elle te ressemble... »
Monik, par-dessus le chant : Kan mi té ékout Dalida shanté po son momon, mi té mazine aou : mwin
noré voulu rosanm aou! Détrwa marmay -amwin anndan!- lavé pa fé shap out zoli moulir, out rin
d'gèp, out sourir té krisp in pé tazantan...
Iguèt :
Té, la pli i tomb kosa? Mwin lé trampé! Bon, mi wa ou lé pa la èk mwin!
Monik :
Mwin lavé pa kompri out léspri té apré shaviré... Dousman dousman, sank mi aperswa,
ou la kit an plan lo gayar in ti fanm té i ri, té i zwé èk nou, té i bingn son pyé dann la rivyèr du
Mât... Out gran sové koulèr zamblon mir té vol dann van kan ou té sa asiz bord'mèr!
Mon ti momon...
Iguèt :
Monik :
Mwin lavé di aou té pli zoli! Ou plèr? Akoz sa?
Pars... pars mon ti momon la pi la!
Mon ti momon, ousa ou la parti? Kisa i lé lo vilin madam i tap anou tanpirkipé? I mèt anou aznou
si gro sèl dann lèr midi? I tir son kolèr si nou?
Iguèt :
In, asé pléré! Ma rosanm in sèrpiyèr si out vid tout larm out kor si mwin! Ou la zamé
maziné lo bann koudbwa, lo bann totosman out momon la gingné pou swagn tout son bann valal èl
tousèl?
Monik :
I di in momon i dwa èm son zanfan. I lir sa dann liv!
Iguèt :
Ou la pa byin lir dawar! Koman ou pé èm in moun si inn ti zig lamour persone la zamé
done aou?
Monik :
Momon, Mi koné na pi riyin po fé : sabouk la soufrans a dévir a ou, la anvway aou dan
in not péi, la angarot aou, la amar aou... Fo zis ou koné, momon séri, out fi i sa ésèy rès tèrla
minm, dann solèy la vi, dann van la vi...
Out fi ki èm aou. Tanpirkipé!
Martine, chanteuse : Dalida : Il venait d'avoir dix-huit ans ...
Scène III- Aveu d'amour. Martine
Valérie à Martine : T'es libre ! Tu peux pas comprendre, t'as jamais aimé ...
Martine :
Homme venu de la Maistrance, (Iguèt : plaisirs d’amour) avec toi, j’ai perdu ma décence.
Iguèt : Plaisir d’amour …
Au port, nos regards se sont croisés ; sous le lit du vent nous nous sommes aimés.
Restent en moi, ces images de tangage, et dans mon corps, je n’ai pu tourner la page.
Sous tes caresses mon corps a dit oui ; embouqué dans ma fleur de lys
Roulis, tempo de feu dans nos émois. Capelé, ton mât, pour un festin de choix.
Déferlantes de vagues, chaleur tropicale, désirs, plaisirs de femelle et de mâle.
Envers- endroits, va et vient, plus rien ne nous retient.
Nous oscillons vers les salves blanches. J’ai fermé les yeux sur ma débauche.
Vents et mer diminuent de violence. Et vient l’aurore. Ecoute mon silence.
Prince des mers, vis en moi l’âme !
Le chant de nous deux, l’amour du monde
Goutte de la mer : ……………..Myriam
Elle laisse tomber une lettre que Guylène récupère.
Scène IV- Lettre d’un père à sa fille.
Martine, Guylène, Fabien, Iguèt.
Guylène : Maman koué la fé.
Martine : Vwala nena in lét ke out papa la anvwayé mè kwé mi té vé pa donne a ou a koz ….
Guylène lit le début de la lettre, Fabien enchaîne, leurs voix se superposent par moments, Fabien
continue seul, Guylène reprend par intermittence, puis Iguète chante La Rivière Tanié sur : « ne sois
pas méchante … »
Guylène puis Fabien :
Ta mère t'a sûrement parlé de moi, peut-être plus en mal qu'en bien, mais je ne le sais pas, j'arrête.
Je profite d'une embellie sur le navire pour me confier à toi, j'ai depuis longtemps rompu le sabaye
qui m'amarrait à vous.
Pourquoi partir ? Abandonner ? Fuir ? Non je n'ai pas fui.
Pourquoi te parler alors ?
Petite fille, écoute-moi, ton père, ne sois pas méchante ou avare de sentiments, apprends tout
comme il faut pour démailler ton esprit de jeune fille.
Bien sûr, ne sois pas trop gentille non plus, ne te confie pas au premier matelot, prends plaisir dans
chaque chose de la vie mais ne sois pas insouciante à l'extrême au point de rompre le boute de ta
vie.
Choisis ton homme comme on choisit un navire pour une longue traversée, le mât droit et fort et file
dans le vent, mais attention, ne dévie pas de l'ardent chemin.
Excuse-moi, petite fille, je suis peut-être trop franc, trop rapide, je le vois à mes mots, je me trompe
peut-être mais j'ai peur de t'arraisonner de …
Es- tu grande ? De quelle couleur sont tes yeux ? Manges-tu bien ? Es-tu heureuse? As-tu? Faistu? Pleures-tu? Penses-tu?
J'arrête de te torturer, sois fille avant d'être femme, mère, vis, jouis, aime, crie, vogue comme
l'oiseau de mer sans amer.
Mais attention ! Ne te perds pas comme un bateau fou, une marie salope. Qu'est ce que tu
racontes ?
Tous ces mots me perdent. Comment moi qui ne te connais pas, petite fille, j'ose te dire cela, moi
père de pacotille d'écoutille, et bien parce que dans cet océan de vie, tu es comme un fanal, un
phoscar, une bouée…
Mais je le lis bien, à te dé palanquer, je mets trop de poids sur tes frêles épaules.
Ne m'écoute pas, non, vis ta vie et fais comme tu sais si bien le faire, petite fille vis, vis sans moi.
Ton papa que tu ne connais pas.
Scène V- Au bord de la mer.
Gaëlane et Mathieu
Au bord d’la mer,
Peur de le perdre
Sa dignité,
Pas
supporté
Refrain (bis)
Alors elle a craqué,
Deux passés éloignés.
elle désespère
il s’en est allé,
Partie avec l’autre,
d’être rabaissé,
il s’en est allé
d’être rabaissé
pas su réconcilier
Deux histoires insensées.
Elle s’ laisse aller
jusqu’à c’qu’elle aussi
Ne puisse plus
se supporter,
se supporter.
Dans le courant
de la vague qui rejette son elle,
Le sable s’émiette
com’les paroles
de son amour perdu.
Emportée par le courant de l’amour,
Vomi amer,
reflux passé,
Sur les galets
de sa passion.
Son corps s’est échoué,
rejeté, régurgité,
Sentiments picorés
Par ce rapace
à femmes Hé !
PAPANGUE.
Refrain (bis)
Alors elle a craqué,
Deux passés éloignés.
Il y avait tant
Entre les deux,
Les gens la com
à une vague qui
s’emporte et puis
Bouleversée,
pas su réconcilier
Deux histoires insensées.
de points communs
cet homme et elle,
cet homme et elle
paraient souvent
vient d’on n’sait où, vient d’on ne sait où
te laisse là
tout’ chiffonnée, toute chiffonnée.
Lui, on le compare souvent à un requin car elles sont toutes ses proies: il les préfère petites et
se sentant perdues
Refrain (bis)
Alors elle a craqué,
Deux passés éloignés.
pas su réconcilier
Deux histoires insensées.
Ca lui a laissé
Un goût amer,
Un goût de mort
Mais pourquoi l’a-t-elle laissé l’emporter ?
Elle aurait dû résister
Il aurait dû l’aider,
Il ne pensait pas qu’elle le ferait mais aujourd’hui elle s’en est allée
Dans l’écho des vagues qui frappent les rochers, ses mots résonnent de haine encore.
Elle aurait encore aimé respirer son amour mais seuls, ses poumons se remplissent d’eau.
Son cœur si pur est devenu si sombre que même plusieurs soleils ne peuvent plus l’éclairer.
Refrain (bis)
Alors elle a craqué,
Deux passés éloignés.
pas su réconcilier
Deux histoires insensées.
Comment un seul homme a pu faire ça ?
Refrain (bis)
Alors elle a craqué,
Deux passés éloignés.
pas su réconcilier
Deux histoires insensées.
Scène VI- LETTRE A DIEU. Laura
Laura / Guylène. Chant Martine, Monik.
Paréos-jeux à deux. Plie on déplie au milieu du public :
Laura :
Cher Dieu,
Je suis comme un embrun d’océan, poussière liquide huée par le vent, arrachée à la crête des
lames, jetée dans un néant gris-bleu.
Comme un embrun d’océan, je ne sais pas me déhaler, vivre et bouger sans jamais larguer
mes amarres. Jour après jour je me démaille au travers des pires tempêtes.
Où sont les eaux dormantes ?
Ma vie en noir, en brun, en rouge aussi. Flaque de sang sur la mer, l’astre des jours qui se
couche.
J’ai peur. Peur des mille soleils à l’envers des nuages suspendus, demain, ils vont se lever,
me brûler, m’incendier.
Je sens déjà leurs rayons ardents me lécher la peau.
Je suis comme un embrun d’océan, je suis faite d’eau vive.
Au moment de piquer l’heure où je redeviens poussière, le vent infini me ramène au
balancement de la mer, 180° Sud, à l’abordage, videlle-moi, videlle-moi encore,
raccommode-moi à l’intérieur.
Scène VII. La femme et la mer. Souljoudane et Max
Martine, Monik, Laura, Valérie, Martine
Un jeune garçon (Souljoudane) amène le savon/ou la boîte de Bonux.
Martine1 : Ki sa i lé joli garsonla ?
Martine 2 : coup de sifflet (interjection)
Laura : Kwé li fé donk ?
Monik : Toultan lé sur internet; Talèr li fé lamour sur internet. Sa mèm son zafér.
La femme et la mer Soujoudane et Mathieu.
Scène VIII- BOR D’MER- MAX
Eau ma mère,
Sous mes ongles usés dans la tourmente
Frottant le sol flottant
Je l’entends qui monte
Mon cœur macère de douleur
Se resserre comme un étau
Sa voix de brume résonne dans ma tête abrutie
Elle tempête en fêtard
Tangue tangue sous l’effet
Robotisé tel un mât desséché
Sa face béante scrute mon corps garni de bleu
Je sens bien que le naufrage n’est pas loin
Sauvages, maquereaux, maniaques, tels sont mes sentiments
Je me trouve roulé dans la braise
Comme sur une épave abandonnée ou
Sur un navire sans gouvernail
Sa carcasse devient faible, massive, sans scrupules
Crachant le fuel
Ramant sans cesse dans sa médiocrité
J’implore le ciel en me demandant
Vers quel horizon je voyage
Eau, ma mère amère
Peux-tu me sauver
Dis-moi si tu as déjà connu des galères
Afin que je me cale dans mes souffrances
Sauve-moi avant que je me jette à l’eau
Scène IX- JP le marseillais
St-Paul le 7 mars 09
Comment ça pète, le frère !
Eh, t’as vu ? Je sais déjà parler créole ! Faut dire que c’est fastoche : c’est du français
déformé, quoi ! Enfin, faut pas t’en faire : tu verras, vaut mieux parler comme on a
l’habitude. (Ô Putingue) Les nanas, elles préfèrent ! Parce que, mon gars, ici tu peux les
mener en bateau tant que tu veux ! (hé congue !) Même si t’as qu’un rafiot, ça marche !
L’important, c’est que tu viennes de France et que tu sois plutôt blanc : ici, ils disent que
c’est la bonne couleur ! Bonne mère !
Tu sais bien comment faut ramer chez nous pour en accoster une ? T’as pas le temps de
passer à l’abordage que tu te drosses contre de sacrés écueils ! Depuis qu’elles ont brûlé leur
sous-tif en 68, t’as plus une laize pour tosser tranquille ! Entre leurs sautes d’humeur et leurs
coups de semonce, t’as plus qu’à attendre l’embellie ou alors tu vires de bord !
Ici, elles se barrent pas, les marie- salope ! Leurs yeux ardents jaugent ton beaupré, te
décapellent la vergue et cinglent ton sang ! Leur paréo ne cache rien de leur carène, et leurs
chattes sont parées à te mettre le grappin dessus !
Scène X : LETTRE A BERNARD
Guylène-Sylvia.
Guylène :
Saint-Paul le 20 décembre 2008
Cher Bernard,
Car cher tu m'as coûté,
Mais cher tu ne m'es plu, Cerbère
Dans ma chair, déboutée, carchérisée
Faux vélique belliqueux bourlingueur
Tes cordages ont amarré mon corps sage
Et démaillé, écorché mes corsages
Mon mât déviré, ma voile déchirée
et ma chaloupe auloffée sabordée
Longtemps rivés à tes côtés, ont dérivé
Dépareillés, défarlangués.
Je ne suis plus ton pareil, ni ton appareil
Appareille donc, mets les voiles !
Poisson pourri des Saloniques
Harangue ailleurs que sous ma varangue !
Abattée, j'escarpe ta manœuvre dormante
Je barre encore tes souks en missouk
Je pare tes manœuvres infâmes
Et mon videlle raccommode tes mortels accrocs
Largue mes amarres, gueulard, lar-gue moi !
Je chape et rechape !
De nouveau, eau vive primitive
Je vogue et nage en mer profonde
Reine sirène sereine
Mon rêne a le dos d'une baleine
Où refuge je barre babord tribord
Bateau ivre d'amour,
Flamme au vent, je tangue.
Sylvia :
Eh connard !
Pirate raté, courtaud mal aisé
Boucanier de pacotille
Requin des îles
Ta diarrhée verbale
De sale banlieue sale
Inonde éclabousse
Il y a autant d'amour chez toi que chez une hyène
La hai-ne !!
Je ne veux même pas être ton amie
Je te dois quoi, qu'est-ce que je te dois?
Donneur de leçon
Je dois être reconnaissante ? Ah oui, de quoi ?
De me baratiner, de me traiter de nulle, de molle, de déficiente, de folle, de malade, de salope
?
De me rabaisser, de me menacer, de me tromper, de me frapper, de me pisser dessus, de me
cracher dessus?
Ouais, je te remercie bien bas ! Connard !
Scène XI. Fallait pas …
Scène XII. Lettre à une amie qui a perdu son mari. Valérie.
Les filles : Qu’est ce qui t’arrive Valérie ?
Valérie : Ah, la, la ! Si vous saviez ! Quand j’ai entendu l’annonce des décès à la radio ce
matin, ça m’a bouleversée en repensant à la lettre que j’ai écrite à une amie. Voulez-vous que
je vous la lise ?
Drap noir à étendre. Valérie accroche des brassards noirs au drap et elle se retourne pour lire
son texte. Musique triste style bandonéon.
Valérie : Ma chère Vivelle (lettre à une amie qui a perdu son mari)
L’annonce du décès de ton mari à la radio m’a fait l’effet d’un tsunami. La mer l’a-t-elle
emporté à tout jamais en laissant une fissure béante en chacun de nos cœurs et sans doute un
vide insupportable. Virée à bâbord, chavirée à tribord, larguée toute seule sur tes cargues
avec tes 4 enfants, place ô clapotis des larmes, tu fais figure de proue inconsolable ! La
douleur doit être ancrée au plus profond de toi-même.
J’aurais dû ouvrir mes écoutilles à la première étale de marée au lieu de reporter mes congés
cette année-là. J’aimais tellement votre banc de corail si pur et si solide. Hélas ! C’est trop
tard !
Tu as rejoint les profondeurs des abysses et tu nages maintenant vers des eaux plus limpides.
Et moi, qui n’ai pas su, je reste sur le flux et le reflux de mes regrets. Tu es passé de l’autre
côté de la rive à présent mais j’espère que nos 2 cœurs sont amarrés pour toujours même si tu
n’as jamais pu lire cette lettre mon amie.
Scène XIII. T’en fais pas, je vais bien. Martine S
Scène XIV- Lettre à un tipère violeur.
Guylène-Reynaldo
St Denis, le 8 novembre 2005,
Voici la lettre que je t’adresse, toi mon bourreau de faux père, un criminel, un diable que je
hais de tout mon cœur, responsable principal de mon mal-être et de toutes mes souffrances.
Un jour, ma mère, ta victime ou ta complice, m’a accusée de la poignarder dans le dos.
Aujourd’hui, je te remets ce poignard, c’est toi le véritable assassin. Au diable, toi, le faux
jeton, toi qui as fait semblant d’être mon père, toi qui as ensorcelé ma mère et qui m’as tout
volé : ma petite enfance, mon enfance, mon adolescence.
Chant : L’aigle noir. Fredonné par Martine.
Reynaldo : Chère Maribelle,, 10ème année de détention sur l’île de Makabé ! Suite à ton
courrier, ta mère m’a chassé de la maison et m’a traîné en justice. Je suis passé aux aveux
devant le juge, pour pédophilie envers toi, adultère pour ta mère, tentatives ou actes
incestueux à une de mes filles, maltraitance envers mes propres enfants.
Guylène : Enfant, je t’ai obéi aveuglément en t’écoutant sagement, avec confiance et respect
alors que tu étais, depuis ma plus tendre enfance, déjà en train de me saigner comme un
agneau avec tes gros doigts (j’avais peut-être six ans ou moins?).
Reynaldo : Je suis enfermé dans ce pot au noir pour finir le reste de mes jours. Je me soigne
mentalement auprès d’un médecin spécialisé. C’est le prix qui servirait à payer mes dettes
morales envers ceux que je n’ai pas su aimer, respecter et me guérir de mes pensées malades.
Puis plus tard, ton sexe caoutchouteux a élu domicile en moi à la sortie de mon enfance.
C’était une nuit noire dans une voiture, tu m’as emmenée me promener soi-disant (je me
demande même si ce n’était pas suite à une dispute avec ma mère), c’était cette-nuit là que tu
as violé toute mon intimité << j’ai mal, j’ai peur >>, << n’aie pas peur, tout ira bien !
>>Tu me fouillais et me farfouillais, espèce de voleur d’enfant. Tu répétais inlassablement «
Laisse-toi faire, je te veux du bien, je sais y faire >>. Tu voulais me faire dire que ça me
faisait plaisir, que je ne souffrirai pas plus tard grâce a toi, que je ne cesserai de te remercier
de tout le bien que tu m’apportais. Tu te faisais passer tour à tour comme mon médecin, mon
gourou, mon précepteur. Mon cul oui ! Salaud ! J’étais uniquement au service de ton cul !
Violeur ! Tu guettais la moindre parcelle de mes réactions, de mes expressions. Soit j’avais
très peur de toi, je ne comprenais pas du tout. Soit, je faisais la morte comme si je voulais que
ce supplice s’arrêtât brusquement. Tu as bien profité de ma naïveté, tu as fais de moi ta
pauvre victime salie, souillée, coupable, très confuse. Je me sens profondément, trahie,
meurtrie, estropiée et cassée.
Tout cela s’est passé dans votre chambre de couple, la chambre des enfants pendant les
vacances à la maison. Il est arrivé aussi que tu me dises de voir comment tu sautais ma mère
et tu me disais : << Tu vas voir et entendre comment elle gémit ta mère. Elle aime çà ! >> .
Quand j’étais en pension, tu étais venu de nombreuses fois tout seul pour m’emmener à
l’hôtel (comme une pute sauf qu’on me prenait pour ta fille), comme pourboire, tu
m’emmenais manger au restaurant. Là, j’étais complètement à ta merci. Je croyais
simplement que tu étais un papa qui me rendait visite. Pendant ces moments-là, tu faisais ce
que tu voulais de moi sans prendre de précaution, je ne pouvais pas te refuser, j’avais
terriblement peur en même temps qu’il restât une seule goutte de ton poison liquide dans
mon ventre.
Reynaldo : Je me rends compte que je t’ai fait beaucoup souffrir et mes excuses ne serviront
pas à éponger tes souffrances…
Guylène : Combien de temps a duré ton crime ? Que c’est injuste ! Pourquoi ? Espèce de
vampire que tu es ! Suceur d’innocence et de jeunesse pour assouvir uniquement tes désirs.
Reynaldo : à compter de ce jour, je respecterai ta volonté et tes choix, je ne ferai plus partie
de ceux qui comptent pour toi sur cette terre …
Guylène en même temps que Reynaldo : A compter de ce jour, j’aimerais vraiment que tu te
rendes compte de tout le mal et toutes les souffrances psychologiques que tu m’as faites. Ca
fait 30 ans que mon âme erre au purgatoire
Maribelle, une de tes victimes d’autrefois.
Martine lance : Nobody knows the trouble ….
Scène XV- La sirène. Laura
Laura :
« Oserais-je te dire l'émotion qui montait en moi comme la mer
avant, arrière, vertige (chant par Martine et MoniK, maloya)
alors que tu apparaissais et disparaissais engloutie par les flots, parée des milliers de
scintillement du soleil sur l'onde.
Ta peau bonbon piment émergeait en premier, suivie de ton corps de poisson, dans une gerbe
de mer.
avant, arrière, vertige
Tu chantais des mélodies qui parlaient de marins et de bateaux échoués, ta voix s'envolait vers
les papangues, tu chantais comme dans les contes de mon enfance.
Je rêvais de t'approcher, de te toucher, chair de femme contre chair de sirène, de sentir glisser
sous mes doigts les perles d'eau au creux de ta délicate épaule, de caresser le contour de tes
lèvres et recevoir l'éclat mouillé de tes petites dents pointues.
avant, arrière, vertige
mais tu restais inaccessible, ton regard se perdait bien au-delà de la ligne d'horizon.
Tu voulais passionnément revenir au large, loin, très loin de moi, et je t'ai regardée partir,
debout sur la jetée.
Depuis, je garde la saveur de ton océan salé sur mes joues et sur ma langue.
avant, arrière vertige” (ter)
SCENE VI. Lettre secrète à mon voisin
Guylène arrive en chantant : Ne pleure pas Jeannette …
Les autres reprennent en chœur, puis :
Guylène :
Ne pleure pas Jeannette, nous te marierons.
Toute mon fami, mon band zami I demande a mwin :
Pou cosa ou lé ankor toute sèl, pourtan ou lé joli, ou lé janti.
Roland, sa té in bon marmay sa. E Filip garçon Ti milyin, li té I èm aou. Et Patrice Grotête?
Ma fi ou lé dificil mèm, ou lé tro orgéyès”.
“Pangar lo tan i défil vit, la solitud lé voras.
Mon monmon i di a mwin :
Ma fi, inkièt pa ou : toute ti bout fromaz gaté i fini par trouv son ti bout do pin rasi”
Grand Bois le 1er mai 2008
Cher Marco,
Mon videlle raccommode ton absence
Les amours passées,
Passades d'un jour, d'une nuit
N'ont laissé que vagues souvenirs
Et aucun possible avenir
Car que faire ??
Mon cœur s'accroche à toi,
Mon corps te réclame à cors et à cris.
Mon Apollon, mon Adonis,
Toi si loin et si proche à la fois,
Tu paravanes à la crête de mes vagues,
Et j'ai le vague à l'âme,
Viens mouiller ton ancre dans ma baie béante de toi,
Viens t'arrimer à mon rivage,
Viens donner du mou à la corde qui tend mon corps
Mes nuits solitaires,
Mon chou-fleur effervescent
Est avide de ta cannelle présence musquée et de ton phare lumineux,
Des tempêtes dévastent mes nuits et ravagent mon corps.
Tu es comme le nable, ce trou percé au fond de ma quille,
Il me vide, il aspire mon énergie,
Il va et vient comme le flux et le reflux de la vague
Ah Je suis auloffée !
Allez, donc, largue tes putrides amarres nuptiales,
Vas-y,
Démaille-toi, démarre ton mât
Avant que je me perde dans la tempête de mes sentiments,
Et de ton éternelle absence.
Mon âme, mon désespoir,
Mon inaccessible amour
Mon voisin.
Iguèt :
Martine :
Monik :
Valérie :
Iguèt :
Guylène :
Fé amar son kèr ? Fé bwar a li lo bandèj. Tizane a li.
Mèt in ti string, la asé. Li lé koté.
Di a li vyin réglé out lantèn. Té li pé rand servis in vwazine tout sèl non.
Sa in ga maryé. Li néna zanfan. Kas pa son ménaz.
Non sa i fé ryin. Pou shanz in pé, toultan kari kanar.
Ben non, c'est seulement un rêve. Je ne fais de mal à personne
Scène XVII- Ma cuillèreSylvia
A toi, l’être qui passe,
Ma cuillère tourne seule dans la tasse de ce café imbuvable que tu m’astreins tous les matins à
boire, seule. Il n’y a pas de sensation, pas de volonté dans mon poignet, c’est juste un moulinet qui
écrit en ronds concentriques la chanson de ma solitude exaspérante.
Tu es passé cette nuit sur mon corps et t’y as laissé comme d’habitude deux trois marques
violacées, sombres hématomes sur mes épaules qui me racontent encore la rage qui t’anime quand
tu défourailles en moi. J’ai essayé de les cacher ce matin en m’habillant, face au miroir, et j’ai
pesté contre toi. T’imagines quand Bernard verra ça tout à l’heure au bureau. Il ne peut pas
s’empêcher de détailler mon corps quand je passe devant lui à l’accueil, un véritable crayon optique
qui inventorie les cernes d’après-amour sous mes yeux, le nombre de plis (froissés ou mal repassés)
de ma jupe, décompte le tempo lascif de mon déhanchement et estime ainsi le nombre d’orgasmes
atteints cette nuit. Peut-être et sans doute pense-t-il qu’il pourrait battre aisément ton score.
Et j’ai pesté contre moi. Je savoure ce moment où tu me mords parce que c’est là que ton corps
s’arcboute, épouse encore plus le mien, que mon sang s’échauffe, irradie à travers nos deux peaux
accostées, que tes reins tossent profondément mon bassin, mes mains ripant sur les cordes de la
guitare de ton dos.
Tu n’étais plus là quand j’ai donné du pied dans le lit, comme tous les matins, à six heures. Les six
heures que je déteste, tant ce vide se révèle soudainement en moi. Les suées de la nuit collent
encore à ma peau, j’en ressens les effluves jusque dans les oreillers et dans les draps. Je suis
incapable de dire si mon ventre est apaisé ou épuisé, si je voudrais recommencer ou au contraire
surtout ne rien faire pour garder en moi ton empreinte. De toute façon, t’es parti, pareil à toi-même,
vivre une folle vie d’aventure derrière l’ordinateur de ta banque. C’est ta manière d’être
indépendant.
La Souris Chaude,
Lundi de Pâques,
Les boules….